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Bristol - L'annonce

Vendredi 30 septembre 2039


Erwan était enfermé dans sa chambre à l'étage de la petite maison qu'il partageait avec ses parents au 55 Barton road dans l'Easton Bristol. Ces parents, Elisabeth et Yves, avaient pris l'habitude de ces périodes de mutisme depuis que leur fils avait eu des problèmes à l'école trois semaines plus tôt. Cependant, ce soir là, Yves paraissait aux prises avec lui même. Quelque chose le tracassait et Elisabeth n'était pas dupe :
-Tu recommences mon amour... Je vois ton front qui a du mal a se contracter plus encore. On a déjà eu cette discussion et je ne te comprends toujours pas. Ne te blâme pas pour les problèmes que rencontre Erwan. Tu n'y peux rien !
-Il souffre Eli... et c'est bien ma faute.
-Ce que tu peux être têtu quand tu veux.
Yves prit une grande et profonde inspiration pour rassembler le courage nécessaire à la discussion qu'il s’apprêtait à avoir. Il paraissait sérieux tout à coup :
- Elisabeth.
Elle concentra toute son attention sur son mari, ce n'était pas dans son habitude de l'appeler ainsi, par son prénom.
-J'ai un secret dont je voulais te parler depuis longtemps. C'est à la fois rien et pourtant énorme... Je ne sais pas comment te le dire alors je te propose quelque chose. Je dois parler seul avec Erwan pour lui expliquer ce qui lui arrive mais, si tu le souhaites, écoute toi aussi ce que je lui dirais. J'y vais maintenant en fait, il faut le faire maintenant avant qu'il en souffre d'avantage. Je t'en prie viens, et ne m'en veut pas trop...
Elisabeth resta perplexe. Cela ne ressemblait pas à l'homme qu'elle avait épousé. Cet air sérieux, un peu grave, plutôt triste ; elle en avait des frissons dans le dos. C'est lorsqu'elle vit les pieds d'Yves disparaître en haut de l'escalier, qu'elle retrouva ses esprits. Elle se dépêcha des les grimper à son tour en prenant bien soin de ne pas faire de bruit. Lorsqu'elle arriva près de la chambre d'Erwan, elle respira un grand coup et écouta la conversation.

Erwan, allongé dans son lit, fixant le plafond, n'avait pas entendu son père arriver et sembla légèrement agacé par cette intrusion.

-Erwan ? J'ai à te parler...
-Je n'ai rien fait! J'ai du vous le dire mille fois!
-Je sais que tu n'as rien fait... le ton calme de son père paraissait étrange après ces quelques jours de disputes concernant son comportement.
Erwan ne brisa pas le silence, son père semblait lutter intérieurement. Peut-être était-il même plus inquiet qu'Erwan...
-Je dois t'avouer quelque chose. Je... je ne sais pas par où commencer.
-Comment ça tu sais que je n'ai rien fais ? Rétorqua Erwan qui venait de comprendre le sens de ce que lui avait dit son père.
-Laisse moi trouver les mots, après ça tu comprendras.
Erwan acquiesça et laissa à son père le temps qu'il souhaitait. Quelques instants plus tard Yves reprit :
-Je t'ai raconté que je m'étais fâché avec mes parents et que c'est pour cela qu'on ne les voyait presque jamais.
Erwan ne voyait pas en quoi cela avait à voir avec la situation mais il n'en dit rien.
-C'est un mensonge. Je n'en suis pas fier et j'espère qu'en temps voulu tu sauras me pardonner. Ils sont... Je ne suis pas comme eux.
-J'ai du les voir deux fois? Trois fois? J'ai bien vu qu'ils étaient bizarres papa mais pourquoi tu me racontes ça ?
-Ils ne sont rien de tout ça Erwan. C'est moi qui suis bizarre... t'es grands-parents sont des sorciers voilà.
Bien qu'Yves eut l'air soulagé d'un immense poids Erwan ne sut comment prendre la nouvelle.
Il voyait bien que son père le regardait avec les yeux de la vérité, que chaque mot qui avait été prononcé étaient vrais mais il ne pouvait en appréhender la pleine mesure.
-Des sorciers ? Murmura t-il sans y penser. Comment ça des sorciers ?
-Ils pratiquent la magie. Tu sais moi-même j'ai grandis dans une maison de sorcier...
Erwan ne perdait pas une miette des mots que lui prononçait son père, de ce moment de sincérité qu'il ne lui avait jamais accordé. À huit ans, Erwan aperçut l'homme qui se cachait derrière son père . Voyant son fils ne rien répondre Yves continua :
-Normalement la magie se transmets par le sang, parfois elle se manifeste pour la première fois dans une famille où il n'y en a jamais eu, mais parfois des enfants ne montrent jamais de pouvoirs magiques. Même ceux dont les parents sont des sorciers...
-Mais... Toi... Tu es... Un sorcier aussi?
Le balbutiement d'Erwan laissait transparaître un mélange de peur et d'admiration.
-Non mon grand. Je n'ai jamais été un sorcier. On a attendu, tes grands-parents, tes oncles et moi, mais ça n'est jamais venu. Dans leur mon... dans notre monde, on appelle ça un cracmol.
Yves paru soudain abattu et son fils ne sut quoi faire de cette évidence. Il tenta de prendre un air détaché pour rassurer son père :
-Ça change quoi papa?
-Rien fiston. Ça change rien. Enfin presque. J'aurais aimé être plus proches de tes grands-parents, de ma Bretagne... Mais la vie aujourd'hui est plus belle pour moi qu'elle ne l'a jamais été. Je suis très amoureux de ta maman et je suis très fier de toi. Je pense que tu as compris où je voulais en venir désormais ?
Bien sûr Erwan avait fini par comprendre, cependant il avait encore du mal à intégrer l'information dans sa globalité :
-Je crois oui. Mais si toi tu n'en est pas un comment je pourrais l'être ?
-Je ne sais pas, je t'avoue que je ne voulais pas y croire mais je pense que c'est évident aujourd'hui. Tu es un sorcier Erwan.

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