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 Irlande - Cork  La fugacité du temps

*** Nous sommes pendant les vacances d'été, après que Dylan ait terminé sa cinquième année ***


Le voyage ne fût pas de tout repos. Il avait d'abord fallu à Dylan prendre le Poudlard Express pour retourner à la gare où son frère était venu le chercher. Après une accolade entre frères, ils avaient tous deux pris la direction du domicile familial habité maintenant par la mère de Dylan et Fabian. Là, le Gryffondor avait passé quelques jours afin de rassembler ses affaires puisque le grand départ était pour très bientôt. Le temps pour lui de passer encore un petit moment avec sa mère et sa famille au complet, et Dylan s'envolerait pour l'Irlande avec son frère afin d'y passer les prochaines années. Pendant ce cours laps de temps, Dylan avait senti que Fabian était un peu différent, mais il ne savait pas dire en quoi. Il ressentait un peu de stress chez son frère, et il est vrai que lui-même était stressé (plus triste, en réalité) de quitter Londres ainsi, mais telles étaient les choses et il fallait avancer sans regarder derrière soi. Les quelques jours chez ses parents passèrent à une vitesse éclair et ce fût bientôt l'heure des aurevoirs. Dylan avait en tout et pour tout une seule valise et un sac-à-dos avec lui, tandis que Fabian emportait beaucoup plus de choses : deux valises complètes et un sac de voyage en plus sur le dos. A l'aéroport de Londres, personne ne disait rien, mais l'ambiance n'était pas tendue pour autant. Après quelques cafés échangés entre parents et enfants, il y eût un appel pour le vol à destination de Cork.


« Bien, je crois qu'il est temps d'y aller, Dylan. » fit Fabian en souriant.

« Oui … » répondit le jeune homme à voix basse.

« Prend bien soin de lui, Fabian, c'est compris ? » commença Rose sans retenir ses larmes et son chagrin.

« Soyez sages les garçons, et pensez bien à nous écrire », commenta le père.

Plusieurs accolades furent échangées, Rose pleurait beaucoup et cela toucha Dylan qui lâcha une petite larme qui coula également sur sa joue. Il lui murmura à l'oreille : " Je t'aime maman " et disparût quelques instants plus tard dans la foule de passagers qui prenaient le même avion. Les aurevoirs étaient maintenant fait, et Dylan s'apprêtait à s'envoler pour une destination totalement inconnue pour lui, ce qui le rendait content mais quelque peu sceptique. Il se retourna une dernière fois avant de prendre la porte d'embarquement pour faire signe à ses parents. Il y avait beaucoup de monde, mais à ce moment précis, Dylan crût voir ses parents s'enlacer et partir bras dessus, bras dessous. * Si seulement ... * songea-t-il alors qu'il montait dans l'avion qui l'emmènerait vers une toute nouvelle vie.


Le voyage ne fût pas très long, une bonne heure et demie tout au plus, et c'est pendant toute la durée du voyage que Fabian et Dylan échangèrent sur les voyages qu'avait effectués Fabian, les anecdotes qui s'y rapportaient ainsi que quelques blagues sur les différents passagers. Le temps de vol passa très vite et les deux frères rattrapaient le temps perdu. Occasionnellement, Dylan demandait à son frère comment était la nouvelle maison dans laquelle il allait habiter, mais Fabian répondait toujours que cela était une surprise et qu'il verrait bien lorsqu'ils arriveraient. L'avion atterrit comme convenu à Edimbourg, et il fallait encore prendre la voiture pour rejoindre Cork, ce que les deux frères firent à peine descendu de l'avion - un arrêt pipi entre temps, puisque Dylan ne supportait pas l'idée d'aller aux toilettes dans l'avion. Le trajet dura encore une petite heure et Dylan commença à se lasser de tous ses longs trajets. Il se surprit à penser que c'était à ses parents de venir puisque lui ne referait pas autant de trajets de sitôt. Heureusement, il n'avait pas le mal des transports. Au bout du compte, les deux Swanson arrivèrent à Cork, une ville qui surprit Dylan tant elle était différente de Londres. Les sonorités, les couleurs, les odeurs, beaucoup de choses différaient, et Dylan se sentait un peu dépaysé.

