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 Irlande  End of History  Solo -RPG++ 

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Lilyfyl Heryos.

Mi-Août 2043.

Je ne sais pas vraiment quand tout cela a commencé, quand tout à changé dans ma tête, dans mon cœur. Je ne sais pas quand est-ce que j'ai irrémédiablement plongé dans cette spirale qui semblait m'attendre. Je ne sais rien. Quand cela te concerne, j'oublie tout. Peu-être est-ce un coup du destin ? Je ne sais pas pourquoi toi. Ni pourquoi moi. Ni pourquoi nous, en fait. Je ne suis rien, nous sommes tout. C'est dingue comment une seule personne pouvait changer les choses. Un esprit trop noir, trop rouge. Je ne sais pas ce que tu me trouves. Sûrement es-tu folle. Ouais, c'est sûrement ça. Sinon, comment peux-tu aimer quelqu'un comme moi ? Tu te demandes sûrement ce qu'est l'amour, toi, ange aux ailes brisées oublié par Dieu et par les Hommes. Et moi, je te répond simplement que l'Amour c'est nous. C'est toi. C'est moi. L'Amour c'est tout le monde. L'Amour c'est le sentiment qui te garde sur Terre quand rien d'autre ne te retient. L'Amour c'est une apocalypse mondiale. C'est une éruption volcanique dans tes entrailles. L'Amour c'est une chose spéciale. Avec une personne spéciale. L'Amour ça se construit. Comme une cathédrale, mais plus beau. Comme un immeuble, mais plus haut. Comme se sont construit les bâtiments du Moyen-Age, mais en plus dur. Comme des octuplés sont conçus, mais en plus rare. L'Amour c'est une chose pour laquelle tu peux tuer. Sentiment merveilleux quand tu te sens misérable. Un feu brûlant, un orage violent ou une pluie battante. L'Amour ça te permet de tout affronter. C'est ce que je répond à ton interrogation. Car c'est la seule chose que je pense de toi et moi. Tu es une erreur, mais tu es la meilleure que je n'ai jamais fais. Je suis l'agréable mensonge. Ta porte de sortie quand la vérité te ronge. Et Dieu sait qu'elle le fait. Le temps qui te dévore. Pire que la mort. Il ne t'aime pas, lui. Il essai de t'arracher à moi, et je sais qu'un jour il le fera. Il est trop rusé pour moi. Je n'aime pas le mot maladie. Je ne veux pas que tu me quittes et que la seule chose qu'il me reste de toi soit ce mot affreux. Le sablier perd ses grains un par un, à chaque seconde il se vide un peu plus. Et je sais que quand il ne restera rien, tu disparaîtra comme tu es arrivée. Si soudainement que mon cœur ne tiendra pas. Tu me dis souvent de te laisser, de partir, que cela me fait du mal de rester près de toi. Mais moi j'ai envie d'avoir mal pour toi. Si ça peux enlever ce foutu virus qui détruit tout sur son passage, je suis prête à mourir. Mais cela n'arrangera pas ton cas. Et cette réalisation me tue à chaque fois un peu plus, pourtant je suis encore là, ta main dans la mienne. Tu me parles de notre rencontre, tu me demandes si j'ai oublié. Comment veux-tu que j'oublie le jour où je t'ai vu pour la première fois ? T'étais magnifique. Plus belle que n'importe qui. Mais regardes-toi maintenant. Tu as perdu ton éclat. Comme une fleur que l'on aurait piétiné. Et c'est ce qu'il a fait.

