Cité de Londres

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Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

Il faisait assez froid, ce jour-là. Dans le style, quasiment-zéro-mais-en-fait-non-parce-qu'il-ne-neige-pas. Or, l'hiver sans la neige, ça n'avait aucun sens : il faisait froid, humide, le vent glacial vous fouettait le visage, on était sans cesse obligé de porter une myriade de pulls, de gants, d'écharpes et de bonnets en laine (même si elle n'avait rien contre les bonnets en laine), et on avait toujours le nez pris, si bien que chaque conversation s'agrémentait d'un concerts de reniflements. Charmant. Mais tout n'était pas si sombre : en hiver, on avait aussi (et surtout) la neige, Noël, les cadeaux, les batailles de boules de neige, les séances de patinage sur les eaux glacées du lac (quoique si elle avait bien compris, une de ses camarades de classe avait tenté le coup et avait échappé de peu à la mort). Mais bon, on était fin février, et Noël était passé depuis un bout de temps. Et cette neige qui ne tombait pas ! Tout ce qui faisait de l'hiver l'une de ses saisons préférées était aux abonnés absents. Rageuse, Abigail remonta son écharpe sur son menton et donna un coups de pied dans un caillou qui termina sa course sur la route, avant d'être heurté par une voiture qui l'envoya bouler dans la rigole. Paix à son âme.

Il faisait froid, mais c'était tout de même une agréable journée : pour commencer, il ne pleuvait pas (chose rare qui méritait qu'on l'appréciât) et elle se baladait tranquillement dans la ville au milieu des passants, des taxis, des bus et des vélos, chose dont elle n'avait pas eu l'occasion avant ce jour. Elle n'était pas retournée à Londres depuis l'été qui avait précédé sa rentrée à Poudlard (ou plutôt : elle n'était pas retournée dans le Londres moldu depuis l'été qui avait précédé sa rentrée à Poudlard), et c'est avec un certain plaisir qu'elle redécouvrait la capitale qu'elle avait tant arpenté autrefois (car il lui semblait à présent que ces temps passés appartenaient à un autre siècle) en compagnie de Céleste le plus souvent, plus rarement avec ses frères. C'est d'ailleurs avec sa cousine qu'elle avait pensé retourner à la capitale pour une nouvelle escapade dans le monde moldu. Tirant sur une mèche caramelle échappée de sa natte, Abby glissa un regard discret à Colorado qui marchait à ses côtés.

Tous deux, depuis leur sortie du Chaudron Baveur, n'avaient pas échangé un mot. La fillette appréciait beaucoup le garçon, avec qui elle partageait ses cours, mais elle ne s'était jamais retrouvée en tête à tête avec lui, et c'est un peu mal à l'aise qu'elle lança, sur un coup de tête, dans l'espoir d'animer un peu leur promenade :


« Et euh sinon... Ça va bien avec Ana, en ce moment ? »

*Ou le sujet qu'il ne fallait pas évoquer. Ça fait un bout de temps maintenant, tu ne peux pas les laisser tranquille, avec tes questions idiotes ? Tu as vraiment le cerveau d'un boursouflet ma vieille...*

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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Ancien sorcier  

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

Je n'étais jamais aller à Londres, ma première fois et apparemment fait exceptionnel il ne pleuvait pas là-bas. Mais mis à part le temps froid qui régnait sur Londres, il était agréable de sentir les quelques rayons de soleil réchauffer mon visage. Se balader dans les rues comme ça, voir les bus, les voitures, les moldus, les gens qui se pressent. Et se dire qu'ils ne savent absolument pas qu'il y a des sorciers parmi eux. Qu'es ce que c'est amusant, enfin pour un sorcier. J'aimera pas être à leur place... Que l'on leur cache une partie du monde.

Mais bon, là le moment était plus là pour s'amuser et rigoler plus qu'autre chose. Depuis le temps que j'avais promis à Aby que l'on irai ce promener... Et bien ça date du même jour, où j'ai été en couple avec Ana. C'est ce que la petite commère avec qui je marchais tranquillement dans Londres, qui entra dans le sujet. Enfin, il faut aussi dire que l'on avait pas vraiment échanger depuis que l'on était là...


''Et euh sinon... Ça va bien avec Ana, en ce moment ?''

Je crus que dès que ses paroles avait franchit le bord de ses lèvres, elle le regretta. Mais je lui fît comprendre qu'elle ne le devait pas rien qu'avec mon regard. Et je lui répondit tout de même :

''Bah normal, fin je sais pas. Tu voudrais que je te raconte quoi? Mais bon je pense qu'Ana doit bien parler avec vous dans votre dortoir?''

Mais je crois qu'avec ma question je la mit mal à l'aise... Enfin, non je crois pas tout bien réfléchit. Je pense plutôt qu'elle avait répondu à ma question oralement mais physiquement. Et voulant pas trop m'attarder là dessus, j'enchaîna:

''Et toi côté garçon, ça donne quoi?... Désolé, tu n'as peut-être pas envie d'en parler...''


