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 Chipping Campden  Les Nuits d'été  PV Solal R. 

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JOUR 1

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EVELYN KERNAC'H
July, 2043

Si le jeune Elian Kernac'h ne connaissait pour le moment pas grand chose du comté de Gloucestershire, c'était pourtant le seul endroit où il souhaitait se trouver à présent. Dans leur échange épistolaire, il avait été ravi d'apprendre que son ami Solal habitait finalement non loin du Pays de Galles - le trajet en train étant par ailleurs très direct. Ses yeux réveillés balayaient le paysage, qui était devenu progressivement de plus en plus vert depuis Cardiff. Assis à côté dans le train, la mauvaise humeur du père contrastait avec le sourire figé que le garçon arborait. Elian n'y faisait pas attention et serrait son sac à dos contre lui, il avait probablement hâte de revoir Solal, de partager des moments avec lui en-dehors de leur école de magie et de connaitre tous les autres Rosenberg. Rien ne semblait pouvoir atteindre sa bonne humeur.

C'était d'ailleurs le fait de le voir aussi heureux à l'idée de passer du temps avec ce petit camarade, qui avait finalement fait céder Evelyn Kernac'h. D'ordinaire, il n'aurait jamais accepté que son fils vive pendant plusieurs jours chez des étrangers. Mais voilà qu'il avait été convaincu, après de longues journées de négociations et de nombreux hiboux envoyés aux futurs hôtes, que c'était une bonne idée d'éloigner Elian de la ville touristique qu'était Cardiff. Il se rassurait en se disant qu'au moins, son fils se tiendrait éloigné de la pollution, dans les vallons de Chipping Campden.
« Papa regarde ! Evelyn se cambra un peu pour regarder dans la direction que pointait son fils. « Des moutons ! » précisa celui-ci avec excitation. Kernac'h, qui s'était souvent demandé si son fils aurait été changé par sa première année scolaire, constatait qu'Elian avait gardé sa personnalité malgré ses douze ans révolus. Pour d'autres parents souhaitant voir évoluer leurs enfants, cela aurait pu être alarmant, mais pour Evelyn c'était une bénédiction. Attendrie en l'observant s'extasier devant un autre troupeau de moutons, Evelyn se rendit compte qu'il ne voulait pas que son fils grandisse. « On va bientôt arriver, tu te sens comment ? La question lui avait échappée, pourquoi était-ce si compliqué de se séparer de lui à chaque fois ? D'autant plus qu'il ne partait pas pour un trimestre cette fois-ci... Mais même quand il savait qu'il lui revenait toujours, une angoisse sourde se réveillait en lui. Evelyn sourit en observant Elian avoir la politesse de réfléchir à sa question, il voulait sûrement lui épargner la vérité. « Tu vas me manquer... dit-il d'abord avec un air abattu, avant de faire preuve d'honnêteté tandis que le train entrait en gare : « Mais j'ai super hâte d'y être quand même ! »

Une fois à quai, Evelyn déplia sa carte, Elian patientant assis sur sa valise à ses pieds, une casquette vissée sur sa tête. Ils arrivaient en fin d'après-midi et le soleil tapait encore sur le sol britannique. Le sorcier n'était pas habitué à se comporter comme un Moldu pour voyager, et sa longue barbe attirait les regards des quelques habitants qu'ils croisaient... « Bon, j'espère qu'on va trouver facilement, ce serait dommage de rebrousser chemin maintenant. » Avec un sourire en coin, il fit mine de ne pas avoir entendu son fils déglutir derrière lui, et continua sa route en jetant régulièrement un œil à la carte ensorcelée. La maison des Rosenberg était un peu isolée du bourg peuplé d'habitations un peu rustiques en pierre, et se situait plutôt dans le creux d'un vallon verdoyant.

Les deux sorciers s'approchèrent finalement d'une maison tout à fait charmante, surplombée de différentes couleurs vives - des plantes qu'Elian pourrait sûrement s'amuser à nommer... Mais celui-ci se cachait derrière son père à présent.
« Eh bien, je croyais que tu avais hâte d'y être. Evelyn se demandait ce qu'il lui prenait, et c'était difficile de comprendre avec son visage à moitié dissimulé sous sa casquette. Il s'abaissa à sa hauteur pour l'inciter à lui expliquer son soudain changement d'humeur, ce qu'Elian fit non sans afficher une certaine appréhension... « Les autres amis de Solal sont tellement plus cool que moi, j'ai peur que ses parents et ses frères soient déçus... Evelyn secoua la tête avec une expression rassurée, il n'avait pas fait tout ce voyage pour rien. « Tu n'arrêtes jamais de me parler de Solal, il t'aime bien lui aussi, non ? Son garçon acquiesçât automatiquement. « Alors c'est tout ce qui compte. » Il se redressa, empoigna la valise remplie et emprunta le petit chemin sans s'attarder, au risque de ne plus pouvoir le laisser. Evelyn toqua trois fois à la porte en essayant de ne pas faire attention aux simagrées d'Elian, qui avait enlevé sa casquette et essayait de se recoiffer pour se présenter dans son meilleur jour.

Deuxième année inRP.

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VIOLET

L'arrivée du petit Elian était très attendue, au sein du foyer Rosenberg. Solal s'était réveillé tôt le matin et avait fait les cent pas, observant l'heure tourner avec une lenteur infinie. Ses frères étaient plutôt enthousiastes eux aussi, ils souhaitaient voir de quel genre de personne s'entourait leur frère : personne ne se doutait qu'il ramènerait un petit Poufsouffle innocent qui ne ferait pas de mal à une mouche et qui passerait probablement plus de temps le nez dans les plantes du jardin qu'à jouer de ses poings avec les voisins. Les garçons de la périphérie du bourg étaient plutôt des bagarreurs et des aventuriers, un peu comme Solal. Le Serdaigle ne se posait pas la question de savoir si Elian se sentirait bien ici : le botaniste en herbe avait de quoi être heureux et le brun se chargerait de prendre sa défense si des voisins un peu trop joueurs viendraient l'embêter. Tout promettait les meilleures vacances de la vie du Rosenberg.

Violet n'avait pas l'habitude de recevoir des invités, si ce n'est les voisins qui venaient manger de temps en temps. Si elle avait voulu paraître sereine face à Solal, l'entreprise avait été quelque peu ratée. Le garçon avait remarqué, aux nombreuses questions et propositions de sa mère, qu'elle voulait absolument que tout se passe bien. Il en avait profité pour l'avertir : le père d'Elian semblait être très embêtant, ce pour quoi les hiboux entre Elian et Solal avaient plus ressemblé à des autorisations et papiers administratifs signés par les parents plutôt qu'à de vraies lettres entre amis, aux yeux du Serdaigle. Il avait hâte de voir son ami et de pouvoir lui parler sans avoir à imaginer la réaction du paternel Kernac'h qui lirait le hibou par dessus l'épaule de son fils.
Il avait déjà prévu un nombre incalculable de choses. Notamment, il avait posé une tente pliée et deux sacs de couchage dans sa chambre afin qu'ils puissent partir à l'aventure, si Elian le voulait. Les sacs de couchage de ses frères étaient aussi prêts mais il espérait pouvoir profiter de cette escapade avec son ami seulement, sans avoir à jouer au baby-sitter ou sans avoir à être baby-sitté, justement. L'envie égoïste n'allait sûrement pas aboutir, puisque sa mère lui avait jeté un regard désapprobateur lorsqu'il avait fait remarquer qu'il n'avait pas besoin de ses frères. Après tout, il aurait douze ans en août, il devenait grand.

Le soleil tapait fort en ce juillet et la peau du garçon avait déjà pris une jolie couleur hâlée, à force de rester dehors. Il attendait Elian depuis le début de l'après-midi dehors, mais celui-ci n'arrivait pas : sa mère lui somma plusieurs fois de rentrer, qu'il finirait par prendre une insolation et il avait fini par capituler pour aller boire une citronnade dans le salon. Il ne tenait pas en place, ce qui lui valu un nouveau regard désapprobateur, d'Amory cette fois, qui avait toujours détesté lorsqu'on gigotait dans tous les sens autour de lui.
« Tu crois qu'ils sont perdus ? Il faudrait peut-être qu'on aille vo- 
Solal.
Mais si ils trouvent ja-
So-lal.
Okay, c'est bon, c'est bon. »
Il avait fini par s'asseoir sur le canapé, posé sa citronnade sur la table basse. Les bras croisés, il ne quittait pas la fenêtre du regard. Un mouvement attira son attention et il s'empressa de se lever, tapant sa cuisse contre la table basse par le même occasion, pour poser son nez à la fenêtre. Un homme à la barbe impressionnante et aux cheveux tout aussi extraordinaires marchait au côté du tant attendu blondinet. Solal devina que c'était M. Kernac'h. Il avait un physique surprenant, ce qui ne le surprit qu'à moitié : il était surpris parce qu'il avait imaginé un air plus strict et un look qui irait avec la sévérité qu'il imaginait être caractéristique de l'homme. Mais il ne l'était pas tout à fait, parce qu'Elian était quelqu'un de différent de la majorité ; il semblait donc avoir prit ça de son père. Voir son ami enfin arriver lui donna un coup d'appréhension, son cœur cognait contre sa cage thoracique et il sentait le sang pulser dans ses oreilles. Il fut tout à coup pris de doutes : Elian serait-il heureux chez lui ?

