Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo

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Manoir Bailey — Oxford, extérieur de la ville




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JACOB BAILEY • 46 ans • Père • Soutien financier pour la Cause
ELDORA BAILEY • 45 ans • Mère • Sans emploi
CHAN BAILEY • 6 ans • Frère
QUINTON BAILEY • 2 mois • Frère
HESTHER STANFORD • 66 ans • Grand-mère paternelle • Oubliator au Réveil


Lien pour mieux connaître leur physique : ici
Dernière modification par Katherine Bailey le 12 sept. 2020, 15:58, modifié 7 fois.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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26 juin 2045
Gare 93/4

Avec Hesther Stanford (#5A0F4B)


Elle l'a aperçue quelques minutes plus tôt, alors qu'elle était encore dans le Poudlard Express. Donc logiquement, elle devrait la trouver assez facilement. Mais non. Sa grand-mère — Dieu sait que ce mot lui fait bizarre pour qualifier cette femme — est introuvable. Elle voit une véritable légion de parents, grand-parents et autres membres de la famille ou amis qui attendent la ou les personne(s) qu'ils sont venus récupérer. Mais aucune trace d'Hesther Stanford. Elle fronce le nez, se met sur la pointe des pieds. Ça ne change pas grand chose, elle reste tout de même plus petite que la majorité des personnes et ne voit rien. Je pourrais l'appeler. La jeune fille grimace. Elle n'a pas envie d'attirer l'attention. Mais c'est le but : attirer son attention pour qu'elle te retrouve. Exact. Mais après, tout le monde la regardera en la croyant incapable de trouver une petite mamie. Sauf que sa mamie n'est pas si petite et n'a pas l'air si "mamie". Pour les rides peut-être, mais pas au niveau des expressions faciales. La brunette l'a voit plus en agent de la CIA ou l'équivalent sorcier.
Sa grand-mère lui fait un peu peur, aussi est-elle presque contente de l'avoir perdue de vue. Elle échappera à une conversation pour le moins gênante. Ou à une absence de conversation, plutôt. Elle n'a pas besoin d'elle pour rentrer, elle peut le faire en Magicobus, il devrait lui rester assez d'argent. La deuxième année a un grand sourire et se dépêche de récupérer ses affaires avant de rejoindre la sortie, trainant à grand peine son énorme malle. Heureusement qu'il y a des roulettes. Sinon ce serait la galère. C'est déjà très lourd, elle ne se voit pas porter tout ça.

Grande surprise quand, quasiment parvenue au mur, elle s'apprête à sortir. Une main se referme sur son bras. La main d'Hesther Stanford. Oups. Pas de retour en Magicobus, donc. La vieille femme l'a toise de la tête au pied d'un air sévère, avant d'attraper sa malle et de lui faire signe de la suivre. L'adolescente baisse le nez et obéit sans discuter.

—Tu ne pouvais pas m'appeler ? lui lance la potentielle agente de la CIA — elle en est désormais quasiment convaincue.

—J'l'ai fait. T'as pas dû m'entendre.

Arrêt net de sa grand-mère. Celle-ci l'observe, l'air de ne pas la croire un seul instant. La gryffonne se met à rougir et se perd dans la contemplation de ses chaussures.

—Je préfère ça.

Elle lui tire la langue dans son dos, avant d'écarquiller les yeux quand son aïeule se retourne de nouveau pour la regarder, les sourcils froncés. Oh merde. Elle tente un petit sourire innocent. Elle a des yeux derrière la tête, ou quoi ?! C'est bien possible. Ou alors elle a des gènes de mouche ou de lapin. Si elle se souvient bien, la mouche à une vision à 360 degrés et le lapin quasiment autant. Mais elle connait son arbre généalogique et elle sait bien qu'elle n'a ni mouche ni lapin comme ancêtre. Et elle a aussi des notions de biologie qui réfutent cette théorie.
Ou alors, ils font de drôles d'expériences à la CIA. Elle étouffe une exclamation. Sa grand-mère est une mutation génétique ! La vache ! Elle se demande si son père est au courant. Sûrement pas, vu l'aura de mystère qui plane autour de cette femme, celle-ci ne doit pas être très causante, ni du genre à dévoiler les projets de sa prestigieuse organisation.
Elle s'aperçoit soudain qu'elle s'est arrêtée net pile devant la sortie de la voie 9 3/4 et pousse une exclamation en courant à travers le mur pour rejoindre l'agent secret.

***


Elle aurait pensé que le trajet serait plus... intéressant. Mais il est long et monotone alors qu'elles ne sont parties que depuis vingt minutes. Elles n'ont parlé de rien. Même pas de la nouvelle coupe courte ou du petit frère de la gamine.
Celle-ci allume la radio sans un regard pour sa grand-mère. Elle tombe aussitôt sur une chanson d'amour à mourir d'ennui et éteint aussitôt avec une exclamation dégoûtée.

—Quel enthousiasme. Tu n'as pas de petit copain ?

La métisse s'étouffe. Elle ne s'attendait pas à ce genre de question. C'est... super gênant. Elle fait la grimace et lâche tout de même une réponse.

—Plutôt crever.

—De petit copine, alors ?

—J'suis hétéro.

Ça, elle en est sûre. Jamais elle n'a regardé les filles d'une autre façon. Elle les trouve quasiment toutes débiles. Sauf Elwing, Ruby, Daisy, l'Autre... Elle se met à énumérer dans sa tête le nom de pratiquement toutes les filles avec qui elle a parlé.
Pour les garçons... la plupart du temps, elle les regarde comme si c'était des êtres humains normaux, sans se dire que tel ou tel était mignon et rougir bêtement parce que ledit mec mignon est en train de la regarder.
Elle sait qu'elle préfère les garçons parce déjà, elle trouve plus intéressant de discuter avec eux et parce que quand elle s'imagine en petit copine, c'est toujours avec un garçon. Et puis aussi parce que des fois, il peut lui arriver de se dire que finalement, tel ou tel mec n'est pas si mal que ça physiquement. Mais c'est pas pour autant que je vais sortir avec. Elle est tirée de ses pensées par la sexagénaire qui lui pose une question.

—Dans ce cas, où est le problème ?

Elles haussent toutes les deux un sourcil, l'une en l'attente d'une réponse, l'autre parce qu'elle se demande si son aïeule est sérieuse.

—Les relations amoureuses, c'est la merde, explique-t-elle enfin.

—Ah. Et tu le sais comment ?

La brunette se met à réfléchir.

—Bah, dans les films, ils montrent toujours que c'est tout beau et tout rose et dans la vraie vie, ça marche pas comme ça. Tu cherches l'âme sœur, tu la trouve pas, alors tu profites d'autres mecs ou d'autres filles en l'attendant et tu d'viens un dépravé, t'es malheureux, tu finis par dénigrer l'amour alors que tu l'attends désespérément en oubliant de vivre. Tu t'réfugies dans l'alcool ou autre, t'arrêtes pas de pleurer et quand tu rencontres enfin l'âme sœur, tu fais tout de travers et au final tu la perd. Et t'es triste, alors tu trouves quelqu'un d'autre qui ne te convient pas parfaitement et vous passez votre temps à vous disputer, vous divorcez, les enfants sont malheureux et ne croient plus en l'amour. Et puis tu meurs sans avoir connu la beauté de la vie avec la personne qui t'était destinée.

Elle joue avec ses doigts en jetant des coups d’œil dans l'habitacle. Tout beau, tout propre. Tout gris sombre, tout terne. Elle aurait bien aimé rouler en Camaro décapotable. Ça aurait fait plus classe. Sauf que comme la pluie vient de commencer à tomber, ça n'aurait pas été classe du tout. Très mouillé, plutôt.

—Qui t'as raconté ça ?

Hesther lui jette de fréquents coups d’œil intrigués, quoique un peu amusés. La seconde année se concentre sur la route.

—Personne. J'ai juste regardé les gens... et j'ai supposé.

—Je crois que pour certaines personnes, à peu de choses près, tu as raison.

Elle ne sait pas si elle doit être fière de sa déduction. Dans le doute, elle hoche juste la tête, avant de mettre le chauffage, car il commence à faire un peu frais et qu'elle n'est qu'en t-shirt à manches courtes. Elle n'a même pas pensé à prendre un gilet dans sa besace. Et sa malle est dans le coffre, elle ne va pas aller en chercher un. Surtout qu'elle croit se rappeler les avoir rangés tout au fond.

—Il y a une couverture sur la banquette arrière.

—Merci.

Elle se contorsionne pour aller la récupérer sans avoir à détacher sa ceinture. Flemme. Elle finit par attraper le bout de tissu marron et s'en recouvre. Elle sent une main attraper un coin pour le rajuster sur son épaule. Elle tourne la tête vers sa grand-mère. Celle-ci contemple de nouveau l'asphalte devant elles. La jeune fille fronce les sourcils, avant de hausser les épaules. Pendant les dix minutes suivantes, aucune d'elle n'ose briser le silence. Quand, de nouveau, la main pleine de cicatrices de la plus jeune se pose sur l'autoradio, la plus vieille tente une approche.

—Je crois qu'il y a des CD's dans la boîte à gants.

Sa petite fille la contemple quelques secondes, avant de hocher la tête. Sa main dévie et part ouvrir la boîte à gants. Elle fronce quand même les sourcils. Il est étrange que son aïeule sache qu'il y a une couverture sur la banquette arrière ou l'endroit précis où sont rangés les CD's, alors que c'est la voiture de son père. Il a dû lui montrer. Ou elle a cherché.
Dans le rangement, une multitude de boîtes en plastique. Elle fait comment pour choisir ? Et si...