Je crois que j'avais touché un sujet sensible, de type secret défense. J'ai jamais vraiment été doué avec les filles, enfin à leur parler, tout les trucs qui vont avec quoi.. Mais là j'avais peur d'avoir toucher le fond. *Tout de même tu es vraiment un crétin tu n'aurais pas pus parler d'autre chose? Tu es vraiment irrécupérable...*

Et elle tourna la tête, et moi je fît pareil de mon côté. C'est affolant comment, les trottoirs londonien manquent de verdures, d'arbres de fleurs. Je veux bien qu'il n'y ai pas de beau temps souvent, mais je crois me souvenir qu'en Normandie, un coin proche en France; il ne fait très souvent beau temps mais que il essaye de bien décorer pour rendre moins triste, tous ce goudron et ce béton. Mais peu de temps après je compris qu'il était en train de changer les installation fleurals lorsque l'on atteignit le bout de la rue, d'ailleurs on arriver plus très loin de Hyde Park...

''Aby, et si on allait faire un tour au parc?'' dis-je en montrant du doigt Hyde Park...

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

Les trottoirs succédaient aux trottoirs, tandis que les bus, voitures et motos roulaient à toute vitesse sur la route, éclaboussant parfois les passants d'une gerbe d'eau de pluie (il ne pleuvait pas aujourd'hui, mais il avait plu hier. Et avant-hier. Et le jour encore avant. Bref, vous aurez compris, ce n'était pas les flaques d'eau qui manquaient). Abby observaient les véhicules filer à toute allure, assez étonnée. Sa mère ne lui avait-elle pourtant pas dit que les moldus devaient respecter des... limitations de vitesse, si elle ne se trompait pas ? Et que en ville, ils ne devaient pas rouler à plus de... Enfin, pas trop trop vite ? Maintenant qu'elle y pensait, il n'y avait pas de limitations de vitesse pour les balais. Bon, dans le même temps, les balais étaient moins nombreux que les véhicules moldus. Après tout, quand on voulait rendre visite à la vieille tante Jenny, la poudre de cheminette ou le transplanage, c'était quand même vachement plus pratique. Et puis, il y avait un gain de temps considérable.

« Bah normal, fin je sais pas » répondit Colorado, sans cesser de marcher. « Tu voudrais que je te raconte quoi ? Mais bon je pense qu'Ana doit bien parler avec vous dans votre dortoir ? »

Ou pourquoi elle avait regretté ses paroles sitôt prononcées. Triturant l'extrémité de sa natte de ses doigts rougis par le froid, elle marmonna si bas qu'elle avait de sérieuses raisons de douter qu'il l'entendît :

« Oui, bon, on ne parle pas non plus que de ça, hein. Enfin, je veux dire, on la laisse un peu tranquille... Pas qu'on le fasse pas, d'habitude, mais bon, on n'en parle plus vraiment... »

Elle avait beau examiner la situation sous toutes les coutures, elle s'emmêlait sérieusement les pinceaux. Oui, bon, après tout, si elle l'avait questionné sur ce sujet, c'était un peu en désespoir de cause : une promenade à Londres sans que l'un ou l'autre ne parle, c'était pas franchement l'idée qu'elle se faisait d'un après-midi agréable. Même si il faisait froid et qu'il ne neigeait pas. Au moins, à présent, ils avaient entamé une discussion. Heureusement, le garçon ne se formalisa pas de cette réponse pour le moins décousue, et embraya :

« Et toi côté garçon, ça donne quoi ?... Désolé, tu n'as peut-être pas envie d'en parler... »

Abigail avait, pour son plus grand malheur, hérité du teint pâle, presque diaphane, de sa mère. Ajouté à sa grande timidité, c'était un mélange assez compromettant. La gamine tira un peu sur son écharpe pour cacher ses joues cramoisies, avant de laisser échapper un petit rire, discret, face à la gêne de son ami. Ami ? Après tout, elle l'appréciait, et puis ils se retrouvaient quand même ensembles, à se promener dans Londres, gamins de onze et douze ans, assez loin de leur école, même si tout cela résultait d'une promesse qu'il lui avait faite (et que, pour être franche, elle n'avait pas vraiment pris au sérieux avant qu'il ne la lui rappelle, quelques jours auparavant). Soufflant sur ses doigts dans une vaine tentative de les réchauffer, elle murmura, avec un petit sourire amusé :

« C'est surtout qu'il n'y a rien à dire... »

C'était vrai. A part Colorado et Dave, son filleul avec qui elle n'avait jamais discuté que par hibou, elle ne connaissait pas vraiment les garçons de sa promotion. Ils n'avaient jamais eu l'occasion de faire connaissance, en fait. Et puis bon, à douze ans, ce n'était pas le sujet le plus important du monde. Elle se préoccupait plus de sa note en Métamorphose et de son devoir de Potion, abandonné à côté de la cheminée, ou du résultat du prochain match des Harpies de Holyhead.

Les deux enfants avaient repris leur marche silencieuse, et les trottoirs succédaient aux trottoirs, tandis qu'un vent froid faisait gonfler les jupes de certaines ladies dans la rue et se glissait sous l'écharpe pour chatouiller le cou. Prise d'un frisson, Abby resserra son manteaux et rentra le menton dans son col en enfouissant ses doigts gelés dans ses poches. Elle jeta un bref coup d’œil au ciel (bleu, avec çà et là quelques nuages qui filaient à une vitesse plus que raisonnable), mais toujours pas de neige.


« Abby, et si on allait faire un tour au parc ? »

La fillette lança un regard étonné à son compagnon, qui pointait du doigt les grilles de Hyde Park au bout de la rue, puis haussa les épaules avec un sourire. Même si les arbres n'avaient certainement pas recouvré leur feuillage en cette saison, elle avait toujours apprécié de se balader au bord de la Serpentine.

