Cité de Londres

Inscription
Connexion

Les liens du sang  Solo 

L’ACTION SE DÉROULE DANS LE VILLAGE DE RYE, SUSSEX.

25 DÉCEMBRE, 6H39.




Noël était, pour les joyeuses familles anglaises, un moment tout à fait exceptionnel. On profitait des fêtes pour regarder pour la dix-septième fois de vieilles comédies romantiques sirupeuses, on se disait qu’on pouvait bien faire une exception à son régime avec une bonne grosse dinde grillée et des pommes de terre baignant dans leur sauce, on décorait sa maison comme jamais, on rigolait autour d’un sapin, et tout le monde, subitement, s’aimait plus que jamais. Les enfants sonnaient aux portes, chantant avec beaucoup de bonne volonté et beaucoup de fausses notes Frosty the Snowman ou We wish you a merry Christmas, tandis que les téléviseurs des personnes âgées, dont le son était beaucoup trop fort pour de saines personnes, résonnaient dans toute la rue.

Les pavés étaient glissants, couverts de neige et de glace. Les toits blancs pleuraient des stalactites. Parfois, lorsque le vent s’amusait à faire trembler les branches des arbres nus, de lourds paquets de neige tombaient sur le trottoir, empêchant alors quiconque de passer. Quelques guirlandes pendaient d’un arbre à un autre, alors que passait au-dessus de la rue une enseigne lumineuse souhaitant à tous de joyeuses fêtes.

Il faisait encore nuit et le monde était jaune de la lumière des lampadaires. Kristen Loewy n’était elle-même pas tout à fait au courant de ce qu’elle faisait ici, dans le village de son enfance. Elle avait l’air d’une ombre dans la nuit, vêtue comme à son habitude de son long manteau noir. Elle était debout au milieu de la rue vide, dans une ville encore endormie. Elle gardait ses mains dans ses poches et le menton rentré dans son écharpe. Fallait-il encore avancer ? Elle ne prendrait que quelques secondes pour retourner à Poudlard, en se concentrant suffisamment.

Sans réellement savoir pourquoi ses jambes se mirent en route, elle avança dans la rue. Avant qu’elle ne le réalise tout à fait, elle était devant la porte de cette maison du passé. Dans un village tel que Rye, on ne prenait guère ses précautions avec les serrures. Deux petits coups de baguette sur celle-ci la firent donc sauter dans un « clic » discret.

Doucement, Kristen ouvrit la porte. Une odeur mélangeant le caramel brûlé et le chou se fit sentir immédiatement. Dans la pénombre, on pouvait tout de même distinguer la décoration vieillotte du salon. Le vieux parquet abîmé et le papier-peint fade, ainsi que des tonnes de photographies encadrées et autres babioles tant sur les murs que sur tout ce qui pouvait être suffisamment plat pour en accueillir, témoignaient que l’on se trouvait chez des personnes d’un certain âge. Une guirlande n’avait pas été débranchée et éclairait le fond de la pièce en rouge et vert, tandis qu’un Père-Noël miniature ensorcelé saluait sans cesse de son bras dans le vide.

Kristen s’avançait dans cette pièce en prenant toutes ses précautions pour ne pas faire le moindre bruit. Ses pas étaient légers : elle veillait à bien poser le talon, tout doucement, puis le reste du pied. Chaque pas était mesuré. Parmi le millier de photographies d’un couple dans tous les pays du monde se trouvaient quelques photographies d’une petite fille aux cheveux noirs. Elle en regarda certaines du coin de l’œil, peu désireuse, à vrai dire, de s’y attarder. Lorsque son regard se posa par inadvertance sur une photographie d’un jeune garçon souriant entouré d’un homme et d’une femme assez âgés, son cœur cessa de battre durant une demie seconde qui sembla interminable. Puis, déglutissant, elle poursuivit son avancée vers le cœur de la maison.