—Est-ce que tu sais si il y a mon CD ?

—Ton CD ?

—Laisse tomber.

Elle décide de chercher manuellement le boîtier désiré. Ça fait presque un an qu'elle est partie, ses parents ont peut-être décidé de le mettre ailleurs. Apparemment non, car elle finit par le trouver, rangé tout au fond. Elle l'attrape et lui fait un rapide bisou, toute contente.
Elle l'a fait graver quelques années auparavant, parce qu'elle avait la flemme de toujours changer mille fois de CD pour écouter une chanson en particulier. La gamine ouvre le lecteur et l'insère dedans, en frétillant d'impatience. Après avoir tripoté quelques boutons, la musique retentit enfin. Radar Love, des Golden Earring. La grand-mère fait une drôle de tête.

—C'est pas ton style de musique, devine la brune.

—Ce n'est pas de mon époque, c'est tout. Encore moins de la tienne.

En effet, c'est antérieur à elles deux. Si l'adolescente se souvient bien, ça date du début des années soixante-dix. Mais elle aime bien. Beaucoup, même. Elle trouve ça même meilleur que la plupart des horreurs actuelles qui passent à la radio.
Elle ferme les yeux pour profiter au mieux de la chanson et quand elle les rouvre, elle voit la vieille femme qui bouge légèrement les épaules en rythme. Elle... danse ? Pas vraiment, mais presque. Il n'empêche qu'elle en est quand même toute éberluée.

—Je suis capable de m'amuser, se défend la femme aux cheveux gris en surprenant son regard.

Elle se mettent à sourire. Je crois qu'elle s'est faite enlever par des extraterrestres. Cette situation est tellement... improbable. Et pourtant. Les musiques s'enchainent, et la tension qui régnait dans l'habitacle finit par complètement disparaître, jusqu'à ce qu'elles prennent presque plaisir au voyage.
La métisse a vraiment l'impression de se retrouver en plein road trip aux États-Unis, sous le soleil brûlant de la Californie. Elle peut presque imaginer le panneau de la route 66 céder la place à celui qui annonce leur arrivée prochaine à Oxford. Elle en oublie même la pluie battante, la fraicheur et les maisons anglaises. Tout ce qu'elle voit, c'est le désert. Et cette route. Droite, longue et qui n'en finit pas. Le paradis.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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26 juin 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090), Eldora Bailey (#A13868),
Chan Bailey (#D2691E), Quinton Bailey (#434343) et Hesther Stanford (#5A0F4B)



Le moment tant attendu. Ou tant redouté. Je ne veux pas y aller. Elle fixe d'un air terrifié le grand manoir couvert de lierre, cachée derrière la vitre passager depuis déjà deux minutes. Elle n'a pas le courage. Elle sent sa grand-mère qui s'impatiente à ses côtés, mais ne fait pas un geste. Des deux maux, celui que représente Hesther Stanford est le moins pire. Aussi a-t-elle l'intention de rester assise-là pour l'éternité. Elle ne bougera pas d'un pouce. Elle n'entrera pas dans cette maison. Dans sa maison. Hors de question. Même pour aller voir bébé Quinton. Ou alors, grand-mère va me le chercher, puis le ramène dans vingt minutes. Et elles feront comme ça jusqu'à la fin des vacances. Ça sera très bien. Elle dormira sur la banquette arrière. Elle a une supérette en bas de la rue pour se ravitailler, une laverie à deux pâtés de maison et une librairie pas très loin. Elle aura des livres, à boire et à manger. Nickel. Elle peut tenir jusqu'à son retour à Poudlard.

—Qu'est-ce que tu attends ?

—J'irais pas.

Il y aura son odeur. Et son absence. Hors de question qu'elle affronte ça, de même que ses parents. L'espèce de distance qui régnait entre eux a disparu au fil des lettres, mais elle ne veux quand même pas les revoir. Parce qu'il n'y a plus cette distance, justement. Parce que c'est la mort de sa Grand-Maman qui l'a faite partir. Et elle trouve ça horrible. Horrible qu'il ait fallu cet évènement pour qu'ils s'entendent mieux.
Elle sursaute en entendant la portière s'ouvrir. Sa grand-mère fait le tour de la voiture, pour arriver de son côté. Non non non ! Elle s'accroche comme une perdue à sa ceinture et campe bien ses pieds par terre. Elle se sortira pas. La porte s'ouvre et un courant d'air frais lui jaillit au visage. La vieille femme lui détache sa ceinture en la contemplant comme si elle était un gros bébé. M'en fous, je veux pas ! Elle enroule ses bras autour de la lanière et serre le plus fort possible alors qu'elle se sent tirée par le coude.

—Non ! J't'en supplie, laisse-moi ici ! J'me f'rais toute petite, promis ! J's'rais gentille, je s'rais même ton esclave si tu veux, mais pas ça !

—Tu vas sortir, de gré ou de force.

—Pas d'accord. J'suis très bien ici, vraiment.

—Tu préfères que je te tire par les cheveux ou par les oreilles ?

Elle en reste bouche bée. Elle ne ferait pas ça quand même ?! La regard de sa grand-mère ne laisse pourtant pas de place au doute. Elle a même l'air super flippante. Du genre à te couper les oreilles pour les mettre dans sa soupe. La jeune fille déglutit difficilement, rentre la tête dans les épaules en une protection dérisoire. Elle sent des doigts qui lui frôlent les oreilles et elle pousse un hurlement.

—C'est bon, c'est bon, je descends !!

Elle se jette quasiment hors de la voiture et atterrit à quatre pattes dans une flaque. La Bailey ne perds pas de temps et se met à courir. Elle ouvre à la volée le portail et se réfugie derrière, les yeux agrandis par la terreur. Elle voit la sexagénaire qui la regarde comme si il lui manquait une case. Elle relève le menton, vexée. Ça va très bien dans sa tête, merci. Mais alors que la grand-mère amorce un pas dans sa direction, elle se sauve aussitôt, sors ses clés de sa poche à la vitesse de l'éclair, cherche la bonne, fébrile et la glisse dans la serrure en tournant. Elle la pousse ensuite et manque de percuter Chan, juste derrière. Celui-ci la contemple, estomaqué, et ses yeux s'arrêtent sur les cheveux courts tout ébouriffés de sa grande soeur. Il pousse un cri.

—MAMAAAAAAAN !!! appelle-t-il, son regard bleu fixé sur l'allure de folle de son ainée.

Apparemment, elle lui fait un peu peur. Il y a de quoi, surtout trempée comme elle est. Et c'est pas de la flotte propre, en plus. Elle ôte une feuille collée à son bras et tente d'aplatir sa tignasse rebelle. Et puis, elle jette un coup d’œil autour d'elle. Rien n'a vraiment changé. C'est le même papier peint clair, les mêmes vieux meubles qu'un an plus tôt. Le même hall. À l'identique. Les mêmes manteaux, posés de la même manière aux mêmes endroits. Le tapis aux mosaïques sombres est toujours aussi droit, au millimètre près. Le parquet toujours aussi bien lustré. Elle se rend compte qu'elle a mis un eu d'eau partout et retire avec quelques difficultés ses tennis, qu'elle range avec les autres chaussures. Comme avant. Elle est épatée de voir qu'elle a repris cette vieille habitude instantanément. Ça fait plus de dix ans que maman me le sérine, en même temps.
Vient ensuite l'examen de Chan, alors qu'elle entend des pas dans le salon. Il a grandi, ses cheveux ont un peu poussé et il ne porte plus les mêmes vêtements. Le petit garçon évalue aussi les changements de la seconde année — bientôt troisième. Elle sait qu'il n'y a pas que ses cheveux qui ont changé. Elle prit quelques centimètres, perdu des rondeurs au niveau du visage, quelques formes par ci par là se sont ajoutées même si elle reste très fine, presque maigre. Elle devient une vraie ado. Bah, j'ai treize ans, quand même.

—Salut, tente le petit, avec hésitation.

—Salut.

Son cœur bondit. Elle se souvient de ses regards haineux de l'été dernier. Et voilà qu'il l'a salue, sans rien dire de méchant. Il a l'air plus sage. Comme si... Sa mort l'a changé. Elle se mordille la lèvre, en même temps que Chan. En se rendant compte de ce tic commun, ils éclatent de rire.
Elle a juste le temps de relever la tête pour voir sa mère débouler, son père juste derrière avec une petite chose dans les bras. Elle tente de mieux l'apercevoir, devinant qu'il s'agit du petit frère tant attendu, mais est interrompue par une exclamation de sa mère.

—Tes cheveux !

Euh oui, je me les suis coupés. Mais j'ai laissé la frange, t'as vu ? envisage-t-elle de lui répondre, se souvenant très bien de la scène de l'année d'avant, quand elle a eu le malheur de laisser pousser cette maudite frange. Mais pas sûr que cette remarque soit bien accueillie. Elle se contente de se tortiller, mal à l'aise. Elle voit le cerveau de sa maternelle carburer à plein régime pour trouver un moyen de faire retrouver à ses cheveux leur longueur d'antan. La gamine grimace.

—Eldora, commence son père. (La femme aux yeux bridés se tourne vers lui.) Laisse.

—Mais...

—C'est une ado. Les ados font toujours des bêtises. Si vraiment ça ne va pas, elle s'en rendra compte. Laisse-là faire son expérience. Et puis, ce n'est pas si mal.

