Ailleurs…

Inscription
Connexion

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

 14 Décembre 2038.


Elizabeth avait toujours rêvé de visiter la France, ce pays si somptueux, si... Magique. Elle imaginait, depuis toute petite, les grandes bâtisses du style  baroque, la grandeur de la tour Eiffel  et la magnificence de l'arc de triomphe. 

Et alors qu'elle regardait les hauts toits de Saint Pétersbourg du haut de sa fenêtre, la jolie brune sentit son amie Lemmikki se placer à ses cotés. Avec un sourire, elle se tourna vers la finlandaise et remarqua son expression joyeuse. Un bras sur la barrière en bois, la jeune femme demanda : 

"Qu'est ce qui te fais sourire comme ça Lem' ?"

La dite jeune femme dévia jusqu'à se retrouver en face de son amie et sortit de sa poche trois billets d'avion avec un grand sourire. Elle les tendit alors à la jolie brune, contenant avec peine son excitation grandissante. Elizabeth le saisit d'une main fébrile et les retourna pour les lire.

"Andromède Niklos, Lemmikki Virtanen, Elizabeth J. Crawford en direction de... Pa... PARIS ?!"

La blonde explosa de rire tant la tête d'Elizabeth devait être à mourir de rire. Son ahurissement était tel que la jeune femme avait porté la main à sa bouche, qui s'était ouverte sous le coup de l'émotion. elle bégaya par la suite, peu sûre de sa chance.

"Nous... Nous allons toutes... Toutes les trois... À... À Paris ?" Lemmikki ricana et acquiesça avant de finalement préciser. "À vrai dire, nous y allons pour le nouvel an, nous partons le 26 !"

Tout cela était bien trop beau pour la jeune femme russe qui se rua dans sa chambre, non sans avoir gratifié sa meilleure amie d'un gros câlin. Elle allait à Paris, la capitale française des moldus ! Voilà qui promettait d'être intéressant.

Image
26 Décembre 2038.



Elle y était enfin. Elizabeth venait à peine de sortir de l'aéroport qu'elle sautillait déjà d'excitation, redevenant une adolescente durant quelques infimes secondes. Elle prit pourtant soin de se reconstituer un masque moins enfantin par la suite. Andromède arriva alors, attirant tous les regards sur elle comme d'habitude. Ses longues jambes sveltes, sa peau mate, ses cheveux bruns et ses yeux de biche lui avait toujours valu de nombreux admirateurs.

"Alors les gonzesses ! On attends pas Andromède ?"

Les deux jeunes femmes, près du taxi qui venait de s'arrêter près d'elles, hurlèrent de rire et s'engouffrèrent ensuite dans la voiture, laissant le pauvre chauffeur avec une tonne de bagages sur le trottoir. Elles indiquèrent ensuite leur hôtel avec un grand sourire et y furent conduites après une grosse demi-heure de trajet. 

La chambre était plutôt luxueuse, avec trois lits doubles, une salle de bains impeccable et un magnifique balcon d'où l'on pouvait facilement regarder les étoiles. De ce fait, elle était tout simplement parfaite. Posant ses affaires près de son lit, la détermination illumina le magnifique regard azur d'Elizabeth. L'aventure allait enfin commencer.

Code couleur : #374CD7
Professeur d'Étude des moldus.
Solynyle forever

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

16 décembre 2038


Le fabuleux tour du monde d’Oliver prenait fin avec ce dernier pays : la France. Et ce n’était pas un hasard s’il avait choisi de finir ici, à cette période de l’année. En effet, il voulait passer les quinze derniers jours de l’année à Paris, où il avait réussi à se faire inviter à un cocktail de sorciers pour le réveillon. En revanche, on sentait la fin du voyage arriver quand on voyait l’endroit où le jeune homme logeait. Le petit appartement qu’il louait ne payait pas de mine. Situé dans le douzième arrondissement de la capitale, il y avait uniquement deux pièces si l’on comptait la petite cuisine. Il savait qu’il resterait là pendant quinze jours, mais il n’avait pas l’intention de se cloîtrer dans le logement. Une armoire en bois clair meublait la pièce principale, et quand on l’ouvrait, un grincement assourdissant se faisait entendre dans l’espace renfermé. L’air était humide et lourd, et comme le logis était d’une taille ridicule, il y avait un lit escamotable enfoncé dans un mur. À chaque fois qu’on faisait un pas, le parquet craquait, et le bruit résonnait dans l’immeuble. En somme, un appartement assez élémentaire.

