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 Solo  Une lettre tant attendue... ou pas

RPG ++ solo
17 Mai 2042
Godric's Hollow


Le soleil se leva sur le petit village de Godric's Hollow. Les gens commençaient à se réveiller, pour commencer une nouvelle journée tout à fait banale et ordinaire. Du moins pour eux...
Car dans la maison, au fond du village, vers la prairie et la forêt qui entouraient le bourg, la vie d'une petite fille allait changer...

****


Les rayons de soleil entrèrent dans la pièce par la fenêtre, qui filtrait leur lumière. Dans le lit, la jeune fille se retourna sur elle même, et baille doucement sous les draps. Elle s'étire, puis ouvre enfin les yeux.
Encore à moitié endormie, elle doit tâtonner autour d'elle pour trouver son livre du jour, posé sur la table de chevet en bois brun foncé qui est juste à côté du lit. Ce livre, c'est son livre préféré, qu'elle a relu des centaines de fois : "Le Pacte des Marchombres" de Pierre Bottero, un auteur moldu.

Moldu ? Ah, oui, j'oubliais... Vous n'êtes peut-être pas encore au courant, mais la petite fille allongée dans le lit est... une sorcière ! Oui, vous avez bien entendu, une enfant douée de pouvoirs magiques... Parce que les sorciers et la Magie existent. Mais si vous n'êtes même pas au courant de ça, il ne sert à rien que vous restiez pour observer la suite, vous ne comprendriez rien... Si vous êtes un ou une Sorcier ou Sorcière, continuez à l'observer...

Elle ouvre le livre à la page de son passage préféré, et le lit lentement. Puis elle reprend là où elle s'était arrêtée hier soir, quand elle avait décidé de le relire. Lire, ça a toujours été sa passion, et ça le restera toujours, avec le dessin, la musique, et quelques autres occupations... Au bout de quelques pages, son regard devient perçant et elle est tout à fait réveillée. Elle dévore le livre à une telle vitesse qu'en une dizaine de minutes, plus de trente pages ont été lues. Si elle continue à ce rythme là, elle aura finit le livre dans moins d'une demi-heure, puisqu'il est déjà bien entamé.

Elle finit donc par se lever, et se dirige vers son armoire - ou dressing, pour les fans de mode - et choisit rapidement ses vêtements. Simples, mais assez beaux tout de même, pour cette journée de printemps/été qui s'annonce magnifique. Une robe blanche avec un peu de dentelle, un collier avec un cristal noir au bout de la chaine d'argent, des sandales noires, et ses cheveux bruns foncés détachés, qui tombent sur ses épaules.

Elle se regarde rapidement dans la glace, après s'être coiffée. D'habitude, elle n'est pas très intéressée par la beauté, pour elle, l'important, c'est d'être confortable. D'ailleurs, elle ne met pas souvent de robe : ça l'empêche de jouer au foot, au basket, au rugby, ou de faire de l'escalade. Car cette jeune fille est plutôt de genre "garçon" : intrépide, courageuse, sportive... Mais également intelligente et loyale.

Aujourd'hui, elle se doit d'être assez jolie, et elle prend plaisir à bien s'habiller, puisque aujourd'hui, c'est son anniversaire. En effet, elle a - enfin ! - onze ans. C'est pour elle un jour de fête, et aussi un jour particulier...

Puisqu'elle sait à l'avance que ce jour n'a que deux issues possible : elle sera déçue, triste, et heureuse à la fois, ou bien enthousiaste, joyeuse, impatiente, et un peu triste... Elle ne sait pas vraiment ce qu'elle préfère, puisque les deux possibilités ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Heureusement - ou pas ? - ce n'est pas à elle de choisir. Elle verra ça dans quelques heures... ou minutes... ou secondes... Bref, dans pas longtemps.

Pour le moment, elle va près de la fenêtre, et s'appuie sur son rebord, en regardant son jardin. La fenêtre donne du côté sud : vers l'arrière de la maison, vers la prairie et la forêt. De l'autre côté, c'est la rue. Et des deux côtés, entourant la maison, le beau jardin. Des arbres, des fleurs, de l'herbe...

