Ailleurs…

Inscription
Connexion

La généalogie des Peters  Floride 

RPG PRIVÉ

La fine couche de neige faisait crisser les chaussures d'Octavia. Il faisait froid, ce qui était courant pour un mois de décembre en Écosse. Mais il était déjà vingt-et-une heures, ce qui rendait la température nettement moins supportable. La jeune femme resserra son écharpe noire de ses mains nues, qui, d'ailleurs, prenaient une teinte violette. Elle était vêtue d'un long manteau bleu foncé, d'un pantalon noir sobre, et d'un pull très simple. Sa tenue, soignée mais banale, était appropriée à l'événement qu'elle s'apprêtait à vivre. Elle n'avait pas voulu paraître trop apprêtée, car c'était inutile, mais elle voulait tout de même sembler distinguée, car elle ferait bientôt une rencontre qui lui importait beaucoup.

Octavia ne marchait pas seule. Amy Holloway, sa collègue et cousine, était à ses côtés. Elles ne parlaient pas. Octavia avait
trop de choses à dire pour trouver la bonne chose à dire. Elle n'était pas du genre à apprécier les gens pour des raisons idiotes et préconçues, telles que « nous sommes de la même famille !  », mais elle appréciait Amy. Pas parce qu'elles étaient de la même famille, donc, mais parce qu'elle la trouvait sympathique. Il fallait croire que cette drôle d'histoire de « cousine cachée  » était une bonne chose, finalement, car la cousine cachée en question était quelqu'un d'appréciable. Aussi inattendu cela puisse-t-il paraître, Octavia avait l'impression que de véritables liens familiaux étaient en train de se tisser entre les deux jeunes femmes, avec une vingtaine d'années de retard. C'était invraisemblable, mais c'était en train d'arriver.

Lorsque Amy avait compris que ses parents lui avaient menti pendant des années, elle s'était sentie trahie, et elle leur avait envoyé un hibou truffé de reproches. Elle leur avait imposé – car il serait stupide de dire que cela avait été une proposition – sa venue durant les vacances de Noël. Elle voulait les voir pour souffler sur des années de mensonges, et pouvoir, sous la poussière, découvrir la vérité qui lui avait été cachée. Elle voulait savoir pourquoi elle n'avait pas été mise au courant de l'existence de sa cousine plus tôt. Elle voulait comprendre, tout simplement. Lorsque Amy avait expliqué cela à Octavia, elles en avaient discuté, et à la suite de cette conversation, une décision avait été prise ; Amy ne rendrait pas visite à ses parents adoptifs seule. D'ailleurs, l'adoption ne changeait rien aux faits ; Amy considérait ses parents adoptifs comme ses vrais parents, ce qui signifiait qu'elle considérait Octavia comme sa vraie cousine.

Pour sa part, Octavia avait décidé de ne pas parler de sa découverte à ses propres parents. C'était inutile. Elle leur en voulait à peine. Ce n'était qu'un mensonge de plus, un nouveau faux-pas, une myriade de mensonges qui s'ajoutaient à tous les autres. Ce n'était qu'une raison de plus pour les détester. Ça ne changeait rien à la donne.

Ainsi, afin de rendre visite aux parents du professeur de Défense contre les Forces du Mal, les deux jeunes femmes quittaient le domaine de Poudlard afin de pouvoir transplaner. Puisque Octavia n'avait jamais visité les lieux où elles comptaient se rendre, c'était Amy qui les ferait toutes deux transplaner dans sa ville natale. Une fois qu'elles furent assez éloignées du château, elles échangèrent un regard, puis Amy prit le bras d'Octavia, et une demi-seconde plus tard, elles avaient traversé l'océan Atlantique. En Floride, la température était plus chaude, ce qui dérouta un peu l'enseignante, car il était rare que son corps subisse un changement de température si rapide.

Octavia leva la tête. Elle était face à une maison, et elle devina que c'était le lieu de résidence de son oncle et de sa tante. Octavia était un peu anxieuse, alors qu'elle n'avait pas de vraie raison de l'être ; elle n'avait commis, dans cette affaire, aucune faute, sinon celle d'avoir été tenue dans l'ignorance. Amy lui avait beaucoup parlé de ses parents, mais les rencontrer, c'était comme franchir une étape, découvrir une nouvelle part de sa propre histoire.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

La généalogie des Peters  Floride 

En ce jour de décembre, Amy portait une tenue tout à fait en accord avec le temps qu'il faisait à Poudlard, c'est à dire des bottes, un manteau bien épais et une écharpe qui laissait à peine entrevoir sa tête. La nature légèrement frileuse d'Amy ne l'aidait pas ici. Néanmoins, là où elle se rendait, elle pourrait quitter son attirail « spécial froid » , comme elle l'aimait l'appeler. Sauf que la professeure de Défense contre les Forces du Mal ne se rendait pas seule jusqu'aux Etats-Unis, pour une fois. Une visite express était prévue avec sa cousine, Octavia Peters, également professeur à Poudlard, afin d'aller rencontrer les parents d'Amy. L'histoire était un peu compliquée, mais Amy s'était découvert par hasard, en plein repas, un nouveau membre de sa famille. Octavia ne la connaissait pas non plus, et la professeure de DCFM en avait conclu que ses parents avaient préféré lui cacher l'existence d'Octavia car ils étaient en conflit avec ses parents à elle. Compliqué vous avez dit.