***


31 décembre 2038


« Oliver, nous partons ! »

Oliver sentit un coup de pression. Il avait passé la journée avec Gabriel, une vieille connaissance, du côté de Montmartre parmi les moldus, puis ils étaient rentrés pour se préparer. Le cocktail débutait à dix-neuf heures, et même s’ils y allaient en transplanant, ça ne se faisait pas d’être en retard. Vêtu d’un costume noir avec un nœud papillon, il rangea sa baguette en bois de cerisier dans la poche intérieure de son blazer et expira discrètement.

« On peut y aller, Gabriel, déclara-t-il. »

Gabriel tendit son bras au jeune homme, et dans un tourbillon de poussière et d’air sec, ils transplanèrent.
Ils se retrouvèrent en moins d’une seconde et demi dans le hall d’un hôtel particulier haussmannien. Oliver remit en place son costume qui avait été un peu froissé durant le voyage. Il redressa ensuite les épaules à l’instar de Gabriel, et ce dernier sortit les invitations nominatives de sa poche.

« Oliver Briggs et Gabriel Colas, déclara-t-il à l’homme qui vérifiait les entrées. »

Cet homme acquiesça, et les deux sorciers traversèrent le hall. Il était dix-neuf heures cinq, et ils n’avaient pas fait la queue pour entrer. Un tapis de couleur ocre rouge et aux motifs détaillés arborait le parquait qui, lui, ne craquait pas – il faut dire qu’il était là pour atténuer les bruits –, et un somptueux lustre en cristal était suspendu au plafond. Un large escalier se dressait en face, et donnait sur la vaste salle du cocktail. Quelques personnes étaient déjà présentes, mais il n’y avait pas foule. Il faut dire qu’il était tôt dans la soirée. Oliver marchait à gauche de Gabriel d’un pas lent. En réalité, ils venaient ici pour rencontrer du monde, trouver de nouvelles relations, surtout que Gabriel travaillait dans la diplomatie internationale magique. Il n’y aurait pas n’importe qui ce soir.

I heard a whisper on my shoulder, pretending life is worth the fight.

Qui a appris à mourir, il a désappris à servir.

Co-fondateur du club "Notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

29 Décembre 2038


Elizabeth relâcha sa tête en arrière, appréciant le soleil, la chaleur de la tasse brulante contre sa paume et le ciel bleu des beaux jours. Ses amies papotaient avec entrain, détaillant les vêtements de chacun des passants tandis qu'elles dégustaient tranquillement leur café compliqué. Andromède avait un faible pour les caramel Macchiato tandis que Lemmikki adulait les Latte à la vanille. Lizzy, elle, appréciait les simples expresso bien qu'elle ne dédaignait pas, de temps en temps, un bon cappuccino. La jeune femme laissa échapper un soupir de bonheur tandis que ses amies interrompaient leur conversation. Andromède ricana avant de taquiner la jolie brune.

"Tu devrais pas soupirer comme ça en public. Tu vas nous attirer tous les mecs en rut de Paris."

Pas le moindrement choquée par les paroles plutôt crues de la belle grecque, Elizabeth releva la tête et lui adressa un clin d'oeil. Elle se redressa, posa ses coudes sur la table et répliqua.

"Et toi, tu devrais mettre un pantalon, et non un short, si tu veux éviter que les hommes te bavent dessus."

