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 RPG++ – SOLO  Essayer d'être une famille

Reducio
Ce RPG est un projet solo qui n'est là que pour compléter l'histoire de mon personnage, et pour éclaircir quelques points de sa vie, comme, en premier lieu, son absence de plusieurs mois de Poudlard durant la fin de sa première année.


LE DÉBUT DE LA FIN

17 FÉVRIER 2042 (11 ANS)


Ysalyne Benett était tranquillement installée dans un des fauteuils les plus confortables de la salle commune de Serpentard, un bon livre sur les genoux. Elle aimait ces moments de détentes aux coins du feu qu'elle avait découvert cet hiver, ces moments où le léger brouhaha de ses camarades ne la dérangeait pas, bien au contraire. Il la faisait se sentir faisant partie d'une groupe uni.

La première année aimait sa maison, ou du moins, avait appris à l'aimer. Avant c'était vrai, lorsqu'elle rêvait de sa vie à Poudlard, elle s'imaginait portant les couleurs bleu ou rouge de Serdaigle ou Gryffondor, espérant secrètement, désespérément, que son attribution à l'une ou l'autre des deux maisons attirerait l'attention de ses parents.

Aujourd'hui, elle se félicitait d'être entrée dans cette maison où elle se sentait si bien, si elle-même. Elle n'avait pas besoin de faire semblant. Elle avait de très bons amis, était bonne en cours, et même...

Deux mains se posèrent sur ses yeux et Ysalyne ne put s'empêcher de rougir, n'ayant aucun doute sur le propriétaire de ces mains. Le garçon les ôta d'ailleurs et contourna le fauteuil pour s'asseoir sur l'accoudoir.

« Salut ! Qu'est-ce que tu fais ? »

Ysalyne lui répondit avec un sourire et lui désigna d'un geste le livre qu'elle lisait. Antony Vendrale, son officiellement-petit-ami-depuis-le-bal-de-la-saint-Valentin. Antony et elle y étaient allé tous les deux, et s'y étaient même embrassé. Ca avait été la première fois qu'Ysalyne embrassait un garçon, et elle ne s'était pas attendu à ressentir autant de fourmillement dans son ventre et dans sa poitrine.

Antony sourit à son tour et lui prit la main. Amaëlle, assise en face, leur lança un regard narquois.

« Hé les amoureux, un peu de respects pour ceux qui sont seuls, s'il vous plait. »

Ysalyne tira la langue à sa meilleure amie et serra un peu plus fort la main de son amoureux. Elle était bien, là, elle aurait voulu que rien ne s'arrête, que cet instant fixe pour une éternité de rire et de joie.

OoO

21 FÉVRIER 2042 (11 ANS)


« Excusez-moi ? »

Ysalyne releva la tête vers sa directrice de maison, Miss Muller, qui venait d'apparaître en plein dans son cours de sortilèges. Miss Tourmaline, son professeur, fit de même et fronça légèrement les sourcils. Il n'était pas de notoriété publique que les deux femmes ne pouvaient pas se supporter, pourtant, leur attitude l'une envers l'autre, quoi que très conventionnelle, aurait déjà dût éveiller les soupçons des plus curieux et des plus avides de ragots.

« Ellen. Vous voyez bien que je suis en plein cours... » répondit un peu trop poliment Miss Tourmaline en désignant ses élèves, qui avaient tous laissé de côté leur devoir de rédaction pour suivre l'échange de leurs enseignantes.

« C'est important. » se contenta de répondre la professeur de botanique en désignant d'un mouvement subtile de tête le couloir d'où elle venait.

Son comportement attira l'attention de Miss Tourmaline, qui se leva tout indiquant à ses élèves de continuer ce qu'ils faisaient et disparut à la suite de Miss Muller derrière la lourde porte de la salle de classe. Aussitôt, les bavardages s'élevèrent dans la salle et Ysalyne reçut un coup de coude de la part de Floralys, l'une de ses camarade, dans les côtes.

« Qu'est-ce qu'il se passe, tu crois ? »

Ysalyne ne répondit pas. Elle avait un drôle de pré-sentiment, comme une boule dans le ventre. Elle aurait juré que Miss Muller lui avait jeté un regard plus que troublant avant de sortir de la salle de cours. Que signifiait ce regard ?

Leur deux professeurs revinrent bientôt, un air grave peint sur le visage et Miss Tourmaline annonça aux première année qu'elle les libérait plus tôt aujourd'hui. Une vague de murmure parcourut les élèves, qui eurent une seconde d'hésitation avant de se lever comme un même homme pour filer en vitesse, alors que des rires et des exclamations de joies commençaient à retentirent.

Lorsque Ysalyne essaya de sortir cependant, elle sentit une main fraiche se poser sur son coude et croisa une nouvelle fois le regard de Miss Muller. Cette fois-ci pas de doutes, c'était bien de la pitié et de la douleur qu'elle y voyait. La petite sentit son cœur s'affoler, et les larmes lui montèrent aux yeux alors même qu'elle ignorait encore tout.

Elle n'avait que la certitude que quelque chose de terrible s'était produit.

OoO

1 MARS 2042 (11 ANS)


Ysalyne rédigeait son devoir d'astronomie en silence, assise dans un coin isolé de la bibliothèque, là où elle espérait que personne ne viendrait la déranger. Elle voulait être seule, comme tous les jours depuis qu'elle avait apprit la nouvelle de la bouche de sa directrice de maison et de la directrice, Miss Loewy.

Neuf jours, qu'elle sentait comme un poids dans sa poitrine, qu'elle avait du mal à trouver le sommeil. Et personne ne pouvait l'aider, personne ne pouvait comprendre, ce sentiment que des griffes acérées lui broyaient le cœur.

