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 Irlande  Un long apprentissage  Solo 

MAISON FAMILIALE
LETTERKENNY


DÉBUT JANVIER 2035
La petite Ennis - 4 ans - n'était pas ravie, ce matin-là, de devoir se rendre dans la salle d'étude de la maison. Sa mère lui avait annoncée la veille, qu'elle devrait maintenant assister à des classes, tous les matins, comme ses grands frères. La petite fille n'était pas certaine d'avoir bien compris de quoi il s'agissait. Jusqu'à présent, elle n'avait jamais eu le droit de pénétrer dans cette pièce ou ses frères devaient aller quatre heures par jour avec Mr. Lynch. Le professeur était celui que Cathleen O'Belt avait choisi lorsque son aîné - Diarmuid - avait eu 4 ans, pour lui apprendre tout ce qu'un petit sorcier doit savoir: lire, écrire, compter, l'histoire des sorciers, et des bases dans toutes les matières étudiées à Poudlard. Il n'était pas question pour elle que ses enfants ne soient pas les meilleurs une fois là-bas.

En se levant, elle avait d'ailleurs oublié cette obligation et c'est sa mère qui l'avait rappelée à l'ordre dès le petit déjeuner alors qu'elle expliquait à ses frères ses plans pour la matinée: Jouer dans la neige fraîchement tombée dans la nuit. La réplique sèche de sa mère avait littéralement refroidie la gamine qui avait dû retenir des larmes. Elle n'aimait pas cette façon qu'avait sa mère de lui parler, toujours sèche, froide, autoritaire. La petite fille ne pouvait pas le savoir mais la mère de famille ne savait pas faire autrement avec ses enfants. Elle voulait de leur part une attitude irréprochable et une tête bien faite. Le reste lui importait peu.


DÉCEMBRE 2035
Ce matin là, les deux plus jeunes enfants O'Belt était dans le laboratoire de potion de la maison avec leur tuteur. Chacun avait un exercice différent, adapté à son âge.
Domhall, de quatre ans son aîné, s'appliquait à découper des racines de marguerites. Et Ennis, avait devant elle différents ingrédients et devaient les reconnaître. Elle avait fini son exercice depuis un moment et s'ennuyait ferme. Dom' aussi semblait oisif aussi. Ils attendaient donc que leur tuteur ne vienne voir leur travail. Celui-ci sembla plutôt satisfait des enfants et leur demanda de patienter le temps qu'il aille voir leur aîné. Content du travail fournit par ses élèves, il les emmena en salle d'étude et, pour les récompenser, leur parla de l'histoire des sorciers irlandais. Pour une fois, ils n'auraient qu'à écouter.

Ce jour-là, la mère de famille fut satisfaite du travail de ses deux enfants. Des trois mêmes, elle venait de recevoir le dernier bulletin de son aîné avant les examens terminaux et de jolis O le remplissait. Même sa fille eut le droit à un compliment ce qui était plutôt rare. Généralement, elle avait toujours quelque chose à redire à la fillette. Mais là rien, pas même d'avoir marcher trop vite pour venir au repas.


AOÛT 2036
Son deuxième grand frère avait reçu peu de temps auparavant, sa lettre pour Poudlard. Elle ne voulait pas vraiment que lui aussi parte aussi longtemps. Jusqu'à fin octobre. C'était si long... Mais la petite fille de 5 ans et demi subissait les préparatifs comme une punition. Avait-elle fait quelque chose de mal?

Aussitôt le déjeuner terminé, elle avait donc courut dans sa chambre, elle ne voulait pas voir sa mère préparer les malles de Diarmuid et Domhall. Elle s'était roulée en boule sur son lit pour pouvoir pleurer.
Elle commençait à comprendre qu'elle serait maintenant seule à devoir supporter quotidiennement les remarques de leur mère si intransigeante. Rien ne semblait la contenter, malgré tous les efforts que la petite fille fournissait, il lui semblait que ça n'était jamais assez et que sa mère ne l'aimait pas. Sinon, pourquoi l'aurait-elle puni lorsqu'elle lui avait offert ces tulipes cueillies dans le jardin hier?