Trois coups retentirent et Violet posa le livre qu'elle lisait pour se lever. Elle adressa un regard vers Solal et lui intima de la suivre, d'un signe du bras. Il sembla hésiter un instant, perdant son courage, mais sous le regard insistant de sa mère, traîna des pieds jusqu'à la porte d'entrée et ouvrit la porte timidement. Il posa son regard sur le père d'Elian, puis sur son ami, et lui adressa un petit sourire intimidé. Il n'osait pas parler, de peur de dire quelque chose qui donnerait envie au père d'Elian de repartir avec son fils. Sentant la timidité de son fils, Violet posa une main sur l'épaule du brun et adressa un sourire poli au barbu.
« Oh, vous avez trouvé ! Bonjour. Je suis Violet, la maman de Solal, elle tendit sa main pour que l'homme puisse la serrer. Vous avez fait bon voyage ? Il fait un peu chaud, voulez-vous rentrer et boire quelque chose ? » Le Serdaigle releva un regard plein de gratitude vers sa mère qui prenait les choses en main. Tant mieux : lui n'aurait pas su le faire. Il adressa un petit « bonjour » timide au père d'Elian, et réunit son courage pour adresser un sourire chaleureux à son ami. Puis, comme si la salutation lui avait permis de retrouver un peu de contenance, il tendit ses mains vers la valise que le père d'Elian portait.
« Jepeuxvouslaprendresivousvoulez. » dit-il sans articuler, osant difficilement regarder le barbu alors qu'il lui parlait.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

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ELIAN KERNAC'H


Devant cette maison en pierre, plus que toutes les autres qu'il avait pu croiser dans le petit bourg d'à côté, Elian avait des yeux émerveillés. Solal ne lui avait pas menti sur la petite forêt près de chez lui, tout respirait la nature et il s'y sentait déjà extraordinairement bien. Ses doutes s'étaient évaporés comme son père lui avait rappelé qu'il se devait de faire confiance à Solal et à l'amitié qu'ils avaient entretenu jusqu'alors. Mais la porte d'entrée s'ouvrit finalement bien trop rapidement à son goût, et il abandonna instantanément l'idée de dompter ses cheveux, les bras figés le long du corps comme s'il n'avait jamais su comment réagir face à cette situation. Son attention s'arrêta d'abord sur son ami qui était venu l'accueillir en arborant un teint halé de saison, qu'Elian jalousa immédiatement. Lui-même était resté bloqué chez lui depuis le début des vacances, et de toute façon sa peau rougissait plus qu'elle ne bronzait. Le sourire timide de Solal lui indiqua qu'ils traversaient la même épreuve, celle de rester dans la retenue tant que leurs parents - ou du moins M. Kernac'h - étaient dans les parages, et il se contenta alors de lui rendre un sourire timide. Elian avait beaucoup de mal à croire que la sorcière qui se tenait devant son père et lui était la mère de Solal, après tout elle lui ressemblait si peu, mais peut-être était-il trop envahi par les événements pour avoir un avis assez juste sur la question.

Le sorcier barbu serra la main de Mrs. Rosenberg, en affichant un sourire qui avait jusqu'alors été étranger à Elian.
« Bonjour, ravi de vous rencontrer Violet ! Effectivement, on a pu vous trouver assez facilement. C'est sûr que nous aurions été plus vite en Portoloin, mais Elian n'aurait pas survécu au choc et, bien entendu, transplaner était hors de question... » A l'entente de son éventuel décès, ce dernier avait haussé les épaules et s'était d'ailleurs évertué à mimer silencieusement la dernière phrase de son père, comme s'il la connaissait par cœur. Même si Elian ne savait rien des effets d'un voyage en Portoloin ou d'un transplanage, il n'avait pas du tout hâte d'essayer depuis qu'il avait lu dans le dernier numéro du P'tit Sorcier une description très précise des sensations éprouvées par ceux qui en faisaient un usage fréquent. « Bonjour je suis Elian , se présenta-t-il sans comprendre le caractère évident de ce qu'il venait de dire. « Je ne vais pas rester longtemps, mais je ne serais pas contre un petit verre d'eau avant de partir, fit Evelyn Kernac'h sans prendre en compte l'intervention de son fils, puis à l'adresse du garçon qui lui proposait timidement de prendre la valise, d'un ton chaleureux : « Bonjour toi. Elle risque d'être un peu lourde, mais je te la confie. » Elian ne savait plus si son père parlait de sa valise ou de lui-même, mais il remarqua qu'il venait de scanner Solal comme il le faisait souvent avec les personnes qui lui étaient étrangères. En général, il ne mettait jamais longtemps à se faire une opinion d'elles, mais cette fois-ci il était resté impassible, comme s'il désirait ne rien laisser entrevoir de ses pensées - et pour une fois Elian n'éprouvait pas le besoin de les connaitre, s'estimant déjà expert en Solal.

Invités à entrer dans la maison, ils se suivirent à l'intérieur, bien plus spacieux que leur petit appartement de Cardiff, et tout aussi charmant que la façade. A peine après avoir salué M. Rosenberg, son père commençait déjà à expliquer pourquoi la valise était aussi lourde.
« On en avait déjà parlé dans nos lettres, mais je préfère être sûr que tout soit clair parce qu'Elian a vraiment une santé très fragile : il prend une potion de l’Œil Vif dès qu'il se réveille, un philtre Calmant après son petit-déjeuner, une Goutte du sommeil avant de dormir, et tous les deux jours une potion de Vitalité. J'ai ajouté d'autres potions médicomagiques basiques, au cas où vous n'auriez pas tout en votre possession... » Le blondinet se faisait tout petit au fil des paroles de son père, se demandant si le calvaire durerait encore longtemps. « Mais bon, je vous fais totalement confiance ! » finit par se contredire le sorcier, après avoir ajouté quelques précisions supplémentaires sur les habitudes de son garçon, notamment sur ses heures de sommeil ou la quantité de nourriture qu'il rationnait systématiquement. « J'espère que tout va bien se passer, je vous écrirais dès demain pour avoir des nouvelles de toute façon. » Même Elian soupira à l'annonce de cette décision, et leurs adieux s'éternisèrent bien moins que d'accoutumée, étrangement. Son père se pencha vers lui, l'air grave. « Tu seras sage Elian, de toute façon tu sais ce qu'il se passera si tu fais des bêtises... » Il lui avait vaguement parlé d'une interdiction à vie de se rendre chez ses amis, si son séjour se passait mal - mais le garçon se demandait s'il avait déjà fait une bêtise méritant un tel manque de confiance auprès de son père. Ce dernier lui ébouriffa les cheveux, l'enlaça un moment, et finit par annoncer son départ. « Surtout n'hésitez pas à me contacter au moindre souci. Merci pour cet accueil, je vous souhaite une très bonne fin de journée. Amuse-toi bien avec ton petit copain. » Elian eut une expression renfrognée, il détestait quand les adultes utilisaient ce terme infantilisant pour désigner ses amis, d'autant plus qu'il le trouvait tendancieux. Un signe de tête bienveillant envers les hôtes et il disparut dans un craquement sonore. Elian mit un instant pour se rendre compte qu'il ressentait beaucoup de joie à présent que son père l'avait laissé derrière lui, et fondit soudainement sur Solal, incontrôlable. « J'avais tellement hâte de venir ! » s'exclama-t-il en oubliant presque la présence des parents de son ami. Elian essayait tant bien que mal de contenir sa joie, mais il y arrivait difficilement.

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La valise d'Elian était plutôt lourde. Le Serdaigle se demanda si le père d'Elian n'y avait pas fourré tout objet tout à fait inutile aux yeux des autres mais qui paraissaient totalement nécessaires aux yeux de M. Kernac'h. Il eut rapidement sa réponse puisque le barbu fit une liste interminable de potions qu'Elian devait boire. Se tournant vers sa mère en portant la valise, le brun leva les yeux au ciel —Violet eut tout le mal du monde à garder son sérieux face à la mimique de son fils. Elle ne pouvait que partager son avis : quelle sorte de parent pouvait accepter de donner autant de potions à son enfant ? Cependant, elle pouvait lire dans le regard du père et dans ses paroles qu'il était loin d'être méchant, bien au contraire. Il semblait être très protecteur, comme l'avait dit Solal quelques jours plus tôt, mais il y avait quelque chose de très attendrissant chez M. Kernac'h qui empêchait Violet de lui en vouloir. Aussi, elle ne pouvait s'empêcher d'acquiescer en souriant face à ses nombreuses explications. Elle n'était pas certaine de donner toutes ces potions et déciderait de la marche à suivre en discutant avec le petit Kernac'h, mais elle pouvait au moins faire plaisir à son père en le berçant dans ses illusions. 
« Ne vous inquiétez pas, je suis sûre qu'Elian sera très bien et il sera libre d'envoyer autant d'hiboux qu'il le souhaite. Profitez bien de vos vacances, si vous en avez, et bon retour ! »
Elle avait pensé que l'homme aurait du mal à se séparer de son enfant mais il sembla accepter assez bien de quitter la maison. Elle crut le voir se retourner, lorsqu'elle ferma la porte, mais ne sut pas si c'était une hallucination ou non. Toujours est-il que quand elle aperçut Elian sauter sur Solal, elle adressa un sourire encourageant à son propre fils avant de quitter la pièce pour les laisser à leurs occupations. Elle savait que Solal se chargerait du reste. 
« Pas de bêtises, mh ? » Leur murmura-t-elle avant de quitter la pièce. Ciaran, lui, n'avait pas bougé du fauteuil sur lequel il était assis. Il posa le journal qu'il lisait, adressa un regard indécryptable au petit Poufsouffle.
« Tu savais qu'elle était de Poufsouffle, elle aussi ? Vous devriez bien vous entendre. En tout cas, fais comme chez toi. Ou plutôt, fais ce que tu aimerais faire chez toi et que tu ne peux pas. » rajouta-t-il d'un air tout aussi mystérieux avant de glisser son journal sous son bras et d'emprunter la porte du salon qui menait à l'extérieur, sans doute pour rejoindre la cabane du fond du jardin.

