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 RPG   SOLO  “ A Delicious Dissonance ”



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1. A DELICIOUS DISSONANCE

2. ORDINARY FEAR




I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.

 RPG   SOLO  “ A Delicious Dissonance ”

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STANISLAV STOYANOV
GRAND MAÎTRE DE LA SECTE DES NOIRFANGUEURS


Un craquement sonore précéda l’apparition de Stanislav Stoyanov. Grand, le teint pâle, le ministre de la Magie bulgare marcha droit sur sa cible comme un oiseau sur sa proie. Ses yeux en amande, d’une sensualité empoisonnée, caressèrent la pierre noire d’un aigle à deux têtes monté sur un socle en marbre.

« Convoque mes gouverneurs dans la salle de réception. »

Le ton martial arracha un mouvement à la gargouille qui, non contente de secouer ses ailes, inclina également ses deux têtes au passage du ministre.

Loin de se soucier de cette réaction, le ministre poussa les battants de deux énormes portes noires affublées de heurtoirs en or, traversa un hall plongé dans la pénombre, gravit les trente-trois marches d’un escalier en marbre, et pénétra dans un salon dépouillé aux murs lambrissés. Quatre fauteuils parfaitement alignés au centre et une commode logée contre un mur figuraient le seul mobilier présent sur place.

Le ministre déboutonna le col haut de son long manteau noir, plongea ses longs doigts dans sa poche pour y saisir sa baguette magique qu’il dirigea ensuite vers la commode, tandis qu’il dépassait la rangée de fauteuils. Un verre de whisky jaillit comme une balle de la commode et termina sa course dans la main ferme du ministre. Un autre tour de baguette marqua l’apparition d’un linceul de ténèbres sur lequel l’homme plein d’assurance s’installa en croisant les jambes. Face à la rangée de fauteuils en bois, son trône ténébreux tranchait par sa majesté.

Un chuintement précéda le transplanage du 3ème Gouverneur, le très ponctuel Foraster. Son énorme grimoire noir sous le bras, le vieil homme courtaud ajusta son monocle avant de s’asseoir face à Stoyanov. Celui-ci ne dénia pas croiser son regard. Il s’intéressa un bref instant à l’unique boucle d’oreille frappée du chiffre romain « III » qui pendait au lobe tombant du vieillard avant de baisser les yeux sur son verre qu’il vida d’une traite.

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.

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Le ministre eut le temps de remplir son verre avant que le 1er Gouverneur et le 2ème ne surgissent du néant sans faire le moindre bruit.

Kopec était aussi éclatant que Sombra était effacée. Affublé d’une collection rutilante de bagues, bracelets, et colliers en or massif, le 1er Gouverneur était un homme noir à qui il manquait un oeil ; l’autre ayant été remplacé par un oeil magique à l’iris doré. Son goût pour l’or était si prononcé que même sa boucle d’oreille gravée d’un « I » romain brillait d’un bel éclat jaune. Le 2ème Gouverneur était une femme dont la silhouette longiligne dépassait aisément le mètre quatre-vingt-dix. Vêtue d’une cape noire ajustée qui lui remontait sous le nez et d’un grand chapeau à bords larges sous lequel son visage se confondait tout entier dans la pénombre, elle ne laissait entrevoir que la lumière de ses yeux bleu clair et celle de sa boucle d’oreille en argent à laquelle pendait le chiffre romain « II ».

Ne manquait plus que le 4ème.

Quand celui-ci apparut enfin dans un grondement sonore, le ministre marqua sa curiosité par un regard appuyé en direction du beau blond au sourire séducteur qui s’installait sur le dernier fauteuil disponible en poussant un soupire de contentement.

Le regard des trois autres Gouverneurs ne dévia pas d’un seul millimètre vers le dernier arrivé.

« Où est Meteor ? »

« Mort, répondit l’éphèbe en accrochant sa boucle d’oreille décorée du chiffre romain « IV ». Je l’ai tué. »

Sous d’autres plafonds, une telle révélation aurait suscité l’indignation, la colère et la peur, mais ici, elle ne souleva aucune réaction. Stoyanov acquiesça à peine en avalant une gorgée de whisky.

De même qu’il avait assassiné le précédent Grand-Maître, les Quatre Gouverneurs ne devaient leur prestigieuse place qu’à leur incroyable force. Il en allait ainsi chez les Noirfangueurs.

