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 Irlande/Etats-Unis  Deux Astres, un Ciel  S.C 

1 Juillet 2043. Irlande, Cork.

Il faisait chaud, et elle n'aimait pas la chaleur. Elle n'aimait pas non plus l'été. Quand elle y pensait, elle n'aimait que Loïk et Samuel. Ils étaient les parents qu'elle n'avait jamais eu et ils avaient finit par vraiment le devenir au yeux de la loi, comme si le ciel avait entendu sa prière trop longtemps murmurée. Comme si, pour la première fois de sa vie, elle avait eu un peu de chance. Même beaucoup de chance, une chance écrasante. Et c'était reposant d'être avec eux, elle n'avait même pas besoin de porter un masque, puisqu'ils savaient tout. Ils avaient toujours tout su. Seulement, elle ne l'avait remarqué que maintenant. Ils savaient ce qu'elle était et ce qu'elle n'était pas. Ils ne la blessaient jamais avec des ordres sifflés qu'elle était obligé de faire même si elle ne voulait pas. En fait, ils étaient simplement gentils. Ils la comprenaient, pas entièrement mais ils faisaient beaucoup d’efforts juste pour qu'elle se sente mieux et c'était ça qui les rendaient si importants à ses yeux. Bien sûr, elle aimait aussi Solenn, mais ce n'était pas la même chose. Son cœur battait toujours très fort avec elle mais pas avec ses nouveaux parents. Elle était certaine que ce n'était pas pareil. Elle aimait parler avec Solenn, l'écouter parler, l'entendre jouer ou encore la voir sourire. Ou la voir tout court. Ça restait rare, mais elle aimait les moments où un sourire fleurissait sur ses lèvres, elle els chérissait comme le plus beau des cadeau, car c'était comme ça qu'elle les voyait. Il n'y avait pas de chose plus belle que son Soleil qui riait. Pour elle, en tout cas, pour les autres, comment il voyait son Soleil, elle s'en fichait un peu. Ils n'était pas importants. Elle aimait Solenn, mais d'une manière bien spéciale. De sa manière à elle. Certaines personnes trouveraient ça bizarre, que Solenn soit un elle et pas un lui mais elle avait décidé de ne pas y penser. Loïk était bien marié avec un autre il alors elle n'avait pas à avoir peur de se faire rejeter, encore une fois. Ils lui avaient dit qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait, que c'était sa vie et que tout les choix qu'elle prendrait seraient les bons, si elle le pensait. Et, sans le savoir, ils lui avaient enlevé un poids des épaules. Quand elle leur avait dit qu'elle avait rencontré cette personne spéciale, ils lui avaient donné du papier à lettre, c'est pourquoi elle était assise à son nouveau bureau -Dans sa nouvelle chambre. Dans son nouveau pays et dans sa nouvelle maison.- une plume à la main alors qu'elle voyait ses relatifs s'amuser comme des gamins dans la piscine en se jetant de l'eau. Au bout d'un certain temps, elle arrêta de penser, elle écrivit juste. C'était plus facile. Pour faire comprendre ce qu'on ressentait, il suffisait de coucher son cœur sur le papier. D'éteindre son cerveau pour laisser carte blanc à l'organe vital.
Soleil, 

J'aurais pu te raconter n'importe quel mensonge, mais je n'ai pas envie. Tu ne m'as jamais blessé, mais moi si alors j'aimerais ne plus le faire. C'est étrange, tu ne trouves pas ? Comme on est plus expressif sur papier. La logique voudrait qu'on le soit plus à l'oral, mais la logique n'est pas pour ce monde. En partie, du moins. Comment décrirais-tu le monde ? Je pense que l'image d'un fruit dévoré par les vers est l'image la plus réaliste. On ne comprend pas la chance qu'on a d'être sur cette Terre, c'est bien dommage. On ne voit l'importance d'une chose qu'après l'avoir perdu. C'est pour ça que je ne veux pas te perdre, car j'ai peur que tu sois bien plus importante pour moi que je ne le pense. Tu es déjà tout. Ma lettre n'a pas de début ou de fin, tu peux la commencer à n'importe qu'elle ligne, elle gardera son sens.

