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Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

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Nouvel appartement de Kirsty, Myrtle et James.


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« Voici notre nouveau chez nous ! » s'exclame Myrtle d'une voix faussement joyeuse. Sa fille lui jeta un regard sombre, ce qui effaça toute trace de fausse joie de son visage. Elle soupira en faisant rentrer les deux enfants blonds qui la suivaient dans l'entrée exiguë de l'appartement. Sur les trois visages pâles se lisait de la tristesse et de la lassitude. Même James, d'habitude si joyeux et plein de vie, ne parvenait pas à crier et sauter partout comme il aimait le faire. Et il ne fallait pas compter sur Kirsty pour égayer l'atmosphère déjà très lourde et chaude dans la petite pièce.

La blondinette venait de découvrir avec horreur son nouvel appartement londonien. Son sang s'était glacé en parcourant les rues bondées et sales de la ville, si différentes des ruelles calmes de Loutry-St-Chaspoule. La fillette n'en revenait toujours pas de la façon dont les choses avaient changé en un an. Sa vie dont elle avait l'habitude était complètement chamboulée, et on l'avait même forcée à déménager dans un appartement petit et humide. Tout était tellement... différent, et la petite fille n'appréciait pas cela. Maintenant, elle réalisait l'impact de ce nouveau gouvernement sur sa vie, elle qui avait été tenue à l'écart de tout ça pendant son année à Poudlard. Ce ne serait plus comme avant. Elle serait obligée d'habiter dans un taudis dans les combles en compagnie d'un frère remuant et d'une mère enceinte et épuisée. Et surtout, sans père. Cette pensée lui arracha une larme. Elle n'avait plus de papa, car il avait été enfermé à Azkaban comme un criminel. C'était douloureux et dur pour la petite fille, la nouvelle étant encore trop fraiche pour qu'elle puisse s'y habituer. Il lui faudrait certainement du temps pour réaliser qu'elle ne reverrait surement jamais son géniteur.

Myrtle, voyant que Kirsty n'osait pas s'avancer plus loin que l'entrée et semblait attristée, s'approcha d'elle en soupirant une nouvelle fois. Elle déposa une main compatissante sur l'épaule de sa fille, et l'entraina dans une pièce circulaire et assez accueillante. Une chaleur étouffante y régnait, car le soleil tapait sur les vitres surchauffés de la seule fenêtre au sud. Kirsty vit son frère qui s'était avachi sur un canapé recouvert d'un plaid gris et râpeux. La blondinette remarqua que la pièce devait servir à la fois de salon, de cuisine et de chambre, car le canapé semblait être utilisé comme un lit et que la télévision était déposée sur un plan de travail. Une petite cuisinière faisait face à la porte par laquelle les deux femmes étaient rentrées. Tout dans cette salle donnait à la jeune Panglewood l'envie de fuir. A part le canapé, la cuisinière et le plan de travail, un fauteuil ainsi qu'une table meublait la petite pièce.

Kirsty n'en revenait toujours pas qu'elle allait habiter dans cette chose qui ne méritait même pas le nom d'appartement. Elle leva ses yeux bleus inquiets vers sa mère, en quête de réconfort.
« M'man... dis-moi qu'c'est une blague, hein ? » Au vu du visage torturé et inquiet de Myrtle, la petite fille sut que ça n'en était pas une et qu'elle allait devoir vivre ici. Une vague de tristesse s'empara d'elle, et une larme perla au coin de son oeil. Non, c'était impossible. Son papa ne pouvait pas être enfermé, elle ne pouvait pas habiter dans cet appartement de pauvres ! « Ce n'est pas une blague, ma chérie. Nous allons bel et bien devoir vivre ici, ou du moins en attendant que tout cela se termine. » Par "tout cela", Myrtle voulait nommer le gouvernement, chacun dans la pièce l'avait compris.

Soudain, James, qui n'avait pas encore parler, se leva d'un bond et cria :
« Les manteaux noirs, c'est des conn... » Il ne put terminé sa phrase car sa mère le coupa, furibonde : « James ! Ne crie pas comme ça, voyons ! Nous avons des voisins ! » Le petit garçon grogna et se rassit en croisant les bras. Il grommela qu'il avait faim, ce à quoi sa mère lui répliqua sèchement qu'il avait déjà mangé. En attendant, Kirsty avait déccroché de la conversation. Elle était perdue dans ses pensées, tout en retenant des larmes de rage qui commençaient à lui piquer les yeux. Elle aurait mille fois préférer rester à Poudlard, loin de Londres, de sa famille et de tous ses problèmes.

S'apercevant de son trouble, Myrtle lui proposa d'une voix douce :
« Ca te dit que je te montre ta chambre, qui est aussi celle de ton frère ? Et tu pourras aller te doucher, après. » Kirsty acquiesça sans comprendre le sens des mots de sa mère. Elle était trop sonnée pour. Myrtle la mena dans une pièce juxtaposée, dont les seuls meubles étaient deux lits jumeaux et une table de chevet qui les séparait. C'était sa chambre. Kirsty remarqua que l'un des lits étaient défait et en bazar, ce qui montrait que c'était celui de James. Le sien étant le plus proche de la fenêtre, doté d'une couverture rouge élimée. La blondinette hocha la tête, et sa mère lui montra alors une seconde porte qui menait à la salle de bain. « Vas te doucher, ça te fera du bien. Je vais défaire ta valise. » Elle déposa un baiser sur le front de Kirsty, qui répondit simplement un "d'accords" avant de se diriger vers la douche.

Troisième année RP (2044-2045) | Remplaçante Attrapeuse/Poursuiveuse des Griffes Ardentes.
“Il est grand temps de rallumer les étoiles.”

Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

Dans la douche, la blondinette avait énormément cogiter. Elle était plongée tellement profondément dans ses pensées qu'elle laissa l'eau chaude couler trop longtemps sur son épaule, qui devint par la suite rouge écrevisse. Elle avait tellement penser qu'à présent elle était rassérénée, quoique un peu tremblante. La petite fille sentait à présent très fort la vanille - son shampooing et son gel douche étant à cela - et s'était rafraichie malgré la chaleur ambiante qui l'étouffait. Elle s'était allongée sur son lit encore bien fait, dont la couverture rouge n'était pas froissée et l'oreiller encore recouvert du drap. La fillette ne se sentait pas à sa place, malgré la douceur de la couverture et le moelleux du draps. Son lit à baldaquin de Loutry lui manquait, la fraicheur et le calme de sa chambre aussi. Là-bas, on entendait les oiseaux pépier et le vent siffler, ainsi que divers bruits de tuyauterie et des craquements du plancher. Ici, le vrombissement des voitures emplissaient l'air, et les paroles des voisins parvenaient aux oreilles de Kirsty. C'était très désagréable, tout ce bruit, et ça lui rappelait les conversations incessantes de ses camarades de chambre quand elle souhaitait dormir.

La petite soupira en fermant les yeux. Sa main se ferma sur le bords de la couverture anciennement rouge, qu'elle serra très fort. Même les couettes n'avaient pas la même texture que chez elle : elles étaient râpeuses et rêches tandis que celles de Loutry étaient merveilleusement douces. Kirsty ne se sentait pas chez elle ici, comme une étrangère arrivant dans un pays lointain et bruyant. D'ailleurs, en parlant de bruits, elle entendait un bruit de gaz parvenir de la cuisine, signe que sa mère faisait cuir quelque chose sur la cuisinière. Elle sentait la bonne odeur de la tourte au poulet, et entendait son frère chantonner une chanson assez déprimante. Cette musique, ils l'avaient entendu dans la voiture d'occasion de sa mère pour rentrer de la gare. C'était un air triste qui rentrait dans la tête et qui n'en sortait plus, le genre de chanson que la blondinette ne pouvait pas supporter.

Toujours les yeux fermés, elle se concentra sur les bruits qui lui parvenaient de la cuisine : les fredonnements de James, le son du gaz, les frottements des assiettes en porcelaine que sa mère devait installées sur la table... tout ça était presque familier. Une voix chuchotante coupa le silence qui s'était installé :
« Maman... pourquoi t'es gentille avec Kris mais pas avec moi en c'moment ? » Le sang de Kirsty se glaça en comprenant le sens de ces paroles. Il était jaloux. Il avait eu sa maman rien qu'à lui pendant près de deux ans, et à présent qu'elle revenait l'embêter, triste et fatiguée, il lui en voulait car Myrtle était plus sympa avec elle. Qu'allait répondre sa mère à ça ? « Ta soeur vient de rentrer. Elle est très attristée par la... hum, disparition de papa. » Et c'était la vérité. La petite blonde était très affectée par la "disparition" de son père. A cette pensée, une larme coula sur sa joue.

Elle entendit son frère grogner, puis répondre que lui aussi en était triste. Puis sa mère dire que personne ne pouvait l'être plus que Kirsty, car c'était elle la plus proche de Georges. La blondinette soupira : c'était tellement vrai. Pourquoi était-elle si attachée à son père, même plus que sa mère ou son frère ? Elle se promit que plus jamais de sa vie elle ne s'attacherait autant à quelqu'un, car chaque fois qu'elle l'avait fait, la personne en question s'était éloignée. Hugo. Léo. Aishani. Son père. Ca lui faisait mal au coeur de penser cela, mais la petite avait l'impression de faire fuir ceux qu'elle aimait. Sa main se resserra sur le bord de la couverture, en même temps que sa mâchoire.
« J'étais même pas au courant que Kirsty avait un coeur et qu'elle pouvait s'attacher à quelqu'un ! » cracha alors James sans prendre la précaution de chuchoter. La blondinette sentit ses larmes parvenir par flots au bord de ses yeux, c'en était beaucoup trop. Elle ne comprit pas les paroles de sa mère, trop occupée à enfouir visages et oreilles dans l'épaisseur râpeuse de l'oreiller. Elle avait envie de crier, de taper son frère, de s'enfuir de cette maison étouffante et inconnue.

Mais ce qui blessait le plus Kirsty, ce n'était pas que ce soit son frère qui ait prononcé ces mots douloureux, mais qu'ils étaient vrais. La petite blonde avait été si méchante avec tout le monde - excepté son père et les quelques personnes capables de la supporter - que personne ne la croyait capable d'être gentille et aimante. C'était pour cela qu'elle n'avait pas d'amis. Et ça ne servait à rien de pleurer là-dessus, puisque la seule manière de prouver à son entourage qu'elle était sympa était de se montrer sympa. De faire en sorte d'être moins méfiante et moqueuse, moins emportée et susceptible. La fillette se releva rapidement et essuya les dernières traces de larmes sur son visage. Ses yeux étaient un peu rouge, mais elle prétexterait qu'elle s'était mit du savon dans l'oeil. Puis elle sortit de la chambre, bien décidée à sortir de son humeur grognon et méchante.

Dans la pièce principale, la chaleur était encore plus étouffante que dans sa chambre. Son frère et sa mère étaient installés à table, comme si rien ne s'était passé. Mais la tête baissée de James et le regard attristé de Myrtle prouvait bien à Kirsty que la discussion entendue n'était pas un rêve. La mère leva ses yeux bleus identiques à ceux de sa fille vers cette dernière, et sourit en disant :
« Ah, te voilà ! On a bien cru que tu t'étais noyée ! » La blondinette se força à faire bonne figure et à rendre son sourire à sa mère : « Non, je prenais juste le temps de réfléchir. »

Elle s'installa tranquillement sur sa chaise et se servit de la tourte posée sur la table. Le repas fut pris en silence, silence qui fut rompu seulement par les bruits des couverts contre les assiettes, et les raclements de verres sur la nappe froissée. Kirsty n'osait pas regarder son frère, par peur de lire de la haine dans son regard bleu.

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Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

Un autre jour.

