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 Allemagne  L'art de faire profil bas  Rpg++/Solo 

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Gabrielle Dupontef - 32 ans

Samedi 1er août 2043.
Ouest de l'Allemagne.

*   *   *   *


 Perdu au milieu de la gare allemande Audric soupira, totalement perdu. Il se retrouvait dans un lieu complètement inconnu, au milieu de gens parlant une langue qu'il ne connaissait pas du tout sans aucun moyen de prévenir qui que ce soit. Sa mère l'avait prévenu pourtant de ne pas trop utiliser le téléphone qu'elle lui avait confié, mais il était tellement stressé par toute cette histoire qu'il n'en avait fait qu'à sa tête et avait écouté de la musique tout le long du trajet.  
 Tout était la faute de Jeanne de toute façon à ses yeux. C'était elle qui avait insisté pour qu'il vienne ici, et pour lui faire plaisir autant que pour avoir la paix il avait accepté. 




  Enfin pour être honnête, il comptait bien en profiter pour obtenir des informations sur son père biologique, mais il était surtout là pour faire plaisir à Jeanne et apprendre à connaitre sa mère biologique. La sœur de cette dernière avait finit par trouver le numéro de téléphone que Gabrielle avait confié à l'adolescent. Le garçon avait fourré le papier dans sa poche et l'avait complètement oublié, jusqu'à ce que Jeanne le retrouve et vienne l'agiter sous son nez un après-midi.  
 Après avoir prit un peu de recul sur tout cela, le brun songea qu'il était peut-être temps qu'il apprenne à connaître cette femme dont il pensait qu'elle était sa tante encore deux mois auparavant. Et puis elle avait parler d'une fille, ce qui faisait de cette dernière sa demi-sœur par extension. Ayant toujours été enfant unique jusqu'à présent il avait également hâte de faire sa connaissance. 
  
 Gabrielle lui avait indiqué qu'elle serait au travail à l'heure à laquelle il arriverait, mais que son mari et leur fille seraient là pour l’accueillir. Il n'avait en tout et pour tout qu'une vague description de chacun et leurs prénoms : Gregor et Lucie. Ainsi qu'un numéro de téléphone, bien évidemment enregistré dans celui qu'il possédait et qui était éteint. 
 Au bout de quelques minutes à tourner en rond au centre du hall de gare, le brun vit un homme aux cheveux châtains coupés courts lui faire un signe tout en s'approchant de lui. Il tenait par la main une fillette à la chevelure blonde, bouclée, qui possédait deux yeux d'un bleu transperçant.
*Ce doit être eux.*

  L'homme parla alors en allemand, et tout ce que le brun sembla comprendre fût son prénom. En voyant son air d'incompréhension l'homme répéta mot pour mot ce qu'il venait de dire dans la même langue. Il devait croire que c'était le bruit environnant qui l'avait gêné, alors que le problème de communication venait d'ailleurs. 
  
 « 
Je suis désolé, mais je ne comprends pas cette langue... » tenta-t-il en anglais.
 L'homme grimaça en l'entendant parler. Il secoua négativement la tête en haussant les épaules. 
*On est pas sortit de l'auberge...* 
 Finalement Audric refit une tentative, en français cette fois. A la lueur qu'il vit dans le regard de l'homme aux cheveux châtains, il avait enfin réussit à se faire comprendre.

 « 
Bien sûr, excuses-moi. » fit-il en souriant avec un fort accent allemand dans la langue maternelle du garçon. « Tu es Audric, n'est-ce pas? Enchanté, je suis Gregor. Le mari de Gabrielle. As-tu fait bon voyage?» Le garçon aux yeux vairons acquiesça et le remercia. Il se présenta également dans la foulée, même s'il n'en avait pas vraiment besoin.  
 Il se sentait encore plus mal de se retrouver avec un parfait inconnu que si c'était Gabrielle elle-même qui était venu le chercher. Gregor lui présenta alors la fameuse Lucie, et se baissa à son niveau pour lui adresser quelques mots en allemand. La fillette regardait son père et l'écouta alors attentivement, répondant parfois ou hochait la tête. Elle reporta son attention sur l'adolescent tandis que son père se redressait.
 
