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Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

~~Flashback~~


« Kay-liiie ! Kaylie, où es-tu ? Tu m'entends ? » hurlait un homme, le visage inquiet, le cœur battant la chamade. La fréquence cardiaque de cet homme semblait prendre le contrôle tout entier de son corps, lui donnant le tournis. Mais le pauvre homme continuait ses recherches. Il titubait, se laissait tomber parfois contre le tronc d'un arbre ou les murs d'une maison, le regard hagard.

« Allons ma chérie, sors de ta cachette, je n'ai plus envie de jouer là. Kaylie, papa est inquiet. »dit-il d'une voix quasi inaudible, qui était plus pour lui que pour la fillette disparue.

~~Quelques heures plus tôt~~


Un homme attend sur le seuil d'une porte. La maison est mitoyenne et ressemble à toutes les autres maisons du quartier. Elle arbore une façade blanche, repeinte récemment, des tuiles dans les tons marron, un petit jardin agrémenté de fleurs aux couleurs vives et parfaitement bien entretenu. La porte d'entrée est bleu foncé, un loquet noir de jais est omniprésent, une marche sépare le jardin de la porte.

Celle-ci s'ouvre et laisse entrevoir une jeune femme, d'à peu près du même âge que cet homme. Elle crie par-dessus son épaule, donnant l'impression que l'entente entre les deux est plutôt glaciale. Une fillette à la chevelure angélique se précipite dans les bras de ce qui semble être son père. Un petit sac sur son dos, une tenue plutôt sportive, la fillette portait également une casquette rose sur la tête.

La femme l'interpella avant qu'elle ne monte en voiture avec l'homme. La fillette fit demi-tour et embrassa sa mère très rapidement, bien trop pressée de se retrouver seule avec son père. Face à la situation, la mère affichait un visage dur, mêlé à de la tristesse. Le comportement de sa fille l'exaspérait au plus haut point, mais la peinait également. C'était difficile pour elle d'accepter le fait que sa fille ne semble pas morose à l'idée de quitter sa mère pour plusieurs jours.

La voiture démarrait et laissait un vide derrière elle. La mère rentrait chez elle, encore dévastée par cette séparation douloureuse et par le mépris qu'affichait son ex mari et l'indifférence de sa fille adorée.



**********




Le père et la fille se rendaient non loin de N'Djamena, en république du Tchad. Ariel est médicomage, et à ce titre, il parcourt le monde à la découverte de nouvelles plantes aux propriétés curatives. Il effectue diverses recherches dans le but d'enrichir le patrimoine médical du monde sorcier. A l'heure actuelle, il étudie de près une plante rare trouvée en Afrique. La population africaine, quant à elle, a l'habitude d'utiliser cette plante. L'Afrique est le continent où la sorcellerie est la plus présente. C'est culturel. Certains se proclament sorciers alors qu'il n'en est rien, mais il reste encore de véritables sorciers qui tentent de démasquer les usurpateurs afin de délivrer les victimes endoctrinées.

Kaylie quant à elle, sait qu'elle est une sang-mêlée. Sa mère, moldue, l'empêche d'être ce qu'elle est vraiment et la contraint à vivre avec les moldus. Alors quand la petite fille retrouve son père, même pour un week-end, elle profite à fond de cette liberté pour se renseigner sur le monde magique. Son père lui a transmis la passion pour les plantes, magiques ou non, aux propriétés parfois rares et exceptionnelles. La flore la fascine en tout point. Comme son père, elle aime explorer, sentir, toucher, découvrir, analyser tout ce qu'elle voit. Et c'est cette curiosité qui l'a conduite dans ces ruelles où la pauvreté règne en maître à en croire par les odeurs, les bâtisses et les enfants vêtus d'un pauvre haillon, les pieds nus et le visage sali par la poussière. Ariel n'avait pas remarqué que la fillette s'était éloignée, attirée par un papillon, bien trop occupé à relire ses notes dans son vieux calepin dégarni par l'usage intempestif qu'il en faisait ces dernières semaines.
Dernière modification par Kaylie Chapman le 6 décembre 2017, 22 h 19, modifié 1 fois.

Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

Ydhael a 14 ans


J'ai enfin réussi à échapper à Papa. Je quitte la demeure familiale. Une vieille bâtisse encore très noble. Malgré le fait que nous habitons dans les quartiers dit "riches" de N'djamena, la maison contraste tout de même avec les autres. Les tuiles noires du toit ressortent dû à la blancheur des murs, et les fenêtres aux bords cuivrés donnent un aspect luxueux au bâtiment. Ça fait très occidental, paradoxal quand on sait que Papa déteste tout ce qui est européen.
Je cours sur le béton craquelé depuis maintenant 15 minutes, je vais rejoindre mes amis dans les quartiers magiques pauvres. Je sais que je suis presque arrivé quand le goudron de la route disparaît pour laisser place à de la terre jaunâtre, où la poussière remplace le gravier. Chaque pas que je fait soulève un nuage pâle. Essoufflé, je suis obligé de me mettre à marcher. J'y suis, j'ai passé la protection magique du quartier. Quiconque n'est pas sorcier ne peut passer cette protection. En tout cas c'est ici et seulement ici que je vis pleinement, que je me sens chez moi.
J'entends des cris d'enfants qui s'amusent, je peste, ils ont surement commencé le match sans moi. Je leur avais pourtant dit de m'attendre la dernière fois! Soudain, j'entends un bruit bizarre derrière moi qui me fait sursauté. Je me retourne, c'est mon cousin, Osman, il chevauche un engin non-magicien. Je me précipite vers lui tout souriant et intéressée.


"-Whoa! C'est ce machin qui a fait ce bruit ?

Mon cousin sourit et me met un taquet. Quel idiot.


-Ça s'appelle un mobylette crétin! Et oui c'est ce qui a fait le bruit, on a appelle ce son un klaxon. Bon, monte, dit il en me montrant l'arrière de sa maglinette.

Je monte prudemment, ce n'est pas confortable du tout. L'engin avance, c'est une sensation vraiment étrange que d'être transporté là-dessus, on dirait un balai, mais avec des secousses en additions, et la lévitation en moins. La vitesse augmentant, je suis obligé de m'agripper à Osman.
Finalement, les non-magiciens ont, eux aussi, une sorte de magie si ils arrivent à faire ce genre d'appareils, je me demande vraiment comment ça marche.
À la vitesse où nous allons, il ne faudra que 5 minutes pour arriver vers les copains. Traversant le quartier, je vois les maisons blanches défilées, le tuiles marron m'offrant un ciel brun. Plus de la moitié de ces maisons sont délabrées et inhabitées, la population magique étant très faible à N'Djamena. Au moins, ça nous offre un terrain de jeux à nous, les gosses du quartier.

Aux fenêtres, je vois des visages familiers, des mains qui se lèvent pour me saluer, des sourires qui me souhaitent un bon jour. Ils m'acceptent malgré le fait que je ne viens pas du même milieu social, que je suis riche et eux non. Si cela me paraît normal, pour mon père beaucoup moins. Jamais il n'accepterait la moindre de ces personnes chez nous.
Même s'ils m'acceptent, je fais encore tâche ici, mes vêtements sombres, propres, et toujours impeccables contraste avec les shorts d'un beige délavé et les t-shirts troués de mes camarades. On peut me reconnaître de très loin, et de ce fait, je ne me sens pas encore intégrer complètement.
Mais je ne suis pas le seul aujourd'hui à contraster avec le reste des habitants. Toujours sur le drôle d'engin, j'aperçois une petite fille blanche comme la colombe, qui semble courir après quelque chose. Sa petite casquette rose,ses vêtements de sport et sa peau blanche ne laisse aucun doute, c'est une étrangère.
Je fais signe à Osman de s'arrêter, il s’exécute. Je descends puis court vers la petite fille: si beaucoup de personnes sont bienveillantes ici, beaucoup d'autres le sont moins. Elle court un danger, c'est indéniable. J'arrive à sa hauteur, elle me regarde un peu étonnée, peut être effrayée, je ne sais pas. Il est temps de mettres mes leçons d'anglais à profit, en espérant que ce soit la langue parlée de la petite fille.


-Est perdue toi?"

J'ai forcément fait une faute, mais je pense être resté compréhensible. Avant que la jeune fille ne réponde, je me tourne vers Osman, il m'attend sur son engin, se demandant ce qu'il se passe. En balançant ma main, je lui fais signe de partir, il lève les yeux au ciel puis s'en va. Pas de Quidditch aujourd'hui, je dois m'occuper d'elle.

Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

« Pa-pi-llon, viens » dit la fillette en tendant la mainet la serrant comme si elle avait attrapé quelque
chose. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'elle baissa son regard et entrouvrit sa main pour vérifier son contenu. Son sourire s'estompa aussi net et elle tentait de repérer la petite bête en passant au crible les alentours avec ses yeux inquisiteurs. Mais rien. Elle ne le voyait plus et cela l'attristait.

Absorbée par sa chasse aux papillons, la fillette n'avait pas remarqué qu'elle s'engouffrait dans un endroit surprenant par son hostilité naturelle. A dire vrai, elle ne se rendait pas compte que le danger était bien réel. Après tout, elle n'avait que sept ans, et voyait le monde avec des yeux émerveillés sur chaque chose qui croisait son chemin.

Un bruit sonore rompait le silence et la stoppait dans son jeu… elle écarquillait les yeux et regardait l'engin devenir de plus en plus gros, à mesure qu'il avalait les derniers mètres qui les séparaient. Stoïque, elle  ne bronchait pas. Un garçon au teint mât, et avec quelques années de plus qu'elle, venait à sa rencontre. Contre toute attente, elle n'avait pas peur de lui. Elle se laissait approcher. Le garçon avançait  prudemment, les mains en avant pour lui dire qu'ilne lui voulait aucun mal. On avait l'impression qu'il marchait sur du verre. La fillette l'observait, c'en était presque drôle de le voir prendre des gants.

« Est perdue toi ? »

Spontanément, elle s'esclaffa. L'individu ne s'y attarda pas, bien que cela le surprit. Il ne comprenait pas en quoi c'était drôle.

« On dit : es-tu perdue, ta maîtresse ne doit pas être contente. » répliqua sur un ton amusant la fillette. « Je ne sais pas trop, je joue avec le papillon, mais il est parti, et je ne sais pas où est passé mon papa. Tu crois qu'il joue à cache-cache ? » demanda-t-elle avec toute l'innocence d'une enfant de son âge.

Le garçon semblait préoccuper, il observait les lieux, à la recherche d'un indice sur l'identité du père de la fillette. Il essayait de trouver une solution à ce qui venait de devenir son problème. Ce qui était certain, c'est qu'il n'avait pas l'intention de la laisser seule ici. Kaylie dévisageait ce garçon étrange, à la peau plus mate qu'elle et à un anglais un peu primitif. Il inspirait confiance, la petite fille n'avait pas peur de lui, au contraire, elle avait même envie de jouer avec lui. Mais le fait qu'il paraisse si inquiet la retenait dans son élan, comme si elle comprenait que ce n'était plus le moment de s'amuser. Un peu comme avec ses parents, elle sait repérer quand elle doit s'arrêter.

« Pourquoi tu fais cette tête ? Tu as un problème ? » finit-elle par lui demander, la mine un peu moins joyeuse.

Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

Elle n'est pas du tout effrayée, au contraire, elle semble amusée. Je ne comprends pas, ce n'est pas à cet âge là qu'on a peur de tout, qu'on se méfie de tout et n'importe quoi? Moi quand j'étais aussi jeune qu'elle, j'osais à peine sortir dans la rue. Heureusement qu'Osman m'a un jour poussé à quitter la maison pour aller dans les quartiers pauvres, sans quoi je ne me serai pas fait tous ces amis, et je n'aurai probablement jamais joué au Quidditch.
Une fois ma question posée; la fillette s’esclaffe. J'ai dû dire une bêtise, mais sans être vexé, je me met à rire moi aussi. Qu'elle drôle de petit être que celui-là. Elle semble tout de même m'avoir compris puisqu'elle se met maintenant à me sermonner sur mon langage. Je crois comprendre qu'elle dit que mon enseignant ne doit pas être content, je rigole de plus belle. Petite taille, mais grand caractère.

Ce qui me fait moins rire, c'est que son père a disparu. La situation ne me plaît guère. Je connais quelques personnes ici, qui serait capables de profiter de la situation. Observant les alentours je ne vois rien qui pourrait ressembler à un danger, ou au père de la fillette. On ne doit pas rester ici. Elle ne comprend pas. Me parle de je ne sais quoi et me demande pourquoi je fait cette tête. Tentant de limiter au maximum les confusions de langages, je me contente de la tirer précautionneusement par les bras et de lui dire:


-Viens. 

Elle résiste légèrement au début puis me suit sans faire de caprice, tant mieux. Même si j'ai plus l'impression qu'elle prend ça pour un jeu, au moins elle reste près de moi, et ignore tout ce qui pourrait la faire paniquer. Au bout de quelques pâtés de maisons sans aucun signe d'un quelconque homme blanc, je m'arrête, la fillette se stoppant net derrière moi. Je m'accroupis devant elle, et lui demande:

-C'est quoi ton prénom? 