Cela faisait déjà deux jours que Kirsty était là, dans cet appartement pourri que sa mère osait appeler "chez soi", mais elle avait l'impression que ça faisait déjà deux mois. Ici, lorsque l'on s'ennuyait, le temps passait très lentement, les heures passant pour des journées et les journées pour des semaines. Il n'y avait rien à faire, à part tourner en rond sous la chaleur ou lire. Myrtle avait promit à ses enfants d'aller un jour ou l'autre au Chemin de Traverse, malgré les Manteaux Noirs qui y grouillaient. Elle les avait aussi informés que Daisy, la grande soeur des deux, que Kirsty ne pouvait supporter, allait passer dans la semaine prochaine pour les "garder" tandis que Myrtle irait à St-Mangouste vérifier que le bébé dans son ventre allait bien. Ce programme n'enchantait pas la blondinette, qui l'avait bien fait sentir. Pour la peine, James prenait toutes les répliques méchantes et les remarques désagréables, et ne cessait de se plaindre de sa grande soeur. Kirsty était d'une humeur exécrable.

Allongée dans le noir, la couette rejetée à ses pieds à cause de la chaleur étouffante, la petite fille avait les yeux grands ouverts. Les cheveux dégagés de la nuque, elle essayait en vain de capter le moindre souffle de vent passant par sa fenêtre, mais la nuit était calme et toujours aussi chaude. Sans aucune brise pour la rafraichir et faire voler feuilles mortes et cheveux. La blondinette ne cessait de se tourner et se retourner, en quête d'un sommeil inaccessible. La lumière des lampadaires de la rue la gênait, elle qui était habituée au noir complet de Poudlard et Loutry, ainsi que les ronflements à répétition de James. Et comme elle ne savait pas siffler, elle ne pouvait pas l'en empêcher. Alors, elle se concentrait sur son sommeil évasif et tentait de rêver, malgré ses pensées qui revenait tout le temps à son père, qu'elle imaginait enfermé dans une petite cellule gardée par de grands Détraqueurs. De quoi faire un cauchemars.

La petite blonde avait besoin de respirer, de parler, de poser des questions à quelqu'un et lui confier ses inquiétudes. Mais la seule personne à qui elle pouvait faire confiance - Elisabeth - était à des kilomètres de là, et Azleen dormait profondément, contre le carrelage froid. Kirsty se releva et quitta son lit, suivant le rai de lumière qui passait sous la porte de sa chambre, signe que sa mère ne s'était pas encore couchée. Elle ne prit même pas la peine d'enfiler ses pantoufles, les carreaux sous ses pieds la refroidissait un peu. Ouvrant la porte discrètement, elle se faufila dans l'entrebâillement et referma le battant derrière elle. D'un coup d'oeil, elle vit sa mère allongée sur le canapé, avec un livre dans une main, éclairée par une petite lampe de chevet. Les deux petites fenêtres du salon étaient ouvertes, mais ne laissait passer aucuns courants d'air. Myrtle n'avait pas encore vu sa fille, trop concentrée sur son ouvrage, et celle-ci s'avança vers le canapé.
« Maman ? » Myrtle sursauta et se releva précipitamment. Lorsqu'elle vit sa fille, elle soupira et demanda : « Qu'est-ce qu'il y a, ma puce ? »

Kirsty s'assit sur le parquet juste à côté du canapé, parquet assez frais, et décida d'aller droit au but, elle n'allait pas tourner autour du pot pendant trois heures. « M'man... pourquoi ils ont emmené P'pa ? » Elle vit des larmes apparaitre aux coins des yeux de sa mère, signe que c'était un sujet sensible pour elle. En fait, son père était devenu un sujet tabou dans la famille Panglewood, personne n'osait prononcer son nom. Pourtant Kirsty était bien décidée à poser toutes ses questions, même les plus dures, afin d'avoir l'esprit soulagé. « Ton père était... comment dire ? Assez proche de l'opinion de Dallan Blackwave, et puis c'est un Né-Moldu. Et tu sais que Ursula Parkinson a horreur des Nés-Moldus. » "Et moi j'ai horreur d'elle et de ses manteaux noirs à la con" songea la petite blonde en serrant instinctivement les poings.

Elle détestait Parkinson pour deux choses : cette personne stupide lui avait enlevé son père, l'être auquel elle tenait le plus, mais aussi parce qu'elle se sentait impuissante face à la nouvelle Ministre. Et la petite fille détestait se sentir impuissante face à une situation ou une personne. Voyant briller la colère dans les yeux de sa fille, Myrtle murmura en lui caressant les cheveux :
« Mais ne t'en fais pas, il va revenir. Ursula Parkinson va bien finir par partir... » Sauf qu'elle venait d'arriver, elle n'allait pas partir tout de suite. Et c'était ça, le problème. « Maman, mais... il va pas mourir, hein ? » Elle le savait, elle avait prononcer le mot qu'il ne fallait pas prononcer. Dans l'esprit de toute la famille, il était impossible que Georges meurt. Sauf qu'en réalité, et Kirsty le savait, il était possible qu'il soit mal nourri ou que les Détraqueurs lui ait aspirée son âme. Le coeur de la blondinette se serra en même temps que les paupières de sa mère. « Non, bien sur, il ne peut pas mourir. » La jeune Panglewood hocha la tête, n'osant pas gâcher les rêves de sa mère.

A présent que son monde était en milles morceaux, la seule chose à laquelle la petite famille pouvait se raccrocher, c'était l'espoir. Et ça, Parkinson ne pourrait jamais lui enlever.

Sans un mot de plus, Kirsty se leva et tourna le dos à sa mère, au canapé et à la lumière, pour cacher ses larmes. Elle marcha jusqu'à la porte, le pas trainant, le regard morne. Et, juste avant de refermer le battant, elle se retourna vers sa mère en pleurs et dit :
« Il me manque. » Puis la petite fille disparu dans le sombre de sa chambre.

Elle s'allongea sur son lit, mais ne trouva pas le sommeil. Lorsqu'elle parvint enfin à somnoler, la lumière du salon était toujours allumée.

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Une semaine plus tard.

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Daisy Panglewood.



