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 Irlande  La Gloire des Venesi  Solo/RPG++ 

Chapitre 1 - Retrouvailles


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LORENZINO VENESI & VALENTINA VENESI


20 Mars 2038
Kilkenny, Irlande

Le voyage avait été beaucoup trop long au goût de Lorenzino Venesi qui trépignait d'impatience à l'idée de retrouver son chez lui. Après deux semaines de travail intensif passées à Florence, au Collegio di Arti Magiche, il était heureux de pouvoir enfin revoir sa famille et surtout son fils adoré. Aujourd'hui était un jour spécial et il avait explicitement demandé au directeur du Collegio de le libérer ce jour précis afin qu'il puisse souhaiter un bon anniversaire à son petit Celo. En effet, il fêtait ses sept ans aujourd'hui et bien que l'âge du garçon ne soit pas symbolique en lui même, Lorenzino s'était juré de ne jamais manquer le moindre de ses anniversaires. Ainsi, en sortant du travail, le spécialiste en arts magiques avait pris le premier portoloin à destination de Dublin avant d'en emprunter un autre pour Kilkenny.
Arrivé devant la villa Venesi, le sorcier recoiffa ses longues boucles brunes, voulant se montrer sous ses plus beaux jours lorsqu'il retrouverait sa femme. Les portes de la villa lui faisaient face et au dessus d'elles trônait, gravée dans la pierre, la devise de sa famille, Gloria è felicità. Lorenzino prit une grande inspiration avant de pousser le battant de la porte. Au fond de lui, il appréhendait les retrouvailles avec Celo. Il espérait que son fils unique ne lui en voudrait pas d'être parti si longtemps.

Valentina l’attendait, assise dans le salon bleu. Elle était plongée dans la lecture d’un ouvrage intitulé Illusion, ouvrage qui semblait d’ailleurs requérir toute son attention au vu de l’expression concentrée que la jeune femme arborait sur son visage. Ses longs cheveux blonds, qu’elle avait choisi de laisser détachés aujourd’hui, brillaient de mille feux, illuminés par la lumière dorée du soleil couchant qui traversait les grandes vitres de la pièce. Elle était belle, c’était incontestable. Ses traits fins et délicats ne faisaient qu’amplifier la superbe de la femme que Valentina était. En la voyant ainsi, bercée par la lumière ambrée du crépuscule, Lorenzino ne put s’empêcher de penser à tout l’amour qu’il éprouvait pour sa femme et se surpris même à sourire niaisement malgré lui. C’est alors qu’elle leva les yeux. Découvrant le regard béat de son mari, posté dans l’encablure de la porte, elle offrit à ce dernier un sourire radieux comme elle seule en avait le secret. Lorenzino se sentait littéralement fondre devant l’image angélique qui se tenait devant ses yeux, et dans un élan de pure puissance sentimentale, il accouru vers son aimée pour l’embrasser avec passion.

Celo était là lui aussi. Allongé à plat ventre sur le tapis du salon, le garçonnet jouait avec ses figurines de Quidditch volantes aux couleurs des Crécerelles de Kenmare. Lorsque Celo vit son père, le petit être se leva hâtivement et s’empressa d’aller l'enlacer. Il ne l’avait pas vu depuis deux semaines, et retrouver son papa ainsi dans le salon bleu par surprise le remplit instantanément de joie. Des larmes coulaient sur le visage de l’enfant, ému par les retrouvailles. Il se jeta sur Lorenzino et s’agrippa à ses jambes.
"Papa, tu es rentré ! T’étais où ? Je pensais que t’étais parti loin, loin, loin… J’ai eu peur que tu reviennes pas…
- Je sais pulcino mio, répondit doucement Lorenzino. Je sais… Papa a eu beaucoup de travail et a du rester à Firenze un petit moment. C’était loin, loin, loin comme tu dis, mais je suis rentré. Jamais je ne vous abandonnerai ta mère et toi, angelo mio."
Celo serrait fort les jambes de son père, comme s’il avait peur que ce dernier ne reparte encore. C’était la première fois que Lorenzino s’absentait si longtemps de la maison depuis la naissance de Celo, et il se doutait bien que la séparation serait difficile. Prenant son fils dans ses bras, le sorcier le serra contre son coeur et sécha tendrement ses larmes d'un revers de la main. Il lui avait tellement manqué. Ils lui avaient tellement manqué tous les deux qu’il redoutait déjà le prochain voyage qu’il aurait à faire pour le Collegio. Serrant d'avantage son fils contre lui et rapprochant son épouse contre eux deux, Lorenzino profitait de ce moment de bonheur comme si c'était le dernier qu'il aurait l'occasion de vivre. Puis dans un murmure légèrement teinté par les larmes qui lui montaient aux yeux, le père murmura à Celo.
"Bon anniversaire, mon fils."

