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Réminiscences

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I. Création

II. Affliction

III. Extraction

IV. Révélation

V. Installation

VI. Jonction

VII. Tribulation

VIII. Explication

Librement inspirée du RPG "La Pensine" de Kristen Loewy.

Je suis le porte-bonheur personnel de Cassiopée Malory laissez passer s'il vous plaît
Professeur de clarinette pendant mes heures perdues. N'hésitez pas à m'hibouter.

Réminiscences

I. Création


02/01/2030
      Sa chemise de nuit lui caresse les chevilles. La journée a été épuisante. Entre sa mère qui l'a appelé deux fois pour lui demander si ça allait, si elle se sentait bien, et la légère frayeur lorsque Reid l'a appelé pour lui dire, avec un ton désolé, qu'il serait en retard ce soir, Abigail n'a pas vu le temps passer. Pourtant, aujourd'hui est un jour important. C'est la veille de son accouchement. Si tout se passe comme prévu, bien entendu. Malgré ce qu'elle ne cesse de répéter à son mari beaucoup trop stressé, elle est terriblement anxieuse. Son enfant. Dans son ventre. Puis dans ses mains. Sa petite bouille d'ange en face d'elle. Est-ce qu'elle ressemblerait plus à son père, ou à elle ? Peu importe, tant qu'elle vivait. C'était le plus important. C'était tout ce qui comptait. Il est n'est pas encore très tard mais la brune souhaite se coucher tout de suite, pour profiter au mieux de ses quelques heures de sommeil. Alors qu'elle se glisse dans ses draps, la porte d'entrée s'ouvre, et elle entend les pas de son mari. Un léger sourire se peint sur son visage et elle crie :

-Bonne nuit !

L'autre lui répond, et l'américaine s'endort bien vite dans le monde des rêves. Quelques heures plus tard, des contractions la réveillent. Ses mains se posent sur son ventre rebondi, et, en grimaçant autant qu'en souriant, elle réveille Reid.

-C'est l'heure.


      Le pied d'un homme écrase au dernier moment la pédale de frein. Ses mains moites se raffermissent sur le volant, et il remonte ses lunettes. Sa jambe saute, montrant son anxiété. Une main de femme attrape son bras droit. Il lève les yeux au ciel, sachant très bien ce qu'Abigail va lui dire.

-Oui, il faut que je roule moins vite, c'est bon j'ai compris.
-Tu vas nous tuer Reid !

« Nous. » Ils seront trois bientôt. Ce dernier soupire, ne souhaitant pas commencer une dispute. La douleur énerve sa femme, et lui fait aussi mal à elle qu'à lui. Il souffre de la voir comme cela. Il est fou amoureux d'elle. C'est peut-être une mauvaise chose, en tout cas c'est ce que lui a dit Jason, son frère. Toujours à dire ce qu'il pense lui. Il est encore jeune, il ne comprend pas ces choses-là. Il a seulement douze ans, et commence seulement à s'intéresser aux filles. Reid a trouvé dans sa chambre un magazine non catholique, mais ne l'a pas mentionné. On a tous nos petits secrets. Celui de Reid, c'est son amour fou et dévastateur.
Après une dizaine de minutes à batailler pour arriver jusqu'à l'hôpital, tout se passa assez vite. Les femmes enceintes étaient plutôt bien reçu, et Abigail se retrouva alors sur un brancard. Les contractions s'intensifient, le moment approche. Alors que des sages-femmes aident sa femme à s'installer convenablement, Reid, lui, pose le sac plein d'affaires inutiles sur la chaise à côté du lit. La brune pose alors son doux regard sur lui, et lui souffle :

-Tu es sûr de vouloir rester ?

L'homme ouvre la bouche pour répondre positivement, puis la referme. Il ne sait pas. Mais Abigail le connaît trop bien, et lui dit en souriant :

-Ne t'inquiète pas. Tu seras tout prêt de moi.

« Trop loin », sont les seules pensées qui le traverse lorsqu'il s'assoit sur une chaise dans le couloir froid et blanc de l'hôpital. Sa femme lui manque. Il l'aime à en mourir, et la savoir souffrante juste derrière le mur est insurmontable. Il enlève ses lunettes, se frotte l'arête du nez en soufflant exagérément. Il va mourir.

Magnifique. Son enfant est tout simplement magnifique. Elle dort maintenant, et Abigail ne peut plus voir ses yeux bleus marines comme le fond de l'océan. Elle a des minuscules cheveux, qu'on ne voit presque pas, mais qu'on devine blonds-roux. Reste à savoir quelle couleur ils prendront plus tard, lorsqu'elle sera plus âgée. Sa peau est blanche, blanche comme la neige. Elle est réellement un mélange de ses deux parents. Sa main droite se ferme, s'ouvre et se referme, et un léger sourire presque étrange flotte sur ses lèvres. Une infirmière à la peau chocolat entre dans la pièce, puis, après avoir posé quelques questions sur l'état de la brune, demande en souriant :

-Alors, vous allez l'appelez comment ?

Abigail jette un regard à son mari, assis sur une chaise à côté d'elle. Ils y avaient déjà pensé. Si c'était un garçon, ils l'auraient appelé Maël. Mais, c'est une fille, et leur choix s'est posé sur : Solenn. Un prénom à la consonance tout à fait habituel, mais avec une écriture bretonne. Ils l'avaient trouvé dans un livre à la bibliothèque, et en étaient tombés amoureux. Il ne reflétait pas leurs origines, mais les deux américains s'en fichaient. C'était un prénom beaucoup trop beau pour le passer à la trappe.

-Solenn.

Reid ne lui a pas laissé le temps de le prononcer, mais a l'air aussi heureux que sa femme. Il se penche délicatement et embrasse Solenn sur son front.

Je suis le porte-bonheur personnel de Cassiopée Malory laissez passer s'il vous plaît
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