Elle piqua sa fourchette dans le morceau de pudding qui restait, mais celui-ci rebondit vers le bord de son assiette. Comme sa mère l'avait acheté il y avait déjà quelques jours, il començait à devenir élastique et rassis, mais pourtant la blondinette le mangeait. Elle avait faim, et ce n'était pas l'élasticité de son dessert qui avait la lui couper. Les yeux baissés vers son assiette presque vide, Kirsty joua avec les miettes marron du pudding, en les rassemblant pour faire un tas à côté du morceau restant. Ce jeu n'avait rien de passionnant, c'était même très ennuyeux, mais c'était tout ce qu'elle avait trouver pour rallonger son repas. Si elle mettait du temps à manger, sa mère ne pourrait pas mettre son assiette au lave-vaisselle de fortune, et donc ne partirait pas. Myrtle patientait calmement à côté de sa fille, tandis que James regardait une émission stupide à la télé. « Ma chérie, tu te dépêches ? Je n'ai pas tout mon temps, moi. » Kirsty bougonna quelque chose et, sachant qu'elle avait perdu la bataille car sa mère allait finir par se douter de quelque chose, elle enfourna les miettes et le morceau de pudding, laissant Myrtle prendre son assiette et la ranger dans le lave-vaisselle.

La petite blonde se leva de sa chaise pour se laisser tomber à côté de son frère en soupirant. Son regard ne resta même pas trente seconde posé sur l'écran de la télé, il dévia vers Myrtle qui se préparait. Une large robe cachait toutes ses formes ainsi que l'arrondi de son ventre, ce qui fit grimacer Kirsty. Une fois que sa mère eut pris son sac-à-main, elle se pencha vers ses deux enfants et les embrassa tendrement.
« Vous me promettez d'être sage avec Daisy, d'accords ? » James hocha la tête, trop pris par son émission Moldue pour répondre quelque chose. Kirsty, quant à elle, grimaça. Elle n'aimait ni sa soeur, ni être prise pour un bébé. Et elle ne voulait pas avoir une baby-sitter comme lorsqu'elle avait trois ans. Pourtant, elle répondit : « Moui. Menfin bon, je suis sure qu'on aurait put se garder nous-même. » James renchérit en hochant à nouveau la tête. Mais Myrtle était trop pressée pour répondre quoi que ce soit, et sortit de l'appartement dans un "Bisous mes chéris".

Les deux frangins attendirent donc que la sonnerie retentisse. Celle-ci ne se fit pas attendre, et presque cinq minutes plus tard, un "driiiing" sonore se fit entendre. James grogna en éteignant la télé, et sa soeur fit de même en se levant du canapé pour aller ouvrir. La blondinette ne voulait pas revoir sa soeur, ce qui lui rappelait Hestia - la cousine du petit copain de Daisy. Elle était presque sure à cent pourcent que celle-ci ne se priverait pas de répéter qu'il fallait être gentille avec Isaac et sa famille. La petite blonde se promit, en ouvrant la porte, de se réfugier dans sa chambre pendant toute l'heure où sa soeur serait là. Lorsque le battant fut ouvert, une grande fille blonde pénétra dans l'appartement en grimaçant.
« Eh bien, dis-donc ! Maman m'avait dit que ce serait p'tit, je ne m'attendait tout de même pas à ça ! » Pas de bonjour. Pas de "comment ça va ?" Pas de bisous. Rien, sauf une grimace et une plainte. Du Daisy tout cracher. Kirsty s'éloigna de la porte, un grand sourire aux lèvres. Elle avait une excellente idée.

« Daisy ! Je suis tellement contente de te revoir ! Comment ça va ? Attends, viens que je te prenne ton sac. » Joignant le geste à la parole, la blondinette s'approcha de sa soeur interloquée, et l'embrassa sur les deux joues avant de lui arracher des mains le sac qu'elle tenait. James aussi semblait surpris par le comportement de sa soeur, bougonne depuis le matin. Daisy dut décider de jouer le jeu de Kirsty, et alla s'asseoir, telle une reine, sur le canapé miteux. «  Alors, Jamesounet ? Comment tu vas ? » Le petit garçon fronça les sourcils tandis que sa grande soeur l'attirait dans ses bras. Mais il ne semblait pas vouloir ni de bisous, ni de câlins car il se débattit au grand bonheur de Kirsty, et répliqua méchamment : « Depuis quand t'es sympa ? Depuis quand Kris te fait la bise ? Vous vous êtes réconciliées ? »

La blondinette déposa sur le sac sur la table encore pleines de miettes, avant de tourner le dos à son frère et à sa soeur pour éviter qu'ils voient qu'elle rigolait. Cette ambiance d'hypocrisie la faisait rire. Sa soeur était tellement stupide et son frère tellement amusant, c'en devenait ridicule. Elle se retourna, un grand sourire scotché aux lèvres, comme à son habitude. « Et puis... m'appelles plus Jamesounet, d'abords. Depuis que t'es avec ton Isaac, tu t'en fous de nous. Même si maman est enceinte et que papa est plus là, tu nous aides plus. » cracha James. Daisy écarquilla les yeux, preuve que les paroles de son petit frère l'avaient blessée. Elle serra les poings en le repoussant. Kirsty remarqua que sa grande soeur était encore plus belle lorsqu'elle s'énervait, et elle ne put s'empêcher de serrer sa mâchoire. C'était très rageant d'avoir une soeur pénible mais d'une beauté à couper le souffle, alors que l'on est à la fois pénible et moche. La voix de la grande fille la sortit de ses pensées : « Alors, désolée James, mais là tu dépasses les bornes. Je ne cesse d'aider maman, de lui envoyer un peu d'argent et tout, et toi tu oses dire ça ! Et qu'est-ce que je fais, là ? Le ménage ? »

Kirsty s'avança, avec un sourire qui n'avait rien de gentils. Oubliée la politesse et l'hypocrisie de tout à l'heure. « Non, tu fais pas le ménage mais du baby-sitting à des gens qu'en ont pas besoin. Et si t'es pas contente, t'as qu'à partir. T'es pas la bienvenue ici. » La blondinette avait dit tout ça sur le ton froid qu'elle servait à ceux qu'elle détestait. Et Daisy faisait partie de cette catégorie de gens. Mais l'insolence des deux enfants ne sembla pas plaire à la grande soeur, qui plissa les yeux. « Alors c'est comme ça que vous me traitez ? Comme une moins que rien ? Mais en fait, il est où le problème ? Vous n'êtes pas content que je sorte avec Isaac, que je sois la préférée de maman ou encore que je sois plus libre que vous ? Non, mais j'y crois pas... » Elle se stoppa, avant de reprendre un peu plus calmement : « Allez dans votre chambre tout de suite. Je ne veux plus vous voir avant que maman revienne. »

Kirsty haussa les épaules et attrapa la main de James pour la première fois depuis longtemps, et les deux rentrèrent dans leur chambre en silence.
Dernière modification par Kirsty Panglewood le 14 septembre 2019, 15 h 12, modifié 1 fois.