Quelques jours après ledit repas, Amy avait envoyé un hibou bien salé à ses parents. Elle n'avait pas osé la Beuglante, mais si elle avait été un poil plus énervée, Carolyn et Henry auraient reçu la fameuse lettre rouge qui hurlait. Question de sécurité, également, ses parents étant moldus et vivant dans un quartier moldu, la lettre hurlante aurait fait se questionner les voisins. Déjà qu'ils devaient être surpris lorsqu'un hibou faisait son apparition... Elle leur avait fait savoir qu'elle était énervée, déçue, et autres adjectifs qualifiant la déception. Elle leur faisait également part de sa venue, qui interviendrait durant les vacances de Noël. Et c'était le moment. Amy et Octavia se rendirent à la limite de transplanage, la rousse prit le bras de sa cousine et visualisa dans sa tête le jardin de la maison de ses parents. La professeure de DCFM se sentit attrapée par le nombril, et quelques secondes plus tard, elles arrivèrent, en pleine journée, dans le jardin des Peters. Heureusement qu'un énorme buisson avait pu les cacher.

La chaleur avait désormais remplacé le froid, et Amy, désormais réchauffée, entreprit de quitter son attirail « spécial froid », se retrouvant en sous-pull marron, jean noir et bottes. Elle laissa le tout là où elles étaient arrivées. Pas besoin d'attirer l'attention avec une tenue réservée au froid alors qu'il devait bien faire une vingtaine de degrés. Amy avait rarement connu le froid en vivant ici, car la Floride avait un climat particulièrement chaud. Les deux professeures arrivèrent à l'entrée de la maison, et Amy sonna à la porte. Ce n'était pas dans ses habitudes, puisqu'en temps normal, elle transplanait directement dans le salon, mais les circonstances étaient exceptionnelles. Carolyn fut la première à arriver à la porte, et eut un regard de surprise en voyant qu'Amy était accompagnée. La professeure salua sa mère, mais cette dernière voulait une étreinte, ainsi, la rousse s'exécuta. Les deux furent ensuite autorisées à entrer.

La pièce ne changeait jamais vraiment, les meubles étaient très design et la pièce ressemblait à une pièce-témoin dans un magasin de meubles. Néanmoins, les diverses photos cassaient le côté « magasin » de la pièce. Sur le meuble de l'entrée, on pouvait y voir Amy avec son diplômes d'études supérieures, entre autres. Chacun prit une chaise, le père d'Amy les ayant rejoint entre temps, et une fois que la dernière personne eut posé ses fesses sur son siège, la rousse commença aussitôt.


« Vous avez reçu ma lettre, il me semble. Avec Octavia, nous attendons des explications sur ce mensonge ».

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

La généalogie des Peters  Floride 

Octavia observa la demeure des Peters durant quelques secondes d'un air étrange, indéfinissable. Elle voyait la maison, mais elle ne la regardait pas tellement ; elle était déjà en train de projeter la rencontre qui allait avoir lieu. Elle espérait que tout se passerait bien, car elle n'était certainement pas venue ici pour provoquer un drame familial. Il n'était pas dans sa nature de peser ses mots, car si elle savait être très hypocrite, elle avait parfois tendance à dire ce qu'elle pensait sans réfléchir aux conséquences. Mais ce soir, elle ne se laisserait guider par nulle impulsivité.

Alors que sa cousine sonnait à la porte, Octavia retira sa veste, qu'elle mit sur son bras. Ce fut une femme qui vint ouvrir, et un éclair d'incompréhension passa dans ses yeux lorsqu'elle constata qu'Amy n'était pas venue seule. La jeune femme aux cheveux bleus fit mine de ne pas avoir remarqué la surprise de celle qui semblait être sa tante, afin de ne pas l'embarrasser davantage. « Madame Peters  » – Octavia sourit à l'idée que sa tante était « Madame Peters  », car elle-même se faisait régulièrement appeler ainsi par les élèves de Poudlard – quémanda une embrassade à sa fille, et le professeur de Sortilèges ne put ignorer l'immense vague de jalousie qui s'engouffra dans tout son être. De façon générale, elle avait du mal à supporter tout signe d'amour d'un parent envers son enfant, mais là, c'était encore pire, car il s'agissait de sa tante et sa cousine. Octavia n'avait été ni une bonne mère, ni une bonne fille, alors assister à de telles scènes lui embrochait le cœur.