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"Gloria è felicità !"

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L’amour est un sentiment étrange. En effet, rien n’est plus puissant en ce monde que la sensation enivrante de succomber à un être qui nous est cher. Cependant, l’amour, bien que puissamment réparateur peut aussi se transformer en source intarissable de chagrin… Un coeur battant en rythme avec celui de son âme soeur, un souffle tiède dans le creux du cou, une larme de joie à l’idée d’être réunis, voilà comment on aurait pu définir Valentina Venesi lorsqu’elle sentit la tendre étreinte de son mari et celle de son fils contre son corps délicat. Les larmes de Celo lui avaient brisé le coeur. Jamais elle ne l’avait vu pleurer de la sorte, pas même lorsqu'il était bébé. Le voir ainsi, le visage trempé de pleurs, les yeux gonflés par le chagrin et la voix tremblante déclenchait en elle un sentiment de culpabilité qu’elle n’arrivait pas à faire disparaître. C’était comme si elle n’avait pas été à la hauteur en l’absence de Lorenzino. Comme si Celo avait vécu en apnée jusqu’au retour de son père et qu’elle n’avait pas su lui apporter l’oxygène dont il avait désespérément besoin, qu’elle n’avait pas su le réconforter comme elle aurait du le faire. Bien que transportée par l’amour que son mari lui portait, elle se sentait coupable et impuissante.

Celo finit par décoller sa tête de Lorenzino. Il ne pleurait plus désormais, il souriait même joyeusement, bien que ses yeux soient encore un peu humides d’avoir tant pleuré. Il ne semblait pas vouloir quitter les bras de son sorcier préféré, alors Valentina recula, laissant les deux hommes de sa vie profiter de ce moment de tendresse entre père et fils. Ramassant le livre qu’elle avait déposé sur la table du salon à l’arrivée de son mari, elle alla le replacer dans la bibliothèque située près de la cheminée de marbre. Une fois que l’ouvrage eut repris sa place d’origine, la jeune femme se dirigea vers la cuisine de laquelle s’échappaient les délicieux parfums d’un repas d’anniversaire à l’italienne. Ainsi, on pouvait voir sur la table se dresser une bonne dizaine de plats différents, tous aussi alléchants les uns que les autres. On retrouvait, entre autres, les traditionnelles lasagnes au saumon, les aubergines à la parmesane, les tomates confites au miel, poissons et coquillages doucement cuisinés à l’huile d’olive et une magnifique pizza alla Fiorentina, épaisse et croustillante à souhait comme Celo l’aimait. Cependant, malgré la quantité astronomique de nourriture qui s'offrait devant elle, Valentina avait l’impression qu’il manquait quelque chose. Elle était pourtant sûre de ne rien avoir oublié. Rien sauf…
"Le gâteau !, s'écria-t-elle."