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Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

Kirsty claqua violemment la porte, ce qui coupa court la conversation. James s'affala sur son lit, le visage fermé. La blondinette le connaissait assez bien pour savoir que sa colère n'était pas dût à la dispute, mais à sa déception. Lorsqu'il était déçu, il faisait cette tête déconfite, avec ses yeux mi-clos et sa bouche pincée. Déçu par quoi ? La petite fille n'en savait rien. Elle connaissait son frère par coeur, et savait que ce n'était pas le moment de poser une question qui pourrait attirer une nouvelle dispute entre elle et James. Il fallait qu'elle attende qu'il parle, et s'il ne parlait pas, elle s'enfermerait dans la salle de bain en attendant le retour de sa mère.

La petite blonde se laissa tomber sur son propre lit, avant d'ouvrir la fenêtre pour capter un peu d'air. Mais les branches des arbres dehors ne bougeaient pas d'un millimètre, et l'ouverture de la fenêtre ne servait qu'à faire pénétrer la chaleur. Kirsty se roula en boule sur sa couverture, la tête déposée sur son oreiller. Elle, au contraire de son petit frère, elle se sentait plutôt heureuse. Heureuse que les illusions que James se soient cassées, et que son admiration pour Daisy se soit arrêtée là. Sa grande soeur n'était pas l'ange qu'il croyait. Soudain, la voix du petit garçon retentit :
« Kirsty ? » La concernée releva la tête et la tourna vers son frère, légèrement surprise. « Mmm... » Le petit garçon se râcla la gorge, légèrement gêné. Passant une main dans ses cheveux, il ajouta : « Tu sais, t'as toujours été méchante avec moi. Pourquoi ? »

Kirsty eut l'impression qu'un bloc de béton lui descendait le long de l'estomac, et elle sentit ses joues s'embraser. Elle s'était attendue à tout, mais pas à cette question aussi surprenante que franche. Qu'est-ce qu'elle pouvait répondre pour justifier sa cruauté à l'égard de James ? Rien. Elle n'avait aucunes excuses, comme toujours. La blondinette avait toujours été méchante, avec tout le monde. Pour elle, c'était comme respirer ou se nourrir, c'était normal. Elle détourna son regard de celui, d'un bleu perçant, de son petit frère et inspira. Pour une fois, elle avait envie d'être franche à propos d'elle-même, de ne pas mentir comme elle faisait tout le temps. Elle avala sa salive et murmura de façon à ce qu'on ne l'entende pas de la pièce à côté, au cas où Daisy les espionnait : « Tu sais, James, je suis vraiment désolée. Avant, j'aimais être méchante. Je ne le faisais pas qu'à toi. C'est pour ça que je n'ai jamais eu d'amis, ni avant Poudlard, ni à Poudlard. Et... » Sa voix se brisa. Il ne lui était encore jamais arrivée de se confier à quelque à ce sujet-là. Sa méchanceté avait toujours été un tabou, car elle en avait honte. « J'étais jalouse de toi. Tu sais, on dit toujours que la place du milieu dans une fratrie, c'est la plus mauvaise. Je crois que c'est vrai. » Elle déglutit et osa un regard vers James. Le petit garçon la fixait toujours, mais ses yeux exprimaient de la tendresse. C'était la première fois qu'elle le voyait être gentil avec elle. « Je te pardonne, t'es ma soeur. Et puis... depuis que papa n'est plus là, on dirait que t'es une huitre. Tu parles à personne, même pas pour me dire des méchancetés. Maman m'a dit que papa et toi, vous étiez presque plus proche et papa et elle. » Kirsty opina du chef, sans répondre.

Que dire d'autres ? A présent que James savait tout, elle n'avait rien d'autre à dire. Mais que son petit frère s'était aperçu qu'elle n'allait pas bien depuis l'arrestation de leur père lui faisait chaud au coeur.
« Avant, je te trouvais horrible, pour moi tu étais un démon, et Daisy un ange. Maintenant, je trouve qu'en fait, c'est elle le démon. Une véritable p'tite peste. » La blondinette sourit. « Tu sais, depuis la disparition de papa, je suis triste. J'ai l'impression que plus rien ne sera comme avant. Et comme je rentre à Poudlard, je pensais qu'on pourrait se réconcilier, non ? » Cette fois-ci, Kirsty ne se retint pas. Elle tourna son regard vers James, un grand sourire aux lèvres. « D'accords ! Tu sais, j'ai compris que ça ne servait à rien de se disputer avec les membres de sa famille. »

Il y eut un grand moment de silence, que Kirsty utilisa pour réfléchir. Elle ne s'était jamais sentie aussi triste, ni jamais sentie aussi heureuse. C'était un étrange mélange, elle le savait. Une nouvelle année commencerait bientôt, avec de nouvelles difficultés, mais aussi de nouvelles résolutions. Cette année, elle serait gentille, aurait de bonnes notes et s'entendrait bien avec son frère. Elle aurait des amis. « Tu me promets de changer ? » demanda James d'une petite voix. « Je te le promets. D'ailleurs, je pensais me couper les cheveux. Qu'est-ce que tu en dis ? » Le petit garçon écarquilla les yeux, surpris par la question de sa soeur. La blondinette toucha l'une de ses mèches dorées. Elle était décidée, elle couperait ses cheveux, pour marquer la fin de la méchante Kirsty. Ces longues mèches étaient sont passé. Celles qui repousseraient seraient son futur. « Eh bien... je trouve qu'au moins, tu ne te cacherais plus derrière des cheveux ! »

James se leva alors de son lit, et prit Kirsty dans ses bras. La petite fille fut surprise par ce geste familier qu'elle n'avait pas fait depuis un bon bout de temps. Elle serra son frère dans ses bras, se jurant qu'elle le protègerais de tous les méchants qui peuplaient le monde.