Dans un coin de la pièce principale, elle tomba sur le sapin de Noël. Il semblait à Kristen affreusement mal décoré, l’étoile au sommet était de travers, de vieilles guirlandes de toutes les couleurs perdaient leurs poils de plastique et de grosses boules de couleurs pendaient, trop lourdes, et se perdaient dans les pics de la branche du dessous. Elle sortit de sous son manteau un petit paquet beige décoré de flocons, entouré d’un ruban marron. Une petite étiquette noire y était accrochée, sur laquelle étaient inscrits en lettres d’or les mots suivants : « Owen, de Maman ». Kristen se pencha et le déposa au pied du sapin, parmi d’autres cadeaux.
Dernière modification par Kristen Loewy le 30 avril 2017, 14 h 18, modifié 1 fois.

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs

Les liens du sang  Solo 



La lumière vint briser la tranquillité nocturne de sa manœuvre. Encore baissée au pied du sapin, Kristen ferma les yeux et tiqua, sachant pertinemment qu’elle allait être contrariée. Elle se releva lentement, laissant le paquet par terre. Elle resta face au sapin, se demandant encore si elle allait entendre une voix d’homme ou de femme.

« Ramasse ça. »

Femme. Les choses allaient être encore plus compliquées que prévues. Elle se décida à se retourner, lançant à son interlocutrice un regard plein de dignité. C’était une femme qui commençait à être un peu ridée. Elle était fine et de taille moyenne, et son dos n’était pas encore tordu par la vieillesse. Elle avait des cheveux blancs, ses lèvres étaient fines et crispées, son regard ambigu : il suintait une tendresse masquée par une carapace de sévérité.

« Je ne reste pas plus longtemps, ne t’inquiète pas, dit Kristen d’un ton neutre. »

La vieille femme s’avança aussi rapidement que son âge lui permettait. Désormais à quelques pas de Kristen, elle chuchota, de ce chuchotement bizarre pas si éloigné du cri de rage :

« Mieux vaut qu’il continue de croire que tu n’existes plus. »

Kristen tenta de conserver son calme, durement acquis ces derniers mois. Elle serra la mâchoire si fort qu’elle commençait à avoir mal. Ses yeux étaient fixes et exprimaient la difficulté qu’elle éprouvait à garder sa colère sous serrure. Elle ne savait pas quoi faire. Elle aurait voulu crier pour réveiller toute la maisonnée et ne pas passer à côté de cette occasion. Son être tout entier venait d'être brisé par ces paroles destructrices ; elle s'était alors sentie plus fragile que du cristal. Sa bouche était presque close lorsque ces mots sortirent de sa bouche :

« Ah. Je vois. »

Ses poings serrés tremblaient. Son cœur frappait contre sa poitrine à toute allure mais elle tentait tant bien que mal d’en alléger les battements. Elle ramassa simplement le paquet et le replaça dans la poche intérieure de son manteau. Elle se dirigea dignement vers la sortie, la tête haute, regardant droit devant elle, et n’adressant pas le moindre coup d’œil à cette vieille femme qui avait été sa mère. Devant la porte, elle s’arrêta et se retourna. Elle ouvrit la bouche, voulant dire quelque chose qui lui permettrait de prendre le dessus, mais ne put articuler qu’un « Au revoir » cinglant, ressemblant finalement plus à un adieu.

Elle se retrouva sur le pas de la porte, dans la nuit, le regard vide. Elle s’était vidée de ses forces en quelques minutes. C’était comme si on avait pompé le peu de vie qui restait en elle. Par un mouvement instinctif et mécanique, elle s’éloigna de la maison. Ses jambes, une fois de plus, la guidaient là où elles le voulaient bien, tandis que son esprit errait dans le néant.

Kristen reprit ses esprits lorsque son ventre commença à lui faire mal. Elle éprouvait une sensation bizarre, comme si elle se situait hors du temps et hors du monde : elle, seule dans un noir épais, sans relief. Très vite, elle eut un haut-le-cœur et se pencha en avant, mettant sa main devant sa bouche. Elle courut au coin d’une rue, trouva une poubelle et vomit à l’intérieur. Elle se répugnait.