AOÛT 2042
Elle aussi avait reçu sa lettre pour Poudlard. Elle allait enfin quitter cette maison où elle ne se sentait bien que quand les membres masculins étaient présents. Elle avait toujours cette impression que sa mère ne l'aimait pas. Qu'elle ne voulait pas d'elle. Alors elle avait redoubler d'efforts pour lui convenir dès qu'elle avait compris le fonctionnement de Cathleen. Respectant à la lettre ses obligations, travaillant d’arrache-pied avec Mr. Flynch pour être la meilleure possible. Le climat ne s'adoucissait que lorsque son père était à la maison. Et là, quelque chose d'étrange se produisait. Au début, la petite fille pensait que sa mère laissait à son père du temps à passer avec elle. Mais avec le temps, elle s'aperçut que quand Briac O'Belt était là, sa mère ne lui adressait presque plus la parole, juste sur ses cours ou quelques élans du comportement mais, sans plus. Alors la petite fille se confia à ses frères qui haussèrent les épaules. Pour sûr, ils lui cachaient quelque chose.

1ère année RP
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MAISON FAMILIALE
LETTERKENNY


VACANCES DE NOËL 2042
Sur le quai de la gare, deux hommes étaient en pleine discussion. Le plus âgé des deux était Briac O'Belt et le plus jeune son fils aîné, Diarmuid, diplômé de Poudlard et apprenti médicomage. Ils attendaient l'arrivée du Poudlard Express qui transportait les deux plus jeunes membres de la famille.

Le train ne tarda pas et les deux jeunes gens descendirent chacun d'un wagon différent. Leurs deux visages s'illuminèrent, ils ne devaient pas s'attendre à les voir. D'ordinaire c'était toujours la mère de famille qui faisait le déplacement leur père. Les salutations furent sobres, éducation oblige, mais tous étaient heureux et détendus. La fillette était ravie de passer du temps avec eux trois. Poudlard l'avait séparé de ses frères dès que ceux-ci avait été en âge d'y aller. Et leur père était si souvent en déplacement...
Ils partirent sur le Chemin de Traverse, le père de famille souhaitant profiter de cet instant où ses trois enfants n'étaient pas brimés par leur mère. Tout en sa baladant Ce dernier s'enquit de leur vie à Poudlard, glissant ça et là quelques anecdotes de sa propre vie étudiante. La plus jeune resta évasive. Comment expliquer à son père et ses frères qu'elle n'avait pas vraiment d'amis car elle passait son temps à travailler pour avoir de bonnes notes et faire plaisir à sa mère? Pour détourner le sujet, elle questionna le plus vieux de la fratrie et Dia' raconta à sa sœur, morceaux choisi, la vie d'un futur médicomage.

Malheureusement pour la jeune Gryffondor, cela ne dura pas. A peine rentrée, sa ma mère l'attendait dans le salon, parchemin en main. C'était son bulletin. D'un geste, Cathleen congédia ses deux frères. Elle tendit le dit bulletin à Briac qui le parcourut rapidement. La fillette resta stoïque, attendant l'orage. Elle en était sûr, le E en botanique ne passerait pas pour sa mère. Son père avait toujours été plus conciliant sur les résultats.
- Ennis, serait-il possible de m'expliquer?

La petite fille déglutit, cherchant le regard de son père: Je... devant le regard noir de sa mère, elle s’interrompit tout net.
- Ce genre de résultat n'est pas admissible tu m'entends!

La petite acquiesça, et sur un signe de tête de son père, sortie de la pièce. La porte se referma et elle se laissa tomber le long du mur pour pleurer. Elle ne l'avait pas prévu mais elle put entendre ce que ses parents se disaient.
- Mais enfin Cathleen, tu pourrais relativiser non?!

- Relativiser quoi? Ce n'est pas à la hauteur de ce qu'elle peut faire.

- Elle n'a que douze ans!

- Briac, que je sache, nous nous étions mis d'accord, JE m'occupe de l'éducation des enfants pendant que tu parcours le monde pour travailler. Ce n'est pas toi qui a dû gérer les enfants et je te rappelle que je ne voulais pas de cette...

La petite fille n'entendit pas la fin de la phrase car Diarmuid venait de s'agenouiller devant elle: Tu ne devrais pas rester là tu sais, allez viens.

