Ailleurs…

Inscription
Connexion

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

« Par ici, Katy. J’habite en contrebas. »

Tyr montra du doigt la rue qu’il s’apprêtait à emprunter et partit en tête. La rue d’Edimbourg qui menait jusqu’à sa maison était emplie de monde, de Moldus, essentiellement, qui venaient pour visiter la ville. La capitale de l’Ecosse était déjà une destination touristique tout le long de l’année : lorsque vous approchiez de la fin du mois d’octobre, cela devenait encore pire. Les locaux sortaient leurs cornemuses et descendaient en jouer dans la rue, un petit chapeau posé au sol, pour arrondir leurs fins de mois. D’autres se déguisaient en William Wallace, la reine Mary, ou tout autre personnage lié à la forte histoire du pays. Plus rares, quelques-uns amenaient des animaux, notamment des corbeaux ou des hiboux. Dans la bouche des gens retentissaient des langues diverses et variées : des sons gutturaux du Danemark en passant par la répétition, encore et toujours, des mots français, jusqu’aux tons rapides de Chine : pas un pays n’échappait à cette passion pour la ville aux airs de cité médiévale. Et pas l’un de ses habitants non plus.

Nous étions au moment des vacances de la Toussaint, et les deux élèves, conformément à ce qu’ils avaient prévu durant leur première rencontre, se rendait à Drummond Place, la villa où Augusta et Owen habitaient à l’année et où Tyr avait grandi. Encastrée dans une petite cour dont le seul accès était de traverser les cent trente-deux marches de Warriston’s Close.


« Evite de me perdre. » dit le jeune garçon à son amie.

Même si, remarqua-t-il après coup, elle ne risquait pas de le perdre. Ses cheveux rouges étaient repérables au milieu des masses capillaires des gens autour de lui ; mais surtout, à la vue de son cache-œil, les gens s’écartaient, lui laissaient la place, le regardaient avec un air désolé, même s’ils n’étaient en rien responsable de son malheur. C’était comme une haie d’honneur qui se forgeait sur le passage de Tyr, qui, non content d’inspirer la curiosité ou la terreur chez les gens, levait la tête, tout fier. Lorsqu’il arriva devant sa maison, il fit un signe de la main à Katy.

« Là. Regarde, la porte en chêne, on est arrivés. »

Tyr s’avança devant le bâtiment en question et prit le temps, avant d’y rentrer, de le contempler à nouveau. De l’extérieur, il ressemblait à un appartement moldu très classique, de deux étages, dans lequel cohabiteraient plusieurs familles ; en réalité, tout appartenait à la famille Uynauge, et était agrandie par des sortilèges magiques.

« J’espère que t’es prête ! » dit-il avec un sourire, avant de poser sa main sur la poignée et de pénétrer à l’intérieur.

Il faisait agréablement chaud à Drummond Place. Tyr n’était pas étonné d’entendre le crépitement d’un feu de cheminée résonner dans tout le couloir ; et pas plus étonné lorsqu’il vit une masse de plume gigantesque fondre sur lui depuis l’autre bout de l’allée. Le hibou massif déploya ses ailes pour freiner, et planta ses serres dans le crâne de Tyr, qui grimaça ; enfin, il poussa un hululement de plaisir.


« Katy… Je te présente Siegfried, c’est notre hibou. Il est un peu… pot de colle. »

Siegfried flanqua un petit coup de bec à son propriétaire et tourna la tête, dédaigneux. Tyr poussa un long soupir amusé et s’aventura dans la maison, le hibou toujours perché sur sa tête comme si le Gryffon n’était qu’une branche de plus.

« Papa, Maman ! On est là ! »

« Comment ça, on ? »

Zut. Tyr avait complètement oublié de prévenir ses parents qu’il reviendrait accompagné d’une personne. Il fixa Katy de son unique œil, et, devant son air inquiet, il haussa les épaules.


« Je gère la situation. Je. Gère. »

Le pauvre disait cela pour la rassurer autant que lui-même ; mais son anxiété partit bien vite, et il débarqua dans le gigantesque salon. Augusta était assise dans un canapé posé devant la cheminée, et regardait Katy avec intérêt ; Owen, quant à lui, était penché sur son bureau, le nez plongé dans un tas de photographies et de papiers.


« Maman, Papa, voici Katy. Elle est à Serdaigle, et… elle a une passion pour les baguettes, comme toi. » dit-il en fixant sa mère. « Donc je me suis permis de l’amener ici pour que vous puissiez discuter. »

*Et que je sois sûr à propos de ces tremblements.* ajouta-t-il pour lui-même.

« Excellente idée ! Viens donc t’asseoir près de moi… Katy ! Par contre, Tyr, va aider ton père. Il est en train de faire le tri dans ce que nous amènerons au Bureau des Souvenirs la prochaine fois que nous nous y rendrons. » répondit sa mère.

« Mais… » protesta le Gryffon, frustré.