J'aimerais en savoir plus sur toi. Mais j'aimerais tellement de choses, alors je sais que je ne pourrais pas tout avoir. Et même si je sais cela, ça ne m'empêche pas d'espérer encore un peu. Où es-tu en ce moment ? Que fais-tu ? Quelle couleur t’apaise et quelle est celle qui t'horripile ? As-tu des rêves ? Des envies ou des projets ? J'ai l'impression d'être comme connectée à toi, comme si une force invisible me poussait vers toi, c'est tellement étrange, je ne sais pas d'où vient cette impression mais elle est bien là. Tu es spéciale. Il n'y en a pas deux comme toi, tu es unique sur tous points. Dis-moi, est-ce qu'un jour je serais digne de toi ? Une étoile, c'est ce que tu es. Je ne suis qu'un trou noir qui aspire toute la lumière. Je n'ai pas envie d'aspirer la tienne. Je ne mérita pas la place que j'ai à tes côtés, et pourtant, je n'arrive pas à m'en séparer. Je veux toujours plus. C'est idiot, tu ne trouves pas ?

Je ne comprend plus, du jour au lendemain, tout à changé. Toutes les choses que je croyais être vraies se sont révélées fausses. Et pourtant, je n'ai jamais été aussi heureuse de m'être trompée. Resteras-tu avec moi ? Beaucoup de choses se sont passées, mais tout te raconter t’ennuierait plus qu'autre chose. Je ne suis pas assez intéressante pour que cela ne t'embête pas. Mais, même si je ne suis pas digne de toi, accepteras-tu d'être plus que cette main tendue ? Seras-tu les fondations de cette maison que sont mon cœur et mon esprit ? Peu-être t'en demande-je trop. Je veux vire. Et cette révélation me fait peur.

Juste Moi.
Une petite Lune n'est rien sans un grand Soleil.
Même si elle voulait encore écrire, elle n'aurait pas pu. Ses mains étaient comme pétrifiées par la peur. Mais la peur de quoi ? Elle ne savait pas. Peu-être du rejet, de paraître ridicule ou encore de faire peur à son Soleil. Elle avait peur, elle aussi, mais elle avait envie de voir la suite. De savoir si Solenn acceptait d'être cette personne spéciale. Si jamais elle ne le faisait pas, Cassiopée en mourrait sûrement. Avant de renaître, comme toujours. Elle posa la plume et un vrai sourire envahit ses lèvres.

Tandis qu'elle descendait les marches jusqu'aux jardin, un joli maillot de bain enfilé rapidement sur le corps, elle cru à cette lumière. À la petite touche d'espoir au fond de ce tunnel sombre. Avec Loïk, Samuel et Solenn, Cassiopée avait l'impression que vivre devenait possible.

Globe Oculaire
Entre nous, les Gryffons méritent cent fois plus de gagner la coupe.
A moins que ce ne soit l'inverse ? :thinking:

 Irlande/Etats-Unis  Deux Astres, un Ciel  S.C 

3 juillet 2043, Etats-Unis, Seattle

Cela faisait seulement quelques jours que Solenn était arrivée à Seattle. La réunion qui s'y était formé avait été quelque peu étrange, mais Solenn avait juste l'impression de connaître mieux la famille de son défunt père. Ses grands-parents, qui ne voulaient plus parler de cela. Son oncle, qui faisait semblant d'être heureux. Sa tante, qui fumait de plus en plus. Sa cousine, en mal d'amour. Mais malgré ces différents problèmes, ils arrivaient à être heureux. D'ailleurs, ils venaient de revenir de leur grande promenade de la journée. Après cela, elle s'était caché dans la chambre qu'elle partageait avec sa cousine, Ciera. Celle-ci détestait la chambre au rez-de-chaussée, trop petite et vieillotte à son goût pour faire des snaps, chose que Solenn n'avait jamais découvert, s'étant trop vite éclipsé du monde moldu. Pour trouver une excuse, elle parlait du manque de réseau dans son pensionnat. De la fenêtre entrouverte, elle aperçut la brune sur son téléphone, assise sur une chaise du jardin. Malgré son caractère désagréable, la jeune française appréciait Ciera. Elle savait ce qu'était de traverser l'adolescence, car la Serpentard commençait à y goûter, et la rousse comprenait pourquoi Ciera n'était plus Ciera. Mais quelque fois, des touts petits moments de bonheur absolue, on pouvait apercevoir le doux sourire de la brune. Et c'était ces moments là qui aidait Solenn à aller mieux, comme si un sourire la rendait plus heureuse, elle. Mais tout de suite, elle voulait simplement être seule. La famille l'épuisait, à essayer de la faire sourire, alors qu'elle avait plutôt envie de pleurer la plupart du temps. Alors, elle prenait des petites poses, où elle pouvait être elle-même et respirer un peu.
Solenn s'allongea sur son lit, et soupira, sentant les larmes lui monter aux yeux. Etre dans la maison de son père était beaucoup plus compliqué que prévu. A chaque moment, le souvenir de Reid souriant lui revenaient. La tirant de ses pensées, quelque chose tapa contre la fenêtre. Se relevant, la Serpentard reconnut un hibou, vêtu tout de noir, avec seulement une tache de blanc, qui attendait visiblement qu'elle lui ouvre. Ciera n'avait rien vu, et heureusement. Pendant quelques secondes, Solenn se mit à penser que c'était p'tite Lune qui lui envoyait un hibou. Alors, c'est fébrilement qu'elle prit la lettre à la patte de l'animal, et qu'elle l'ouvrit, avec presque un sourire aux lèvres. Et quand elle vit l'écriture singulière de Cassy, ronde, fine et minuscule, ses yeux se mirent à parcourir avidement les lettres entrelacées. Lorsqu'elle eut fini sa lecture, elle se jeta sur un bout de papier et un stylo, tous les deux beaucoup trop Moldus, et lui répondit :

P'tite Lune,

Je n'ai jamais été douée à l'écrit. Ni à l'oral, en fait. Je suis plutôt pour le silence, surtout en ce moment. Il peut se passer des heures sans que je parle, et les adultes ne s'en rendent même plus compte. Ils parlent, ils parlent, puis, d'un coup, ils se tournent tous vers moi pour me demander : ça va ? Cette question, j'en ai marre. On me la sort vingt fois par jour. Mon état ne change jamais, alors je leur réponds oui. Et ils recommencent à parler entre eux. Je suis presque nostalgique de ma vie d'avant, mais je préfère encore rester dans le présent, car tu es là.

Je viens de rentrer de la promenade d'après-midi. Aujourd'hui, nous sommes allés à Puget Sound. J'ai pris beaucoup de photos, pour pouvoir t'en envoyer. On a réussi à apercevoir un orque, qui a sauté juste au moment où je prenais la photo. D'après ma grand-mère j'ai beaucoup de chance, alors c'est pour ça que je te l'envoie. Parce que j'ai pas mal de chance de t'avoir, hein. Bon, fini les phrases ridicules.
Cassy, je n'ai plus de rêve. Sauf un. Je pense que tu le connais, car tu le souhaites aussi. On a le même rêve, et est-ce qu'un jour il se réalisera ? J'en sais rien.
Je ne suis pas spéciale. Je suis cassé. Un objet ne devient pas spécial une fois qu'il est cassé. Il devient nul, bon à jeter. Comment peux-tu me demander si tu me mérites ? Regarde-moi ! Tu mérites mille fois plus de vivre que moi ! Je veux bien être les fondations de ta maison, mais attention, elle pourrait s'écrouler. Le bois est mort, infesté de vermines. Le bois est malade, rongé par une maladie. Mais assez parlé de moi. De mon côté aussi, je ne sais rien de toi. Les vacances ont toujours été un coupe-gorge pour les amitiés, je trouve.

Je suis désolé de finir cette lettre si vite, mais on m'appelle pour manger, et si je ne descends pas vite, ils vont penser que je pleure sur mon lit. Encore une fois.

A bientôt, 
Solenn
Reducio
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Je suis le porte-bonheur personnel de Cassiopée Malory laissez passer s'il vous plaît
Professeur de clarinette pendant mes heures perdues. N'hésitez pas à m'hibouter.