Solal leva les yeux en l'air : son père aurait pu faire l'effort d'être un peu plus discret et de ne pas montrer de façon évidente qu'il les avait prévenu de la nature du père d'Elian. Il se tourna finalement vers son camarade pour lui adresser un grand sourire, bien qu'un peu intimidé à l'idée de passer tant de temps avec lui. Il espérait qu'il ne s'ennuierait pas.
« Tu bois vraiment toutes ces potions ? » demanda-t-il en plissant le nez alors qu'il attrapa la valise qu'il avait posé un peu plus loin pour la tirer vers sa chambre. Il lui montrait, de ce fait, les pièces devant lesquelles ils passaient dans le couloir : les toilettes, la salle de bain, la cuisine, les chambres des parents et de ses frères, et enfin, tout au fond du couloir, sa propre chambre. Ils entrèrent dans la pièce qui avait la chance d'être baignée dans le soleil grâce à une grande fenêtre rectangulaire. Son lit en bois et surplombé d'une couette bleue accueillit contrastait avec le bois qui revêtait le sol et les murs de la chambre. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la chambre était plutôt bien rangée et pas très remplie. Une étagère accueillait quelques figurines d'oiseaux, des livres que Solal n'avait jamais lus —sauf ceux qui étaient généreusement imagés— et quelques jouets qu'il n'utilisait plus depuis longtemps.
« C'est comme mon père l'a dit : tu fais comme chez toi. Si t'as soif, tu me dis et on va boire. Si t'as faim, tu me dis et on va manger. Si tu veux aller dehors, tu me dis et on sort. Si tu veux dormir, tu me dis et on dort. Okay ? » Il tira doucement sur la manche d'Elian comme pour l'encourager à s'ouvrir et à ne pas hésiter. Il tourna ensuite sur lui-même en observant autour de lui, comme s'il ne savait pas quoi proposer au Poufsouffle. Il s'approcha des deux sacs de camping où étaient rangés la tente et les sacs de couchage.
« Là c'est pour si tu veux aller camper, annonça-t-il avant de tourner la tête vers son camarade. Comme il fait chaud et que c'est les vacances, le soir souvent on mange dehors mais j'espère que t'as pas peur des abeilles parce qu'il y en a qui viennent nous embêter à cause des fleurs du jardin. Il laissa passer un silence, avant de rajouter d'une petite voix : Tu veux aller voir les fleurs du jardin ? Tu veux faire quoi ? » Ses doigts ne trouvaient pas le repos et il les tortillait dans tous les sens.

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Les deux parents de Solal avaient fait une très bonne impression auprès d'Elian, ils laissaient penser qu'ils étaient des sorciers très responsables et prévenants, et le garçon se sentait déjà en sécurité auprès d'eux. C'était rassurant de voir son père trouver un terrain d'entente avec d'autres sorciers que les collègues qu'il voyait tous les jours, du moins il espérait qu'il avait été sincère en leur accordant sa confiance car il ne voulait pas être dérangé par un hibou postal tous les matins de son séjour, et même la passion de Solal pour les oiseaux devait avoir une limite. La maîtresse de maison lui inspirait une douceur qu'il ne connaissait pas de la part du peu de sorcières qu'il connaissait. Les joues rouges lorsqu'elle leur intima de ne pas faire de bêtises, un grand sourire aux lèvres, il se tourna ensuite vers le père de son ami. Il trouvait qu'il lui ressemblait davantage, avec ses cheveux sombres. Ce dernier semblait justement l'observer en retour. L'avait-il surpris à rougir devant Mrs. Rosenberg ? Il lui apprit qu'elle avait été répartie à Poufsouffle pendant sa scolarité à Poudlard, Elian se tourna alors vers Solal, il était curieux qu'il ne lui ai jamais fait cette révélation, et eut malgré lui une expression un peu mélancolique. C'était dommage que son ami n'avait pas partagé assez de traits communs avec sa mère pour qu'ils soient répartis dans la même Maison, dans leur école de magie. Mais au moins, si tout se passait bien cet été, ils pourraient se rattraper pendant les pauses en s'invitant chez eux.

M. Rosenberg lui conseilla de faire ici tout ce qu'il ne pouvait pas faire chez lui, s'éclipsant en laissant un Elian figé dans une expression éberluée. Si Solal était intelligent selon lui, son père devait l'être dix fois plus, tel un être omniscient capable de deviner ses privations. Son ami le sortit de son état paralysé pour éclaircir cette histoire de potions.
« Oui, ça rend mon père heureux alors je les bois toutes... A part une qui a un goût infecte. » Il fit une grimace comme s'il venait justement d'en avaler une gorgée. Elian le suivait à travers sa maison, son sac toujours vissé sur le dos et sa casquette dans la main. L'adrénaline l'empêchait de ressentir les effets de son voyage, même s'il était très reconnaissant envers Solal d'avoir pris en main sa valise. Ils visitaient ainsi chaque pièce, entrecoupés par des "Waaaw" d'Elian - y comprit lorsqu'il découvrit des toilettes. Il pourrait dire à son père que tout était propre chez les Rosenberg, même la chambre de Solal semblait tout à fait habitable. Les yeux d'Elian parcoururent cette pièce avec plus d'attention, on pouvait deviner tellement de choses sur une personne en observant son jardin secret. C'était le cas, il avait l'impression d'être enfin arrivé dans le cercle intime du Serdaigle, qui avait gardé ses couleurs jusqu'à sa parure de lit. Il s'étonnait d'avoir réussi à deviner correctement certains éléments décoratifs de sa chambre, comme les figurines des différents oiseaux sur son étagère ! Elle était somme toute bien mieux ordonnée et plus accueillante que la sienne.

Solal l'intimait lui aussi à faire comme chez lui, mais même chez lui il n'était pas autorisé à faire grand chose... Il resta un peu immobile vers sa porte, les mains croisées devant lui, mais son ami l'invita à s'ouvrir davantage en le tirant un peu vers le milieu de la pièce. Il désigna deux sacs en lui expliquant son projet de camper. Si Elian savait ce que cela signifiait, il ne s'était jamais imaginé pouvoir vivre une véritable aventure avec un autre apprenti sorcier de son âge et ne savait même plus ce qu'il pouvait lui répondre pour lui signifier qu'il adorerait camper, manger dehors, ou observer les abeilles butiner. Elian remarquait bien la pression que se mettait Solal à vouloir être le meilleur hôte possible, surtout lorsque ce dernier lui demanda d'un air anxieux ce qu'il voulait faire à présent.
« Je t'ai ramené quelque chose ! fit-il d'abord soudain en se débarrassant de son sac-à-dos pour s'accroupir au sol et y chercher les gâteaux gallois auxquels il ne pensait plus. « Même les Elfes n'en font pas des comme ça à Poudlard ! » Sur la petite boîte contenant les sucreries qu'il lui tendit, le dessin du dragon du Pays de Galles crachait du feu à intervalles réguliers. « Tu penses qu'on pourrait partir camper dès demain ? demanda-t-il un peu pensif, comme si l'idée venait de faire son chemin dans son cerveau. Il s'assit au bord du lit. « J'ai vu pleins d'espèces de plantes différentes devant ta maison, mais j'ai pas encore vu derrière ! Il fait encore jour on pourrait se poser dans l'herbe ! Puis, de nouveau modéré, il regarda par la grande fenêtre. « C'est le paradis ici, peut-être que je vais m'installer indéfiniment en fait... Si jamais l'un de tes frères part, tu penseras à moi ! » dit-il, impitoyable.

Deuxième année inRP.

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Le regard de Solal se glissait sur la valise d'Elian à intervalles régulières, plein de curiosité. Il voulait ouvrir la fenêtre, puis ouvrir la valise, faire un ménage et lancer par la fenêtre tout ce qu'Elian n'avait pas réellement besoin —tout ce que son père lui imposait de garder pour sa soit-disant sécurité et qui n'était autre que du superflu aux yeux du garçon. Mais même s'il savait qu'Elian ne vivait pas très bien cette situation, peut-être qu'il s'en accommodait aussi et qu'il se sentirait perdu sans toutes ces fioritures. Le Serdaigle décida donc de taire ses pensées : le séjour d'Elian à Chipping Campden n'avait, après tout, que pour vision de changer les idées d'Elian et de le laisser profiter de ses vacances d'été comme il le voulait —le séjour permettait aussi accessoirement à Solal de passer du temps avec son ami sans être encadrés par le château imposant de Poudlard. Durant cette première année à Poudlard, il avait rencontré beaucoup de personnes et avait été témoin de situations compliquées pour lesquelles la solution la plus simple n'était pas forcément l'idéale.

Elian lui avait apporté un cadeau —c'était officiellement le premier cadeau qu'un ami lui offrait hors de Poudlard. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire immense et il tendit les bras pour attraper le paquet de gâteau, s'asseyant lui aussi sur le bord du lit. La boîte était plutôt jolie, peut-être pourrait-il la garder même s'ils finissaient les gâteaux ; le dragon était très joli. Il se demanda si les personnes qui avaient dessinés ces illustrations avaient déjà vu un dragon et s'ils ressemblaient tout à fait à ça dans la vraie vie et releva la tête vers son ami en réalisant que ce n'était pas le moment de se perdre dans des réflexions inutiles. Elian souhaitait camper le lendemain, ce qui ravit le Serdaigle —il avait hâte de s'éloigner de l'ambiance étrange qui régnait dans la maisonnée. 
« Merci pour les gâteaux ! On les mangera en campant demain alors, si tu veux bien. » Il se leva sans prévenir, s'attendant de toute façon à ce que Elian le suive. Il posa la boîte sur sa table de chevet et sortit de la chambre pour parcourir le couloir, haussant la voix afin que son ami l'entende quand même. 
« Y a de la place pour toi même si les nazes sont là. » déclara-t-il alors qu'il passa un bras dans la cuisine pour attraper une bouteille de grenadine toute fraîche dans le frigo. Il se tourna vers Elian en souriant, puis se dirigea vers la baie vitrée du salon qui donnait sur le jardin. Dehors, on pouvait voir Blaze et Cosmo en train de jouer avec un des nouveaux arroseurs automatiques que Violet avait fait installer il y a quelques jours. Solal avait alors demandé à sa mère si elle n'aimait plus jardiner, elle n'avait pas répondu.