Mais elle se rappela sa promesse, celle de tout faire pour que cette rencontre se passe bien, et elle se contenta donc de sourire poliment et de saluer la mère d'Amy après qu'elle a fini d'étreindre sa fille. Elles entrèrent alors dans la maison des Peters, et Octavia fut plutôt surprise de la décoration, qu'elle jugea très impersonnelle, du lieu. Habituellement, les gens avaient plutôt tendance à faire de leur résidence un « cocon d'amour  ». Les parents d'Amy, eux, semblaient préférer l'ordre à la personnalisation, à l'opposé d'Octavia qui était plutôt désordonnée, ce qui se ressentait notamment dans sa façon de gérer son appartement.

Après les présentations, les deux professeurs furent invitées à s'asseoir, et Amy ne perdit pas une minute pour aborder le sujet. Sans détour, elle leur rappela la raison de leur venue, et Octavia vit Henry tourner son regard vers elle. Après quelques secondes de silence, il se résigna à prendre la parole, et se tournant vers Amy, il commença ses explications :


« Et bien... Comme vous le savez sûrement, Andrew et moi avons eu un désaccord. Et depuis, nous ne nous adressons plus la parole, fit-il prudemment. Il se tourna à nouveau vers l'invitée et reprit : Il semblerait, Octavia, que tu sois née moins d'un an après que nous avons coupé les ponts. Nous étions au courant de ton existence, mais... Je me suis dit, et maintenant, j'estime avoir eu tort, que comme je n'adressais plus la parole à mon frère, il n'était pas... nécessaire de dire à Amy qu'elle avait une cousine. »

Octavia trouvait l'explication un peu bancale, mais elle préféra ne pas en faire la remarque. D'ailleurs, le ton prudent d'Henry montrait bien qu'il n'était pas très à l'aise avec ses actes passés, et il s'en voulait probablement réellement. Le professeur de Sortilèges se dit que s'il tentait de rattraper ses erreurs avant tant d'humilité, c'était pour éviter qu'une dispute éclate entre lui et sa fille. Et là encore, elle ne parvint pas à trouver cette attitude précautionneuse touchante. On aurait dit que ces parents cherchaient à préserver l'amour de leur fille à tout prix, comme si c'était ce qu'ils avaient de plus cher au monde – et d'ailleurs, c'était peut-être bien le cas. Octavia sourit à Henry, d'un sourire faible mais ô combien hypocrite, qui avait l'air de dire « ne vous inquiétez pas, personne ne vous en veut  », mais qui signifiait plutôt « oh, mais oui, vous avez préféré ignorer l'existence de votre nièce pendant des années, c'est super, je vous suis infiniment reconnaissante de m'avoir privée d'un oncle et d'une tante, moi qui pourrissais, seule, dans une famille que je détestais !  »

Carolyn décida d'apporter quelques informations complémentaires aux explications de son mari, et s'adressant à sa fille, elle prit à son tour la parole.


« Étant donné que tu n'étais pas au courant de l'existence d'Octavia, on s'est dit que ce que tu ignorais ne pouvait pas te faire de tort. Alors nous avons jugé préférable de ne jamais rien te révéler, en pensant que tu ne rencontrerais de toute façon jamais cette cousine.  »

Un pari risqué, égoïste, qu'ils avaient perdu. Et désormais, ils en payaient le prix. Octavia se demanda si Amy était rancunière. Intérieurement, elle l'espérait. Maître d'elle-même, le professeur de Sortilèges s'adressa à son oncle pour lui poser une question qui, certainement, flottait dans l'esprit de sa cousine :

« Si je peux me permettre... Quelle était la nature de la dispute qui vous a séparés, vous et mon père ?  »

Finalement, Octavia se demandait si cette question était si importante que cela. Avait-elle réellement besoin de connaître la raison de leur mésentente ? Qu'est-ce que cela pourrait lui apporter ? Pas grand chose. Mais pour Amy, c'était important. Alors, elle décida que pour elle aussi, c'était important, au moins un peu.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

La généalogie des Peters  Floride 

Carolyn et Henry semblaient des plus mal à l'aise, mais Amy n'en avait cure. La jeune femme s'affala sur son siège, en terrain conquis, puis croisa les bras. S'ils n'avaient pas été si gênés par la situation, ses parents lui auraient dit de se tenir droite et d'arrêter de faire la moue. Etant donné qu'ils devaient chercher comment expliquer le mensonge, ils ne dirent rien à propos de l'attitude de leur fille. Finalement, son père finit par prendre la parole, s'adressant d'abord à Amy, puis à Octavia. Il confirma de nouveau que les deux frères avaient eu un désaccord, puis annonça qu'il n'estimait pas nécessaire d'informer Amy qu'elle avait une cousine, étant donné qu'Andrew et Henry ne s'adressaient désormais plus la parole. Ce dernier semblait encore plus mal à l'aise qu'à leur arrivée, et cela conforta la professeur de DCFM dans l'idée qu'elle avait bien fait de programmer cette visite.