« Comme tu veux. »

Les deux enfants traversèrent la rue pour gagner le parc, et la petite fille tira son ami vers le lac artificiel. L'herbe était encore mouillée de la pluie tombée la veille, et rares étaient les londoniens qui traînaient dans le parc. Quelques touristes, une famille, un jeune couple qui promenaient un chien... Toujours les mains dans les poches, Abby se tourna vers Colorado :

« Qu'est-ce que tu dirais de prendre un chocolat chaud ou une bierraubeurre au Chaudron Baveur après ça ? » proposa-t-elle avec un sourire.

Ses doigts rencontrèrent les quelques gallions qu'elle avait attrapé dans sa bourse avant d'enfiler son manteau et elle ajouta :


« Je t'aurais bien proposé de prendre quelque chose dans le Londres moldu, pour changer, mais je n'ai que de l'argent sorcier... »

Elle avait inconsciemment baissé la voix, bien que les promeneurs les plus proches ne se trouvassent pas à portée de voix. Ils marchèrent ainsi quelques minutes, silencieux, et les pensées d'Abby dérivèrent doucement au gré de ses souvenirs. Lorsqu'elle reprit la parole, elle ne se souciait plus vraiment des Moldus (qui étaient de toutes façon trop loin pour comprendre ce qu'elle disait, et ne devaient de toute façon pas vraiment s'en préoccuper), ou même du chocolat chaud du Chaudron (ce qui était plus étonnant, car Abby raffolait du chocolat chaud de Miss Pidloux) et elle embraya sur un sujet tout à fait différent :

« Au fait Colorado, qu'est-ce que tu as pensé du cours de Divination de l'autre jour ? »

En effet, quelques jours plus tôt, les deux enfants, ainsi que d'autres élèves de la première à la deuxième année tels qu'Ana ou Amaëlle, avaient assisté à un cours de découverte de la Divination, organisé par le professeur Nightincall. La petite fille avait été assez impressionnée, même si pour l'instant elle restait sur ses premières positions quant à ses options pour la troisième année. Elle avait cependant tout le temps de changer d'avis.

« C'était la première fois que j'entrais dans la classe de Divination » reprit-elle, avant de continuer en souriant : « Par contre, j'ai été impressionnée par le professeur Nightincall. On voyait vraiment qu'il était passionné, et il vraiment réussi à m'intéresser à une matière qui ne me plaisait pas plus que ça. Franchement, je trouve vraiment que c'est un bon professeur. Du coup, je doute un peu pour les matières qu'on devra choisir dans deux ans. Tu sais déjà ce que tu veux prendre, toi ? »

Elle glissa un regard en coin à Colorado, et se perdit de nouveau dans ses pensées. Oui, elle avait réellement été impressionnée par Mr Nightincall, qui leur avait fait découvrir la Divination en tentant de leur insuffler la passion qui l'animait. Lorsqu'il avait pris la parole, s'enflammant pour tel ou tel sujet, la petite fille n'avait pu détacher ses yeux de son professeur, captivée. Elle avait été littéralement envoûtée, et avait suivi le cours avec un grand plaisir (un peu moins lorsqu'elle avait dû participer mais bon). Le jeune professeur avait une manière de faire cours, dans une tentative de transmettre sa passion pour sa matière, qui avait fait l'admiration de la première année. Si seulement plus de professeurs pouvaient enseigner ainsi... Il fallait aussi dire qu'il était plutôt agréable à regarder, ce qui était un atout non-négligeable. En outre, il était le seul homme de l'équipe professoral (à part Rusard, mais bon, Rusard n'était pas prof et puis en plus, il était à Miss Tourmaline), même si Abby s'était longtemps demandé à quoi rimaient ses rendez-vous avec Kaeyann Hirondella, préfète de Gryffondor. Remarquez, le prof et l'élève, le Serpentard et la Gryffondor, ça faisait un peu Roméo et Juliette, cette tragédie moldue que lui avait fait découvrir sa tante Eirian.

Perdue dans ses divagations, la petite observait le soleil pâle de cette journée de février se refléter sur les eaux calmes.

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Ancien sorcier  

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

" Abby, et si on allait faire un tour au parc ? "

" Comme tu veux. "

Et après réflexion, Colorado se serrait senti un peu perdu si elle lui avait dit non, enfin il n'aurait surement plus parler pendant un certain moment dans tout les cas.Après avoir traverser la rue pour continuer leur balade dans le parc, Abby emmena Colorado vers le lac artificiel. *C'est qu'il est beau, comme quoi la beauté est bien artificiel, tout n'est que superficiel. Les habitants de celui-ci non rien demandés et nous venons les embêter... Mais bon allez arrête de mettre de penser à des choses comme ça, on passe un bon moment pour l'instant...* Sans avoir eu le temps de finir sa pensée Colorado fut aspiré vers la réalité lorsque qu'Abigail lui dit:

" Qu'est-ce que tu dirais de prendre un chocolat chaud ou une bierraubeurre au Chaudron Baveur après ça ? " avec un sourire, il semblait a Colorado qu'il n'avait vu un sourire comme ça venant d'elle..

Tout en disant ça elle avait mis sa main dans une poche et avait fait teinter ses gallions. Puis elle ajouta assez rapidement :

" Je t'aurais bien proposé de prendre quelque chose dans le Londres moldu, pour changer, mais je n'ai que de l'argent sorcier... "


Elle avait baisser la voix, enfin bon une sécurité supplémentaire. Mais elle n'avait pas entendu que Colorado lui avait dit:

"J'en ai moi si tu veux..."