Il lui tendit la main pour l'aider à se relever puis l'emmener à l'étage. Sa sœur était en pleur et il se devait de la consoler avant le repas du soir. Si elle restait dans cet état, cela ne ferait qu'aggraver les choses. Il la conduisit jusqu'à sa chambre et ils s'installèrent sur le lit de la fillette, il ouvrit les bras et elle s'y blottit: Raconte, dit-il en irlandais, sachant pertinemment que sa sœur était plus à l'aise dans cette langue, au plus grand damne de leur mère.

Alors la châtain lui raconta, entre quelques sanglots, ce qu'elle avait sur le cœur. Tout y passa, sa mère qui vraisemblablement ne l'aimait pas, ses efforts pour y remédier qui ne servaient à rien preuve en était ce soir là, et elle n'arrivait pas à nouer de vrais contact à Poudlard à travailler. Le plus grand, assez désemparé devant la détresse de sa cadette, ne savait pas quoi lui répondre. Il la serra un peu plus fort dans ses bras quand leur frère, Domhall, entra dans la pièce. Il s'assit de l'autre côté d'Ennis et posa sa main sur son épaule. La gamine se redressa et les regarda à tour de rôle:

- Qu'a voulu dire mère par: "Je te rappelle que je ne voulais pas de cette..."?

La question surpris les deux aînés. Ils se regardèrent. Bien sûr, ils n'en gardaient pas énormément de souvenirs mais ils se souvenaient des disputes de leur parents au sujet de leur sœur quand elle était bébé. Mais pouvaient-ils réellement lui dire que leur mère ne souhaitait pas de troisième enfant? car c'était bien là le cœur du problème.
- Je sais pas soeurette, chuchotta Dom', je sais pas...

- Il va être l'heure de descendre, dit le plus âgé en descendant du lit. Change toi rapidement et passe toi un coup d'eau sur le visage. Mère va se calmer.

Ennis fit la moue, elle savait que sa mère remettrait ça bientôt sur le tapis. Le second embrassa sa sœur sur le front avant de la laisser. Les deux frères sortir de la chambre pour se rendre dans la chambre du premier. Il fallait qu'ils discutent de tout ça et surtout, il leur faudrait parler à leur père, plus ouvert sur la question. Il fallait qu'ils aident leur sœur.

1ère année RP
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MAISON FAMILIALE
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VACANCES DE NOËL 2042
QUELQUES JOURS PLUS TARD

Les vacances avaient commencé depuis 2 jours seulement et déjà, Ennis voulait repartir au plus vite à Poudlard. Alors que la veillée de Noël avait lieu le soir même, les deux cadets O'Belt se trouvaient dans la salle d'étude pour y travailler. Leur mère leur avait concocté des révisions intenses pour repartir à l'école fin prêts. Ce qui signifiait pour le plus vieux des deux, en avance sur son programme et pour la plus jeune, rattraper ses "lacunes" dans les quelques matières où elle avait obtenu un E ET prendre de l'avance dans l'ensemble des matières pour la suite de sa première année.

Si la petite fille aimait apprendre et ne rechignait que rarement à travailler, elle manquait cruellement de motivation ce jour-là. Elle enviait clairement leur aîné à tous les deux, libéré de cette obligation depuis qu'il étudiait et habitait à Londres; il devait les rejoindre le soir même pour les fêtes. Elle leva le nez de son livre de DCFM où elle cherchait une information pour refaire le devoir prétendument raté. Et une fois celui-ci terminé, celui que son frère avait fait quelques années plus tôt l'attendait patiemment pour enfoncer le clou sur le sort
Gonflus. Elle chercha le regard de son frère qui semblait plongé corps et âme dans son propre travail; mais, se sentant observé, il releva la tête pour croiser les yeux marrons de sa sœur. Devant son air déconfit il lui chuchotta:
- Je serai toi, je me dépêcherai de terminer. Plus vite c'est fait, plus vite tu es libre pour la journée.
- Mais, et si c'est pas assez bien? se désespérait la petite sur le même ton.
- Tu l'as déjà fait et tu es maligne, ça ira, souffla le cinquième année avec un clin d’œil avant de reprendre le cours de son parchemin.

Tel un miroir, elle se remit au travail. De longues minutes devenues une bonnes paires d'heure, les deux enfants avaient terminés leurs œuvres. Alors que, d'un commun accord, ils sortirent de la pièce pour aller au rez-de-chaussé mais des cris en provenance du salon les interrompirent au milieu de l'escalier.