« Il n’y a pas de mais ! Viens ici ! » dit son père d’un ton jovial mais autoritaire.
Dernière modification par Tyr Uynauge le 7 janvier 2018, 18 h 36, modifié 2 fois.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Quelques semaines après leur première rencontre dans la Salle sur Demande, les deux élèves s'étaient retrouvés, comme ils l'avaient prévu, à Edimbourg pour se rendre chez le Gryffondor. Bien que très excitée à l'idée de rencontrer la mère du troisième année, Katy était tout de même anxieuse car elle ne connaissait pas encore les parents de Tyr, et sa grande timidité reprenait inévitablement le dessus. Elle sentait son cœur battre plus rapidement que d'habitude alors qu'elle essayait de suivre son ami. Celui-ci avançait rapidement au milieu des passants, tandis que Katy le suivait plus doucement, car la foule présente dans les rues l'effrayait. La Serdaigle avançait sans dire un mot, se concentrant sur la voie qu'elle empruntait pour éviter un maximum de passants.

Après quelque minutes, les deux élèves arrivèrent devant la villa des Uynauge. A première vue, Katy se trouvait devant un appartement plutôt banal. La seule particularité qu'il avait, c'est qu'il appartenait dans son intégralité à la famille de Tyr, d'après ce que ce dernier avait pu lui dire. Il vivait donc dans un immense bâtiment de deux étages, au cœur d'Edimbourg.
En entrant, Katy ressentit avec joie la chaleur de l'habitat, qui contrastait fortement avec la température extérieure. Elle eut tout juste franchi le seuil de la porte avec le Gryffondor lorsque celui-ci reçut une salutation assez brutale de son hibou. Le garçon de la Maison rouge et or fit une rapide présentation de l'animal de la famille puis lança :
« Papa, Maman ! On est là ! »

« Comment ça, on ? »

Grand silence. Katy regarda successivement les parents de Tyr, puis Tyr. Elle était déjà fortement intimidée, et la question de ses parents la fit très légèrement sursauter. Le troisième année, n'avait apparemment pas annoncé son arrivée. L'Aiglonne ne savait plus où se mettre. A vrai dire, à ce moment précis, elle aurait aimé se faire tout petite, tel un grain de sable au milieu du désert. Elle lança un regard angoissé à son camarade qui ne semblait pas non plus savoir quoi dire. Le Gryffon lâcha une phrase, qui finalement avait autant pour but de se rassurer lui-même, que la Serdaigle.

Tyr présenta plutôt brièvement Katy, ainsi que la principale raison qui l'amenait ici, c'est à dire sa mère. La Serdaigle fit un léger mouvement de tête, d'abord pour confirmer ses propos, puis pour saluer Owen et Augusta. Celle-ci invita très gentiment la cinquième année à venir s'installer auprès d'elle, et l'Aiglonne s'exécuta. En revanche, elle ordonna à son fils d'aider son père à trier ce qu'ils devraient emmener au Bureau des Souvenirs prochainement, Katy ne savait pas de quoi les Uynauge parlaient. En tout cas, cette semi-absence de Tyr rendait la situation stressante, car la Serdaigle allait devoir parler avec une personne qu'elle ne connaissait pas, et qu'elle trouvait très impressionnante. Elle essayait de garder son calme devant la famille Uynauge en contenant son stress et le léger tremblement qui en découlait. Pourtant, intérieurement, Katy avait l'impression de perdre tous ses moyens. Elle était assise face à la mère de Tyr mais n'arrivait pas à faire autre chose que lui rendre un sourire on ne peut plus crispé. La cinquième année se sentait terriblement bête. Elle regarda Tyr qui paraissait ennuyé de la laisser, puis reposa son regard sur la mère du garçon. Voyant que celle-ci ne prenait pas la parole, elle prit sur elle et essaya d'entamer la conversation.


« Tyr m'a beaucoup parlé de vous. Et surtout de votre métier, il doit être passionnant. Enfin je veux dire que vous devez être heureuse d'exercer un si beau métier, non? »

Katy trouvait ses propres réflexions sans intérêt, et craignait que la mère de Tyr n'en pense pas moins. Pourtant celle-ci lui sourit, elle paraissait contente qu'on lui parle de son métier. La Serdaigle en était soulagée, elle espérait qu'Augusta puisse l'informer davantage sur son travail.
Dernière modification par Katy Smith le 28 janvier 2018, 8 h 13, modifié 1 fois.

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Tyr traîna ses pieds jusque l’endroit où son père se trouvait. Owen n’avait pas changé : il paraissait toujours extrêmement négligé et prenant soin de lui à la fois. Son visage était totalement rasé, mais ses cheveux ressemblaient plus à un buisson qu’autre chose ; son pantalon était impeccablement tiré et soutenu par une ceinture qui devait serrer à vous briser les hanches, alors que ses bras flottaient dans une chemise trop grande. C’était un look totalement révélateur du personnage qu’était Owen : sérieux et pourtant très relâché.

« J’ai pas envie… »

« Et moi, je n’ai pas envie de t’entendre râler. Au boulot ! »

Tyr prit une chaise qui traînait près de la table, la rapprocha, et s’y installa, à côté de son père. Devant lui se trouvait une pile immense, d’une bonne vingtaine de centimètres de haut, de photographies, morceaux de journaux découpés, livres, et tout ce qui pouvait constituer une source d’informations. Dans cette pile, Tyr, aidé par son père – ou plutôt, aidant son père – allait devoir retrouver la moindre information qui concernait les Uynauge, qu’importe le membre de la famille, et l’apporter au Bureau.