Amy ne dit rien. Elle attendait des explications provenant de la part de sa mère, explications qui semblaient aussi stupides que celles de son père. Carolyn lui fit savoir que ce qu'elle ne connaissait pas ne pouvait lui faire de tort, ainsi, ses parents n'avaient pas jugé utile de la prévenir qu'elle avait une cousine. La Directrice de Serdaigle se redressa d'un coup sur son siège, décroisant les bras. Comment pouvaient-ils savoir que cela ne lui ferait pas de tort ? Pourquoi se mettre à sa place ? Elle était sur le point de sortir tout un tas de paroles incriminant ses parents et la façon qu'ils avaient eu de dissimuler la vérité lorsque la voix d'Octavia s'éleva dans l'air.


« Si je peux me permettre... Quelle était la nature de la dispute qui vous a séparés, vous et mon père ?  » 

Heureusement que sa cousine avait eu la bonne idée de poser une question, sinon Amy aurait pu dire des choses qu'elle aurait regretté par la suite. Henry semblait hésitant. Etait-ce par rapport à l'éventuelle réaction de sa fille, d'Octavia, les deux ? Il ouvrit la bouche mais ne parla pas, et ce fut Carolyn qui le poussa à le faire. Finalement, et après quelques secondes d'attente, le père d'Amy finit par donner la raison de ce mensonge.

« Je... C'est un peu compliqué, surtout par rapport à toi, Octavia. Je ne sais pas quelle relation tu entretiens avec tes parents, mais c'est à cause de ta mère que je ne suis plus en contact avec mon frère. Comment s'appelait-elle déjà ? Un nom de fleur, il me semble... »

« C'est Violette, lui souffla Carolyn »

« C'est ça. Nous n'arrivions pas à nous supporter avec Violette, et chaque conversation devenait une source de conflit. Nous venions d'adopter Amy, Emily à l'époque, et Violette a osé faire une remarque sur cette adoption, remarque que je n'ai pas supporté. J'ai donc demandé à mon frère de choisir entre sa femme ou sa famille, et nous connaissons donc tous les quatre le choix qu'il a fait »

Amy avait croisé les bras de nouveau. Elle commençait à comprendre le choix fait par son père, mais elle n'arrivait pas encore à l'accepter. Pourquoi ne pas simplement ignorer Violette, ou alors se faire rencontrer les deux cousines lorsqu'elle n'était pas là ? Tout se mélangeait dans sa tête, et pour seule parole, elle répondit :

« Il reste du vin ? »

Une personne extérieure à la maison aurait pensé qu'Amy se comportait littéralement comme une enfant gâtée, et même elle le ressentait. Elle n'aimait pas cette attitude, et pourtant elle ressortait de temps en temps. Deux Accio plus tard, la bouteille de vin blanc et quatre verres à pied ballon étaient disposés sur la table. La Directrice de Serdaigle prit un demi-verre et le sirota tranquillement, telle une enfant buvant son jus d'orange. Finalement, et alors que ses parents la regardaient d'un air soupçonneux, elle finit par commenter les explications de son père.

« Soit. Donc vous ne vous supportiez pas avec Violette. Pourquoi n'avez vous pas tout simplement fait abstraction de sa présence ou mieux, organiser une rencontre lorsqu'elle n'était pas là ? J'ai un peu de mal à comprendre comment on peut tirer un trait sur son propre frère, papa. Vous n'avez même pas fait l'effort pour nous. Je suis vraiment déçue ».

Le tout en regardant son père, principal acteur du problème, droit dans les yeux. Amy se demandait ce que pouvait bien penser Octavia à cet instant. Sans doute comprenait elle la décision des deux frères, elle qui n'adressait plus non plus la parole à ses parents. Reprenant une gorgée de vin, elle attendit désormais d'entendre soit les justifications de ses parents, soit la réponse de sa cousine.

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

La généalogie des Peters  Floride 

Octavia, l'espace d'un instant, s'imagina ce qu'aurait été son enfance si Amy en avait fait partie. Se seraient-elles entendues, petites ? Auraient-elle passé des après-midis à jouer à la marelle, au chat perché, aux cartes ? Auraient-elles « fait les quatre-cent coups », installant entre elles une complicité unique et invincible ? Octavia aimait Amy, bien sûr, mais elle l'aimait d'adulte à adulte ; il n'y avait pas de souvenirs à se raconter, pas de moments mémorables partagés. Leur relation ressemblait plus à de l'amitié qu'au lien censé unir deux cousines. Octavia pensa qu'Amy aurait pu être sa main tendue, son réconfort, qu'elle aurait pu être la personne acceptant ses rages, qu'avec elle, tout aurait pu être un peu moins noir.

Henry ne tarda pas à répondre, s'expliquant de façon plutôt crue. Il annonça de but en blanc que c'était à cause de Violette, et lorsqu'il dit à Octavia qu'il ne savait pas quelle relation elles entretenaient, le professeur de Sortilèges ne put retenir un petit sourire amusé. Elle ne se moquait pas directement de Henry ; elle trouvait simplement que ses propos étaient plein d'une ironie involontaire assez drôle. Lorsque le père d'Amy révéla que Violette avait fait une remarque désagréable sur l'adoption des Holloway, Octavia n'en fut que moyennement surprise ; au fil des années, Violette était devenue de plus en plus acariâtre.

