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 Sheffield  Juste cinq visions du monde.  Solo 

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2038

Qu!elle poisse. Encore une vitre de cassée, ces sales gosses n’en auront-ils jamais marre de venir jusque dans mon jardin pour taper dans leurs ballons ? Et puis Arthur qui se tourne les pouces, je l’entends encore : « Mais laisse les s’amuser, ils sont jeunes ! ». Oui, ils sont jeunes, et moi je suis vieille et j’en ai marre de lancer des Réparo à tout bout de champ.
Je me sens inutile ici, je ne vois mes enfants qu’une fois tous les deux mois, mes deux petits-enfants moins encore. Heureusement Phillius vient ce soir, et avec Peter en plus. Pas longtemps mais il vient.

Je monte à l’étage préparer la chambre du petit. Les escaliers sont si grands… Chaque marche est un peu plus dure à monter pour mon vieux corps. Arthur ne veut pas déménager, il tient trop à ce vieux manoir, mais moi je le trouve beaucoup trop grand, et ce n’est pas mon fainéant de mari qui s’en occupe. J’ai l’impression d’être une moldue. Être déjà si fatiguée à cet âge, il n’y a que les moldues pour ça.
Arrivée dans la chambre je lâche deux trois jurons. Il y a de la poussière partout et la cire de la bougie à tâché le parquet. Je nettoie tout ça à coup de Tergeo et de Recurvite. Avec ma baguette je fais ensuite le lit, j’ouvre les fenêtres pour aérer puis je redescends, maudissant encore cet escalier. Une fois en bas, je me dirige dans le salon et m’assoie non sans difficultés dans un fauteuil. Mon regard traîne dans le vide, je n’ai rien à faire. Juste à attendre. Ils arrivent ce soir, c’est le début d’après-midi.


19h13

Ils sont là. Je les vois débarquer de cet engin moldu. Il a amené sa femme. Je ne pensais pas qu’il l’amènerait. Je ne l’aime pas. Elle est trop… moldue. Ses manières m’exaspèrent. Elle pose des questions toutes les deux minutes sur la magie alors que cela va faire 8 ans qu’elle en connaît l’existence. Malgré cela, elle continue à s’émerveiller devant la moindre petite chose, aussi insignifiante soit-elle.
Depuis la fenêtre du salon, je les vois qui vont à la porte d’entrée. Ils sonnent. Je vais ouvrir. Mon fils, mon petit-fils, et ma belle-fille rentre avec des grands « BONJOUR » et des grands sourires. J’enlace Phillius et sers la main d’Helena. J’ai à peine le temps d’ébouriffer les cheveux de Peter que celui-ci détale dans les escaliers.


-« Peter, reviens ici, ordonne Phillius à moitié en colère, à moitié amusé.

Je lui dis de laisser tomber, que de toute façon, il reste pour le week-end. Phillius fait une mine satisfaite puis se dirige vers le salon, où il sait que se trouve son père. Me laissant seule avec Helena. Nous nous regardons un peu gênées. Elle se sent obligée de parler.
-J’espère que ça ne vous dérange pas de garder le petit, Phillius ne m’avait pas prévenu qu’il voulait m’emmener voir la finale de la coupe d’Europe. Je n’ai pas pu trouver d’autres plans.

Ah oui, j’avais oublié cette coupe de Quidditch. Je n’ai jamais trop aimé ce sport. Trop superficiel, tous les buts que l’on peut marquer ne servent à rien. Seul le Vif d’or est décisif. En revanche, pour une fois quelque chose m’intéresse chez Helena. Je ne peux m’empêcher de lui demander :


-Et alors, qui soutiens-tu ? L’Irlande ou l’Autriche ?

Ma belle fille lâche un petit rire gêné. Le genre de rire où l’on entend que l’air et où la voix reste plaquée au fond de la gorge par peur de sortir. Elle regarde le sol tout en répondant :

-Oh, vous savez… Je suis Irlandaise de naissance, alors j’imagine que…

Je le sais bien petite sotte. Mais la réponse mon conviens. Je n’ai plus rien à faire avec elle alors je rejoins les garçons dans le salon. Derrière moi j’entends Helena monter les escaliers, rejoindre Peter.
J'arrive dans le salon, les hommes discutent. Et je constate non sans agacement que le sujet de discussion est le Quidditch. Je me permets de couper court à la discussion.

-Vous restez manger Phillius?