Comme toujours, à leurs cotés, Lemmikki observait les deux femmes en secouant la tête pour masquer son sourire amusé. La splendide blonde était assurément la plus sage des trois. Cette dernière posa alors deux bouts de carton sur la petite table de café en terrasse où les trois amies étaient attablées. Elizabeth les reconnut aussitôt pour en avoir beaucoup vu tout au long de sa vie. Des cartons d'invitation. La jolie russe regarda son amie, lui demandant silencieusement si ça allait lui plaire tandis que Lemmikki souriait toujours. Rassurée, la jeune femme récupéra un des cartons et le lut. Un cri de surprise lui échappa.

"Ce sont des invitations pour la fête des Saint-Antoine ? Voilà qui me surprend. Cette famille et la tienne sont liées, Lemmikki ? Nous sommes toutes les trois invitées."

Cette dernière acquiesça doucement à la question de son amie et put noter le net enthousiasme d'Andromède, qui frottait distraitement ses mains l'une contre l'autre, un grand sourire aux lèvres. Celle-ci se leva, déposa deux billets sur la table, ce qui était plus qu'assez pour leurs consommation et prit ses amies chacune par une épaule.

"Mesdames, il va falloir nous trouver des robes et se faire belle ! Si on meurt d'ennui à cette soirée, au moins, nous serons toute prêtes pour l'enterrement. Enfin, je me fais pas trop de souci, il aura probablement de l'alcool si tout le gratin sorcier est à la soirée... Ça va être looooooong."

Morte de rire, Andromède prit de l'avance sur ces deux comparses qui, elles, se dévisageaient. La belle grecque n'avait jamais vécu dans ces familles riches, nobles et conservatrices. Elle ignorait que le soir du 31 Décembre ne serait pas un jeu, mais bien une bataille pour les deux célibataires de choix qu'Elizabeth et Lemmikki représenteront auprès des hommes de la soirée.

31 Décembre 2038


Cette robe de soirée la rendait malade. Elle avait espéré ne plus en revoir de sa vie et pourtant... Le tissu n'en restait pas moins beau, de même que la forme du vêtement. Tout, dans cette prison de soie, respirait la sensualité. La robe descendait jusqu'à ses pieds, formant une petit flaque sur le sol. Les manches étaient serrées et ne s'arrêtaient qu'au dessus du poignet. Le col en bateau donnait une apparence innocente au vêtement d'une couleur aussi sombre que celle de la nuit bleue, mais il ne fallait pas s'y fier. La robe, fluide mais serrée, suivait malicieusement ses courbes... *De quoi rendre n'importe quel homme fou* pensa Elizabeth avec mépris et dégout.

Pour chasser ses pensées, Lizzy secoua doucement la tête, faisait bouger les quelques mèches bouclées qui s'échappaient de son chignon soigneusement étudié. Pour le maquillage, la jeune femme avait opté pour un simple rouge à lèvre vif, du mascara et du blush tandis que ses ongles étaient peints d'une ravissante teinte écarlate. Maquillée, habillée et coiffée ainsi, on voyait tout de suite de qui elle tenait. Irina Bukovski avait fait des fureurs par le passé... Et nombreux étaient ceux qui convoitaient sa petite-fille.

Les trois jeunes femmes se réunirent dans le salon lorsqu'elles furent prêtes et transplanèrent dans le hall du batiment qui abritait la réception. Il était 18h40, elles étaient en avance. Avec curiosité, Elizabeth étudia les tenues de ses amies. Lemmikki portait une robe grise avec des manches trois quarts et un col en forme de coeur. Tout en elle respirait la douceur, la candeur et l'élégance... Andromède, fidèle à elle-même, avait jeté son dévolu sur une robe taupe dont le coté droit de la jupe était fendue. Sur ses yeux, elle avait tracé un trait d'eyeliner doré qui donnait à son regard une lueur dangereuse. L'impétuosité, la séduction pure et la malice émanaient d'elle.