Le professeur de Sortilèges tourna la tête vers sa cousine, qui avait croisé les bras et qui ne semblait pas convaincue. Octavia s'était rendue compte, au fil des discussions, qu'Amy avait un tempérament de feu, et elle ne fut pas étonnée par sa réaction. Elle prit un verre de vin, le sirotant tranquillement, faisant volontairement attendre l'assemblée. Ses parents devaient probablement attendre la réaction de leur fille avec inquiétude, et Octavia n'aurait pas étonnée d'apprendre qu'Amy stimulait volontairement cette inquiétude.

Enfin, Amy lâcha la bombe, et elle non plus, elle ne mâcha pas ses mots – cela devait être un trait de famille. Elle se déclarait déçue, et Octavia comprenait ce que sa cousine pouvait ressentir, car elles étaient dans la même situation ; elles vivaient toutes les deux le regret de n'avoir pu s'aimer plus tôt, alors que cette possibilité avait été à portée de main de leurs parents durant de longues années. C'était difficile, pour un enfant – et particulièrement pour un enfant aimé, comme Amy – d'accepter que ses géniteurs aient fait le choix de leur cacher un aspect de leur propre arbre généalogique. Octavia avait de la rancœur parce qu'elle savait que son enfance aurait pu être illuminée par la présence d'une cousine, et Amy avait de la rancœur parce qu'elle se sentait trahie par ceux à qui elle avait toujours fait aveuglément confiance.

Pourtant, l'explication de Henry n'avait pas sonné creuse pour Octavia. Tombée dans n'importe quelle autre oreille, cette argumentation pouvait sembler assez faible, mais Octavia, elle, pouvait comprendre ce qui avait déchiré ces deux familles. Violette était une femme qui rêvait d'indépendance et d'aventure, d'amants et de nouveautés, de culture et de bouts du monde. Elle aimait fumer le soir sur son balcon, elle aimait lire de vieux romans, elle aimait la ville. Elle vénérait la liberté là où les parents d'Amy semblaient préférer la stabilité. Violette s'opposait à Carolyn et Henry en tous points.


« C'était vraiment compliqué. On ne pouvait plus se voir, plus discuter. Et...  »

Henry sembla hésitant, croisa brièvement le regard d'Octavia, puis reprit, un peu gêné.

« - Andrew n'était plus vraiment comme avant. Même avec lui, ça n'allait plus.
- Je comprends, lâcha Octavia. »

Le regard des parents d'Amy se tournèrent vers la jeune femme, et celle-ci continua :

« Ma mère n'était pas vraiment facile à vivre. Je peux comprendre que le différend ait été suffisamment conséquent pour que vous en soyez arrivés à couper les ponts. »

Octavia jeta un œil à sa cousine, se promettant d'en reparler avec elle, plus tard, en privé.

« Mais que voulez-vous dire, quand vous affirmez que mon père a changé ? Comment était-il avant ? »

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

La généalogie des Peters  Floride 

Prenant son verre de vin entre les doigts de sa main droite, Amy fit tourner le breuvage en bougeant le verre, attendant plus ou moins patiemment les explications fumeuses de son père. La professeure de Défense contre les Forces du Mal en voulait à ses parents, c'était sûr. Peut-être qu'après leur conversation, elle prendrait le temps de réfléchir seule à tout ça, mais pour le moment, elle écoutait ce que son père lui répondait. Il expliquait qu'il était devenu trop compliqué de se voir et que même l'attitude d'Andrew était devenue insupportable. Octavia répondit d'un coup qu'elle comprenait, ce qui fit se retourner les trois autres têtes présentes dans le salon. Elle expliqua par la suite que sa mère n'avait pas été facile à vivre et qu'elle comprenait que les deux frères aient pu couper les ponts.

Octavia profita de ce moment d'attention pour poser une question à Andrew, à propos de l'attitude de son frère. Amy vit qu'Andrew hésitait quelque peu avant de répondre, ce qui intrigua encore plus la directrice de Serdaigle. Peut-être essayait-il de ne pas blesser Octavia avec ses paroles ? La rousse reporta son attention sur sa cousine, essayant de voir l'attitude qu'elle pouvait prendre à la suite des explications de son père. Son visage ne semblait trahir aucune émotion.


« Avant, il était plutôt du genre tranquille, vie calme et posée mais sans non plus avoir trop d'attaches. Lorsqu'il a rencontré ta mère, son attitude a radicalement changé. On aurait dit qu'il était sous l'emprise d'un philtre d'amour, tellement il était amoureux. Je voyais au fil de leur relation qu'il perdait tout intérêt pour autre chose que ta mère. C'en était maladif même. Il en venait à chaque fois a défendre sa femme, tout en sachant pertinemment que c'était elle qui avait tort »

Andrew fit une pause et Amy baissa les yeux, très peinée. Elle sentait au ton de la voix de son père que cela l'avait beaucoup touché et elle s'en voulu d'avoir été si méchante quelques minutes avant. Couper les ponts avec celui qui était son frère avait du être une décision très difficile à prendre. Elle reporta son attention sur ses parents, cherchant en même temps quelque chose à leur dire. Elle n'oubliait pas le fait que Henry et Carolyn avaient totalement omis de lui parler d'Octavia, sachant qu'ils étaient au courant de son existence même en ayant cessé de se parler.