« Elian est là ! » s'exclama Solal en mettant le pied dehors. Les deux cadets se tournèrent alors vers eux, et il ne fallut pas plus longtemps à Cosmo, le plus jeune de la fratrie, pour courir vers Elian, attraper son bras et le tirer jusqu'à l'arroseur automatique.
« À l'eau, à l'eau ! » criait le petit garçon sous les protestations de Solal qui tentait tant bien que mal de tendre le bras vers Elian, mais lui même avait été pris pour cible : Blaze, lui avait sauté sur le dos. Malgré leurs deux années d'écart, Blaze avait déjà bien grandit et s'était musclé —il était, de loin, le sportif de la famille, si bien que Solal éprouvait de réelles difficultés à le faire tomber de son dos.
« Arg, lâche ! Descends de là que je te— » À force de gesticuler, il se pencha trop en avant et fut déséquilibré. Les deux frères finirent par terre, Blaze étalé de tout son long sur son aîné.
« Bienvenue chez nous, Elian ! » s'exclama Blaze. Il se redressa pour s'asseoir, tapotant sur le haut du crane de Solal qui, contraint, avait croisé ses bras pour poser son menton dessus. L'arroseur automatique les avait trempé mais malgré la fin de l'après-midi, il faisait encore assez chaud pour que l'eau fasse du bien au Serdaigle. Il se releva d'un coup, faisant tomber Blaze par la même occasion, et asséna un coup sur le crâne de chacun de ses frères.
« Vous auriez fait quoi si Elian était allergique à l'eau ?! Et qu'il allait mourir ?! On tire pas les gens qu'on connait pas comme ça ! »

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L'impatience qu'Elian laissait entendre à l'idée de faire du camping ne fut pas discutée plus longtemps, Solal avait déjà décidé que c'était dorénavant ce qu'ils allaient faire le lendemain. Le Poufsouffle, qui avait toujours eu l'habitude de se confronter à un mur de refus lorsqu'il osait confier ce genre de projet à son père, était assez sonné par la facilité dont les choses s'étaient décidées. En combien de temps son ami avait-il bien pu convaincre ses parents ? Leur en avait-il seulement parlé ou était-il libre de faire tout ce qu'il voulait avec ses frères ? Elian songeait que découvrir toutes les différences dans le fonctionnement de leurs familles allait être très intéressant pendant son séjour et qu'en plus de les analyser, il pourrait effectivement profiter de ces différences, comme le père de Solal lui avait soufflé.

Heureux que son ami ait accepté son petit cadeau, Elian le suivit à travers sa maison sans vraiment réussir à s'en faire un plan plus précis - il aviserait sur le moment comme il le faisait généralement. Dans la cuisine, il chercha à qui Solal se référait lorsqu'il parlait des "nazes", mais n'eut pas à se poser plus longtemps la question en tournant la tête vers la baie vitrée de la pièce éclairée. Deux garçons plus jeunes qu'eux s'amusaient avec de l'eau qui semblait jaillir du sol. Elian se demanda par quel procédé magique cette diablerie était rendue possible, très facilement émerveillé par ce genre de chose assez évidente. Il s'approcha silencieusement à la suite de Solal, en essayant de taire l'angoisse qui sommeillait dans son ventre, lorsque ce dernier s'enquit de montrer leur présence. Le Poufsouffle n'avait jamais éprouvé de difficultés face aux enfants, mais ceux-là étaient un peu différent : ils étaient les petits frères de son ami. Sans les redouter, Solal lui avait parlé que très brièvement de Blaze et Cosmo, et il n'avait pas pu se faire une idée d'eux. Lui-même n'avait pas connu de lien fraternel, et la différence d'âge entre sa grande sœur et lui commençait à se faire sentir par leur absence de communication, c'était donc une chose assez nouvelle que de se retrouver vivre parmi une fratrie entièrement composée de garçons.

A peine Solal avait-il annoncé son arrivée que les deux petits garçons s'étaient tournés dans un même geste dans leur direction, tels deux gnomes assoiffés d'Horglups. Elian venait de lever une main en prononçant un début de
« Salut » peu sonore, lorsque le plus petit des deux le tira par son autre bras jusqu'à un jet d'eau fraîche. Figé par l'étonnement d'avoir été surpris par un enfant bien plus jeune que lui, - et voyant que Solal et son autre frère avaient fini par basculer au sol à force de se débattre, Elian songea que c'était une drôle d'entrée en matière dans la fratrie et se demanda s'ils agissaient toujours ainsi pour se saluer. Celui qui avait pris ses aises sur Solal lui adressa un message de bienvenue assez comique depuis son angle de vue. « Superbe chute en tout cas, essaya de prononcer Elian entre deux bourrasques d'eau, le pouce levé - ce qui le rendait assez pathétique, en revanche. Mais le grand frère fut beaucoup moins enthousiaste envers ses cadets, corrigeant une attitude qu'il jugeait irresponsable. Elian s'était approché pour entendre la conversation sans eau dans ses oreilles.

Il trouvait l'idée d'être allergique à l'eau assez cocasse, mais sans trop savoir pourquoi, il se faisait un devoir d'aider Solal à garder la face devant les petits frères.
« C'est vrai ça, j'aurais pu aussi être allergique à la main de tous les sorciers qui se prénomment Cosmo, ou bien allergique à la vue d'une perte d'équilibre tout à fait ridicule... Il pouffa de rire en repensant à la maîtrise de Solal par Blaze. « Ou alors... » Il ne put pas continuer sa liste, son attention était tout simplement monopolisée à un endroit précis sur le sol. « Oooh de la Valériane, fit-il en se baissant pour l'observer de plus près sur la façade de la maison. Il s'en approcha comme s'il venait de découvrir une espèce rare dans son état naturel. « C'est l'une de mes plantes magiques préférées... Vous saviez qu'elle peut être aussi dangereuse que sauvante... sauveuse... euh salvatrice ? » Il ressemblait à un journaliste de terrain, assis en tailleur le dos séchant aux derniers rayons du soleil, prêt à interviewer cette plante qui n'avait, somme toute, rien demandé. « On pourra en emporter demain, comme de vrais sorciers aventuriers ? » demanda-t-il à Solal avec des yeux implorants.

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Tout le monde se fichait de lui : Blaze, Cosmo, et même Elian qu'il avait voulu sauver des griffes démoniaques de ses petits frères ! Il se renfrogna, croisa les bras et s'éloigna de l'arroseur automatique en boudant. Il devait avouer que cet arroseur était une très bonne idée —sa mère l'avait honteusement copiée sur le voisin qui était venu en installer un avec gentillesse; Violet avait alors dit "ça sert d'avoir des relations", et Solal avait pensé qu'effectivement, Ciaran devait toujours se débrouille tout seul au contraire de sa mère.
Il se pencha vers la Valériane à son tour et, voyant le regard fasciné du Poufsouffle, ne tarda pas à tendre le bras pour arracher quelques brins de Valériane et le lui tendre.
« Tiens, cadeau. Tu peux les garder. » Déclara-t-il sans vraiment regarder son camarade. Il avait hâte d'être au lendemain, et de pouvoir explorer sans avoir ses frères dans les pattes —il n'avait jamais pu camper sans eux.

JOUR 2

Le premier jour s'était très bien passé. Elian avait un petit appétit, si bien que la famille Rosenberg avait d'abord cru qu'il ne se sentait pas très bien mais ce n'était pas le cas. Solal le connaissait un peu ; assez pour savoir qu'il était libéré —ou alors était-ce son inconscient qui se jouait de lui et qui voulait lui faire penser qu'Elian était tout à fait à l'aise quand ce n'était pas le cas. Toujours est-il qu'Elian ne se plaignait de rien, ce qui n'étonna pas le Serdaigle.
Mais des choses étonnantes, il y en avait. Comme le fait qu'Elian décida de se révolter contre l'autorité de son père en vidant les flacons de potions un par un dans l'évier —avec l'aide de Solal qui ne se fit pas prier. Il observer les liquides couler dans l'évier en se posant toutes les questions du monde : pourquoi son père était-il si protecteur ? Est-ce que Elian avait failli mourir un jour, si bien qu'il avait peur que cela se reproduise ? Encore une fois, le Serdaigle avait tu ses interrogations, de peur d'aller trop loin, d'être trop curieux, mais les questions s'amoncelaient. Les réponses viendraient peut-être plus tard.
Il apprit aussi que, peu importe à quel point on pouvait s'intéresser à quelqu'un, il y avait des choses qu'on aurait préféré ne pas savoir. Elian dormait avec un doudou. Jusque là, rien de bien inquiétant : Solal en avait aussi; il les avait caché jusqu'à ce qu'Elian sorte le sien. Encouragé, il sortit alors sa peluche de Focifer et celle de Phoenix avant de se tourner vers son ami, un grand sourire aux lèvres. Il le perdit aussitôt en remarquant la peluche d'Elian. C'était une peluche de bicorne. Quel garçon de leur âge avait une peluche de bicorne ? Elle était affreuse, comment pouvait-il dormir avec ça ? Lorsque Elian lui montra sa peluche, Solal se contenta de sourire en hochant la tête, il n'eut pas le cœur de lui dire quoi que ce soi sur l'horreur avec laquelle il dormait.