Le sourire de mon fils disparaît sans crier gare. On dirait que quelqu'un lui a mis un glaçon dans le dos. Il commence en balbutiant:

-Oh..Non maman, je ne pense pas... Tu sais, il nous reste beaucoup de route avant d'arriver sur le lieu de la finale. Et puis Helena et moi avons déjà prévu à manger. Ne te fais pas de soucis.

Je suis sûre qu'il vient de l'inventer. Mais je ne vais pas m'acharner. Connaissant très bien la réponse à ma prochaine question je demande:


-Et pourquoi n'y aller vous pas en transplanant? Vous pourriez même partir demain. Je peux faire d'autres lits si tu le souhaites.


Phillius semble agacé.

-Mais enfin maman, tu sais très bien qu'Helena ne supporte pas ça. La dernière fois que j'ai essayé de la faire transplaner, elle a été malade pendant une semaine entière. Et puis il doit y avoir des sécurités anti-transplanage là bas. Tu t'imagines bien qu'ils ne vont pas laisser entrer n'importe qui, n'importe comment...

Évidemment, je voulais juste rappelé qu'Helena n'est qu'un poids pour lui. Comment un sang-pur, Serpentard qui plus est, a pu se marier avec un moldue? Mon père n'aurait jamais toléré ça. À son époque, c'était une des plus grandes hontes qui pouvaient exister. Mais avec le temps les valeurs se perdent...
En tout cas je n'aurais pas dû poser cette question, maintenant je vois Phillius qui se lève, prêt à partir.


-Bon, nous n'avons pas vraiment le temps de traîner. Il faut qu'on y soit pour 9 heures, demain matin.

Je ne vais pas le retenir, il est grand. Mais à chaque fois c'est la même chose. Et sa soeur c'est la même chose. Et le monde c'est la même chose. Heureusement qu'il me reste ce vieux pas assez grincheux d'Arthur. Et Peter aussi, pour le Week-End. D
Derrière moi, j’entends des pas. Helena est revenu avec Peter; Elle a les mains sur les épaules de celui ci. Elle se penche vers lui, et tourne son visage vers le sien.


-Au revoir mon chéri, tu es sage avec tes grands parents d'accord? Ce n'est que pour deux jours.

Helena semble vouloir le rassurer mais Peter ne semble pas en avoir besoin. Je crois qu'il n'écoute même pas à vrai dire, il est excité comme une puce. Avant qu'il ne parte, Phillius demande à me parler en privé; Encore cette satanée discussion. Bon, il faut que j'y aille pour ne pas éterniser cette discussion inutile que je connais déjà par coeur.

Nous sommes dans le hall.


-Maman, tu sais ce que je vais te demander.

Je hoche.

-S'il te plaît; pas de magie devant Peter, ça lui fait peur. Comme je ne suis pas souvent à la maison, je ne l'ai pas habitué. Même les Nemesis font toujours attention à ne pas l'utiliser devant lui. Il n'est pas ici pour qu'on lui fasse peur tu comprends?


Je ne comprends pas.

- Mais enfin Phillius, tu sais bien qu'il devra s'y confronter un jour ou l'autre. Ce n'est pas lui rendre service que de faire ça. Comment fera t'il quand il devra aller à Poudlard ? Ce n'est pas un cracmol ! Enfin j'ose l’espérer

Mon fils prend une mine agacée, il regarde de droite à gauche comme pour trouver une excuse du regard.

-Bon écoute maman, je n'ai pas le temps d'en parler, et je ne veux pas en parler. CHÉRIE !? On y va !

Helena arrive, toujours accompagnée du petit. Et miracle, Arthus s'est levé pour dire au revoir. Je ne savais même plus qu'il avait la capacité de sortir du fauteuil. Peter commence à pleurer, je crois qu'il a compris cette fois. Il ne veut pas les laisser partir. Helena sourit et l'enlace tendrement. Je ne peux moi même m’empêcher de faire un léger sourire. Phillius luise contente de mettre les cheveux du gamin en bataille, ce qui le fait chaleureusement rire. Arthur enlace Phillius et serre la main d'Helena avec grande sympathie. Pour ma part je me contente de simples formes de politesse. J'ai envie de pleurer. La porte se ferme, leur machine démarre, ils sont partis.

Seul la petite bouille de Peter est resté dans le manoir. Ses yeux sont toujours embués de larmes. Je lui fais un faible sourire.


-Alors Peter, qu'est ce qui te ferait plaisir pour manger ?

Je pleure. Quel triste monde.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?