Le soleil se couchait seulement. Et t'étais là, derrière ce comptoir, dans cette bibliothèque. Tu as mis longtemps à me remarquer, moi, la pauvre fille qui lisait des bouquins sur les sculptures du XVIII siècle. J'ai bien crus que tu me verrais jamais. Et si tu l'avais jamais fais, j'aurais jamais vécu les 5 plus belles années de ma vie avec toi. Tu sais, je voulais te demander en mariage pour notre sixième anniversaire. Je me rappelle de tous les endroits qu'on a visité, toutes les deux. Pour nos un an, c'était Paris. Pour notre deuxième anniversaire, c'était Venise. Pour le troisième, les Îles Canaries. Pour le quatrième, on est juste allées à la mer. Je t'ai jamais vu heureuse que ça. Et puis, pour le cinquième, on est rentrées plus tôt que prévu quand tu as commencé à avoir si mal que tu ne pouvais plus dormir. Et puis tu m'as fais promettre de te remmener à la mer quand tu serais guérie. Pour nos 6 ans. Mais je sais maintenant que jamais on retournera à la mer. Même toi tu l'as compris. Tu sais bien que tu ne sortiras pas de ce lit. Même les médecins n'ont plus d'espoir,  je le vois dans leur regards. Ils me voient dépérir, ils te voient mourir. Mais ils foutent rien. Rien à part te demander si tu préfères arrêter tout maintenant. Ta main est vraiment fine, presque squelettique. Tes joues sont creusées et je n'ose même pas parler du reste de ton corps. La bague que j'ai acheté ne se trouvera jamais à ton doigt, et mon cœur se tord à cette idée. Tu disparaît en poussières, et je ne peux pas te rattraper. C'est comme attraper de la fumée avec les main. Je n'y arriverais jamais. Tu me demandes si je t'aime. Et je te réponds oui. Tu me demandes pourquoi, et je te dis que tu as toujours été la personne spéciale. Celle que j'ai attendue. Je t'aime. C'est physique, psychique. Il y a quelque chose entre nous. De la magie pure et dure. Tu me demandes de fermer les yeux. Mais je ne le fais pas. Car je sais que si je le fais, tu auras disparu avant que je ne rouvre les paupières. Tu me serres la main, et je prie pour que ça ne s'arrête pas. Même si je sais au fond de moi que c'est peine perdue. Tes lèvres sont rêches alors que tu m'embrasse doucement. Ces lèvres que j'ai adoré embrasser. Qui avaient le goût de la fraise mais qui, maintenant, ne sont que craquelures. Si tu bois, cela arrangera quelque chose à ton état ? Je crains bien que non. Je te pose une question. Et tu m'y réponds en toussant. Pourquoi cela n'arrive pas aux autres ? Une personne, un criminel, ou même moi ! Mais pas toi, pas maintenant ! Malgré tout, je suis fière de toi. Très fière. Parce que tu t'es battue pour moi. Pour toi. Pour nous. Et savoir ça me rend heureuse dans ma souffrance. Tu avais envie d'adopter, et moi j'ai jamais voulu le faire. Trop tôt, que je disais. Mais le temps, c'est comme le destin. On ne peut pas leur faire confiance. Maintenant que je vois les dégâts qu'ils font, j'ai envie de tout accepter pour que tu restes encore un peu. Mais c'est trop tard. Tout est trop tard. 

Mes yeux me brûlent. Je les ferme. Et la seconde d'après, je les rouvre. Mais tu n'est plus là. 

Tu as disparu.

La pierre blanche est bien sculptée. Toute entourée de Lys. Tu aimais bien ses fleurs. Mon frère a adopté une petite fille, tu savais ? Comme tu le voulais avant. Je pose le bouquet. Ça fait longtemps, tu sais. J'ai pas oublié. Je suis allée voir la mer. Celle où on était allée il y a 5 ans. Celle où les coquillages brillent au soleil. Je rigole au souvenir de ton corps qui tombait de sa planche à voile. On avait beaucoup rit, tu t'en rappelles ? Une main se serre autour de la mienne. Gaby', je te présente Cassiopée. C'est la fille adoptive de Samuel. Il s'est marié avec Loïk, l'homme avec qui il prenaient des cafés à la maison. Tu lui manques aussi à Samuel, il t'aimait bien. Et moi je t'aimais tout cours. Cassiopée me prend la taille entre ses petits bras. Elle a souffert tu sais ? C'est pour ça que je lui ai parlé de toi, pour qu'elle comprenne qu'elle est pas toute seule. Que même avec une souffrance inouïe dans sa vie, on peut continuer à vivre. Et elle a besoin de savoir ça. Moi aussi, ça me fait du bien d'avoir quelqu'un. Sa présence est rassurante. Une petite goutte salée coule le long de mon visage. La seule depuis bien longtemps. Je pense qu'il est temps de changer de voie une bonne fois pour toute.

Gaby'.

Je t'ai aimé.

D'un Amour sans limite.

Je t'ai aimé hier. Je t'aime aujourd'hui. Je t'aimerais demain ? Je ne sais pas. Je fais comme tu me dis, comme je t'ai promis. J’apprends à marcher avec de nouvelles jambes, de nouveaux repères. Je pense pas pouvoir aimer quelqu'un comme je l'ai fais avec toi. Juste, je vais essayer d'aider le corps chaud qui se presse contre moi. C'est vrai, il faut froid ici. 

