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 Greenwich  La moutarde qui monte au nez

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à Greenwich


« Les Mortimer sont nobles. Les Mortimer sont riches. Les Mortimer sont distingués...»
Tel est l'hymne des Mortimer. Quiconque se dérobe à cette règle en subit les conséquences, le bannissement. Les Mortimer ne sont solidaires qu'envers ses perles, nul besoin de toc.


La famille Mortimer existe depuis de nombreuses années. Elle fait partie des joyaux historiques de la noblesse britannique. Leur cercle est fermé, seuls les hauts placés peuvent entretenir une relation avec ces derniers. Ils sont éduqués à la dure depuis des générations : «  Les fils, filles de Mortimer ont un enseignement sévère. Ils sont surveillés en permanence. Le moindre écart est synonyme de recadrement. Ils se doivent d'être les meilleures à l'école, de maîtriser au moins un instrument, de pratiquer un sport sophistiqué et d’obtenir un bon cadre social. Ils ont donc en charge de choisir des amis convenables et susceptibles d'être un tremplin pour leurs avenirs. Les parents de Mortimer se doivent d'instruire correctement leurs enfants. Si leur successeur échoue, la faute sera partagée. Ils sont les modèles de leurs enfants et ont donc l'exigence de représenter l'image type du Mortimer. La famille a une certaine liberté pour le choix du métier. Il faudra, seulement, choisir une branche digne d'un Mortimer. Pour résumer, on ne naît pas seulement Mortimer, on le devient en essuyant avec élégance la sueur de son front. »


Cependant ! Les membres de la famille sont, depuis quelques années, insuffisants. Le cercle se rétrécit et la conduite se murmure. Elle n'est donc plus une menace. Les Mortimer d'aujourd'hui ne ressemblent en rien à cet hymne. Il n'existe qu'un couple pouvant se nommer dignement Mortimer : Eude et Rose. Vieux retraités essayant de recadrer, en vain, leur progéniture.
Dernière modification par Esmée Peterson le 26 juillet 2018, 14 h 41, modifié 6 fois.

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Esmée est en 4ème année RP
Audsée # Jo' le pti'frère

 Greenwich  La moutarde qui monte au nez

Rose Mortimer se prépare à recevoir sa famille  pour le déjeuner.

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Juillet 2039 :


Rose se trouve au milieu du grand salon qui leur fait parfois office de boudoir, à elle et Eudes. Elle voudrait se prélasser, au lieu de quoi elle crie sur ses hommes de mains qui s'activent pour éviter, du mieux qu'ils peuvent, les injections hargneuses de cette vieille bonne femme. "Allez plus de balais ! Secouez moi ce tapis ! Qui a oublié de remplir ce vase de fleurs? Carmen ! Où sont mes couverts en argent?" Ils n'osent piper mot et répondent poliment à ses demandes, dans l'espoir que l'orage de rangement, qui se déchaîne depuis déjà 6h du matin dans la maison, se temporise.

Elle les surveille activement, du haut de ses deux lorgnons double vitrés. Puis, elle prend les couverts que lui a tendus sa femme de chambre et les emmène sur la table sous le cerisier du jardin. Au loin, la fontaine n'a jamais été aussi bleue et les montagnes aussi vertes. C'est du moins sa pensée avant que son talon louboutin ne croise la route d'un frais excrément. Sa pensée suivante n'en est pas une, c'est un cri. La demi heure qui suit n'est composée que d'éclairs vigoureux contre tout les gens qui l'entourent et de vas et vient pour calmer la maîtresse de maison qui se décompose. La figure moins rouge, Rose se reprend en main vers huit heures et passe les deux heures suivantes à : réajuster la nappe, les dessous de table, l'argenterie et la composition de la table du jardin. Ainsi qu'à superviser les préparatifs factices tels que l'accrochage de décorations sur les arbres (inévitablement accompagnés de soins pour les jardiniers stressés qui ont posé le pied un peu trop à gauche sur l'échelle), ou, la finition des cadeaux qu'elle a fait venir de la capitale pour ses petits enfants et sa fille, pour eux seuls. Effectivement un de ses enfants a eu un jour le dédain d'approcher d'un peu trop près à " des fourberies ", et depuis, elle ne peux le considérer comme une personnes à part entière. Jusqu'à récemment, elle ne pouvait même pas appeler son fils par son prénom, et lorsque quelqu'un lui demande de ses nouvelles (même si ayant très peu d'amis l'occasion se présente rarement), elle est évasive au possible.

