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 Angleterre  These are your strings, Pinocchio - Solo

_ 04 Juillet 20428h42

L’été. Cette période où tous les petits sorciers de Poudlard retrouvaient leur maison d’enfance et pouvaient à nouveau partager des moments avec leur famille. Echoe n’avait pas été pressée de descendre du train. Pendant un instant, elle s’était même demandée si ses parents allaient se pointer à Kings Cross. Et ils étaient là, fiers accompagnés d’Athena qui lui semblait tellement grande maintenant. Et dire qu’elle était supposée faire sa rentrée à Poudlard l’an prochain. Avant de sortir du train, elle avait embrassé Ambre sur la bouche, retenant les larmes qui voulaient lui échapper.
Et elle avait posé le pied sur le quai et avait lentement marché en direction de sa famille. Ses parents l’avaient salué avec politesse, et sa sœur l’avait étreint. C’était à cet instant qu’elle réalisa qu’il y avait un an qu’elle n’avait pas pu la serrer contre elle, et à quel point celle-ci lui avait manqué. Et la famille Caterwool avait disparu rapidement en un pop.

Pendant une courte semaine, tout s’était bien passé. Evidemment, Echoe ressentait un certain dédain quand elle croisait ses parents et qu’ils voyaient encore ses cheveux roses. Mais ils semblaient tenir leurs langues pour le moment. Ils n’avaient pas non plus parler de la lettre qu’elle leur avait envoyée au mois d’Avril, leur disant qu’elle ne souhaitait pas étudier à Salem. Mais elle sentait la glace sur laquelle ils marchaient s’affiner de jours en jours.

Elle était assise à la table du petit-déjeuner, rituel obligatoire dans la famille Caterwool. Elle préparait dans sa tête le petit entraînement de Quidditch qu’elle avait prévu. Il n’était pas question qu’elle arrête la seule chose qui la faisait sentir en vie. Seulement, lorsque le hibou de la famille déposa le journal, une lettre au sceau de Poudlard tomba aussi sur la table.
Elle ouvrit grand les yeux, et sentit son estomac se nouer. Elle n’avait pas pensé que ses notes arriveraient si vite. Elle n’avait pas pensé que ses notes viendraient un jour, à vrai dire.
Son père s’empara de la lettre, et tourna la tête vers Echoe en haussant les sourcils. Elle ne savait pas quelles notes elle avait pu obtenir. Mais elle savait bien que ce n’était pas ce que ses parents désiraient, et ce que Salem demandait pour entrer dans leur école. Elle avait fait le nécessaire pour s’en assurer.

- P ?! Qu’est-ce que ça veut dire ?

- Potions, non ?

Athena pouffa à côté d’elle, et elle s’empêcha de rire avec elle.

- Tu te crois drôle peut-être ? Ne réalises-tu pas ce que ça signifie ?

Elle haussa les épaules. Sa mère, au-dessus de l’épaule de son père, prit connaissance des notes de sa fille.

- Désolant en Histoire de la Magie, Acceptable en Défense Contre les Forces du Mal et Métamorphose. Effort Exceptionnel en Sortilèges. Tu nous gâtes ma fille.

Echoe baissa la tête. Son plan avait peut-être trop bien marché. C’était étrange de recevoir des notes qu’elle savait ne mériter pas, mais pourtant la qualifierait à l’avenir. Elle n’avait pas l’impression qu’on parlait d’elle. Elle qui avait eu pratiquement des Optimals depuis qu’elle avait posé le pied à Poudlard.

- Tu peux nous expliquer ce qui t’es arrivée ?

Elle était face à ses parents, et sa petite sœur à côté la regardait curieusement. Elle n’avait plus les mots, elle ne savait plus quoi dire.

- Je ne sais pas… Je… J’avais la tête ailleurs.

Son père leva les yeux au ciel.

- C’est certain que tu ne l’avais pas dans tes livres.

- J’essayais… mais je n’arrivais pas à oublier votre lettre.

Elle essaya d’adopter une voix plus douce, plus basse, comme si elle allait pleurer. Ce qui n’était pas improbable.

- Ca va être de notre faute maintenant ?

Elle avait envie de répondre oui. De crier oui, même. Parce que oui, c’était de leur faute si elle avait pleuré la moitié de l’année scolaire, que son ventre se tordait de douleur quand elle voyait les autres élèves recevoir du courrier et pas elle, quand les autres élèves prenaient le train pour rentrer chez eux et pas elle.

- Vous ne m’avez même pas écrit pendant l’année, elle déclara faiblement.

Elle sentit la main de sa sœur glisser dans la sienne sous la table, et pendant un moment, elle se demanda ce qu’avait pu vivre Athena, elle aussi.

- Je croyais que justement c’était notre lettre qui t’avait perturbée. Imagine alors si nous t’avions écrit plus souvent. Sa mère rétorqua.

Elle leva les yeux. C’était tellement typique de sa mère de retourner une situation de cette façon.

- Vous m’avez envoyé deux lettres. La première pour me dire de rester à Poudlard pour les fêtes de fin d’année et la seconde pour me dire que nous allions déménager et que je quitterai Poudlard. Vous ne m’avez pas demandé de mes nouvelles ou comment s’était passé mon premier match de Quidditch. Vous n’en aviez rien à faire de moi.

Alors qu’elle s’énervait, qu’elle criait ses mots de colère et de rage, les premières larmes la trahirent et sa voix commençait à trembler.

- Tu ne fais aucun effort pour montrer que tu es digne de notre intérêt.

Elle absorba la méchanceté de sa mère comme un cognard dans le dos. Et elle savait de quoi elle parlait.

- Capitaine de l’équipe de Quidditch, ce n’est rien peut-être ?

Son père prit la parole.

- Parce que tu penses faire carrière dans le Quidditch, peut-être ?

- Et pourquoi pas ? Tu ne m’as pas toujours dit de suivre mes passions ?

- Ce n’est pas envisageable. Ce n’est pas une carrière.

- Ce n’est pas ce que tout le monde dit. Je n’irai pas à Salem.

- Avec ces notes là, c’est certain. Mais tu viendras quand même en Amérique, avec nous.

Elle fit un signe négatif de la tête, sa vision floue par les larmes. Trahision. Abondon. Elle ressentait ça tellement fort, qu’elle avait envie de crier, d’exploser.

- Tu n’as pas le choix, Echoe.

- Je suis certaine que j’ai mon mot à dire, elle se força à articuler en relevant la tête et en fixant de ses yeux rouges son père.

- Si c’est pour du Quidditch, tu retrouveras ça en Amérique.

- Non !

- Alors quoi ? C’est un garçon, c’est ça ? Tu penses vraiment que nous chamboulerions tous nos plans juste pour tes petits amours enfantins ?

- Je ne vous demande pas de chambouler vos plans. Vous pouvez partir, je ne vous retiens pas.

- Eh bien je savais que ce n’était pas à Poufsouffle qu’on faisait les sorciers le plus intelligents, mais vraiment ta stupidité arrive à me surprendre.

Elle se mordit les lèvres et dégagea sa main de celle de sa sœur pour serrer les poings.

- Tu penses vraiment que nous te laisserons toute seule sur un autre continent ?

- Vous pouvez toujours me laisser avec Oncle Artorius.

Son père rigola. D’un rire presque sadique qu’il en était douloureux.

- S’il n’a pas d’enfant c’est certainement pas pour se coltiner ceux des autres.

- Tu n’en sais rien, elle marmonna en baissant les yeux.

Elle était certaine de se rappeler qu’il lui avait dit qu’il serait toujours là pour elle. Après tout, il lui avait offert son souafle ensorcelé allant à l’encontre de la volonté de ses parents. Il se souciait d’elle, lui. Mais avait-il dit ça comme on offre une tasse de thé ? Etaient-ce des paroles sincères ?

- Et surtout une gamine aussi impertinente que toi.

A nouveau, elle n’avait pas d’autre choix que d’accuser le coup, de manger les remarques comme des tartes tatins qu’on lui lançait à la figure. Mais elle n’en pouvait plus. Elle ne pouvait plus.

- C’est étrange non, que vous soyez les seuls à me décrire comme ça, vous ne trouvez pas ? Vous ne pensez pas que justement, il est là le problème ? Là juste devant moi ?

Son père l’observa pendant de longues secondes, la détaillant avec sa robe noire et ses cheveux roses. Il ne pouvait plus la regarder. Sa vision lui brûlait les yeux.

- File dans ta chambre. Il conclua en détournant le regard.

- C’est vrai que c’est bien connu pour résoudre les problèmes.

Elle fit glisser bruyamment sa chaise sur le sol, avança de deux pas et s’arrêta.

- D’ailleurs, c’est Ambre, son prénom. C’est une fille, au cas où vous n’aviez pas compris.

Elle entendit ses parents s’exclamer derrière elle et elle ne peut réprimer son sourire. Parce que pour une famille aussi conservatrice que les Caterwool c’était bien pire qu’avoir des cheveux colorés.

- Dis donc, c’est dingue les erreurs que vous avez pu faire avec votre premier gamin, hein.

Elle savait qu’elle avait aggravé sa situation, que toutes ses chances de rester à Pourdlard venait de disparaître. Mais avait-elle eu une chance au moins ? Elle, seule, face à ses parents et leurs projets, face à sa sœur et son rêve et face à la menace terroriste qui les poussait tous à disparaître.

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› Elève du mois de Juillet 2016.
Le souffle des Poufsouffle, jamais ne s'étouffe !
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- 08 Juillet 2042 9h10

Echoe n’avait pas été autorisée à sortir de sa chambre avant quelques jours, comme si sa simple existence était une abomination. Sa situation lui faisait penser au passage qu’elle avait pu lire dans la biographie d’Harry Potter. Et comment la situation était inversée. Elle aurait bien échangé ses parents contre son oncle, ou même ses autres oncles et tantes.
Elle n’avait même pas le droit d’utiliser sa chouette. Elle était presque certaine qu’ils avaient peur qu’elle envoie des hiboux à Ambre.
Elle avait accès à ses livres de cours, et voilà tout. « Pour se remettre à niveau » comme ils lui avaient dit en embarquant sa malle.
Mais ce matin, ses parents étaient devant sa porte alors qu’ils leur apportaient un plateau pour le petit-déjeuner.

- C’est officiel, tu as été rejetée de Salem, la salua sa mère.

Elle pinça les lèvres à la fois de satisfaction et pour donner l’impression qu’elle était désolée. Bien sûr ils n’y croyaient pas.

- Mais ne crois pas que nous allons nous priver pour ton égoïsme. Ta sœur a une opportunité incroyable. Ton père a une opportunité tout aussi intéressante qui pourrait le faire connaître mondialement.

- Alors quoi ? Vous vous rassurez en disant que c’est pas grave de sacrifier le bonheur de votre autre fille ratée ?

Ses parents ne répondirent pas. Ce qui était en soit une réponse.

- Si tu n’es pas acceptée dans les autres écoles, nous engagerons des professeurs pour t’éduquer comme il le faut.

Elle soupira. Elle avait perdu. Son père la fixa quelques secondes avant de poser le plateau sur son bureau. Il l’embrassa sur le haut de son crâne, et pendant une seconde, elle avait envie de passer ses bras autour de sa taille et de le serrer contre elle.

- C’est pour ton bien Echoe, tu nous remercieras plus tard. Il parlait doucement, comme s’il y en était réellement convaincu.

- Je n’en suis pas sure.

Les larmes glissèrent sur ses joues. Elle allait quitter Poudlard. Quitter Ambre. Quitter Poufsouffle. Quitter les Frelons. Elle allait devoir se faire de nouveaux amis, s'intégrer et cette idée faisait trembler ses intestins. Ca avait tellement été difficile et c'était seulement grâce au Quidditch que finalement, elle s'était fait des amis, que la petite Echoe timide avait réussi à briser sa coquille. C'était simplement parce qu'elle savait qu'ici elle était la bienvenue. Elle n'était pas capable de revivre sa Première Année, la solitude et le doute. Douter de soi, de sa place dans le monde était un sentiment horrible.

- Vous êtes tellement hypocrites. Vous me dîtes de trouver ma voie et ensuite vous me forcez à devenir quelqu’un d’autre.

Ses parents restèrent de marbre, insensible à sa tristesse, à sa vulnérabilité. Elle n’était vraiment rien pour eux. Et c’était à la fois inconcevable et pourtant vrai.

- S’il vous plaît. Réfléchissez ! Vous allez me rendre malheureuse, et je vais vous rendre malheureux. Ce n’est pas une façon de vivre…

Elle craqua et pleura toutes ses larmes, attendant qu’une seule chose; que ses parents la prennent dans ses bras comme ils l’avaient fait avant qu’elle parte à Poudlard il y a deux ans.
Comment tout avait pu changer si vite ?

Ils refermèrent la porte.

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- 08 Juillet 204215h24

«  Chère Ambre. Ambrichou. Ambre,

Mes parents déménagent. Je ne reviendrais pas à Poudlard. Je suis terriblement désolée. Tu vas me manquer.

Cette lettre n’est pas facile à écrire...
 »

Echoe fixait ces mots depuis une longue demi-heure, incapable d’en écrire plus. Incapable de mettre fin à tout ça. Incapable de mettre un point final sur ces deux premières années. Il restait une chance. Elle devait essayer.

Elle attrapa un autre parchemin et prit sa plume. Il n’y avait aucune hésitation alors qu’elle écrivait sa nouvelle lettre.

«  Oncle Arturius,

A l’heure où nous faisons maintenant nos cartons, j’imagine que tu es au courant. Peut-être l’es-tu depuis un moment maintenant. Peut-être même l’as-tu su avant moi d’ailleurs.

Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas pensé à t’écrire plus tôt, quand père et mère ne m’ont plus accordé d’importance. Après m’avoir déposé rapidement en Septembre dernier, je n’ai pas eu de nouvelles mis à part avant Noel –pour me dire de ne pas les retrouver car ils allaient visiter Julliard en Amérique- et enfin pour m’annoncer de notre départ imminent.

Peut-être es-tu au courant de la situation, auquel cas j’imagine que je m’embourbe davantage dans cette famille. Mais j’aime à penser que la personne qui m’a offert mon premier balai, et mon premier souafle tient à mon bien-être et à mon bonheur.
Tu étais au courant, mais je suis la Capitaine de mon équipe de Quidditch, et nous avons remporté le championnat cette saison. Je suis enfin bien intégrée à Poudlard, même si mes notes de fin d’année peuvent prétendre le contraire. Je pensais qu’en étant rejetée de l’école magique de Salem, je resterai à Poudlard. Mais mère préférait me voir enfermée en Amérique dans un manoir plutôt que là-bas.

Mon oncle, je suis vraiment désolée de t’embêter ainsi, et surtout de te faire une telle demande de cette façon-là. Tu es mon parrain, alors j’imagine que c’est de ta responsabilité un petit peu, non ? Je sais ce que je peux te demander et je comprendrais ton refus, même s’il sera douloureux, car tu es mon dernier espoir.

Pourrais-tu devenir mon tuteur ?

Je sais que c’est possible. Que tu peux le devenir, et que je reste à Poudlard. Je ne t’embêterais pas je te le promets. De toute façon, tu ne me verrais presque pas puisque je serai toujours à Poudlard. Et l’été je suis certaine que mes amis pourraient m’héberger. S’il te plait, mon oncle, peux-tu prendre le temps de considérer cette option ?

Poudlard me tient vraiment à cœur, et c’est une excellente école. Elle fait partie de la Confédération des Sorciers, et pas Salem, d’ailleurs. J’ai appris ça en cours de Magie du Monde. C’est un cours que la Directrice dispense, qui est unique à Poudlard. C’est vraiment particulièrement intéressant et soulève quelques interrogations qui m’interpelle concernant l’origine de la magie.
Je te promets tu ne me verras jamais, et ce sera comme si je ne serai pas là. Je te prie de prendre quelques secondes pour considérer cette éventualité ?
Je t’embrasse et j’espère avoir une réponse rapidement.

Ta nièce, Echoe.
»

Elle soupira en posant sa plume. Elle relut la lettre une dizaine de fois, les mains tremblantes. Est-ce qu'elle faisait le bon choix ? Est-ce qu'elle n'allait pas briser sa famille au delà du réparable ? Et si son père avait raison et qu'elle serait mieux en Amérique ? Elle n'avait que treize ans, elle n'était pas capable de prendre un choix d'une si grande ampleur.
Pourtant, elle avait envie de l'envoyer cette lettre. Peut-être parce qu'elle se disait que sous la garde de son oncle se serait différent. Elle ne serait plus en compétition avec sa soeur pour recevoir l'amour de ses parents. Ses parents l'avaient dit, les opportunités pour Athéna et son père étaient immenses. Ils n'avaient même pas chercher si elle pouvait continuer le Quidditch là-bas. Elle n'était pas une priorité. Et elle devait l'être pour quelqu'un, c'était important ça, non ? Elle en avait l'impression pourtant.

Elle scella le parchemin. Elle n'avait plus qu'à trouver un moyen pour envoyer son hibou. Elle entendait à l’étage du dessous le piano qui chantait et elle savait qu’elle avait une chance avec Athena. Elle n’avait qu’à attendre qu’elle remonte pour l’interpeller, et utiliser ses charmes pour faire la victime et que sa sœur envoie le hibou à sa place.
Par chance, Athena était particulièrement douée, mais elle avait le cœur d’un Poufsouffle si bien que Fapiuz s’envola dans la soirée avec une lettre attachée à sa patte.

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09 Juillet 2042 10h54

Chaque bruit à l’étage faisait sursauter Echoe.
Elle n’avait pas eu de réponse de son oncle. Et maintenant qu’elle y réfléchissait, quelque soit la réponse, elle ne lui viendrait pas directement. Elle passerait d’abord par le bureau de son père.
C’était pour ça qu’elle était assise contre la porte de sa chambre, à l’affut du moindre bruit. Elle savait qu’à un moment ou un autre, son père allait monter la voir pour la disputer, pour lui interdire de parler de leurs problèmes familiaux à quiconque. "Ca ne les regarde pas." Elle se demandait si finalement sa famille éloignée avait une idée de ce qu'il se passait dans la maison des Caterwool.

Elle regardait les cartons vides devant elle. Cartons que sa mère avait déposé ce matin en lui ordonnant d’emballer ses affaires. Tâche qui allait l’occuper pendant des heures alors qu’un coup de baguette s’en serait chargé en quelques secondes. Mais cette perspective la rendait malade. Son ventre était comme douloureux et elle avait envie de vomir. Elle ne pouvait s'y résigner.

Elle entendit le craquement que faisait l’escalier et son cœur s’accéléra. De raison, les pas s’arrêtèrent devant sa porte et deux cognements se firent entendre. En soupirant, prête à subir les courroux du destin, Echoe se leva. C’était Athéna.

- Papa et Maman m’ont envoyé te chercher. Oncle Artorius est là… Sa voix était dénuée d'émotions.

La respiration d'Echoe se coupa et il lui fallu une seconde pour répondre.

- Ils ont l’air comment ?


Elle haussa les épaules, avant de se diriger vers sa chambre. Echoe n'avait jamais compris comment sa soeur, une brillante pianiste dont chaque note transmettait un message, pouvait paraître si froide. Elle savait qu'elle n'était pas froide pour l'avoir connue petite. Elle pouvait se souvenir de toutes ces fois où Athéna venait la voir la nuit parce qu'elle avait peur. C'était presque risible maintenant. Sa soeur avait toujours pleuré de peur de ne pas être suffisante. Elle avait peur de ne pas savoir lire. A cinq ans, elle lisait. Elle avait peur de ne pas s'adapter aux exigences élevées de ses professeurs de piano. Elle les avait tous surpris par ses capacités. Athéna avait toujours eu peur de quelque chose. De la mort. De la vie. De l'abandon. De la réussite. De la magie. "Peut-être que je suis cracmole et que c'est pour ça que je joue bien au piano." elle lui avait confié un soir quand elle avait huit ans parce que sa magie ne s'était jamais manifestée. Au fur et à mesure que le temps passé, et qu'Athéna fleurissait merveilleusement bien, elle espérait que ce soit vrai. Mais Athéna était bien une sorcière. Elle avait pleuré de joie le jour où elle avait enflammé ses partitions. Athéna pleurait beaucoup. Et parce qu'elle nageait dans un univers qui se voulait compétitif et où elle faisait partie des cadets, elle devait se contrôler. Et ça, comme tout ce qu'elle entreprenait, elle l'avait fait à merveille.

- Il est comment Oncle Artorius ? Elle demanda avec un tremblement dans sa voix.

Athéna s’arrêta et se tourna, l’air sérieux, vers sa grande sœur. Comme ça, elle ressemblait tellement à leur mère, c’était presque affolant. Echoe avait une allure sportive, légèrement excentrique avec ses cheveux roses, pas petite mais pas grande non plus. Athena brillait tellement à côté. Elle faisait déjà sa taille, ses cheveux blonds étaient lisses, et elle émanait déjà quelque chose. Une force. Quelque chose d’incroyable. Echoe savait à quel point c'était malsain d'éprouver autant de jalousie pour sa soeur. Mais elle était tout ce qu'elle n'était pas. Athéna n'avait même pas à faire d'effort.

- Tu as gagné.
Elle cracha presque. Tu vas rester à Poudlard.

A l'entente de ses mots, elle souffla de soulagement.

- Vraiment ?

Un grand sourire apparut sur le visage d’Echoe. C’était presque inhabituel de la voir ainsi. Presque étrange. Athéna leva les yeux au ciel.

- Pourquoi il faut toujours que tu causes des problèmes ? Athéna demanda sérieusement. Sincèrement.

Cette question lui fit l’effet d’une claque. Violente. Entendre ces mots de la bouche de ses parents n’avait pas le même impact que lorsque c’était Athéna qui les disaient. Elle qui était toujours si honnête. Et si innocente.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, fut tout ce qu’Echoe pu répondre.

Athéna baissa les yeux.

- Je sais que j’ai pas vu ma sœur depuis l’été dernier. Je sais que je ne vais pratiquement plus la voir parce que tu choisis ta stupide école plutôt que ta famille.

- C’est pas ça Athéna…

- Alors quoi ?

Echoe haussa les épaules à son tour.

- Tu m’as manqué aussi. Je t’ai envoyé des hiboux mais je n’ai jamais eu de réponse. J’aurais tellement voulu t’accompagner à Julliard pour ton audition.

- Tu aurais pu. Elle déclara fermement en fixant ses cheveux roses. Si tu avais vraiment voulu.

Echoe soupira et baissa les yeux. Elle aurait pu, c'est vrai. Elle aurait pu demander la potion pour décolorer ses cheveux. Elle aurait pu abandonner le Quidditch et se forcer à aller à la bibliothèque pour prendre de l'avance sur ses prochains cours. Elle aurait pu envoyer des hiboux pour s'excuser, supplier ses parents de l'emmener avec eux pour Noël. Elle aurait pu. Elle aurait vendu son âme pour ça, mais elle aurait pu. Est-ce que ça faisait d'elle une mauvaise personne pour autant ? Est-ce que six mois à se détester pour qui elle était n'avaient pas été suffisants comme punition ?

- Pourquoi faut-il que tu ne sois pas comme tout le monde ? demanda-t-elle avant de partir dans sa chambre.

Finalement, il n’y avait peut-être qu’elle qui avait un cœur de Poufsouffle.
Elle prit le temps de descendre au salon. Chaque marche qu'elle franchissait résonnait dans ses intestins. Allait-elle chercher sa liberté, ou allait-elle se condamner ?

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_ 16 Juillet 204213h24

Echoe posa son balai dans le coin de sa nouvelle chambre. Toutes ses affaires étaient là. C’était là maintenant qu’elle allait vivre. Elle se retourna vers Athéna qui était restée à l’entrée et esquissa un faible sourire.

- Tu es égoïste, elle déclara directement comme c’était devenu une habitude maintenant.

- Pas plus que toi.

Athéna baissa la tête et Echoe se plaça juste devant elle. Elle inspira avant de remplir son rôle de grande soeur.

- Je sais que ce n’est pas facile tout ça. Mais tu as ce que tu veux, et moi aussi. Tu vas pouvoir devenir la meilleure pianiste qu’il existe et je vais pouvoir continuer le Quidditch.

- T’as intérêt à être bonne.

Echoe sourit faiblement. Mais ne laissa pas le sarcasme de sa sœur la couper dans son petit discours.

- Il faut que ça reste du plaisir d’accord ? Dans la famille, on a tendance à être trop intense. Ne te rends pas malade pour du piano, même si papa et maman te disent le contraire. C’est ta vie. Même si t’es encore une enfant, d’accord ?

Elle acquiesça et Echoe pouvait ses yeux bleus briller. Elle la prit dans ses bras. Ce n'était pas simple de la prévenir, de la mettre en garde sur ses parents. Elle savait qu'Athéna adorait ses parents et la réciproque était vrai, heureusement. Elle espérait que si jamais elle se désintéressait du piano, ce serait toujours le cas. Elle espérait aussi qu'Athéna soit heureuse. Qu'elle ne vive pas la déchirure qu'Echoe avait pu vivre. Le sentiment d'étouffer. De ne pas être autorisé à vivre. Elle ne le souhaitait à personne. Mais surtout pas à sa soeur;

- Tu me manques déjà, Athéna annonça finalement, dans un souffle.

- On va se revoir souvent. Et cette fois personne ne sera là pour intercepter nos hiboux, donc je veux tout savoir.

Elle attrapa la main de sa soeur et retrouva ses parents et son oncle dans le salon. Ses parents étaient toujours debout, prêts à disparaître. Elle lâcha la main d’Athéna et s’approcha d’eux.

- Merci de me permettre de rester à Poudlard, elle formula pour la première fois.

Son père hocha la tête et sa mère ne dit mot. Elle était certaine qu'il ne réalisait pas à quel point elle était soulagée, et heureuse de la situation. Même si ce n'était pas conventionnel.
Il avait fallu une longue discussion avec ses parents et son oncle pour qu'ils comprennent réellement le mal-être dans lequel elle vivait. Dans lequel elle se noyait. Elle était certaine que ses parents n'avaient pas réellement compris. Parce que cette notion leur était étrangère. Mais son oncle, comme si son expérience faisait écho à son histoire, l'avait défendu immédiatement. Elle allait pouvoir vivre maintenant. Arrêter de survivre. Mais vivre. Elle était presque impatiente à cette idée.

- Au moindre problème, tu nous rejoindras à New York, tu as bien compris ?

Elle fit un signe de tête. Après un long silence, ses parents déclarèrent qu’ils devaient y aller s’ils ne voulaient pas rater le Portoloin. Ils embrassèrent Echoe sur la tête. Comme on embrasserait un chien. Elle ne se rendait toujours pas compte qu’elle n’allait pas les revoir pendant un an, peut-être plus. Mais elle ne ressentait que du soulagement. Après un dernier regard avec sa sœur, ils n’étaient plus là. Il n'y avait plus que des poussières qui brillaient au soleil.
Elle expira.

- Ta chambre te convient ? Lui demanda son oncle, en se tournant vers elle.

- C’est parfait.

C'était beaucoup plus petit que celle qu'elle avait chez ses parents. Il n'y avait pas deux salle de bain. Mais elle n'allait pas se plaindre. Elle n'avait pas le droit de se plaindre après qu'il lui ait sauvé la vie.
Elle alla s’assoir à côté de lui sur le canapé pendant que le silence devenait pesant.

- Merci, elle lâcha simplement en regardant la table basse devant elle.

Il se tourna vers elle et fit apparaître une tasse de chocolat chaud qu'il poussa dans ses mains. La chaleur se répandit dans son corps. Dans son coeur. Et les mots qu'il prononça aida aussi à délier les épines de son coeur.

- Ca me fait plaisir Echoe. Seulement, il faut que certaines choses changent, non ?

Elle fronça les sourcils. Est-ce qu’il allait lui parler d’Ambre ? S’était-elle trompée sur ses intentions ? Son oncle lui avait toujours semblé drôle, avec un caractère léger et une jovialité contagieuse. Mais après tout, il avait reçu la même éducation que son père. Ils ne pouvaient pas être si différent c'était stupide d'avoir cru une telle chose possible.

- Tes notes… Tu ne peux pas saboter comme ça ton avenir. Je sais que tu es intelligente, fais toujours de ton mieux, ok ?

Elle hocha la tête, attendant la suite. Elle avala une gorgée de son chocolat. Elle lui semblait amer. Elle avait envie de pleurer. Elle s'était trompée. Encore. Qu'elle idiiote elle était.

- Tu as entendu ta maman, il faut que ton comportement soit irréprochable.

A nouveau, elle fit un signe de tête en se mordant l'intérieur des lèvres. Bientôt. Bientôt, il allait lui dire que ce n'était pas possible. Qu'il fallait qu'elle change.

- Et que dirais-tu d’assister aux finales de la Coupe d’Europe de Quidditch ?

Elle fronça les sourcils. Il y avait forcément quelque chose en échange.

- Pourquoi pas, elle marmonna.

A son tour, il fronça les sourcils.

- Tu ne veux pas ? Je pensais que tu étais si passionnée par le Quidditch que tu serais heureuse d'y aller.

- J'adorerai. Mais...

- Mais ? Qu'est ce qui ne va pas ?

Elle inspira et leva la tête. Elle voyait dans ses yeux bleus un réel tourment. Voilà qu'elle lui causait déjà des soucis. Il allait regretter si rapidement.
Mais elle n'était pas capable de vivre un jour de plus dans l'angoisse, dans l'incertitude.

- Père et Mère ont dû te dire que j'avais une copine...

Il hocha la tête et un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

- Tu ne vas pas me dire que je n'ai pas le droit ?

Son sourire était plus grand, plus sincère. Il hocha la tête jovialement.

- Toi et moi, Echoe, nous ressemblons vraiment, fut sa seule réponse.

Rapidement, elle comprit. Il lui annonça ensuite qu'il avait quatre places pour les finales, et elle ne put s'empêcher de l'enlacer. Et de renverser sa tasse de chocolat par la même occasion.

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