Clin d’œil. La brunette sourit de toutes ses dents, tandis que sa mère abandonne à contrecœur. Et pour la frange ? Elle regarde son père, dans l'attente d'une confirmation muette. Celui-ci hoche la tête discrètement. Yes ! Elle jubile intérieurement.
Elle contemple sa famille. Ce qu'il en reste, persifle une voix dans sa tête. Elle perd son sourire. Ses yeux vont de l'un à l'autre et les larmes lui montent aux yeux. Elle sent la légère odeur de jasmin. Mais elle ne voit pas l'être à qui elle associe cette odeur. Parce que cet être n'est plus là. Elle étouffe un sanglot et se jette sans cérémonie dans les bras de sa mère.
Cette dernière met du temps avant de réagir, secouée. Il est vrai que la gryffonne ne lui a plus fait de câlins depuis... longtemps. Gauchement, sa maternelle finit par refermer ses bras autour d'elle.

—Je suis désolée... Je suis tellement désolée... D'avoir été comme ça...

—C'est moi. C'est ma faute.

Sursaut de la part de la jeune fille. Ces mots... Depuis le temps qu'elle les attendait. Presque quatre ans. Elle qui pensait que sa mère ne reconnaîtrait jamais son erreur, qu'elle penserait éternellement que sa fille était autiste... Ça fait du bien. Eldora Bailey s'est réveillée. Un peu tard. Mais elle décide de ne pas en tenir compte. Ce qui compte, c'est qu'elle l'ait fait, se dit-elle. Peu importe le moment.

—Mais... tu es trempée ! s'exclame la mère Bailey, avant de s'écarter.

Elle contemple l'allure de son aînée en secouant la tête, scandalisée. Il y a des choses qui ne changent jamais. En effet, si elle avait des doutes sur l’obsession de la perfection de sa mère, elle n'en a plus à présent.

—Bah... c'est la CIA... grand-mère, elle est agent... y a des gènes de lapin... ou de mouche... elle a menacé mes oreilles et mes cheveux... mais moi j'aime pas la CIA, d'toute façon... faut faire attention, elle est dangereuse, j'suis tombée dans la flaque, tente-t-elle d'expliquer, avec un débit tel qu'elle ne sait même pas ce qu'elle raconte.

—La CIA ? Qu'est-ce que la CIA vient faire là ? demande son paternel, l'air de ne pas avoir tout suivi.

—Grand-mère, elle est agent à la CIA, confie la petit brune avec un air de confidence.

Elle se retrouve face à des mines interloquées. Même Chan a l'air de penser qu'elle est folle. Pourtant, elle y a bien réfléchi, et elle est sûre à 83,5% qu'Hesther Stanford travaille bien là-bas.

—D'accord, finit par concéder son père, plus qu'intrigué.

La porte d'entrée s'ouvre derrière eux et apparait ladite agent secret, tirant derrière la grosse malle et portant sous le bras la besace de la gamine. Celle-ci se demande comment elle a su qu'il ne fallait pas la porter à l'épaule parce que la bandoulière est à deux doigts de flancher. Elle en a peut-être fait l'expérience. Inquiète, elle examine la lanière pour vérifier qu'elle n'a pas complètement cassé, mais tout semble bien aller. Elle soupire de soulagement.
Son aïeule les fixe tous en fronçant les sourcils.

—C'est quoi ces histoires de CIA ?

Les deux parents haussent les épaules, tandis que l'aînée lui fait un clin d’œil complice.

—Ne t'en fais pas, ton secret est bien gardé.

Sa grand-mère n'a pas l'air de très bien comprendre de quoi elle parle, mais finit par laisser tomber. Jacob Bailey donne la petite chose qu'il tenait à sa femme et de nouveau, le regard de la deuxième année se pose dessus, tandis que son père récupère ses affaires. Elle s'approche timidement de la créature humanoïde. Sa mère lève une main et secoue la tête.

—Non. Tu es trempée et toute sale, tu te changes d'abord. Tu le rencontreras après.

Elle s'apprête à protester, avise ses vêtements dégoutants, puis finit par accepter à contrecœur, avant de suivre son père dans les escaliers. Toutefois, elle essaie en passant d'apercevoir la petite bouille du bébé, en vain, car sa maternelle lui met hors de sa portée avec un petit sourire. Eh ! C'est pas juste ! Depuis le temps qu'elle veut le voir, ce bébé. Elle a attendu ce jour pendant des mois. Ah bon ? Pourtant je ne voulais pas quitter la voiture... C'est un détail, elle n'était pas sérieuse, voyons. C'était juste pour rigoler. Elle n'est pas une peureuse, tout de même. Si. Sa conscience va se prendre quelque chose dans la tête si elle continue. M'en fous. T'es une peureuse, une trouillarde, une poltronne ! Elle souffle fort par le nez, mécontente.
Elle remarque que son paternel est déjà avec ses bagages, aussi se dépêche-t-elle de le rejoindre. Je suis chez moi. Ça lui fait vraiment bizarre.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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26 juin 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090), Eldora Bailey (#A13868),
Chan Bailey (#D2691E), Quinton Bailey (#434343) et Hesther Stanford (#5A0F4B)



Elle s'est changée, lavée les bras, les mains et la tête. Désormais affublée d'un t-shirt Star Wars et de son plus beau jean (traduction : celui qui possède le moins de vert aux genoux), elle se contemple une dernière fois dans le miroir de sa salle de bain, avant de décider que ça ira bien. Comme toutes les autres pièces de la maison, celle-ci fait aussi ancienne que possible, malgré la douche moderne dans un coin. Ses parents adorent les mobiliers d'époque — généralement 18 ou 19ème siècle — et ont décidé de faire de ce manoir un vrai manoir. Quelque chose qui ait de la gueule, quoi. Ce n'est pas pour lui déplaire, elle aime bien aussi cette époque. Assez pour accepter d'en porter les robes si on lui proposait. Même si c'est des robes. Autrement, elle n'en mettra jamais. Ou alors, dans un style grunge, rock, punk ou dans ce goût-là. Mais pas de froufrous. Elle en a mis une pour l'Halloween de l'année dernière et elle s'est trouvée vraiment ridicule. Ladite robe est d'ailleurs actuellement fourrée en boule tout au fond de sa malle. C'est déjà bien. Elle aurait pu la brûler. Ou la jeter dans le lac. Elle estime avoir été magnanime dans sa décision. Ces trucs ne devraient pas exister, franchement.
Elle quitte la pièce après un petit coup de peigne dans ses cheveux, et pénètre dans sa chambre. Grande, claire, sans vie. Une petite odeur de jasmin. Cette odeur est partout, pense-t-elle tristement.

Elle descend quatre à quatre les escaliers, en chaussettes et dérape jusqu'au salon où elle manque de se prendre un fauteuil. Elle dévie de sa trajectoire, glisse et tombe sur les fesses. Ça amortit bien le choc. Elle se relève quand même en se tenant le postérieur. Sa famille la contemple comme si des poireaux lui sortaient par les oreilles. C'est sûr qu'ici, ils ne sont pas trop habitués au "désordre". Elle ne prend même pas la peine d'avoir l'air digne et se dépêche de rejoindre sa mère, qui berce son petit frère, assise sur le canapé. Elle sent son père et son frère qui se rapprochent derrière elle, tandis que sa grand-mère reste le dos collé à un mur, l'air pas concernée pour deux sous.
Un petit bruit émane du bébé. Sa grande sœur penche la tête face ce minuscule petit être. Elle se souvient de Chan à sa naissance, mais ça remonte à loin. Là, Quinton est déjà moins rougeaud. Mais pas beaucoup plus gros. Chan était un bébé dodu. Celui-là, il est minuscule. Faut dire qu'une grossesse à quarante-cinq ans est rarement recommandée. Mais la jeune fille est bien contente qu'elle ait eu lieu.

—Je... je peux le prendre ?

Sa phrase est à peine terminée qu'elle l'a déjà dans les bras. Elle sursaute. C'est... c'est tout léger. Elle a des livres de cours qui sont plus lourds que ça. Elle déglutit, repositionne doucement le petit pour le tenir d'un seul bras tandis que l'autre se rapproche pour lui toucher le visage du bout des doigts, timidement. Comme pour vérifier qu'il est réel. Il l'est bel et bien, car à peine l'a-t-elle frôlé qu'il ouvre les paupières pour la contempler de ses grands yeux bleus. Bleus comme les siens, comme Chan, comme son père. Et des cheveux noirs, comme euxtrois et comme sa mère également. Sa peau à l'air d'être pâle aussi.
Dans les livres, les gens disent souvent d'un bébé qu'il ressemble à son père, ou à sa mère, mais à part pour les caractéristiques citées plus haut, elle ne sait pas vraiment de qui il tient. Ils ont tous la même tête, les marmots de toute façon. Mais celui-là, c'est quand-même le plus beau. Elle n'est pas portée sur les "oh il est trop choupinou !", "gouzi gouzi" et "je vais lui faire plein de bisous", mais elle doit admettre qu'elle a bien envie de s'extasier sur Quinton.
Elle a l'impression qu'il la regarde vraiment. Mais je crois qu'ils ne voient pas très bien à cet âge, c'est comme les petits vieux. Elle lui touche le front, le nez, émerveillée. Il ferme les yeux à chaque fois, avant de les rouvrir. Puis, elle voit un petit sourire un peu édenté apparaître.

—Salut, toi. Moi, c'est Katherine, ta sœur. Je sais mettre des coups de poings dans la tête des gens et il m'arrive d'être maladroite comme mes pieds. Je suis une intello et l'une des meilleures de mon année. Je sais chanter, danser et dessiner. Et toi...