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs

Les liens du sang  Solo 

Image




Cordélia Loewy soupira. Les relations qu’elle n’entretenait pas avec sa fille étaient absolument chaotiques ; toutes deux avaient depuis longtemps abandonné les formalités. Elle passa ses mains sur sa robe de chambre grise afin d’en aplanir les plis et observa quelques minutes les cadeaux au pied du sapin. Puis, elle remonta les escaliers, triste et fatiguée. Elle ouvrit de grands yeux quand elle vit Owen en haut des marches, son doudou pendu au bout de son petit bras. Il ressemblait beaucoup plus à sa mère qu’à son père, avec ses cheveux noirs et ses yeux clairs, entre le gris, le vert et le bleu. Il venait d’avoir huit ans et sa magie commençait à se manifester. Cordélia savait que Kristen était au courant, et qu’un jour, il devrait rejoindre Poudlard. Si Kristen était encore directrice à ce moment-là, cela risquerait de poser quelques problèmes…

« Tu n’es pas au lit ? demanda-t-elle sur le ton du reproche. »

Le petit garçon secoua vivement la tête, un grand sourire aux lèvres.

« Je sais que tu viens de mettre les cadeaux sous le sapin, déclara-t-il, triomphant. »

Cordélia sourit, attendrie, en commençant à monter les marches. Arrivée en haut, elle tapota la tête de ce petit garçon ahuri et dit :

« Ce n’est pas vrai. Mais j’ai croisé le Père-Noël. »

Owen fit la moue, fronçant les sourcils et retournant son sourire. Ce petit air mécontent le rendait plus adorable encore aux yeux de sa grand-mère, qui sourit de plus belle.

« Je sais très bien que le Père-Noël, et ben il existe même pas ! J’suis pas un bébé ! »

Cette remarque fit écho. C’était vrai, Owen avait bien grandi, et surtout trop vite. Avant que Cordélia n’ait eu le temps de réagir, le petit garçon s’était précipité pour descendre les escaliers, trop impatient de découvrir ses cadeaux. Quand Cordélia redescendit, Owen était déjà en train de vérifier son nom sur les cadeaux. Hormis deux ou trois qui portaient les noms Angus ou Cordélia, ils lui étaient tous destinés. Il devait y en avoir six ou sept, de poids et de taille différents. Il avait fait trois piles, une pour son grand-père, une pour sa grand-mère, et une pour lui. Il était fin prêt à ouvrir les cadeaux et attendait à genoux au pied du sapin, les mains sur les cuisses, étonnamment sage.

« Tu es un peu en avance ! J’en connais qui dorment encore. »

Il se leva précipitamment et courut vers les escaliers, qu’il monta en sautant une marche sur deux, difficilement avec ses petites jambes, tout en criant qu’il allait réveiller papy. Cordélia soupira encore, secouant la tête. Elle avait presque oublié la venue de sa fille. Angus Loewy apparut en bas des escaliers, dormant encore à moitié, tiré par son petit-fils. D’abord dans les vapes, il fut comme frappé par un éclair lorsqu’il arriva dans le salon. Il dévisagea sa femme, l’interrogeant du regard. Elle soupira, il comprit immédiatement parce qu’il sentait toujours ces choses-là, Cordy fronça les sourcils, il soupira à son tour. Ce sujet était tabou, parce que sur ce sujet, le couple était en profond désaccord. Angus était malheureux que l’on traite ainsi sa fille, mais il s’était fait une raison, car on lui avait répété que c’était la meilleure chose à faire.


« Et bien ! C’est déjà l’heure d’ouvrir les cadeaux ? Bien, bien. Alors vas-y, fais les tiens d’abord. »

Owen n’attendait que ce top-départ pour se lancer dans la course effrénée au massacre de papier cadeau. Cinq étaient de ses grands-parents, deux de son père, qu’il n’avait pas vu depuis quelques temps maintenant.