Après cette ignorance monumentale, même s'il savait très bien qu'elle n'avait pas fait exprès. Il était vexé.Et comme si elle l'avait senti elle voulu changer de sujet. En disant:

" Au fait Colorado, qu'est-ce que tu as pensé du cours de Divination de l'autre jour ? "


"Je ne suis pas allez au cours de divination... J'étais trop occuper à finir mon premier devoir de sortilège. J'adore cette matière, tu sais et toi?"

Mais elle lui coupa presque la parole.

« C'était la première fois que j'entrais dans la classe de Divination » reprit-elle, avant de continuer en souriant : « Par contre, j'ai été impressionnée par le professeur Nightincall. On voyait vraiment qu'il était passionné, et il vraiment réussi à m'intéresser à une matière qui ne me plaisait pas plus que ça. Franchement, je trouve vraiment que c'est un bon professeur. Du coup, je doute un peu pour les matières qu'on devra choisir dans deux ans. Tu sais déjà ce que tu veux prendre, toi ? »

"Bah tu sais je ne sais même on as quoi comme cours en plus à choisir en troisième année alors tu sais, j'en sais encore rien... Tu sais tous ce qu'il y a comme possibilité, toi?"

Elle avait peut être enfin répondre à une de ces questions quand même.Mais Colorado reconnu le chemin qu'il avait pris, maintenant il se souviens qu'il passe souvent ici avec ses parents pour rejoindre le chemin de traverse, pour aller à leur travail.

"Abby? Ca te dérange que l'on aille faire un petit coucou, à mes parents juste avant d'aller au chaudron ?"

Mais Abby semblait perdu dans ses divagations, elle observait le soleil de cette journée de février se refléter sur les eaux calmes.

Colorado, ne comprenais toujours pas sa réflexion devant le lac, et là, il avait envie de pleurer. Mais ne savait toujours pas pourquoi...
Et il se s'arrêta en plein milieu du trottoir, tout lui semblait triste, et il se mit a pleurer en silence. Les larmes coulait comme si il y avait une fuite sur un robinet. Mais abby venait tout juste de se retourner, elle n'avait pas vu qu'il s'était arrêter.

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

Abby releva soudain la tête. Elle avait la très étrange impression que les évènements lui échappaient. C'était pourtant une après-midi parfaitement normale, peut-être un peu fraîche, une excursion dans le Londres moldu en compagnie d'un garçon qu'elle appréciait. Mais l'atmosphère entre les deux enfants semblait presque tendue depuis qu'ils étaient entrés dans Hyde Park. Sous l'effet d'un brusque coup de vent, la petite resserra sous écharpe quand Colorado lança :

« Bah tu sais je ne sais même on as quoi comme cours en plus à choisir en troisième année alors tu sais, j'en sais encore rien... Tu sais tous ce qu'il y a comme possibilité, toi ? » Et sitôt après : « Abby ? Ça te dérange que l'on aille faire un petit coucou, à mes parents juste avant d'aller au chaudron ? »

Abby souffla prestement sur ses doigts rougis avant de répondre d'un voix joyeuse :

« Non, il n'y a pas de problème... Tes parents travaillent à Londres, alors ? »

Étonnée de ne pas recevoir de réponse, Abby se retourna vers son camarade de maison pour constater qu'il ne l'avait pas suivie. Colorado s'était arrêté un peu plus loin, et la fillette se mordit la joue en constatant qu'elle avait un peu négligé son ami. Resserrant son manteau, elle le rejoignit au pas de course, et tenta, avec un sourire timide, un peu perdue :

« Colorado ...? »

Face à l'absence de réponse, Abby remarqua quelque chose d'anormal : les épaules du garçon tressautaient légèrement, comme secouées d'un sanglot. D'ailleurs, non, elle n'hallucinait pas, son ami pleurait. Les larmes roulaient sur ses joues, et il levait vers elle un regard embué.

*Mais qu'est-ce qu'il se passe, à la fin ?!*

Bien que dépassée par les évènements, la fillette se lança dans la première chose qui lui vint à l'esprit : la recherche d'un mouchoir. Elle trouva un carré de tissu imprimé de carreaux dans les tons verts au fond de ses poches, qu'elle tendit illico au jeune sorcier et... attendit. Elle ne savait pas quoi, mais elle nageait dans le flou le plus total. Était-ce elle ou cette belle journée (comme le sont toutes les journées où la pluie ne martèle pas les trottoirs londoniens) perdait peu à peu de son charme sans qu'elle ne comprenne comment, et pourquoi ?

« Colorado... » finit-elle par lancer, hésitante. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Un truc très pratique avec la gamine, c'est qu'on pouvait lire en elle comme en un livre ouvert (ou presque). Du haut de ses douze ans, elle n'avait jamais réussi à cacher ses émotions, quelles qu'elles soient. Ce n'était pas le cas cette fois-ci, mais ses yeux verts brillaient d'incompréhension. Cette journée, cette promenade, prenait des tours des plus étranges, comme l'atmosphère entre les deux jeunes sorciers, perdus sur le trottoir près de la sortie de Hyde Park, au beau milieu des moldus. Deux mondes.