Elle le rapproche d'elle... juste avant de sentir quelque chose de visqueux couler le long de son bras. De la bave. Son petit frère vient de lui baver dessus. Et il a l'air content de lui !

—...et toi tu viens de baver sur moi, espèce de petite limace, finit-elle en maugréant.

Quinton se met à rigoler, avec le sourire le plus communicatif du monde, ce qui l'empêche de vraiment le gronder. Surtout qu'il ne doit pas comprendre la moitié de ce que je raconte. Voire même rien du tout. Sa mère lui reprend Quinton, en secouant la tête.

—C'est un bébé.

—Tu es sûre ? J'veux dire, t'as vérifié ? Nan parce que tu sais, même si en général, les limaces sont oranges, elle peuvent être toutes pâles aussi. Et puis, je trouve qu'il a une tête de limace. Hein ma p'tite limace ?

Le gamin se met à rire de plus belle. Elle lui fait des gratouilles sous le menton en faisant des grimaces, ce qui redouble encore son hilarité. Elle voit Chan qui pouffe à ses côtés et son paternel qui secoue la tête, tout de même amusé. Sa mère fait la moue. Quant à sa grand-mère... pas de changement dans son expression. Eh ben, il est loin le temps où elle bougeait des épaules au son de la musique des années 70/80.
Elle observe le paquet de salive près de son coude avec le plus grand dégout, avant de se précipiter vers la cuisine pour nettoyer tout ça. Elle va même jusqu'à utiliser le grattoir métallique, histoire d'être sûre. Et ça, c'est rien. J'ai pas encore vu les couches. Un voyant rouge s'illumine dans sa tête. Terrain dangereux. Elle ne veut pas y penser un seul instant, sous peine de vomir sans cérémonie.

—T'as appris quoi, comme nouveaux sorts ?

La brunette se retourne. Son cadet l'a suivie jusque ici. Ça lui fait encore bizarre qu'il lui parle normalement, aussi met-elle plusieurs secondes avant de répondre.

—J'en ai appris plein. Mais j'ai pas le droit d'utiliser la magie en dehors de Poudlard, faudra demander à papa et maman de te montrer.

—Cool.

Il se dandine, mal à l'aise. Elle l'est aussi. Elle se sent un peu comme une étrangère, ici. Elle n'y a pas mis les pieds depuis... dix mois et a l'impression d'être en vacances chez un membre éloigné de la famille, qui ne l'a connait pas vraiment et qu'elle ne connait pas vraiment non plus. Des silences, des questions, des regards gênés et l'impression de ne pas être chez soi. Toutes ces choses ne sont pas encore arrivées, pour certaines, mais elle les pressent.

—Euh... Maman a oublié de sortir le torchon. Pour t'essuyer les bras, les serviettes, elles sont de le placard dans le couloir.

—Je sais.

—T'avais peut-être oublié, depuis le temps.

Et il l'a plante là, hautain. Elle ouvre la bouche, stupéfaite. Il m'en veut toujours, on dirait. Elle serre les dents et donne un coup de poing frustré sur le rebord de l'évier. Fais chier ! Elle y a cru, à leur réconciliation. Surtout que c'est elle qui devrait lui en vouloir. Je lui en veux déjà.

—Ça va ?

Elle se retourne. Son père fronce les sourcils en l'observant. Elle ne l'a même pas senti arriver. Mon radar a des problèmes, on dirait. Elle se demande quoi lui répondre. C'est rare qu'il lui pose des questions. C'est rare aussi qu'il ait l'air présent. Elle est plus habituée à le voir droit, sévère et intouchable, comme si rien ne le concernait. Comme si ses problèmes à elle n'avaient pas d'importance, ne méritait pas qu'on s'y attarde. Elle est en colère contre lui, soudain.

—Nan ça va pas.

La jeune fille le fixe, jure entre ses dents et passe devant lui comme une furie, avant de gagner l'étage, puis sa chambre, d'un pas rageur. Arrivée près de son bureau, elle donne un coup de pied énervé dans la corbeille à papier, l'envoyant valdinguer contre le mur. Son pot à crayon — vide, heureusement — subit le même traitement.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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27 juin 2045
Manoir Bailey, Oxford



Le dîner de la veille a été un calvaire pour elle. La tension qui régnait entre elle et Chan a été plus que palpable et personne n'a ouvert la bouche de tout le repas. Sa mère et son père ont eu l'air un peu gênés, Quinton dormait déjà et sa grand-mère a gardé son air imperturbable. Elle a senti plusieurs fois que son cadet l'observait, mais elle a gardé les yeux rivés devant elle, la mâchoire serrée. Il veut la faire culpabiliser, très bien. Elle va l'ignorer complètement. Elle n'est nullement en faute, ça ne doit pas l'atteindre. Même si elle trouve ça injuste. Même si elle a cru que tout était réglé. Elle va tenir bon. C'est un gamin, les gamins changent vite d'avis. Elle l'espère.

***


Elle se réveille en sursaut. Un cauchemar. Elle ne s'en souvient plus, mais elle le sent. Elle en tremble encore. La jeune fille essuie du dos de la main son front en sueur, avant de jeter un coup d’œil autour d'elle. Le dortoir des filles de Gryffondor, son dortoir, est plongé dans une semi-pénombre. Il commence à faire jour. Interloquée, elle regarde sa montre, plissant les yeux pour pouvoir voir les aiguilles. Cinq heures du matin. Mais c'est pas possible ! Elle se réveille toujours deux heures avant !
Nouveau coup d’œil, qui l'a fait s'apercevoir que les lits de ses camarades sont complètement vides. Encore mieux. Elle a le sommeil léger, même si les filles avaient fait attention, elle aurait dû émerger si quelqu'un s'était levé. Qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas normal, elle s'inquiète. Son regard se pose au pied de son lit. Et là, le choc. Une ombre vient d'y apparaître. Merde ! Une ombre adulte, trop grande pour correspondre à ses copiaules, mêmes les plus agées. Enfin, elle n'est pas si grande que ça. Mais ça reste un adulte, elle en est certaine. Elle déglutit, tandis que l'ombre se rapproche. Et que ces traits apparaissent, plus que familiers.

—Grand-Maman ?!

Sévère, la vieille femme la contemple. Plus que sévère, même. La deuxième année baisse les yeux. Elle ne cherche même pas à comprendre comment sa Grand-Maman peut se trouver ici, à Poudlard. Alors qu'elle n'est même plus de ce monde.
Elle n'a pas le temps de bouger d'un pouce que l'asiatique est déjà sur elle, les doigts serrés autour d'un couteau, qu'elle lui plaque contre la poitrine. La pointe sur son cœur. Non ! Elle essaie de se débattre, sans succès.

—Qu'est-ce que tu fais ? Grand-Maman, c'est moi !

—Tu le mérites.

Le couteau se lève. Et s'abat. Elle hurle.

***


Elle hurle. Se redresse et se jette de son lit, avant de se plaquer contre le mur, affolée, les yeux fous. C'était... Elle contemple le décors autour d'elle. Elle ne reconnait rien. Où est la pierre des murs et du sol ? Où sont les petits lits, les tentures rouges ? Elle panique de plus en plus. Se redresse, se cogne la tête contre un meuble et se prend les pieds dans un tapis.

—J'suis où, punaise ?!

Un miaulement lui répond derrière la porte. C'est peut-être ça qui lui permet de se rendre compte de là où elle est. Ou bien quand se yeux tombent sur la corbeille renversée la veille. Elle est chez elle. Je suis chez moi. Le savoir ne la soulage pas vraiment. Elle n'a jamais fait ce genre de cauchemars à Poudlard. La jeune fille frémit. Elle a envie de vomir. Elle plaque ses mains tremblantes sur son visage, tandis que les larmes commencent à couler. Elle reste ainsi, prostrée, pendant quelques minutes le temps de se calmer, avant de se lever et de quitter sa chambre.

***


Un bruit retentit. Comme... un objet qui tombe au sol. On dirait... Une cuillère en bois ? Elle s'avance en direction de la cuisine, passe la tête par l'entrebâillement. Une minuscule créature noire est sur l'un des plans de travail. Elle observe la jeune fille d'un air impassible, avant d'envoyer valdinguer au sol une nouvelle cuillère. Tout en continuant à la regarder, comme pour la défier.
Pas le moins du monde impressionnée par le minuscule chaton, elle l'attrape par la peau du cou pour lui faire rejoindre le sol. La boule de poil ne semble pas d'accord et s'efforce de remonter sur le plan de travail. Trop petite pour sauter d'un bond, elle grimpe à la force de ses griffes. Pour redescendre de la même manière que précédemment. Miaulement de protestation et nouvel assaut du meuble. T'es têtu, on dirait. Elle lève les yeux au ciel avant de le prendre dans ses bras.

—Toi, je parie que t'es Chancellor.

Ses parents lui ont parlé de ce monstre dans plusieurs de leurs lettres. Et ayant un aperçu de son caractère, elle comprend que le mot "monstre" n'est peut-être pas si exagéré que ça. À peine cette pensée lui traverse-t-elle l'esprit qu'elle sent les griffes de Chancellor lui labourer le ventre. Elle étouffe un cri, avant de l'envoyer au sol. Il se relève aussitôt, le poil à peine ébouriffé et commence l'ascension de l'adolescente. En démarrant bien évidemment par ses jambes nues. Elle se retient à grand peine de hurler tandis que le monstre passe au short, au t-shirt, puis à ses épaules. Elle se félicite de ne pas avoir choisi de débardeur. Le tissu lui offre une petite protection face au serres du chaton. Ce dernier enfouit son nez dans les cheveux de la deuxième année et s'endort aussitôt. Bon... J'ai pas tout compris. Elle roule des yeux et ouvre quelques placards. L'horloge murale indique plus de quatre heures du matin. Niveau horaire, son cauchemar n'était pas si éloigné de la réalité. Elle a effectivement plus dormi que d'habitude.
La gryffonne trouve enfin ce qu'elle cherche et commence à se préparer un café. Elle n'a plus sommeil et cette boisson lui a manqué. Elle n'en prend que depuis ses onze ans, et encore pas trop souvent car ses parents disent que ça peut être mauvais. Sauf que maintenant, elle est plus vieille, elle peut donc en boire plus, non ? De toute façon, avec dix mois d'abstinence, même en en prenant quatre fois par jour durant les vacances, ça ne va pas être si terrible que ça. Enfin... je crois.