« Et maman ? »

Angus et Cordélia échangèrent un regard qui voulait en dire long. Aucun des deux ne prit l’initiative de répondre. Owen insista tandis que son sourire s’effaçait :

« Elle ne m’a rien offert ? »

Angus s’apprêtait à dire quelque chose. Sentant qu’il compromettrait le mensonge, Cordélia le coupa :

« Elle est partie très loin, tu sais. Peut-être que son cadeau s’est perdu en route. »

Cela faisait presque trois ans qu’Owen était sans nouvelle de sa mère. Un jour, son père l’avait accompagné chez les parents de Kristen, et il n’en était jamais parti. Le père d’Owen passait de temps en temps, prenait régulièrement des nouvelles en envoyant sa chouette, Myosotis – nommée ainsi en raison de ses yeux bleus. On ne se doutait pas que cette chouette porterait si bien son nom, les myosotis étant aussi appelés « forget-me-nots ». Les larmes du petit garçon commencèrent à monter. Il se releva, pris tous ses cadeaux dans ses bras, inspira un grand coup et remonta les escaliers à toute allure en retenant son souffle pour s’éviter de hurler. Arrivé en haut, hors de vue et donc totalement protégé, il cria, n’en pouvant plus de pleurer :

« Elle m’a oublié ! Je la déteste, je la déteste, je la déteste ! »

Et on entendit une porte claquer. Angus regardait sa femme avec un profond mépris, et Cordélia resta seule dans le salon, au milieu des papiers déchirés.

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs

Les liens du sang  Solo 



Kristen se redressait douloureusement. Elle s’était inclinée ; elle avait été frappée par ces mots qui seuls pouvaient l’atteindre. Elle était partie, sans rien pouvoir dire, anéantie par l’évidence. Elle sentait le cadeau dans une poche intérieure de son manteau ; son contact lui était presque douloureux, brûlant. Ivre de douleur, elle s’avança dans une ruelle, et alors qu’elle commençait à se laisser tomber sur le côté, dans un abandon total, elle transplana.