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Ancien sorcier  

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

« Colorado... Qu'est-ce qu'il y a ? »

"Non, non, ne t'inquiète pas c'est juste que je suis entrain de me dire que je n'ai pas vu mes parents depuis longtemps et que du coup j'ai un coup de blues. Et en plus je sais pas pourquoi avec Ana en ce moment ça ne va pas tellement bien, c'est bizarre. On agit plus que par mécanisme et non part des gestes volontaires... Je sais pas se qui se passe... Je suis tellement perdu... J'ai, j'ai la tête ailleurs la pression des cours, la volonté de faire plein de devoirs, que finalement je ne fait pas. Et encore plein de chose la liste et encore longue..."

Colorado sanglotait moins déjà, comme avoir un peu vider son sac à son amie l'avait soulager d'un poids qui faisait pression sur ses bassins de larmes derrières les yeux et que maintenant que c'était parti il n'avait plus qu'as évacué le surplus qu'il restait. Il ne savait pas pourquoi maintenant, pourquoi avec elle, pourquoi? Mais en attendant, il ne lui laisser plus qu'à se reposer et puis aller voir ses parents dans leur magasin de balai. Les souvenirs affluaient soudain dans sa tête. Les moments magique qu'il avait passé avec son père dans l'arrière boutique à voir comment il réparait et construisait certains balais. Voir sa mère toujours le sourire au lèvres accueillir ses clients derrière son comptoir en marbre gris polis, et jamais une parole méchante, c'était comme ça qu'elle s'était fait sa clientèle, l'amabilité. Ce qu'elle avait bien transmis à son fils. Il pris alors son amie dans ses bras et la serra bien fort pour lui montrait qu'il était content d'être avec elle plus que jamais.

"Bon alors on va voir mes parents"

Colorado avait repris la parole comme si il n'y avait rien eu, il n'y a même pas cinq minutes, mais il savait ses problèmes était les siens et pas ceux des autres, il était toujours pour écouter les autres pour lui parler mais il évité de s'étendre sur ses problèmes, même s'il était une grande pipelette.

Reducio
Désolé pour le grand retard, j'avais pas l'inspiration :)

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« Non, non, ne t'inquiète pas c'est juste que je suis entrain de me dire que je n'ai pas vu mes parents depuis longtemps et que du coup j'ai un coup de blues. Et en plus je sais pas pourquoi avec Ana en ce moment ça ne va pas tellement bien, c'est bizarre. On agit plus que par mécanisme et non part des gestes volontaires... Je sais pas se qui se passe... Je suis tellement perdu... J'ai, j'ai la tête ailleurs la pression des cours, la volonté de faire plein de devoirs, que finalement je ne fait pas. Et encore plein de chose la liste et encore longue... »

Wow. Apparemment, pensa Abby en intégrant lentement tout ce qu'avait laissé échapper le garçon, il en avait besoin, de parler. Bon point, elle n'était pas la cause des larmes qu'il balayait à présent d'un revers de la main. Mais que pouvait-elle dire ? Ces histoires de couple, ça la dépassait complètement. Ses deux amis n'étaient encore que des enfants, elle aussi, évidemment que ça n'était pas simple. Et encore, ce n'était qu'un avant goût de la valse des sentiments qui les prendrait d'ici quelques années. De toute façon, être ado c'est compliqué.

Les bras de Colorado qui se refermaient dans son dos lui firent perdre le cours de ses pensées et elle resta quelque secondes éberluée, les joues cramoisies devant cette démonstration d'affection avant de lui rendre son étreinte. Elle n'avait que douze ans, elle ne connaissait rien à la vie, et il lui restait tout un tas de choses à apprendre. Elle ne pouvait pas aider son ami, seulement rester là, et l'épauler. C'était le rôle d'une amie, non ?


« Bon » finit par lancer le Gryffondor en rompant leur étreinte d'un ton neutre « alors on va voir mes parents »

Il ne semblait pas vouloir revenir sur les évènements des minutes précédentes, et la petite fille s'empressa de lui emboîter le pas. Avec tout ça, elle ne savait toujours pas où ils allaient. Ainsi, les parents de Colorado travaillaient à Londres. Étaient-ils moldus ou sorciers ? Dans quel quartier se rendaient-ils ? Haussant les épaules, elle garda ses questions pour elle et se contenta de suivre son ami sans échanger un mot. Lorsqu'ils tournèrent dans Charing Cross Road, elle s'autorisa cependant à lever un sourcil : est-ce que...

« Tes parents travaillent sur le Chemin de Traverse ? » demanda-t-elle lorsqu'il poussa la porte du Chaudron Baveur.

Le pub était désert, mis à part un habitué installé au bar. Abby salua machinalement la patronne, se rappelant son après-midi de stage deux mois plus tôt, puis rejoignit en courant le garçon qui répondit à sa question avant que ne se dévoile à leurs yeux la rue mythique. La fillette se retenait de sautiller : ainsi son ami avait vécu, lui aussi, dans ce quartier sorcier où elle-même avait passé de longues après-midi en compagnie de sa fratrie. Plusieurs mètres plus loin, le vent léger faisait grincer l'enseigne d'Obscurus Books, fermé pour le weekend, et elle remonta son écharpe sur son nez avant d'ouvrir de grands yeux face à la boutique devant laquelle ils s'étaient arrêtés...



Reducio
...Et je m'excuse pour le retard, sachant que je m'étais engagée à te répondre plus tôt :/

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Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

"Alors voici, le repère de mes parents, enfin plutôt leur lieu de travail, et j'ai vécu au-dessus du magasin avec ma sœur. Tu vois j'adores le Quiddicth et c'est grâce à mes parents."