Enfin, arriva le début de l'après-midi. Solal attendait au pas de la porte, leurs sacs posés à ses pieds. Elian finissait de se préparer dans la salle de bain ; il était lent. Très lent. Il passait toujours tant de temps dans la salle de main que le Serdaigle se demandait réellement ce qu'il y fichait. Le brun, lui, entrait, passait un coup de brosse à dent, deux coups de brosse dans les cheveux et en ressortait. Pas le Poufsouffle. Solal se rappelait que Ciaran avait déjà blagué là-dessus en disant que les femmes mettaient beaucoup de temps dans la salle de bain, mais bien qu'il n'ait pas été vérifié, le garçon était certain qu'Elian n'était pas une fille. Peut-être que tout n'était pas explicable par le sexe de quelqu'un.
Toujours est-il que, fille ou pas fille, Elian était lent et que Solal l'avait attendu depuis bien dix minutes avant de finalement voir sa frimousse passer la porte d'entrée pour le rejoindre. S'il avait d'abord pensé à râler, il avait abandonné toute idée de le faire en voyant le sourire enjoué de son camarade.

Solal fourra dans les mains les nouveaux brins de Valériane qu'il avait cueillit pour son ami —il avait demandé à emmené ? Qu'il emmène toutes les pousses de Valériane du jardin, Solal lui donnerait tout.
« En avant, moussaillon ! » Il tendit le bras en direction d'une grande forêt et se mit en marche, la tente et son sac de couchage sur le dos, dans un sac qui contenait assez de nourriture pour dix personnes. Violet avait mis les petits plats dans les grands et Solal se fit la réflexion, avec une certaine jalousie, qu'elle n'avait jamais autant cuisiné que depuis qu'Elian était arrivé. Il en avait cependant bien besoin. Sur le chemin, ils croisèrent Amory et Oskar qui rentraient d'un week-end sur un bateau avec des amis.
« Oh, vous avez récupéré des poissons ? Donnez-nous en un, on va le manger avec Elian. » demanda-t-il tout sourire, avant de se faire envoyer balader par Amory de la façon la plus juste qu'il soit : le poisson attirerait les insectes et ils finiraient bien embêter. Solal n'avait plus rien à rétorquer et décida de reprendre son chemin en tirant Elian avec lui —tant pis pour Oskar qui voulait visiblement discuter avec le Poufsouffle. Enfin, après une quinzaine de minutes de marche, ils entrèrent dans la grande forêt lumineuse. Les arbres les surplombaient : parfois très fins, d'autres très imposants. Le chant des oiseaux les accueillait et Solal se tourna vers Elian pour lui adresser un grand sourire.
« Avant-hier j'me suis baladé ici pour chercher un bon endroit pour poser la tente et j'ai trouvé un endroit super cool ! Alors y a plus qu'à espérer qu'on le retrouve. » annonça-t-il en continuant de marcher. Il se pencha pour attraper une petite fleur violette, la cueillir et la donner à Elian comme s'il n'avait qu'un seul objectif : faire plaisir à son camarade.
« T'en as pensé quoi de ce premier jour ? » Il murmura la question si timidement qu'il n'était pas sûr que son ami l'entende, mais il continua d'avancer.

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La journée se finissait et Elian se disait qu'elle était passée bien trop vite en compagnie des Rosenberg. Toutes ses appréhensions avaient fini par s'évanouir, la famille de Solal n'était pas regardante sur son caractère un peu en retrait, c'était peut-être dû au fait qu'elle soit déjà composée de cinq garçons assez libres de se comporter comme ils le voulaient... Il avait accroché à son sac les fleurs de Valériane en vue de leur expédition le lendemain, puis était tombé sur la collection de flacons de potions magiques que son père lui avait laissées, submergé par une émotion qu'il avait rarement connue jusqu'à présent. Avec le recul que lui lui permettait son séjour ici, Elian se demandait comment il avait pu accepter de boire ces placebos juste pour faire plaisir à son père...

Solal n'en prenait pas, ses frères non plus, ni les camarades dont il avait fait connaissance l'année écoulée.
« Tu sais quoi », avait seulement dit Elian en sortant tous les flacons un par un, d'un air déterminé. Juste avant d'aller dîner dehors, il commença à les vider dans l'évier en essayant de ne pas faire attention à la surprise qu'exprimait Solal à ses côtés. Ce dernier ne posa pas de questions et il lui en fut extrêmement reconnaissant car il n'était pas certain de posséder toutes les réponses, ni de vouloir les connaitre d'ailleurs... Son ami l'aida même à s'en débarrasser, et Elian accueillit ce geste comme une nouvelle preuve qu'ils pouvaient se comprendre sans avoir à poser des mots sur leurs sentiments. Bien entendu, Elian se sentit très sale une fois débarrassé des potions, mais il décida de ne pas s'en préoccuper tant qu'il serait chez Solal, d'autant plus que même sans Goutte du sommeil, il passa une nuit tout à fait réparatrice en compagnie de son Bicorne en peluche. D'ailleurs rassuré de ne pas avoir à justifier sa présence dans sa valise - ayant réussi à passer la surveillance de son père qui détestait la chose car elle l'obligeait à lancer des Récurvite à tout-va tel un véritable nid à microbe -, il le fut d'autant plus quand Solal lui montra qu'il en possédait également - qui faisaient bien plus de sens que le Bicorne mais il n'était pas assez impartial pour le juger.

Son excitation à l'idée de partir camper en autonomie avec son ami ne l'empêcha pas de garder sa précieuse routine de soins le lendemain matin, passant plus d'une heure dans la salle de bain pour troquer son pyjama à rayures pour une tenue décontractée en vue de leur prochain périple. Seule sa casquette avec un motif de blaireau jaune jurait avec les couleurs discrètes de ses vêtements. Elian s'était demandé comment Solal faisait pour se préparer aussi vite sans faire de zèle, et alla même jusqu'à s'interroger une fois encore sur l'éducation de son père : ne lui avait-il pas encore inculqué une énième mauvaise habitude ? Toujours est-il que Solal eut le temps de finir de rassembler les provisions et tout ce dont ils auraient besoin dans la petite forêt, et même de remplir sa réserve de Valériane.
« Ooh super, encore plus de Valériane ! Allons-y mon capitaine ! » s'écria Elian avec un visage illuminé, s'éloignant de la maison en faisant un signe de la main à Violet, la mère de Solal qui les avait bien aidés, comme s'ils partaient pour un périple de cent jours.

Son cœur battait à tout rompre, ils étaient enfin voués à eux-mêmes dans une jungle hostile... Du moins dans la tête du Poufsouffle. D'ailleurs, ils ne tardèrent pas à rencontrer des signes de vie, répondant aux prénoms d'Amory et d'Oskar, les deux frères aînés de Solal. Elian resta un peu en retrait cette fois-ci, ayant probablement une appréhension liée à sa première rencontre avec les petits frères de son ami. Il affichait une expression un peu admirative car les grands avaient su pêcher seuls des poissons. Elian répéta son geste de la main à moitié poussé par Solal qui l'éloignait des garçons, et bientôt ils retrouvèrent leur jungle silencieuse. S'ils suivaient un petit sentier, bientôt les arbres eurent bientôt fait de recouvrir leur passage, cela n'avait rien à voir avec les ballades en forêt qu'Elian pouvait faire à de rares occasions avec son père.


Elian attrapa la fleur que Solal lui avait ramassé et la cala sur son oreille comme une oreillette de Moldu. Ce dernier ce souciait de son bien-être comme s'il était l'un de ses petits frères, ayant même fait un premier repérage dans les environs pour préparer le terrain. Le Poufsouffle, un peu surpris par la question, sembla réfléchir un moment, mais sa réponse sonna comme une évidence :
« Je crois que je me suis jamais senti aussi bien qu'ici, tu as une famille en or. » Tout en continuant sa marche, il sentait déjà que les vacances allaient passer très vite avec son ami, et voulait en profiter un maximum avant de retourner à Cardiff. « Il faudra que tu viennes chez moi, dès que tu pourras ! » Ce serait une autre bataille à engager auprès de son père, mais il était dorénavant prêt à se battre pour la mener à terme. Les deux garçons finirent par retrouver le coin repéré par Solal, une petite clairière entourée par des sapins et des chênes, et ils se débarrassèrent de leurs sacs de camping sur la terre plate. « Tu sais comment monter la tente ? demanda le Poufsouffle en observant d'un air un peu anxieux les environs, il n'était plus aussi certain d'être un aventurier sorcier, et ce n'était pas sa maîtrise du sortilège d'Allumage de baguette qui allait pouvoir les défendre en cas de "mauvaise rencontre". « Quand j'étais dans le train j'ai vu des moutons près d'ici... Il y a beaucoup d'animaux comme ça ? » Elian adorait les animaux... Lorsqu'ils étaient contrôlés par les humains et non libérés aux quatre coins d'une forêt qui lui paraissait assez inquiétante, maintenant qu'ils s'étaient un peu éloignés de la maison de Solal.

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Elian avait qualifié les Rosenberg de "famille en or". L'année précédente, Solal n'aurait pas hésité et aurait approuvé les propos de son ami. Cette année l'avait rempli de quelques doutes, il se contenta de hocher la tête avec un petit sourire. Il n'était pas certain qu'ils soient une famille en or; les mensonges semblaient être légion et il avait souvent l'impression de n'être au courant de rien —les bouteilles de son père lui auraient été totalement inconnues si ses frères ne l'avaient pas mis au courant—, il sentait que quelque chose se tramait. Pouvait-il alors affirmer que sa famille était en or ? Lui-même n'en était pas certain, mais il se rassurait : Elian passait de bons moments ici et se sentait bien, c'était le principal. L'objectif principal de ce séjour, après tout, était de remonter le moral d'Elian qui semblait définitivement perdu face au comportement de son père.

« Ton père voudra bien que je vienne ? Tu crois qu'il m'aime bien ? » Il plissa le nez; être dans les bonnes faveurs du paternel Kernac'h lui paraissait être nécessaire. Passer du temps chez eux serait peut-être difficile pour lui, il lui faudra supporter les tendances excessives du barbu, et il n'aurait sûrement pas son mot à dire. Il doutait que le père d'Elian veuille bien écouter les conseils d'un enfant. Parce que les adultes étaient toujours comme ça : ils croyaient que leur expérience de la vie leur procurait la vérité absolue et que les enfants devaient les suivre aveuglément, sans se poser de questions. Cette pensée agaça Solal qui donna un coup de pied dans un caillou au sol. Il espérait ne pas devenir un adulte hautain.

« La tente ? Oui, oui, je sais. » Non, il ne savait pas. Il avait déjà monté la tente, ou plutôt regarder ses frères la monter, si bien qu'il avait une idée assez floue de la marche à suivre. Mais il se voulait optimiste. Ils leur fallait encore marcher un peu pour trouver l'endroit que Solal avait choisi pour leur campement et ils devaient d'abord descendre une petite pente abrupte. Sans demander, le Serdaigle attrapa la main de son ami pour qu'il ne tombe pas —connaissait la maladresse du Poufsouffle— alors qu'il retint son souffle tout le long de la descente.

« Mh, moi j'en vois pas souvent mais y a des sangliers, des bambis, des écureuils et des lapins. Puis plein d'oiseaux. Mais ils sont timides je crois, tous. » Il lâcha la main de son camarade et pointa le doigt vers un chemin. « C'est par là, on y est presque ! » s'exclama-t-il avant de se mettre à courir sans prévenir, bien que le poids de son sac l'empêchait de courir aussi vite qu'il pouvait, il avait d'ailleurs manquer de tomber à la renverse mais s'était rattrapé de justesse à un arbre avant de se remettre à courir de plus belle. 
Au cœur de la forêt, une clairière minuscule —juste assez pour y poser trois tentes— permettait aux campeurs en herbe d'installer leur campement. On entendait la rivière qui coulait plus loin, longeant la forêt. Au milieu de la clairière, essoufflé, Solal déposa son sac et se tourna vers son camarade, un grand sourire aux lèvres :
« On y est ! On va pouvoir mettre la tente là, et après on peut faire ce que tu veux ! » Il s'affaira à sortir la tente de son sac et, les sourcils froncés, commença à organiser les différentes pièces qu'il devrait mettre ensemble. S'il essayait de garder une expression confiante et assurée devant Elian, il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il faisait.
« T'as jamais, campé, toi ? » C'était plus une question rhétorique : il se doutait qu'Elian n'avait jamais campé. Il imaginait parfaitement son père avoir peur qu'il attrape froid, ou qu'il se tue avec une des sardines de la tente. Ou encore qu'il se fasse manger par un sanglier-garou —il était sûr que M. Kernac'h avait encore d'autres idées farfelues qui lui venaient à l'esprit quand il imaginait son fils partir en camping.

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En y réfléchissant un peu mieux, et à partir du moment où Solal avait posé des mots sur le problème nommé M. Kernac'h, les choses étaient un peu différente pour Elian, comme mise en perspective, même s'il refusait de s'y pencher de trop près. Il n'allait pas mentir à son ami en lui disant que son père l'appréciait, après tous les doutes que ce dernier avait émis il y a quelques semaines sur sa famille... Mais son attitude avait quelque peu changé la veille, lorsqu'il avait rencontré la mère de Solal. Elian ne connaissait pas les ruses des adultes, les faux-semblants pour garder une bonne image aux yeux de ceux qui nous paraissaient antipathiques, alors il ne pouvait pas vraiment savoir si son père appréciait Solal ou non, même s'il méritait à ses yeux tout l'intérêt du monde. « Au moins il ne t'a pas snobé hier, c'est ce qu'il faisait avant, quand j'avais des amis en primaire. » L'utilisation du passé était important, il ne connaissait plus aucun enfant à Cardiff depuis qu'il était rentré à Poudlard. Peut-être que son père préférait ignorer les Moldus et surtout ceux qu'Elian fréquentait, pour montrer à son fils qu'ils n'avaient pas grand intérêt - c'était assez raté...

Le garçon avait manqué à plusieurs reprises de tomber dans les descentes ou de s'embourber dans des talus épineux, à force de regarder dans les hauteurs des arbres, dans l'espoir de voir des créatures se manifester. Heureusement, Solal avait toujours été là pour le ramener sur le droit chemin ou bien s'assurer qu'il ne tombe pas. Elian était, comme toujours depuis qu'il le connaissait, très impressionné par la débrouillardise du Serdaigle, et davantage encore lorsqu'il lui lista les animaux qu'ils pouvaient croiser par ici.
« Des bambis ? répéta Elian en ricanant, pour une fois qu'il comprenait une référence à un dessin-animé pour enfants. « Trop chou ! » Une fois posés sur l'emplacement que Solal avait trouvé, il fallait encore savoir monter la tente avant que la nuit tombe. Là encore, son ami semblait avoir beaucoup plus d'expérience que lui.

Il s'accroupit et observa en silence Solal manipuler le matériel. Puis, pour s'amuser, il sortit sa baguette magique, observa une nouvelle fois les environs, et souleva très légèrement la toile de haut en bas à l'aide du sortilège de Lévitation qu'ils avaient appris à l'école.
« Non j'ai jamais campé, mais toi on dirait que tu as fait ça toute ta vie, ce sont tes frères qui t'ont appris ? » fit-il à l'adresse de son ami, toujours fasciné. Ce n'était pas sa grande sœur qui lui aurait montré ce genre de choses, les seules sorties qu'ils avaient faites ensemble du temps où elle vivait encore à Cardiff étaient des virées au centre commercial, où elle lui avait seulement appris la patience dans les cabines d'essayage et l'importance de ne pas oublier un sac rempli d'achats récents dans une aire de repos.

« T'as déjà fait un feu de camp ? J'ai lu les étapes dans le dernier numéro du P'tit Sorcier, on pourrait essayer d'en faire un ! » Il jeta un œil au sol, puis en direction des arbres qui entouraient la clairière. « Je vais rassembler des branches d'arbres et des cailloux pendant que tu montes la tente, on a qu'à s'inventer un signal si jamais on a besoin de se retrouver ! Il réfléchit un instant, puis cria comme un loup, ou du moins tenta d'imiter son cri. Elian s'éloigna ensuite dans la forêt, et commença à rassembler ce dont ils auraient besoin, ne voyant pas le temps passer dans cette nature fascinante. Il espérait peut-être croiser un ou deux bambis en restant silencieux, sans savoir que des animaux un peu plus dangereux tels des insectes piquants ou des vipères appréciaient également la tranquillité. Son t-shirt lui servait de panier pour rassembler les plus grosses pierres qu'il pouvait croiser, certaines l'obligeant à gratter le sol pour les déterrer - alors qu'il avait toujours pensé qu'on pouvait en trouver simplement posées sur la terre, et rendant ainsi caduque ses heures passées dans la salle de bain de Solal. Elian se rendit compte qu'il n'était pas aussi tranquille tout seul dans cet environnement, et que la présence de Solal lui serait indispensable s'il voulait explorer un peu plus loin. Son retour sur le camp se fit plus rapide, des branches sous le bras et un t-shirt rempli de cailloux.

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En y repensant : la première impression que Solal avait eu d'Elian était bien différente de ce qu'il était réellement. Le Poufsouffle était tête en l'air. C'était une certitude. Mais pour autant, il n'était pas aussi idiot et vulnérable qu'il en avait l'air. Aux premiers abords, Solal avait presque senti le besoin de devenir le garde du corps du blond mais il n'en avait finalement pas besoin. Aussi désagréable que cela puisse sonner aux oreilles de Solal : Elian pouvait se débrouiller seul. Il était fort, persévérant, et plus intelligent qu'il n'y paraissait. Avec un peu de volonté, il pouvait tenir tête à son père, et devenir un garçon plus indépendant. Il n'avait pas besoin de Solal pour ça. Il ne fit pas de commentaire suite au compliment d'Elian : Solal se débrouillait très mal et réussit difficilement à monter la tente. Il se contenta d'hocher la tête à sa question, l'air assuré, comme s'il maîtrisait la situation. En réalité, il avait peur qu'elle tombe au moindre coup de vent mais il priait pour que ça n'arrive pas, tout comme il priait pour que les nuages gris à l'horizon y reste et ne se déplace pas vers eux —la pluie ne l'arrêtait pas, mais il savait que la majorité n'aimait pas ça et cherchait systématiquement à s'en éloigner.

« Un feu de camp ? Non jamais, mais on peut essayer ! Une fois papa en a fait, mais il l'a fait avec sa baguette. Nous on a pas le droit. » il fit la grimace à cette remarque ; il ne comprenait pas pourquoi les apprentis sorciers ne pouvaient pas utiliser la magie hors de Poudlard, et pendant quelques secondes il détesta les moldus de les empêcher de vivre comme ils le voulaient, avant de se rappeler qu'ils n'avaient eux-même rien demandé. 
Le Serdaigle éclata de rire lorsque Elian imita le loup et s'empressa de le rejoindre dans ce concert douteux. Quand Elian disparut, Solal s'empressa de finir de monter la tente en jetant des regards inquiets dans la direction qu'avait pris Elian un peu plus tôt : allait-il sortir vivant de cette expédition solitaire ? Il se dépêcha de finir de monter la tente qui n'était pas très grande, juste ce qu'il fallait de place pour deux garçons. Il avait bien demandé à ses parents d'y lancer un sortilège d'Extension, mais ils avaient refusé : ils n'avaient pas besoin de tant de place !