Les cadeaux méticuleusement finis et analysés par les soins d'un notaire (le prix valait le détour chez les Mortimer), il est dix heure et Rose va se laver les mains (savon mimosa Paris). Elle jette un coup d’œil dans la direction de son mari Eudes, adossé au plus grand fauteuil du salon avec un journal sur les jambes. Il vient de se réveiller et est déjà habillé alors qu'elle a du mettre un réveil à quatre heures du matin pour se vêtir de son plus beau et cher tailleur, qu'elle a d'ailleurs trouvé la semaine même en sillonnant toutes les boutiques de luxe du pays. Le nonobstant elle décide de remonter dans la chambre chercher un ruban, qu'elle souhaite offrir, à sa chouchoute, Hilda. Dans sa chambre elle se rajoute quelques pinces dans ses mèches devant le grand miroir émaillé, s'époussette le fessier, boutonne ses manchettes et ferme la porte délicatement. Au dos de la porte en bois, une fois n'est pas coutume, la photographie qu'elle y a faite encadrée lui retient l'attention. Dessus s'y trouvent elle et son mari assis dans l'herbe avec au loin Zakary et Diane se chamaillant sur une barque. Sa fille est superbe comme toujours, et le second, elle trouve, d'apparence banale. Ah si elle avait su ! La vie d'escamotage que celui ci allait choisir, mettant dans la honte et le déshonneur toute sa famille ! Elle espère rageusement ne pas avoir à le croiser aujourd'hui.

Puis après avoir laisser échappé un léger souffle, elle redescend les escaliers, lentement, en ordonnant dans ses pensées le suivi de la journée et ce qu'elle aurait pu occulter ou négliger dans l'organisation de ce fameux repas. Elle jette un dernier coup d’œil aux cuisines, le fumet s'en dégageant semble lui convenir, Rose Mortimer décide donc, non sans une certaine appréhension, d'aller attendre ses conviés.

Devant la grande et lourde porte en marbre, droite dans ses chaussures lavées, elle se tend frénétiquement dans l'attente de ses petits enfants, en suivant des yeux la longue aiguille de l'horloge qui oscille de gauche à droite.

The darkest night will end, and a shining sun will come.

 Greenwich  La moutarde qui monte au nez

Devant son bol de céréales, Esmée imaginait l'enfer qu'elle allait subir aujourd'hui.

- Esmée dépêche-toi !
Cria sa mère.

Ce cri ne la fit même pas sursauter. En effet, elle tempêtait depuis son réveil pour n'importe quelle raison. Ce n'était pas difficile à comprendre quand on savait que la famille était invitée à manger chez les Mortimer ... Esmée engloutit rapidement son petit déjeuner et partit se laver les dents. La petite n'avait guère envie d'y aller. Elle n'aimait pas tellement sa grand-mère Rose... Elle rabaissait toujours Esmée. «Voyons Esmée, on ne coupe pas la salade avec son couteau à table !» ou encore  «Miss Peterson! Si je vous revois encore avec cet accoutrement vous allez m'entendre de plus belle!» et même «Nom des Mortimer! Mais qui nous a donné une telle idiote dans la famille!» . Son grand-père, Eude passait encore, il fallait juste ignorait ses discours durant le repas et on en était débarrassé. Esmée descendit des escaliers avec une robe couleur pêche et des ballerines blanches. Cependant ce n'était pas suffisant pour Diane. Elle prit sa fille en ronchonnant : Non mais c'est quoi cette coiffure?  Tu veux te faire disputer ?! - elle lui fit un beau chignon et la contempla en lui levant la tête - très bien, elle ne pourra pas se plaindre maintenant. L'illusion était destinée à Rose. Souriante, elle vérifia ensuite Hilda. Un seul regard suffit pour rassurer la mère. Dans sa robe bleu nuit et avec ses cheveux longs et brillants, elle n'avait rien envier à personne. En effet l'aînée était naturellement distinguée et resplendissait comme sa mère. En voyant sa sœur, Esmée fit la moue. Elle pouvait déjà entendre les compliments de sa grand-mère vis-à-vis d'Hilda...  Les Peterson étaient tous prêts, enfin presque. Kenzo n'était pas de la sortie. Ne voulant pas rester trop longtemps chez eux, les parents l'avaient laissé à la crèche. Ils avaient ainsi une excuse pour sortir de la demeure plus tôt.