Le Bureau des Souvenirs était le nom que la famille donnait à une grande pièce située au Dôme Fletcher, la résidence ancestrale où vivait actuellement le grand-père de Tyr, où étaient entreposées toutes les informations relatives à leur simple nom. Des archives réservées aux Uynauge, dont la collecte de documents avait commencé en… il y a un moment. Avant même la naissance de Teàrlach. Tyr n’avait jamais vraiment trouvé d’intérêt à ce processus : sa famille avait-elle quelque chose à se reprocher ? A part passer le nez dans des vieux papiers dont personne n’aurait plus jamais besoin, il n’y avait rien d’autre à faire…

Toutefois, Tyr appréciait une petite partie de ce travail : car il appréciait retrouver des photos des gens qu’il connaissait. C’était toujours une bonne surprise de retrouver – histoire vraie – votre père dans le journal, dans une épaisse parka offerte par d’autres magizoologistes d’Asie Centrale lorsqu’il était parti dans cette région à la recherche d’un animal rare ; ou encore, votre grand-père en costume de pingouin, habillé pour fêter tel anniversaire de la fin de la guerre, ou quelque chose dans le genre. Alors qu’il avait posé ses mains et commençait à pousser les articles de journal de côté pour arriver aux photos, qui se situaient en-dessous, il entendit un rire derrière lui. Il ne put s’empêcher de se retourner. C’était sa mère. Faisant semblant de regarder dans le vide,  il vit que la conversation était déjà bien engagée entre sa mère et Katy. Il ne regrettait pas son acte ; mais il regrettait de ne pas être près d’elles pour discuter. Il tendit l’oreille.


« Je suis ravie de voir que Tyr t’a parlé de moi, et en bien qui plus est. Oui, c’est juste une véritable chance. Et puis, de toi à moi : sans les gens comme nous, une bonne majorité de sorciers serait incapable de faire la moindre chose. N’est-ce pas une belle satisfaction ? »

Tyr leva les yeux au ciel. C’était exactement le genre de discours arrogant qu’il aurait pu tenir…

« Mais c’est surtout une histoire de sensation. On pourrait croire que la mémoire est la règle première, dans un travail pareil, mais en réalité on acquiert les combinaisons d’élément très vite. Par contre, il faut savoir ressentir lorsque l’on pense qu’une baguette sera mauvaise… C’est un talent qui va s’affiner avec les années, tu verras. »

Alors qu’elle s’apprêtait à continuer, le bec de Siegfried le ramena à la réalité. Le hibou était encore perché sur sa tête et lui intimait de reprendre son travail. Tyr était tellement habitué à avoir l’oiseau planté sur son épaule, sa tête, ou son bras, qu’il n’y faisait même plus attention. Et pourtant, la masse de plumes avait de quoi se faire remarquer.

« Tyr ! » le rappela à l’ordre son père, dont l’attention avait été attirée par Siegfried.

Le borgne soupira à nouveau et retourna à son travail. Il finit par pousser l’intégralité des journaux de côté et s’attaqua aux photos. Il devait y en avoir seulement une petite trentaine : tout allait se passer très vite. Il commença à feuilleter les images sans trop prêter attention à ce qui était représenté dessus.

Jusqu’à ce que l’un d’entre elle lui fasse écarquiller les yeux.
Dernière modification par Tyr Uynauge le 7 janvier 2018, 18 h 37, modifié 1 fois.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

« Je suis ravie de voir que Tyr t’a parlé de moi, et en bien qui plus est. Oui, c’est juste une véritable chance. Et puis, de toi à moi : sans les gens comme nous, une bonne majorité de sorciers serait incapable de faire la moindre chose. N’est-ce pas une belle satisfaction ? »

Katy acquiesça en souriant.

Comme elle avait pu le pressentir, Augusta était une sorcière remarquable. Ou du moins, semblait l'être. La mère de Tyr était souriante, et adoptait un ton rassurant qui avait de quoi mettre un peu plus à l'aise Katy. Bien sûr l'Aiglonne regrettait que son ami ne soit pas assis à côté d'elle pour participer à la discussion mais les ordres étaient les ordres, et il se trouvait à l'autre bout de la pièce en train de trier minutieusement un tas de papiers. La cinquième année jetait de temps à autre un coup d'œil dans sa direction en se demandant quelle pouvait être l'utilité de sa tâche. Et puis le terme de « Bureau » résonnait encore dans sa tête. Tout ceci était intrigant, et la Serdaigle ne parvenait pas à chasser ces idées de sa tête.
*Il faudra que je demande à Tyr de m'en dire plus à ce sujet.* pensa Katy avant de reporter son attention sur la réponse d'Augusta.

« Mais c’est surtout une histoire de sensation. On pourrait croire que la mémoire est la règle première, dans un travail pareil, mais en réalité on acquiert les combinaisons d’élément très vite. Par contre, il faut savoir ressentir lorsque l’on pense qu’une baguette sera mauvaise… C’est un talent qui va s’affiner avec les années, tu verras. »