« Je.. Ok, vous avez coupé les ponts, ça peut se comprendre. Toujours est-il que vous n'avez jamais réessayé de reprendre contact ? Même pas pour savoir ce que chacun était devenu ? »

Amy n'était pas du même sang que ses parents, car ses parents biologiques était pour l'un disparu et pour l'autre morte. Néanmoins, lorsqu'elle avait divorcé d'Adrian, elle avait pris le soin de venir à sa rencontre lorsque celui-ci avait fait le premier pas. Ils avaient fini par se rencontrer aux Trois Balais, le pub le plus apprécié de Pré-Au-Lard et avaient fini par mettre les choses aux point. Tout ne s'était pas passé à merveille mais ils avaient réussi à mettre les choses à plat et à repartir sur des bases saines. Même si la situation était différente, Henry et Andrew pourraient faire un petit effort chacun de leur côté. C'est ce qu'Amy finit par proposer après avoir entendu la réponse négative de son père. Reposant son verre aux trois quarts vide, la professeure de Défense contre les Forces du Mal reprit la parole.


« Pourquoi ne pas essayer ? Octavia, sais-tu si ton père et ta mère ont gardé des contacts ? Pourrais-tu nous donner l'adresse de ton père ? »

Reducio
Toutes mes excuses pour ce retard !

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

La généalogie des Peters  Floride 

Son drame

Du genre tranquille. Un homme fondamentalement généreux, évitant les conflits, souhaitant vivre une vie paisible, sans problèmes, animé par le rêve d'un futur où aurait régné l'amour simple et conformiste. Andrew aurait voulu une existence faîte de sobriété et de normalité. Il avait eu tout le contraire. Violette était arrivée, avait tout chamboulé, et pourtant, il ne s'était pas rebellé. C'est difficile, voire impossible, de comprendre pourquoi il était resté à ses côtés si longtemps alors que Violette était son contraire et avait des envies complètement opposées aux siennes. Le Andrew qui était sous l'influence de Violette était insupportable, inanimé ; n'importe qui aurait eu envie de le secouer, de lui ordonner de se réveiller, de lui dire de la laisser tomber, de lui assurer qu'il n'avait pas besoin d'elle, qu'il n'était pas trop tard pour partir, que leur relation était vouée à l'échec, non, que leur relation était déjà un échec. « Vous n'allez pas ensemble, ça ne va plus, elle t'a enlevé toute ta joie de vivre, quitte-la, t'es encore jeune, tu peux recommencer à zéro, allez, bouge-toi ! » Et lui qui n'écoutait rien, qui hochait la tête mais qui n'appliquait pas les conseils qu'on lui donnait.

Parce que la relation qui unissait Andrew et Violette était plus complexe que ça. Il ne s'agissait pas seulement d'un couple rouillé. On ne pouvait pas résumer leur lien sous son seul aspect néfaste. Il y avait eu de l'amour, autrefois. Elle avait tout quitté pour lui, il avait tout entrepris pour elle. Elle lui avait offert les plus belles années de sa vie, il avait été son coup de foudre. Il avait été son rêve, elle avait été son drame. Il avait eu besoin d'un drame dans sa vie et il avait eu le plus beau d'entre tous.

Il n'aurait pas pu la quitter. Il lui aurait tout donné. Il lui avait tout donné, d'ailleurs. Elle avait été son modèle, l'amour de sa vie. Il avait eu le sentiment qu'il devait finir sa vie avec elle, que cela ne pouvait pas se terminer autrement, qu'ils étaient faits pour se tuer l'un l'autre. Il ne parvenait pas à imaginer les choses autrement. Violette était son tout, il ne pouvait pas l'expliquer. C'était comme ça. Ça devait se passer comme ça. Comprenez, maintenant, que d'un point de vue extérieur, Andrew n'était devenu qu'une vieille flasque inerte. Henry avait probablement eu cet avis-là sur son propre frère, et comment lui en vouloir ?

Octavia grandissait et commençait à mieux s'expliquer le lien qui unissait ses parents, même si elle était encore loin d'en saisir toute la complexité. Elle comprenait que son père ait été sous l'emprise d'une femme avec qui il avait vécu une relation trop passionnelle, même si elle ne lui pardonnait pas son incapacité à se reprendre en mains. Mais le pire, c'était sa mère, avec son égoïsme si marqué, ses rêves insensés, son irresponsabilité. Elle était à l'origine de tous les maux.