Elle pousse un soupir de bien-être une fois la première gorgée avalée. Décidément, c'est la meilleure boisson du monde. Elle est catégorique. Elle l'a savoure en traversant un couloir pour aller vers l'arrière de la maison. Il fait encore trop frais pour aller dehors, aussi se contente-t-elle d'observer le porche par une fenêtre. À travers les arbres, les fleurs et les buissons, elle aperçoit un bout de serre. Sa serre. D'abord celle de sa Grand-Maman, puis après surtout la sienne.
Elle s'apprête à retomber dans la tristesse, avant d'entendre un ronronnement dans son cou. Elle caresse Chancellor, tandis que quelque chose de chaud frôle sa cuisse. Cheyenne, sa vieille setter. La chienne la fixe de ses grand yeux bruns en penchant la tête. La gamine lui grattouille derrière les oreilles.
Se rendant compte qu'elle n'est pas vraiment allée dire bonjour à ses animaux, elle fait le tour du manoir pour les trouver et leur faire un petit bonjour. Puis, son café terminé, elle remonte dans sa chambre avec le petit chat noir. Elle allume la lumière, prend un livre au hasard et passe le temps jusqu'au réveil de sa famille, environ trois heures plus tard.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
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27 juin 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090) et Chan Bailey (#D2691E)


Elle a prit son petit-déjeuner de son côté. Elle n'a as envie de voir Chan. De devoir supporter un regard noir ou une autre phrase mesquine. Ou juste un silence qui veut tout dire. Elle est passée faire un bisou à bébé Quinton au réveil de ce dernier, en compagnie de sa mère. Entre elles, un petit malaise, mais rien d'autre. Ça l'a étonnée, mais elle est contente. Au moins un conflit de réglé, c'est déjà ça. Elle a croisé son père en montant au troisième et si il lui a lancé un petit regard interrogateur — sans doute en référence à ce qu'elle lui a dit la veille — il n'a fait aucun commentaire, sauf pour lui annoncer que sa grand-mère repartirait en fin de matinée. Elle a hoché la tête, avant de continuer sa route. Elle ne sait pas si elle est triste ou soulagée qu'Hesther Stanford reparte. Sûrement pour une mission pour la CIA. Pas vraiment triste, car elle ne l'a connait pas assez pour avoir établi un lien, leur bonne entente dans la voiture les a certes un peu rapprochées, mais pas assez pour qu'elles se sentent à l'aise ou en confiance. Et pas vraiment soulagée non plus, car après tout, la vieille femme n'est pas si terrible. Elle est déjà mieux que son arrière-grand-mère la vieille peau.
Nulle trace du fantôme familial dans chaque pièce traversée. Ses parents l'ont avertie qu'il se rendait souvent dans la chambre de Grand-Maman Lee, mais préférait quand même rester à l'écart. Il semble que l'horrible fantôme ait quand même un cœur. À vrai dire, sa Grand-Maman était la seule personne pouvant avoir un minimum d'autorité sur lui. Et puis, ils se connaissent quand même depuis des années. Nulle doute qu'il doit se sentir un peu seul. La jeune fille, prise d'un soudain élan de compassion, envisage de le chercher pour essayer de lui parler, mais se raisonne vite. Aucune chance qu'il l'écoute, surtout elle. Il a toujours eu une dent contre la gamine — et réciproquement, d'ailleurs — et ce n'est pas maintenant que ça va changer.

Sa demeure est grande, elle s'en souvient à présent. Dans sa tête, alors qu'elle était dans l'immense château qu'est Poudlard, tout à côté était ridiculement petit. Certes, en comparaison, le manoir Bailey est une maison de poupée, mais le revoir lui rappelle tout de même qu'il y a tout un tas de pièces et que la plupart ne sont pas petites...
Elle sait très bien où elle veut aller. Si le premier et second étages sont consacrées essentiellement aux chambres et aux salles de bains, le troisième est bien plus intéressant. Ses ancêtres n'avaient pas fait dans la demi-mesure en construisant le manoir et la bibliothèque courait sur presque les trois quarts de l'étage. Et n'était pas du tout vide. Très remplie, même. Peut-être pas aussi grande que celle de Poudlard, mais quand même pas trop loin derrière. Le reste du troisième se compose de deux bureaux très anciens dans lesquels elle a passé beaucoup de temps étant petite. Pas qu'ils soient très amusants, mais elle a toujours été fascinée par les vieilles choses.

Elle pousse une des doubles portes de la bibliothèque. Celle-ci est gigantesque, en forme de L, avec suffisamment de fenêtres pour y voir sans allumer la lumière, mais tout de même pas trop, ce qui contribue à la rendre mystérieuse. La pièce contient beaucoup de livres anciens, généralement des gros pavés devant peser une bonne dizaine de kilos, la plupart en anglais, certains en japonais et d'autres dans des langues mortes bien incompréhensibles. Ce sont généralement des livres sorciers, avec toutefois quelques ouvrages moldus très sympathiques. Peu de romans, par contre. En même temps, en dehors des bibliothèques scolaires chez les moldus, les pièces comme celles-ci servent surtout à se documenter, à s'informer, pas vraiment à s'évader. De toute manière, elle s'en fiche, des romans, elle en a plein sa chambre.
La brunette ne sait pas vraiment ce qu'elle est venue chercher ici, aussi parcoure-t-elle l'endroit en long et en large, jusqu'à arriver à l'une des sections qui l'a toujours intéressée. Pas celle sur la botanique ou les créatures magiques, ses deux passions. Non, celle-ci contient des livres d'un tout autre sujet. Enfin, pas vraiment des livres. Des guides touristiques. Le père de sa Grand-Maman, Duncan Lee — qu'elle n'a malheureusement jamais connu — était passionné par les voyages depuis son enfance. Et s'est mit en tête de visiter chaque pays. Pas de fond en comble, ça aurait le travail de bien des siècles. Mais plutôt de visiter quelques villes, sites, monuments de la contrée en question. Et à chaque fois qu'il entrait dans un nouveau pays, son rituel était d'acheter un guide touristique sur le pays qu'il visiterait. Pas pour savoir où se rendre, c'était généralement déjà prévu à l'avance, mais plutôt pour avoir une sorte de souvenir, une relique. Et à chaque retour à Oxford, il les entreposait chez lui. À sa mort et à la vente de sa demeure, sa fille, Grand-Maman Lee a prit la décision de tout amener ici, dans la demeure de son mari. Et sa petite fille en est plus que ravie. Combien de fois elle a pu toucher leurs couvertures, les ouvrir, sentir leur odeur, tout ça presque religieusement. Son arrière-grand-père a quand même été dans tous les pays du monde, pas un seul ne manque à la liste. Et il a même rencontré une japonaise lors de son séjour au pays du soleil levant, avant de l'épouser quelques années plus tard. La classe.
Elle a l'intention de faire la même chose, le même rituel, une fois adulte. Pas avec des guides, évidemment. Faut de la nouveauté, sinon c'est pas drôle. Mais plutôt... des magnets pour frigo ? Il lui faudrait un grand frigo, alors. Très grand, parce qu'elle prendrait de gros magnets. Quand même pas des magnets... C'est vrai que ça fait pas sérieux. Des cartes postales ? Non, cliché, tout le monde fait ça. Ou alors, elle se fait une ménagerie, magique ou moldue, peut-être les deux, et elle ramène des animaux emblématiques de chaque pays. Mais elle ne sait pas si c'est autorisé. Il faudra qu'elle se renseigne sur ça.

Elle est restée assez longtemps, à redécouvrir des guides. Celui sur les États-Unis est resté très longtemps sous ses yeux. Elle n'a jamais mis les pieds en dehors de l'Angleterre à part pour quelques voyages au Japon. Le monde lui parait immense. Surtout les USA. Tellement grand... tellement d'états, avec des lois différentes. Et tous ces climats, cette faune et cette flore... Faudrait qu'elle aille en Russie, aussi. Même si il y fait froid. Parce que quand même, c'est le plus grand pays du monde.

Elle sent une présence, une seconde avant de voir Chan arriver. Il l'a regarde à peine et lâche d'une voix mécanique :

—Elle s'en va dans dix minutes.

