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 RPG+   PV  Afr'hic

HIVER 2038
EGYPTE


Grace frappa cette fois du plat de sa main le centre de la peau claire puis leva les yeux vers le jeune enfant qui était assis à côté d'elle. Un large sourire divulguait ses dents blanches et ses yeux pétillants reflétaient de l'excitation. L'adulte sourit simplement. Ce visage ravi ne pouvait que lui rappeler le sien lorsqu'elle avait fait la connaissance de la musique par Gabrielle et ce n'était que dans ces moments qu'elle se rappelait le pouvoir musical. Ce n'était que dans ces moments qu'elle savait qu'enseigner la musique, de quelque manière que ce soit, était sa vocation et en devenait vital. Elle voulait insérer autant de magie dans la découverte de la musique pour ces enfants qu'il y en avait eu pour elle, et espérait réussir cet exploit le plus fréquemment possible. 

Vraisemblablement, le garçon en face d'elle semblait amusé, ce qui était déjà un petit pas, et cela la conforta dans sa façon de lui enseigner la musique. Préférant s'assurer de sa compréhension, elle lui montra à nouveau. Elle leva donc sa main puis l'abattit fermement sur le tissu, en son centre, pour ne la relever que quelques secondes plus tard afin d'en étouffer le son. L'enfant, qui devait avoir environ sept ans et qui n'était pas très grand, attrapa le djembé que lui tendait la jeune femme et serra ses petites jambes autour du pied. Il se réinstalla confortablement ensuite sur le coussin placé en dessous de lui pour enfin frapper de sa main frêle la peau. Son geste comportant quelques défauts, le goût pour la perfection de Grace entra en scène pour lui saisir délicatement la main et indiquer :

- Il faut laisser la main quelques temps sur la peau. Ainsi, le son sera sec. Sinon, c'est un "résonnant". Les résonnants, on en a fait quelques uns tout à l'heure et tu les maîtrises. Maintenant, on attaque les "étouffés". Tu comprends ?

En effet, la leçon, que la musicienne avait dédié à la musique dans les rites et traditions, avait déjà commencé depuis une flopée de minutes et ils avaient déjà abordé un paramètre du son : sa portée. Elle avait déjà préparé la suite mais préférait que l'enfant assimile d'abord bien ce principe et le laissait donc l'effectuer plusieurs fois. Elle espérait aussi être claire et concise dans ses explications pour se faire comprendre du jeune égyptien. Elle lui parlait d'ailleurs lentement et, l'anglais n'étant pas la langue maternelle de l'enfant, elle préférait y aller doucement. Néanmoins, il exécuta un hochement de tête souriant et elle vit à travers ce geste une approbation. Elle leva donc la main de l'enfant qu'elle tenait toujours et l'abattit fermement sur la peau, l'aplatissant de la sienne bien plus large pour la coller à la résonance de l'instrument quelques temps. Elle lui confirma :

- Comme ça, tu vois ?

A nouveau, un mouvement de tête. Il la regarda ensuite, les yeux chargés d'admiration et d'espoir, puis se concentra et on put voir un bout de sa langue sortir et saluer le monde. Il leva alors bien haut ses doigts, son bras presque tendu, prêt à produire le son, lorsqu'un bruit retentissant vint l'arrêter dans sa démarche. On frappait à la porte, fermement. Grace connaissait assez la musique et sa décomposition et y avait assez baigné pour pouvoir qualifier tous types de bruitages et, lorsqu'on frappait à la porte ou tintait une sonnette, elle arrivait à déterminer plus ou moins précisément le profil du déclencheur. Cette fois ci, elle misait sur un homme, dans la force de l'âge. Peut être un peu grisonnant dans les cheveux et la barbe. Elle lui attribuait la cinquantaine, la soixantaine à tout casser, pas plus c'était sur selon elle. Cependant, elle n'eut pas le plaisir de découvrir la première l'invité puisque, n'étant pas chez elle, c'était bien la maîtresse des lieux qui avait ouvert. Celle ci s'était d'ailleurs exclamée, avec du ravissement :

- Monsieur Jewler, quel plaisir de vous revoir !

Apparemment, c'était une connaissance de la famille, et cela n'enchantait pas vraiment les plans de la jeune femme. En effet, elle n'appréciait vraiment pas dispenser ses cours devant des autres personnes que l'élève, comme précisé déjà plus tôt à la famille. D'ordinaire, il était convenu que seule la mère du jeune Tesfalem serait présente. Finalement, Grace s'était habituée à la présence discrète et maternelle de la femme et s'en accoutumait. Ce ne serait vraisemblablement pourtant pas le cas aujourd'hui. Elle soupira, mais comptait cependant cette fois en apprendre un peu plus sur l'identité de l'homme qui venait d'arriver et, une fois qu'il eut pénétré dans l'entrée cossue de la maison et prit sa place dans les lieux et avec la mère qui l'accueillait à bras ouverts, elle lui tendit la main, se présentant, toujours en anglais au vu du teint pâle de l'arrivant :

- Grace Beauchamp, professeure de musique. Puis-je m'enquérir de votre identité, Monsieur ?

Directrice de la Chorale
Si vous avez des questions, allez voir dans la Salle de Répétition (4e Etage) ou contactez moi par hibou.