Ils sortirent de la maison et se pressèrent dans la voiture. Ils n'avaient pas envie d'arriver en retard, la ponctualité était primordiale pour les Mortimer. Et il fallait la respecter sinon les grands-parents vous rabâchaient durant tout le repas les devoirs fondamentaux de la famille. Esmée s'installa confortablement. Elle avait encore 3h pour se reposer. Heureusement que Greenwich n'était pas à côté. Son sommeil fut agité. Esmée faisait beaucoup de cauchemars depuis quelques mois. C'était dû aux disputes fréquentes de ses parents. La petite redoutait leur rupture. Mais elle s'était faite à l'idée, depuis que sa mère ne dormait plus dans la même chambre que son père... Henry la réveilla alors. Ils étaient enfin arrivés. Esmée était en sueur, son père essuya son front avec un mouchoir en lui murmurant : Je compte encore sur toi pour garder le secret. Hilda était à côté et lâcha méchamment :

- Elle n'a pas besoin de le cacher, on voit rien qu'à sa tête que c'est un monstre!
- Hilda!

L'ainée ravala sa haine. Elle souffla nerveusement en toisant d'un œil mauvais sa maudite sœur. Ne pouvant plus se contenir, elle partit suivre sa mère. Le père prit la main de la cadette ferma la voiture et avança vers la demeure. Esmée avait pris l'habitude de se taire et n'était presque plus touchée par l'attitude de sa sœur. Ils étaient tous devant la porte, Diane sonna alors puis elle se racla la gorge. Ça allait être une journée bien difficile ...

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Esmée est en 4ème année RP
Audsée # Jo' le pti'frère

 Greenwich  La moutarde qui monte au nez

Au devant d'une clairière cachée par divers arbre se trouvait une plage d'arrêt gravillonneuse, le long de la route A2206 qui longe le fleuve reliant Londres et Greenwich pour ensuite se déverser dans la Manche. Jan, s'amusant depuis trois bonne heures sur la bande d'arrêt, avait un mauvais pressentiment. Il était alors en train de convoquer les esprits à l'aide de feuilles mortes et de bâtons ficelés, tel un enfant, quand Zachary, son père, avait appelé sur le téléphone qu'il lui avait offert il y a moins d'une semaine de cela. Il semblait que celui ci commençait à devenir plus protecteur, et l'idée derrière la tête de son père n'arrangeait en rien les affaires de Jan, qui préférait mentir à son tuteur pour ne pas avoir à justifier en long et en large ses agissements (dormir dans la forêt, vivre à 60% du temps dans sa cabane, les excursions de chasse improvisées une fois par semaine, et même ses expériences hasardeuses faites de bric et de broc). Il avait conscience d'avoir oublié un détail que lui avait précisé Zachary lors de la remise du téléphone mais il n'arrivait pas à s'en rappeler.

- Jan ? Allo, c'est ton père! Écoute, je n'ai pas beaucoup de temps, je travaille, donc c'est Marcel qui va s'occuper de toi aujourd'hui. Je sais que tu es dans ta forêt - tu sais ce que j'en pense - mais passons pour cette fois, dis moi juste précisément où tu est s'il te plait.

Ah oui c'était donc ça cette chose immémorable; l'obligation et la promesse de dire où il était chaque fois que celui ci voudrait le savoir. Avec en prime l'excuse d'un diner important chez ses grands parents, noblesse lumineuse de Greenwich. Il ne savait pas encore quand c'était, mais son père l'avait prévenu que c'était pour bientôt et s'était servi de ce fait pour pouvoir imperceptiblement cadrer son fils. Il lui avait donc de surcroit offert ce téléphone.
A présent, Jan lâche le bâton avec lequel il joue depuis trois heures et cajole son petit animal de compagnie tout en ayant l'air pensif. Il voudrait savoir ce que lui réserve son père avec son ami, car ses occupations prennent tout son temps et il a mieux à faire. Il se demande s'il a bien fait de lui donner son emplacement précis. Soudain, un long et fort crissement de pneu le sort de sa réflexion.
C'est Marcel, le fameux. Quinze kilos à chaque bras, un torse sur-bombé, et une taille frôlant les deux mètres. L'invectivant pour qu'il monte dans la voiture, l'homme à tout faire de son père lui fait prévaloir les richesses de la vie de famille et l'importance du maintien à l'intérieur de celle ci. Pas besoin de se faire prier pour monter, Jan a compris quelle était la destinée de la journée, et il est étrangement pressé d'y arriver pour pouvoir plus vite en repartir. Montant dans la voiture, Marcel le valeureux prend la parole tout en démarrant furieusement le cabriolet. "Allons mon petit ! Il est temps de changer ces habits ! Tu as de quoi faire" dit il en montrant les 5 costumes sur le siège arrière de droite. Grommelant, Jan laisse glisser son animal de compagnie à terre et s'habille. "Un peu d'eau, pour les marques sur ton visage" ajoute Marcel lui tendant une bouteille pleine du liquide transparent. Donc la suite du voyage se déroule dans le calme, ponctuée de vrombissement du moteur et de soupir de Jan. Lorsque celui ci essaie de faire bouger mentalement des parties de son animal (sans lui faire de mal), celui ci s'envole et atterrit sur les genoux du steward, ce qui aura pour seul effet de le faire hurler à mort : celui ci déteste les serpents. Après avoir grondé Jan, Marcel pousse sur le champignon dans l'espoir d'arriver à temps chez les Mortimer. A la fin du périple, il s'était arrêté pour gigoter partout à l'extérieur de la voiture. Jan en profita pour remettre son animal de compagnie dans sa boite trouée. Jan se sera ennuyé tout le moment du trajet, excepté le moment peut-être où le serpent appris à voler; et il reste toujours sceptique dans son esprit vis à vis de la famille Mortimer et surtout de ses deux nobles grands parents. Ainsi, le voilà dans cette philosophie lorsqu'il arrive devant la porte et qu'il aperçoit le tailleur de sa grand mère sur un transat devant la maison. Elle l'attendait dignement. Il s'approche à reculons...

