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 Edinburgh - UK  Le cimetière de Greyfriars  Solo 

CHAPITRE II : Le cimetière de Greyfriars

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Il faisait froid entre les pierres tombales malgré la température ambiante du mois de septembre. Seules les tombes rendaient l'air humide, lourd, froid. Elles donnaient la chair de poule, faisaient froid dans le dos. Au milieu du cimetière se tenaient un groupe de personnes, toutes vêtues de noir. Ce noir-là n'était pas comme les autres noirs. Le simple fait que ce noir se trouvait dans un cimetière faisait qu'il était différent. Il était encore plus noir que le noir des plus profonds, sombre, obscur. Le cercueil que ces gens fixait était tout aussi noir, avec des ornements en or. Il n'existait pas de noir plus noir que celui-là.

S'ajoutait au noir des vêtements la pluie. Elle ne les rendait pas plus noirs, puisqu'ils étaient déjà au plus noir, logiquement. Toute cette atmosphère était morbide, et l'odeur du noir régnait. Il ne laissait même plus la place à la tristesse, à la désolation. Il empêchait les proches d'Elain pleurer, il les empêchait de gémir, d'être triste, et même d'être en colère contre le noir. Et le noir, James le détestait. De toutes ses forces, il luttait contre lui, de lui avoir enlevé sa mère. Il pensait que c'était la faute de cette couleur, qui n'était en fait pas une couleur. Lui seul arrivait à pleurer, pourtant le moins proche d'
elle de tous ceux présents ici. Peut-être y avait-il une raison psychologique dans tout ça, peut-être pas.

Le jeune garçon de 12 ans se risqua à quitter du regard le cercueil de sa chère mère pour jeter un coup d'œil autour de lui. Ses frères et sœurs avaient le visage neutre, sans expression. Aucune larme ne coulaient, aucun œil n'était plissé, aucune joue n'était froissée. On aurait dit des pantins, comme si eux aussi avait quitté ce monde avec Elain. Le seul enfant qui n'était pas venu était Niels, étrangement, il disait qu'il avait autre chose à faire que se morfondre devant une tombe - qui pourtant était celle de sa mère. Il avait subi la colère d'Alan, mais était resté indifférent. Ça lui passait complètement au-dessus de la tête.
Restaient ses cousins - il en avait très peu -, et leurs parents, ainsi que deux amies proches d'Elain, Caroline et Amanda - des copines de thé, en quelque sorte.


"Elain Marie Jeanne Walteren-Silvershade, repose en paix."

Ce fut les seules paroles qu'Alan put prononcer, car le noir empêchait de s'exprimer, de quelque manière que ce soit, sauf pour James. Il fallait faire beaucoup d'efforts pour sortir complètement de l'emprise du noir.

À suivre...

Love story turns easily into a tragedy - James et Rosalys

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Tout le monde était rassemblé dans la pièce principale du manoir, sauf les cousins de James et leurs parents qui étaient partis après l'enterrement. Alan allait prononcer un discours pour sa femme. Il l'avait préparé la veille. Le noir avait lâché son emprise sur ceux qu'il avait affectés - tous, sauf James.
L'homme prit une certaine inspiration et se lança.


« Elain, nous nous sommes mariés en 2017, cela fait maintenant vingt-cinq ans que je passe mes journées avec toi. Il y a eu des moments de tensions, d'autres de bonheurs ; et notre union a su résisté aux mauvais moments. Nous t'aimons fort. »

Ce discours était plutôt court, mais c'était déjà quelque chose. Le visage de James était impassible. Personne n'aurait pu discerner ce qui se tramait dans sa tête, ni ses émotions. Pourtant, ils pouvaient se douter de quelque chose, du fait même qu'il soit neutre.
Il ne voulait rien dire, ne voulait pas parler. Il restait muet comme une carpe, et faisait presque le sourd, histoire de savoir ce qui se passait. Il ne souhaitait pas réagir à ce discours. Il avait moins aimé sa mère qu’il ne l’aurait dû, et en ce moment, il le regrettait. Il se rendait compte qu’il ne la verrait plus, qu’il ne pourrait plus lui parler, qu’elle serait absente dans leurs discussions familiales - même s’il y en avait très peu.
La famille serait réduite d’un membre. Étant le dernier de la famille, c’est celui qui avait passé le moins de temps avec elle, et qui avait le moins d’affinités.

La raison pour laquelle il y avait très peu de monde était qu’Alan ne voulait pas mettre au courant tout le Royaume-Uni. En effet, ils connaissaient des gens un peu partout dans le pays. Le père de James ne voulait pas recevoir autant de monde chez lui, il n’en avait pas le courage, mais s’était dit qu’il enverrait des hiboux aux gens qu’il considérait comme importants. Il avait donc voulu faire ça en intimité, en petit comité.

La sœur de James, Elena, s’approcha de son père et l’enlaça de ses bras, puis Thomas se joignit au câlin, puis Jake, Mary, et enfin James.
Caroline et Amanda se sentaient un peu de trop, mais ce malaise passa bien vite lorsque le câlin familial fut passé. Alan déclara qu’ils pouvaient se servir sur le buffet, mais James ne voulait absolument rien manger. Ce qu’il voulait, c’était s’enfermer dans sa chambre pour le reste de la journée. Le lendemain, il repartirait à Poudlard, et le routine reprendrait.
La chambre du garçon se situait à l’autre bout du Manoir Walteren. Celui-ci comptait huit chambres, et celle qu’occupait James était plutôt spacieuse. Le Poufsouffle sortit donc discrètement du séjour pour accéder à l’entrée, et monter les escaliers jusqu’au deuxième étage. Il traversa le long couloir qui donnait sur le bureau de son père, une grande salle de bain, et la bibliothèque pour arriver au bout dans sa chambre.
Un lustre de cristal pendait au plafond, et du papier peint gris avec des motifs arborait les quatre murs de la pièce. James s’affala sur son lit qui était situé à droite de la porte, et enfouit sa tête sous son oreiller.

Il ne savait plus où donner de la tête.


À suivre… ou peut-être pas…

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