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  RPG ++   Miellerie glacée   Solo  

8 avril 2043
Manchester
 
                                                                                                                                                                     
Ada venait de rentrer de Poudlard, elle n'avait pas prévue de revenir. Elle savait qu'elle allait errer dans son quartier ou dans sa chambre avec un livre en main. Mais son frère lui manquait terriblement. Lui et ses doux yeux, sa cigarette, ses vêtements négligés et surtout, dès qu'elle était avec lui elle se sentait vraiment libre. Il l'emmenait dans des endroits exigus inconnus de tous, elle montait sur sa moto et il partait rouler dans la ville. Leur père les laissaient très libre, il était assez fermé depuis la naissance d'Ada et le départ de sa femme. Dès qu'il fixait Ada il voyait sa femme des années avant, ça le rendait mélancolique et la fillette préférait quitter sa maison étouffante dès qu'elle apercevait ce regard. Néanmoins, son père essayait au maximum de mettre sa mélancolie de côté et il était un minimum là pour Ada.



L'atmosphère dans la maison des Valley était chargée de mélancolie et un calme glacial peuplait la maison tout entière. Le seule qui arrivait à inverser la balance c'était Hélios. Il jouait avec ce calme grâce à la musique. Il mettait les Pink Floyd à fond pour que la maison n'est plus l'air d'une sorte de cimetière qui angoissait Ada. Pourtant, même si Hélios se donnait une image détachée du passée, il lui arrivait, trop souvent au goût de la jeune Serdaigle, de retomber dans ce passé toxique. On pouvait remarquer ce changement d'humeur au silence qui retombait dans la maison , et au nombre de cigarette qu'Hélios portait à sa bouche. Il ne prenait même plus la peine de sortir, et une odeur de tabac froid étouffait la maison. Heureusement, Ada comprenait l'addiction de son frère du haut de ses 12 ans, et avait pris l'habitude de vivre dans cette odeur alors personne n'embêtait Hélios par rapport à sa consommation de cigarette. Cette période tabac-calme-mélancolie, disparaissait vite mais restait en tête de chaque personne de la famille dès qu'elle revenait trop régulièrement.

Ada rentra donc à Manchester, dans le quartier pauvre, avec nostalgie et excitation. Qu'allait lui préparer son frère aujourd'hui? Ce qui était sûr c'est que la maison ne serait pas calme, la musique l'aurait envahit. Ada le savait car son frère détestait l'accueillir dans cette maison qui lui même l'angoissait dans ses mauvais jours. Elle était allée directement chez elle car son frère  l'avait accueillit à la gare et ne semblait pas vouloir traîner aux alentours , c'était plutôt rare, mais la première année avait également hâte de rentrer chez elle. Elle aimait se balader dans la ville avec son frère, qui était plus calme qu'à l'habitude mais qui lui souriait régulièrement. Le seule inconvénient c'était son chariot qu'elle devait transportée dans la ville, sous les yeux des moldus étonnés de voir une gamine avec un chariot se balader à Manchester. Indifférente à leurs regards, elle prenait plaisir à redécouvrir la ville à chaques vacances. 

C'est ainsi que, naïve, elle entra dans sa vielle maison aux murs délavés et entendit une voix féminine parler précipitamment. C'était une des premières fois qu'elle entendait une femme prononcer des mots dans sa maison. La fillette eu un très mauvais pressentiment, ferma la porte délicatement et monta les escaliers à pas feutrés en soulevant sa valise avec difficulté pour que personne ne l'entende. La valise lui échappa soudainement des mains et les paroles dans le salon s'arrêtèrent brusquement. La coeur cognant dans sa poitrine, Ada décida de reprendre sa valise et de la faire rouler jusqu'à sa chambre sans se soucier du bruit qu'elle causerait. Elle arriva donc dans sa chambre et verrouilla la porte. 

Au bout de quelques minutes des pas s'approchèrent près de sa chambre. Quelqu'un toqua doucement mais Ada ne répondit rien. Les pas s'éloignèrent mais quelqu'un revint finalement et glissa un bout de parchemin avec quelques mots griffonné à la hâte qui disait : C'est Hélios, ouvre moi. 

L'Aiglonne réfléchit quelques instants puis déverrouilla la porte et laissa entrer son frère. Brun et grand, Hélios la regardait soucieusement. Ada l'avait rarement vu comme ça et elle sentit une boule se développer dans son ventre. Tout avait l'air de changer dans son univers à Manchester. Elle refusa de connaître la vérité, déviant les yeux dès que son frère la regardait et s'assit doucement sur son lit. Mais après de longues minutes passées dans le silence Ada consentit à lever la tête et regarda dans les yeux de son frère comme-ci elle arriverait à y trouver une réponse convaincante. Il semblait attristé et la blonde comprit tout à coup. Elle avait redouté que ça se produise depuis cette foutue lettre. Elle avait refusé de se soumettre à l'idée qu'elle pouvait être là. Mais depuis qu'Ada avait posé un pied dans le hall d'entrée et avait entendu cette voix, elle avait compris. Elle refusait juste de l'admettre. A présent, elle n'avait plus aucune once de peur, ses yeux verts tranchant comme des lames de rasoirs, était durs et froids. Une rage intérieur combattait en elle et elle n'essayait même plus de la dissimuler. Son attitude transpirait la haine. Hélios la regardait fixement. Il lança :

- Attend avant de descendre. Donne-toi du temps Ada. Ne fais rien que tu pourrais regretter après.

Elle ne lui prêta aucune attention et ouvrit brusquement la porte. Hélios essaya de la rattraper mais la première année filait déjà vers le salon. Son frère lui attrapa le bras mais elle se dégagea en lui lançant un regard noir. Elle se posta devant la porte du salon qui était entrouverte et l'ouvrit avec hargne. 

En face d'elle, une femme aux cheveux ébènes et aux yeux verts était assise sur un fauteuil rapiécé et la regarda avec stupéfaction. Ada s'approcha, la femme lui sourit , mais la colère de la blonde dévastait ce qui lui restait de sang-froid et elle lui flanqua une claque sur sa fine joue. Elle lui murmura froidement :

- Bienvenue à la maison, mère.

Le temps semblait s'être stoppé, Ada serra les poings, elle ne détournerait pas les yeux pour que sa mère découvre toute la froideur et la haine qui animait sa fille. 

La vie est un mystère qu'il faut vivre et non un problème à résoudre.