La cinquième année prit en note mentalement ce que la mère du Gryffondor lui expliquait. Elle était rassurée de savoir que les combinaisons d'éléments pouvaient être apprises assez rapidement, car depuis qu'elle avait commencé à s'y intéresser, elle éprouvait quelques difficultés à les mémoriser. Et puis, comme Augusta avait pu lui dire, elle aurait peut-être la chance de réussir à ressentir les baguettes. Car après tout, Katy n'était qu'en cinquième année et elle était encore loin d'avoir terminé ses études à Poudlard. Elle avait par conséquent encore deux années pour confirmer son souhait de poursuivre ses études dans le secteur des baguettes. D'ailleurs, c'était un sujet qui la préoccupait, ses études. Elle craignait que le fait de ne pas avoir poursuivi l'étude des sortilèges lui soit défavorable lorsqu'elle aurait à faire ses vœux d'orientation. C'était notamment l'une des raisons qui la poussait à obtenir les meilleures notes possible, puisque maintenant qu'elle savait ce qu'elle voulait faire, il fallait qu'elle se donne les moyens d'y parvenir. Mais une question restait en suspens : vers quel établissement se dirigerait-elle à l'issue de ses études à Poudlard ? Profitant de l'occasion de parler avec une professionnelle du domaine, Katy lui demanda son avis.

« A ce propos, il y a quelque chose que j'aimerais vous demander. Je sais que j'ai encore deux années d'étude à Poudlard, mais j'avoue que je ne sais pas trop où aller pour poursuivre mes études. Je me disais que vous seriez peut-être la mieux placée pour me conseiller... »

Elle fit une pause en voyant qu'Augusta réfléchissait à la réponse qu'elle pourrait lui apporter, puis continua sur un ton un peu plus hésitant.

« Et... Je dois aussi vous avouer que je suis un petit peu inquiète, parce que lorsque j'ai choisi les deux matières dont je ne poursuivrai pas l'étude, je n'étais pas encore passionnée par les baguettes. J'ai donc abandonné les Sortilèges et la Métamorphose. J'espère que ça n'aura pas trop d'incidence sur mon dossier... »

C'était regrettable, mais à la fin de sa seconde année, l'Aiglonne était encore loin de se douter qu'elle s'orienterait vers les baguettes magiques. A ce jour, elle en était presque certaine. Et elle savait qu'en cas d'échec dans cette voie, elle pourrait toujours se tourner vers l'Histoire de la Magie qu'elle appréciait également beaucoup.
Dernière modification par Katy Smith le 31 décembre 2017, 23 h 39, modifié 1 fois.

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Sur la photo, deux personnages. Une femme et un homme. La femme était Augusta. L'homme était...

L’oncle.

L’oncle de Tyr. Combien de temps depuis qu’il l’avait vu pour la dernière fois en photo ? Au moins… une bonne centaine de millénaires. Sinon plus. Sur toutes les photos qu’il avait vues de lui, deux ou trois en treize ans, sa mère semblait si jeune, si fragile… Il était clair et net qu’il n’était pas encore né, voire peut-être, que le couple de ses parents n’était pas encore formé ; peut-être que leurs études à Poudlard n’étaient même pas terminées. Tyr tenait la photo entre ses mains, fébrile. Cela lui faisait toujours un drôle d’effet de revoir le visage de cet oncle dont il ne parvenait pas à retenir le nom.

S’il savait que sa mère et lui étaient jumeaux, il ne l’avait toutefois jamais rencontré de sa vie. Il s’en portait très bien, bien sûr : avoir une famille restreinte, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne l’avait jamais poussé à questionner ses parents sur leurs liens de sang. Ce n’était pas forcément un manque de curiosité, plutôt quelque chose comme… un sentiment de remplissage ? Il n’avait pas forcément envie de faire la connaissance de son oncle maternel tout simplement ; et cette chose était sûrement provoquée par le peu d’attirance que Tyr éprouvait envers l’équivalent paternel. Kenneth était l’exemple type du Serpentard, et notre Gryffon éborgné avait le cœur trop pur et l’esprit trop droit pour seulement penser une seconde avoir de bons termes avec le frère d’Owen.

De toutes façons, ils avaient toujours évité de parler de lui. Sans que Tyr ne comprenne réellement pourquoi.

Sur la photo, en noir et blanc, Augusta et son frère se regardaient en souriant. Elle lui ébouriffait les cheveux, hilare, et lui ripostait en lui attrapant les joues et en les tirant. Comme toute photographie magique, les personnages emprisonnés à l’intérieur de l’image bougeaient ; et contrairement à nombre d’entre elles, ici, les deux jumeaux ne prêtaient pas attention du tout à leur spectateur. En regardant un peu plus attentivement, Tyr se découvrit une sensation qu’il pensait avoir enfoui depuis longtemps. La jalousie.

La vraie, la pure, la dure. Celle qui vous ravage. La bassesse dans le poitrail, cette plaie dans la muraille. Pour la toute première fois de sa vie, Tyr avait envie d’un semblable. D’un deuxième petit Uynauge à qui tirer les cheveux.

« Ça va Tyr ? »

Son père le regardait avec inquiétude.

Il devait se débarrasser de ça. De son regard lourd. Qui l'analysait.


« Oh oui, j’ai juste… une question. »

« Dis-moi. »

« Non, je vais plutôt aller la poser à Maman. »

Il se leva de sa chaise et se dirigea vers le canapé où étaient toujours assises les deux femmes. Il avait perdu le fil de la discussion en plongeant dans ses propres pensées ; mais il le reprit bien vite.

« …dossier… »

Il vit sa mère grimacer.