Il fixe l'ouvrage sur la Russie qu'elle tient dans les mains, avant de visser son regard au sien, l'air en colère. Elle n'a pas besoin d'être télépathe pour comprendre ce qu'il pense. «Une fois que tu ne seras plus obligée d'être très loin de nous pour tes études, tu as l'intention de partir encore plus loin.» Elle se le prend comme une gifle alors qu'il s'en va d'un pas furieux. Elle ne sait pas quoi lui dire.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
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1 juillet 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090) et Eldora Bailey (#A13868)


Elle a rarement visité le grenier jusqu'à présent. Peut-être parce qu'il a presque toujours été fermé à clé. Selon sa mère, ce n'est pas un endroit pour les enfants. La jeune fille pense surtout que c'est à cause des toiles d'araignées qui y règnent en maître. Me salir aurait été un tel crime... Sauf que maintenant, elle est assez maligne pour savoir où sont les clés. Et assez prudente pour ne pas se faire prendre.
Les jours précédents se sont enchainés en se ressemblant tous. Une entente cordiale avec sa mère et son père, un émerveillement mutuel vis à vis de Quinton et une distance qui lui semble infranchissable avec Chan. Elle l'a évité du mieux qu'elle a pu, même si elle a eu la nette impression qu'il faisait exprès de se mettre dans ses pattes pour qu'elle soit mal à l'aise. Ou alors, c'est par jalousie parce qu'elle est très proche de Quinton. Au moins, tu vois ce que ça fait. Elle, elle l'a vécu pendant des années. À son tour à lui, à présent.

La clé en main — trouvée dans un pot en terre cuite dans la cuisine — elle s'avance vers la porte, tout au fond du troisième étage. La glisse dans la serrure, tourne, une fois, deux fois. Fait à présent tourner la poignée... et ça marche. La porte s'ouvre sur un escalier étroit menant à la pièce interdite. Elle n'y voit goutte. Merde. Elle n'y avait pas pensé, à ça. Elle referme tout, et descend silencieusement les marches jusqu'à sa chambre. Elle n'a pas le droit de se servir de la magie, aussi trouve-t-elle une lampe torche à peu près convenable. Elle s'apprête à l'allumer, avant de se raviser. Si il y a de la magie pas loin, ça risque de lui exploser à la figure. Et dans une maison de sorciers, il est évident qu'à un moment ou un autre, ça va arriver. Voilà pourquoi elle doit toujours prévenir quand elle utilise son ordinateur, ses écouteurs ou son téléphone. Mais ça m'arrange pas trop, moi.
La jeune fille se félicite d'avoir des grandes bougies et un briquet dans sa chambre. Ça va quand même pas éclairer des masses. C'est mieux que d'avoir une lampe torche qui lui explose en pleine tête. Rien que d'imaginer les dégâts, elle a envie de faire un éloge sur les bougies. Elle fait un bisou à celle qu'elle tient dans la main.

—T'es merveilleuse, tu sais, lui chuchote-t-elle.

La bougie ne lui répond rien du tout, bien évidemment. Elle ressort de sa chambre, sur la pointe des pieds, attentive à la moindre présence. Chan serait bien capable d'essayer de l'espionner. Mais elle ne détecte rien du tout sur le chemin du troisième. De nouveau, elle ouvre la porte. Allume sa bougie, monte une marche et referme derrière elle. C'est pas le meilleur des éclairages, comme elle l'avait pressentit. Oui, mais les bougies sont merveilleuses. Ah oui, c'est vrai. Elle avait presque oublié.
Elle grimpe avec précaution les marches, qui grincent un peu sous ses pieds nus. Des chaussures auraient peut-être été plus adaptées. Je suis nulle en expédition, moi. Mais bon, elle ne va pas retourner les chercher. La gamine aura juste ses petits petons un peu sales.
La flamme éclaire les lambris à mesure qu'elle monte. Elle débouche bientôt sur une autre porte, non-verrouillée. De toute manière, il n'y a pas de serrure. Pas bête. Elle la pousse et pénètre dans le plus grand capharnaüm qu'elle ait jamais vu. Elle sent bien que sa mère accro de l'ordre n'est pas passée par ici depuis belle lurette. Elle discerne des dizaines et des dizaines de toiles d'araignées. Une de plus quand elle s'en prend une dans la tronche. Je l'avais pas vue, celle-là. La brunette la retire avec force grimaces.

—Berk !

Elle n'a rien contre les araignées, mais avoir leur toiles sur le nez ne l'enchante guère. Elle poursuit son avancée en prenant garde cette fois à bien repérer tous les les toiles. Elle n'a pas fait deux pas qu'elle se retrouve devant une grosse malle bien poussiéreuse. Bon bah... je l'ouvre ? Ni une ni deux, c'est fait. La deuxième année est un peu déçue. Ce sont juste de vieux vêtements.
Elle continue son exploration, furette un peu partout. Elle doit bien reconnaître que ce sont surtout des objets cassés ou inutiles. Elle entend des souris qui se promènent un peu partout, sent même un frôlement le long de son pied. Elle sursaute un peu, avant de hausser les épaules en se traitant de trouillarde.
Enfin, après presque une demi-heure de recherche, elle trouve enfin quelque chose d'intéressant. Une sorte d'étui, un peu comme ceux des violons, mais en plus gros, beaucoup plus gros. Elle l'ouvre avec mille précaution et quelque difficulté. Un gros violon apparait. Un violoncelle, banane. La gryffonne n'en avait jamais vu avant. Il a l'air d'avoir fait son temps, mais il lui semble en bon état. Et il est vraiment très beau. Superbe. Splendide, magnifique et tout un tas d'autres adjectifs. La jeune fille se demande à qui il a bien pu appartenir. Elle n'a pas souvenir qu'un membre de sa famille soit violoncelliste, ou bien a-t-elle oublié. Elle contemple l'objet, le compare avec tous les autres, voit qu'il y a pas photo, que c'est lui le plus cool et que de toute façon, sa bougie est bientôt consumée, aussi décide-t-elle de s'en aller, surtout que ses parents doivent se demander où elle est passée. Elle referme l'étui, l’attrape et se remet en marche. Punaise ce que c'est lourd ! Sûr que ça ne va pas passer inaperçu. Elle se fige. Si elle le ramène dans sa chambre, quelqu'un va forcément le remarquer. Et comprendre qu'elle s'est rendue au grenier. La galère. Mais en même temps... elle est contente de cette découverte. Et puis je pourrais apprendre à en jouer ! Et elle deviendra une très grande musicienne, connue dans le monde entier. Ce serait bête de passer à côté de cette carrière. Décidée, elle se remet en route aussitôt.

***


Elle n'a pas eu besoin de s'expliquer. Ses parents l'on attendue à la sortie. Apparemment, elle a fait du bruit en déplaçant certaines choses. Et ça c'est entendu. Genre beaucoup. La rouge et or a été grillée direct.
Elle n'a pas non plus eu besoin d'ouvrir la bouche. En vérité, personne n'a rien dit. Son père a tendu la main d'un air insistant et elle lui a remis la clé. Puis sa mère lui a désigné une direction assez aléatoire, mais elle a quand même compris que ça voulait dire «dans ta chambre et fissa !». Elle y est allée sans faire d'histoire, avec sa trouvaille dans les bras. Elle a manqué de se cogner trois fois et a failli faire tomber deux vases, mais elle a fini par rentrer dans sa chambre sans casse. Sauf quand elle a failli faire tomber son chargement. C'était à deux doigts, elle a remercié ses réflexes de championne. Avant de poser l'étui à violoncelle sur son lit. Elle n'aurait peut-être pas dû. Il était un peu sale, elle a dû changer les draps. Et se changer aussi car ses vêtements étaient dans un état pas possible. Elle est également passée à la douche. Avec toute la poussière blanchâtre dans ses cheveux, elle se donnait l'impression d'être une mamie. Il y avait même une trace non-identifiée sur son bras qui l'a intriguée pendant de longues minutes. Elle a sniffé. C'était de la suie. Ah. De même qu'elle remarqué une sorte de pâte bizarre sous ses pieds. Elle n'a pas eu besoin de sniffer, l'odeur lui est vite arrivée au nez. De la crotte de souris. D'où l'utilité de mettre des chaussures.

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2 juillet 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090), Eldora Bailey (#A13868),
Chan Bailey (#D2691E) et Quinton Bailey (#434343)


Elle a nettoyé l'instrument avec le plus grand soin, de même que l'archet. Aucune corde ne manque, ce qui l'arrange bien parce qu'elle n'en a pas de rechange et que de toute façon, si elle doit en acheter, elle ne saurait pas quel modèle prendre. La jeune fille ne connait rien aux instruments. Elle s'est déjà essayée à plusieurs, sans grand succès. Mais là, ce sera différent, je le sens ! Bon, elle n'a pas de professeur pour le moment, mais peut-être pourra-t-elle s'entrainer à la chorale, quand elle y entrera.
Assise sur son lit, l'instrument entre ses genoux, elle tient l'archet entre ses doigts. Ferme les yeux, inspire, expire. Rouvre les yeux. Et commence à jouer. Durant deux secondes, très précisément. On dirait... un coq qu'on égorge. Elle entend des pleurs de bébé résonner dans la maison. Eh merde ! Voilà que ses grands talents — ou son absence de talent, plutôt — de musicienne font pleurer son petit frère. Elle se précipite dans les escaliers et rejoint en vingt secondes chrono le salon. Sa mère est en train de bercer Quinton, qui hoquette dans ses bras. Le regard de sa maternelle tombe sur elle et se fait très sévère.

—Euh... désolée. J'vais essayer dans le jardin. Très loin dans le jardin.