Vendre des balais toute la journée, les réparés, parler avec les clients des des différentes histoires de chaque balais. C'est ce qu'il avait fait en dehors de l'école moldu qu'il avait fréquentée en attendant de recevoir sa lettre pour Poudlard. Il ne vivait que pour les balais, enfin le sport qui pouvait être fait dessus. Il pris Abigail par la main et poussa la porte, la clochette au dessus de la porte sonna, c'était le son de la nostalgie. Tous ça lui avait manqué, et un retour au source lui faisait le plus grand bien.

"Alors au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, c'est un magasin de balai magique, un des plus connu du chemin de traverse Enfin je sais pas si tu été au courant."

"Que puis-je pour vous?" dit-un homme avec brodé sur sa robe Henri.

"C'est moi papa!!" dit Colorado

L'homme avait l'air étonné mais aussi heureux, c'est sûrement au son de la voix du jeune garçon qu'une femme sorti de l'arrière boutique. Elle semblait aussi contente si ce n'est pas plus heureux que l'homme de voir le petit garçon. Elle avait Vegas de brodé sur sa robe, tout comme l'homme en fil d'or.

"Colorado, quel bon vent t’amène? Et qui es cette jeune filles avec toi?"

Effectivement, Colorado avait eu l'impression qu'Abigail était devenue transparente mais maintenant que les réjouissance était passé il fallait passer au présentation!!

"Alors voilà maman, je te présente une amie, Abigail, elle est avec moi à Poudlard."

Colorado ne savait pas quoi faire il trouvait bizzare, mais il comptait le soin à Aby de se présentée elle même. Alors voulu prendre la parole pour lui indiqué qu'elle pouvait parler, mais elle avait pris le dessus et commençait à ouvrir la bouche, Colorado trouvait qu'elle n'était pas si timide en réalite.

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

« Alors voici, le repère de mes parents, enfin plutôt leur lieu de travail, et j'ai vécu au-dessus du magasin avec ma sœur. Tu vois j'adore le Quidditch et c'est grâce à mes parents. »

Abby hocha la tête, impressionnée, et se retint de scotcher son nez à la vitrine pour admirer les balais qui y étaient exposés. En effet, elle comprenait mieux l'engouement de son ami pour le sport le plus célèbre du monde sorcier occidental. Elle-même adorait voler, mais pour le Quidditch elle se sentait plus à sa place parmi les supporters. Puis Colorado l'attrapa par la main, ce qui la fit rosir une nouvelle fois, et l'entraîna dans la magasin au son d'une clochette.

« Alors au cas où tu ne l'aurais pas remarqué » lui glissa-t-il tandis qu'ils s'approchaient du comptoir de marbre gris où s'affairait un homme robuste « c'est un magasin de balai magique, un des plus connus du Chemin de Traverse. Enfin je sais pas si tu étais au courant. »

Abby leva un sourcil et chercha l'ironie dans les propos du garçon. Ben, pour les balais, elle s'en doutait, oui. Après, son ami ne pouvait pas le savoir, mais elle avait passé pas mal de temps avec sa cousine et ses frères à commenter les balais dans la devanture sans pour autant entrer à l'intérieur, hormis une ou deux fois où elle avait accompagné son père. Cependant, elle n'y avait jamais croisé d'enfant de son âge.

« Que puis-je pour vous ? » s'enquit l'homme sans lever le nez de son travail.

Sur sa robe de sorcier, on avait brodé le nom de Henri en fils d'or. Abby dansa d'un pied sur l'autre, gênée, avant que son ami n'intervienne. Au son de la voix de son fils, Mr Wood leva les yeux d'un air surpris et un grand sourire se dessina sur son visage. De l'arrière-boutique sortit alors la vendeuse que la petite fille avait déjà vu derrière le comptoir, une belle sorcière dont la robe s'ornait elle aussi d'une broderie de fils d'or, qui formait le mot Vegas. La mère de Colorado donc.

Tandis que les parents retrouvaient leur fils, la petite fille se permit d'observer l'intérieur de la boutique avec attention. Rien n'avait vraiment changé depuis sa dernière visite, qui ne datait pourtant pas de la veille. L'endroit était chaleureux et accueillant, comme le sourire de Vegas face à ses clients. Puis les Wood remarquèrent sa présence et Colorado s'occupa de la présenter :


« Alors voilà maman, je te présente une amie, Abigail, elle est avec moi à Poudlard. »

« Enchantée Mrs Wood, Mr Wood. » tenta maladroitement la fillette.

Elle hésitait sur la conduite à tenir, ce qu'elle pouvait dire, ce qu'elle ne pouvait pas dire, puis elle remarqua le regard de Vegas sur leur mains encore entremêlées et s'empressa de délacer ses doigts de ceux du garçon, les joues plus rouges encore. Elle se demanda si Ana avait déjà rencontré les parents de son petit ami ; après tout, ils ne sortaient pas ensemble depuis si longtemps... Enfin, un peu quand même mais bon.

« Je suis en première année à Gryffondor, comme votre fils. » ajouta-t-elle après un moment, comme elle ne savait pas quoi dire d'autre.