- Non Briac non, ce n'est pas une excuse. Tu ne peux pas tout remettre en cause. C'était leur mère qui haussait le ton. La réponse de leur père n'était pas audible. A l'habitude, il était bien plus calme et posé que sa femme. En ce sens, Ennis ressemblait beaucoup à son père. Seule le goût des potions rapprochait mère et fille et c'était le seul domaine où la première notait les efforts de la seconde.
- Mais enfin, tu ne peux pas oser défendre une pareille position? Elle doit faire plus d'efforts. Je ne peux pas accepter plus que ce que j'ai déjà fait!

Contrairement à sa sœur, Domhall compris rapidement ce qu'il se passait et attrapa l'épaule d'Ennis pour lui faire remonter les marches:
- Viens, c'est pas la peine de rester là.
- Mais c'est de moi qu'ils parlent. Qu'est ce que j'ai fait encore? lui demanda-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux.

Le deuxième enfant O'Belt pouvait difficilement nier ce que venait d'affirmer sa sœur puisqu'il s'agissait de la vérité. Les disputes de leurs parents tournaient généralement autour d'Ennis. C'est Diarmuid qui lui avait expliquer les tenants et aboutissants. Cathleen avait été enceinte peut de temps après la naissance de Dom' et la petite fille n'avait pas survécu. Un traumatisme pour la jeune mère qui avait ensuite refusé tout net un autre enfant. Mais son mari avait insister et plusieurs années plus tard, Ennis était venue agrandir la famille. Mais Cathleen ne supportait pas d'avoir une fille après son expérience passée et tentait de modeler la petite fille à ses attentes encore plus qu'elle ne le faisait avec ses fils.

L'histoire n'était pas simple et ce n'était clairement pas à lui d'en parler à sa sœur. Moins doué que Diarmuid pour cela, il lui répondit du mieux qu'il pu:
Oui, mais ce n'est pas de ta faute, c'est compliqué tu sais. Ce sont des histoires de grands.

Il la tira ensuite franchement par l'épaule quand il entendit les voix s'éteindre et des pas se diriger vers l'escalier. Ils avaient encore le temps de retourner dans la salle d'étude pour ne pas être surpris à "écouter aux portes". Pendant le trajet, Ennis repensait à ce qu'ils avaient entendu et à la dernière sortie de son frère, des histoires de grands. C'était bien facile de dire ça. Certes elle était encore jeune mais si ça la concernait pourquoi n'était-elle pas au courant. A peine assis sur leurs chaises, leur mère entra dans la dite salle de travail pour contrôler leurs travaux. Elle hocha la tête sans faire de commentaire et leur désigna la porte de la tête. Sans demander leur reste, tous deux sortir pour vaquer à d'autres occupations et aucun ne pu voir le regard triste de leur mère, ni les larmes qui montaient à ses yeux. Elle ressassait son passé et les mots durs que venait de lui dire son mari. Cette situation était beaucoup trop difficile pour elle.

Ennis avait rejoint sa chambre. Allongée sur son lit, elle réfléchissait à comment elle pourrait convaincre ses parents de lui raconter ce qui la concernait mais semblait être un grand secret. Elle voulait demander conseil mais pour une fois, pas à Dia'. Il devait lui aussi être au courant et puis, elle l'embêtait déjà bien trop avec ses histoires. Mais à qui? Elle n'avait pas tant d'amis à Poudlard, bien quelques personnes avec qui elle avait commencer à se lier mais de là à raconter tout ça. Voilà encore quelque chose de bien compliqué pour quelqu'un de 12 ans. Elle fut tirée de ses pensées par quelques coups à sa porte. Elle alla ouvrir et découvrit Diarmuid et Domhall avec trois balais dans les bras. Elle leur sauta dans les bras. Ils avaient le chic pour la détourner de pensées difficiles. Ils prirent tous la direction du jardin pour une petite course. Avant de franchir le seuil de la porte, elle cherche du regard l'approbation de sa mère qui se trouvait dans la cuisine, il ne fallait pas une raison de la froisser plus le jour de Noël. Cette dernière acquiesça en levant son index et son majeur à la verticale. Deux heures, pas plus. La petite lui sourit en retour. C'était entendu.

1ère année RP
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