Se précipitant vers le four, elle sortit immédiatement la douceur à l’aide d’un Wingardium Leviosa gracieusement effectué, évitant ainsi de se brûler les doigts. Il était en piteux état... Légèrement noirci par la chaleur excessive du four et par un temps de cuisson échappant à tout contrôle. Elle souffla.
"Caspita…"
C’est alors que parut Lorenzino dans l’entrebâillement de la porte. Il devait être attiré par les effluves de nourriture qui emplissaient peu à peu toute la demeure, et tout le monde sait bien qu’un estomac vide guide les actions de n’importe quel homme ! Lorenzino entra et vint enlacer sa femme par la taille.
- "Comment va la sorcière qui illumine mes journées ?, dit Lorenzino d'un ton enjoué. Oh mais dis moi ! C’est que ça sent divinement bon ici ! Est-ce que je peux…"
Il tendit le doigts vers la sauce aux câpres qui accompagnait les beignets de fleurs de courgette avant de se faire taper sur les doigts.
- "Tocchiamo con gli occhi !, gronda Valentina. Attends que le dîner soit prêt, voyons ! Il faut encore que je répare ce gâteau et ensuite on pourra passer à table.
- C’est vrai qu’il a pris un petit coup de chaud ton gâteau !"
Lorenzino rit de bon coeur tandis que Valentina lui tirait la langue. D’un geste de baguette, elle transforma le gâteau brûlé en une sublime pièce montée digne des plus grands restaurants.
- "Alors ?", répondit la jeune femme, fière de son rattrapage magique. "N’est ce pas un véritable chef d’oeuvre, signor artista ?
- Oh bien sûr, c’est tout de suite plus facile quand on triche !"
Lorenzino déposa un baiser dans le cou de sa femme avant de se diriger vers la porte de la cuisine.
"Je vais chercher Celo afin qu’il vienne dresser la table avec moi. Si jamais tu as besoin d’aide, tu n’as qu’à crier « Au secours mon super-man » et je serai là en un instant !"
Lorenzino bomba le torse pour accompagner ses paroles, ce qui fit rire Valentina. Elle espérait cependant que Celo n'avait pas hérité de humour enfantin de son père.
- "J’arrive, super-man ! Va donc chercher Celo, le dîner est prêt."
Tandis que Lorenzino quittait la pièce, Valentina observa le gâteau au chocolat qui avait vraiment meilleure mine maintenant. elle compta les bougies qui ornait la pâtisserie. 1, 2, 3, 4, 5, 6... 7... Dans un soupire mélancolique, elle espérait que son petit Celo ne grandisse pas trop vite afin qu’elle puisse encore un peu profiter de son cher ange avant qu’il ne devienne grand. Elle alluma les bougies.
"Bon anniversaire mon fils…"
Dernière modification par Celo Venesi le 5 août 2018, 11 h 44, modifié 1 fois.

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Je n'aime pas quand mamà pleure. Quand mamà pleure, je pleure aussi. Pourtant, elle ne pleure pas devant moi, jamais. Mais quand mamà pleure je le sais, toujours. J'aimerais savoir pourquoi elle pleure, comme ça moi je pourrai l'aider. Quand je sens mon coeur se serrer dans mon ventre, c'est qu'elle est en train de pleurer. Alors je sors la voir, elle est sur le grand balcon, elle regarde le lac ; et quand elle se retourne pour me regarder, à chaque fois elle me sourit. Elle sourit mais ses yeux pleurent encore. Mamà me sourit tout le temps, même quand elle me gronde après que j'ai fait une bêtise elle me sourit. Je l'aime, mamà. Quand papà est parti pour Firenze, moi aussi j'ai pleuré et je pense que mamà l'a vu. Moi non plus je ne veux pas qu'elle me voit quand je pleure, parce que je dois être fort pour la protéger en l'absence de papà. Mais je suis tellement petit et je connais si peu de choses que je ne sais pas comment je ferai pour la protéger si je devais le faire. Heureusement que papà est rentré, lui il sait toujours quoi faire pour nous protéger.

Le repas de mon anniversaire était délicieux. Mamà m'a préparé une pizza alla Fiorentina, ma préférée ! Elle a aussi cuisiné un énorme gâteau au chocolat, je crois même qu'elle l'a un peu laissé brûler dans le four parce qu'il était beaucoup trop beau pour ne pas avoir été réparé par magie. Mais ce n'est pas grave, mamà est la meilleure cuisinière du monde ! Elle cuisine mieux que nonno Adriano, mieux que zio Leonardo et même mieux que nonna Maria ! Et elle chante bien, oh oui, comme elle chante bien. Quand elle a apporté mon gâteau à table en chantant "Buon Compleanno", sa voix a raisonné dans toute la maison, mélodieuse et douce comme les câlins qu'elle me fait avant que je m'endorme et j'ai souri, timidement parce que je ne veux pas rougir devant mamà. J'ai compté les bougies qu'il y avait sur le gâteau. 1, 2, 3, 4, 5, 6... 7. J'ai sept ans aujourd'hui. Je suis un grand. Bientôt j'aurai des muscles et j'aiderai papà à protéger mamà ! Plus jamais elle ne pleurera comme ça.