The darkest night will end, and a shining sun will come.

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Eude Mortimer, à table pendant le repas.


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Rose et Jan entrèrent. La porte se refermera. La discussion devenait au fur et à mesure audible.

- Ton père n'est visiblement pas un bon exemple... Ne me regarde pas comme ça mon petit bonhomme.
- Mouais, au moins je suis un bonhomme...
- Pardon? Je ne t'entends pas? 
- Non rien.
- Je préfère ça. Va te laver les mains, on t'attend pour le repas.

Rose avait une voix assez grinçante, signe de sa contrariété. En effet, Jan n'était pas à l'heure. Il n'était pas encore digne pour être le petit-fils des Mortimer et c'était une honte. Elle souffla, s'épousseta puis rejoint la famille, assise autour de la grande table rectangulaire.

Eude, installé dans le siège principal, patientait. Il n'était pas ravi. La conduite de sa progéniture l'exaspérait. Telle une statue, attendant son avant-dernier petit-fils, il refit le point du code moral à insuffler à ce dernier. Son père, le bon à rien, n'avait pas su l'éduquer à c'était donc leur devoir de le remettre à sa place. Jan rentra dans le salon, Eude l'étudia. L'enfant, la tête baissée, avait les mains dans les poches et osait traîner des pieds... Insupportable. Le grand-père tapota impatiemment la table avec ses doigts. Quand ce dernier posa ses fesses sur la chaise, Rosa ordonna au domestique d'apporter le déjeuner. Personne d'autres n'osa prendre la parole. Ils connaissaient tous Eude. Jan l'avait énervé et maintenant ils allaient subir sa faute à table. Quand la salade fut servie, le maître de table interpela de sa voix grave :

- Jan ?
- Ouiii ? répondit-il d'un ton blasé.

Eude le fusilla du regard, c'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

- Les Mortimer ne se font pas attendre, jeune homme. Et ils ne répondent pas de cette manière. Ils sont distingués et se déplacent la tête haute car ils sont dignes.

Jan avait enclenché la machine. Ils allaient déguster.

Post écrit avec la participation de Jan.

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 Greenwich  La moutarde qui monte au nez

Jan se mit à s'amuser du bout de sa fourchette avec la salade qu'il avait dans l'assiette. Ne se rappelant plus des jérémiades de son grand père - ne voyant ses grands parents que tout les deux ans - il se rassura, se disant que cela pourrait être intéressant d'une manière ou d'une autre.

-Chère famille, enchaîna-t-il pompeusement, les Mortimer, comme je le disait, ne sont pas plus bas que terre. Suivants de prestigieuses filières, dénuées de toute sorte de sornettes... Ils accèdent toujours au plus haut des salaires, faisant de leur métier une digne et distinguée ère, rendant pâle et factice tout les employés. Nous sommes le noyau des plus prestigieuses carrières. Nous ne sommes pas des gibiers, nous sommes les remous de la rivière, quand tout les autres s'y noyèrent, nous y secouons notre célèbre bannière. Aujourd'hui, je vous demande avec sévérité d'être fiers. Vos ancêtres ont gagnés toutes les batailles et ont ainsi élaboré cette famille.