La voiture les conduisit rapidement en bordure de la ville, sans pour autant être totalement excentré : de nombreux commerces et arrêts de bus étaient proches. Fabian souriait à pleine dents puisque Dylan essayait de trouver quelle maison était celle de son frère. Ils descendirent de la voiture, prirent leurs bagages respectifs et Dylan suivit son frère de très près. Fabian se dirigea vers une maison assez imposante, bien que finalement standard si je puis dire, dans un petit recoin de la rue. Elle n'était pas située tout à fait en plein centre-ville, mais pas tout à fait non plus hors de toute civilisation ce qui en faisait une maison relativement bien située. Quelques minutes de marche plus tard et Dylan et son frère se trouvait devant leur nouvelle maison. * Eh bah * pensa Dylan, surprit. Il analysa la maison pendant que Fabian s'approchait de l'entrée. C'est alors que Dylan remarqua une silhouette bien étrange sur le pas de la porte, une silhouette qu'il ne reconnaissait pas. Normal, finalement. Intrigué, Dylan suivit son frère, il n'avait aucune raison de se méfier après tout, son frère ne l'avait pas emmené en quelques endroits louches. L'homme était assez grand, brun aux yeux marrons, bien habillé et plutôt bien bâti. Il souriait amicalement. Fabian se tourna vers Dylan pour répondre à sa mine perplexe :


« Frangin, je suis conscient que c'est un peu précipité, mais je préférais ne pas en parler devant les parents ... Je te présente Adam, mon ... petit ami.». Il prononça les derniers mots avec un peu d’appréhension et de réserve.

« Bonjour Dylan, Fabian m'a beaucoup parlé de toi, tu sais. »
fit l'étranger.

Dylan laissa tomber ses valises sur le coup du choc. Il ne savait pas trop quoi répondre, il ne savait pas quoi faire et actuellement, il aurait aimé être sur une autre planète. Il n'était pas du tout contre l'idée que son frère fréquente un garçon, au contraire, il n'avait aucun jugement la dessus et pour lui, le plus important était le bonheur de la personne. Et il ne voulait décemment pas tourner le dos à son frère pour cette raison. D'autant que lui aussi, à déjà regarder les garçons d'un autre oeil depuis son adolescence, il aurait été mal placé pour juger qui que ce soit. Il ne s'attendait simplement pas à cette révélation, encore moins à ce qu'un inconnu cohabite avec son frère et lui. Mais contre toute attente, il sourit et salua Adam avec plaisir. * Du moment qu'ils ne s'engueulent pas, eux * pensa-t-il.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

 Irlande - Cork  La fugacité du temps

« Bon, eh bien ne restons pas sur pas de la porte comme ça, entrons !. » lança joyeusement Adam.

Fatigué par la voyage, Dylan ne se fit pas prier. Il suivit les deux hommes à l'intérieur de la maison et déposa ses affaires à l'entrée. Il ne savait pas où regarder : la maison était grande, trop grande même pour le jeune Gryffondor et elle était également décorée avec goût. Adam proposa très justement de faire faire le tour de la maison à Dylan pendant qu'il s’occupait des bagages lui-même. Ainsi, Dylan et son frère laissèrent Adam le temps d'une visite de la maison. Cette dernière commença par le salon, une grande pièce très bien décorée elle aussi avec tout ce qui composait habituellement un salon : une télé, un canapé, une bibliothèque dans un coin de la pièce etc. Dylan ne put s'empêcher de remarquer les décorations au mur : elles ne ressemblaient en rien à ce que l'on pouvait trouver dans la région. Son frère lui expliqua alors qu'il s'agissais de babioles qu'il avait récupérées pendant ses voyages. Impressionné, Dylan ne disait rien. S'en suivit la visite de la cuisine, du jardin, de la chambre de Fabian et d'Adam, de la salle de bain et du reste de la maison. Eventuellement, Fabian conduisit Dylan dans une pièce un peu éloignée du reste de la maison.

« T'es prêt ? C'est pas tout à fait terminé mais ... »


Tout en laissant en suspend sa phrase, Fabian ouvrit la porte qui menait sur une assez grande salle remplie de babioles, de drapeaux, de décorations, de reliques etc. Exposées à l'abri de la poussière dans des vitrines, toutes ces pièces éblouissaient Dylan. Il pénétra dans la pièce et observa rapidement tout ce qui s'y trouvait. Il n'avait jamais imaginé que son frère avait récolté autant de chose et, étrangement, cela donnait moins d'importance au collier qu'il avait reçu en cadeau, il y a de cela plusieurs années. Le regard du jeune garçon s'arrêta sur une photo de famille, qui n'avait apparemment pas sa place ici, mais qui était parfaitement mise en évidence. On y voyait Dylan, Fabian ainsi que leur parent, dans le jardin un jour d'été. Dylan se souvenait parfaitement de ce moment. Il était encore petit, mais il avait décidé de faire un barbecue dans le jardin.


« C'est impressionnant »
, fit Dylan, un peu ému.

« Merci
, répondit Fabian. J'ai essayé de conserver une trace de chacun de mes voyages. C'est ici que je conserve tout ce que j'ai amassé. Ton collier y était avant que je ne te le donne. Tu l'as toujours ? » demanda-t-il le sourire aux lèvres.