Sa mère était malade. Ca avait résonné dans le bureau de Miss Loewy, à lui en faire mal aux tympans. Elle était en réalité très malade, et avait été accueillie en urgence à Saint-Mangouste le matin même. Et depuis, elle avait des lettres régulières de son père, qui tentait tant bien que mal de rassurée sa fille, sans succès.

Ysalyne n'avait jamais eu l'occasion de pouvoir faire confiance à son père, pour la simple et bonne raison qu'elle ne l'avait jamais vraiment connu. Elle ne l'avait vu que six fois les cinq dernières années, et n'avait jamais réussit à tisser de liens ni avec lui, ni avec sa mère. Pourtant, savoir sa famille dans cette situation insufflait à Ysalyne un sentiment fort qu'elle sentait comme indestructible : elle avait besoin des siens, elle avait besoin d'être avec eux.

Son père avait refusé de la laisser partir de Poudlard ne serait-ce que quelques jours, prétextant qu'elle devait se concentrer sur ses cours, que tout allait bien, que rien n'était grave, et que Nathalie se remettrait bientôt. Mais Ysalyne n'était pas dupe, et comprenait bien que si son père ne voulait pas qu'elle les rejoigne, c'était qu'il voulait surtout lui épargner l'atmosphère douloureuse et la réalité sombre : les guérisseurs ne lui donnaient que peu de chance de survie.

La petite Serpentard entendit un sanglot étouffé sortir de sa gorge et elle lâcha aussitôt sa plume pour plaquer ses mains contre ses lèvres tremblantes. Elle ne pouvait pas pleurer, ou elle ne s'arrêterait jamais. Les mains agitées de spasmes, Ysalyne roula en boule le devoir sur lequel elle travaillait et serra le parchemin fort entre ses doigts. Elle avait mal, et elle était seule.

« Ysa... »

Ysalyne releva la tête vers Antony, qui la regardait avec beaucoup de douleur. La petite détourna les yeux et commença à ranger ses affaires, sans un mot. Elle ne pouvait pas en parler, elle ne voulait pas rendre ça plus réel. Elle n'arriverait jamais à trouver les mots, et elle ne voulait surtout pas voir la pitié dans les yeux de ses amis, ou encore entendre leurs paroles de réconforts, car rien de tout cela n’apaiserait sa peine. Rien de tout cela ne redonnerait la santé à sa mère.

« Attends, Ysa ! »

L'appel d'Antony la suivit lorsqu'elle sortit de la bibliothèque, ses affaires entre ses bras, collés à sa poitrine. La garçon la rejoignit vite, et elle entendit ses pas pressés tenter de la rattraper.

« Pourquoi est-ce que tu ne veux plus me parler ? Amaëlle et moi, on s'inquiète pour toi... »

« Laisse-moi ! » Ysalyne se retourna vers lui et essaya de ne pas craquer en croisant son regard bleu, perdu, blessé. Elle ne devait pas pleurer, pas devant lui. « Laisse-moi tranquille ! »

« J'ai fait quelque chose de mal ? Ysa dis-moi... je ne comprend rien... »

« Laisse-moi, Antony ! Je ne veux pas en parler, d'accord ? Je ne veux pas ! Alors laisse-moi tranquille ! »

Sans ajouter un seul mot, Ysalyne fit demi-tour et s'enfuit en courant dans les couloirs. Elle ignorait pourquoi elle repoussait ainsi ses amis. Elle ne savait pas, elle ne savait pas... Elle voulait juste être seule. Elle voulait juste souffrir en silence.
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*en baisse de régime pendant l'été mais passerai quasiment tous les jours quand même*
Non, ça ne m'énerve pas mais... C'est Ysalyne avec deux Y, bandes de trolls analphabètes !
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LES CAUCHEMARS


27 MARS 2042 (11 ANS)

Une larme coula sur sa joue, et le bruit haletant de sa respiration troubla le silence du dortoir. Elle était seule, tous ses camarades étaient en cours. Elle ne s'offrait pas une journée off, non, elle ne séchait pas. Elle faisait ses bagages.

Miss Muller était venu la chercher aujourd'hui, et le même schéma s'était reproduit : elle l'avait conduite dans le bureau de Miss Loewy, qui l'avait regardé entrer, le regard grave, où se mêlait pitié et excuse. Mais de quoi s'excusait-elle ? De n'avoir aucune prise sur la vie de sa mère ? C'était ridicule...

D'un geste sec, Ysalyne essuya ses yeux d'un revers de manche et ferma manuellement sa grosse valise. Dans l'état où elle était, mieux valait qu'elle laisse la magie de côté, car la douleur conjuguée avec sa maladresse habituelle ne pourrait causer que des dégâts.

Une fois prête, elle se tourna vers sa directrice de maison qui l'attendait près de l'entrée du dortoir. D'un coup de baguette, l'enseignante fit léviter la lourde malle où étaient rangées toutes les affaires d'Ysalyne et cette dernière, sans un mot, sas un regard en arrière, sortie de la pièce.

Elle ne se rendit même pas compte qu'elle descendait les grands escaliers jusqu'au hall d'entrée, pas plus qu'elle ne prit conscience qu'elle sortait de l'enceinte du château avec Miss Muller sur ses talons, droit en direction de Pré-au-lard. En d'autres circonstances, elle se serait réjouit d’apercevoir le village de sorciers, mais c'était comme si son esprit et son corps étaient déconnectés. Tout ce à quoi elle arrivait à penser était à sa famille.