« A quel nom répondras-tu ? demanda Stoyanov d’une voix où perçait une note d’impatience. »

« Marchiso, Votre Excellence. »

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« Combien nous coûterait la cessation de nos activités en Russie ? »

La question ne semblait dirigée vers personne en particulier. Stanislav fixait son verre de whisky comme si quelque chose de fondamentale se jouait à l’intérieur. Mais la répartition des tâches étant connue de tous au sein des Noirfangueurs, Kopec répondit, comme il le faisait toujours quand il était question d’argent.

« Nos actifs russes représentent 27,64% de nos revenues annuelles, soit notre première source de capitaux à l’étranger. Je peux compenser la perte de 21,87% de ces actifs en huit mois, en redirigeant nos activités sur la Lituanie, l’Ukraine, la Turquie, la Géorgie et le Kazakhstan. 5,77% seraient définitivement perdus. »

« Je te donne trois mois à compter d’aujourd’hui, déclara Stanislav. »

Kopec n’était pas homme à broncher. Il était bien trop intelligent pour savoir ce qu’il en coûtait de s’opposer au Grand-Maître. Il acquiesça.

« Très bien, Votre Excellence. »

« Comment se porte notre prisonnier ? enchaîna Stanislav après avoir avalé une gorgée de whisky. »

C’était au tour de Foraster. Le vieil homme baissa son nez sur l’épais volume qu’il avait déposé sur ses cuisses. En réponse, le grimoire s’ouvrit à la volée et s’arrêta quelque part entre la 2678ème page et la 2684ème (l’encre en bas de page avait pratiquement disparu), soit à peu près au quart du nombre total de pages que comptait l’incroyable ouvrage.

« Il refuse toujours de répondre à nos questions, répondit le vieil homme en plissant l’oeil exagérément grossit par le verre de son monocle. Mais vous aviez raison, notre prisonnier a bien atteint une transformation de rang 4. Les recherches sont en cours pour retrouver les quatre Horcruxes liés à cette transformation. »

« Combien de temps ? »

Le volume tourna quelques pages comme si une main invisible l’en commandait.

« Je dirais un an, le temps de recouper toutes les pistes. »

« Six mois. »

« Très bien, Votre Excellence. »

Stanislav vida son verre puis le tendit vers le bras noir qui surgit de son trône ténébreux. Le verre se laissa dévorer par les ténèbres sans un bruit.

« Amène-moi Dallan Blackwave et la plus jeune de ses filles. »

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Le silence qui suivit son ordre fit tiquer Stanislav. Il releva la tête et planta son regard dans celui du 4ème. Le sourire du bellâtre s’estompa aussitôt, comme si ce regard venait de consumer son assurance dans un grand brasier.

« Mais… »

« Tu as vingt-quatre heures. Pas une seconde de plus. »

Marchiso baissa les yeux en rentrant sa tête entre ses épaules, accusant visiblement le coup le temps d’un instant. Le temps d’un instant seulement, car très vite un sourire fendit à nouveau sa belle gueule. Stanislav commençait à perdre patience. Pourquoi fallait-il que Meteor ait succombé face à ce jeune prétentieux ? Le genre humain était d’un incorrigible ennui…

« Je les veux propres comme un sou neuf, ajouta Stanislav en fixant lourdement Marchiso. S’ils m’arrivent blessés ou égratignés, je vous brise toi et tous ceux qui portent ton sale petit nom. »

La menace déstabilisa assez Marchiso pour qu’il se tint un peu plus droit dans son fauteuil et se débarrassa de son petit sourire arrogant.

« Il sera fait selon votre volonté, Votre Excellence, dit-il en inclinant la tête. »

Stanislav détourna les yeux. Il n’avait jamais aimé les marques de soumission, encore moins les fausses.

« Votre Excellence ? »

Stanislav plissa les yeux. Le grand chapeau du 2ème s’était fendu d’une large entaille par où s’échappait la voix égratignée d’une femme. Les yeux bleus de Sombra restaient fixés sur quelque chose droit devant eux. Sans ciller.

« Parle. »

« Nos cerbères ont mis la main sur une gamine. »

« En quoi ça me concerne ? »

Cette fois, les yeux de Sombra se tournèrent vers lui.

« Ils l’ont capturé ici-même. A l’instant. »

Voilà quelque chose qui avait de quoi surprendre. L’Observatoire était une forteresse imprenable postée sur un pic rocheux. Comment une gamine avait pu s’y introduire sans éveiller les protections magiques qui maintenaient les pierres de l’édifice ? Cette histoire déplaisait à Stanislav.

« Ici ? »

« Dans le hall, précisa le grand chapeau. Elle demande à vous voir. Elle dit s’appeler Sybille et vous avoir déjà rencontré. A Poudlard. »

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D’un geste, Stanislav congédia ses quatre gouverneurs. L’un à la suite de l’autre, les quatre transplanèrent en laissant leur fauteuil vide derrière eux. Stanislav se leva, faisant disparaître son trône noir, puis il reboutonna le col de son manteau avant de sortir de la pièce.

Du haut de l’escalier aux trente-trois marches, il contempla la scène inédite qui se jouait dans le vieux hall de l’Observatoire. Sa curiosité était piquée au vif.

« Mademoiselle Luneau, dit-il en la fixant attentivement. »

Cernée par deux cerbères aussi gros que le plus gros des ours, la fille de l’ex-directrice de Beauxbâtons le défiait du regard. Stanislav n’avait pas oublié leur rencontre sous les toits de Poudlard, encore moins les quelques prouesses magiques dont elle avait été capable. Il devinait que la jeune femme qui se tenait en bas de l’escalier était d’un métal autrement plus résistant désormais. Il était très curieux de savoir ce qui lui donnait cette assurance et l’impertinence de croire qu’elle pouvait le défier.

« Je suis étonné de vous trouver ici. Comment êtes-vous parvenue à entrer ? »

« Juste derrière vous, répondit-elle. »

Stanislav haussa un sourcil.

« Derrière moi ? »

L’imprudente agita quelque chose sous laquelle elle finit par disparaître partiellement. Stanislav devait bien avouer qu’il était très étonné par ce petit bout de femme… entrer en possession de la cape d’invisibilité, la vraie et l’unique, voilà qui était très fort… et qui expliquait un bon nombre de choses.

« Un cadeau de ma tante, justifia Sybille Luneau. »

« Elle doit beaucoup vous aimer pour vous avoir confier un objet d’une si grande valeur. »

Stanislav siffla. Ce qui fit détaler les cerbères. Il descendit les trente-trois marches de l’escalier, les bras croisés dans son dos, sa main droite serrée sur sa baguette magique au cas où la petite se sentait pousser des ailes qu’il aurait sitôt fait de brûler.

« Que me vaut l’honneur de cette visite de courtoisie ? »

Arrivé en bas de l’escalier, Stanislav dominait Sybille Luneau de quelques têtes. La française n’en tenait pas moins son rang en le regardant droit dans les yeux.

« En tant qu’Horcruxe de mon père, je viens vous demander la permission de le rencontrer. »

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Pour être surpris, Stanislav l’était définitivement. Les yeux plissés, il crut déceler derrière cette requête inattendue un quelque chose de Kristen Loewy dans l’attitude. Il esquissa un début de sourire. L’ambitieuse avait une sacrée détermination. Elle avait bravé tous les dangers pour se tenir à la merci du plus grand d’entre eux dans le seul but de rencontrer son horrible géniteur.

Beaucoup aurait crié à la folie, mais Stanislav se laissa captiver par la démarche. Il avait peut-être sous-estimé le potentiel de cette gamine lors de leur première rencontre… mais il devait en avoir le coeur net.

« Que puis-je attendre en retour ? »

Le regard de cette Luneau ne cilla même pas. Le sourire de Stanislav s’accentua. C’était tout bonnement prodigieux.

« Je n’ai rien à vous offrir que vous ne pourriez pas me prendre dans la seconde, répondit Sybille Luneau. Je ne suis pas de taille à vous affronter, nous le savons tous les deux. Alors m’autorisez-vous à le voir, oui ou non ? »

Stanislav se contenta de fixer sa proie pendant une minute interminable avant d’acquiescer à sa requête. Qui était-il pour interdire à une fille de visiter son monstre de père, se demanda-t-il en se retenant de rire.

« Accrochez-vous à mon bras. »

Ce qu’elle fit.

Une seconde après, ils transplanaient. La seconde suivante, ils atterrissaient sur un pont en pierre dressé au-dessus d’un vide incommensurable. La Bouche de l’Enfer, comme l’appelaient les prisonniers de Kardzali. Sybille Luneau ne put se retenir d’empoigner plus fermement encore le bras de Stanislav en voyant une centaine de silhouettes encapuchonnées jaillir du vide… les célèbres Détraqueurs du Nord…

« Expecto Patronum »

« Qu’est-ce que… »

Stanislav sourit en ramenant sa baguette le long de son corps.

« Quoi, le professeur Loewy ne vous a jamais parlé des Patronus Noirs ? »

Sybille Luneau sembla tout d’un coup moins confiante. Etait-ce l’apparition d’un loup vaporeux, noir, aux yeux rouge sang, juste devant elle ? … ou bien l’horrible odeur de pourriture qui s’attaqua à ses narines combinée aux chuintements des Détraqueurs du Nord ? … ou peut-être ces immenses chaines attachées à la voûte de la coupole qui maintenaient son père à genoux, les bras relevés dans son dos, au beau milieu du pont, qui avaient ébranlé sa confiance ?

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Stanislav s’efforça de ne pas rire. Sybille Luneau avait lâché son bras et fixait la silhouette de son père avec un dégoût palpable. Il fallait dire que Pierre Legallet n’avait d’humain que le fait de posséder un corps avec deux bras, deux jambes, et une tête. Pour le reste, il était plus proche du poisson à chair blanche avec sa peau pâle, ses grands yeux noirs, et ces impressionnantes ramifications noires autour du visage. Une créature plus qu’un homme qui demeurait le géniteur de ce petit bout de femme.

« Il a fallu quatre Horcruxes pour obtenir ce résultat. Vous êtes en quelque sorte l’un des outils de cette merveilleuse transformation. »

Sybille Luneau lui lança un regard noir.

« Plus vite vous accepterez la triste réalité, plus vite vous vous intéresserez aux avantages. »

« Les avantages ? demanda la française, non sans un certain dédain. Quels avantages ? »

D’un mouvement de baguette magique, Stanislav poussa son patronus noir à camper derrière Pierre Legallet pour garder les Détraqueurs du Nord loin de son corps éprouvé.

« Qui dit Horcruxe dit forcément que vous avez hérité d’une partie de la magie de votre père, expliqua Stanislav en s’avançant. Je peux la sentir en vous. Je peux la sentir bouillonner sous une chape de haine. Pour l’instant, vous refusez de vous en servir. Vous vous estimez meilleure qu’elle, mais vous n’avez pas idée de ce qu’elle a à vous offrir. »

Arrivé à trois mètres de Pierre Legallet, Stanislav se décala pour laisser la fille se confronter au regard de son père. Il avait beau endurer quotidiennement la présence des Détraqueurs du Nord, l’esprit de Legallet échappait encore à la folie. Il était exténué, au bord de la rupture, mais il survivait encore et toujours. Il releva doucement la tête et le regard de Sybille Luneau se fit plus dur encore.

« Vous n’avez pas d’idée du pouvoir exceptionnel qu’elle renferme. »

« Jamais, pesta la française. »

Le sourire de Stanislav s’accentua.

« Pour l’instant, peut-être. »

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Stanislav sentit la colère de Sybille Luneau grimper plusieurs paliers consécutifs. Le rire enroué de Pierre Legallet n’arrangea en rien son état. Il suffisait de regarder le visage de la française pour voir qu’elle luttait de toutes ses forces pour ne pas exploser.

« Tu as bien grandi… souffla Legallet. »

Stanislav l’observa avec intérêt. Cet homme n’avait aucun espèce d’attachement pour sa fille, et de manière générale pour qui que ce soit. Il n’avait même pas bronché à la mort de ses lieutenants. Qu’espérait-il obtenir en lui parlant ?

« Tais-toi, monstre ! »

Les chaînes tintèrent alors que Legallet était secoué d’un rire gras. Attentif, Stanislav saisit la précarité de l’instant quand une minuscule goutte de magie fusa entre le père et la fille. Le fou tentait de noyer son esprit dans le sien, probablement pour la posséder. Stanislav amorça un mouvement, mais une explosion retentissante de magie blanche souffla sa tentative. L’onde blanche détruisit son patronus noir et envoya valser les Détraqueurs du Nord contre les murs. Elle fragilisa également les fondations du pont.

Passé l’aveuglement, Stanislav secoua sa tête pour se remettre du choc. Jamais encore il n’avait été frappé par une magie blanche d’une telle pureté. Mais il n’eut le temps de se questionner à ce sujet.

Remarquant que sa baguette magique lui avait échappé et avait basculé dans le vide, il la rappela à lui en murmurant l’incantation gravée sur le bois. La baguette surgit du vide à la vitesse d’une balle. Une fois dans sa main, Stanislav referma son autre main sur le bras armé de Sybille Luneau. Debout devant son père, elle avait pointé sa baguette entre ses yeux noirs. Son intention de le tuer était évidente.

« Non, tu n’es pas prête. »

Sybille Luneau essaya de se dégager en éveillant une nouvelle fois sa magie blanche, mais cette fois Stanislav n’entendait pas plaisanter. Il réveilla toute la noirceur de son âme et la laissa s’emparer de l’endroit sous la forme d’une explosion de ténèbres destructrice. Des vents noirs d’une terrible violence se mirent à tournoyer dans la Bouche de l’Enfer, à en lacérer les murs, à détacher des bouts de pont pour les envoyer se briser contre les murs.

« J’AI-DIT-NON ! »

La voix mille fois amplifiée de Stanislav finit d’avoir raison de Sybille Luneau qui ne trouva pas la force de lutter et tomba à genoux devant lui, sa baguette lui glissant des doigts.

Stanislav tut aussitôt sa magie. Le calme revint autour d’eux.

Il se pencha, saisit la baguette magique de son invitée et la lui tendit.

« Tu n’es pas prête à tuer. »

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Sans un regard pour son prisonnier, Stanislav saisit Sybille Luneau par le bras et transplana à des kilomètres de là.

L’atterrissage s’avéra délicat pour la française mais Stanislav la retint fermement par le bras. Une ombre gigantesque les enveloppait, celle du pic rocheux au sommet duquel l’Observatoire était construit.

Le regard inexpressif du ministre bulgare se heurta au regard meurtris de la pauvre française. D’un mouvement de bras, elle le repoussa et manqua de trébucher en s’écartant de lui. Stanislav se contenta de ramener son bras le long de son corps en la fixant. Pauvre créature, songea-t-il en les observant elle et ses contradictions.

« Pourquoi ? »

Stanislav détestait cette question. Il la trouvait incomplète et trop mélodramatique. Alors il ne répondit pas, habitué à la voir répéter une seconde fois sous sa forme complète.

« Pourquoi ne m’avez-vous pas laissé le tuer ? »

Nous y voilà.

« Jusqu’à preuve du contraire, je suis celui qui l’a vaincu, répondit calmement Stanislav dont le visage n’exprimait toujours rien. J’ai donc droit de vie ou de mort sur lui. Et pour l’heure, disons que je préfère le savoir en vie. Le reste ne te regarde pas. »

Il esquissa les prémisses d’un sourire.

« Et tu n’es pas prête. »

Il pouvait sentir la colère de cette Sybille Luneau comme une sorte d’orage permanent autour d’elle. Si seulement elle pouvait apprendre à s’en servir au lieu de s’épuiser inutilement.

« Pourquoi vous ne me tuez pas dans ce cas ? Bon dieu mais qui êtes-vous pour jouer comme ça avec les gens ?! »

Cette fois, Stanislav ne put réprimer un éclat de rire.

« Tu n’es rien. Pourquoi voudrais-tu que je te tue ? répondit-il. Pour ta misérable Cape d’Invisibilité ? Je n’ai besoin d’aucune Relique de la Mort. Je suis la Mort. Je décide qui doit vivre et qui doit mourir. »

Sur ces bonnes paroles, Stanislav tourna les talons et s’apprêta à transplaner quand une énième réplique l’immobilisa en plein appuis.

« Vous n’aviez pourtant pas décidé de la mort de votre frère ! »

Le coeur de Stanislav loupa un battement. Il se détendit et lentement tourna sur lui-même pour faire face à cette drôle de fouineuse à la langue bien pendue.

« Rentre chez toi. Entraîne-toi. Et le jour où tu seras enfin devenue quelque chose, retrouve-moi. Alors nous parlerons peut-être d’égal à égal. En attendant ce jour, garde-toi bien de parler de mon frère. Ma patience à quelques limites bien définies. Te couper la tête ne m’apporterait aucun plaisir, mais je n’y verrai aucune difficulté non plus. Tu as eu ce que tu voulais. Va-t-en et ne reviens que lorsque tu seras digne de te mesurer à moi. »

Et il transplana.

[FIN]

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