 « 
C'est toi mon grand frère? Je suis trop contente d'avoir un grand frère. Dis, tu voudras bien jouer avec moi en rentrant? » 
 Audric craqua immédiatement et approuva tout de suite l'idée. Lucie lâcha la main de son père pour fourrer ses petits doigts dans la main du jeune garçon. Ce dernier jeta un œil intrigué à Gregor qui lui sourit et lui asséna une grande claque sur l'épaule.
 
 « 
Aller on rentre! Lucie surtout tu ne lâches pas la main d'Audric, d'accord? » La fillette acquiesça si fortement que le brun eût peur un instant qu'elle ne se fasse mal au cou. Il suivit le mouvement, ou plutôt il se laissa tirer par sa nouvelle demi-sœur qui lui décrivit tous les jeux qu'elle connaissait ainsi que tout ceux qu'elle possédait dans sa maison et auxquels il devrait certainement jouer une fois rentrés. Elle n'avait aucun accent au contraire de son père, et semblait être un sacrée petite bavarde.
 Gregor prit le sac de l'adolescent et guida les deux enfants jusqu'à la voiture. L'angoisse du garçon aux yeux vairons était toujours là, mais il avait moins peur de se retrouver en territoire inconnu à présent car les deux autres agissaient de manière à ce qu'il soit le plus en confiance possible. C'était un peu comme s'il les connaissait depuis toujours. 
 
 Finalement il se demanda si trois jours n'était pas trop peu, s'il n'aurait pas du prévoir de rester une semaine entière comme Jeanne le lui avait suggérer. 

Là où les Ninker passent, la défaite trépasse.
Audsée un jour, Audsée toujours! Un jour Jonois resplendira.
2ème année RP
Mister Gryffondor 2042 (avec Esmée :3 )

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Lucie - 5 ans 1/2

 Audric eût l'impression de retourner chez son grand-père tant ils s'enfonçaient dans la campagne, à ceci prêt qu'ici les champs étaient bordés pour la plupart de murets en pierres. Il était assit à l'arrière de la voiture, parce que Lucie avait grandement insisté pour qu'il se mette à côté de lui. Il n'avait pas fallut longtemps pour qu'il cède sous les grands yeux bleu suppliants de sa cadette.
 Une petite sœur... Il avait toujours rêvé de ne plus être fils unique, mais avait finit par comprendre que son vœu ne serait jamais réalisé. Et puis finalement... Il avait toujours du mal à avaler cette histoire avec sa mère biologique, mais rien que pour Lucie, il était déjà prêt à faire de nombreux efforts. 

 « 
Tu verras, dans ma chambre j'ai une poupée princesse-fée, elle est trop jolie. Et maman elle me laisse jouer avec ses cheveux aussi des fois. Je pourrais jouer avec les tiens? Eh, et tu voudras bien dormir dans ma chambre? Et pis...
 - Lucie ça suffit. Laisses Audric arriver d'accord? Et il a déjà sa propre chambre, tu le sais. »

 Gregor leva les yeux sur le rétroviseur central, croisant le regard de l'adolescent. 
« 
Nous t'avons préparé une chambre, tu seras tranquille. Et puis tu auras ton coin à toi quand tu reviendras. Enfin si tu veux...? » Il lui adressa un petit sourire encourageant et reporta son attention sur la route. Derrière lui, sa fille s’affaissa sur son siège et croisa les bras en boudant.
 Le brun lui ne savait pas trop s'il devait se réjouir ou non d'avoir sa propre chambre chez Gabrielle. Il se demanda un instant si ce n'était pas trop rapide.