Cela ne me sera pas d'une grande aide, mais je pourrais au moins crier quelque chose pour alerter le père, qui doit vraisemblablement être en train de chercher sa fille. Ou du moins je l'espère.
Et je pourrais peut être essayer de deviner ses pensées, avec la magie, comme je l'apprends en ce moment. Mais ça ce n'est pas sûr du tout, c'est trop dur et je n'y arrive pas trop.
Je me rappel alors où j'ai trouvé la jeune fille; dans les quartiers pauvres magiques. Si elle a réussit à passer la protection, c'est forcément une sorcière! Elle pourrait alors m'aider, même si elle est jeune, elle doit forcément connaître deux trois trucs utiles. Je ne sais pas comment sont élevés les sorciers étrangers, mais je dois tenter.


-Tu sorcier? Tu peux faire sort pour nous aider?

Il est vital qu'elle me réponde rapidement, car derrière nous, il me semble bien avoir vu des personnes nous suivre...

Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

« Viens » c'est le seul mot qui sortait de la bouche du garçon bizarre. Kaylie se sentait bousculer. Il la tirait par le bras pour l'obliger à le suivre, tandis que la fillette continuait à jeter des regards à droite, à gauche, cherchant toujours à retrouver le fameux papillon, jusqu'à ce qu'elle se résigne à le suivre sans sourciller. Du moins sur quelques mètres...

Le garçon s'arrête soudainement, Kaylie commence à se poser des questions. Etait-il vraiment gentil ? Ses parents lui répétaient sans cesse de ne jamais parler avec des inconnus et encore moins de les suivre. Hors c'est ce qu'elle était en train de faire…

Contre toute attente, alors que des questions envahissaient l'esprit de la fillette, l'étranger s'agenouille pour se mettre à sa hauteur et lui demande d'une voix qui se veut rassurante, du moins suffisamment pour ne pas faire paniquer la gamine :

«  C'est quoi ton prénom? »

Son prénom était-il si important ? Après tout, c'était un « grand » et Kaylie sait qu'elle doit toujours obéir aux grands. Mais du coup, que devait-elle choisir de faire entre « écouter un grand » et « ne pas suivre un inconnu ». Voilà qui l'ennuyait fortement. Du haut de ses sept ans, l'âge de raison, la fillette essayait d'analyser, mais ce n'était pas chose aisée. *Que ferait papa ou maman s'ils apprenaient que j'ai suivi un étranger ? Que feraient-ils si je n'écoutais pas un grand ?* Un vrai dilemme pour la fillette. On avait l'impression qu'une bataille se livrait dans sa tête. Avec d'un côté l'ange et de l'autre le démon.

« Je m'appelle Kaylie et toi ? » finit-elle par lui dire en se disant qu'après tout, il n'y avait rien de mal la-dedans.

La fillette attendait sa réponse, mais le garçon était vraiment préoccupé. Il observait à nouveau les alentours, il cherchait quelque chose ou quelqu'un. Kaylie le regardait faire d'un air interrogateur.

« Tu cherches quoi ? Tu sais mon papa, il est venu ici pour observer une plante. Tu aimes bien les plantes toi ? » demanda-t-elle avec entrain.

Mais le garçon ne semblait pas écouter la petite fille, ce qui l'attristait vraiment. Toujours à fureter les lieux, il ne prêtait guère attention à ce qu'elle pouvait bien raconter, or, cela lui aurait été utile. Utile dans le sens où cela pouvait indiquer où le père de la petite se trouvait.

« Tu sorcier? Tu peux faire sort pour nous aider? »

« Je suis une sorcière oui, comme papa ! Mais maman, elle, bah elle n'aime pas que j'utilise la magie. Elle se met tout le temps en colère quand je lui dis que je veux apprendre pour être aussi douée que mon papa. D'ailleurs, elle n'aime plus mon papa, mais je sais pas trop pourquoi. Et toi, tu sais pourquoi ? En tout cas, j'aime bien suivre mon papa quand il part à l'aventure comme ça. On trouve plein de jolies fleurs et plantes à chaque fois, tu verrais, y en a des rouges, des jaunes, des bleus, des... »

Kaylie ne pouvait pas finir sa phrase. Le garçon la stoppait d'un coup. Comme une révélation tombée du ciel...