OoO


30 MARS 2042 (11 ANS)

Elle était là, allongée, rigide, les yeux clos. Elle semblait gelée, comme si son cœur avait cessé de battre. Pourtant, il battait, n'est-ce pas ? Elle n'était pas partie ? Pas encore ? Non, elle n'allait pas les laisser, pas maintenant...

Ysalyne s'approcha à petits pas du lit d'hôpital, la gorge sèche, des frissons qu'elle ne pouvait pas laisser parler mais qui parcouraient tout son corps, fragile, faible. Elle avait les yeux qui la chatouillaient, qui s'inondaient de centaines de larmes.

C'était étrange, de ressentir autant de douleur pour quelqu'un qu'on connaissait si peu. Elle la reconnaissait bien sûr, vaguement, grâce aux photos qu'elle avait reçue, et parce qu'elle lui ressemblait beaucoup, mais l'aurait-elle reconnue si elles s'étaient seulement croisées dans la rue ? La petite n'en savait rien.

Nathalie avait un visage émacié où l'on pouvait lire la souffrance, la fatigue. Derrières ses paupières fermées, ses yeux s'agitaient faiblement, comme s'ils luttaient contre l'ennemi invisible : la maladie. Ses longs cheveux auburn étaient ternes et rêches. Elle n'était pas belle, faisait presque peur.

Pourtant Ysalyne s'approcha encore, jusqu'à poser ses petites mains tremblantes sur la couverture du lit. Jonathan, son père, était resté près de la porte de la chambre, et elle pouvait sentir son regard sur elle. Elle ne pleurerait pas. Pas devant lui.

Elle n'aimait pas pleurer devant des inconnus.

« On y va. »

Après quelques secondes de contemplation morbide et douloureuse, Jonathan prononça ses seules paroles et intima à sa fille de sortir de cette chambre où planait l'ombre de la fin et de la détresse. Elle l'avait vu une fois, parce qu'il le fallait. Il ne la ferait pas revenir, pensant la protéger.

OoO


17 AVRIL 2042 (11 ANS)

Un sursaut dans la nuit. Une respiration haletante, affolée. Des tremblements convulsif. Quelques secondes qui passent. Le cœur qui se calme.

Ysalyne se laissa retomber sur les oreillers de son lit en soupirant, plus par convention qu'autre chose. Elle n'était pas plus sortie du cauchemar maintenant qu'elle était éveillée, mais au moins elle pouvait penser à autre chose désormais.

Cela n'empêche pas les images de refaire surface, de la hanter, d'apparaître si nettes devant ses yeux qu'elle a l'impression qu'elle ont été imprimé sur le plafond. C'est réguliers, ce genre de réveils. Ca arrive. C'est normal. Elle n'en parle pas.

Ysalyne sait que son père se réveille aussi en pleine nuit, elle l'entend quand il descend boire un verre d'eau à la cuisine. Ysalyne sait que sa grand-mère a du mal à trouver le sommeil, elle l'entend marcher dans sa chambre jusqu'à des heures avancées de la nuit. Ils n'en parlent pas.

La petite se tourne sur le côté, se roule en boule et ramène les couvertures serrées tout contre son corps frêle, sans défense. Elle voudrait sa maman. Elle voudrait qu'elle sorte enfin de cet hôpital, qu'elle ouvre enfin les yeux. Elle voudrait que son père lui explique. Elle voudrait pouvoir retourner la voir.

Mais ce n'est pas possible. Son père le lui a bien dit, ça, qu'elle ne la verrait plus à l'hôpital. Pourquoi ?

« Parce que ce n'est pas la place d'une enfant de onze ans. Va jouer dehors. »


Va jouer. Comme si c'était facile. En ce moment, elle ne sait qu'attendre dans la douleur.

OoO


23 AVRIL 2042 (11 ANS)

Ysalyne hésitait devant son parchemin, mordait le bout de sa plume. Comment l'expliquer ? Cela fait déjà un mois qu'elle a quitter Poudlard sans un au revoir. Tout cela lui manque. Ils lui manquent affreusement.
Chère Amaëlle...
Non, c'était beaucoup trop conventionnel, beaucoup trop froid.
Amaëlle...
Pouvait-elle décemment commencer sa lettre de la sorte après un mois de silence ? Ysalyne soupira et attrapa un autre parchemin.
Ama,

Je sais que tu dois être en colère, mais laisse-moi t'expliquer.
Oui, c'était un bon début. Restait à trouver la suite désormais, et ce ne serait pas la partie la plus facile. Ysalyne resta plusieurs longues minutes devant son parchemin, devant cette petite phrase insignifiante, sans que rien d'autre ne sorte.

Que pouvait-elle dire ? Comment pouvait-elle en parler ? Et si ses amis lui répondaient, qu'elle se mettait à recevoir des dizaines de hiboux transportant des lettres remplis de pitié et dégoulinantes de tristesse ?

Sans pouvoir mettre un mot sur ce qu'elle ressentait, Ysalyne continua sa lettre avec force, presque avec rage.
Ama,

Je sais que tu dois être en colère, mais laisse-moi t'expliquer.
Ma maman est à l'hôpital et va bientôt mourir.
Sinon, ça va super, et toi ? Comment se passent les cours ?

Je dors extrêmement bien, ne t'inquiète surtout pas pour moi.
Puis, de colère, elle roula en boule son œuvre et la jeta à l'autre bout de sa chambre.

OoO


1 MAI 2042 (12 ANS)

Un sursaut dans la nuit. Une respiration haletante, affolée. Des tremblements convulsif. Quelques secondes qui passent. Le cœur qui se calme.