"Fais un voeux !", m'a dit mamà. Alors j'ai fait un voeux en soufflant mes bougies. Je sais pas si je peux vous dire quel voeux j'ai fait, parce que si je le dit, il ne se réalisera peut-être pas... Dans le doute, je me tais.

Après le repas, je suis monté dans ma chambre. Bien sûr j'ai dit bonne nuit à mamà et papà, je ne vais jamais dormir sans les embrasser. Je leur ai fait signe de la main en montant les marches des escaliers. Mamà était dans les bras de papà, ils s'embrassaient et mamà souriait. Je crois que papà est le sorcier le plus fort du monde, il sait toujours donner le sourire à mamà. Voyant qu'elle irait bien ce soir, j'ai monté les marches et j'ai rejoint la porte de ma chambre qui se trouvait au dernier étage de la villa. J'aime ma chambre, elle me ressemble. Elle n'est qu'à moi et à moi seul, c'est mon château fort. Une grande pièce circulaire aux murs de pierre blanche, un sol en parquet de chêne recouvert de nombreux tapis moelleux et doux, une grande fenêtre en arcade donnant sur le lac et la serre située à sa gauche. Mon lit était placé de telle façon que je pouvais voir dehors lorsque j'étais allongé, parce que j'aime regarder les étoiles avant de dormir et j'aime quand la Lune se reflète sur le lac le soir. Je me suis déshabillé et j'ai mis mon pyjama bleu à rayures blanches, après je me suis couché dans mon lit, serrant contre moi mon ours en peluche que zio Leonardo m'avait offert quand je suis né. C'était il y a sept ans, jour pour jour. Fermant les yeux, je repense aux jours où j'étais encore trop petit pour avoir conscience que la vie défile à toute allure. Puis dans un souffle je m'adresse la formule consacrée à l'évènement qui me faisait honneur aujourd'hui.

"Bon anniversaire, Celo."

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Chapitre 2 - L'Auror et l'aube


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LEONARDO VENESI


25 Mars 2038
Dublin, Irlande


La nuit tombait progressivement sur la capitale irlandaise dont les habitants se faisaient rares en ce jour particulièrement pluvieux. En effet, une voûte de nuages sombres déversait ses flots battants sur les pavés dublinois et O'Connell Street, qui habituellement fourmillait de vie, était désertée par ses excursionnistes qui préféraient largement la chaleur sèche de leur foyer. La pluie emportait avec elle les derniers restes de la fête du printemps qui s'était tenue il y'a quelques jours à cet endroit précis. Des ruisseaux se formaient dans les caniveaux des trottoirs et les bouches d'égout peinaient à engloutir le puissant débit qui se présentait à elles. Il fallait vraiment être fou pour sortir de chez soi par un temps aussi peu engageant. Cependant, si quelque personne avait regardé par la fenêtre lors de cette soirée météorologiquement désastreuse, elle aurait pu apercevoir qu'une silhouette sombre transperçait la brume pluvieuse et se dirigeait d'un pas assuré vers les rives du Liffey.
Un homme d'une bonne hauteur, carrure imposante sans être démesurément musclée, vêtu d'un costume bleu turquin surmonté d'un trench-coat noir, se déplaçait en pleine rue comme si la pluie n'avait aucun effet sur son enveloppe physique. Ses cheveux noirs, coupés courts et coiffés avec élégance ainsi que sa barbe épaisse et taillée avec soin, semblaient immunisés contre les gouttes de pluie, tout comme semblaient l'être ses vêtements impeccables, nullement mouillés par l'averse qui sévissait depuis le matin même. On aurait dit que l'homme passait entre les gouttes, voir même que la pluie s'écartait sur son passage devant son allure déterminée. Cet étrange personnage n'avait guère le temps de se soucier de la pluie et de ses inconvénients, il avait une mission à accomplir.