Souriante, la jeune adolescente sort de sa chambre. Elle marche dans le couloir, et arrive dans le salon, puis dans la salle à manger. Personne. Elle sort dans le jardin, avance un peu... et tombe sur sa famille et ses amis au complet.

Son père, son petit frère, et sa petite sœur, tous trois réunis sous le cerisier au fond du jardin, avec ses deux meilleurs amis, Tristan et Mary. Vous vous demandez où est sa mère ? C'est un sujet compliqué... Disons qu'il y a deux ans, quand l'enfant avait neuf ans et demi, elle est partie pour un long voyage... dont elle ne reviendra jamais. En tous cas, sa famille et ses amis l'accueillent d'un :

Joyeux anniversaire, Thalia !


Thalia Gil'Sayan sourit largement. Elle baisse la tête, heureuse et timide à la fois, puis murmure un :

Merci beaucoup d'avoir pensé à moi !


Elle s'avance vers les autres, et son père la prend dans ses bras. À son tour alors d'entourer son frère, Tom, et sa sœur, Angela, d'une étreinte fraternelle, avant de faire la bise à Mary, puis à Tristan. En embrassant ce dernier, Thalia rougit : depuis quelques années, elle est secrètement tombée amoureuse de son meilleur ami... qui ne sait absolument rien des sentiments qu'elle éprouve pour lui.

Puis ils se décalent tous, laissant apparaitre la table dressée derrière eux, avec en son centre... un énorme gâteau. Les yeux de la jeune fille brillent quand elle reconnait gâteau au chocolat et à la fraise de Mary, gâteau célèbre dans tout le village pour son extraordinaire gout. Elle dit aussitôt :

Oh ! Merci Mary !!!


Et son amie sourit en répondant :

C'est rien du tout Thalia ! Je l'ai fait juste pour toi, pour ton anniversaire... Pour tes onze ans...

Et Tristan continue alors :

Parce que peut-être que... que... on ne va plus se voie pendant un bon moment, après les vacances...


Thalia a les larmes aux yeux quand elle leur répond doucement :

Si... si je vais à Poudlard, je vous promets que je vous enverrais des lettres tout le temps ! Je ne vous oublierais pas... et on se verra pendant les vacances, je reviendrais... De toute façon, on est même pas sur que je vais être admise !


Ses amis disent en chœur :

Oui... Peut-être que tes manifestations de magie, c'était génitif, mais que tu n'es pas... une sorcière.


Puis ils se taisent tous, et reportent leur attention sur la table. En plus du gâteau, quatre petits bols contenant respectivement des framboises, des fraises, des cerises, et des myrtilles, sont posés sur celle ci.
Ils s'installent tous, et mangent tout en discutant de tout et de rien. Et surtout, en évitant soigneusement de parler de la Magie, et du possible avenir de Thalia.

Après le repas, Thalia va se changer, et met un jean et un tee-shirt à dentelle noirs, en gardant son collier, mais en mettant des baskets noires et blanches. Elle revient rapidement, et après avoir aidés à débarrasser, les trois adolescents laissent le père de Thalia, ainsi que Tom et Angela, pour aller au terrain.

Le terrain, c'est une partie du parc public du village : une pelouse dégagée, sans arbres ni buissons, sur laquelle tous les enfants jouent. Au foot, au basket (grâce à des paniers en ficelle fait main accrochés aux arbres bordant le "terrain"), à se battre... En fait, à tous les sports qu'ils aiment.

Là, les trois enfants rejoignent une bande de garçons qui jouent au foot. Deux filles sont sur le côté, et les observent curieusement. Mary les rejoint aussitôt : elle n'est pas très sportive...

Thalia, elle, n'hésite pas une seule seconde, et sous le regard admirateur des fillettes, elle suit - enfin, précède, plus exactement - Tristan vers les garçons, qui viennent de finir la partie.