Violette, pourtant, n'avait jamais fait que rêver. Elle avait été folle de vivre, ivre d'aventures, de nouveauté et d'amour. Elle aurait voulu une vie de péripéties, de folie, de passion, elle voulait connaître le monde et l'amour inconditionnel. Elle avait le goût du risque, elle voulait traverser les océans, dévorer la vie. Elle avait rencontré Andrew, et au départ, tout avait été parfait. Ils étaient si différents, si amoureux, ils vivaient une histoire si belle ! Mais ça n'avait pas duré, bien sûr. Et c'est là que Violette avait commis l'erreur, celle qui lui avait coûté tous ses rêves ; Octavia. Elle aurait pu abandonner son enfant après sa grossesse, mais elle s'y était refusée. Elle avait décidé de s'en occuper, de l'élever, d'assumer sa décision, de rester avec Andrew. Elle s'était privée de tout. Elle avait tout abandonné pour Octavia, elle avait dit adieu à ses voyages, à ses milles futures histoires d'amour. Mais cela n'avait pas suffi. Octavia avait grandi et un jour, Violette avait craqué ; elle avait quitté Andrew, s'attisant la haine de sa fille, qui avait quitté le domicile familial très tôt. Violette aurait peut-être pu reprendre sa vie là où elle l'avait laissée, mais elle ne l'avait pas fait. Ces années de morosité lui avaient tout pris.

Amy demanda s'ils n'avaient même pas essayé de reprendre contact, et la réponse fut négative, ce qui n'étonna personne. Même si vous aimez profondément quelqu'un, après plusieurs années sans cette personne, vous finissez inévitablement par ne plus ressentir le manque. C'était probablement ce qui s'était passé pour les frères Peters. Mais Amy ne s'arrêta pas là ; elle proposa d'essayer. L'idée n'avait même pas effleuré l'esprit d'Octavia ; elle était venue ici pour avoir des réponses, pas pour jouer les entremetteurs. Mais après tout, pourquoi pas ? Qu'avaient-ils à perdre ? Rien.

Octavia jeta un coup d’œil aux parents d'Amy, histoire de vérifier qu'ils n'étaient pas totalement hermétiques à l'idée. Elle interrogea silencieusement Henry en penchant légèrement la tête, et il lui répondit en hochant la tête.

« Je ne crois pas qu'ils se parlent encore. Ça m'étonnerait. Ils ont divorcé quand j'avais neuf ans. Ils ne se parlaient que pour s'organiser concernant ma garde, mais depuis que je suis majeure, je ne crois pas qu'ils aient trouvé une nouvelle raison pour s'adresser la parole ou faire semblant de s'intéresser l'un à l'autre. »

Octavia sourit légèrement au père de sa cousine – qu'elle devait donc apparemment considérer comme son oncle –, comme pour le rassurer. Elle montra ensuite du doigt un calepin, qui était posé sur un meuble, lui demandant par ce geste si elle pouvait s'en servir pour noter l'adresse de son père. Après avoir obtenu l'accord de Henry, elle sortit sa baguette magique, attira le carnet et un stylo plume avec un Accio, puis elle écrivit.

« Voilà, annonça-t-elle en tendant le calepin à son oncle. »

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

La généalogie des Peters  Floride 

Octavia prit le temps de répondre à Amy. Peut-être que sa cousine ne souhaitait pas dévoiler cette information aux parents de la rousse ? Finalement, elle finit par annoncer que ses parents à elle ne s'adressaient plus la parole depuis qu'elle était majeure et par conséquent depuis qu'ils n'avaient plus à gérer la garde de la jeune femme. Amy fut peinée de cette information. Elle ne pouvait pas imaginer son enfance, son adolescence avec des parents divorcés. Amy se demandait comment un enfant pouvait vivre cette situation. Passer une semaine chez un parent, une semaine chez l'autre, sans jamais avoir les deux ensemble tout le temps, cela ne devait pas être plaisant. Les parents d'Amy s'étaient disputés, bien sûr, plusieurs fois, mais ils avaient toujours répété à la jeune fille qu'ils s'aimaient et que non, ils ne divorceraient pas.

En y repensant, heureusement que la professeure de Défense contre les Forces du Mal n'avait pas eu d'enfant avec son ex-mari. Etant donné que les deux étaient séparés désormais et qu'Amy était désormais professeure et Directrice de Maison, il lui aurait été difficile de voir son enfant régulièrement. Néanmoins, elle n'en avait pas et ne pourrait jamais en faire un d'elle-même, alors l'histoire était close. Les yeux dans le vague, elle vit Octavia sortir sa baguette et apporter avec un Accio le petit carnet qui était posé sur un meuble à trois tiroirs. Sa collègue griffonna une adresse sur l'une des pages, puis tendit le calepin au père d'Amy, qui le prit en la remerciant. La Directrice de Serdaigle se décida à reprendre la parole.


« Merci Octavia. Papa, j'espère que tu écriras très vite à ton frère, histoire de rattraper le temps perdu. Utilises un hibou, ce sera plus simple que La Poste ».

Amy se leva, et annonça qu'elle allait rapidement dans sa chambre pour récupérer quelques affaires. Si Octavia avait quelque chose à ajouter à l'attention de son désormais oncle, elle pouvait le faire sans forcément que la rousse le sache. Elle monta quatre à quatre les marches menant aux pièces réservées à la nuit, et ouvrit la porte où un « E » était peint en gris foncé. Le E d'Emily. Sa chambre n'avait pas changé. Le lit deux places était au milieu de la pièce, qui faisait environ vingt mètres carrés. Son placard et sa penderie étaient à gauche en entrant, un fauteuil impression matelassé était installé à côté. A droite, une bibliothèque était également installée, et la porte menant à sa salle de bains personnelle était entrouverte. Amy se dirigea vers la bibliothèque et récupéra trois livres qui lui seraient utiles pour les cours qu'elle préparait. Quelques secondes plus tard, elle redescendit dans le salon et prit une nouvelle fois la parole, sans savoir s'il y avait eu une conversation supplémentaire entre les membres de sa famille.

« Peut-être est-il temps de partir...Sauf si tu veux encore rester Octavia ! »

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

La généalogie des Peters  Floride 

Octavia se demanda si Henry comptait véritablement contacter son frère ou s'il avait accepté le calepin juste pour faire plaisir à sa fille. Les liens fraternels étaient rompus depuis de nombreuses années et ils avaient sans doute tous les deux appris à vivre sans l'autre. Pourquoi tenter de renouer alors qu'ils s'étaient probablement habitués à la séparation ? Octavia se demandait comment réagirait Andrew si Henry le contactait. Il serait surpris, sans doute, mais prendrait-il seulement la peine de répondre à son frère ?

Quand Amy quitta la pièce, Octavia se sentit légèrement gênée, comme pouvaient l'être des enfants qu'on laisse en compagnie de quasi-inconnus. Mais elle avait grandi, maintenant, et elle savait se comporter en société. Elle masqua son malaise, laissa un sourire de convenance naître sur ses lèvres et reprit la parole.

« Je crois que si Amy insiste autant, c'est parce qu'elle ne comprend pas très bien qui est mon père. »

Henry ne réagit pas vraiment, semblant très pensif, mais Carolyn hocha doucement la tête. Octavia n'aimait pas tirer de conclusions trop hâtives, mais il lui sembla que cette femme était d'une maturité et d'une sagesse exemplaires. Elle avait cette autorité naturelle qui ne donnait pas envie de tester ses limites. De toute façon, il fallait être un idiot fini pour essayer d'agacer une femme aussi calme que Carolyn.

« Tu crois qu'il serait content de lire une lettre d'Henry ? »

Octavia fronça les sourcils sous la concentration, essayant de se souvenir de l'attitude son père, de la façon dont il pourrait réagir face à cette situation. C'était un homme si posé, si peu expressif qu'il était difficile d'anticiper ses réactions. Sans compter qu'en dix ans, il avait sans doute changé.

« Difficile à dire. Si vous tenez à lui envoyer une lettre, faîtes-le, mais je pense que vous feriez mieux de ne pas vous forcer. »

Ils n'avaient sans doute pas grand-chose à perdre dans cette histoire, mais pas grand-chose à gagner non plus. Si la situation actuelle leur convenait, pourquoi changer ? C'était à eux seuls de décider de ce qu'il fallait faire, et s'ils pensaient que l'idée d'Amy était merveilleuse, tant mieux ! Mais qu'ils ne s'obligent pas à écrire de lettre si ils croyaient que cela pourrait leur apporter des problèmes ou de l'angoisse. Amy voulait bien faire, mais elle n'était pas à la place de ses parents.

Henry sourit brièvement à Octavia, comme pour lui assurer qu'il gérait la situation et qu'elle n'avait pas à s'inquiéter. En fait, Octavia n'était pas du tout inquiète, parce qu'elle savait les Peters assez grands pour prendre leurs décisions seuls, mais elle avait simplement tenu à leur préciser qu'elle pouvait comprendre qu'ils ne souhaitent pas reprendre contact avec Andrew.

Ce fut plus ou moins à ce moment-là que Amy redescendit dans le salon, annonçant presque subtilement qu'elle souhaitait quitter les lieux. Quand sa cousine lui demanda si elle voulait encore rester quelques instants, Octavia répondit que non, elle ne voulait pas déranger Carolyn et Henry. De toute façon, qu'aurait-elle bien pu avoir à faire ici si Amy elle-même estimait que tout avait été dit ? Octavia avait obtenu des réponses à ses questions, elle n'en demandait pas plus. Elle adressa donc quelques mots de remerciements aux Peters, les salua, leur serra la main, bref, elle obéit aux convenances. Elle laissa bien sûr Amy leur dire au revoir correctement – elle ne les reverrait peut-être plus pendant quelques temps – en s'efforçant de ne pas être jalouse. Il fallait qu'elle apprenne à supporter la vue de banales scènes familiales.

Une fois dehors, elle fut à nouveau surprise par la température ; la maison des Peters avait une bonne climatisation et Octavia ne s'était pas attendue à cette chaleur extérieure. Elle ne tenait pas à subir de choc thermique, alors avant de transplaner, elle se prépara mentalement à la température plus froide qui l'attendait de l'autre côté du monde.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.