« Je vais être honnête avec toi, c’est terriblement dommage de ne pas avoir gardé Sortilèges lors de ton cursus. C’est une matière des plus capitales pour travailler dans l’art des baguettes magiques. Tu t’es déjà demandée s’il était possible de changer en cours de route ? Si c’est le cas, je pourrais peut-être t’aider à… rattraper le retard que tu as accumulé. Quant aux études, je… »

Elle s’interrompit net.

« Mon fils ? »

« Dis-voir, maman… Comment il s’appelle déjà ton frère ? Et vous aviez quel âge là-dessus ? » demanda le garçon, en tendant le bras pour lui montrer la photo qu’il tenait entre les doigts.

« Alexander. Tiens, elle date, celle-là… Je me rappelle, c’est Robin qui l’avait pris… On devait à peine avoir l’âge de Katy, peut-être plus. » répondit-elle en lui arrachant la photo des mains et en montrant à l’intéressée l’image en question, comme pour demander une confirmation.

Et, subitement, le bras de Tyr se mit à trembler.

Comme pour annoncer quelque chose. De plutôt rare.
Dernière modification par Tyr Uynauge le 7 janvier 2018, 18 h 38, modifié 1 fois.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

A peine Katy avait-elle eu le temps d'achever sa question que le visage de la mère de Tyr afficha une grimace, lui donnant ainsi un premier élément de réponse. La suite, l'Aiglonne la connaissait déjà, bien qu'elle aurait préféré la savoir différente. Toutefois, il n'y avait pas que du négatif dans la réponse d'Augusta. En effet, celle-ci eut une idée intéressante, réellement très intéressante selon Katy. Changer d'enseignement était une éventualité qu'elle ne devait absolument pas négliger. Il faudrait qu'à son retour au château elle en parle à Miss Holloway, ou à n'importe quel autre professeur qui serait en capacité de la renseigner. De plus, la mère du Gryffon ajouta qu'elle pourrait l'aider à rattraper son retard, ce qui était une très bonne chose. D'ailleurs, ce qu'Augusta ignorait, c'est que Katy n'avait pas vraiment arrêté de suivre les cours de Sortilèges. En réalité, elle n'assistait plus aux cours donnés par le professeur Keith, mais pour autant, continuait d'apprendre les sortilèges au programme de son année grâce aux cours qu'elle échangeait avec Arthur. C'est pourquoi elle n'était certainement pas aussi qualifiée que tout autre élève ayant choisi de poursuivre ce cours, mais elle n'était pas totalement larguée non plus.

Augusta s'apprêtait maintenant à évoquer le sujet des études supérieures lorsque Tyr fit soudainement son apparition. Etant concentrée sur le discours de sa mère – afin d'en retenir un maximum d'informations – la Serdaigle en avait presque oublié la présence du Gryffon dans la pièce. Aussi, elle sursauta légèrement quand il arriva à côté d'elle. Il tendit une photo à Augusta tout en lui demandant le nom de son frère et l'âge qu'ils avaient tous les deux au moment où la photo avait été prise. A la première question posée, les sourcils de l'Aiglonne se froncèrent ; comment se faisait-il que Tyr ne connaisse pas le nom de son oncle ? A supposer qu'il ait une famille nombreuse, connaître le nom de son oncle semblait tout de même être primordial.
Le sang de Katy se glaça dès le premier mot qu'Augusta prononça pour lui répondre.

Alexander. Son père...

Il était évident que ce nom restait assez courant, mais la cinquième année ne pouvait s'empêcher de l'assimiler à son père lorsqu'elle l'entendait. Son cœur se mit à battre plus fort, plus rapidement, venant marteler sa cage thoracique. La Serdaigle ne se sentait pas très bien. Encore une fois, elle essayait de rester calme pour ne pas le montrer, mais sans le vouloir, Augusta tua son dernier espoir en lui tendant la photo. Katy la regarda brièvement avant de perdre définitivement son calme. Il n'y avait nul doute. Le garçon qui était en train d'attraper les joues de la mère de Tyr bien des années auparavant, c'était lui. Alexander Finnigan. Les yeux de l'Aiglonne s'écarquillèrent tout en s'emplissant de larmes. Sa main se mit à trembler, à tel point qu'elle laissa la photo s'en échapper et venir se poser brutalement sur le sol. Sans pouvoir se contrôler elle lâcha un
« PAPA », avant de dissimuler un instant sa tête dans ses bras, toute honteuse. Elle était complètement perdue et ne cherchait finalement pas à comprendre le pourquoi du comment. Elle souhaitait simplement échapper au regard des Uynauge qui ne devaient certainement rien comprendre à la situation. Elle essuya rapidement ses larmes tout en remontant sa tête avant de prendre la parole en sanglotant.

« Excusez-moi je... Je ne me sens pas très bien. Est-ce qu'il ser... il serait possible que je sorte une minute ? » dit-elle en montrant du doigt la porte vitrée qui donnait sur l'immense jardin de la villa.

Son cœur battait encore plus intensément. Sa respiration était davantage saccadée. Elle ne savait plus quoi faire pour retrouver son calme, alors elle se redressa. Ses larmes lui donnaient une vision trouble, combinée à des vertiges. Elle regarda Tyr et Augusta à tour de rôle, ils paraissaient tout aussi perdus qu'elle. Paradoxalement, Katy souhaitait fuir ces gens qu'elle ne connaissait presque pas, de peur d'enfin découvrir qui était son père ; d'un autre côté une multitude de questions se bousculaient dans sa tête et elle souhaitait qu'on lui réponde.