Ysalyne tourna la tête vers le réveil lumineux pour regarder l'heure. Il était cinq heures trente-sept du matin. Ca y est, elle avait douze ans. Ouais. Youpi. Et dire qu'elle n'arrivait même pas en s'en réjouir. Aujourd'hui, elle allait revoir sa mère.

C'était tout ce qu'elle avait demandé pour son anniversaire et son père avait d'abord refusé, mais face à l'insistance de sa belle-mère, qui appuyait sa petite fille avec force, il avait finit par céder. Pourtant, Ysalyne savait qu'elle n'aurait guère plus de quelques minutes.

Les images de monstres noires et effrayant lui brûlaient encore les yeux. Ils l'avaient poursuivit, jusqu'à l'épuisement. Elle hurlait, hurlait, avait beau hurler encore, rien n'y faisait. Personne n'était venu à son aide, malgré la rue bondée. Ysalyne se recroquevilla sur elle-même, assise sur son matelas. Même maintenant qu'elle était réveillée, elle avait l'horrible sensation d'être seule au monde.

Elle n'arriva pas à se rendormir.

Lorsque son réveille-matin indiqua huit heures, Ysalyne se leva difficilement de lit et descendit à la cuisine. Les marches de l'escaliers craquèrent sous ses pas et prévinrent les adultes de son arrivées imminente.

« Bonjour mon cœur. » lui dit sa grand-mère lorsqu'elle mit le premier pied sur le carrelage froid. « Tu as faim ? Soif ? »

Comme à son habitude, et sans attendre de réponse, Moïra Paige s'affaira aussitôt à poser sur un plateau un grand verre de jus d'orange et deux tranches de pain beurrées. Il n'y avait jamais de jus de citrouille ici, parce que Moïra était une moldue, mais cela n'avait jamais dérangé Ysalyne.

« Merci Mamy. » Ysalyne s'assit à table et jeta un regard discret à son père. « Bonjour, papa. »

« Bonjour, Ysalyne. Bien dormis ? »

« Oui. »


Le plateau arriva bientôt sous ses yeux et après de nouveaux remerciements, Ysalyne entreprit de mastiquer son petit-déjeuner, même si son ventre était noué.

« On va toujours voir maman aujourd'hui ? »

La question de la petite sonnait plus comme un rappel que comme une véritable interrogation, et Jonathan prit un temps avant de répondre, fronça les sourcils.

« Oui. Dès que tu seras prête. »

Etonnamment, Ysalyne ne se pressa pas. Elle appréhendait de voir des changements physiques chez sa mère. Elle avait peur de ne pas reconnaître quelqu'un qu'elle ne connaissait finalement qu'à travers des photos. C'était étrange.
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LA RENAISSANCE


10 MAI 2042 (12 ANS)

Ce jour, Ysalyne le garderait à jamais gravé dans sa mémoire comme étant celui où sa mère était revenue à la vie. Celui de sa renaissance, et de celle de sa famille. C'est sa grand-mère qui, la première, avait appris la nouvelle. Ils étaient tous les trois attablés dans la salle à manger pour le diner, dégustaient en silence le potage cuisiné par Moïra.

Un hibou était alors arrivé et avait tapé avec violence aux carreaux de la fenêtre qui leur était la plus proche. Après un rapide regard entre son père et sa grand-mère, c'était finalement cette dernière qu'Ysalyne avait vu se lever après avoir tamponné ses lèvres de sa serviettes. Elle avait ouvert les battants et l'oiseau s'était engouffré dans la maisonnette comme s'il y était habitué. A sa patte était attachée une enveloppe scellée de la marque de Saint-Mangouste. Ysalyne vit Jonathan blêmir en moins de temps qu'il ne lui en aurait fallu pour le dire. C'est Moïra qui libéra le hibou de son fardeau avant qu'il ne parte, puis ouvrit la missive en tentant de camoufler le tremblement de ses mains. Malgré son statut de moldue, elle savait très précisément d'où venait cette lettre.

« Mamy ? »

Ysalyne s'était immédiatement tendue sur sa chaise. Bien qu'elle n'avait pas vu le cachet de Saint-Mangouste, l'attitude de son père et de sa grand-mère ne laissait aucun doute quant au destinataire. Une boule énorme venait de se former dans sa gorge et bien malgré, des images lugubres s'étaient mises à défiler devant ses yeux, lui faisant monter les larmes.

Larmes qui coulèrent sur le joues de Moïra.

« Mamy ! »

« Elle s'est réveillée, elle s'est réveillée ! » se mit alors à sangloter la mère de Nathalie en couvrant son visage de ses main. « Le Seigneur soit loué, elle s'est réveillée ! »

Ysalyne avait également éclaté en sanglots soulagés, comme si un poids immensément lourd, trop pour ses épaules d'enfant, venait de la quitter. Sa mère était vivante. Et éveillée. Elle n'entendit pas son père se précipiter hors de la petite maison et transplaner dans le jardin, mais elle senti les bras de sa grand-mère s'enrouler autour d'elle.

Toutes deux en pleurs, elles s'étaient bercées l'un l'autre pendant de longues minutes. Peut-être même des heures. Mais tout cela n'avait pas d'importance.

OoO


28 MAI 2042 (12 ANS)

« Quand est-ce que tu sors ? »

Aujourd'hui, toute la famille Benett était allée rendre visite à Nathalie à Sainte-Mangouste, après plusieurs longs jours de négociations et de papiers administratifs auprès des services pour que Moïra puisse voir elle aussi sa fille.