 La voiture s'engagea dans un chemin caillouteux secouant ses passagers assez durement malgré sa faible vitesse. La maison qui se dressait devant eux avait des allures de palaces aux yeux de l'adolescent. Elle était immense, dans un style très rustique avec un jardin tellement grand à l'arrière qu'il aurait facilement pu être comparé à un parc. Gregor posa le sac du brun dans l'entrée et lui proposa de lui faire faire le tour du propriétaire, ce que le garçon accepta avec enthousiaste. La visite n'avait rien à voir avec celle qui avait faite à Esmée dans le petit appartement des Hitward. Il y avait des portes partout, et parfois même des portes derrière les portes, ce qui rappelait Poudlard aux yeux du brun. Il se demanda un instant s'il ne devrait pas faire un plan de la maison pour pouvoir s'y retrouver.

 Lucie courrait au milieu de pièces en pièces, apportant parfois un jouet ou deux pour les montrer à l’adolescent qui riait sous le défilé de poupées. 

 Enfin Gregor poussa une porte au rez-de-chaussée. La chambre qui se trouvait derrière était plus grande que celle qu'Audric possédait à Londres. Il y avait un grand lit au milieu et plusieurs bibliothèques remplies de livres de l'autre côté, ainsi qu'un gros fauteuil moelleux dans les tons verts juste sous la fenêtre. 
« Et voilà ta chambre. Il faudra que l'on ôte les bibliothèque pour que tu es plus de place, et tu n'auras qu'à nous dire ce que tu voudrais rajouter. Enfin c'est ce que ta mère voulais... » L'allemand se frotta la nuque, un peu gêné. Il avait l'air de vouloir que le garçon prenne part à leur vie comme le souhaitait Gabrielle, sans pour autant vouloir le bousculer au contraire de sa femme. Le brun commençait doucement à apprécié cet homme, il lui faisait un peu penser à Andrew. 

« Dis papa, je peux aller jouer dehors avec Audirrric? S'il te plait? » supplia la blondinette en tirant le T-shirt de son père. Ce dernier acquiesça à condition qu'elle ne l'embête pas trop. Après tout, le brun allait rester trois jours, ils avaient bien le temps de s'amuser ensemble non? 
 L’adolescent lui demanda juste un moment, le temps de brancher son téléphone et de poser son sac dans la chambre qu'on lui avait attribuée. Il ne pouvait s'empêcher de rire tout bas en entendant la façon que la blonde avait de prononcer son prénom, ajoutant une lettre et appuyant sur le "r".

 Lucie entraîna son nouveau frère, qui avait l'impression d'être un jouet par moment, dans le jardin. Il y avait une petite cabane, non loin de la terrasse où étaient rangés encore d'autres jouets de la fillette. Ils jouèrent pendant plus d'une heure qui sembla être cinq minutes aux yeux du bruns. Il avait la sensation de retomber dans une enfance pas si lointaine, où son seul problème dans la vie était de colorier sans dépasser. Lucie avait une imagination débordante et vivait dans un monde de licornes, de fées et de gentilles magiciennes. Exceptionnellement un garçon lui aussi magicien apparaissait dans son histoire, interprété par le garçon aux yeux vairons. Il se retrouva avec un morceau de bois fourré dans la main en guise de baguette magique à courir après la fillette. 
 Le brun s'amusait beaucoup avec sa cadette, bien plus qu'il ne le pensait en arrivant en Allemagne. Il aurait du se douter que c’était trop beau pour durer...

Là où les Ninker passent, la défaite trépasse.
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Mister Gryffondor 2042 (avec Esmée :3 )

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Gregor - ?