Tandis que dans la rue, dehors, le vent faisait claquer les capes et les manteaux, elle glissa un coup d’œil à son ami, mal à l'aise. Il devait être heureux de retrouver le foyer de son enfance, et ses parents qu'il n'avait pas vu depuis les vacances. Intimidée, elle tortillait ses doigts dans son dos, rougissante. Désarmée, comme un jeune homme qui rencontre son futur beau-père. Finalement, heureusement qu'elle n'était pas amoureuse !

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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Ancien sorcier  

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

« Enchantée Mrs Wood, Mr Wood. »sorti timidement de la bouche d'Abigail.

Colorado ne comprenait pas comment Abigail avait pu d'un coup passé d'un état normal, à celui de quelqu'un de constipé. Elle était devenu raide comme une baguette. Il croyait qu'elle avait de l'assurance mais tout au contraire, c'est comme si elle avait peur de faire une bourde. Elle avait les joues rouges comme une pivoine lorsqu'elle enleva sa main de la sienne. Effectivement, Colorado ne comprenait toujours pas le principe de "si je te tiens par la main, c'est parce que l'on est en couple". Il avait déjà tenu la main à de nombreuses filles, oui cela aurait fait étrange qu'il tienne la main d'un garçon, et c'est par pour autant qu'ils sortaient ensemble, sinon son tableau de chasse serrais aussi nombreux que les étoiles de la voie lactée.
Un blanc assez gênant se faisait ressentir, il ne savait pas si c'était le regard de ses parents qui attendais la suite ou le fait qu'elle soit presque tétanisé. Mais elle repris tout de même la parole avec une voie qui semblait un peu perdue comme la jeune fille.

« Je suis en première année à Gryffondor, comme votre fils. »

Colorado aperçu le regard qu'elle lui adressait. C'est un regard qui voulait dire " sort moi de là!". Colorado réfléchit un instant et adressa à son père:

"Papa, si tu faisais le tour de la boutique avec Abigail pour lui montrer tous ce qu'il y a? Pendant que je prépare le goûter avec maman?"

Son père allait prendre la parole mais ça sa mère approuvant son idée, le pris par la main et monta par l'escalier en l’emmenant avec elle. Laissant Abigail et Henri seul, avec tous les balais.

Colorado racontait comment se déroulait les cours, la vie dans le château, les cours encore, comment il aimait toujours autant Ana, que sa mère lui fit la réflexion que s'il avait cette attitude avec Abigail, elle n'espérait qu'il était comme ça avec toutes les autres filles parce qu'Ana aurait le droit d'être jalouse. Et voilà encore des réflexions, Colorado songea à faire attention à présent enfin il l'oublia aussitôt qu'il l'avait pensé. Et c'est tous en parlant qu'ils préparent ce fameux goûter. Vegas voyait toujours les choses en grands, les tasses en porcelaine avec des petits motifs bleu, et puis les assiettes de présentation, avec des beau et bon cookie qu'il savait qu'elle faisait. Le lait, le thé, le café, le jus de citrouille... De quoi de faire un petit banquet. Colorado pensa que lorsqu'il irai cherché Abigail après qu'il ai fini la décoration, parce que sa mère y tenait vraiment, Alors elle sorti le carton avec écrit dessus, "POUR FAIRE BONNE IMPRESSION", ça c'était lui qu'il l'avait écrit parce que juste "DECO" ne reflétait pas vraiment les objets dans la boîte, et lorsqu'ils commencèrent à tous sortir, Colorado se demandait comment se déroulait la vie à l'étage du dessous.

Et au loin, on entendait Big Ben  PV 

HELP ME !!! criaient les grands yeux verts d'Abigail. Et Colorado, comme le chevalier servant qu'il était, répondit à son appel...

« Papa, si tu faisais le tour de la boutique avec Abigail pour lui montrer tout ce qu'il y a ? Pendant que je prépare le goûter avec maman ? »

... ou pas. Apparemment, les deux enfants n'avaient pas la même notion de la manière dont on se comportait quand on invitait quelqu'un, à fortiori timide, chez soi. Ceci dit, elle-même n'avait jamais invité qui que ce soit dans son cottage (à part sa cousine, mais elle y vivait quasiment à temps partiel et puis bon, c'était la famille) et n'avait jamais été invitée non plus par qui que ce soit. Les joies des enfants ayant été élevés hors du cycle scolaire Moldu sur une falaise complètement paumée supposait-elle...

Quoiqu'il en soit, Abigail se sentait aussi à sa place qu'un Boutefeu Chinois dans une boutique de porcelaine. En plus, son teint se rapprochait à une vitesse alarmante de la couleur écarlate des écailles du dragon asiatique. Et comme Vegas, apparemment très emballée par cette idée, kidnappait son fils vers d'autres horizons lointaines, la petite Lewis, qui paraissait pour l'heure encore plus petite qu'à son habitude, se retrouva seule avec Mr Henri Wood.

Ceci mis à part, elle était littéralement émerveillée par le décor qui s'offrait à elle. A droite, à gauche, devant, derrière, des balais. Souvent, jusqu'à peu de temps avant son entrée à Poudlard, attendait-elle impatiemment les soirs nuageux pour une virée père-fille sous les étoiles. Ces moments partagés à seulement deux avec son papa, plus que le vol en lui-même, étaient sans le moindre doute ses souvenirs les plus précieux.

« Alors, comme ça tu aimes les balais ? »

La voix de Mr Wood l'arracha à la contemplation des modèles exposés en boutique. L'homme parlait avec un très léger accent étranger, quasiment indécelable, qui étonna la fillette : Wood était pourtant un nom britannique. Cela dit, elle-même, lorsqu'elle parlait trop vite ou s'emballait pour tel ou tel sujet, avait parfois du mal à se faire comprendre de ses camarades anglais. C'était rare, cela dit.