Ceux ci se divisent pour les laisser rejoindre une équipe. Cela fait sourire Thalia. Avant, personne ne l'acceptait, et on se moquait d'elle quand elle voulait aller avec les garçons. Elle s'est un peu battue, a remit à leurs places quelques enfants, et a prouvé sa valeur lors de quelques parties où l'on ne l'a pas laissé tranquille, et - grâce à un peu de magie impressionnante aussi - elle s'est fait acceptée. Maintenant, si un enfant, comme le garçon aux cheveux noirs et courts dans l'autre équipe, lance un "espèce de garçon !", les autres s'écartent silencieusement pour laisser Thalia régler ses comptes.

Elle regarde d'un air curieux le garçon, hésite à le frapper pour lui prouver qu'elle vaut autant que lui, puis réplique finalement :

T'as raison ! Enfin, presque... Je ne suis pas un garçon : je suis une vraie fille ! Toutes les filles devraient être comme moi, et ne pas avoir peur de jouer avec les garçons. Alors, non, en fait, tu as tort. Je ne suis pas un garçon : je suis comme un garçon. Et je suis très bien comme ça : d'ailleurs, je suis sure que je suis meilleure que toi dans tous les sports. Surtout en arts martiaux...


Sur ce point là, le gosse ne réplique pas : sa réputation de ceinture noire dans beaucoup d'arts du combat l'a précédée. Thalia sourit, et ils commencent à jouer. Quand la jeune fille marque un cinquième but en moins de dix minutes, et qu'elle fait gagner son équipe, tout les autres l'acclament sans plus se moquer d'elle, et le surnom de "garçon" avec lequel ils l'appellent n'a plus rien de méchant... au contraire, il est plutôt admirateur !

Thalia suit Tristan et les autres garçons vers la fontaine d'eau potable qui coulent à l'autre bout du parc, car le fait d'être une "fille-garçon", ou plus exactement d'être très forte en sport et de se comporter comme les individus de sexe masculin, ne l'empêche pas d'être essoufflée après une bonne partie. Car une bonne partie, difficile et fatigante, ne signifie pas forcément une partie longue, mais plutôt une partie rapide et endiablée. Comme celle ci, car Adam et Mark, deux garçons de l'autre équipe, sont tout sauf nuls en sports d'équipe. Et le foot ne fait pas exception, surtout que les adolescents ont décidés de passer outre les fautes pour cette partie entre potes. Après une dizaine de coups de crampons et de coudes dans les tibias et les cotes, Thalia a mal partout, comme tous les autres joueurs, mais est surtout contente que son équipe est gagnée et que cette partie est été aussi cool.

La jeune fille et son ami rejoignent Mary et les deux autres filles, Nadia et Rosalie, d'autres amis des trois inséparables, comme les trois enfants aiment se surnommer. Ils s'assoient sur la banc en discutant, puis Thalia et Mary sortent leurs carnets de dessin. Elles ont appris à dessiner ensemble, en s'échangeant des techniques et du matériel, et ont toutes deux un talent exceptionnel pour cette activité.


Elles commencent donc un concours de dessin, amicale bien sûr. Les autres leurs donnent un thème, puis ils choisissent la meilleure oeuvre selon eux. C'est souvent dur de départager les deux filles, dont les styles sont assez différents mais aussi magnifiques. Là, elles doivent réaliser un dessin de Thalia, puisque c'est l'anniversaire de celle ci. Dur dur, de faire un autoportrait. Surtout que la jeune fille n'a pas le droit d'utiliser un miroir, et que Mary est donc avantagée. Heureusement, elles ne doivent pas la représenter dans cet instant présent, mais dans la position et les habits qu'elles veulent.

Au bout d'une dizaine de minutes, le temps imparti pour réaliser le dessin, les fillettes se montrent leurs œuvres. Mary, plutôt en style "manga", a représenté son amie avec un regard brillant, dans une robe blanche et immaculée, avec derrière elle une prairie de fleurs. Un dessin très "fille" mais dans lequel on reconnait bien Thalia, dans sa posture et sa façon d'être. Celle ci est d'ailleurs impressionnée et félicite Mary.
Quand à Thalia, elle s'est représentée en un style plutôt "réaliste", et moins "fille", dans sa tenue fétiche : un jean noir un peu usé aux genoux, des baskets noires, et un tee-shirt "Harry Potter", car en plus d'être une sorcière, elle aime beaucoup la série Moldue racontant l'histoire du "Survivant". Le tee-shirt en questions représente un patronus cerf, bleu clair et brillant, magnifique. Elle a les bras croisés et regarde d'un air moqueur et curieux autour d'elle, un sourire léger aux lèvres. Elle est debout près d'un ruisseau, avec des arbres aux branches entremêlées dans des motifs complexes derrière elle, et des fleurs autour. Le ciel est clair et le soleil brille, on croirait presque sentir la chaleur de ses rayons sur notre peau tant sa lumière est bien dessinée. Un oiseau blanc vole dans le ciel, les ailes déployées, avec des nuages aussi blancs que lui autour de son corps. Les cheveux de Thalia sont détachés et ils flottent légèrement, portés par la petite brise qui souffle.