Dylan se figea. Bien sûr qu'il avait toujours le collier de son frère. En piteux état bien entendu, mais il l'avait toujours. Tout lui revint en mémoire : cette catastrophique journée ou il avait fait du mal à Tyr, cette journée ou beaucoup de choses avaient changées. Il repensa à son vieil ami, dont il n'avait plus de nouvelles, et se demanda si tout allait bien pour lui. Malgré tout, Dylan éprouvait encore des remords vis à vis de cet événement tragique. Tristement, il sortit le collier de sa poche, ou il le conservait souvent. Il le sera dans sa main, contempla le collier toujours brisé (même si les traces de sang avaient été nettoyées), et le tendit à son frère. Surpris, Fabian prit le collier dans sa main et l'observa attentivement. Il poussa un soupir de compréhension, et tapota l'épaule de son frère.


« Ce n'est rien tu sais, une babiole ne peut pas vraiment durer éternellement, après tout. »

Des larmes coulaient sur les joues de Dylan, et il demanda rapidement à rejoindre sa chambre. Fabian l'y conduit rapidement, où ils retrouvèrent tout deux Adam, avec les bagages de Dylan. Ce dernier remercia le compagnon de son frère d'un signe de la tête et s'engouffra dans sa nouvelle chambre sans dire un mot de plus, surprenant les deux adultes. Il n'était pas vraiment question pour lui de faire la conversation, il avait besoin d'être seul un petit moment. Bien qu'il ait intégré l'idée d'un déménagement, les aléas de la vie le rattrapait assez vite et il avait un peu de mal avec tous ces changements.

« Tu crois que quelque chose ne va pas ? », demanda Adam.

« Je pense qu'il a besoin d'être un peu seul, surtout. J'espère qu'il n'est pas gêné par ... tu sais, nous ... »

Adam prit Fabian dans ses bras et le rassura à ce sujet. Ce n'était d'ailleurs pas ce qui gênait Dylan, bien au contraire. Les deux amoureux quittèrent le pas de la porte de la chambre de Dylan et descendirent au salon. Dylan, lui, contemplait sa nouvelle chambre. Les murs étaient vides avec une peinture bleue foncée, un lit deux places était prévu pour lui, un petit bureau d'appoint et quelques babioles. Il aperçut rapidement un message sur un petit papier : " Bienvenue chez toi ". * Probablement Fabian ... * pensa-t-il. Il ouvrit sa valise, commença à déballer ses affaires. Il déposa une photo de famille qu'il avait emmené sur sa table de chevet. Quant au collier, il le déposa dans le fond du tiroir et referma ce dernier aussi vite qu'il ne l'avait ouvert. Il termina en vitesse de ranger ses affaires personnelles, la décoration attendrait plus tard. Dylan prit rapidement un bout de papier et une plume qu'il trouva dans son bureau - décidemment, son frère avait bien préparé son arrivée, ou était-ce Adam ?, et commença à écrire une lettre. A destination de son vieil ami. Alors qu'une larme coulait sur sa joue, Dylan chiffonna les quelques mots qu'il avait commencé à écrire sur le papier.


« A quoi bon ? sanglota-t-il, jamais il ne me le pardonnera ... »

Il resta un bon moment seul dans sa chambre à ressasser le passé avant de daigner sortir pour rejoindre son frère et son compagnon.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

 Irlande - Cork  La fugacité du temps

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis que Dylan était arrivé à Cork et qu'il avait déménagé avec son frère. Les premiers jours ne furent pas simples pour lui, ayant perdu tous ses repères, Dylan ne savait pas vraiment où se placer dans cette nouvelle maison. Néanmoins, il prit ses marques assez rapidement et sa chambre était maintenant décorée avec goût et lui correspondait plutôt bien. Il apprit rapidement à faire la connaissance d'Adam et appréciait beaucoup cet homme qui partageait la vie de son frère. Bien qu'il ne le connaissait pas depuis très longtemps, Dylan voyait en Adam comme un deuxième frère. Il apprit à l'occasion d'un dîner que les deux garçons s'étaient rencontrés par hasard lorsque Fabian visitait un pays et que ces derniers avaient garder contact. De fil en aiguille, les deux hommes apprirent à se connaître et tombèrent finalement amoureux l'un de l'autre. Le temps passant, Fabian commençait à se lasser de voyager et de ne pas être toujours auprès d'Adam et c'est ainsi qu'il s'installa avec lui en Irlande. Fabian n'avait pas encore trouvé de travail à proprement parlé, mais il prospectait chaque jour un peu plus pour essayer d'en trouver. Adam, lui, travaillait comme journaliste pour une édition locale et cela lui convenait bien. Bref, la nouvelle petite famille menait une petite vie tout à fait normale.

Loin de ses anciennes préoccupations, Dylan, lui, songeait à son avenir. Il n'avait pas encore vraiment songé à ce qu'il désirait faire, mais il s'était promis d'y plancher pendant l'été, justement. Ainsi, il élimina plusieurs métiers - tel que ceux dans la politique, les métiers littéraires ou encore les métiers du domaine médical, et trouva finalement en tête de liste le métier de professeur. Maintenant, restait à savoir quelle matière enseigner. Epuisé par tant de réflexions sur son avenir, le Gryffondor décida de laisser cela pour plus tard, après tout il avait au moins trouvé une profession qui lui convenait. Enfermé depuis déjà plusieurs jours, Dylan décida d'aller faire un tour en ville afin de se familiariser avec son nouvel environnement. Son frère ne lui interdit pas la balade mais lui conseilla de rentrer tôt puisque Adam avait organisé un barbecue avec quelques collègues. Dylan acquiesça et quitta le domicile de son frère.

Il ne faisait pas particulièrement moche en Irlande, l'été était plutôt doux jusqu'ici, mais le vent venait tout de même caresser les joues rosées de Dylan avec une certaine fraîcheur. Ne connaissant pas vraiment les lieux, Dylan laissa son instinct le guider et erra sur les trottoirs de la ville sans ayant vraiment de destination en tête. La ville était bien animée une fois qu'il atteignit le centre-ville : de nombreux passants, des boutiques, des cafés, des gens sur les terrasses etc. Dylan souriait : voir autant d'animation lui faisait plaisir, et il nota même quelques boutiques - notamment un café aux allures d'ancien temps, qui lui plaisait beaucoup. Malheureusement, sa bourse n'était pas énormément remplie et il préféra reporter sa visite gustative à plus tard. Bientôt, le jeune garçon se perdit en ville et atteignit un parc d'un calme pour le moins surprenant. Les arbres et la végétation offraient une coupure radicale avec l'ambiance effrénée du centre-ville. Dylan pénétra dans le parc en question, respirant à plein poumons la douceur de l'air de l'été.


« C'est presque comme être dans un autre monde », pensa-t-il à voix haute.

Alors qu'il observait les alentours d'un air nostalgique (le parc lui rappelait un après-midi avec ses parents), Dylan décida de s'asseoir sur un banc et de sortir un carnet de son petit sac. Il n'avait toujours pas trouvé le courage d'écrire une lettre à son vieil ami, et il espérait qu'en deux mois de temps, il réussirait au moins à lui envoyer une missive pour lui présenter ses excuses, bien qu'il sache que tout cela était totalement futile : trop grande était la faute commise par Dylan envers Tyr. Néanmoins, le Gryffondor commença à gribouiller quelques mots sur son petit carnet et ce, pendant quelques minutes. Il ne vit donc pas une silhouette féminine s'approcher de lui. Il ne releva la tête que lorsque de l'ombre vînt cacher son carnet, et il apperçu une fille qui avait apparemment son âge, le sourire aux lèvres. Surprit, Dylan ne trouva que dire, mais c'est cette étrange fille qui prit la parole la première :

« Je pensais une des seules dans ce parc, aujourd'hui, fit-elle enthousiasmée. Serais-tu écrivain ? Qu'est-ce-qu'il se cache dans ce petit carnet ? »

Un peu choqué du manque de savoir vivre de la jeune fille, Dylan ferma son carnet d'un coup sec en répondant qu'il n'y avait pas grand-chose d'intéressant à lire. Il réprima aussitôt une larme afin de ne pas montrer ses sentiments à la première personne venue. Observant attentivement la jeune fille qui se tenait devant lui, Dylan ressenti un peu de gêne ainsi qu'un nouveau sentiment qu'il n'avait pas éprouvé depuis longtemps. Elle était à peu près de son âge, à en juger par la taille et la physionomie dont elle disposait. Les cheveux roux bouclés, elle avait quelques tâches de rousseur qui lui donnait un certain charme. Elle ne s'offusqua pas de la timidité de Dylan qui ne décrochait pas un mot et s'assit à côté de lui. Le jeune homme était tout déboussolé et ne savait pas vraiment quoi faire, ce fût donc la jeune fille qui se présenta.

« Je m'appelle Rosalyne, et toi ? »

« Dylan », répondit-il avec confiance.