Abby hocha brièvement la tête avant d'ajouter, histoire d'alimenter la conversation :

« Mais je ne veux pas, comme Colorado, entrer dans l'équipe de Gryffondor. Je ne joue pas au Quidditch. »

« Tu as le vertige ? »

« J'aime bien voler. Mais je suis plus à l'aise dans les gradins. »

Il y eu un court silence, et la fillette se morigéna de ses réponses laconiques. En attendant que l'on prépare le goûter, elle pouvait au moins batailler contre sa timidité. Mais le père de son ami la devança et bientôt elle se retrouva embarquée dans une visite des locaux, comme l'avait proposé Colorado. Courte, après tout le magasin était ouvert et les clients pouvaient arriver à tous moments, mais détaillée, la visite. Et si Abby ne suivait pas toujours le discours passionné, jalonné de quelques termes techniques dont la signification lui échappait, c'était pour ainsi dire très agréable de visiter les coulisses de cette boutique qu'elle n'avait jamais admirée que d'un côté du comptoir.

« Je suis désolée qu'on vous ai dérangés pendant vos horaires d'ouvertures » lança-t-elle d'un ton moins hésitant à présent, et Mr Wood de rejeter ses excuses de la main.

« Pas de soucis. Ça faisait un bout de temps qu'on n'avait pas vu Colorado. Alors, tu es à Gryffondor avec lui, c'est ça ? Il est gentil ? »

Sur la table d'assemblage, où les Wood réparaient les balais ramenés en magasin, de longs morceaux de bois poli, des brindilles parfaitement taillées, de la colle, des outils de toute sorte... Abigail n'avait jamais visité ainsi d'arrière-boutique, et le propriétaire des lieux lui expliquait tout en détail, bien plus loquace qu'il ne lui avait paru au premier abord, peut-être parce que cela touchait à sa passion.

La fillette répondit par un nouveau hochement de tête, les mains dans les poches de son manteau pour ne rien toucher de l'atelier où tout, jusqu'aux pinceaux utilisés pour graisser le manche, semblait aussi fascinant qu'extraordinaire.

« De ce que je peux en dire » ajouta-t-elle cependant comme pour étoffer sa réponse« il essaie d'aider les autres autant qu'il peut, et il est toujours sympa et enjoué à Gryffondor. Bon, après je pense qu'Ana le connait bien mieux que moi... »

Henri Wood eut un petit sourire, et Abby se rappela qu'en effet, si le garçon n'était pas tombé amoureux d'Ana, ils n'auraient sans doute pas discuté tous les trois dans la Salle Commune ce soir-là, près de la cheminée où bûches et flammes frétillaient et s'enveloppaient mutuellement dans une étreinte brûlante. Et Colorado ne lui aurait jamais proposé de profiter de leur weekend pour se promener à Londres.

D'en haut leur parvint alors un appel, comme la clochette tintait joyeusement, annonçant l'arrivée de clients. Un vent froid s'était engouffré dans la boutique en même temps que les nouveaux arrivants, comme Henri rejoignait rapidement le comptoir. Puis, avec un regard curieux pour les sorciers et leurs balais, déjà lancés dans une discussion animée avec le père de son ami, Abby grimpa les escaliers quatre à quatre pour rejoindre Colorado et sa mère.

***


Quelques heures plus tard, Abby s'époussetait dans un coin des Trois Balais, près de la grande cheminée réservée à l'usage des voyageurs. Elle sourit à Colorado, qui l'attendait un peu plus loin, salua gaiement le barman en déposant une Chocogrenouille sur le comptoir et se précipita aussitôt à la suite de son ami dans la rue principale de Pré-au-Lard. Il faisait déjà sombre : c'était l'hiver ; des lanternes rougeoyaient au-dessus de leurs têtes, et la fillette sentit avec délice la neige qui poudrait le pavé crépiter sous les talons de ses bottines tandis qu'ils se dépêchaient en direction d'Honeydukes, l’œil aux aguets pour vérifier de l'absence de professeurs.

La boutique bourdonnait de rires et de conversations enjouées, et ils n'eurent aucun mal à se glisser derrière le comptoir pour rejoindre le passage secret, le regard encore accroché à quelques sucreries qui leur donnait l'eau à la bouche. Quelle que soit la saison, Abby avait toujours trouvé que le magasin appelait à Noël, et c'était d'autant plus vrai avec la neige qui chapeautait les toits de Pré-au-Lard, bordés de stalactites étincelants. Puis Colorado lui fit signe de se dépêcher, et elle s'empressa de le suivre dans le petit souterrain qui les ramènerait à l'école. Le passage était tellement emprunté, ces dernières années, que la fillette se demandait si vraiment les propriétaires ne savaient rien de la soudaine popularité de leur sous-sol, ou si ils fermaient juste les yeux contre quelques clients en plus et le sourire émerveillé des enfants.

Ils ne rejoignirent la Salle Commune de Gryffondor qu'une heure plus tard, après avoir innocemment émergé de la statue de la Sorcière Borgne. Ana, près de la cheminée, lisait tranquillement. Derrière les fenêtres en vitrail, les flocons de neige entamèrent une valse qui ravit la petite fille.


Reducio
FIN DU RPG

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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