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Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

Malgré la présence de James et leurs discussions, Kirsty commençait à s'ennuyer fermement. Passer une journée entière enfermée dans une chambre étouffante avec pour toute distraction son petit frère et son chat était ennuyeux. James et Kirsty s'étaient juré de ne pas sortir de la chambre avant le soir, quand leur mère rentrait, mais ils n'avaient pas prévu la chaleur et la faim. Ils passaient leur temps à aller boire dans la salle de bain, à se coller au carrelage frais et à soupirer. Heureusement que la blondinette avait retrouvé deux chocogrenouilles fondues dans ses poches. Callisto aussi commençait à trouver le temps long. Elle miaulait en regardant sa maîtresse de ses yeux ronds et bleus. Daisy ne s'était pas manifestée une seule fois, et Kirsty entendait les paroles d'un présentateur moldu à la télé. Sa peste de grande soeur devait profiter de leur absence pour regarder la télé et manger les tablettes de chocolat et autres sucreries.

Et puis, enfin, une clé tourna dans la serrure de la porte d'entrée, et les pas de Myrtle retentirent. Kirsty sauta au bas de son lit, faisant sursauter Callisto qui s'était installée sur ses genoux.
« Y'a maman ! » s'exclama la petite blonde. Son frère l'imita, tandis qu'elle ouvrait la porte et pénétrait dans le salon. Ici, il faisait moins chaud. Sa mère s'était avachie sur le canapé et avait fermé les yeux. Daisy était assise à la table et lançait un regard mauvais à ses cadets, que Kirsty lui rendit bien. La blondinette était contente que sa mère soit revenue, car cela signifiait le départ imminent de Daisy, ainsi qu'un délicieux repas pour son ventre affamé qui gargouillait douloureusement. « Ah, les enfants... Comment s'est passé cette journée ? » Daisy ricana avant de répondre : « Horrible, les petits ont été méchants avec moi, je les ais envoyé dans leur chambre. »

Kirsty sentit une colère sourde se répandre dans ses veines. Daisy poussait le bouchon trop loin en rejetant la faute sur eux, alors que seul James avait été méchant avec elle. Mais non, de toute façon, c'était toujours de la faute de la blondinette. Celle-ci serra les poings et dit d'une voix glaciale : « Nous ne sommes pas petit ! » James croisa les bras, mais ne dit rien. Kirsty savait qu'il n'avait pas le courage d'être méchant avec Daisy en présence de leur mère.
« Que s'est-il passé, encore ? » fit cette dernière d'une voix lasse. « Une dispute, rien de plus. Et toi ? »

Myrtle rouvrit les yeux, et Kirsty fut contente qu'elle n'approfondisse pas plus le sujet de la dispute, car, tôt ou tard, on allait l'accuser d'avoir "attirer son petit frère du mauvais côté". Sa mère proposa d'aller à table pour parler plus calmement, et la blondinette lui en fut reconnaissante. Elle mourrait de faim, et son estomac émettait des gargouillis sonores. Une fois qu'ils furent tous installés autour de la table, et que divers petits plats froids étaient déposés sur la grande nappe à carreaux, Myrtle dit d'une voix joyeuse : « Le bébé va bien, il devrait naître en novembre. » Le regard de Kirtsy descendit jusqu'au ventre de sa mère, bombé sous sa large robe, et elle grimaça. Bientôt, dans trois mois, elle aurait un autre petit frère, ou une autre petite soeur. Cette perspective ne l'enchantait vraiment pas, car elle avait déjà très mal supporté que, pendant dix ans de sa vie, ses parents s'occupent plus de James que d'elle.

Le repas débuta en silence, les quatre Panglewood mangeant avec un air grave. Depuis que George n'était plus là pour égayer les dîners, les discussions tournaient en rond et des silences lourds s'abattaient souvent sur la petite famille sans que personne ne sache pourquoi. Kirsty profitait de ces quelques instants de répit pour évacué toute la colère accumulée, se régalant du peu de nourriture qu'elle avait à sa disposition. Son regard passait sur les trois visages autour de la table, penchés sur leurs assiettes. Celui de James était contracté par la concentration, car l'enfant peinait à attraper le dernier petit pois de on assiette. A son contraire, Myrtle une mine heureuse et souriante, et elle regardait sa petite famille avec contentement ; Kirsty savait que ce sourire n'était qu'une façade et que sa mère était effondrée devant l'ampleur des dégâts qu'avait causée la prise de pouvoir de Parkinson, mais la blondinette lui était reconnaissante de faire semblant. Enfin, Daisy semblait horriblement gênée. Elle ne cessait d e jouer avec son porridge sans le toucher, et sa bouche s'ouvrait et se fermait comme si elle hésitait à annoncer quelque chose. Soudain, la jeune femme dit d'une voix mal assurée :
« Maman... ? Je... je voulais te dire quelque chose. » Myrtle haussa un sourcil, et fit un signe à sa fille comme quoi elle voulait écouter. Daisy continua en baissant la voix, l'air un peu paniqué : « En fait... j'ai arrêté mes études de médecine. »

Un silence s'abattit sur la tablée, plus lourd que le précédent. Même les bruits des couverts avaient cessé. Myrtle ouvrait la bouche, effarée par la nouvelle. James avait relevée la tête de son petit pois écrasé contre sa fourchette, et fixait sa grande soeur avec un air d'incompréhension. Pour Kirsty, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. C'est pourquoi elle demanda d'une voix nonchalante : « Pourquoi ? Tu te jugeais trop bête pour les continuer ? » Sa mère lui lança un regard assassin, et Daisy sembla encore plus gênée. « Non. Je... vous ne le dîtes à personne, mais... je suis rentrée dans l'Organisation du Réveil en tant que Médicomage. » Kirsty regarda sa soeur d'un air perplexe. L'Organisation du Réveil ? Qu'est-ce que c'était ? Au vu du visage gêné et des coups d'oeil que lançait Daisy vers la porte, comme si elle s'attendait à voir un Manteau Noir surgir à tout moment, la blondinette comprenait que ce n'était pas quelque chose de très légale. « Ah, je comprends, » finit par lâcher Myrtle, qui paraissait un peu soulagée. Daisy poussa un infime soupir, tandis que James demanda d'une voix pressante : « C'est quoi votre réveil-machin-chose ? Tu soignes les réveils maintenant ? »