N'ayant pas eu de réponse à sa question, hormis des yeux la fixant de manière très inquiète, la Serdaigle ne bougea pas. Elle ne se sentait finalement pas capable de rejoindre le jardin. La cinquième année se retourna désespérément vers Augusta.


« Est-ce qu... Est-ce que vous en êtes sûre ? Alexander est... Est-ce qu'il est vraiment votre frère ? »

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Ah oui.

Tout de même.

Quel genre de scénario dramatiquement impensable était-ce là ?

Tyr avait assisté à la descente aux enfers de Katy avec attention, presque avec intérêt. Son bras ne s’était pas trompé et avait bien anticipé quelque chose de grave. Cela dit… « papa » ? Comment ça, papa ? Papa… comme Owen par rapport à Tyr ? Tout cela lui provoquait des frissons qu’il essayait de cacher, non sans fournir un certain effort. Mais le plus dur, ce n’était pas de cacher ce qu’il ressentait. C’était de savoir ce qu’il devait faire vis-à-vis de Katy maintenant. 

En fait, si. Il avait peut-être bien une idée.

Mettant sa main dans son dos, il claqua des doigts. Et il sentit Ojcu, à pas feutrés, s’approcher doucement, discrètement, presque sournoisement. Il sauta avec aisance sur les genoux de Katy, et s’étira. Tyr cherchait à déranger l’attention de Katy, afin qu’elle ne le voit pas reprendre la photographie qui avait déclenché le drame. Habilement, il la plaça devant lui, et compara les visages respectifs du dénommé Alexander et de Katy. Il y avait quelques ressemblances par-ci, quelques différences par-là, mais en tout cas… il y avait quelques questions qui méritaient qu’on y réponde.

Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait. Elle l’avait appelé « papa ». Mais comment les Uynauge auraient-ils pu passer à côté de l’existence d’un membre de leur famille avec un nombre si restreint de membres ? Pourquoi avaient-ils perdu le contact avec Alexander, d’ailleurs ? S’il avait disparu, pourquoi ne s’étaient-ils pas mis à sa recherche ? Katy était-elle donc… sa cousine ?

Tyr était tout tremblant.Une cousine. Beurk. Lui ne voulait pas de cousine ! Il avait compris depuis bien longtemps les avantages qu’il gagnait à être l’unique enfant de sa génération familiale, et il ne l’aurait partagé pour rien au monde. N’en déplaise à Katy, ou à ses parents, qui seraient sûrement très heureux d’avoir une nièce, mais… Non.

Tyr tourna ensuite le regard vers sa mère. Elle… avait l’air étrangement calme. Totalement apaisée. Pas un tremblement, ni même un petit souffle de respiration déplacé. Le garçon écarquilla les yeux devant le sourire qui venait de naître sur ses lèvres.

« Alors c’est toi… » 

Comment ça, elle ?

« Hein ? » cria Tyr, totalement perdu.

C’était décidément de pire en pire. 

« Ton père, avant de disparaître, m’avait dit que tu t’appellerais Suzanne, mais je vois qu'ils ont finalement changé d'avis. Je suis contente de te rencontrer enfin, ma nièce. »

« Maman, tu voudrais bien m’expliquer ce qu’il se passe ? » demanda le garçon avec colère.




V3 oblige, changement de couleur pour Augusta ! Mes excuses pour la gêne provoquée dans le RP.




 

 
Dernière modification par Tyr Uynauge le 7 janvier 2018, 18 h 41, modifié 1 fois.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Encore une fois, Katy n'eut pas de réponse immédiate. Elle restait immobile, patientait. Aucune voix ne s'élevait pour lui répondre, le silence se faisait insupportable. La jeune fille aurait aimé crier, se libérer de cette crainte, cette angoisse, ces questions qui la torturaient intérieurement. Et soudainement, elle se sentit apaisée. L'arrivée du chat de Tyr sur ses genoux apporta une sorte de soulagement. L'Aiglonne caressa lentement son doux poil. Elle se concentrait pour réduire les tremblements de sa main afin que le chat ne les ressente qu'en de moindres mesures. Cela lui demandait un effort considérable, mais la Serdaigle préférait reporter son attention sur ce simple mouvement mécanique plutôt que de regarder les Uynauge.

« Alors c’est toi… » 

La voix d'Augusta interpella Katy qui la regarda aussitôt. La mère de Tyr avait apparemment, elle aussi, fait le rapprochement. Elle porta son regard sur Katy. C'était assez impressionnant de la voir garder son calme de cette façon. Elle restait impassible, et contrairement à Katy, n'avait pas l'air tant surprise. Sa réponse laissait entendre qu'elle était au courant d'avoir une nièce, ce qui étonna d'autant plus la cinquième année. La Serdaigle ne dit rien. Après tout Augusta n'avait toujours pas répondu à sa question.