« Dylan ? C'est un joli prénom, j'aime bien ! »

Petit à petit, les deux jeunes gens apprirent à se connaître du moins pour ce qui était des basique : études, lieu d'habitations et passions. Ainsi, Dylan apprit que Rosalyne étudiait à l'université de Cork, ce qui la plaçait un cran au-dessus de lui dans le domaine des études et de l'âge. Quelques années d'écart, tout au plus. Elle avait en effet 19 ans alors que lui n'en avait que 16. Néanmoins, les deux adolescents s'entendirent plutôt bien, malgré le fait que Dylan soit assez réticent à s'ouvrir à la première personne venue. Rosalyne ne resta pas plus d'une heure en compagnie de Dylan, elle dû rapidement le laisser pour retourner chez elle avant que son petit frère ne fasse n'importe quoi. Elle prit donc congé du Gryffondor sans qu'il ne puisse en dire davantage, avec un sourire qui fit fondre Dylan. Seul de nouveau, il était pourtant clair que Dylan n'avait pas perdu son après-midi. Il resta là, assis un petit moment, à ne savoir que faire et en repensant à cette étrange rencontre.

*J'aimerais bien la revoir ...*, pensa-t-il alors qu'il se releva pour prendre la direction de la maison. Il était bientôt l'heure de dîner et Dylan avait hâte de rencontrer quelques-uns des collègues d'Adam. Curieux de nature, le Gryffondor était pourtant tout chamboulé de cette rencontre, et ce n'est que lorsqu'il rentra et que son frère lui demanda comment s'était déroulé son après-midi que Dylan rougit sans trop en dire. Son frère souhaitait en savoir plus, mais Dylan se contenta de répondre sur un ton mystérieux :


« Je crois que je vais me plaire ici ».

Gryffondor du mois d'octobre 2015

 Irlande - Cork  La fugacité du temps

Un mois s'était déjà écoulé depuis l'arrivée de Dylan en Irlande et le mois d'Août pointait déjà le bout de son nez. Etrangement pour un pays qu'est l'Irlande, il faisait beau chaque jour. Bien sûr, il pleuvait de temps en temps mais le temps était généralement au beau fixe. Tout le monde menait sa petite vie tranquillement : le frère de Dylan avait décroché un entretien d'embauche dans une agence de voyage en plein centre-ville, un métier qui selon lui correspondait à ses attentes, Adam s'était rapproché de Dylan et tous deux s'entendaient maintenant très bien. Quant à Dylan, justement, il avait pris ses marques mais n'oubliait pas pour autant la rentrée qui se rapprochait à grand-pas. Ses récents soucis s'étaient rapidement envolés depuis qu'il avait rencontré Rosalyne. Les deux jeunes gens s'étaient rapidement pris d'affection l'un pour l'autre et s'étaient vu quasiment tout le mois de Juillet, et le même schéma se dessinait pour le mois d'Août. Les deux amoureux s'étaient encore une fois retrouvés en bordure de la ville, près d'un parc qui donnait une vue imprenable sur les environs.

« Tu as l'air inquiet, Dylan, quelque chose ne va pas ? »


Dylan tourna la tête vers Rosalyne et lui caressa la joue avec tendresse. Ils échangèrent un baiser passionné, puis Dylan retourna à son observation de la vue qu'il avait sous les yeux en soupirant. Il n'avait jamais parlé à Rosalyne de l'accident qui l'avait séparé de son ami, un peu avant les vacances d'été. Il lui avait parlé de beaucoup de choses, mais pas de cela. Et bien que l'été lui avait permis de se vider la tête, jamais cet incident et l'angoisse de recroiser Tyr ne l'avaient quitté. Il y repensait souvent, et cela le plongeait dans un état second de tristesse. Rosalyne le regardait avec un regard empli de questions et Dylan sût qu'il devait lui en parler. Cela lui ferait peut-être du bien, après tout. Le Gryffondor ne s'attendait pas à tomber amoureux d'une personne aussi vite, mais il trouvait en Rosalyne un réconfort qu'il n'avait jamais trouvé auparavant. La seule fois où ce dernier avait été amoureux, c'était avec Mélissandre, une autre Gryffonne qui l'avait lâchement abandonné. Il était encore jeune à l'époque, mais il se souvenait encore de son visage et des sentiments qu'il avait éprouvés. Il retrouvait les mêmes pour Rosalyne.


« Tu te souviens de notre première rencontre », demanda-t-il à voix basse.

« Oui bien sûr, tu étais assis dans un parc et tu écrivais dans ton petit carnet. Ça avait quelque chose de mystérieux, je n'ai pas pu m'empêcher de venir te voir. »

« Eh bien, j'écrivais, du moins j'essayais, d'écrire une lettre, ce jour-là ... Une lettre pour un ami. »

« Vraiment ? Ça casse un peu le mythe, je trouve, fit-elle en souriant. Dylan lui, gardait la tête baissée. Qu'est-ce-qui ne va pas, Dylan, tu peux me le dire tu sais. »

Bien qu'il avait peur de la réaction de son amoureuse, Dylan lui confia ce qu'il s'était passé lors de ce jour tragique. Il lui raconta tout en détail et lui expliqua que depuis ce jour il avait essayé en vain de contacter son vieil ami. Il avait bien réussi à lui envoyer une lettre, mi-Juillet, mais jamais il n'avait reçu de réponse. Il confia tous ses doutes, toutes ses peurs et ses angoisses à Rosalyne avant de faire couler ses larmes. Rosalyne le serra dans ses bras et ne sembla pas s'offusquer de toute cette histoire. Elle sécha ses larmes et le rassura du mieux qu'elle le pouvait. Dylan était étonné, mais pas surpris. Rosalyne était une fille avec beaucoup de compassion. Longtemps, ils échangèrent un baiser. Lui assurant que tout irait bien et que, s'il s'agissait de son ami, il pourrait lui pardonner avec le temps, la jeune femme essayait de remonter le moral de Dylan du mieux qu'elle le pouvait. De loin, les deux jeunes gens formaient un très beau couple. Dylan se blottit contre elle, et profita de l'instant présent, en essayant de croire aux paroles sincères de sa petite amie, même si une part au fond de lui continuait d'éprouver des remords.

* * * Au domicile de Fabian et d'Adam * * *


Adam travaillait dans son bureau sur un article pour le journal avec lequel il travaillait. La maison était bien calme et le journaliste seul dans cette grande maison. Bien qu'il se concentrait sur la mise en page de son article, Adam ne pouvait s'empêcher de penser aux derniers chamboulements dans sa vie. Il n'avait pas exprimé son opposition lorsque Fabian lui avait annoncé qu'un enfant de 16 ans allait rejoindre la maison pour vivre avec eux, rien ne plaisait plus à Adam que les enfants, et il souhaitait d'ailleurs en adopter un - la question n'avait encore jamais été abordée entre eux, mais ces derniers temps, les va-et-vient incessants de tout le monde le mettait un peu sur les nerfs, le faisait revoir sa perception des choses. Il aimait beaucoup Dylan et aimait encore plus Fabian, mais il se demandait si cette décision n'était pas un peu précipitée. S'adossant à sa chaise, Adam poussa un soupir de découragement. * Je ne peux de toutes façons rien lui refuser ... * se dit-il alors qu'un cri de joie se fit entendre dans la maison.

« Qu'est-ce-que ? »

« Adaaaaaaaaam ! »


Paniqué par cet appel qu'il ne comprenait pas, Adam quitta son bureau rapidement pour aller voir ce qu'il se passait. Il n'eût pas le temps de franchir le seuil de la porte qui le séparait du couloir principal que Fabian lui sautait déjà dessus, renversant les deux hommes par la même occasion. Fabian avait le sourire aux lèvres mais Adam ne voyait pas les choses de la même façon.

« Mais enfin, qu'est-ce qu'il te prend ? », bougonna-t-il en se relevant.

« J'ai eu le job ! Je commence dans une semaine ! », répondit Fabian, enjoué.

L'expression d'Adam changea du tout au tout.

« Vraiment ? »

Fabian n'eût que pour réponse d'embrasser son amoureux, celui-ci se laissant faire. Au même moment, Dylan rentrait de son après-midi avec Rosalyne, le cœur un peu plus léger. Il tomba nez à nez avec son frère et son beau-frère et esquissa un sourire en les voyant s'embrasser. Il n'avait jamais été question pour Dylan de renier son frère pour son homosexualité, mais à chaque fois qu’ils les voyaient s'embrasser, il se demandait comment ses parents réagiraient quand il l'apprendrait et cela le faisait toujours sourire. La famille Swanson avait des valeurs de compréhension, de compassion et de tolérance, aussi cela ne dérangerait sûrement pas les aînés, mais il y avait tout de même de forte chance que leur père fasse une remarque assez déplacée pour plaisanter, et c'est cette idée qui faisait sourire Dylan.

« Je vous rappelle qu'il y a un enfant innocent, ici. » fit-il souriant.

« Innocent qui passe ses après-midis avec une certaine demoiselle, hm ? » répondit Adam, pour le taquiner.

Dylan rigola et les deux hommes suivirent. Le jeune homme apprit donc la bonne nouvelle et félicita son frangin avec une accolade fraternelle. Adam parti en cuisine sortir une bonne bouteille pour fêter l'occasion et la petite famille célébra l'événement dans la joie et la bonne humeur. Les préoccupations de Dylan étaient à ce moment bien loin pour l'heure, il ne pensait qu'à l'instant présent. Il regardait son frère et Adam d'un œil envieux en se disant que, lui aussi un jour, trouverait la personne avec qui il passerait le restant de ses jours. Il ignorait s'il s'agirait de Rosalyne, mais au fond, Dylan savait que leurs différences scolaires finiraient par poser problème à un moment ou à un autre. Mais il choisit de ne pas y penser non plus. Il ne se rappela que des deux mots qu'elle lui avait murmuré à l'oreille avant de se quitter plus tôt : Je t'aime. Et sa réponse résonnait encore dans sa tête : Moi aussi je t'aime, Rosalyne.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

 Irlande - Cork  La fugacité du temps

L'été était passé à une vitesse fulgurante sans même que Dylan ne puisse se rendre compte de quoi que ce soit. Tout s'était enchaîné très vite pour le jeune Gryffondor et son appréhension d'un tel changement de vie s'était rapidement tourné en enthousiasme pour la suite de sa vie. Seul persistaient ses remords quant aux événements avec son vieil ami Tyr, qui n'avait d'ailleurs jamais répondu à ses nombreuses lettres. * Je me demande si il les a lues, au moins * songea Dylan tout en empaquetant ses affaires. Car oui, l'été touchait bel et bien à sa fin et il était temps pour Dylan de retourner à Poudlard et d'affronter ses démons. Bien qu'il soit anxieux à l'idée de croiser Tyr, Dylan était profondément qu'il était désolé pour tout ce qu'il s'était passé mais avait conscience qu'un simple désolé ne le réconcilierait pas avec son bon ami. Il termina de ranger ses t-shirts, caleçons et pantalons dans sa valise, ainsi que tout ce dont il avait besoin, et ferma cette dernière avec une certaine force qui n'était pas sans démontrer sa frustration quant à l'idée de laisser Rosalyne quelques mois à la faculté. Au cours de l'été, les deux jeunes gens s'étaient bien rapprochés et filaient le parfait amour. Cela changeait les idées de Dylan, qui n'avait pas eu de relations à proprement parlé après sa rupture avec une certaine Mélissandre d'Errasium, un lointain souvenir.

Une fois ses affaires prêtes, Dylan descendit sa valise dans l'entrée. Il adressa un sourire à son frère et quitta la maison sans plus en dire. Il ne comptait pas quitter Rosalyne sans lui dire au revoir, mais le temps jouait contre lui : son train partirait dans quelques heures, et il n'avait donc pas de temps à perdre. Ni une, ni deux, il se rendit dans le parc où les deux tourtereaux s'étaient rencontrés pour la première fois. * Une rencontre sacrément étrange, tout de même * pensa Dylan alors qu'il arpentait les rues de la ville de Cork. En deux mois, le jeune homme avait su s'acclimater à son nouvel environnement et connaissait à présent les différentes rues, les commerces et même certaines personnes du voisinage. Profitant des derniers rayons de soleil avant qu'il ne retourne à Poudlard, Dylan se permit de faire un petit détour par le fleuriste pour acheter un petit quelque chose pour sa bien-aimée.


« Une rose rouge », s'il vous plaît.

Le fleuriste lui tendit la fleur rouge et accepta la monnaie de Dylan. Ce dernier le remercia et prit de nouveau la direction du parc. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre le dit endroit, où il trouva rapidement Rosalyne, assise dans l'herbe. Il la rejoignit promptement et lui adressa un langoureux baiser pour lui dire bonjour. Il lui tendit ensuite timidement la fleur précédemment achetée qu'il cachait dans son dos, et Rosalyne l'accepta avec une petite moue. Dylan, pensant avoir fait un cadeau raté, s'excusa s'il s'était trompé, mais Rosalyne lui assura qu'il ne s'agissait pas de cela. Le Gryffondor prit place à côté de son amoureuse en lui demandant ce qu'il n'allait pas.


« Eh bien ... Tu sais Dydy, c'est la fin de l'été et ... Tu m'annonces que tu pars étudier ailleurs jusqu'aux vacances de Noël ... C'est loin, les vacances de Noël ... »

Dylan l'arrêta d'un baiser et lui prit la main pour la rassurer.

« Je sais ... J'aimerais pouvoir faire autrement, mais moi aussi j'ai des obligations à l'école. Tu sais, avec tout ce qui a pu se passer récemment dans ma vie, tu es la seule chose de bien qui me soit arrivé. Je sais qu'être loin de toi sera difficile, mais en même temps, je ne veux pas te perdre, et j'ai envie d'essayer de continuer avec toi. »

Rosalyne marqua une pause, une larme coulant sur sa joue. Dylan ne la remarqua pas tout de suite.