Daisy sourit et murmura à voix basse : « Non, c'est une organisation contre Parkinson et sa bande de cinglés. Mais, ça, vous ne devez pas le dire, hein ? » Un déclic se produisit dans la tête de Kirsty, dont le regard s'illumina. Et si l'organisation permettait de délivrer son père ? Une vague d'espoir la remplit, si bien qu'elle s'écria : « Moi je veux en faire partie ! » Myrtle poussa un soupir d'exaspération : « Ne sois pas stupide, Kris, tu es une enfant ! Et puis, je ne veux pas que deux de mes filles risquent leur vie ! »

Kirsty serra les poings mais ne répondit rien. Elle sentait sa colère affluer à nouveau, et lui faire bouillir l'esprit. Encore et encore, on lui ressortait l'excuse de son âge : "tu es trop petite", tu es une enfants"... Mais quand est-ce qu'on la considérerait comme une grande fille ? Elle allait avoir treize ans en décembre, elle n'était plus une enfant ! « James, Kris, allez vous brosser les dents, » fit Myrtle d'une voix autoritaire. La blondinette obéit, non sans foudroyer sa mère et sa soeur du regard.

Troisième année RP (2044-2045) | Remplaçante Attrapeuse/Poursuiveuse des Griffes Ardentes.
“Il est grand temps de rallumer les étoiles.”

Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

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Kirsty porta machinalement sa main à l'une des boucles dorées qui tombait sur son épaule, et l'entortilla autour de son index. Depuis quelques minutes, environ cinq, elle fixait son reflet dans la glace de la salle de bain, sans avoir le courage de le quitter des yeux. Elle détaillait le moindre recoin de son visage, et plus précisément de ses cheveux. Ces boucles boucles dorées qui retombaient sur ses épaules telle une cascade blonde l'accompagnaient partout depuis qu'elle était petite. Elle était aller seulement trois fois chez le coiffeur, et ce n'était pour se séparer de quelques centimètres en trop. Ses cheveux avaient constitué une sorte de rempart entre la blondinette et les autres. Elle avait toujours put baisser la tête lors des moments tristes, laissant tomber un rideau de mèches qui la cachaient un peu du reste du monde. Elle avait toujours put enrouler son doigts dans l'une de ses boucles dans les moments angoissants.

Mais à présent, elle allait les quitter. Certes, ils repousseraient, mais cela prendrait des années pour qu'ils reviennent à la taille qu'ils avaient actuellement. Si Kirsty était triste de se séparer de ses multiples mèches dorées, elle n'en était pas moins soulagée. Les couper, ça revenait à dire qu'elle avait réellement tourner la page, pas simplement décider de faire quelques efforts. Les couper signifiait dire adieux à la Kirsty d'avant, à la Kirsty associable et mauvaise à l'école. Elle voulait s'améliorer, et elle s'améliorerait mieux si elle quittait tout ce qui était en lien avec l'ancienne elle-même. La petite fille avait pris cette décision bien avant les vacances, au moment où elle avait appris que son père s'était fait arrêté, puis envoyé à Azkaban. La nouvelle Kirsty s'opposerait à Parkinson.

La petite fille se détourna de son reflet, estimant qu'elle s'était assez vue. Elle rejeta ses cheveux en arrière, puis ouvrit le loquet de la porte de la salle de bain. Elle poussa le battant et sortit enfin de la pièce étouffante. Certes, la chambre était tout aussi chaude, mais on ne respirait pas l'air humide de la pièce d'eau. Kirsty annonça d'une voix claironnante :
« Prête ! » James émergea de derrière la porte de la cuisine, habillé de ses plus beaux vêtements. Depuis presque un mois, ils n'étaient pas sorti de l'étouffant petit appartement, et à présent que l'occasion se présentait, toute la famille portait ses plus beaux habits.

« Ah bah enfin ! On a bien cru que la reine du jour ne sortirait pas de la salle de bain ! » ricana le petit garçon. Kirsty lui sourit, mais ne répondit rien. Ils rejoignirent leur mère, qui était elle aussi bien parée, dans le salon. Myrtle attrapa la main de son fils, fit signe à sa fille de la suivre, puis sortit à l'extérieur.

Ils marchèrent quelques minutes en silence dans les rues étrangement calmes de Londres. Il n'y avait pas un seul passant, à croire qu'ils avaient tous fuit la capitale pour rejoindre des contrées moins bouillantes. Un soleil de plomb éclairait les rues pauvres et dénuées d'ombre, si bien que Kirsty transpirait dans son T-shirt large. C'était la première fois que la petite blonde faisait le tour du quartier où les Panglewood avaient élu domicile : c'était un quartier de banlieue apparemment pas très riche, au vu des meubles cassés et des ordures qui trainaient sur le bords des trottoirs. Les petites maisons grises et ternes qui bordaient la rue au béton craquelé n'allaient pas avec le jaune vif du soleil d'été. Quelques minutes après, Myrtle déclara :
« C'est là. » Elle désigna du menton une boutique coincée entre deux maisons, qui portait l'inscription écaillée "Chez Botif, coiffeur".