Les "juges" restent fascinés devant les deux dessins, mais celui qui l'emporte est cette fois sans hésitation l'autoportrait de Thalia. Celle ci sourit et s'excuse envers Mary, mais son amie la coupe et la complimente.

Finalement, les trois meilleurs amis attendent que les autres enfants soient partis et ils se dirigent vers le grand chêne, l'arbre le plus haut du village, qui se situe au fond du parc. Presque personne n'y vient, car les ronces et les orties sont très nombreuses, et les buissons épais, dans ce coin du parc. Mais les enfants ont, depuis de longues années, pratiqué un passage presque invisible, mais qui va jusqu'à l'arbre. Pourquoi tout ce travail ? Mais parce que cet arbre est pour eux un trésor : le chêne est effectivement creux, et on peut accéder à l'intérieur de l'arbre en grimpant à environ six mètres dans les branches, car un trou est situé à cette hauteur dans le tronc, qui donne sur l'intérieur du tronc.

Les enfants s'y glissent et descendent l'échelle qu'ils ont posés pour pouvoir descendre jusqu'au sol. Ils se retrouvent alors dans leur "paradis secret", c'est-à-dire leur cabane dans l'arbre, qu'ils ont aménagé pour être confortable et utile. Des étagère en bois ont été fixés sur le tronc, une table de fortune et des chaises - ou des tabourets - en rondins sont posés par terre. Un grand tapis recouvre le sol, et des dessins des deux filles sont punaisés sur les parois. dans un coin, il y a une tente pliée sur elle même : les enfants font parfois du camping dans le parc, ou dans les alentours de la ville. Il y a aussi des provisions, de l'eau, des fruits, des friandises... Tout pour faire un gouter.

D'ailleurs, c'est bien leur intention. Enfin, plus exactement un pic nique. Ils prennent du pain, et des ingrédients, se font des sandwiches, puis mangent un peu. Puis ils décident de remonter dans le parc, pour aller jouer.

Thalia monte la première, elle grimpe l'échelle, prend appui sur une autre branche pour descendre... et sursaute brutalement. Elle tombe de l'arbre, mais heureusement, se rattrape sur une branche un peu en dessous.

Tristan demande :

Euh... Ca va ? Qu'est-ce qui s'est passé Thalia ?


Son amie se redresse péniblement en faisant attention à ne pas tomber de la branche une nouvelle fois, puis répond :

Oui... Mais... Euh... Je... J'ai une chouette perchée sur le bras là... Elle... Elle m'est sautée dessus quand je suis sortie, c'est elle qui m'a fait tomber...


Les deux autres se regardent et commence à se laisser glisser vers le bas pour la rejoindre en disant :

Une chouette ? T'es sûre... Une chouette comme...


Thalia finit :

Comme... Comme une chouette de Poudlard, oui... Elle... Elle a ma lettre...


Ses amis arrivent à son niveau, et voit enfin la chouette en question : une effraie de taille moyenne qui les regarde en penchant la tête. Elle a l'air énervé, et agite une patte en direction de Thalia. Au bout de cette patte, une lettre est attachée. Reconnaissable entre toutes pour les trois enfants : elle est frappée du sceau de Poudlard ! Thalia se dépêche de l'ouvrir...

"Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux traverser ? Je la traverse."
"N'oublie jamais : celui qui croit savoir n'apprend plus."

-Le pacte des Marchombres, Ellana -