Une rencontre déconcertante  PV Ydhael Sabedja 

Soudain, je sais où aller chercher, c'était devenu clair d'un seul coup. Un étranger blanc, qui est là pour voir des plantes, il ne peut qu'être à la Convention Mondiale des Plantes Magiques. C'est inévitable. Je regarde la petite qui ne semble toujours pas très inquiète, tant d'innocence me rend nostalgique de ma propre enfance, où je ne me rendait pas encore compte de mes souffrances, qui paraissent si vives aujourd'hui...
Je suis déterminé, je me penche vers la fillette et la regarde droit dans les yeux, d'un regard qui se veut rassurant. Je lui dis calmement:

-Je crois savoir où ton papa être. Viens.

Et je me met alors à marcher d'un pas pressé. Me retournant je constate que Kaylie semble hésiter à me suivre, mais elle ne tarde pas à le faire. Alors que nous marchons en direction de la convention, je me rappele qu'elle ma demandé mon prénom. Même si il est un peu trop tard, je réponds:

-Je suis Ydhael. Et toi, tu es petite fille imprudente.

Je lui fait alors un grand sourire, et m'essaye à lui ébouriffer le cheveux. Devant sa mine qui parait consternée, je rigole de toute mes dents. Mais je n'oublie pas qu'il faut avant tout retrouver son père.
Heureusement que le mien d’ailleurs, a parlé de cette convention ce matin, sinon je n'aurais eu aucunes pistes, aussi faible auraient elles été. J'espère ne pas croiser mon père à cette convention, il a dû y aller pour son travail, et c'est cela qui m'a permis de m'échapper de la maison. Si jamais il me voit là bas, je suis foutu.
La convention n'était pas toute proche, il a fallut presque 45 minutes de marche à Kaylie et moi pour y arriver, il faut dire qu'elle n'est pas dans la ville même, sinon elle aurait pu se faire surprendre par des non-mages.

Nous ne sommes pas encore exactement dans la convention, mais nous sommes là où elle est censée se dérouler. Il fallait s'y attendre, il y a une protection pour rendre la convention invisible. Mais je sais qu'elle est par là, et effectivement, après avoir fait quelques mètres avec Kaylie, nous traversons une barrière non matérielle. C'est alors une immense serre qui se dresse devant nous, à vu de nez, je dirais presque qu'elle fait la taille de 4 terrains de Quidditch.
La petite et moi somme scotchés devant ce spectacle. Un bâtiment fait d'une armature dorée, et le reste entièrement de verre, c'est tout bonnement magnifique. Mais ce qui l'est moins, c'est cette gigantesque foule, qui va et viens hors de la structure. Comment retrouver une personne, quand il y en a des centaines. Voir peut être même de milliers.
Je regarde Kaylie.

-Prend ma main petite. Ou toi te perde à nouveau.

Cette fois ci, elle s’exécute sans hésiter. Je pense avoir gagné entièrement sa confiance. Nous nous dirigeons vers l'entrée. En avançant, je commence à distinguer des hommes qui gardent l’entrée, filtrant les personnes rentrantes.


القرف-


Je l’ai murmuré, de toute façon elle ne peut pas comprendre. Mais je commence à fortement m’inquiéter de ne pas pouvoir rentrer. Nous continuons d’avancer, mes mains tremblent. Si jamais il est là, il faut absolument le trouver. Pourquoi ces conventions ne sont jamais autorisées au simple publique ? Nous sommes au niveau des hommes gardant l’entrée. Ils me toisent, prévoyant déjà de me rejeter au vu de mon jeune âge, et surtout de celui de Kaylie. Ils me demandent tout de même :

لماذا أنت هنا؟-

(-Pourquoi es tu là ?)


Je ne peux pas donner la vraie raison, ils ne me laisseraient pas rentrer pour ça, je commence légèrement à paniquer, je n’ai aucune raisons valable d’être là. Soudain, je vois dans la mains d’un des hommes, une liste. Probablement celle des gens autorisés à rentrer. Je pense alors à mon père. Il va peut être me servir pour une fois.

أنا ابن دديل صبيجة، يجب أن أتكلم معه.-

(-Je suis le fils de Mohamed Sabedja, je dois lui parler.)

Je sens sur moi peser des regards méfiants. Ils semble réfléchir. L'un d'eux, l'air mauvais, m'indique de la tête, Kaylie. Il veut savoir qui elle est. 

ابن عم بعيد.-

(Une cousine éloignée.)

Ils semblent encore hésiter, mais connaissant mon père, au moins de nom, ils nous laissent rentrer, par peur de représailles. Maintenant commence une recherche qui semble plus qu'impossible, dans ce lieu gigantesque, parmi autant de monde.