La page se tourne. L'histoire est finie, mais une toute nouvelle commence.

"Je veux rire à m'en déchirer les abdo's,
Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ado's"
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

 Irlande  End of History  Solo -RPG++ 

Il est des maux sur lesquels le temps passe en vain, et ne les guérir point.

Trois ans auparavant. 

Tic Tac. 

L'aiguille bouge, encore une heure de plus à traîner ma carcasse. Une seconde, une minute, une heure, une semaine ou un mois. Le temps passe à une lenteur effrayante. Ouais, c'est comme si la Divinité en laquelle je croyais se foutais de tout, comme si elle ne faisait les choses que dans son propre intérêt. Après-tout, je ne suis rien. Je n'ai pas d'utilité pour le destin, juste une ombre perdue dans la nuit. La lune réfléchit sur les vitres des maisons et moi, je marche dans les rues désertes de Cork. Le froid me mort la peau, j'ai même l'impression qu'il me la bouffe, pourquoi il ne le fait pas ? Sûrement que je mérite pas d'être en paix. Sûrement que je ne t'ai pas sauvé et que cela me joue des tours. Mais j'aurais aimé le faire, tu sais. J'aurais aimé te communiquer un peu de ma chaleur pour que tes yeux retrouvent leur éclat. Mais je me suis prit la réalité en pleine tronche. Et ça fait mal de se dire que l'on est totalement inutile. Tu n'as sûrement jamais ressentit ça, toi t'étais parfaite. Tout ce que je n'étais pas. On me dit que c'est seulement car je t'aimais, que t'étais pleine de défauts, comme les Hommes. Mais toi t'étais pas humaine, tu étais plus haute que nous, pauvre race oubliée par les Dieux. Toi tu pouvais me marcher dessus, sans même lever la jambe tellement j'étais basse dans l'échelle du monde. Et pourtant, tu m'avais vue, moi. Je comprend pas comment t'as pu voir ce que j'étais. J'étais amoureuse de cette partie de quoi, encore plus que je ne l'étais de toutes les autres. Tu n'étais pas du genre à écraser les autres, même quand ils le méritaient. Tu donnais une deuxième chance à tout, même aux objets brisés comme moi. Même si t'étais supérieure, tu l'as jamais montré, tu t'en vantais pas. Comment pouvais-tu être si parfaite sans que personne à par moi ne le voit ? 

Tic Tac.

Quand je repense à notre histoire, je me dis, Merde, on était belles. On avait le monde à nos pieds, rien ne nous arrêtait. Absolument rien. On avait tout pour nous, sauf le temps. Et c'est ça qui a tout détruit. Notre palais de rêves s'est effondré en même temps que ton état. Dis moi pourquoi ça nous arrive ? T'as jamais rien fais de mal. Tu n'avais pas d'ennemis, personne qui aurait pu vouloir ta mort jusqu'à prier pour. Mais tu m'avais moi, c'était sûrement la seule chose de mal que t'avais fais dans ta foutue vie. Un déchet de l’humanité, je me rend maintenant compte que j'en suis un. J'ai même pas réussi à t'aider, j'ai même pas essayé. Quand les médecins ont fait tomber la sentence, tout ce que j'ai réussi à voir c'était à quel point j’allais être seule si tu partais. J'ai pensé qu'à moi, plus égoïste que ça, tu meurs. Et c'est ce que t'as fais. Je me suis rendue compte trop tard de ma connerie, j'aurais dû voir comment tu te battais pour nous alors que je foutais rien. J'ai finis par le voir. Mais c’était trop tard, et le jour d'après, tu t'étais cassée dans un monde qui t'a sûrement vu comme l'ange que t'étais. C'est bon, tu m'avais changé, c'était la chose que tu me disais à longueur de temps, que j'étais trop centrée sur moi-même, mais que le monde n'était pas si noir que je me l'imaginais. Il l'est bien plus, en fait. Je peux me dévouer tant que je veux aux autres, maintenant, ça te ramènera pas. Rien ne le fera. Sûrement que tu es mieux là où t'es maintenant. Pas dur de l'être quand tu vois le Monde dans lequel je vis encore. Celui-là même qu'on bouffe à petites bouchées. Ouais, on détruit notre monde. Mais j'en ai plus rien à foutre. T'es plus là, alors la Terre elle peut bien exploser que je m'en foutrais toujours autant. C'est pas comme si quelqu'un s'en souciais vraiment.