« Je sais bien Dydy, moi aussi ... Seulement, je ne supporterai pas de te savoir loin comme ça ... Nous sommes jeunes et ... » Un sanglot interrompit ses propos. « Et je ne sais pas si moi j'en aurais la force ... Excuse-moi ... »

Et en un fragment de seconde, Rosalyne déposa un baiser sur la joue de Dylan, déposa la rose à se pieds et partit. Le jeune garçon n'eût pas le temps de réaliser ce qui venait de se passer, mais il sentit son cœur se briser en mille morceaux. Il prit la rose dans ses mains, l'observa un moment et lorsqu'il releva la tête, Rosalyne était déjà loin. Ainsi se termina une douce et belle romance d'été pour Dylan. Ce fût à son tour de pleurer et les larmes coulèrent sur son pantalon ainsi que sur la rose, que Rosalyne n'avait même pas daignée emmener avec elle. Dylan resta assis un moment, dans ses pensées, en maudissant l'univers pour lui avoir donner une vie aussi misérable. Il ne supportait plus tout ce qui lui arrivait, et sa vie devenait un enchevêtrement de déception et de pots cassés.
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* * * Plus tard, à la gare King's Cross * * *
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« Eh bien, Dylan, quelque chose ne va pas, tu n'as rien dit du voyage. »

Dylan appréciait la considération de son frère envers lui, mais il n'était pas d'humeur à parler de ce qu'il venait de se passer. Il avait essayé de conserver son image d'enfant joyeux et heureux, mais trop, c'était trop. Il répondit à son frère que tout allait bien en même temps qu'il prenait sa valise pour l'emmener sur le chemin de la gare. Accompagné par son frère, il restait muet alors que Fabian lui expliquait que Adam n'avait pas pu venir, mais qu'il lui souhaitait tout de même une bonne reprise. Maintenant qu'il connaissait un peu mieux Adam, Dylan se rendait compte que son frère était heureux avec lui et qu'ils étaient fait pour aller ensemble. Cela lui enfonça un énième couteau dans son coeur. Tristement, il se dirigea vers la voie ou le Poudlard express l'attendait. Les deux frangins étaient à l'heure et le train ne partirait pas avant plusieurs minutes. Sur la voie, Dylan observait les voyageurs passer et repasser, comme dans une fourmilière. Tous avaient des vies, tous étaient occupés quelque part et tous menaient une existence simple, au premier abord. Le nombre de personnes et la rapidité à laquelle ils passaient devant lui lui rappela à quel point le temps était fugace et que la vie était tout sauf tranquille.


« Je crois que tu devrais y aller, ne serait-ce que pour avoir une bonne place dans le train ! »
fit Fabian, souriant.

Dylan se tourna vers lui avec un visage empli de larmes et Fabian perdit son sourire aussitôt. Inquiet, il prit son frère dans les bras en lui demandant ce qu'il n'allait pas, et Dylan, fort des derniers événements de sa vie, lui répondit que Rosalyne était partie, comme cela. Comprenant la situation, Fabian serra son frère dans ses bras, et essaya de le réconforter du mieux qu'il le pouvait. Il n'avait jamais été très doué pour cela, ni maintenant, ni lorsque Dylan était plus jeune. C'était souvent leur père qui leur remontait le moral. Repensant également au divorce de leur parents, Fabian laissa couler une larme sur sa joue à son tour. Les deux frères savaient qu'ils pouvaient compter l'un sur l'autre. Fabian défit son étreinte et sécha les larmes de son frère :


« Ecoute, p'tit frère. Je sais que les choses ne sont pas simples en ce moment, avec les parents et tout mais ... Je suis là pour toi quoiqu'il arrive, d'accord. Et pour Rosalyne, ne t'en fais pas pour ça, tu es un Swanson, je te rappelle que dans la famille, on est tous des beaux gosses. Tu trouveras rapidement quelqu'un pour toi, je n'en doute pas. »

Il l'embrassa sur le front. Ces quelques paroles réussirent à réconforte Dylan, et il sécha ses larmes dans sa manche. Il remercia son grand-frère et lui demanda de passer les remerciements à Adam.

« Je n'y manquerais pas ! Allez, file, moustique, ne sois pas en retard ! »

Dylan prit sa valise en main, son sac-à-dos et disparut en direction du Poudlard Express. Il aperçut de loin quelques-uns de ses amis mais pas de trace de Tyr. Il essaya de ne pas trop y penser pour l'heure. Il ne souhaitait qu'une chose : arriver à l'école et passer à un autre jour. Il entamerait cette année sa sixième année d'études et ce constat alarmant lui rappela la fugacité du temps : Dylan grandissait tout comme le monde qui l'entourait. Le jeune homme n'était pas au bout de ses peines ...



FIN DU RPG

Gryffondor du mois d'octobre 2015