Après avoir terminé le montage de la tente, Solal installa leurs sacs dans celle-ci et attendit impatiemment le retour de son ami, les bras croisés. Il s'impatienta vite et fut à deux doigts d'imiter le loup quand Elian arriva enfin, les bras et le t-shirt chargé.
« Ah, t'es de retour ! J'ai eu peur que tu te perdes ! » s'exclama-t-il, alors qu'il s'empressa d'attraper des branches et des cailloux pour alléger Elian. Il les posa à quelques mètres de la tente, entreprenant ensuite de former un cercle avec les cailloux comme il l'avait vu dans diverses illustrations dans des livres.
« Alors, on fait comme ça, c'est ça ? Puis on met les branches là... Au fait, t'as vu les nuages ? J'ai peur qu'il pleuve, ça tombe mal quand même ! » déclara-t-il en plissant le nez, levant un regard inquiet vers son ami. Il croisait les doigts intérieurement pour qu'il ne décide pas de rentrer à la maison malgré la pluie.
« Oh, au fait, tu sais quoi ? Il y a un Serdaigle qui a déménagé à Chipping Campden aussi, il s'appelle Léo. C'est improbable, tu trouves pas ? C'est tout petit ici. » raconta-t-il tout en déposant les branches, agenouillé par terre. Il se leva ensuite et adressa un regard plein d'attentes à son ami : allait-il réussir à lancer un feu ?

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Ses yeux eurent à peine le temps de s'habituer à la lumière du jour qu'il sortit des bosquets pour retrouver le petit campement, à présent riche d'une petite tente érigée en son centre. Elian en fit le tour d'un air intéressé, comme un inspecteur des travaux finis, avant de s'exclamer avec un grand enthousiasme - quelques cailloux tombant lourdement au sol : « C'est super ! Elle est identique à celle de mon magazine ! » Solal l'aida à se débarrasser de tous les matériaux naturels qu'il avait pu ramasser dans les alentours, et ils s'essayèrent à l'exercice du feu de camp, assez compliqué sans l'aide de la magie. « On aurait dû emmener ton père pour qu'il nous allume un feu, il est gentil. » C'était un drôle d'enchaînement, mais l'esprit d'Elian faisait déjà attention à autre chose car selon son compagnon d'aventure, le temps semblait se dégrader. Il observa le ciel et ses nuages noirs d'un air pensif, puis se voulu rassurant : « C'est bien la pluie, moi j'aime bien tant qu'on est abrités quelque part, et puis au moins il y aura tout pleins d'escargots autour de la tente. Comme il vivait dans un appartement, les gastéropodes, qu'il trouvait si drôles, lui rendaient malheureusement très peu souvent visite. « Mais j'aime moins l'orage, il y en a par ici en été ? » Elian ne craignait absolument rien à présent qu'il avait retrouvé Solal et qu'il n'était plus seul à ramasser des pierres ou des branches dans la forêt, mais sa réaction au tonnerre était quelque chose qu'il ne maîtrisait pas encore totalement.

Le Poufsouffle s'assit en tailleur pour prêter main forte à son ami, qui avait fait un agencement très organisé des pierres et des branches. Il avait déjà pu constater son esprit méticuleux, à l'opposé de son propre chaos intellectuel, l'obligeant d'ailleurs souvent à se remettre lui-même en question. Mais quelque part, il se rassurait en se disant qu'au moins ils pouvaient se compléter ensemble, même s'il ne voyait pas vraiment ce qu'il pouvait apporter de plus à Solal, de son côté. De la mousse séchée peut-être ? Oui, il ajouta un petit tas enroulé sur les brindilles pour que le feu prenne plus rapidement. Le fait que le Serdaigle lui parle de son voisin, un Aiglon, lui fit tourner la tête pendant un instant. Si Elian aurait adoré être dans la même Maison que lui à Poudlard, il aurait été tout simplement extatique s'il avait pu habiter tout près de lui, et surtout dans le charmant petit bourg qu'était Chipping Campden.
« Il a des lunettes, non ? Il est gentil ? » Il n'existait pas d'autres critères selon lui pour déterminer s'il appréciait quelqu'un ou non, et pourtant même si la réponse de Solal s'avérerait positive, il savait au fond de lui qu'il lui serait impossible d'éprouver la même sympathie pour ce camarade d'école. Solal et Léo devaient partager davantage de choses, déjà dans leurs façons d'être puisqu'ils avaient été tous deux été répartis à Serdaigle, mais à présent ils avaient également l'occasion de partager un espace de vie ensemble, voire une amitié durable... Leur village était petit, comme l'avait dit Solal. Bien malgré lui, une brindille se brisa entre ses mains, provoquant un petit craquement qui le sortit de sa torpeur.

« Si je me rappelle bien, il nous faudrait des allumeuses ou je ne sais plus trop quoi pour que le feu parte directement. Elian se saisit d'un morceau de bois qui ressemblait à une écorce d'arbre dure et d'un bâton. « Mais nous, on est des aventuriers ! Il commença à crayonner l'écorce avec le bâton, produisant ainsi beaucoup de fumée. « J'ai lu qu'il suffit d'une étincelle pour qu'un brasier se forme ! » Il fallait beaucoup de force pour tenir le rythme et obtenir un résultat, mais Elian ne manquait pas de détermination, et une flamme finit par illuminer leurs yeux concentrés. Après avoir sécurisé le feu en ajoutant davantage de mousse pour l'alimenter, Elian présenta sa main levée pour taper celle de Solal. Il n'y avait pas de doute possible, ils formaient la meilleure équipe à ses yeux, peu importe si c'était à sens unique - et quelque part, le fait que le Serdaigle l'ait invité lui, en lieu et place d'un camarade habitant si près de chez lui, représentait quelque chose d'infiniment concret, une preuve qu'il ne pensait pas devoir attendre de lui. C'était une grande satisfaction de pouvoir créer le feu à partir de si peu, la douce chaleur qu'il dégageait accentua davantage les rougeurs de ses joues.

« Au fait, j'ai même pas vu l'intérieur de la tente ! Elian se tourna vers la toile et entra dans cette dernière en s’élançant comme s'il passait la porte en tonneau qui menait à sa salle commune à Poudlard. En somme, un plongeon très peu gracieux. L'espace était petit à l'intérieur, mais il s'y sentait davantage protégé de cette façon et y installa déjà son duvet - ainsi que son Bicorne en peluche. Une fois à l'intérieur, Elian ne voulut tout simplement plus sortir de ce cocon et se roula de long en large en rigolant de fatigue, indifférent au fait qu'il empiétait sur les affaires de Solal : « Regarde comme c'est grand chez nous, je peux faire trois roulades ! Aïe ! Son visage avait seulement atteint la toile de la tente, il se marra de nouveau, à demi-allongé sur sa place, puis essaya de faire taire la fatigue qui commençait à se montrer dans ses bâillements répétés. Le bruit des quelques gouttes qui cognaient contre la paroi en tissu de la tente finissait de l'envoûter, alors il balança ses chaussures dehors et s'allongea complètement en jetant par moment sa peluche dans les airs pour la rattraper aussitôt. Ses pensées semblaient encore divaguer autre part lorsqu'il posa soudain une question à Solal : « Est-ce que tu aimes quelqu'un dans l'école ? » Souvent dans le dortoir des garçons de Poufsouffle, ce genre de question arrivait comme un pavé dans la mare à l'heure la plus tardive, pour briser les éventuelles défenses et obtenir des confessions surprenantes. A vrai dire, Elian ne savait même pas vraiment de quoi il en relevait lorsqu'il avait utilisé le verbe "aimer", pour lui cela signifiait tout et n'importe quoi. Il aimait les escargots comme il aimait chaque moment qu'il passait avec Solal.

Deuxième année inRP.

 Chipping Campden  Les Nuits d'été  PV Solal R. 

Solal n'osa pas dire à Elian que son père aurait sûrement mis le feu à la forêt avant de réussir à faire un feu à la main. Ciaran était un père tout à fait adorable et bienveillant, mais il n'était pas des plus adroits, ce qui expliquait sans doute qu'il ne soit pas une étoile montante de l'ingénierie du balai —la pensée fit mal au cœur de Solal, qui, après quelques semaines, avait décidé de pardonner à son père la situation délicate dans laquelle il était actuellement.
L'idée de voir des escargots balaya les pensées désagréables qui menaçaient d'assombrir son esprit. Il adorait ses petites choses ; il ne savait pas si on pouvait les considérés comme des insectes ou des animaux, mais il savait qu'il adorait leur peau luisante, la bave qui retraçait le chemin qu'ils avaient pris, leurs petites antennes rétractables au bout desquelles des petits yeux curieux observaient le monde. Il avait pris pour habitude de collectionner les escargots dans le jardin, lorsqu'il pleuvait, et de faire une famille d'escargots qu'il observait évoluer dans son jardin. Habituellement, ils disparaissaient dans la nuit et il ne les revoyait plus jamais, mais il aimait à penser qu'ils étaient partis s'installer ailleurs après avoir décidés de former une belle et heureuse famille.
« Des escargots ! Super idée Elian, on fera des courses d'escargots et un élevage d'escargots ! L'orage il y en a souvent, moi j'adore quand ça fait BOUUM ! » s'exclama-t-il, tout à fait enthousiasmé par cette idée et par le fait que, encore une fois, son ami et lui étaient sur la même longueur d'onde.

Le Serdaigle ressentit une sorte de chaleur étrange en voyant Elian à côté de lui, l'aider à faire le feu. C'était la première fois qu'il partageait quelque chose avec un ami, hors de famille ou hors de Poudlard. Il se sentit tout à coup intimidé, sans savoir pourquoi et enfonça sa tête dans ses épaules, les yeux rivés vers les mains du Poufsouffle qui s'affairaient avec le feu.
« Des lunettes ? Non, j'crois pas. Oui sinon, il est gentil. » Il n'osa pas rajouter qu'il aurait préféré que ce soit le Poufsouffle qui déménage près de chez lui et il finit par se mettre à son activité préférée : ce qu'il appelait la désherbation. Il arrachait des brindilles d'herbe nerveusement : était-il nerveux à cause des mots qui restaient bloqués dans sa gorge, ou parce qu'il avait peur qu'Elian finisse par se donner un coup. Il s'inquiétait pour rien puisque le Poufsouffle réussit brillamment à faire un feu, ce que Solal n'avait pas imaginé une seule seconde —il n'aurait pas pensé y arriver lui-même et il avait espéré être un peu plus expérimenté qu'Elian, mais il s'avérait que non. Il s'empressa de cogner la paume de sa main contre celle du blondinet, tout en profitant de la chaleur que lui procurait le feu : il faisait incroyablement chaud, près de ce feu.