Tic Tac. 

Minuit sonne dans la ville déserte. Tu aimais le son des cloches. Moi j'ai juste envie de les faire fondre dans un feu ardent. Juste pour qu'elles arrêtent de me renvoyer ton image en pleine gueule avec les ondes qu'elles produisent. Tout me rappelle ton image. De la plus banale brindille d'herbe au ciel au dessus de ma tête. Les gens sont stupides, tu sais ? Ils me disent que ça ne sert à rien de me battre contre le monde, que tu es sûrement mieux là haut. Et moi ça m'énerve, car je sais que c'est vrai. Bien sûr que me battre ne sert à rien, tu ne reviendras pas. Jamais. Bien sûr que t'es plus heureuse là-haut. Comment pourrais-tu ne pas l'être ? Il n'y a pas photo, ça doit être mieux en haut qu'ici. Tu crevais lentement. Tu gueulais la nuit en te réveillant, pouvais même plus marcher à cause de ce fichu virus qui semblait de bouffer de l’intérieur. Forcément que c'est mieux chez les anges. T'as plus à souffrir, à rester forte pour pas faire de mal aux autres. Tu t'en fous maintenant si tu fais du mal aux gens, t'es plus là pour le voir. Pff... Je me souviens encore du jour où je t'ai laissé partir. Il pleuvait pas comme dans les films, tout le monde chialait, pas comme dans les films non plus. De toutes manières, j'y ai jamais cru aux enterrement dans ces machins. Trop clean pour être vrai. Dans la réalité, les mecs qui entèrent le cercueil sont trop content pour pleurer. Ils s'en foutent, ils connaissent pas la personne dedans, tout ce qu'ils savent c'est qu'un joli billet en plus les attend à la fin du mois. Et pis, sur le moment, t'es la seule à pas chialer. Sûrement trop choquée pour ça. Tu remarques même pas le temps passer, et avant que tu n'ai pu faire un geste, c'est déjà la fin et on te serre la main en te demandant pardon, ou en te disant des « Désolé » fadent et sans réel intérêt. Faudrait me dire, si un jour, quelqu'un a vraiment aimé qu'on lui dise « Désolé » en échange d'une personne chère. Moi, tout ce que je voyais dans ces mots, c'était la pitié de gens qui n'avaient jamais connus aussi bien la défunte que moi. C'était la pitié des gens comme moi, qui n'avaient pas cherché ou réussi à te sauver. Et les gens sont partit avec leur regard dégoûtant. Et moi je suis restée. Car s'était la seule chose que je pouvais faire. Cette plaque blanche me dégoûtait. En plus, tu avais jamais prétendu être pure, t'aimais pas cette couleur. Alors, la voir sur ce qui allait être ta dernière demeure, moi je prenais ça pour une blague de mauvais goût. Je m'entend encore hurler que tout ça s'étaient des conneries, que t'étais pas encore partie. Mais je me voilais la face. Maintenant, quand je vois cette pierre blanche, j'ai juste envie de l'embrasser comme si c'était toi à sa place. Mais ce n'est pas toi. Et plus rien ne le serait jamais.

Tic Tac

Tu as toujours été unique, rien ne te remplacera jamais.

Tic Tac

Même si j'essaye.

Tic Tac

Le temps t'a bouffé.

Tic Tac

La vie, comme une horloge. Tu étais la Minute. Et tu es morte dès que la soixantième seconde fut écoulée. Moi, je suis une Heure. Et j'ai mal d'attendre jusqu'à ce que la soixantième minutes soit écoulée. Le temps me semble trop long de ce jour jusqu'à celui où je pourrais t'atteindre enfin.

Tic Tac

La vie, comme une horloge. Mais moi j'ai envie d'avancer le temps. Pour que je puisse être à nouveau à tes côtés. Mais la vérité me rattrapera toujours. C'est pas possible. Tu es partie. Et je ne te retrouverais jamais. Moi je crois pas à ces conneries sur le monde de l'au delà alors c'est plus compliqué. T'es partie, et tu reviendras jamais.

Tic Tac

"Je veux rire à m'en déchirer les abdo's,
Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ado's"
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.