Cela faisait plusieurs mois que Leonardo Venesi était sur cette affaire et aujourd'hui il avait le sentiment qu'il touchait enfin au but. Auror depuis près de quinze ans au Ministère de la Magie et irlandais depuis toujours, c'est tout naturellement que son chef de service lui confia carte blanche lorsque s'ébruitèrent certains évènements étranges survenus sur l'île d'émeraude. Du haut de ses quarante années, Leonardo s'était forgé, au fil du temps, un tempérament calme et réfléchi, tranchant littéralement de ses années d'études à Poudlard durant lesquels il appartint à la maison Gryffondor. Cela dit, malgré son assagissement significatif, il n'en avait pas perdu la bravoure et la détermination qui le caractérisaient déjà à l'époque. C'était sans doute ce qui l'avait conduit à être ici à ce moment précis.

Il arriva au niveau de la culée du O'Connell Bridge qui enjambait le courant véloce du Liffey. Le niveau de l'eau avait beaucoup augmenté avec les intempéries et les arcs de l'imposant édifice étaient presque totalement immergés dans les eaux sombres du fleuve. Leonardo s'arrêta et scruta les environs. Hormis sa présence quasi surnaturelle en ces lieux, il n'y avait aucun signe de vie, pas même une voiture n'avait osé braver les caprices du ciel. Soudain, sur la rive opposée, Leonardo entrevit deux silhouettes encapuchonnées se diriger vers une ruelle du Southside. Ils en étaient, c'était certain. D'un pas pressé, Leonardo les suivit tout en gardant une certaine distance. Il voulait les observer un peu avant de tenter une quelconque manœuvre ambitieuse. Les capes noires tournèrent à une intersection, Leonardo les suivit. À cet instant, il ne savait pas qu'il était tombé dans un piège...

La ruelle était vide, laissant Leonardo seul face à un cul-de-sac. Volatilisés comme par magie.
- " On s'amuse bien ?", lança une voix glaciale dans le dos de l'Auror qui se retourna lentement.
Devant lui, les capes noires le menaçaient de leurs baguettes. Sous leurs capuches sombres, Leonardo distingua vaguement deux hommes aux visages émaciés, affichant un sourire de satisfaction et un regard noir qui ne laissait aucun doute quant à leurs intentions.
- "Mais qui vois-je !", dit le second. "Le petit toutou du Ministère qui nous court après depuis deux semaines ! Tu croyais vraiment qu'on ne t'aurait pas remarqué espèce de misérable nuisible ?"
L'auror ne répondit pas. Il scrutait fermement ses adversaires et regrettait déjà que ces derniers se soient fourrés dans un tel pétrin...
- "Tu voulais jouer mon chien-chien ? Alors on va jouer !"