Ysalyne n'aurait jamais cru pouvoir être aussi heureuse. Elle avait eu si peur que sa mère meurt, que de la voir parler, manger, boire, rire, vivre, lui paraissait inespéré. Mais elle avait hâte que sa mère sorte de Sainte-Mangouste. Peut-être ses parents resteraient-ils un peu chez elle et sa grand-mère avant de repartir elle ne savait où ? Elle l'espérait très fort, souhaitait plus que tout pouvoir enfin passer un peu de temps avec eux deux réunis.

« Je ne sais pas encore très bien. » répondit Nathalie en échangeant un regard avec son mari.

La vérité, c'était que les guérisseurs de l'hôpital préféraient ne pas se prononcer pour le moment. Nathalie était hors de danger et se remettait bien, mais ils ne voulaient pas donner une date s'ils n'étaient pas sûr de pouvoir faire sortir la jeune femme à ce moment là et pour l'instant, rien n'était certain. Aussi, Jonathan et Nathalie avaient décidés de ne pas donner de faux espoirs à Ysalyne en lui donnant un date qui risquait bien de changer.

« Le plus important est que tu te reposes bien, ma chérie. » intervint Moïra. « Tu es sûre que ces médecins savent ce qu'ils font ? »

« Oui, maman, les guérisseurs de Sainte-Mangouste sont tous très qualifiés, j'ai confiance en eux. »

Le ton de reproche de Nathalie ne passa pas inaperçue et Ysalyne s'empressa de changer de sujet pour aborder la question qui lui trottait en tête depuis qu'elle savait sa mère rétablie.

« Et vous allez rester chez Mamy combien de temps avant de repartir, après ? »

Il y eu un long silence, de ceux qui cache quelque chose, de ceux qui sont gênés et qui tente de dissimuler qu'ils le sont. Les trois adultes ne pipaient mot, se lançaient des petits regards en coin. Ysalyne voyait bien que sa Mamy semblait plus que mal à l'aise, et qu'elle pinçait ses lèvres comme si elle désapprouvait ce qui allait suivre. Ses parents, eux, se consultaient du regard avec insistance, comme s'ils avaient une conversation silencieuse. La fillette ne comprenait pas.

« J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? » s'enquit-elle d'une petite voix, soucieuse.

« Non, non, bien sûr que non, ma chérie ! » s'exclama Nathalie en lui souriant. « Tu... tu poses juste une question à laquelle nous n'étions pas encore prêt à répondre. »

« Comment ça ? »

Ysalyne jetait aux adultes de regards perdus. Que se passait-il ? Elle avait la désagréable impression qu'on s'apprêtait à lui annoncer quelque chose d'important, et elle ignorait pourquoi, mais elle savait déjà instinctivement qu'elle aurait préféré que cela ne se fasse pas dans cette chambre d'hôpital. Pourrait-elle remonter le temps et ne pas poser sa question, finalement ?

« Eh bien, avec ton père nous... Nous pensions que peut-être, il serait temps pour nous de rentrer maintenant. » finit par répondre Nathalie en guettant la réaction de sa fille.

Celle-ci ne se fit pas attendre : elle écarquilla les yeux et sentit son cœur s'accélérer. Ses parents étaient-ils vraiment sur le point de lui dire que...

« Co-comment ça ? » répéta-t-elle en bafouillant. « Vous voulez dire pour... pour toujours ? »

Le hochement de tête de Jonathan la fit exploser de bonheur et elle se jeta sur le lit de sa mère en riant. Elle n'aurait pu espérer mieux, et toutes ses appréhensions volèrent aussitôt. Elle s'imaginait déjà vivre avec ses parents et sa grand-mère dans leur maison, à aller se promener dans les forêts, à dessiner avec sa mère dans les champs. Ils l'accompagneraient à la voie 9 ¾ pour lui dire au revoir quand elle entrerait en deuxième année, et pour toutes les autres années à suivre, ils seraient toujours ensemble et ne se sépareraient plus jamais !

« Oh, c'est tellement merveilleux ! » s'exclama-t-elle en sentant l'excitation et le bonheur monter en elle comme une fusée. Elle se redressa après quelques secondes d'étreinte puis observa ses parents avec le visage illuminé d'espoir. « Vous prendrez la chambre d'amis, à l'étage, elle est juste en face de la mienne ! Et on pourra aller fêter le solstice d'été à la fête du village si maman est remise d'ici-là ! Et puis je vous montrerai tous mes endroits préférés dans la forêt ! N'est-ce pas ? »

Le regard gêné qu'échangea ensuite ses parents fit rejaillir ses inquiétudes. Qu'est-ce qui n'allait pas ?

« Eh bien, pas tout à fait... » commença Nathalie.

« On pensait plus à une maison à nous trois, tu comprends ? » tenta de lui expliquer Jonathan.

« Mais... il y a des maisons à vendre dans le village ? »

« Non, mon cœur. »

Cette fois, c'est sa grand-mère qui lui répondit. Ysalyne se tourna vers elle avec toute l'incompréhension du monde marqué sur son visage. Que lui racontait-on ? Comment pouvaient-ils habiter tous les trois si aucune maison ne se vendait au village ? Moïra lui prit les mains. Celle de sa grand-mère étaient glacées, et le siennes commençaient à frissonner de tout autre chose que le froid.

« Je ne... »

« Ton papa et ta maman voudraient que vous commenciez une nouvelle vie, tous les trois. Et c'est dans l'ordre des choses, tu comprends ? »

« Mais... où ? »

La gorge d'Ysalyne se serrait petit à petit. Si ses parents décidaient d'emménager à Helensburgh, la ville la plus proche, ce n'était pas si grave que ça, car elle pourrait encore voir sa grand-mère souvent. Mais sans qu'elle ne sache pourquoi, elle savait, au plus profond d'elle-même, que ce n'était pas ce qu'on allait lui annoncer. C'est Jonathan qui, sans le savoir, lui porta le coup fatal.

« Tu grandis, Ysalyne, et nous pensons que la ville est mieux pour des adolescents. Que penses-tu de Londres ? »

OoO


12 JUIN 2042 (12 ANS)

Toc, toc, toc.

Ysalyne releva la tête des cours et des devoirs que lui avait envoyé Poudlard pour cette semaine. Quinze jours après avoir physiquement quitté l'école, elle avait commencé à recevoir cours et devoirs pour ne pas perdre trop et pouvoir garder un niveau correcte. Fin juin, elle passerait ses examens théoriques et en fonction de son niveau, on l'autoriserait ou non à passer en troisième année. Ysalyne travaillait donc très dure pour ne pas risquer d'avoir un an de retard sur les autres.

La porte s'ouvrit avant même qu'elle n'en donne l'autorisation et la carrure de son père se dessina dans l'encadrement.

« Je peux entrer ? »

La fillette hocha la tête et referma son cours de métamorphose. Jonathan entra tout entier dans la chambre et tandis que sa fille se tournait vers lui, il s'assit sur le lit, les mains liées devant lui, les avants-bras posés sur les genoux.

« On sait quand va sortir maman ? » demanda Ysalyne avant que son père n'est pu ouvrir la bouche.

« Pas encore. Mais ce n'est pas ça que je veux te parler. Enfin pas vraiment. J'ai trouvé notre future maison. »

Ysalyne attendit que son père lui explique. Depuis l'annonce de leur décision de vivre tous les trois à Londres, la petite vivait sur le qui vive de savoir quand son père lui annoncerait qu'il avait enfin trouvé une maison. Et maintenant que ça arrivait, elle ne savait pas quoi en penser. A vrai dire, elle n'était pas sûre de vouloir les suivre jusqu'à Londres, même si cela signifierait peut-être tirer un trait sur ses parents.

« Elle est petite mais elle est en plein cœur de Londres, côté moldu, ce qui sera pratique pour maman quand elle devra aller faire des examens à Sainte-Mangouste. Tu auras une grande chambre et il y aura même mon bureau où tu pourras peindre avec maman. On emménagerait début juillet. Qu'est-ce que tu en penses ? »

Ysalyne sourit, assura que tout cela avait l'air génial. Pouvait-elle définitivement faire autrement ? Lorsque son père quitta sa chambre après lui avoir rendu son sourire et lui avoir assuré qu'ils auraient une belle vie là-bas, à Londres, la fillette laissa son regard se tourner vers la fenêtre de sa chambre et se perdre au-dessus des champs, vers la petite forêt à l'horizon. Quelle vie allait-elle trouver avec ses parents à Londres ?

OoO


3 JUILLET 2042 (12 ANS)

Un carton entre les bras, Ysalyne poussa la porte de sa toute nouvelle chambre, grande, certes, mais pour le moment essentiellement vide et blanche. Le posant par terre près de la porte, la fillette s'approcha lentement de la fenêtre et y posa la main. On pouvait encore entendre, bien que ce fusse léger, le bruit des voitures qui passaient et parfois se disputaient sur la route en face, ainsi que celui des passants qui profitaient aujourd'hui du beau temps pour se promener dans Londres.

Ysalyne soupira. Une nouvelle page de sa vie commençait aujourd'hui, elle en avait beaucoup trop conscience. Plus rien ne serait comme avant.

« Chérie ? Ysalyne ? Tu viens ? Il reste encore pleins de choses à porter ! »

Dans un dernier soupire, la jeune Benett se détacha de la fenêtre.

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L'APATRIDE


29 JUILLET 2042 (12 ANS)

Quasiment deux mois. Voilà depuis combien de temps Ysalyne et ses parents tentaient de cohabiter, et il fallait bien avouer que ça n'était pas des plus réussit. Les tensions s'accumulaient dans la petite maison, sans que rien n'éclate car aucun de ses trois habitants n'osaient dire que rien n'allait plus, aucun d'eux ne voulait être celui qui ouvrirait l'écoutille et laisserait entrer les trombes violentes qui s'amassaient petit à petit.

Pour payer le loyer de leur maison et les différents frais médicaux de Nathalie à Sainte-Mangouste, Jonathan avait trouvé un travail pénible chez un antiquaire moldu où il travaillait de tôt le matin jusque tard le soir malgré le très peu d'activité du magasin. Il s'ennuyait ferme et rentrait souvent chez eux renfermé comme une huitre. Mieux valait ne pas trop lui parler dans ces moments-là... Souvent, en vérité.

La journée, quand elle n'arpentait pas les rues à la recherche d'un travail ou qu'elle n'avait pas un rendez-vous à l'hôpital pour effectuer d'autres testes, Nathalie s'évertuait de proposer à sa fille unique tout un tas d'activités qu'elles pourraient faire à deux. Malheureusement, n'ayant jamais vécu ensemble, n'ayant jamais eu le temps même de se connaître réellement et de s'apprivoiser, les journées poterie, promenade dans Londres, bougies, savons, bracelets de perles, cinéma, ou même celle dédiées au dessin, tournaient toujours court et Ysalyne repartait s'enfermer dans sa chambre.

Enfin, sa chambre... Celle qu'on lui avait attribuée dans cette maison, en tout cas. Parce que la fillette savait pertinemment que jamais elle ne pourrait la considérée comme totalement sienne, elle ne s'y sentait pas à sa place. Déjà, cette vue imprenable sur la route, les voitures et les passants lui donnait l'envie irrépressible de fermer ses rideaux tout au long de la journée, malgré les insistances de sa mère pour qu'elle laisse entrer la lumière du jour. Mais elle ne supportait plus d'avoir échanger ses champs, sa forêt et son ciel bleu contre... contre ça !

Et puis, d'une certaine façon, ça lui avait déchirer le cœur de voir les affaires de son ancienne chambre – la vraie, celle de chez sa grand-mère – rapatriées dans celle-ci, car cela lui avait violemment rappelé que celle chez sa grand-mère ne serait plus jamais vraiment la sienne non plus. Plus totalement. Elle avait l'impression de ne plus avoir de chez elle.

Comme une apatride.

OoO


9 AOÛT 2042 (12 ANS)

Ysalyne ouvrit la porte de la maison le plus discrètement possible et se glissa à l'intérieur en priant pour que sa mère ne soit pas encore revenue de Sainte-Mangouste. Elle avait dû s'y rendre aujourd'hui pour enfin aller chercher son attestation d'aptitude au travail – ce qui sonnait également la fin de ses rendez-vous médicaux – et avait informé sa fille qu'elle en avait pour une petite heure de sortie. Jonathan étant à la boutique, la fillette en avait donc profiter pour sortir, sans en avertir personne, et aller manger une glace.

C'étaient sans aucun doute ces petits moments volés qui l'aidaient à tenir. Et puis bon, le parc à côté de chez elle n'était pas si nul que cela, finalement, et même si il y avait toujours beaucoup trop de monde à son goût, elle pouvait au moins s'allonger dans l'herbe, à l'ombre des arbres, fermer les yeux et, si elle faisait abstraction des bruits urbains qui l'entouraient, pouvait presque avoir la sensation d'être de retours dans son village. Presque.

« Où étais-tu ? »

La voix grave claqua dans son dos alors qu'elle refermait la porte d'entrée tout en se débarrassant de son petit sac en bandoulière rouge. Lentement, elle se retourna vers son père qui l'observait, appuyer sur le chambranle de la porte, les bras croisés.

« Je... je me promenais. »

Ysalyne s'attendait à ce que son père s'énerve, lui dise qu'elle n'avait pas le droit de sortir seule dans la ville à son âge, sans prévenir personne, surtout quand aucun d'eux ne soit à la maison, qu'il aurait pu lui arriver n'importe quoi, qu'il s'était inquiété en ne la voyant pas dans sa chambre. Mais Jonathan se contenta de hocher la tête et de retourner dans le salon.

« Et c'était bien ? » lui lança-t-il depuis l'autre pièce.

Troublée, Ysalyne enleva son manteau et rejoignit son père dans le salon, se tenant dans l'encadrement de la porte. Il s'était assit à la table, devant tout un tas de dossiers, visiblement.

« J'ai mangé une glace. A la vanille. » précisa la fillette, toujours sur ses gardes. Elle ne comprenait pas pourquoi elle ne se faisait pas disputer. « Tu es rentré plus tôt ? »

« Il y a eu un problème à la boutique. »

C'était tout. Pas d'explications supplémentaires, il devait juger qu'elle n'en avait pas besoin. Et peut-être avait-il raison, après tout. Elle s'en fichait. Sans prononcer un mot de plus, Ysalyne retourna s'enfermer dans sa chambre, à l'autre bout du couloir. Elle n'arrivait pas à savoir si elle était contente de ne pas avoir été punie pour sa petite sortie en solitaire ou si elle c'était plutôt de la déception qu'elle ressentait. Mais pourquoi serait-elle déçue ?

De nouveau barricadée dans sa chambre, Ysalyne s'allongea sur son lit en soupirant. La voilà qui était de retours dans sa prison sans couleur et sans goût.

OoO


31 AOÛT 2042 (12 ANS)

« Je suis désolée, chérie. »

Ysalyne ne daigna même pas relever les yeux de son assiettes de gnocchi poêlés, les poussa du bout de sa fourchette. Elle s'en fichait, pas vrai ? Après tout, l'année dernière aussi, elle était allée sur la voie 9 ¾ toute seule pour sa rentrée scolaire. C'était bon, elle savait comment faire sans adultes maintenant... Et encore moins sans ses parents. Pourtant, un détail la chiffonnait un peu.

« Je croyais que tu n'avais plus de rendez-vous à Sainte-Mangouste. »

« Je ne pensais pas en avoir d'autres... »

Pour ne pas avoir à répondre, Ysalyne enfourna une grand bouchée des épinards qui accompagnait les gnocchi. Elle en avait vraiment marre, mais bientôt, elle n'aurait plus à y penser autant qu'avant. Parce qu'elle allait retourner à Poudlard. Bien sûr, elle était terrifiée, à l'idée de retrouver Antony et Amaëlle, après tout ces mois d'absence et de silence, et au fond, peut-être aurait-elle préféré avoir le soutient de ses parents dans cette épreuve qui lui serrait les tripes, mais jamais elle ne l'aurait avouer. Elle y ferait face tout seule, et puis c'est tout ! De toute façon, elle n'avait pas le choix.

OoO


21 DÉCEMBRE 2042 (12 ANS)

En ce dimanche soir d'hiver glacial, Ysalyne posa le pied sur la voie 9 ¾, en cherchant ses parents du regard. Elle rentrait cette année chez elle pour les fêtes, chose qu'elle n'avait pas fait l'an passé, et appréhendait énormément ces prochains quinze jours. Car si sa grand-mère avait été compréhensive l'année dernière sur son envie de rester auprès de ses camarades de classe, Ysalyne n'avait, cette année, pas eu d'autres choix que de venir fêter Noël avec ses parents et cette seule perspective l'angoissait un peu. L'unique point positif était que sa grand-mère allait faire le trajet jusqu'à Londres pour faire le réveillon avec eux et il y avait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas vu...

Derrière elle, d'autres élèves attendaient de pouvoir sortir du train, et Ysalyne récupéra ses bagages sans avoir encore repéré Nathalie et Jonathan. Il y avait aussi tant de parents heureux de retrouver leur progéniture qu'il aurait été étonnant qu'elle les voit au premier coup d'oeil. Mais peut-être aurait souhaité qu'ils s'arrangent, voire se battent, pour être au premier rang et pour l'accueillir chaleureusement.

Puisqu'ils devaient eux aussi la chercher, Ysalyne hissa ses valises sur son chariot et se dirigea vers le fond de la voie, près du mur de pierre qui servait de passage entre la voie magique et la gare moldue, pour que ses parents la voient rapidement et qu'elle-même puisse avoir une vue d'ensemble sur la voie. Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi sans qu'elle ne les voit.

Elle avait pourtant beau se mettre sur le pointe des pieds, se tordre le cou, elle ne repérait ni Nathalie, ni Jonathan, dans cette foule qui diminuait à vu d'oeil au fur et à mesures que les retrouvailles se faisaient, dans la joie et les rires propre à l'esprit de Noël.

Il faisait froid. Ysalyne s'assit sur l'un des bancs et croisa les bras sur sa poitrine pour se tenir plus chaud. Où étaient-ils, par Merlin ? L'avaient-ils oublié ? Quand même pas... Bientôt, il ne resta plus qu'elle et deux familles dont les parents bavardaient gaiement entre eux, et dont les enfants les plus jeunes jouaient à se courir après.

« Ysalyne ? »

La fillette se retourna vers sa mère qui franchissait enfin la barrière magique, suivit de son mari. Elle avait un air si désolé sur le visage que la Serpentard eu un instant envie de ne rien leur reprocher, avant de se souvenir qu'elle attendait dans le froid depuis maintenant plus de quarante minutes. Pour leur premier Noël en famille. Quel accueil !

« Je suis désolée, chérie, nous n'avons pas vu l'heure passée ! Tu dois être complètement gelée ! »

La prenant dans ses bras, Nathalie entreprit de lui frictionner les bras mais Ysalyne, en colère, se dégagea prestement.

« C'est bon, c'est pas grave. » Taciturne, elle attrapa son chariot et se dirigea vers la sortie du quai. « On y va ? »

« Et si tu pouvais sourire, ce serait plus agréable, tu ne crois pas ? » lui lança la voix de son père dans son dos. « Ça fait quatre mois qu'on ne s'est pas vu ! »

Et avant cela, quasiment douze ans, intériorisa Ysalyne en s'assombrissant. Ça n'avait pas l'air de vous déranger tant que ça pourtant ! Néanmoins, et malgré ses véhémentes pensées, Ysalyne s'excusa et prétexta une grande fatigue due au voyage et un grand froid. Son père grommela, sa mère lui assura que ça n'était pas grave, que c'était normal, et la famille Benett retourna docilement à la prison familiale.

OoO


24 DÉCEMBRE 2042 (12 ANS)

Trois jours plus tard, Moïra Paige frappa à leur porte. Aussitôt qu'elle entendit les petits coups, Ysalyne se précipita hors de sa chambre et fondit sur la porte d'entrée pour l'ouvrir en grand. Elle avait mis pour le réveillon cette robe de velours noir que sa grand-mère aimait tant, accompagnée d'une paire de collants très opaques. Pas de chaussures, juste une paire de chaussons noirs, leur maison était chauffée et il n'était pas prévu qu'ils sortent.

« Mamy ! »

« Oh, mon cœur ! Que tu as grandis ! Que tu es belle ! »

Les deux femmes restèrent un long moment enlacées l'un contre l'autre, profitant de retrouver cette proximité qui leur avait été naturelle pendant douze ans et leur avait été enlevée brutalement. Trop vite, au goût d'Ysalyne, elles durent cependant s'extraire à ces douces retrouvailles pour que Moïra puisse entrer dans la maison se mettre à l'abri du froid hivernal et saluer sa fille et son gendre.

Cette soirée fut la plus heureuse qu'Ysalyne avait passé depuis des semaines, entourée de ses parents et de sa grand-mère. Elle réussit même à se convaincre que tous les moments difficiles qu'ils vivaient ensemble ne pourraient que rendre leur famille plus forte, et que tout irait ensuite pour le mieux. Que cette situation était tout aussi déstabilisante pour elle que pour ses parents, qu'elle devrait peut-être leur pardonner pour mieux avancer avec eux, et non contre eux.

Sa grand-mère pourrait peut-être venir passer quelques weekends, de temps en temps, chez eux. Ils feraient des activités tous ensemble, comme ils n'en avaient jamais eu l'occasion. Ses parents l'emmèneraient faire le tour du monde avec eux pendant les vacances scolaires, lui feraient découvrir les endroits du globe qu'ils avaient préféré – elle avait le désir secret, depuis toujours, de voir la plage où ils s'étaient mariés, quand elle avait quatre ans.

Et ensuite, il seraient heureux. 


Tout irait bien.

*en baisse de régime pendant l'été mais passerai quasiment tous les jours quand même*
Non, ça ne m'énerve pas mais... C'est Ysalyne avec deux Y, bandes de trolls analphabètes !
Deuxième année RP