« Ton père, avant de disparaître, m’avait dit que tu t’appellerais Suzanne, mais je vois qu'ils ont finalement changé d'avis. Je suis contente de te rencontrer enfin, ma nièce. » 

La réponse arriva enfin, et elle confirma les hypothèses de Katy. Oui, Alexander était le frère d'Augusta, elle-même étant la tante de l'Aiglonne. Et Tyr était donc son cousin... C'était à peine croyable, mais pourtant vrai. La Serdaigle resta encore silencieuse, un instant. Maintenant que tous les indices l'avaient menée à son père, et à sa famille, il fallait qu'elle l'accepte. Tyr lui-même ne semblait pas enthousiaste lorsqu'il entendit sa mère parler. Il cherchait à son tour à comprendre, même si au fond, il devait déjà avoir compris. Katy pu voir de la colère sur son visage, et l'entendre dans sa voix. Lui non plus n'était visiblement pas prêt d'accepter cela. Aussi ,sa camarade préféra détourner son regard pour le reposer sur son chat, toujours installé sur ses genoux. Elle le caressa, sentant qu'il était nerveux, comme s'il avait suivit la discussion. En réalité, il n'avait sûrement rien compris au langage humain, mais plutôt ressenti la détresse de son maître. L'animal sauta des genoux de Katy pour aller se frotter contre les jambes de son cousin. Celui-ci tenait la photo de sa mère et de son oncle du bout de ses doigts tout tremblants.

« Je peux la revoir, s'il te plaît ? » demanda Katy.

Elle ressentait le besoin de voir son visage qu'elle ne connaissait qu'au travers d'une autre photo qu'elle tenait de sa mère. Et plus que tout, elle retrouvait maintenant l'espoir de rencontrer son père un jour.

« Suzanne est mon deuxième prénom... Je vais être honnête, je ne sais pas si... Si je suis vraiment heureuse de vous avoir pour tante. C'est assez bizarre, et désagréable de le découvrir de cette façon. » déclara-t-elle à l'attention d'Augusta.

Le visage la mère du Gryffon se décomposa. Etonnamment elle parut plus surprise des mots sortant de la bouche de sa nièce plutôt que de la découverte qu'ils venaient de faire. Elle s'apprêtait à donner des explications à son fils qui les attendait avec impatience lorsque l'Aiglonne poursuivit plus calmement.

« Il était où pour la dernière fois ? »

« Il venait d'acheter une maison à Pré-au-Lard, pour sa petite famille bientôt agrandie... Mais il ne donnait plus vraiment de nouvelles à cette époque. Il était déjà devenu assez distant. » répondit sans plus attendre Augusta.

Pré-au-Lard. Lorsque Katy entendit le nom de ce visage, elle crut qu'elle allait définitivement perdre son calme. Elle était en colère. Contre elle, parce qu'elle n'avait pas réussi à rejoindre le village sorcier quand elle s'était enfuie de Poudlard. Et contre Miss Peters, qui l'avait justement arrêtée lors de cette fugue. La cinquième année avait d'énormes regrets. Elle retenait non sans d'immenses difficultés cette rage intérieure, qui ne se manifesta physiquement que par un rougissement de ses pommettes. Dans sa tête en revanche, c'était une sorte de chaos, et Katy savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas le retenir indéfiniment. Elle regarda Tyr, puis Augusta, et encore Tyr, la situation était insupportable.

« Je... Crois que je vais y aller. Excusez-moi pour le dérangement. »

Changement de couleur pour Augusta effectué dans tous mes posts ;) 

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

 Edimbourg   PV  Le Sang des Finnigan - épisode II : Lien

Tyr tendit la photographie à contrecoeur. En son for intérieur, sa conscience lui criait de se calmer, de respirer un bon coup, et d'attendre la suite des événements. Mais lui n'avait qu'une envie : d'attraper sa mère par les épaules et de la secouer de toutes ses forces. En criant, bien sûr, sinon il n'y avait plus rien de drôle.

Mais il avait plus important à faire. Par exemple, écouter ce que ces deux interlocutrices pouvaient bien avoir à dire sur le dénommé Alexander.

Sauf qu'il n'apprenait rien.

Un oncle distant ? Sans blague ! Tyr n'avait jamais vu son oncle, comment pouvait-il seulement le qualifier d'autre chose que distant ? Il trouvait le simple fait d'avoir une discussion sur lui étrange. Comment pouvait-il bien être un sujet de discussion en étant si peu présent ? Auprès de sa fille, qui plus est ? Si Owen, après avoir été absent si longtemps, avait décidé de faire surface à nouveau, même la simple évocation de son nom aurait mis Tyr dans un rare état de fureur. Lorsque vous aviez perdu quelque chose de cher, comme un oeil, par exemple, votre sang refroidissait subitement, vous preniez conscience de la réelle valeur des choses, vous vous énerviez moins vite.

Là, Tyr recommençait à bouillonner.

Pré-au-Lard, hein ? Il connaissait leur prochaine destination.

« Je vais l'accompagner. Merci maman, j'essaierai de revenir avant la nuit. »

« Prends ton temps... » dit-elle, le regard perdu dans le vide.

Et Tyr raccompagna Katy jusqu'à la porte d'entrée. Il restait silencieux, elle aussi. Parce qu'ils n'avaient plus rien à dire ? Non. Parce qu'ils ne savaient pas quoi dire. Un tour en plein air leur ferait le plus grand bien. Le château était à peine à une petite centaine de mètres ; profiter du vent contre leur visage débloquerait peut-être leurs langues. Alors qu'il ouvrait la porte, laissant sortir Katy la première, il vit que des gens s'approchaient de sa maison. Gens qu'il reconnut immédiatement. 