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Oui. Leonardo avait voulu jouer, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'était pas vraiment en position de force. Il était seul, dos au mur dans une ruelle déserte face à deux hommes dont le dessin était clairement contraignant pour l'intégrité physique de sa personne, le tout sous une pluie torrentielle qui ne semblait pas près de s'arrêter de sitôt. De plus, les "Capes Noires", comme il les avait surnommés au cours de son travail d'investigation, avaient un avantage numérique sur lui, et bien que sa formation d'Auror l'ait préparé à cette éventuelle situation, il n'en restait pas moins sur ses gardes. On ne sait jamais de quoi sont capables des êtres au coeur si sombre, leur imprévisibilité était la jauge d'indication de leur dangerosité. Cependant, cette jauge imaginaire ne se dévoilait qu'au moment de l'affrontement.
L'individu de gauche, le plus fin des deux malfaiteurs, baissa sa capuche, révélant un visage aux traits durs et au joues creuses. Une tignasse de cheveux blond, aussi éclatants qu'un vieux tas de paille moisie, trônait sur sa tête et son sourire vicieux laissait entrevoir une rangée de dents irrégulièrement alignées et jaunies par le tabac. Les gouttes de pluie qui ruisselaient sur son visage... affriolant, lui donnait un air de plongeur olympique toxicomane. Le deuxième homme imita son compère. Il semblait bien portant, surtout au niveau de son ventre proéminent et rebondi, témoin de l'intérêt certain que portait son propriétaire pour la bièraubeurre de basse qualité. Son visage était aussi creux que celui du blond, son crâne était garni de quelques mèches rousses et ternes et ses yeux gris luisaient dangereusement sous la lumière chancelante du lampadaire qui éclairait faiblement l'impasse où Leonardo s'était fait piéger. Si le premier ressemblait à un plongeur toxicomane, celui-ci avait d'avantage l'air d'un gros bélouga avec une perruque rousse.
- "On va voir comment tu danses, Médor !", dit le bélouga tout en tendant sa baguette vers l'Auror qui restait impassible. "Endolo..."
Mais le bélouga n'eut pas le temps de finir sa phrase. Leonardo, dont les fulgurants réflexes de combat démangeaient leur propriétaire depuis quelques instants déjà, décocha sa baguette de son Trench de façon si rapide qu'on aurait à peine pu la voir, même en portant toute son attention sur l'ébène qui la composait. Une gerbe d'étincelles foudroya le ventre du bélouga qui se retrouva projeté en arrière avant d'atterrir lourdement sur les pavés mouillés tel un sac de pommes-de-terre qu'on aurait jeté depuis le haut d'un toit. Le plongeur n'eut pas plus de chance que son collègue. Surpris par la vélocité de son opposant, il en avait oublié ses réflexes et quand il se rendit compte que son gros ami avait fini les fesses par terre, il était trop tard.
Leonardo leva une nouvelle fois sa baguette noire et d'un Expelliarmus magistralement effectué, il désarma le blondinet avant de lui saucissonner les jambes à l'aide d'un Locomotor Mortis. La scène était plutôt cocasse. De loin, on aurait dit qu'un ver de terre se débattait tant bien que mal sur le sol froid aux côtés d'un tas de tomates molles. Néanmoins, Leonardo n'était pas d'humeur à rire. Il s'approcha lentement du bélouga et donna un coup de pied dans sa baguette avant que ce dernier n'eut le temps de riposter puis pointa la sienne vers lui.
- "Incarcerem.", lança-t'il simplement, et une prison de cordes s'enroula autour de sa cible ahurie.
Les Capes Noires étaient maîtrisées. Finalement, il ne s'en était pas si mal sorti ! Dommage que le combat ait été si rapide. L'Auror s'attendait à un peu plus de récalcitrante de la part de ses adversaires. Apparemment, ces derniers avaient d'avantage de gueule que de jugeote, en témoignaient les nombreuses injures que lançait le blond à l'encontre de Leonardo qui regrettait déjà de ne pas l'avoir stupéfixé. Il était trop clément parfois.
- "Espèce de tas de morve miteuse !, lança le plongeur. Vieux rat des prairies ! Irlandais du nord !"
Cette fois-ci, c'était l'insulte de trop. Leonardo assomma le blond d'un coup de poing bien placé entre les deux yeux globuleux du ver de terre humain, le faisant instantanément tomber dans les pommes.
- "Je suis irlandais moi, Mister ! Et on ne cherche pas des Noises à un irlandais du SUD !"
Leonardo se tourna vers le bélouga qui lui restait silencieux, visiblement effrayé par la force remarquable des poings de l'Auror. Ce dernier s'approcha du deuxième homme tout en sortant une petite fiole de sa poche intérieure. Le bélouga se recroquevilla d'avantage la vue du liquide transparent qui s'y trouvait. Un poison ?
- "J'espère que tu as soif." dit Leonardo.
Et il versa de force la potion dans la gorge du roux.
Dernière modification par Celo Venesi le 30 août 2018, 1 h 05, modifié 1 fois.

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Le bélouga déglutit difficilement. La puissante main de Leonardo serrait tellement fort le cartilage de sa pomme d'Adam que le simple fait de respirer provoquait, dans sa trachée, une sensation de brûlure indescriptiblement douloureuse. Une légère écume se forma au coin de ses lèvres, alors que l'emprise de l'Auror ne faiblissait pas. La potion finirait bien par couler le long de son oesophage et à ce moment, c'en serait fini de lui. Le bélouga tenta de résister aussi longtemps qu'il le put, serrant les dents, serrant les lèvres. Leonardo ne bougeait pas d'un pouce. Il ne bougerait pas. À bout de souffle, la Cape Noire céda, libérant ses voies respiratoires et ingurgitant au passage la fameuse potion de son ennemi.
Il fut surpris de découvrir que celle-ci, en plus d'être claire comme de l'eau, en avait également le goût. Que lui avait-il fait boire ? Si c'était du poison, il serait déjà en train de se tordre de douleur devant la puissance corrosive de l'arsenic au fond de son estomac. Cependant, au lieu de sentir son corps fondre de l'intérieur, le roux avait l'impression que son esprit se détachait de son corps, emporté par le brouillard irlandais. C'était comme si ses frontières corporelles étaient devenues perméables et que sa conscience quittait ses chaînes physiques pour flotter librement dans l'air. Il se sentait étonnement bien. Mais pourquoi ? Quel était le but de tout cela ? Leonardo lâcha la gorge du bélouga mais resta accroupi à ses côtés, portant à son prisonnier un regard perçant.
"Qu'est-ce que tu m'as fait boire ?, demanda la Cape Noire. Qu'est-ce que tu vas faire de moi ?
- C'est moi qui pose les questions ici, répondit l'Auror. Ma petite collation t'as plue ?
- Elle avait pas de goût. Elle avait pas de goût mais pourtant, je l'ai trouvée dégueulasse."
Leonardo ne répondit pas. Il se contenta d'un rire satisfait tout en se redressant de toute sa hauteur. L'autre, toujours enfermé dans sa prison magique, le regardait comme un animal en détresse regarde un prédateur avant que celui-ci n'en fasse qu'une bouchée. L'Auror épousseta son Trench d'un geste appliqué. La bataille n'avait pas été rude, cependant cette agitation l'avait quelque peu froissé.
"Bien, dit-il. Passons aux choses sérieuses !
- Aux... aux choses sérieuses ?
- Oui ! Tout d'abord, quel est ton nom ?
- Wilfred, répondit le bélouga.
- Tu ne sais toujours pas ce que je t'ai fait boire ? Aurais-tu séché les cours de potions quand tu étais plus jeune ?
- Non je sais pas ce que c'était, putain ! Et oui... je séchais les cours de potions... et pas que. C'était du poison ? Un sale truc toxique qui me fera mourir lentement comme un chien à l'agonie ! Je sens déjà mon esprit s'envoler haut dans le ciel !"
Leonardo poussa un long soupir. Comment ses gens pouvaient-ils espérer renverser la stabilité du monde magique sans avoir reçu la moindre éducation ! Être mage noire ça demande du temps, de l'investissement, une petite dose de jugeote et une grosse dose de "apprend ou crève" ! Maintenant, n'importe qui pouvait se procurer une cape noire, des tatouages de gros dur et prendre une tête d'ahurie pour se faire passer pour un méchant sorcier prêt à renverser le Magenmagot... Décidément, son métier commençait à devenir ennuyeux. Bientôt on formerait les Aurors à faire du babysitting !
"Ce que tu as bu, ça s'appelle du Véritasérum. C'est une potion très utile car elle fait en sorte que les gens comme toi racontent tous leurs secrets aux gens comme moi ! Pigé ?
- ...oui..., répondit simplement Wilfred.
- Parfait. Je suppose que tu ne vois aucun inconvénient à ce que je te pose quelques questions délicates ? Non pas que cela me fasse vraiment plaisir mais, eh ! C'est mon job !
- Je préfèrerais crever plutôt que parler !
- Quel dommage... Tu n'as malheureusement pas le choix. Pour qui travailles-tu ?
- On l'appelle Ombre de Lune. C'est tout ce que je sais sur les gens d'en haut. Moi je reçois les ordres et j'applique...
- Combien êtes-vous ?
- Je sais pas...
- Combien-êtes vous à Dublin ?
- Deux..."
Le bélouga désigna son acolyte d'un geste de la tête. Il était toujours dans les vapes et ne semblait pas près d'émerger de son gros dodo.
"Lui et moi.
- Quelle était votre mission ?"
Wilfred ne répondit pas tout de suite. Un silence de plomb régnait dans la rue, uniquement trahi par la pluie diluvienne qui tombait incessamment sur les toits dublinois. Après un moment, la Cape Noire leva les yeux vers ceux de l'Auror et il répondit d'un ton froid, presque désolé :
- "Te tuer."

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