Elle s'est même mise tout au bout de la propriété. Personne dans le manoir n'aurait pu l'entendre. Et puis, je serais sûrement plus douée cette fois-ci. Elle a recommencé. Si cette fois, Quinton n'a pas pleuré, ça a été le cas pour un des bébés du voisinage. Ses vagissements ont dû s'entendre dans tout le quartier. Bon... Alors... la forêt ? Si elle va assez loin, cette fois-ci, elle ne dérangera personne.
La gamine se lève d'un pas vif et file à l'autre bout du terrain, jusqu'au portillon menant aux bois. Elle marche pendant une dizaine de minutes, puis, satisfaite, s'assoit sur une vieille souche. Cette fois-ci, elle prend le temps de bien se concentrer avant de poser l'archet sur l'instrument. Allez... un, deux, trois ! Si le son horrible qui sort ne l'avait pas déjà mise sur la piste de son incompétence, les mouvement dans les buissons et dans les arbres, signe que tous les animaux alentours se sauvaient, le lui firent bien comprendre. Mais elle réessaya, encore et encore, pendant une heure entière. Quoiqu'elle fasse, qu'elle que soit la position de l'archet ou l’inclination du violoncelle ou même la façon dont elle accordait les cordes, il en sortait toujours le même son assourdissant qui finit par lui donner un profond mal de crâne. Il est peut-être trop vieux et mal entretenu. Soupir découragé.

***


Elle est rentrée bredouille, boudeuse et frustrée. La gryffonne s'est assise dans le canapé et n'en a plus bougé jusqu'à ce que son père vienne poser sa main sur son épaule. Elle relève la tête. Il désigne le violoncelle.

—Tu ne peux pas être bonne aussi vite.

—De toute manière, je crois que c'est les cordes qui ont un problème.

—Fais voir.

Il lui prend des mains, le fait sonner. Elle en reste stupéfaite. Ce n'est pas du Beethoven, mais ça lui semble déjà mille fois mieux que ce qu'elle a déjà fait. Ce qui veux dire que le problème, c'est moi. Elle tend la main pour imiter le geste de son père. Se bouche les oreilles.

—Il y a des choses en quoi on est doué et d'autres pas.

—Toi tu sais en faire.

Il rit devant sa moue. Lui redonne l'instrument, avant de se gratter la tête. Elle le suit des yeux. Il est son portrait craché. Ou plutôt elle est son portrait craché. Presque les mêmes yeux, le même nez, bouche, joues, pommettes, sourcils et yeux. La seule différence, c'est que lui est très grand et elle assez petite. Et qu'il est une armoire à glace alors qu'elle est une crevette.

—Je ne sais pas vraiment en jouer. Je connais juste quelques notes. C'est la mère de ton Grand-Papa Katsuro qui savait.

Rin Kotonarimasu. Elle hoche la tête. Elle a souvent entendu dire que son arrière-grand-mère avait la fibre artistique. Un peu comme elle... sauf concernant la musique. Je sais chanter, quand même. Peut-être, mais à part ça...

—Donc moi je suis nulle, c'est ça ?

—Je ne l'aurais pas dit ainsi mais... oui.

Sympa. Au moins, c'est honnête. Mais elle est dégoûtée. Et vexée. Elle se redresse, le regard noir. Eh bien si c'est comme ça, si elle n'a pas le talent inné, elle l'aura en travaillant. Tout le temps ! Je vais tous les rendre sourds ! Bien fait. Elle se lève, récupère ses affaires et monte d'un pas très déterminé jusqu'à sa chambre, le menton levé dans une attitude fière. Elle manque de se prendre sa porte — qu'elle croyait ouverte — dans la figure, mais tout va bien.

***


Elle a regardé beaucoup de vidéos. Genre... beaucoup. Dans la théorie, elle peut facilement devenir une grande virtuose. Dans la pratique, c'est différent. Elle a même l'impression que ça empire. J'aurais pas pensé ça possible.
Mais elle continue, encore et encore. Pas dans la maison, bien sûr. Ni au fond du jardin. Les bois sont devenus sa salle de musique. Par contre, tous les auditeurs se sont sauvés. Durant tout le temps qu'elle y a passé, elle n'a plus entendu un chant d'oiseau. Ni aperçu le moindre signe de vie. Même au niveau des insectes.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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3 juillet 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090), Eldora Bailey (#A13868) et Chan Bailey (#D2691E)


Elle a fait une liste de tous les métiers qui pourraient l'intéresser. Puis, parce qu'elle est quand même réaliste, elle a rayé tous ceux qu'elle ne pourrait jamais pratiquer. Elle ne sera donc ni actrice, ni détective, ni astronaute, ni joueuse de Quidditch professionnelle dans l'équipe d'Angleterre, ni médecin, ni grande figure politique, ni Auror, ni écrivaine. Et peut-être pas musicienne, mais comme elle se l'est juré, elle va essayer. Mais même avec ça, il ne lui reste plus grande chose sur sa liste. À part musicienne, elle a botaniste et magizoologiste. À la vue de ces seulement trois métiers, elle finit par rajouter clown, même si cette carrière ne l'intéresse plus trop. Elle se souvient qu'elle voulait le devenir étant petite parce qu'elle n'était jamais allée au cirque et qu'être clown lui permettrait d'en voir enfin un. On est bête quand on est gosse.
Elle s'est occupée de ses plantes ce matin dans sa serre. Elle a fait une heure de musique après le repas. Et elle a lu un livre de blagues. Il ne lui manque plus que de s'occuper d'un animal et elle aura fait une partie des quatre métiers dans la journée. Si elle continue ainsi, elle deviendra vite très forte en tout.
Elle a brossé Cheyenne et tous ses chats. De même qu'elle s'est occupée du plumage des hiboux, sauf de Holy parce que cette dernière a essayé une nouvelle fois de la pincer. Essayé... elle a même réussi ! Elle frotte le pansement qu'elle a sur la paume. Elle y a mit beaucoup de désinfectant. Cette teigne serait bien capable de lui refiler deux ou trois maladies incurables. Saloperie. Au final elle a chouchouté bien comme il faut Gandalf et Merlin. Et du coin de l'oeil, elle a bien vu que la petite chouette était jalouse. Bien fait !
Malgré tout ça, elle n'est pas satisfaite. J'ai fait le boulot d'une toiletteuse, pas d'une magizoologiste. Les magizoologiste attrapent des animaux. Elle, elle n'a rien attrapé du tout.

La jeune fille a passé plusieurs heures à réfléchir, assise dans l'herbe. Quel animal pourrait-elle capturer ? Un lapin ? Avec la cacophonie qu'elle a faite dans la forêt, ils risquent d'être assez méfiants. Un oiseau ? Encore plus compliqué, même si c'est un pigeon. Un écureuil, ce serait cool. Sauf que ce serait quasiment impossible. Déjà qu'il est rare qu'elle parvienne à en observer un ne serais que quelques secondes... Bah je sais pas moi. Le chien du voisin ? Hors de question. J'ai pas envie d'avoir des problèmes ! Surtout qu'elle n'aime pas les yorkshires. Un papillon ? Pas bête. Sauf qu'il lui faudrait une sorte d'épuisette. Et elle n'en a pas. Peut-être dans le grenier, mais à présent, aucune chance qu'elle puisse y retourner.
Elle sent un mouvement sur sa main droite. Elle regarde. Une sauterelle. Qui lui escalade la main. Une intrépide. Elle doit être à Gryffondor. Elle s'en désintéresse quelques secondes, avant de pousser une exclamation.

—Bah le voilà mon animal à capturer !

Ni une, ni deux, elle pose sa paume gauche sur l'insecte et l'enferme à l'intérieur de son poing, en faisant attention à ne pas l'écraser. Elle file ensuite à la cuisine fouiller dans la poubelle à la recherche d'un bocal à épices vide. Après avoir plongé son bras jusqu'au coude dans les détritus, elle finit par un dégotter un. Elle retire le bouchon et vérifie que les trous sont assez gros pour que la sauterelle puisse respirer si elle la met à l'intérieur. Pile poil ! Elle retire le morceau de plastique, laisse tomber la sauterelle à l'intérieur du tube en verre et referme aussitôt. Bien. Et de une. J'en prend combien ? Une trentaine ? Non, ça fait un peu beaucoup. Elle réfléchit intensément. Deux autres. Et les trois insectes deviendront ces animaux de compagnie. Elle les amènera même à Poudlard ! Certains ont des chats, des rats, des chouettes ou des crapauds, elle, elle aura des sauterelles. Beaucoup plus stylé et inattendu. Elle adore.
La deuxième année file dans le jardin. Même avec une bonne vision, aucune trace des insectes désirés. Faut que je refasse comme tout à l'heure. Alors elle s'assoit. Et elle attend. Se prépare à sauter sur le moindre petit truc vert ou marron ou jaune qui aurait le malheur de s'approcher. Comme lesdits trucs mettent du temps à apparaître, elle commence à réfléchir à la nourriture nécessaire pour ces insectes. Elle n'a aucune idée de ce que ça peut manger. Il faudrait qu'elle se renseigne ou mieux, achète un livre sur les sauterelles. Bien épais, pour avoir tout un tas d'autres informations. Et il faudrait aussi que mes saut' soient toutes différentes, que je me goure pas. Pas bête. Leur trouver un prénom serait pas mal aussi. On verra plus tard.

***


Après beaucoup d'efforts et d'attente, ce sont trois petites choses qui sont dans le pot à épices. Elle leur a mis de l'herbe, même si elle n'a pas encore vérifié si c'était bien leur régime alimentaire. Pour les noms, elle cherche encore. Faudrait des noms cools, quand même. Du style Yoda, Obi Wan et Chewbacca. Bon, peut-être pas. Un peu de sérieux, que diable.
Elle pénètre dans le salon et se laisse tomber sur la canapé. Ses parents lisent, Chan dessine et Quinton est sans doute en train de dormir. Elle fait grincer le canapé et tous les regards sont braqués sur elle, puis sur le bocal.

—C'est quoi, ça ?