 Tandis que Lucie et Audric jouaient tranquillement dans le jardin, Gregor prit place sur l'un des transat de la terrasse avec le journal des sports. Il jetait de temps en temps un œil sur les deux enfants pour s'assurer que tout allait bien mais sans grande inquiétude. Il n'avait apprit l'existence du fils de sa femme que deux ans auparavant, en voulant faire du tri dans leurs affaires. Il était tombé sur une lettre et une photographie usée juste au moment où elle rentrait dans la pièce. Il avait l'habitude de gérer les crises d'hystéries de Gabrielle, mais il dû s'armer de patience pour la calmer cette fois-là, et encore plus pour la convaincre de reprendre contact avec sa famille et de rencontrer son fils.
 L'homme avait mit de côté certaines choses avant que sa femme ne jette tout, et il pensait d'ailleurs en redonner une partie au garçon afin de l'aider. Il avait cru comprendre qu'il voulait trouver son père biologique, ce qui somme toute était plutôt normal, mais Gabrielle ne l'entendait pas de cette oreille.

*   *   *   *


La journée était bien avancée lorsque la mère de famille arriva enfin. Commençant à se lasser du jeu au contraire de la blonde, Audric leva la tête vers elle. Elle semblait de bonne humeur et embrassa son mari avant de s'avancer vers les enfants. Le Brun détourna le regard au moment où elle se penchait sur Gregor et ignora délibérément son arrivée, ne sachant quoi dire. Lucie avait les joues rouges et était essoufflée de courir partout depuis le début. Elle était perchée sur une bûche, se préparant à sauter avec un bâton à la main en guise d'épée. Elle le tendit au-dessus de sa tête comme si elle allait pourfendre le brun. Ce dernier tenait son propre bout de bois devant lui en un geste naturel, plus par habitude que par réelle envie de la menacer. 
 Il n'en fallut pas plus à Gabrielle pour changer totalement de comportement.

 La jeune femme se mit à hurler à la fois en allemand et en français, rendant ses cris complètement incompréhensibles. Prise dans son élan, Lucie rata son saut et s’étala aux pieds de son demi-frère qui, naturellement fit un geste pour l'aider à se relever. 
 « NE LA TOUCHE PAS! » hurla la femme aux yeux vairons. Elle se saisit de sa fille comme d'une poupée de chiffon et la serra contre-elle avec force. Elle frappa la main du garçon qui tenait le morceau de bois et le fusilla du regard. « Ne t"avise même plus de te servir de ça! »

 La scène était tellement tirée par les cheveux que le garçon eût du mal à comprendre à quoi elle faisait allusion. La panique dans les yeux de la femme aida l'information à se frayer un chemin dans le cerveau du brun qui faillit en premier lieu lui rire au nez. *Elle est pas sérieuse... Ah si.* 
 Prit d'un rire nerveux devant le ridicule de la situation, Audric ne pensa même pas à se défendre. Du moins pas immédiatement, mais lorsqu'il ouvrit la bouche pour s'expliquer, Gabrielle reprit ses accusations.

 « C'est bien ce que je pensais, tu es comme ton père. » Elle cracha ce dernier mot avec tout le dégoût qu'elle ressentait pour lui. « J'avais bien sentit qu'il y avait quelque chose de pas normal chez toi, mais j'ai quand même voulu faire un effort... Mais vous ne pouvez pas vous empêcher d'être... des monstres! »

 Audric se sentait geler de l'intérieur. Il commençait à comprendre de quelle façon elle le voyait, et il n'aimait pas cela du tout. Les poings serrés, il lui jeta le regard le plus noir qu'il avait en stock, la faisait reculer de quelques pas.
 Gregor arriva en courant, cherchant à comprendre la raison de tous ces cris et de calmer la situation. « J'suis p't'être comme lui, mais j'ai jamais rien fait de mal. C'était qu'une branche! » cria l'adolescent en désignant l'objet du délit. Mais lorsqu'il releva la tête vers sa mère biologique il n'y avait pas que de la peur dans son regard. Le dégoût qu'elle ressentait pour l'homme qui était le père du garçon était passé sur le fils. 
 
 Elle s'adressa en premier lieu à Gregor pendant qu'elle repartait vers la maison en reculant, Lucie toujours serrée dans ses bras. « Je ne veux pas qu'il reste ici. S'il te plait, ramène le où tu l'as pris, j'appelle sa mère. » Puis à Audric : « Je ne veux plus jamais te revoir par ici, c'est comprit? Si j'avais su...»

  *Attends, qui est-ce qui a insisté au début?* Gregor tenta encore de la raisonner. Ne comprenant pas le fond du problème, il trouvait tout cela ridicule. Il était habitué aux changements d'humeurs de sa femme, Gabrielle avait toujours été ainsi et malgré cela il l'aimait toujours un peu plus. Cette fois pourtant il comprenait qu'il était complètement dépassé par les événements.
 L'adolescents la suivit jusqu'à la maison, et bifurqua dans la chambre où il avait posé ses affaires en hurlant après la femme.
 « Je ne comprends pas pourquoi tu voulais que je viennes si c'est pour me mettre dehors pour un truc aussi bête. »
Il lui en voulait d'agir ainsi, mais s'en voulait encore plus d'avoir été si naïf et d'avoir voulu croire que cela fonctionnerait. 

Et surtout d'avoir oublié la vérité qu'il avait apprise au début de l'été : les adultes mentent toujours. 

Il ralluma rageusement le téléphone que Jeanne lui avait confié, prit son sac et sortit en courant de la maison. Même si Gabrielle changeait d'avis, il refusait de rester une minute de plus dans cette fichue maison. Pas avec cette maudite femme et ses a  priori idiots.
 Cette dernière le regarda partir sans un mot, prête à le mettre dehors de force s'il le fallait. 
 Les larmes aux yeux il ralentit entre deux champs, prenant une direction au hasard. La main tremblante, il tenait le téléphone s'en oser s'en servir. Jeanne semblait attendre beaucoup de cette rencontre entre sa sœur et son fils, et lui avait réussit à se mettre Gabrielle à dos. Il ne comprenait pas, ou plutôt il ne coulait pas comprendre pourquoi elle lui en voulait ainsi.
 Au final, il s'était mit à dos la jeune femme à cause de son père biologique, et ce dernier devait vivre tranquillement sans le savoir. Est-ce que cela valait-il toujours la peine de le rechercher?

 Avant qu'il ne creuse la question plus loin, une voiture ralentit puis s'arrêta à sa hauteur. La vitre côté passager s'ouvrit, et le brun pu voir le visage sérieux de Gregor braqué sur lui.

« Aller... monte! »

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         Jessica - 16 ans       Emma - 14 ans           


 Dimanche 2 août 2043.
  Alsace.

*   *   *   *

 Assis par terre dans un coin de la chambre d'Emma, les genoux repliés contre lui, Audric écoutait les adultes discuter dans la pièce d'à côté. La chambre de sa cousine était positionnée juste à côté de la salle, et en gardant la porte entre-ouverte il pouvait tout entendre sans que personne ne le saches. La propriétaire de la chambre était assise juste en face de lui, à côté de la batterie qu'elle avait reçu à noël et dont elle ne se servait plus. 
 La jeune fille était ainsi, à toujours vouloir faire des milliers de choses et à abandonner peu de temps après.

Le brun pencha un peu plus la tête en entendant la voix de son père. Andrew était arrivé en début d'après-midi pour récupérer son fils, et les adultes en avaient profité pour parler de Gabrielle. Rapidement énervé par la conversation, il s'était enfuit dans la pièce d'à côté, mais ne parvenait pas finalement à se soustraire totalement à cette discussion. 


 La veille, Gabrielle avait essayé de convaincre sa sœur de se débarrasser du garçon en avançant qu’elle savait de quoi les gens comme lui étaient capable et qu’il était trop dangereux pour leur famille. Jeanne avait essayé de la calmer : après tout ce n’était encore qu’un gosse, et c’était mal connaître Audric que de croire tout cela. Mais sa petite sœur n’en démordait pas et c’était finalement Andrew qui avait reprit le téléphone et le ton était rapidement monté entre eux.
 Pendant ce temps, Audric avait finalement accepté de monter dans la voiture de Gregor. De toute façon il n’avait aucune idée d’où aller si ce n’était le plus loin possible de sa mère biologique. Personne n’avait dit un mot pendant un moment jusqu’à ce que le téléphone du garçon se mette à sonner. Le brun avait grimacé en voyant le mot « Amour » clignoter à l’écran et décroché pour écouter son père, en soupirant devant la mièvrerie de sa mère. 
Gregor avait ensuite demandé à lui parler et comme Andrew s’exprimait en anglais, il avait bafouillé quelques mots avant de changer pour l’allemand. Excluant ainsi l’adolescent de la conversation qui ne cessait de lui jeter des coups d’œil dans l’espoir d’avoir une traduction. La seule explication qu’il avait pu avoir après tout cela était : « Je vais t’accompagner jusqu’à chez ton oncle. Ton père dit qu’il ira te chercher là-bas demain. »

Dans la chambre, Emma caressait les tambours de sa batterie du bout des baguettes. Elle s’ennuyait fermement et comme son cousin lui avait imposé le silence, elle ne pouvait absolument rien faire. Elle baissa les yeux sur le garçon, la tête toujours penchée vers la porte en silence, serrant un morceau de papier entre ses doigts.
 La brunette n’avait pas pu le lire, le garçon aux yeux vairons refusait fermement qu’elle y touche, ou qui que ce soit d’autre d’ailleurs. Il avait même gardé cette feuille avec lui cette nuit, là glissant sous son oreiller.

Les mots qui étaient inscrits dessus, il les connaissaient déjà par cœur. Ils avaient été tracés environ quatorze ans auparavant par celui qui devait être son père biologique. Elle était datée en fin d'année 202, soit quelques mois avant sa naissance.
Gabrielle,

 Je sais que ta décision est déjà prise mais j’aimerai quand même que tu réfléchisses à ce Nous. J’ai bien conscience que ce que je suis t’effraie, mais crois-moi : si je le pouvais, je changerais. Peut-être y verrais-tu enfin une preuve de mon amour.


 Tu sais Gaby, je ne peux pas croire que tous ces moments que l’on a partagés ne signifient rien à tes yeux. Tu ne peux pas tout oublier sur un simple coup de tête. Il serait peut-être plus judicieux d’y réfléchir à deux, non ?
J’espère sincèrement que tu reviendras sur ta décision... tu sais que je t’aime et que je suis prêt à tout pour rester avec toi.


 Je te laisse mon adresse pour le jour où tu changerais d’avis.
J’espère te voir revenir vers moi. Je t’attendrai en tout cas.
Je t’aime Gabrielle, n’en doute pas.

Je t'embrasse,

Nat’ D.
 
 Audric s’était demandé quel genre d’homme pouvait bien aimer une femme comme Gabrielle, puis son regard s’était posé sur Gregor. Gregor qui, quelques minutes avant, lui avait indiqué qu’il avait quelque chose pour lui planqué dans la boîte à gant.
Gregor qui avait fait des kilomètres et des kilomètres pour raccompagner un enfant qui n’était pas le sien et à qui il ne devait rien. 
 Il y avait peut-être quelque chose de Gregor dans cet homme aussi, qui semblait vouloir tout abandonner pour Elle. Audric ne comprenait pas ce genre de chose, il ne comprenait pas que l'on pouvait aimer quelqu’un au point de sacrifier une part importante de soi. Pas qu'il ne l'aurait pas fait pour autant.

 Dans le salon, les adultes se turent soudain. Ou peut-être étaient-ils en train de chuchoter, l’adolescent n’arrivait pas à savoir exactement. Comme le silence se faisait, Emma utilisa sa batterie à ce pour quoi elle était ici : faire de la musique. Elle sentit immédiatement le regard noir de son cousin se poser sur elle.

 « Oh ça va. Cette histoire va te rendre fou, arrêtes un peu d'en faire tout un plat! 
 - Je n'en fais pas tout un plat, je...
 - Ta ta ta, stop! Tiens, viens plutôt jouer avec moi. »

 Et sans plus de cérémonie elle lui fourra les baguettes dans les mains avant de prendre sa guitare, qui datait de deux noël avant et qui avait une sacrée couche de poussière. Le brun soupira en regardant l'instrument de musique comme s'il allait l'attaquer. *Comment on joue de ce truc...?* Il tapa un peu au hasard, écouta les différents sons qui sortaient de la batterie puis en enchaîna certains qui lui semblaient bien à l'oreille. 
 Emma le "força" à jouer pendant de longues minutes. Si au début il le faisait à contre-cœur, il y prit vite goût et continua à taper, en rythme autant que possible pour suivre la guitare désaccordée. L'adolescent eût une pensée pour Jonathan, guitariste de son état à ses heures perdues, qui aurait certainement pleuré en entendant les gémissements de l’instrument d'Emma.
 Enfin il s'arrêta sous les supplications des adultes venus dans la chambre cesser le bruit des deux cousins. Ou le massacre, suivant le point de vue. Les deux adolescents étaient totalement décoiffés mais heureux, et Audric remercia son aînée du regard. 

 « On y va Pump... mon grand? » demanda son père doucement. Le brun acquiesça et reprit précipitamment la lettre, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse. C'était le seul moyen qu'il avait de retrouver l'homme qui effrayait tant Gabrielle. Si pour certains c'était la meilleure raison pour ne pas le faire, lui voulait pouvoir se tenir face à cet inconnu et lui dire en face qui il était. Il fallait qu'il sache aussi, non? 
Il ne pouvait pas le laisser dans l'ignorance, n'est-ce pas?

Audric commença à suivre Andrew, jusqu'à ce que Jessica l'attrape par le bras et le tire dans sa propre chambre.  « Tu n'oublierais pas quelque chose par hasard? »
 Elle lui désigna la pile de livre qu'il avait lui-même posés au pied de la bibliothèque de sa cousine pour le lui emprunter. L'adolescent chargea la dizaine de bouquins dans ses bras, son père le soulagea de la moitié et s'éloigna en remerciant son beau-frère et sa femme de s'être occupés de son fils. Avant que se dernier ne s'échappe, la plus âgée de ses cousines le retint à nouveau par le bras. « Tu nous tiens au courant 'Dric. A propos de ça. » Elle désigna la lettre du doigt. « Je veux un compte-rendu complet et détaillé dès que tu l'auras rencontré. C'est comprit? »

 L'adolescent s'échappa après avoir lâché un « Bien chef! » ironique. Il se dépêcha de rejoindre son père dans la petite voiture de location. Décidément Andrew aimait bien prendre de petits modèles, au contraire de Jeanne qui aimait prendre de grosses voitures afin détaler toutes ses affaires à l'arrière. Enfin ce n'était pas comme si l'un ou l'autre avaient beaucoup de choses cette fois... 
 La voiture prit la route de Paris, et Audric s'emmura dans son silence. La lettre toujours serrée entre ses doigts, il regardait le paysage en pensant vaguement à Lucie. Il n'avait même pas pu lui dire "au revoir".

 Il sentit soudainement la main du conducteur se placer sur son bras. Le regard de ce dernier quittait le moins possible la route, mais il tourna la tête vers le brun pour ponctuer sa phrase. « On le retrouvera tu verras. Ce ne doit pas être si compliqué... on le trouvera et tu pourras aller le voir. »
 La gorge nouée, Audric tenta de remercier le rouquin, mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Il acquiesça donc et détourna le regard sur le paysage. Il ne chercha même pas à savoir s'il pouvait lui faire confiance, cette fois il disait la vérité. 

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