Faisant une pause d’élocution, Eudes se servit une gorgée du vin Châteauroux 1963 que lui avait emmené son majordome Ferguson. Jan, que son costume commençait à serrer, se mit à discrètement se tortiller pour échapper à la chaleur de l'habit. Eudes, n'ayant pas fini, repris :

-Rigueur ardeur et tenue sont les maîtres mots de notre précieuse discipline. Regardez autour de vous: élégance et distinction se disputent la place, notre supériorité se dessine, imperceptiblement la richesse s'incruste avec style jusqu'à la dernière salière de notre subtile demeure. Sachez en être dignes, je vous prie, jamais n'oubliez nos devises de maintien et d'éducation.

Il termina par :

- A présent passons au plat, tout le monde ayant finit sa salade.

Jan était surpris. Il s'attendait à des remontrances personnelles, mais son grand père avait préféré vanter les mérite de la famille, leur permettant ainsi d'échapper aux reproches, et leur offrant une assez intéressante bien que longue tirade sur leur tyrannie. Il se demanda alors si le reste du repas serait aussi long que l'entrée, et tout aussi discrètement qu'il avait remué dans son costume, il laissa échapper un discret soupir, ce que fit en même temps sa voisine de table, sa grande cousine Esmée.

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Esmée était à côté de son père et Hilda de sa mère. Les parents avaient créé une sorte de barrière entre leurs deux filles. Ils n'avaient pas envie que ces dernières se prennent la tête devant leurs grands-parents. Pensive, Esmée attendait son cousin. Elle ne l'avait presque jamais vu. Il faut dire que Diane évitait d'aller chez ses parents et Zakary n'était toujours pas le bienvenue en ce lieu. Esmée n'était toujours pas au courant des problèmes de son oncle avec les Mortimer... C'était étrange cette histoire, il avait quand même changé son nom. Avait-il était banni comme dans les histoires que leur racontait ses grands-parents au sujet des mauvais Mortimer?  Une fois, elle lui avait posé la question à sa mère, pour réussir, tout comme l'homme, son coup et ne plus rendre visite à ses grands-parents. N'ayant guère envie de parler des sujets qui fâchent, Diane avait ignoré sa fille ce jour-là. Ainsi, bien assise devant son assiette vide, elle repensa à ses sept ans. Lors du diner tragique, le jour où Esmée avait déclenché ses "pouvoirs". Soucieuse, elle essaya de se rappeler des mots de sa mère: «Je ne suis pas totalement sûre, mais je crois que Zakary pouvait faire des choses incroyables. Je ne me rappelle pas exactement, mais il y avait une grande disc... Il vaut mieux ne pas le dire à vos grands-parents». Oui c'était bien ça! Son oncle... Son oncle était donc comme elle! Petite, elle n'avait pas fait le rapprochement, car à ce moment, elle s'en moquait bien. Mais maintenant, elle voulait comprendre. Jan savait peut-être quelque chose? Il allait peut-être l'aider à découvrir ce qui clochait chez elle! Puis, ils entendirent Rose parler, elle n'était pas contente.

Impatiente et bien remontée, sa grand-mère avait attendu son cousin devant la porte pour le disputer convenablement. Il était en retard et chez les Mortimer on arrivait à l'heure. Quand le garçon arriva à table, il déclencha directement les lignes de conduite de la famille, citées par son grand-père. Esmée leva les yeux en l'air, mais n'attira nullement l'attention vers elle. Quand ils eurent fini de manger la salade, elle posa son regard vers son cousin. Esmée savait qu'elle n'avait pas le droit de parler à table mais, elle ne put s'empêcher de lui adresser la parole:

- Après le repas, on pourrait jouer dans le jardin?

Elle allait bien le questionner, il n'allait pas partir, sans lui avoir donné les informations qu'elle espérait tant connaître. Cependant cette audace ne plut aux grands-parents. Médusée Rose lui répondit:

- Mais voyons jeune fille! Quelles sont ces manières?!

Esmée fit une tête désolée qui ne marcha guère. Mais sauvée par le gong, sa grand-mère ne répliqua pas davantage. En effet les domestiques servaient à présent le repas: un gigot en marinade d'herbes aromatiques. L'appétit monta, mais la jeune fille fit attention à bien couper le morceau de viande. Tout était redevenu calme et Rose put enfin leur raconter son séjour en France. Soudain, sa grand-mère cria. Un serpent venait de lui toucher la jambe.

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