Il entra dans la tente en essayant d'imiter le plongeon de son camarade mais il devait bien avouer : le Poufsouffle était doué pour les plongeons, aussi ridicules pouvaient-ils être. Il rit à gorge déployée en voyant Elian se rouler dans la tente. S'il avait l'air d'un garçon très calme, presque fragile aux premiers abords, il n'était pas le dernier pour rigoler et il aimait beaucoup ça chez le garçon. Il s'empressa de pousser ses jambes pour l'encourager à se mettre sur son propre duvet afin qu'il puisse installer ses affaires à son tour —Elian avait installé sa peluche : ses yeux brûlaient, allait-il pouvoir dormir ? Le Bicorne était plus effrayant que n'importe quelle créature qui rampait potentiellement dans la forêt la nuit. Tant pis, il dormirait dos au Poufsouffle cette nuit —la pensée de dormir aussi proche de son camarade était un peu étrange mais il ne s'en formalisa pas plus que ça. Il retira ses chaussures à son tour, et attrapa les chaussures d'Elian pour les mettre dans un coin de la tente.
« Elles vont être trempées, sinon. » il murmura avant de sortir de son sac deux barres de céréales et les poser entre leurs duvets. Il s'allongea ensuite à son tour, la joue écrasée sur la tête d'une peluche en forme de poussin rondouillard et les yeux posés sur son ami. Celui-ci posa la question qui était sur toutes les lèvres lors des discussions entre garçons, à Serdaigle. Il fut quelque peu surpris de recevoir cette question de sa part, et s'amusa nerveusement avec le bout du papier de sa barre de céréales. Il n'y avait jamais pensé réellement, il aimait beaucoup Noor et Ivy en tant qu'amies, mais il ne se voyait absolument pas leur donner la main, et encore moins leur faire des bisous. Son regard oscillait entre la barre de céréales et le visage du Poufsouffle alors que la pluie cognait sur le tissu de leur tente.
« J'sais pas trop, j'ai jamais été intéressé par une fille. J'ai pas trop envie de leur faire des bisous et tout. » Il murmura, comme s'il lui annonçait le plus grand des secrets. Il se demanda ensuite quel genre de filles pouvaient plaire à Elian. L'idée de le voir avec une amoureuse était très étrange. « Et toi ? »

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

 Chipping Campden  Les Nuits d'été  PV Solal R. 

Faire une course ainsi qu'un élevage d'escargots enchantait Elian, son empressement atteignant un tel niveau qu'il devait se contraindre de laisser le projet reposer dans un coin de sa tête, car des idées se bousculaient déjà dans sa tête pour optimiser son gastéropode de compétition. C'était d'autant plus rassurant de savoir qu'au moins l'un d'eux savait garder son sang froid face au tonnerre, car même si le temps avait déjà bien changé et continuait de se dégrader davantage, Elian savait à présent qu'il pourrait au moins compter sur l'assurance de Solal pour surmonter les orages. Il avait d'ailleurs suffit que ce dernier imite une explosion atmosphérique pour que le Poufsouffle ne sursaute, prouvant ainsi une certaine fébrilité déjà installée. Cardiff était aussi le théâtre d'orages pendant l'été, et son père devait veiller à lui lancer Assurdiato et autre Obscuro pour qu'il puisse passer des nuits à peu près correctes, car les éclairs illuminant l'obscurité par à-coups constituaient un autre de ses problèmes. Solal avait beau être brillant à l'école, ces sortilèges étaient bien trop avancés pour des sorciers de premier cycle.

Elian ne savait pas vraiment quelle réponse il s'était imaginé recevoir en demandant à Solal si son nouveau voisin, également étudiant à Serdaigle, était gentil, car à ses yeux les gens n'étaient jamais méchants intentionnellement et, quelque part, il fit un effort considérable pour masquer le fait que cette confirmation l'avait énormément déçu. Après tout, s'il s'était avéré que Solal trouve en Léo un garçon peu fréquentable, cela aurait rassuré le Poufsouffle sur le fait que ces deux Serdaigle ne pourraient jamais construire une amitié aussi solide à ses yeux que celle qu'ils avaient eux-mêmes commencé à cultiver. Ce risque allait donc continuer de subsister, et c'était étrange de se sentir aussi possessif sur l'une des seules choses que l'on ne pouvait pas maîtriser. Elian refusait de devenir comme sa grande sœur qui l'agressait à chacune de ses suspicions d'emprunts de vêtements ou bien, même s'il y pensa bien plus amèrement, d'agir comme son propre père qui contrôlait les moindres faits et gestes de ses proches.

Tandis que son exubérance se calmait par une fatigue naturelle, Solal eut la précaution de protéger leurs chaussures de la pluie. Elian avait remarqué toutes ces petites attentions qui faisaient du Serdaigle un garçon très prévenant, logique et concentré sur certaines choses, et surtout sur son bien-être depuis le début du séjour. C'était agréable de ne pas devoir se soucier de ce genre de précautions, mais il ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement avec le mode de fonctionnement de son père, qui avait adopté un schéma similaire depuis qu'ils ne vivaient que tous les deux. Elian balaya cette idée désagréable, pour une fois qu'ils pouvaient être libres sans adultes derrière leurs dos - même s'ils faisaient tout pour ne pas les décevoir, comme s'ils étaient en période d'essai. Il posa son Bicorne un moment sur son torse pour saisir une barre de céréales que son ami avait sorti, et observer en coin Solal réfléchir.

Ils parlaient si rarement de ce genre de choses, mais pourtant c'était bien ce que les enfants de leur âge faisaient, et sans participer à ces discussions - plus par gêne que par manque d'intérêt - Elian avait entendu bien des choses à Poudlard. Solal lui avait répondu qu'aucune fille n'avait retenu son attention dans ce sens-là, et tout en ignorant pourquoi, il s'était empressé de rebondir :
« Eww des bisous ! fit-il en grimaçant à cette seule pensée et en se recroquevillant un peu. « On est pareil ! Elian avait lancé le sujet, c'était à lui d'assumer ce choix, mais ses joues prirent feu de nouveau. « Je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais raconté que Lucy Wood m'avait giflé parce que j'avais mis trop de temps à lui rendre quelque chose. C'était la première fille avait qui j'avais tenté de communiquer, et je crois que je suis très mauvais à ça. Il fit une pause pour croquer dans sa barre de céréales, plongé dans une réflexion qui n'aboutissait à rien, mis à part des souvenirs un peu vifs et douloureux. Il n'était pas contre les couples, d'autres que ses parents réussissaient à subsister dans son entourage, mais il était vrai qu'il n'avait jamais réfléchi à ce genre de questionnement avant de se retrouver parmi autant d'élèves de son âge à l'école.« Il y a des filles géniales à Poufsouffle, mais en général je m'entends mieux avec les garçons. Il y a d'abord ceux du dortoir, puis les joueurs de Quidditch, les professeurs qu'on a eus je les trouve géniaux aussi ! Eadric... Le doyen ! Et bien sûr il y a toi. » Il roula en boule le papier de sa barre pour marquer un panier dans son sac, posé aux pieds de son sac de couchage. Sa liste était quelque peu longue, lui-même ne savait pas s'il devait tous les compter dans la case "sentiments amoureux" ou si c'était juste de l'admiration mal placée, sentant que la barrière était très fine pour lui.

Le reste de la journée passa très rapidement, tant ils étaient occupés dans leurs parties de cartes, leurs dégustations de sucreries et à réaliser les jeux des magazines qu'Elian avait apportés. Même si Solal n'en avait jamais fait, il se trouva qu'il était particulièrement fort et que le Poufsouffle devait s'y reprendre à plusieurs fois pour maîtriser son ami lorsqu'il lui donnait toutes les réponses avant lui. Ils purent redémarrer le feu à l'aide de braises, et griller des mets pour leur dîner du soir, dans une ambiance tout simplement magique, avec un coucher de soleil qui laissait déjà apparaître certains astres.
Entre les escargots et sa jalousie certaine envers Léo, Elian avait fait le choix d'exprimer la conclusion qu'il avait atteint après leur discussion en début de journée : « Du coup c'est cool parce qu'en fait on n'a pas besoin d'avoir des amoureuses tant qu'on reste ensemble ! »

Ils se changèrent pour enfiler leurs pyjamas et allumèrent une lampe à huile entre eux, avant de s'endormir non sans avoir eu au préalable toutes sortes de débats fatigués sur l'intérêt d'avoir un Epouvantard domestiqué. Une pluie douce recommença à tomber, les berçant dans un sommeil qui s'avéra bien trop peu consommé... « Coâ-coâ. » Elian se redressa d'un seul coup, les cheveux en bataille : « Hein ? De quoi, quoi ? » Il jeta un œil au duvet de Solal, mais il était évident que ce n'était pas lui qui avait parlé. « Coâ. » Le bruit venait de l'extérieur de la tente, et semblait remonter jusqu'à eux avec la rumeur du vent dans les arbres. Bientôt, les coassements semblèrent se multiplier, dilatant davantage les pupilles d'Elian. « Sol' réveille-toi ! Ecoute ! » fit-il en le secouant, puis en lui indiquant de faire silence. « Coâ-coâ. » Elian attrapa ses baskets, les enfilant en sortant de la tente et s'éloigna par à-coups pour trouver l'origine du bruit, essayant de crier en chuchotant à l'adresse du Serdaigle pour lui expliquer une évidence : « Tu m'avais dit qu'il y avait des points d'eau pas très loin ? Je crois qu'il y a aussi des crapauds ! » Il s'éloigna encore plus dans la forêt plongée dans le noir complet, bien décidé à faire connaissance avec les batraciens.

Deuxième année inRP.
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