Les trois jeunes se présentèrent par la suite auprès de vigiles, montrèrent leur invitation et furent annoncées. Fières, elles traversèrent le hall, d'une grande beauté, et attendirent avec les invités que les hôtes ne se montrent. Cela ne tarda pas et bientôt, la famille des Saint-Antoine apparue dans un scintillement en haut des marches du grand escalier. Le père, Auguste Saint-Antoine, était un illustre homme, qui avait fait fortune dans l'industrie du jouet et bien-sûr, c'était un sang pur... Après lui venait sa femme, Clémence Saint-Antoine, anciennement de Beaumont. Un mariage arrangé pour ne pas changer les bonnes vieilles habitudes. Et enfin, Hugues Saint-Antoine, le fils ainé de la fratrie qui, a en juger par le tremblement de Lemmikki, n'était pas du tout une personne fiable. 

Avec élégance, Auguste Saint-Antoine convia ses invités à le rejoindre dans la salle du cocktail. D'un geste sûr, Elizabeth attrapa le bras de son amie blonde et fit signe à Andromède de faire pareil. Ensemble, elles gravirent les escaliers et arrivèrent dans la salle splendidement décorée. La partie commençait. Ici, elles n'étaient plus Elizabeth, Lemmikki et Andromède. Ici, elles étaient une Bukovski-Crawford, une Virtanen et une Nikos. Ici, elles sont des prétendantes potentielles.

Code couleur : #374CD7
Professeur d'Étude des moldus.
Solynyle forever

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

Comme en était la coutume, les hôtes de la réception étaient bien évidemment déjà présents dans la salle de cocktail, avec quelques invités. Avant d’arriver à Paris, Oliver ne connaissait pas personnellement la famille Saint-Antoine, c’est pourquoi il avait demandé à Gabriel de le briefer avant de venir à la soirée du nouvel an. Il était certes en possession de leur identité, mais il allait les rencontrer réellement ce soir, et non par l’intermédiaire d’une tierce personne. Cependant, quand il ne connaissait pas les gens, le jeune homme se méfiait de qui il avait à faire. Tout ce que son ami lui avait dit sur cette famille avait été mélioratif, mais il avait appris dans ses études à la Grande Ecole de l’Art du Duel qu’il ne fallait jamais baisser sa garde, et il en avait conclu que cela ne valait pas qu’en plein milieu d’un duel de sorciers. Si on rajoutait à cela les récents évènements qui s’étaient produits à Poudlard (la mort du préfet de Serpentard avait largement été médiatisée), il y avait toutes les raisons de vouloir se méfier à l’égard des inconnus, qu’importe les apparences.
Des tables hautes étaient disposées un peu partout dans la salle pour que les invités puissent poser leur verre s’ils en avaient envie, et des serveurs défilaient entre les gens qui commençaient à affluer pour distribuer des amuse-bouche, tel un ballet de danse classique, où grâce et agilité régnaient. Les relations internationales du français qui l’accompagnait étaient nombreuses, et des ambassadeurs des quatre coins du monde étaient présents. Même s’ils étaient à Paris, toutes les conversations étaient donc en anglais.

Les deux hommes s’approchèrent d’une table après qu’un serveur leur ait donner un verre de champagne, et l’anglais déclara :

« Tu connais à peu près tous les visages ? »

Le sollicité tourna la tête et dévisagea la salle de réception, tentant de repérer s’il y avait des personnes qu’il ne reconnaissait pas.

- Non, il y a une dizaine de personnes que je n’ai jamais vues. »

Son verre à la main, il prit l’initiative d’aller vers trois jeunes femmes qui discutaient ensemble, probablement qu’il ne reconnaissait pas. Oliver le suivit, tout aussi ignorant.

« Bonsoir, vous êtes ? demanda le français avec un sourire.

L’anglais en esquissa un semblable, attendant leur réponse. Elles étaient bien vêtues, ce qui laissait à penser qu’elle venait d’un milieu plutôt aisé.

I heard a whisper on my shoulder, pretending life is worth the fight.

Qui a appris à mourir, il a désappris à servir.

Co-fondateur du club "Notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

Elizabeth sondait chaque personne qui passait près d'elle et qui se trouvait dans la salle, qui était d'ailleurs très joliment décorée, faisant cependant bien attention à ne pas croiser le regard topaze du fils de son hôte. Elle connaissait cet homme et il était pire qu'une tarentule... Si vous croisiez son regard, vous étiez cuite, il ne vous lâchait pas de la soirée. 

Inspirant doucement par le nez, pour tenter de réprimer le dégout qui lui enserrait le cou, la jeune femme tendit nerveusement la main vers une coupe de champagne, qu'elle porta par la suite à ses lèvres. Ne souhaitant pas passer pour une alcoolique, la jolie russe n'avala qu'une seule et minuscule gorgée. Cela suffit pourtant à lui donner le courage nécessaire pour lever les yeux jusqu'à rencontrer ceux d'Hugues Saint Antoine. Avec un sourire qu'on aurait presque pu qualifier de provocateur, la petite fille d'Irina Bukovski leva sa coupe comme pour saluer cet homme infâme.

Elle arrêta néanmoins son petit numéro lorsqu'elle remarqua, de loin, ses longs et fins doigts enserrant violemment le pied de la flute qu'il tenait dans la main droite. La réaction de Lemmikki, un tremblement quasi imperceptible l'obligea à détourner le regard, ce qu'elle fit presque à contre coeur. Les trois femmes se dirigèrent silencieusement vers une table, où elles ne s'assirent pas, et la finlandaise apostropha son amie, tout en faisant attention à son volume sonore.

"Tu es folle de l'avoir provoqué ainsi ! Hugues n'a certainement pas dû apprécier... Tu as dû retenir son attention..."

Un peu honteuse de se faire ainsi remonter les bretelles par une personne aussi chère à son coeur que Lemmikki, Elizabeth esquissa une moue désolée. Mais elle ne parvenait pas à maitriser son agacement. Décidément, elle détestait vraiment ce genre de soirée ou encore les invités qu'il y avait généralement à ces événements.

"Qu'importe. Et je suis désolée, mais je n'arrives pas à l'apprécier. Et cette façon que tu as de trembler quand il pose les yeux sur toi... Ça me donne envie de le gifler."

Son ton était sans appel, glacial. Elizabeth se retint de jeter un oeil par-dessus son épaule, sachant pertinemment que cet infâme personnage la regardait toujours, probablement pour la reluquer tandis que des pensées salaces écloraient dans son si petit cerveau. Frissonnant de dégout, la jolie brune sentit la main de son autre amie retomber sur son épaule.

"Ne t'inquiètes pas. Si tu craques, je t'aiderais. Ce type... Il est malsain. Son aura me dérange."

Elizabeth sourit, amusée par la proposition de la sublime grecque. Mais il disparut bien vite lorsqu'elle entendit la fin de phrase de son amie. Étudiant pour devenir Auror, Andromède ne s'était jamais trompée sur ses impressions. Si Hugues Saint Antoine ne lui disait rien qui vaille, alors il fallait s'en méfier encore plus qu'elle ne le pensait. Pinçant les lèvres, la jolie russe serra les poings. Lemmikki posa alors une main apaisante sur l'un de ses poings fermés, dont les ongles imprimaient lentement de petits croissants de lune au creux de ses paumes.

"Calme-toi. Nous devons rester calmes et ouvertes. Distinguées et élégantes. Clairvoyantes et courtoises. Nous représentons nos familles, Lizzy, ne l'oublies pas."

Hochant doucement la tête, Elizabeth relâcha la pression de ses mains et allait répondre à Lemmikki quand Andromède lui indiqua, du regard, que quelqu'un s'approchait. Se retournant légèrement, la jeune femme vit deux hommes, probablement un peu plus vieux qu'elle, parcourir le chemin qui les séparait. Si le blond aux yeux verts ne semblait pas être à sa place, son acolyte, brun pour sa part, devait probablement avoir l'habitude des soirées mondaines. Avec un sourire, ce dernier demanda, lorsqu'il arriva en face du groupe : 

"Bonsoir, vous êtes ?"

Légèrement surprise par le comportement plutôt cavalier du brun, Elizabeth mit quelques secondes à répondre. Quand elle retrouva ses esprits, la jeune femme effectua une petite révérence - Dieu qu'elle haïssait le protocole- et se présenta, essayant de dompter son léger accent russe, où les quelques r étaient roulés.

"Je m'appelle Elizabeth Jane Crawford-Bukovski. Mais appelez moi Elizabeth, cela suffira." D'un geste, Elizabeth présenta également ses amies, qui tirèrent, elles aussi, une petite révérence. "Je vous présente Lemmikki Virtanen et voici Andromède Nikos."

Se rendant compte qu'elle venait de décliner son identité et celle de ses meilleures amies à un homme dont elle ne connaissait rien, Elizabeth se reprit rapidement et demanda, un sourcil haussé et son accent revenant au galop. Il fallait vraiment qu'elle apprenne à s'en débarrasser.

"Et pouvons-nous connaitre votre identité ? Ainsi que celle de votre compagnon ?"

Peut-être paraissait-elle froide ou peu amène mais malheureusement, Elizabeth ne pouvait se résoudre à se rendre humaine en présence de tant d'hypocrites. Qu'à cela ne tienne. Si ces inconnus s'étaient frottés à elle et à ses amies, c'est peut-être qu'ils en avaient envie. Ou peut-être avaient-ils d'autres idées en tête ? À cette pensée, son corps se glaça. Pitié... 

Code couleur : #374CD7
Professeur d'Étude des moldus.
Solynyle forever

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

La femme qui se présenta et qui présenta ses comparses avait l’air assez sèche aux yeux d’Oliver. Elle se prénommait donc Elizabeth, et les deux autres Andromède et Lemmikki. Après que Gabriel se fut annoncé, Oliver en fit de même.

« Je m’appelle Oliver Briggs, je suis anglais, déclara-t-il avec un sourire pour détendre l’atmosphère palpable. »

Oliver, qui était d’abord resté en retrait par rapport à Gabriel, se mit à la hauteur du français pour pouvoir discuter convenablement avec les trois autres invitées.

***
Point de vue de Gabriel Colas


Lorsque les noms de leurs interlocutrices furent annoncés, Gabriel chercha dans sa mémoire s’il avait déjà entendu parler de ces familles. Il n’en était pas sûr, mais les Bukovski étaient une famille importante de sang-pur en Russie, les Virtanen faisaient leur réputation dans les pays du nord telle que la Finlande, et les Nikos ne lui disaient absolument rien. Il n’avait pas eu l’occasion de rencontrer des membres de ces familles, mais il en avait entendu parler plusieurs fois dans les couloirs du ministère de la Magie français. Ce fut donc presque dans l’inconnu que les deux hommes avaient entamé une discussion avec ces femmes, qui semblaient toutes méfiantes, à l’instar d’Oliver.

« Enchanté. »

***
Point de vue d’Oliver Briggs


À côté d’Oliver, Gabriel avait l’air de remuer son esprit dans tous les sens, sûrement pour déchiffrer les noms de famille.

« Enchanté également ! Vous n’êtes pas françaises, je présume ? »

L’anglais apporta sa coupe de champagne à ses lèvres et avala une petite gorgée de façon distinguée forcée. En réalité, il ne savait pas s’il faisait ça pour se moquer des personnes présentes ou si c’était pour se faire bien voir. La salle était maintenant plutôt bien remplie, et il était difficile d’apercevoir la sortie.

« C’est une belle réception pour un réveillon, n’est-ce pas ? »

Là encore, il y avait sûrement un brin d’ironie dans ses paroles. En écoutant les conversations autour, Oliver s’apercevait que la plupart était superflue ; autant l’être aussi, dans ce cas-là. Somme toute, il se demandait même pourquoi il avait accepté cette invitation où il fallait se tenir à carreau, avoir une bonne allure. C’était bien différent de ces soirées qu’il avait vécues il y a moins de trois ans. Mais c’était du passé, et il ne préférait pas y penser.

Un serveur s’approcha de leur table haute et y déposa un plateau d’amuse-bouche avant de repartir dans sa course frénétique. Observant un peu plus le visage d’Elizabeth, Oliver put déceler une légère condescendance, mais ne sut pas si ce comportement était normal dans ces réceptions.

I heard a whisper on my shoulder, pretending life is worth the fight.

Qui a appris à mourir, il a désappris à servir.

Co-fondateur du club "Notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"

 France  À l'aube d'un jour nouveau  PV O. Briggs 

Gabriel Colas... Français et s'il était là, c'est qu'il devait entretenir des relations avec les gens qui gloussaient ou critiquaient aux quatre coins de la salle... D'Or et déjà, pour cette raison, si infime soit-elle, Elizabeth ne l'appréciait guère. Était-il aussi vicieux, aussi matérialiste et condescendant que ses comparses ? Le blond se présenta par la suite, sans attendre avec un grand sourire. Dubitative, Elizabeth le regarda, le détaillant ouvertement, cherchant à savoir si cet homme était assez naïf pour rentrer dans la tanière du loup de son plein gré. Apparemment oui... Quel dommage, elle le plaignait presque. Elle fut alors surprise de le voir se rapprocher de son acolyte, lui qui semblait s'y enclin à se cacher quelques secondes plus tôt. Gabriel Colas sembla d'ailleurs se réveiller puisqu'il reprit aussitôt.

"Enchanté."

Formule que répéta la jolie russe avec arrogance tandis que ses amies en faisaient de même, sur un ton plus doux cependant. Lemmikki en profita pour lui jeter un regard d'avertissement et lui pincer discrètement le bras. Se retenant de lever les yeux au ciel et de soupirer, Elizabeth entreprit de répondre convenablement à la question de l'anglais que ce dernier venait de poser concernant leur nationalité.

"Je suis russe et anglaise pour ma part..." Elle fut ensuite coupée par Andromède qui se présenta comme une sorcière grecque et anglaise puis Lemmikki qui murmura qu'elle était finlandaise et anglaise. Du coin de l'oeil, Elizabeth nota l'ironie certaine du geste du blond lorsqu'il porta la coupe à ses lèvres. Un fin sourire, légèrement narquois, recouvrant enfin ses lèvres, elle se surprit à apprécier cet homme. Apparemment, il trouvait le discours de toutes ces personnalités affligeant et en cela, la jeune brune commençait à l'apprécier. D'un ton tout aussi ironique, elle répliqua, se prêtant au jeu, conservant tout de même sa posture, très hautaine.

"N'est-ce pas ? Et ces petits fours sont une pure merveille !" Elle finit par partir d'un rire totalement empruntée à l'une des pintades qui gloussaient devant Hugues Saint Antoine.

Ce dernier sembla l'entendre car il se tourna vers leur petit groupe. Le pincement de Lemmikki se fit alors plus fort et la jolie russe laissa échapper un petit "aïe". Andromède se décala un peu, faisant semblant de piquer un petit four sur le plateau d'un serveur qui passait près d'eux et camoufla ainsi leur amie blonde aux yeux du terrible personnage... Seulement, ce n'était pas Lemmikki qu'il regardait mais bien elle. Se tendant au maximum, la mâchoire serrée et les yeux rivés sur le visage de cet homme qui avançait lentement vers leur petit groupe, elle décida de jouer la comédie. 

"Lemmikki, tu es bien pâle, tu devrais sortir prendre l'air... Pourquoi tu ne l'accompagnerais pas Andromède ?"

La belle grecque lui jeta un regard d'avertissement mais finit par se détourner et accompagna leur amie commune sur la terrasse. Les suivant du regard, Elizabeth se retourna cependant bien vite lorsqu'elle sentit un frisson lui parcourir le dos. Il était là... D'un regard qui se voulait implorant, elle regarda les deux hommes qui se trouvaient toujours en face d'elle. *Ne partez pas...*

Code couleur : #374CD7
Professeur d'Étude des moldus.
Solynyle forever