Kirsty eut une grimace lorsqu'elle remarqua que le magasin était aussi crasseux que le reste de la rue. James dût se faire la même réflexion, car il marmonna à l'adresse de sa grande soeur :
« J'espère que leurs shampooings sont au moins propres, sinon tu ressembleras à une poubelle. » La blondinette ne put s'empêcher de ricaner, tandis que les trois Panglewood pénétraient dans la boutique. La pièce était vide, et seule une vendeuse ensommeillée était assise au comptoir. Deux lavabos et deux sièges meublaient la pièce d'une propreté douteuse. La vendeuse, en apercevant la petite famille, se redressa d'un coup et demanda d'une voix nonchalante : « Bonjour, que voulez-vous ? »

Pendant que sa mère exposait les raisons de leur visite, Kirsty détailla la coiffeuse. Celle-ci était de petite taille, dotée d'une peau très pâle et d'un visage maigre. Ses immenses yeux bleus semblaient dix fois trop grand pour sa face, et ses cheveux d'un violet fluo lui donnaient l'air d'un spectre. Une fois que Myrtle eut tout expliqué, la coiffeuse se tourna vers la blondinette et désigna l'un des deux lavabos. Kirsty hocha la tête, un peu désorientée, et s'assit sur l'un des sièges devant le lavabo que la vendeuse lui avait désigné. «  Une coupe au carré, c'est ça ? » demanda la coiffeuse en plongeant la longue chevelure de Kirsty dans de l'eau moussante d'une couleur gris clair. « Oui, » répondit la petite.

Ensuite, tout se passa comme dans un rêve. Le cerveau de Kirsty, fatigué après l'insomnie qu'elle avait faite cette nuit, se déconnecta de la réalité. Elle ne se rendit pas compte quand la coiffeuse arrêta enfin de lui laver les cheveux, ni quand elle la fit asseoir sur un autre siège afin de les couper. Elle ne vit pas les mèches dorées, tout à coup détachées de l'autre parti d'elles-mêmes, tomber à terre en virevoltant.

Son esprit se reconnecta à la réalité lorsque la coiffeuse lui annonça que c'était terminé, et alla réclamer de l'argent à Myrtle. Kirsty battit plusieurs fois des paupières, et s'approcha un peu plus de la glace, le coeur battant la chamade. Le reflet que lui renvoya le miroir était celui d'une petite fille au visage encore enfantin, aux yeux d'un bleu très clair, et aux cheveux blonds coupés au niveau du menton. Ses mèches, libérées du poids des pointes, bouclaient complètement et remontaient jusqu'à ses oreilles. Kirsty fut étonnée de se trouver jolie avec les cheveux courts.

Elle détourna son regard du reflet, et suivit sa mère et James qui sortaient de la boutique, toujours un peu sonnée.
« Cette coiffure te va très bien, ça te change, » dit Myrtle d'une voix douce en caressant les cheveux de sa fille. « Papa va avoir un choc lorsqu'il me verra, quand il reviendra. » murmura la blondinette en espérant que ce moment était proche.

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Ce n'est pas chez moi...  SOLO 

Une dizaine de jours plus tard, en août.

Allongée à plat ventre sur son lit défait, Callisto couchée de tout son long sur son dos, Kirsty écrivait sur un morceau de parchemin qui ne cessait de se rouler et se dérouler. La petite fille tentait maladroitement de retenir les bords qui revenaient sans cesse au milieu, mais n'y parvenait pas bien. Si on ajoutait cela au fait que son encrier était en équilibre précaire sur son oreiller et que que son chat, bien que petit, lui pesait dans le dos, ce fastidieux travail d'écriture était très complexe pour la blondinette. Pourtant, elle s'acharnait sur ce morceau de parchemin à moitié roulé, pour y tracer des lignes à l'encre bleue.

Qu'est-ce qu'elle écrivait ? Même elle ne savait pas. Elle racontait sa vie à cet insignifiant bout de parchemin, par l'intermédiaire de son encre qui se vidait à vue d'oeil. Elle racontait combien sa vie était dure sans lui, elle racontait qu'elle détestait cet appartement, cette chambre où elle dormait chaque nuit depuis presque deux mois, elle racontait que sa vie avait basculée, et surtout... elle racontait qu'elle haïssait cette femme qui lui avait volé son père, sa maison, son bonheur. Lorsqu'elle n'eut plus de place au recto du parchemin, elle le tourna et continua d'écrire au verso. D'habitude, elle détestait tout ce qui se rapprochait de l'école : elle n'écrivait que des lettres pour ses parents, ou que des notes pour ses cours. Mais, cette fois-ci, elle faisait abstraction de son dégoût pour l'écriture, et remplissait des feuilles entières de sa vie, mettant enfin des mots sur tout ce qu'elle ressentait.

Ce n'était pas du grand art, mais elle prenait du plaisir à se libérer de ce grand poids qui lui encombrait les épaules : elle n'était plus la seule à supporter tant de douleurs et de tristesse, ils étaient deux à présent. Elle et le parchemin. Elle et Kim. Kim était cette personne inventée de toute pièce, dans laquelle la blondinette déchargeait tous ces problèmes, par le biais de l'écriture. Cela, elle l'avait inventé depuis dix jours et, depuis dix jours, elle allait mieux. Elle parvenait à nouveau à afficher son sourire en plastique sous ses cheveux courts. Kim l'accompagnai partout : dans l'appartement, à l'extérieur, et elle projetait même de l'emmener à Poudlard. Comme cela, elle se contenterait d'écrire ses problèmes pour les transmettre à Kim, et elle se sentirait libérée.

Callisto s'étira et quitta enfin le dos de sa maitresse. Celle-ci se releva aussi, roulant Kim pour la mettre dans une de ses poches, faisant aussitôt disparaître ses problèmes. Elle pouvait avoir l'esprit en paix. La blondinette attrapa son chat et sortit de la chambre pour aller dans la cuisine. Là, sa mère était avachie sur le canapé de fortune et fixait l'écran mouvant de la télé. James dessinait tranquillement sur la table encombrée. Tout était si calme, si habituel. Kirsty n'avait aucune envie de briser le charme de ce tableau si chaleureux. Pourtant, elle murmura dans un souffle :
« On n'était pas sensés aller sur le Chemin de Traverse ? » Myrtle leva les yeux vers sa fille, et soupira : « Malheureusement si. J'ai peur de voir ce que Parkinson a fait de notre beau Chemin de Traverse... »

Elle se leva, imitée par James. Kirsty aussi redoutait de voir ce qu'était devenu l'endroit merveilleux où elle ferait pour la troisième fois de sa vie ses courses de rentrée.

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