Ce fut le transplanage le plus difficile de son existence. Elle avait eu l’impression de se battre contre le vent, de se faire aspirer par le néant, de se faire écraser, enfin, par de lourds murs couverts d’épines. Elle avait eu une boule dans la gorge qui l’empêchait presque de respirer et fit une crise d’angoisse au beau milieu d’une dimension étrange. Elle atterrit dans la Forêt Interdite, dans une espèce de neige mélangée à de la boue, et s’étala sur le ventre. En se relevant, elle découvrit qu’elle laissait du sang sur la neige. Elle sentit une douleur aigue et soudaine vers sa mâchoire, non loin de l’oreille. Au niveau de l’angle maxillaire inférieur, à droite, un morceau de peau était aux abonnés absents. La directrice se trouva ridicule. Elle n’avait jamais raté de transplanage de toute sa vie, même lorsqu’elle avait passé l’examen. Elle passa sa main sur sa joue. Le contact la piqua, elle regarda sa main couverte de sang. Elle eut un petit rire nerveux, expira tout l’air qu’elle retenait dans ses poumons, et se releva, prenant appui sur un arbre.



~~~

Image


Dans sa chambre, pleurant comme à chaque Noël l’absence de sa mère, Owen observa avec dépit les nombreux cadeaux de ses grands-parents. Aucun n’avait réellement de valeur puisque ce qu’il voulait, c’était un geste de sa mère, une preuve qu’elle pensait à lui, qu’elle ne l’avait pas oublié. Mais il n’y avait encore rien. Owen inspira un grand coup, hoqueta, et tenta de se calmer. Pleurer, c’était bien pour les filles ! Il frotta ses yeux humides avec ses petits poings durant quelques secondes, renifla et adressa un regard de défi à ses cadeaux, en tas près de la porte. Il s’approcha d’un sachet de dragées surprise de Bertie Crochue, le prit, pensa quelques secondes à l’envoyer de toutes ses forces s’échouer contre le mur, et finalement, s’assit en tailleur au milieu de la pièce, les sourcils froncés et la bouche à l’envers, mangeant à toute vitesse ses dragées, ne faisant aucune différence entre celles à la fraise, à la pomme, ou encore aux œufs pourris.

Il réfléchissait à la meilleure façon d’en vouloir à sa mère. Il se disait qu’il devrait médire toute sa vie sur son dos, en espérant que ses oreilles sifflent si fort qu’elle en ait mal, très mal. Ou bien, il se débrouillerait pour la retrouver et la faire s’assoir sur un coussin péteur devant tout le monde, pour qu’elle ait aussi honte que lui quand il disait à ses amis de l’école qu’il vivait avec ses grands-parents. Cela au moins serait une vengeance digne de ce nom. Il mâchait les dragées surprises avec une détermination étonnante. C’étaient ses sucreries préférées, il ne savait pas trop pourquoi. Une fois le sachet fini, c’est-à-dire au bout de deux minutes trente, il alla près de la fenêtre de sa chambre, qui donnait sur la rue. Elle était un peu haute, alors il monta sur une boîte pleine de peluches pour être à la bonne hauteur. Il posa ses deux coudes sur le rebord et mis sa tête dans ses mains, prit un air boudeur en regardant la nuit dehors. Décidément, cette année, la journée commençait beaucoup trop tôt.

Dehors, il n’y avait presque personne. Owen entendit au loin passer une voiture, et ce fut tout. Il se demanda quel cadeau il allait tester en premier, au final, puis il se rappela qu’il était beaucoup trop triste pour y penser tout de suite. Il finit par apercevoir dans la rue une longue silhouette, toute fine, et toute noire. Une fois, à Halloween, son grand-père lui avait fait peur avec des histoires de Détraqueurs. Est-ce que c’en était un ? Il se mit sur la pointe des pieds pour mieux voir. La silhouette se retourna un peu, Owen se prépara à sauter de son estrade pour aller se réfugier sur son lit – car on est toujours plus en sécurité sur son lit – et faire comme s’il n’avait rien vu du tout ; il ferma un œil, mis sa main sur l’autre, écartant les doigts pour voir un peu quand même… Et vit un visage qui ne lui était pas inconnu. Il se pencha un peu en avant et plissa les yeux pour mieux voir. Il ouvrit la fenêtre, mais le vent la referma aussitôt. Il avait cru reconnaître sa mère. La silhouette vacilla et s’engagea dans une petite ruelle. Ensuite, il ne vit plus personne.

Owen enfila son bonnet et ses gants mais resta en t-shirt et pantalon de pyjama, et dévala les escaliers. Il ouvrit la porte d’entrée et courut à l’extérieur. Il fit quelques mètres, mais ne trouva pas la rue par laquelle la silhouette qu’il soupçonnait d’appartenir à sa mère était partie. De ce point de vue-là, ayant quitté la hauteur de sa chambre, il ne la reconnaissait plus vraiment. Sa grand-mère, qui était encore dans le salon, l’avait entendu descendre et sortir de la maison. Très vite, elle se retrouva derrière lui et passa ses bras autour de lui, le réprimandant :

« Mais tu es fou de sortir maintenant ! En plus, regarde comme tu es habillé, tu vas attraper froid ! »

Le petit garçon se sentit bête, il avait le regard tout ahuri et la bouche en o. Il regardait la rue, tentant de savoir par où était partie la silhouette. Il aurait tant voulu en avoir le cœur net. Il se tourna vers sa grand-mère et lui lança un regard noir. Pourquoi ne l’avait-elle pas laissé ? Et lui avait-elle menti ? Ou bien se faisait-il des idées, avait-il vu ce qu’il voulait voir ? Pensait-on encore qu’il était trop petit pour comprendre ?

Ce regard transperça Cordélia et elle vit en son petit-fils le reflet de sa propre fille.

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs