Cité de Londres

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Un premier rendez-vous insolite  Solo 

Le grand soleil présent dans le ciel en ce mois d’avril la narguait. Il transpirait la joie et la bonne humeur, alors qu’il était impossible de l’être au vu de la situation actuelle. La journée aurait dû être splendide, rien n’aurait dû entacher sa bonne humeur, mais ce qui s’était produit quelques minutes plus tôt avait changé sa vision des choses. Elle n’aurait jamais pensé se prendre une telle rafale dans la tête, un jour où tout avait si bien commencé.

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~ Appartement de Meilla, 13h29

Meilla ne l’avouerait jamais, mais elle était en plein stress. Le tas de vêtements éparpillés sur son lit le prouvait. Elle avait changé au moins cinq fois de tenue, chose qu’elle n’avait jamais faite auparavant et qu’elle n’aurait jamais pensé faire avant ce jour. Elle avait rendez-vous avec Cory, qu’elle avait rencontré à Noël et c’était leur premier vrai rendez-vous. Après la soirée de Noël que Meilla avait passé en compagnie de toute la famille Blodwell-McDowell, et après que les deux jeunes gens aient légèrement flashés l’un sur l’autre, ils s’étaient revus, mais ne s’étaient jamais trouvés seuls tous les deux.

Aujourd’hui il était pourtant l’heure de ce premier rendez-vous qui faisait si peur à Meilla, ce qui était idiot, parce qu’elle savait bien qu’ils trouveraient toujours quelque chose à dire. Pendant le repas de Noël, ils n’avaient pas cessé de se parler, trouvant des sujets de discussion tous plus variés les uns que les autres. Mais peut-être avait-elle peur qu’il ne l’aime pas ? Peut-être s’était-elle trompée à son sujet, peut-être ne la considérait-il que comme une amie ? La rouquine aurait bien voulu un peu plus, mais elle ne pouvait pas savoir d’avance et verrait bien plus tard. Et encore fallait-il qu'il soit explicite. Elle aurait bien voulu parler de ça avec sa cousine. Depuis qu'elles étaient toutes petites, elles s'étaient toujours promis de raconter comment se passerait leur premier amour, mais elle ne pouvait pas, elle n'avait toujours aucunes nouvelles. La Serdaigle avait hésité à en parler à June, mais s'était dit que si ça ne se passait pas comme elle le souhaitait, elle préférait que le moins de gens possible soient au courant. Du coup personne n'était au courant au final et elle devait se débrouiller toute seule pour gérer sa nervosité.

Elle finit par se décider à mettre un jean violet et un pull noir. Elle enfila rapidement une paire de baskets en toile et laissa ses cheveux détachés. Elle rajouta une petite touche de rouge à lèvres et un peu de crayon sous les yeux. Elle était fin prête, mais cela ne la rassura pas tellement. Enfin, Meilla sortit de son appartement de Londres et glissa ses clés dans sa poche, n'ayant eu aucune envie de s'encombrer d'un sac. Elle marcha quelques minutes et finit par s'asseoir sur un banc, où elle eut tout le loisir de réfléchir en attendant que Cory arrive. Et s’il la plantait ? Et s’il décidait que finalement il n'avait pas envie de sortir se promener avec elle ? Elle aurait l'air fine assise ainsi à l'attendre indéfiniment, sans oser bouger pendant des heures, de peur que ce ne soit qu'un retard. Un rapide coup d'œil à sa montre lui apprit qu'elle avait cinq minutes d'avance. Cinq minutes, cela pouvait sembler court, mais quand on attend quelqu'un, ou quelque chose et que l’on n’est pas sûr que cela arrive, cela semble tout de suite beaucoup plus long. Tout à coup, la jeune fille eut une autre frayeur. Et s’ils n'avaient rien à se dire ? Et s’ils devenaient soudainement trop timides ? Et si elle devenait toute rouge à la moindre parole ? Et si... ? Avec des questions comme celles-ci, on pouvait refaire le monde, ou flipper pour rien, mais ce n'était jamais très bon pour le moral.

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

Un premier rendez-vous insolite  Solo 

~ Petit parc, 14h13

Au bout d’environ quinze minutes, Meilla arriva à la conclusion qu’il fallait qu’elle parte, elle ne pouvait pas rester ici, elle ne savait pas comment ça allait se passer et elle détestait cela. Et puis il avait dix minutes de retard, il n’allait pas venir, c’était certain. Il l’avait baladée en lui proposant ce rendez-vous, c’était seulement pour lui faire une blague. Un de ses amis allait sûrement arriver pour lui dire que Cory ne viendrait pas et qu’il s’était fichu d’elle depuis le début. Mais au moment où elle allait se lever du banc sur lequel elle était assise, Cory arriva de son pas nonchalant, lui adressant un sourire qui la fit fondre sur place et oublier toutes ses pensées négatives. Bizarrement, elle n’avait plus aucune envie de s’enfuir. Elle y était, son premier rendez-vous était là. Ce ne serait sûrement pas le dernier de toute sa vie, mais peut-être serait-ce le dernier avec Cory ? *Non, non Meilla arrête ça tout de suite, tu te poses trop de questions. Tu verras bien comment ça se passe. En attendant reste calme.*

Tout de suite, Cory détendit le jeu en lui parlant de la dernière bourde d’un de ses camarades qui était également dans le cursus de journalisme de la faculté de magie. Il avait renversé tous les journaux qu’ils devaient distribuer et ils avaient alors dû les retrouver ce qui n’avait pas été une mince affaire même avec la magie car c’était une édition spéciale quidditch et les journaux pouvaient voler à la manière des vifs d’or. C’était à cause de cela qu’il avait un peu de retard ayant dû aider ses camarades à retrouver tous ces vifs d’or, et surtout à les remettre en forme, car deux “vifs d’or“ s’étaient battus pour savoir qui allait le plus vite, ce qui était complètement idiot puisqu’ils étaient identiques.

Cette histoire fit beaucoup sourire la jeune fille qui se dit qu’elle avait vraiment de la chance d’être sous ce beau soleil avec un aussi beau et drôle jeune homme à ses côtés. Ils parlaient, parlaient, parlaient, sans se soucier le moins du monde de là où ils allaient. Leurs pas étaient presque synchronisés et ils prenaient les mêmes directions sans même s’en rendre compte. Ils restaient assez éloignés l’un de l’autre, mais c’était tout à fait normal pour une première balade. Cory évita le sujet de la famille de Meilla. En réalité, ils évitèrent de parler de famille tout court. Le garçon avait dû comprendre que c’était un sujet sensible qu’il valait mieux éviter pour le moment, mais ils parlaient études, quidditch, tournoi des trois sorciers et de plein d’autres nouveautés qui se passaient dans le monde sorcier.

Au bout d’un moment, ils décidèrent de rentrer dans un café au coin d’une rue. Aucun des deux ne le connaissait, mais il était là, semblant attendre des clients alors ils avaient testé… Ce serait un truc à se raconter plus tard, un de leurs premiers souvenirs ensemble. Le café était miteux, des taches douteuses se trouvaient sur les fauteuils et les tables et un vieux bonhomme édenté était accoudé derrière son bar, en train de dormir à moitié. En voyant cela, les deux jeunes gens s’enfuirent vite du bâtiment, en rigolant sous les yeux éberlués du barman qui n’avait absolument rien compris, peut-être un peu saoul sur les bords.

Ils décidèrent de s’asseoir sur un banc histoire de se reposer un peu tout en continuant à discuter. De toute manière, tant qu’ils avaient des choses à dire ils ne s’ennuieraient pas.

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Un premier rendez-vous insolite  Solo 

~ Rues de Londres, 15h18

Ils continuèrent ensuite leur balade, tranquillement, sans se douter une seule seconde de ce qui allait bientôt se produire. Ils se rapprochaient légèrement, étant vraiment côté à côté désormais, ce qui n’était bien évidemment pas le cas au départ. Meilla eut alors un pressentiment. Sa boule de nervosité dans le ventre était toujours bel et bien présente, ce qui n’était pas normal puisqu’elle était rassurée concernant Cory. Il ne lui avait pas posé un pitiponk, et tout se passait merveilleusement bien. Les conversations allaient bon train et ne faiblissaient guère. Qu’est-ce qui pourrait venir entacher ce paradis sur terre ? La préfète se ressaisit alors, il fallait qu’elle profite et qu’elle arrête de penser à ce qui pourrait bien se produire. Ce n’était sûrement que la tension qui redescendait lentement après qu’elle ait stressé pendant des jours, c’était tout à fait normal, et il n’était pas question que cela vienne gâcher son rendez-vous.

Cependant, au détour d’une rue, ils se retrouvèrent nez-à-nez avec des gens que Meilla connaissait très bien, bien qu’elle n’ait eu aucunes nouvelles depuis les vacances d’été, voire un peu plus longtemps pour certains membres de ce groupe. Elle eut un mouvement de recul en les reconnaissant, elle était stupéfaite, ne pensant pas les croiser aujourd’hui. Elle en avait presque oublié Cory, qui eut la décence de ne rien dire, attendant des explications ou quoi que ce soit qui pourrait le mettre sur la voie de ce qui se passait devant lui. C’était une qualité que la jeune fille aimait beaucoup, ne pas s’immiscer dans les affaires des autres avant d’être sûr de savoir de quoi il était question.

Meilla ne savait pas vraiment si elle était contente ou pas de revoir sa famille. En fait si, elle savait qu’elle était contente de les revoir, mais elle aurait préféré les revoir un autre jour, pas avec Cory. Mais elle devrait faire avec et présenter le jeune homme aux membres de sa famille présents. Cependant, elle n’eut le temps de rien dire que sa sœur Anadriellia, plus communément nommée Ana, lui adressa la parole d’un ton dédaigneux, avec un regard froid en surplus.


« Meilla. Tu vas peut-être enfin nous donner des explications et arrêter de nous sortir des salades ? Parce que c’est une chose que de faire ce que tu as fait, mais en plus jouer ta victime par derrière en nous faisant croire que c’est toi qui est à plaindre, c’est vraiment pas cool. »

La septième année s’attendait à tout, mais pas à ça. Elle ne savait absolument pas ce qu’elle avait fait, où était le problème et elle n’avait jamais entendu sa sœur parler comme ça, et surtout pas à elle. Elles avaient trois ans d’écart, mais s’étaient toujours bien entendues. Ca devait être une blague, ce n’était pas possible autrement. Et Nindil qui était d’accord, il ne disait rien, se contentant de la regarder d’un air triste sur le visage. La jeune fille aurait bien voulu le prendre dans ses bras, mais elle n’était pas sûre que ce soit judicieux au vu de la situation actuelle.

« A cause de toi Clémence a fait une dépression, j’espère que tu es contente ?! T’es vraiment nulle comme sœur, et dire que pendant longtemps t’as été mon modèle, franchement t’as pas assuré Meilla. »

La jeune fille était estomaquée, elle ne savait même pas quoi dire pour se justifier puisqu’elle ne savait même pas ce qui lui était reproché. Comment pouvait-elle répondre de quoi que ce soit alors qu’elle ne savait même pas où était le problème ? Julia, la petite sœur de Clémence qui avait le même âge qu’Ana ajouta par la même occasion qu’elle la détestait et que franchement elle était dégoûtée d’avoir une cousine pareille.

Et on en revient au point de départ de l’histoire. Au point où Meilla ne comprend absolument pas ce qui s’est passé, au point où elle se demande comment une si belle journée a pu si mal tourné, au point où elle se demande ce qu’elle peut faire pour arranger la situation alors qu’elle ne sait même pas quel est le problème.


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Ana

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Un premier rendez-vous insolite  Solo 

~ Toujours dans les rues de Londres, 15h33

« Mais… Ana ? De qu… Qu’est-ce que… ? »

En voyant le regard dur et froid de sa sœur, la rouquine n’eut qu’une envie ; pleurer. Mais elle ne voulait pas montrer sa faiblesse encore une fois devant Cory. Déjà qu’elle avait presque craqué pendant qu’elle racontait son histoire à Noël, alors il n’était pas question qu’elle le refasse ici. Elle allait être forte et réagir en adulte pour comprendre toute cette histoire. Le problème était qu’il était dur de faire face à sa sœur qu’elle aimait tant et qui visiblement la détestait pour quelque chose qu’elle semblait avoir fait et dont elle n’était pas au courant.

« Parce qu’en plus tu fais ton innocente ? Mais tu nous prends pour des imbéciles en fait ?! »

Ana commençait à perdre patience devant le silence de sa sœur et c’était tout à fait compréhensible quand on connaissait sa version de l’histoire, mais la rouquine ne pouvait pas comprendre. Elle était dans l’incompréhension totale et elle fut bien contente quand Cory lui prit la main en signe d’encouragement. Dans d’autres circonstances elle aurait sûrement rougi, mais là elle ne se rendait pas vraiment compte de ce qu’il avait fait. C’était juste un geste réconfortant pour le moment. Ne sachant pas ce qu’elle devait vraiment faire, elle commença prudemment comme il aurait dû en être dès le départ.

« Ana, Nindil, mon frère et ma sœur. Julia ma petite cousine. Et Cory mon… Un ami. Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous êtes venus voir… Papa ? »

Meilla eut du mal en prononçant le dernier mot, elle n’avait plus tellement envie de l’appeler ainsi après ce qu’il avait fait. Il n’avait même pas cherché à la contacter alors qu’il savait très bien qu’elle ne le ferait pas. Elle ne savait même pas s’il savait qu’elle avait trouvé un appartement, mais s’il ne le savait pas, cela voulait dire qu’il ne savait même pas où elle allait pendant les vacances, ce qui pour un père aimant sa fille n’était pas très normal. Elle en était venue à la conclusion qu’il se fichait d’elle et qu’elle devrait vivre sa vie comme elle l’entendait en essayant de s’en sortir du mieux qu’elle le pouvait.

« Bon, maintenant tu vas arrêter de faire semblant, de faire comme si tout allait bien et tu vas nous expliquer. Si on est venus ici c’est pour avoir des explications. Tu nous dois bien ça. Tu nous les donnes, tu nous expliques pourquoi tu ne nous aimes pas, et après on te laisse tranquille avec lui là et on ne revient plus t’embêter. »

Ana avait presque les larmes aux yeux, de rage sûrement, en tout cas c’est ce que supposa la Serdaigle. Elle n’avait jamais vu sa sœur dans un tel état, mais il fallait bien avouer qu’elle n’allait pas beaucoup mieux. Elle ne s’était pas entièrement remise de son choc et devait vraiment avoir l’air idiote à tous les fixer comme cela, sans rien dire, sans ne rien laisser paraître parce qu’elle ne voulait pas craquer, elle ne pouvait pas et il était hors de question qu’elle le fasse. Elle était forte et c’était tout ce qui comptait. Heureusement pour elle, Cory décida de prendre les choses en main. Finalement, ce n’était peut-être pas plus mal qu’elle ait été avec lui, elle n’était pas sûre qu’elle aurait tenu sinon. Elle aurait sûrement fui encore une fois, sans avoir d’explications encore une fois. Mais peut-être que là les choses allaient enfin s’arranger, peut-être que là, elle allait comprendre de quoi il était question dans cette famille. Pourquoi la famille Primard ne pouvait-elle pas être comme la famille Blodwell, unie et pas seulement en apparence, vraiment unie ?

« On devrait aller dans le parc, on sera plus à l’aise pour discuter. »

Contre toute attente, personne ne protesta, pas même Ana et tous suivirent Cory qui connaissait le chemin par cœur. Malgré cette trêve grâce à la marche, des regards noirs étaient jetés de partout et Meilla crut bien qu’elle allait mourir assassinée par un de ces rayons meurtriers.

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Nindil

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Un premier rendez-vous insolite  Solo 

~ Hyde Parc, 15h44

« Ana, pourrais-tu m’expliquer ce qui se passe ? Je ne sais pas du tout de quoi tu parles… »

Ils étaient près d’un banc, mais tout le monde restait debout, tendu et droit comme un piquet, particulièrement Meilla et sa sœur. Cory ne comprenait rien à ce qui se passait, n’étant absolument pas au courant de la situation familiale de la rouquine. Elle-même ne comprenait pas vraiment le problème. Ana commençait à avoir des doutes concernant le fait que sa sœur lui mente vraiment. Julia ne savait que penser et Nindil ne laissait transparaître aucune émotion, comme s’il s’était vidé de l’intérieur. La cadette des Primard décida, dans le bénéfice du doute qui commençait à s’insinuer dans son esprit, d’expliquer ce qu’elle voulait dire à sa sœur. Elle ne savait plus trop où elle en était et voyait bien qu’il en était de même pour Meilla. Cependant, sa voix resta froide et claquante glaçant la rouquine sur place.

« Pourquoi t’as fait passer papa pour le méchant ? Pourquoi tu lui as dit que puisque nous n’étions pas VRAIMENT ton frère et ta sœur tu ne nous aimais pas ? Et pourquoi t’es revenue comme si de rien n’était pendant les vacances d’été alors que tu lui as dit que tu voulais plus nous voir, qu’on n’était pas ta famille ? Hein ? POURQUOI ? Pourquoi… »

Ana fondit en larmes. Toute la tension et la rancœur accumulées contre sa sœur depuis des semaines, depuis que leur père leur avait dit dans une lettre qu’ils ne pourraient pas voir Meilla puisque celle-ci ne voulait pas les voir retombèrent soudainement, sans que la jeune fille ne puisse faire quoi que ce soit contre. Meilla, elle, était stupéfaite, comment Romain avait-il pu inventer de pareilles sottises ? Et dire qu’elle commençait à se demander si elle ne devrait pas lui pardonner, c’était idiot d’être en froid avec la seule famille qu’elle avait présente dans ce pays. Finalement, si ce que sa sœur avait dit s’avérait être vrai, elle ne risquait pas de lui pardonner. De quel droit avait-il fait ça ?

« Comment ? Que… ? Quoi ?! Mais je n’ai jamais dit ça. Je ne vous ai jamais mentis. Je vous aime, que vous soyez mes demi frères, sœurs, cousines cela ne changera rien. Jamais. »

Meilla n’en revenait pas et elle ne savait pas s’ils la croiraient, mais que pouvait-elle dire de plus ? Elle n’avait rien dit de tout cela. Enfin si, peut-être qu’elle l’avait dit en parlant de Romain, elle ne savait plus trop ce qu’elle avait dit un an pile auparavant, mais il savait très bien qu’elle ne dirait jamais cela contre son frère, sa sœur et ses cousines qui ne lui avaient absolument rien fait. Nindil prononça alors ses premiers mots de l’après-midi, content que toute cette histoire soit éclaircie. Il ne pouvait pas penser que sa grande sœur, de six ans son aînée soit capable de dire des choses pareilles.

« J’le savais ! Je savais que tu ne pouvais pas dire un truc comme ça ! » lança joyeusement le petit garçon, extrêmement soulagé et retrouvant sa joie de vivre. Ana et Julia semblaient encore un peu abasourdie, et perdues également. Elles avaient envie de croire Meilla, mais en même temps elles avaient dû entendre au moins trois versions de l’histoire depuis cet été. Néanmoins, elles devaient bien avouer que l’histoire de la jeune fille était beaucoup plus crédible et puis elles savaient bien que Meilla n’avait jamais été une grande comédienne bien qu’elle ait pris quelques cours de théâtre. Clémence était bien meilleure qu’elle.

La préfète pensa alors à sa pauvre cousine qui à cause de ROMAIN était en pleine dépression parce qu’elle pensait ne plus jamais la voir. Depuis toutes petites, elles étaient inséparables à chaque fois qu’elles se voyaient et cela avait été très dur pour les deux petites filles quand les Primard étaient allés vivre en Angleterre. Elles s’envoyaient des lettres régulièrement pour se raconter tout ce qui se passait dans leur vie, et avaient même tentées de dormir l’une chez l’autre en passant par le réseau des cheminées mais les parents de Meilla avaient guère apprécié de ne pas voir leur fille dans son lit au petit matin parce qu’elle était allée rendre visite à sa cousine en France dans la nuit.

La septième année était certaine qu’il y avait autre chose derrière tout cela. Avait-il dit encore autre chose sur elle ? Ou Clémence avait-elle eu un problème extérieur ? Il fallait qu’elle en ait le cœur net et tout de suite. Elle allait aller le voir tout de suite pour lui demander des explications. De quel droit s’était-il permis d’envoyer ces fausses rumeurs à sa famille ? Elle n’en revenait toujours pas et n’était pas sûre de pouvoir digérer ça un jour.


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Julia

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~ Foyer des Primard, 15h46

Romain Primard était assis dans son fauteuil bleu, les pieds négligemment posés sur la table basse, profitant du fait que sa femme ne soit pas là, son café dans une main et son journal dans l’autre. Médecin, il avait pourtant décidé de prendre un jour de repos, trouvant que c’était bien mérité. Il avait envoyé ses enfants et leur cousine dehors, et n’eut même pas besoin de sortir des arguments par rapport à leur santé, ils s’y précipitèrent. Il était certes père de famille, mais on voyait bien qu’il n’avait jamais vraiment élevé ses enfants, il ne se douta de rien, leur faisant confiance. Après tout que pouvaient-ils bien faire comme bêtises ? Ils étaient assez grands pour se prendre en main non ?

Il n’aimait pas les enfants, c’était indéniable. En fait, contrairement à beaucoup de parents, il aimait bien les bébés qui étaient tout mignons et ne posaient aucun problème, mais dès qu’ils grandissaient, ils commençaient à être insupportables et finalement, il était bien content de s’être séparé d’Océane, il n’avait ainsi plus la garde d’Ana et Nindil. Et puis Meilla était partie toute seule, arrangeant bien ses affaires… Ou presque. Dans l’histoire, il passait vraiment pour le méchant et pour un père indigne et il n’avait pas envie que cela s’ébruite. Alors il avait monté tout un plan pour discréditer sa fille aînée auprès de la famille de son ex-femme, la famille Vernier. Il fallait qu’il retrouve un peu de sa superbe. Pourquoi ? Parce qu’il aimait pouvoir tout contrôler, et si on le prenait pour le méchant il n’avait plus aucun pouvoir sur rien.

C’est ainsi qu’il avait commencé par envoyer une première lettre juste après le retour en Angleterre de Meilla où il leur annonçait que quelque chose clochait avec la jeune fille. Il leur avait alors expliqué dans une seconde lettre qu’elle était devenue agressive envers la famille Primard ET la famille Vernier et qu’elle ne souhaitait plus leur parler. Evidemment, il ne l’avait jamais revue, mais ça, ils n’étaient pas censés le savoir, et puis sa parole valait mieux que celle de sa fille, elle s’était discréditée toute seule en étant agressive envers lui aux vacances de Pâques de l’année précédente. Tout cela avait bien arrangé ses affaires. Romain avait également gardé les hiboux qu’il avait pu intercepter entre Meilla et le reste de la famille. En général, ils envoyaient les hiboux de France en Angleterre pour prendre des nouvelles de leur père et lui laissait une lettre pour Meilla qu’il renvoyait lui pour que les hiboux n’aient pas à aller trop loin. Quels imbéciles, depuis le temps ils n’avaient toujours pas compris qu’il ne transmettait pas les hiboux.

Il avait ensuite fait venir Nindil et Ana pendant ces vacances, jouant sur le fait qu’ils lui manquaient, qu’il se sentait seul sans enfants. Enfin bref, il avait joué la victime pour leur prouver qu’il ne mentait pas, pour enfoncer encore un peu plus le clou en fait. Et encore une fois, ça avait marché. Encore une fois ils n’avaient rien vu.

Romain se trouvait très fort dans son jeu d’acteur. Il était allé les accueillir à la gare et les avait pris dans les bras en les serrant très fort, jouant sur les émotions. Il les avait emmenés manger une glace sur une terrasse d’un café, leur avait fait visiter Londres même s’il travaillait. Appréciant les efforts, les enfants avaient l’air un peu plus heureux que quand ils étaient arrivés. Cette tristesse était bien évidemment due à tous les souvenirs qui remontaient, les souvenirs où ils étaient une famille unie, les souvenirs où Meilla était encore une grande sœur exemplaire. C’était douloureux, mais un passage nécessaire, et ils remplacèrent certains souvenirs par de nouveaux.

La sonnerie vint perturber la réflexion de cet homme. C’était sûrement les enfants qui avaient oublié les clés. Il leur avait pourtant bien dit de ne pas les oublier, mais ils étaient partis si vite en y repensant qu’ils n’avaient peut-être même pas entendu son conseil. Il ouvrit la porte et se retrouva nez-à-nez avec quelqu’un qu’il n’aurait pas pensé revoir un jour, ou en tout cas pas si tôt…



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Romain

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~ Foyer des Primard, 15h48

Meilla ne pensait plus qu’à une chose ; comprendre ce qui s’était passé. Comment son propre père avait-il pu lui faire une chose pareille ?! A sa propre fille ? Certes, elle avait déserté le foyer familial, mais ce n’était pas quelque chose que l’on faisait à la chaire de sa chaire, quelle qu’en soit la raison. La jeune fille n’avait plus que cela dans la tête, et elle ne se souciait guère de savoir si les autres la suivait. Elle ne pensait même plus au fait qu’elle était, à la base, en plein rendez-vous avec Cory. Tout cela était superflu maintenant.

La jeune fille avait réalisé un transplanage d’escorte devant son ancienne maison dans le but d’aller plus vite. Sa détermination à aller enfin affronter son père avait facilité le déplacement et elle était plus déterminée que jamais. Après plus d’un an à repousser sans cesse cet affrontement fatidique, il était temps de le faire. Au début de la journée, elle n’aurait jamais pensé qu’il allait se produire ce qu’il était en train de se produire. En même temps, comment aurait-elle pu deviner qu’elle allait voir une bonne partie de sa famille pendant son premier rendez-vous ?

Cory resta avec Nindil un peu en retrait dans la rue, sachant que les éventuels cris ne seraient pas bénéfiques au petit garçon. Julia et Ana se tinrent à quelques pas de Meilla, voulant tout de même entendre la discussion entre le père et la fille. La porte s’ouvrit et la rouquine profita de la stupéfaction du bonhomme pour attaquer directement.


« Je peux savoir pourquoi t’as fait ça ? C’était quoi le but au juste ? Je suis toujours ta fille et c’était vraiment dégueulasse de ta part. Alors je crois que je mérite des explications. »

Ana et Meilla n’étaient pas sœurs pour rien. Elles pouvaient utiliser le même ton froid et austère quand elles en avaient envie. Le pire était peut-être qu’elles ne s’en rendaient pas compte. En tout cas, cela n’aida pas Romain à réagir. Il commença par s’empêtrer dans ses explications avant de tenter de faire comme si de rien n’était, mais en voyant les éclairs que lui lançaient ses deux filles, il arrêta et se contenta de donner un semblant d’explication.

« Que… Mais… Je ne vois pas de quoi tu parles. Hum... » Une longue pause vint ponctuer son récit, mais la Serdaigle ne cilla pas une seconde, continuant de le fixer sans fléchir. « Eh bien… Il se trouve que… Je voulais retrouver ma place de père de famille auprès de mes enfants. Je t’ai perdue, il fallait que je redore mon image alors je me suis servi de toi, c’était si facile ! »

Meilla crut qu’elle allait défaillir, il ne semblait pas regretter ses actes une seule seconde. Comment avait-il pu être son père aussi longtemps dans sa vie ? Elle lui avait donné une dernière chance de s’excuser, de regretter tous ses actes de l’année et demi passée mais non, lui ne la saisissait pas. Bien qu’elle ne le considère plus comme son père depuis un moment, la jeune fille eut un coup au moral. C’était vraiment fini, la réconciliation n’était plus possible, plus jamais elle ne pourrait se faire, il était trop tard, cet homme lui avait fait bien trop de mal. Dans un dernier élan de lucidité, elle réussit à lui dire une dernière chose, une dernière phrase froide et dépourvue d’émotion.

« Bien. Je crois que nous n’avons plus rien à nous dire Romain. »

Et sur ce, elle détourna les talons sans plus se soucier de cet homme qui avait perdu sa place de père avec ses bêtises. Il y avait décidemment dans ce monde des gens très peu responsables, mais ce n’était plus son problème. Que Romain décide de le devenir par la suite ou qu’il garde ce côté puéril en continuant à se foutre royalement de tous ses proches, elle n’en avait que faire. Ce qui comptait c’était ce qu’elle allait faire de sa vie, et surtout de ce qu’elle allait faire tout de suite. Elle avait tenu tête à son père et avait l’impression qu’elle pouvait tout faire, que quoi qu’elle décide de faire, elle allait y arriver.

« Meilla ? On peut venir chez toi ? Je suis désolée d’avoir pensé que tu… Que tu pouvais avoir dit ça à notre sujet. Mais ses arguments étaient convaincants et puis il reste notre père. En plus, tu ne répondais même pas à nos lettres… »

Des larmes perlèrent doucement au coin des yeux d'Ana, mais sa grande soeur les stoppa, elle détestait voir les gens qu'elle aimait pleurer.

« Aller viens là, c’est fini maintenant ! Je vous ramène à la maison. »

La jeune fille décida qu’elle éclaircirait certains points un peu plus tard, notamment ces histoires de lettres, la journée avait déjà été riche en émotions, surtout pour Ana, Julia et Nindil. La rouquine ne savait pas trop où elle en était avec Océane. Elle l'avait toujours considérée comme sa mère, mais elle ne l'était pas biologiquement. Elle avait l'impression qu'Océane l'avait aimée comme sa propre fille dans ses jours les plus tendres, mais maintenant elle n'en était pas si sûre... Et puis Meilla était un peu le lien entre tous les maillons de cette histoire qui avait fait du mal à sa mère. Comment avait-elle pris tout ça? C'était aussi un point qui méritait d'être éclairé plus tard.

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Un premier rendez-vous insolite  Solo 

~ Petit café, 16h09

Quelques minutes plus tard, leur valise au bout du bras, les trois adolescents quittèrent la demeure des Primard et se rendirent chez Meilla où elle les laissa s’installer tranquillement, elle avait autre chose à faire et ils étaient assez grands pour se débrouiller. Il n’y avait pas beaucoup de place, mais avec un peu de magie, ils y arriveraient. Ana essaya bien de lui poser des questions sur le mystérieux inconnu qui les avait suivis tout au long de cette petite heure, mais Meilla n’apporta aucune réponse, consciemment et inconsciemment en même temps. Elle était perdue dans ses pensées mais n’avait pas envie d’y répondre de toute manière. En partant, elle vérifia discrètement sa tenue dans le grand miroir à l’entrée. Son crayon avait légèrement coulé et ses cheveux partaient un peu dans tous les sens, mais de toute manière après cette après-midi complètement loufoque, Cory ne lui en voudrait pas pour si peu si ? Bien évidemment, elle aurait pu remettre tout cela d’aplomb d’un coup de baguette, mais finalement c’était bien plus naturel de garder ces imperfections.

Il était prévu qu’ils se retrouvent dans un petit café – qui cette fois si avait été choisi soigneusement – non loin de la fac. La préfète ne le connaissait pas du tout, mais Cory lui avait assuré qu’il était assez facile à trouver, et cela s’avéra. Meilla était nerveuse, peut-être encore plus qu’au début. Elle se demandait ce qu’il avait pensé de toute cette histoire, et s’il trouvait que sa famille était beaucoup trop compliquée pour lui ? Ce serait assez logique en même temps, qui pouvait trouver cette famille simple ? Surtout quand on avait une famille comme la sienne. Elle n’était peut-être pas parfaite, mais beaucoup moins bizarre. Et si il avait profité du fait qu’elle le laisse seul pour rentrer chez lui ?
*Nan, nan, nan Meilla arrête avec tes “et si“*

« Cory… Je suis désolée pour… ça. »

Meilla sentit alors les larmes lui monter aux yeux. Toute la rancœur, le stress c’était trop pour elle. Et bien qu’elle déteste Romain elle commençait à se rendre compte que c’était comme si elle n’avait jamais eu de père. Faisait-il semblant toutes ces années ? Faisait-il semblant de l’aimer ? Ou l’avait-il vraiment aimée un jour ? Les bons souvenirs de son enfance qu’elle avait avec lui étaient-ils factices ? Tout cela était trop pour elle, c’était toute une partie de sa vie qui était remise en cause et elle était perdue. Complètement perdue. Les larmes commencèrent à couler, mais elle ne fit rien pour les arrêter. Après tout, c’était humain de pleurer et encore plus après ce qui s’était passé. Le jeune homme sembla comprendre, et il mit une main sur son épaule pour la rassurer, lui dire qu’il était là, qu’il la soutenait ou autre chose ? Meilla ne savait pas trop, elle était de toute manière trop paumée pour réfléchir posément et elle rougit. Vous imaginez un panda qui a une perruque dans tous les sens, qui pleure et qui a les joues rouges ? C’était l’allure de la rouquine actuellement. Pas très élégante n’est-ce pas ? Et pourtant cela ne semblait pas le moins du monde gêner Cory qui lui dit ces quelques paroles réconfortantes :


« J’imaginais pas que ça s’passerait comme ça faut bien l’avouer, mais t’as rien à te reprocher hein, tu pouvais pas savoir qu’on allait croiser des membres de ta famille. Et puis, moi j’trouve que t’as dit ce qu’il fallait à ton père. Fin’ j’ai pas tout entendu mais t’es partie dignement au moins et j’sais que ça n’a pas dû être facile. »

Meilla releva la tête, le visage inondé et sourit. Il était mignon à essayer de la rassurer. Le rendez-vous ne s’était peut-être pas passé normalement, mais elle savait qu’il tenait un peu à elle, il ne l’aurait jamais suivie à travers toutes ces péripéties dans le cas contraire. Sans tout cela, elle n’aurait peut-être jamais su qu’il tenait un peu à elle, alors finalement ce n’était peut-être pas si mal ? Ils restèrent encore un peu de temps dans ce café et la jeune fille expliqua tout, depuis le début. Comment ils étaient heureux en France puis en Angleterre, la séparation d’Océane et de Romain, le remariage avec Edna. Elle avait terminé par ce qu’elle avait appris l’année passée, comment elle avait réagi aux dernières vacances de Pâques et la solitude qu’elle avait vécu cette année, sans aucune nouvelle de sa famille. Elle lui devait bien ça, histoire qu’il comprenne tous les tenants de l’histoire. Cory sembla alors comprendre ce qui s’était passé à Noël.

Finalement, quand ils y réfléchiraient plus tard chacun de leur côté, ils se diraient que sans toute cette histoire, ils ne se seraient sans doute jamais rencontrés. C’était un mal pour un bien en fait. La septième année ne croyait de base pas au destin, aux arts divinatoires et à tout ce qui s’en rapprochait, mais finalement il y avait peut-être quelque chose de bien réel derrière ces sciences obscures. Sept heures passées, ils se promirent de se revoir un autre jour pendant les vacances, si possible, et ils se séparèrent, transplanant chacun de leur côté, Meilla n’étant plus tout à fait libre de ses mouvements.


« On commençait à se demander s’il t’avait pas enlevée pour t’amener dans son château ! Alors c’est qui ton prince charmant ? »

Meilla essaya bien de passer outre toutes les questions embarrassantes auxquelles elle était sujette, mais sa sœur était d’une curiosité maladive et elle n’arrêterait pas sans avoir de réponse. Au pire, elle inventerait toutes les histoires possibles et imaginables, allant des plus loufoques aux plus plausibles jusqu’à ce que la personne, en l’occurrence Meilla, lui explique tout dans les moindres détails.

«  Cory Fields. C’est le cousin de Noah, un élève de première année à Serdaigle que j’ai aidé. Il m’a invitée à fêter Noël avec sa famille,
et...
»


Toute la soirée, des rires fusèrent dans le petit appartement de la Serdaigle. Ils se racontèrent des anecdotes de leur enfance, et même de l’année passée. Tous les sujets étaient de mise, exceptés les sujets fâcheux…


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~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.