« Pars devant, j'arrive tout de suite. »

Il délaissa alors sa cousine pour aller au devant des nouveaux venus. Des connaissances de vieille date. Tyr fit un signe à Arnold Jensen, collègue de son père, et sourit à sa femme, une Moldue du nom de Morgane. Il leur expliqua très brièvement qu'il était occupé et qu'il ne pouvait rester : les deux adultes se montrèrent très compréhensifs, ne posèrent même pas de questions sur son œil, et partirent en direction de la maison.

Laissant Tyr seul avec Phosphora. Leur fille.

Ses cheveux blonds, presque blancs, n'avaient pas changé. Ses yeux bleus avaient toujours la même lueur électrique. Ce sourire espiègle, sur le visage, semblait gravé depuis une éternité.

Il comprit soudainement qu'elle lui avait manqué.

« Tu m'as entendu... Je ne peux pas rester. »

« Je sais. Mais on renouera, hein ? »

« J'y compte bien, Pho'. J'y compte bien. » répondit le garçon en lui tournant le dos.

Décidément, on aurait dit que quelqu'un s'était amusé à ressortir tous les vieux souvenirs du grenier de la mémoire de Tyr d'un seul et même coup.

Lui était loin d'avoir conscience que ce n'était pas terminé.



_________

Augusta entendit la porte d’entrée claquer. Elle inclina la tête lentement en arrière, tout en retenant sa respiration, et une fois qu’elle ne put aller plus loin dans son exercice physique, elle relâcha tout l’air qu’elle avait emmagasiné.

Le message qu’elle attendait de lui depuis tout ce temps… venait-il d’arriver ?

Elle alla rejoindre Owen qui était toujours attablé à son bureau.

« Tu sais où est Tyr ? » demanda-t-il lorsqu’il entendit sa femme arriver.

« Parti dehors avec sa cousine. »

Le père leva brusquement la tête de la paperasse dans laquelle il était enfoui.

« Je te demande pardon ? »

Elle prit alors une chaise et commença à tout lui raconter : comment une discussion sur un sujet aussi anodin que les baguettes s’était finie en drame familial à cause de l’arrivée de leur propre fils. A la fin du récit, Owen était bouche bée et ne savait quoi dire. Il avait toutefois le regard amer : le même regard qui l’assaillait lorsque l’on évoquait sa propre famille à lui. Augusta ne connaissait que trop bien les différends qui l’avaient opposée, elle, au père d’Owen, l’Auror Teàrlach, lors de sa rencontre avec Owen. Le futur beau-père n’avait pas manqué de termes durs dans leur discussion, et ce n’était que grâce à la fermeté et au courage d’Owen, pourtant à Poufsouffle, qu’elle avait pu encaisser toutes ces paroles sans broncher. Elle ne savait pas pourquoi le père d’Owen lui vouait ainsi une haine aussi farouche ; mais elle n’avait jamais souhaité le savoir. Un personnage aussi odieux ne méritait pas qu’elle fasse des efforts pour améliorer leur relation.

Il lui prit les doigts et elle plongea ses yeux dans ceux, bruns-dorés, de son mari. Elle pouvait voir qu’il s’apprêtait à lui poser une question : et pile au moment de ce constat, il ouvrit la bouche. Ca n’avait pas loupé.

La sonnette retentit, mais ils n’y firent pas attention.

« Comment tu te sens ? »

« Je ne sais pas. »

Elle prit le temps de réfléchir quelque peu.

« Tu crois qu’il serait temps que Tyr en sache un peu plus ? »

« Non, surtout pas. Il est trop jeune. » répondit-il précipitamment.

« Il était aussi trop jeune pour perdre un œil. » dit-elle avec douceur.

A nouveau, le bruit clair de la sonnette les interrompit.

Owen se mordit la langue.

« J’imagine que de toutes façons, il apprendra tout de lui-même. »

Il lui lâcha les doigts et se tourna à nouveau vers les articles de journaux. Il en sélectionna deux ou trois et les tendit à Augusta, qui les prit sans les regarder.

« Tout ça ira au Bureau des Souvenirs. Mais si Tyr trouve une piste, il y atterrira forcément. Et mon père sera contre, et tout ça finira mal. Il y a des… pièces manquantes sur le puzzle de notre histoire, Augusta. Un puzzle que nous avons préféré oublier car il serait trop horrible à contempler si l’on venait à le compléter. Autant de ton côté que du mien. »

« Je le sais, Owen. Mais peut-être que Tyr peut encaisser ce que nous n'avons jamais pu supporter. »

Owen se leva de sa chaise avec agacement. Il ne voulait pas l'avouer, mais il était inquiet. Augusta le devinait aisément.

« Tu sais très bien ce que la réapparition d’Alexander veut dire. Ce message qu’il avait promis de t’envoyer, il est là, c'est sa fille. Rappelle-toi ce qu’il nous avait dit. »

« Lorsque je reviendrai, tout aura changé. Je serais soit mort… » commença Augusta, énonçant la dernière phrase prononcée par son frère avant sa disparition.

« …soit un meurtrier. » termina Owen avant d’aller ouvrir à Arnold Jensen et sa famille. 

Episode II terminé ! Le suivant devrait arriver dans peu de temps, la semaine prochaine, si tout va bien.

M.A.J : Modification du texte.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»