Avec un grand sourire et un enthousiasme qui lui rougit les joues, elle commence à expliquer, d'un ton précipité. Plusieurs fois, son père lui demander de recommencer et de ralentir. Elle voit du coin de l’œil son petit frère qui l'observe avec un air à la fois étonné et admiratif, mais elle continue à parler sans se soucier de lui.

—Je crois que j'ai à peu près compris. Par contre, tu l'as trouvé où, ton bocal ?

—Dans la poubelle.

Exclamation choquée de sa mère. Elle se retient de lever les yeux au ciel. Ce n'est pas si dégoutant, et puis elle vient de se laver les mains. Faudrait qu'elle se calme sur son obsession de la propreté.
Son père propose de lui trouver un livre sur les sauterelles et qu'en attendant, il va chercher sur internet. Ça a l'air de l'intéresser, son idée. Elle est ravie. Son paternel partit dans son bureau et sa mère retournée à son livre, elle examine sous tous les angles ses bestioles. Elle en a pris une grosse, une moyenne et une petite, pour bien les différencier. Une petite main se pose soudain sur son épaule. Chan s'appuie sur elle pour mieux observer les trois insectes.

—Comment ils s'appellent ?

Pendant quelques secondes, elle reste figée, sous le choc, mais décide d'accepter sans faire de commentaire cette main tendue. Si c'en est bien une.

—J'sais pas encore. Mais comme je ne sais pas différencier les mâles des femelles, je pense que je vais prendre un prénom mixte.

—Comme Bailey ?

Elle sourit. C'est vrai que son nom de famille peut faire aussi office de prénom, pour les filles comme pour les garçons.

—Dans l'idée, oui. Mais là, j'imagine plus Claude ou Dominique, ils s'écrivent de la même manière que ce soit un prénom féminin ou masculin. Et je crois qu'il y en a un troisième, mais je ne me souviens plus...

—Camille ! propose le petit brun.

—Oui, c'est ça. Mais Camille, ça fait bizarre pour une sauterelle. Mais je vais garder Claude et Dominique, c'est stylé. (Elle se plonge dans ses pensées, cherche quelque chose de ressemblant aux deux autres, des prénoms français, quoi.) Pascal ? L'écriture change pour les filles, mais c'est juste un 'e'.

La rouge et or voit Chan réfléchir pendant quelques secondes, très concentré. Elle a envie de rire en voyant sa tête, qui est assez comique. Il le prendrait peut-être mal. Et l'instant serait gâché.

—C'est pas mal. Pascal la Sauterelle. Et qui est qui, du coup ?

—Je sais pas. Peut-être par ordre alphabétique, de taille. Le gros c'est Claude, le moyen c'est Dominique et le p'tit riquiqui c'est Pascal. Vous en pensez quoi ? demande-t-elle ensuite aux concernés.

Pas de réponse, non qu'elle en attende une. Le trio se contente de rester immobile, sans même la regarder. Bon, c'est pas gagné. Est-il possible de dresser des sauterelles ?

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Oxford, Manoir Bailey Brin d'Espoir Solo
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4 juillet 2045
Manoir Bailey, Oxford

Avec Jacob Bailey (#708090), Eldora Bailey (#A13868) et Chan Bailey (#D2691E)


Son père lui a transmis une liste de ce que mangeaient les sauterelles. Herbes, plantes, fruits et maïs principalement. Elle qui pensait devoir acheter des sortes de croquettes ou quelque chose du genre, elle est bien contente. Même à Poudlard, elle n'aura aucun problème pour nourrir ses lascars. Et ça rime !
Pourtant, même si elle leur a donné plein de nourriture et que les insectes l'ont mangée après quelques temps, elle a l'impression qu'il manque quelque chose. Quelque chose d'important pour que ses sauterelles se sentent bien. Et plus elle regard le bocal, plus cette impression augmente. Mais que leur faut-il ? Elle a cherché sur le net, regardé plein de vidéos, pas seulement sur les sauterelles mais aussi sur les tortues — elle aime bien les tortues — et les caméléons — parce que c'est cool, un caméléon. Les deux vivant en terrarium, ça ne lui a pas apporté grand chose. Attends... Terrarium ? Mais c'est ça ! C'est ça qu'il leur faut, pas un pot à épices tout petit ! Elles doivent avoir un grand terrarium, avec de la place pour mettre plein de plantes !

***


Elle n'a pas obtenu l'autorisation de sortir pour acheter un terrarium dans l'animalerie la plus proche. Ses parents se sont montrés catégoriques là-dessus. C'est vrai qu'avec le contexte actuel il n'est pas très sûr pour un sorcier de se balader dans la rue, mais ce n'est pas comme si elle allait exposer ses pouvoirs à la vue de tous. Et puis, qui irait la soupçonner ? Malgré ses arguments imparables, elle est obligée de rester cloîtrée à la maison.
Elle boude, assise sur un fauteuil au milieu du salon, histoire que tout le monde remarque bien son mécontentement. Elle ajoute par-ci par-là quelques gros soupirs. Chan l'a déjà traitée de gros bébé en secouant la tête. Choquée, elle a failli lui balancer un coussin dans la tête. Elle n'est pas un bébé, elle proteste, c'est tout. Ça marchera à un moment ou à un autre, forcément. Et elle pourra aller en ville.
Elle a attendu longtemps, comme ça. Sa famille l'a ignorée et ça l'a vexée profondément. Elle est montée dans sa chambre en tapant du pied. Elle a entendu son père l'a traiter d'éléphant. Pour la peine, elle a fait encore plus de bruit.

***


La jeune fille a fini par prendre un livre pour passer le temps. De la fantasy, comme elle aime. Sauf qu'elle a dû mal à accrocher. Ce n'est pas la faute du livre, il est bien, mais son esprit essaie en même temps de trouver une solution pour le terrarium et ça gène sa lecture. Elle s'aperçoit souvent qu'elle lit le même passage depuis deux minutes ou que ça fait deux pages qu'elle a décroché et qu'aucune information n'a atteint son cerveau.
Agacée, elle repose le roman et s'enfonce sous ses couvertures pour une petite sieste. Au même moment, elle entend la porte de sa chambre s'ouvrir et son père entrer, une sorte d'aquarium sous le bras.

—Il était dans le grenier.

Elle reste figée quelques secondes, avant de balbutier un remerciement. Elle se lève pour prendre la boîte et la pose sur son bureau, avant de l'observer, très concentrée. Il faudrait que je mette une sorte de grillage au dessus. Pour qu'elles puissent respirer. Et de la mousse pour faire un sol moelleux. Pas de gamelle d'eau, sitôt qu'elle transporterait le terrarium, il y aurait de la flotte partout. Par contre, il va falloir qu'elle trouve un nom au terrarium, un nom stylé. Parce que là, c'est un peu nul. Surtout que les terrariums à sauterelles, ça n'existe pas, il faut donc trouver un nom unique. Et classe.

—Je te laisse.

—Oui oui.

Elle n'a même pas entendu ce qu'il lui a dit. C'est pas grave. Si c'est important, elle lui demandera plus tard. Ou il lui en parlera. Enfin bref, on s'en fiche. Elle fronce les sourcils intensément et descend les escaliers quatre à quatre pour filer dans sa serre récupérer du vieux grillage assez fin. Plus quelques outils et un couvercle en plastique. Et des vis, des boulons, des écrous, une perceuse... Tout ce qui lui semble important.

***


Ça a prit à la jeune fille une bonne partie de la journée. Elle a mangé en quatrième vitesse — de toute façon, le repas n'était pas excellent, mieux valait l'avaler rapidement — pour aussitôt se remettre au travail. Elle ne se savait pas bonne bricoleuse, elle doit reconnaitre qu'elle a du talent. Elle a créé une sorte de couvercle avec le plastique et le grillage, qu'elle a superposé sur plusieurs couches histoire de rendre à chaque fois la largeur entre les mailles plus petite, pour que même Pascal ne puisse se sauver. Elle a testé avec un petit bout de bois aussi fin que la bestiole et elle a du forcer pour le rentrer. Alors à part si Pascal a des envies suicidaires, il ne pourra pas sortir. Au milieu du couvercle improvisé, elle découpé un carré de grillage pour faire une entrée, avant d'en ré-accrocher un bout avec du fil de fer et de créer une espèce de fermeture à l'autre bout. Plus pratique que d'ouvrir à chaque fois le dessus pour mettre de la nourriture ou de l'eau. Pour l'eau, elle a quand même fini par mettre une mini gamelle en plastique, parce qu'elle n'a pas trouvé d'autre système. Il faudra juste qu'elle vide une bonne partie de ladite gamelle avant chaque voyage et de toujours avoir avec une bouteille d'eau avec elle pour la re-remplir. Pas pratique, mais elle aura sûrement une autre idée bien meilleure plus tard.

En attendant, Claude, Dominique et Pascal sont en train de découvrir leur nouvel habitat. La gryffonne a l'impression qu'ils aiment bien. Elle a planté des bâtons dans la mousse et enroulé du lierre autour, mis quelques pierres, des gravillons, de l'écorce, quelques brindilles, des fleurs, bref un peu de tout et le résultat est assez joli. Par contre, j'ai toujours pas trouvé de nom.
Elle pousse un soupir, avant d'allumer son ordinateur pour faire quelques petites recherches. Leur nom scientifique c'est orthoptère. Très incompréhensible, elle n'aurait jamais deviné. Orthoptère... Éclair de génie. La gamine pousse une exclamation et saute à bas de son lit avant de faire des bonds à travers la pièce. Orthopterarium ! Le voilà, son nom super stylé, cool, génial, merveilleux..! Dont elle seule comprendra la signification, mais elle ne va pas chipoter.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans