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 RPG++  J'ai cru mourir... mais j'ai préféré vivre

RPG solo
Dans ce RP, Thalia a 9 ans et demi.



*Qu'est ce que je fais là ?*
puis tout de suite, quand les souvenirs affluèrent : *Je veux mourir...*
Ce furent les premières pensées de Thalia quand elle se réveilla. *Je veux mourir... Mourir... Partir... Y aller... La retrouver...*
Les souvenirs l'avaient submergés d'un seul coup. Hier soir. Le jour - ou plutôt la nuit - qui avait tout changé. Tout. Avant, Thalia était une petite fille heureuse, bientôt une adolescente, une petite fille qui avait une joie de vivre extraordinaire et qui souriait et rirait tout le temps. Cette nuit l'avait changé. Changée pour l'éternité.
Comment réagir quand on a vu sa mère mourir ? Sous ses yeux, sans pouvoir agir ?
Thalia souleva faiblement ses paupières. Elle regarda péniblement autour d'elle. Elle était dans sa chambre. Seule. Un autre jour, une chose l'aurait frappée. Elle était habillée en blanc. Elle avait des vêtements blancs, et d'autres de plusieurs couleurs, mais s'habillait presque tout le temps en noir. Aujourd'hui, ceci n'avait aucune importance. Aucune. Aucune, par rapport à ce qui venait de se passer. *Je veux mourir.... Mourir.... Je veux mourir...* Trop fatiguée pour rester les yeux ouverts, ce qui lui demandait un effort incroyable pour un geste aussi infime, elle referma les paupières. Noir. Puis souvenirs. Elle revit la nuit dernière.
Il faisait sombre. C'était la nuit, bientôt minuit, et seules les étoiles et la lune éclairait le monde. Enfin, le monde... Plutôt le petit village de Godric'Hollow. Tout le monde était chez lui, endormi, ou du moins en train de se reposer. Sauf Thalia Gil'Sayan et sa mère, qui se promenaient tranquillement dehors. Thalia s'en souvenait parfaitement. À ce moment là, sa mère lui montrait sa constellation préférée : "Le Choipeau", qui représentait l'école de poudlard, le rêve de la jeune fillette. Celle ci avait été brutalement tirée en arrière par des mains d'homme, des mains épaisses et qui lui faisaient mal. Elle ne pouvait pas crier, une des mains ayant été placée devant sa bouche, comme pour servir de baillon. Mais si Thalia, immobilisée en plus de bâillonnée, de pouvait pas parler, ni utiliser les techniques d'arts martiaux qu'elle apprenait depuis toute petite, elle avait encore un atout bien précieux : sa bouche, et ses dents. Dents qu'elle planta de toute sa force de petite fille ceinture marron de karaté, et douée dans bien d'autres arts du combat, dans la main de son agresseur. Celui ci hurla, relâcha sa prise, et Thalia s'enfuie en courant. Elle n'avait pas la tête à faire autre chose, elle courait, courait, en direction de sa maison. Avant d'emprunter la ruelle sombre qui menait à sa maison, avant de tourner, elle se retourna, et regarda derrière elle. Elle hurla de frayeur. Les hommes - car ils étaient plusieurs, elle les avaient entendu - étaient partis, mais sa mère était étendue sur le sol. Avec des coupures - des entailles plutôt - extrêmement profondes sur tout le corps, et presque morte. Elle releva la tête, regarda faiblement Thalia droit dans les yeux, et la jeune fille pu lire sur ses lèvres trois mots. "Je t'aime". Avant que sa tête ne retombe sur le sol. Définitivement. Thalia s'évanouit.
*Je veux mourir...*
Et maintenant, elle était à nouveau éveillée. Avec une certitude ancrée dans sa tête d'enfant de neuf ans et demi : sa mère était morte. Et elle n'avait rien pu faire pour empêcher cela.
*Je veux mourir...*

Sa tête retomba sur son oreiller blanc. Elle ferma les paupières qu'elle avait à nouveau rouvertes. Elle s'endormit. Et dormit d'un sommeil agité et plein de cauchemars.

Enfant blanche en blanc sur un oreiller blanc dans un lit blanc au milieu d'une chambre blanche. Enfant de tristesse et de malheur. Transformation. Une enfant joyeuse, insouciante et rieuse. Une nuit qui passe. Se réveille une enfant consciente, malheureuse et triste.

"I want to die... Je veux mourir....*


Prononça l'enfant dans son sommeil empli de cauchemars.

"Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux traverser ? Je la traverse."
"N'oublie jamais : celui qui croit savoir n'apprend plus."

-Le pacte des Marchombres, Ellana -

 RPG++  J'ai cru mourir... mais j'ai préféré vivre

Thalia ouvrit les yeux quelques heures plus tard, et fut assaillie par les mêmes souvenirs, les mêmes remords, les mêmes regrets, les mêmes cauchemars, les mêmes peurs. Qui étaient bien réels. Puisque sa mère était bien morte. Elle vit son père assit à côté de son lit. Il lui sourit, voulu parler, mais elle était bien trop épuisée, et elle ne voulait pas rester dans le monde éveillé, dans le monde dans lequel elle avait tant de sombres pensées. Elle ferma les yeux, et s'endormit aussitôt, pour son plus grand soulagement.
Quand elle se réveilla de nouveau, elle entrouvrit les paupières, bien décidée à faire semblant de dormir si son père était là, quitte à l'inquiéter, tout plutôt que subir ses questions et ses demandes. Auxquelles, elle le savait bien, elle ne pourrait pas échapper longtemps. Mais autant retarder autant que possible cette fatalité. Elle entrouvrit donc les yeux, fut éblouie par la lumière du dehors - elle se rendit compte que quelqu'un, surement son père, avait ouvert les volets, et qu'elle pouvait voir les fleurs et les arbres du jardin - et vit que son père était parti. Comme seul signe de sa présence d'il y a quelques heures, il y avait la chaise en bois qu'il avait abandonné près du lit de sa fille. Celle ci se redressa, désormais en pleine forme après ce long repos. En pleine forme physiquement bien sûr. Il valait mieux ne pas décrire son mental... Déprimée. Déprimée. Déprimée. Elle sortit du lit, fit quelques pas. Et ses yeux tombèrent sur son bureau. Ou plutôt, sur la paire de ciseaux posée sur le bureau. La paire de ciseaux affutée il y a quelques jours, pour mieux couper le papier. Le papier... ou autre chose. Enfin, cette éventualité n'avait pas effleurée les pensées de Thalia avant, mais là, elle venait de surgir dans son esprit. Ce pourrait être si simple. Tellement simple... Un coup de ciseaux bien placé, sur une artère, et c'était fini. Plus de douleur, plus de souffrance... Et la revoir. Revoir sa mère. Ailleurs. Thalia n'avait jamais cru en Dieu, ni en aucune religion, elle n'y avait jamais accordée une quelconque importance. Mais aujourd'hui, elle serait prête à faire tout et n'importe quoi pour que le paradis existe, pour la vie après la mort, pour revoir sa mère...
Comme un robot, la jeune fille s'avance vers le bureau, et attrape le ciseau. Dans un premier temps, elle l'approche de son bras. Le métal froid de la lame touchait sa peau quand un bruit la fit sursauter et lâcher le ciseau sur le bureau d'un bruit mat. Des pas dans le couloir, une petite voix triste qui dit :

-Thalia ? T'es là ? Je peux venir...
-Bien sûr Angela ! Entre...

La petite fille entre, et Thalia voit les larmes qui coulent sur ses joues. Elle en comprend aussitôt la cause, et se fige. Ce qui ne dérange pas le moindre du monde la petite fille, qui vient se serrer contre les jambes de Thalia, sa grande sœur. Celle ci s'accroupit et prend dans ses bras Angela, qui est bientôt suivi par son grand frère, Tom, qui se blottit à son tour dans les bras de Thalia, en murmurant :
"-Dis...
-Oui Tom ?
-Elle va revenir quand ?
-Oui, c'est vrai ! Elle revient quand Maman ?! Je veux voir Maman...
-Elle... Elle... Elle ne reviendras pas. Jamais. Vous ne la reverrez plus, sauf peut-être après votre mort, dans très très longtemps...
-Pourquoi elle nous a abandonnés ?!
-C'est de ma faute ?
-Elle ne vous a pas abandonné Angela, elle n'a pas choisi ça... Et ne t'inquiètes pas Tom, ce n'est pas du tout à cause de toi...
-Mais alors pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI !!!!

Le murmure était devenu un cri entre les lèvres de la petite fille. Sa sœur répondit :
-Ça, je n'en sais rien... Des hommes qui sont arrivés, qui ont bouleversé nos vies, et qui sont repartis.
-Je veux les tuer !!!! Moi aussi je peux le faire !
-Non Tom, tu ne vas tuer personne...
-Mais je veux MAMAN !!!!
-Moi aussi...

La voix de Thalia se brisa. Elle était si triste.
Les enfants partirent, et elle resta prostrée sur le sol. Au moins, cela avait eu une conséquence : elle 'avait plus aucune intention de se tuer. Angela et Tom avait trop besoin d'elle pour cela...

Elle eu alors une idée...

"Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux traverser ? Je la traverse."
"N'oublie jamais : celui qui croit savoir n'apprend plus."

-Le pacte des Marchombres, Ellana -

 RPG++  J'ai cru mourir... mais j'ai préféré vivre

Elle eu alors une idée...
Elle se leva, se dirigea vers son armoire en bois massif, l'ouvrit, et choisit des vêtements. Elle ne prit pas, contrairement à son habitude des dernières semaines, des vêtements noirs de jais, unis. Elle aurait eu l'impression que aujourd'hui était un jour normal, comme tous les précédents. Alors que ce jour n'avait rien d'anodin pour elle, au contraire. Elle choisit un chemisier blanc et une jupe bleu ciel, une tenue que sa mère lui avait offert pour son dernier anniversaire. Elle s'enveloppa dans un long manteau - noir cette fois ci - qui lui descendait jusqu'aux genoux, un manteau de sa mère. Et elle sortit par la fenêtre. Cela lui rappela le jour de ses sept ans, quand elle s'était enfui pendant la nuit pour rejoindre ses amis dans leur maison, où elle avait fait la fête pendant une bonne heure et demi avant de se décider à retrouver sa chambre et à se coucher dans son lit. Mais là ce n'était plus une petite escapade pour retrouver des amis, non, c'était plutôt, selon l'idée de Thalia, une promenade de souvenir. Une épreuve de deuil. Un pèlerinage - plutôt court - de rappel. Pour sa mère. Elle enjamba le cadre de la fenêtre, sortit dans le jardin, se faufila derrière un buisson de buis et trouva le trou dans le grillage qui était caché derrière le feuillage. Elle se glissa dans la rue, et partit en courant vers la prairie. Elle y arriva vite, et prit au pas de course la direction de la forêt. Elle la traversa en ralentissant, profitant du paysage, respirant de grandes goulées d'air frais. Ça lui faisait du bien, surtout après ce qu'elle venait de vivre, même si elle ne voulais pas admettre qu'elle allait mieux, persuadée que ce serait une insulte à la mémoire de sa mère. Elle sortit de la forêt un peu plus tard, et sur le chemin, elle avait vu une biche et son fan, qu'elle avait trouvé adorables, même plongée dans ses noires, sombres et négatives pensées. En sortant de la forêt, elle se retrouva exactement à l'endroit qu'elle souhaitait : devant un petit sentier, ou plutôt une piste, qui menait, quelques kilomètres plus loin, à une montagne, pas très haute, mais magnifique, qui constituait un beau point de vue depuis Godric's Hollow, mais que Thalia n'avait encore jamais vu, et ce pour une bonne raison : c'était un endroit que sa mère appréciait particulièrement, où elle allait souvent, et qu'elle voulait montrer à Thalia, Angela, et Tom, tous les quatre - ou cinq, avec leur père - ensemble, en même temps, et comme ni son frère, ni sa sœur, n'était capables de marcher la distance qui les séparait de la montagne. Sa mère avait prévue de les emmener dans un ou deux ans, quand ils pourraient enfin le faire. Thalia, elle, avait toujours été une grande sportive, marcheuse comme coureuse ou grimpeuse, prenant des cours d'athlétisme depuis ses cinq ans. Elle parcourut donc en courant avec de grandes foulées la distance qui la séparait de la montagne, et s'arrêta au pied de celle ci. Elle était très haute. Surtout pour une petite fille de seulement neuf ans et demi, qui venait de perdre sa mère. Mais Thalia monta en marchant lentement les premières dizaines de mètres, puis fut obligée de progresser beaucoup plus lentement, car elle devait à présent escalader. Au bout d'une heure et demie, elle atteint le sommet.
Elle s'étira péniblement, épuisée, et regarda autour d'elle. Elle resta ébahie devant le magnifique paysage : elle voyait la forêt, la clairière, la plaine, et au loin, son village, minuscule, le village de Godric's Hollow.
Et, en voyant tout cela, cette beauté, et un aigle au dessus d'elle, volant dans le ciel, elle prit conscience d'une chose, elle eu une certitude qui la rendit heureuse : Sa mère ne voudrait pas qu'elle se tue. Au contraire, elle devait vivre. Vivre pour deux. Et cette pensée la fit profiter de ce qu'elle voyait, et elle tournoya sur elle même, se débarrassa de son manteau, et rit dans le vent. Elle redescendit un peu après, heureuse. Rentra chez elle, peinée mais heureuse.


FIN DU RPG

"Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux traverser ? Je la traverse."
"N'oublie jamais : celui qui croit savoir n'apprend plus."

-Le pacte des Marchombres, Ellana -