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 Irlande  Des nuages dans les yeux.  RPG++ Solo 

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Samuel Heryos / Loïk Flin

Mis-Juillet 2043
Ma main se pose sur la tienne alors que ton regard se perd entre les lignes du livres que tu tiens ouvert entre tes doigts. Hier encore, tu ne t'intéressais pas aux lois, mais depuis la septième visite de l’assistante sociale pour voir si Cassiopée se sentait bien chez nous, tu n'avais fais qu'éplucher les articles concernant les adoptions pour voir si cela était normal. Mais je sais qu'au fond de toi, tu sais que ça ne l'est pas. Sûrement le fait que nous sommes tout les deux des hommes. Ça doit leur faire un peu peur. Malgré toutes ces années, l'homophobie est toujours encrée dans les mœurs, et au bout du compte, tu ne le comprends toujours pas, même si je te l'explique tout le temps. Tu viens d'un pays où c'est plus accepté. Pauvre de toi. Tu ne remarques même pas combien tu te fais du mal en te forçant à rêver d'un monde rose. Et tu ne remarques pas combien ça me fait du mal de te voir espérer pour rien. Je ferme le livre et le pose sur la table basse, me rapprochant de toi encore un peu. Tu ne dis rien, te contentant de me regarder d'une manière curieuse. Le canapé est grand, et pourtant mes cuisses touchent les tiennes tellement je suis proche de toi. Je peux même entendre ton cœur battre dans ta poitrine. Ce cœur que je sais être à moi. J'aime penser comme cela. Tu es à moi, Samuel. Et je ne te laisserais jamais tomber. Mes lèvres se scellent aux tiennes alors que la lune se reflète sur les nombreuses fenêtre du salon. Tu te décale. Et même avant que tu n'ouvres la bouche, je sais déjà ce que tu vas dire. Les mots sont inutiles entre nous, tes yeux et la manière dont tes dents meurtrissent les lèvres que j'ai à peine quitté parlent à ta place. Ta main se balade sur ma joue. J'adore quand tu fais ça. Tes mains sont douces, comme celles des bébés. Mais tu n'es en rien comparable à eux. Ta voix est toujours douce quand tu d'adresse à moi. Une fois encore, je me surprend à apprécier les frissons qu'elle m'offre. Elle passe sur ma peau et me chatouilles l'épiderme. Mes yeux se ferment très légèrement.

«  -Ne crois-tu pas que nous avons fais une erreur avec Cassiopée ? Mon cœur se serre. Je m'attendais à cette interrogation, mais l'entendre de vive voix me fais plus de mal que je ne l'aurais cru.

  -Tu regrettes ? D'avoir adopté Cassiopée. Regrettes-tu ? Je te prend les épaules . Dis moi que j'ai mal compris, s'il te plaît.

  -Non ! Pas du tout ! Jamais je ne regretterais d'avoir enlevé Cassiopée de ces gens affreux. Je me demande juste si nous n'aurions pas dû lui en parler avant. Tout cela arrive si vite, j'ai peur que cela ne lui fasse plus de mal que de bien. Tu baisses la tête.

  -Tu sais très bien que lui en parler nous était défendu. Si nous l'avions fais, peu-être que Cassiopée n'aurait pas pu être sortie de là bas.

  -Je ne comprend juste pas. Et je ne sais pas comment elle va, elle est si secrète. C'est comme si tout était redevenu comme avant. Comme le jour où tu me l'avais présenté. Tu te souviens de ce jour ?

  -Comme si s'était hier. Une larme trace un sillon sur ta joue, je n'aime pas te voir comme cela. Je chasse la goutte salée de ta joue de mon pouce. Ton regard blessé me glace. Je sais à quel point cela te fait du mal de ne pas pouvoir aider notre petite Cassy'.

Je me souviendrais toute ma vie de ce jour où je t'ai présenté Cassiopée. Comme du jour où je t'ai rencontré. Ces moments là ne s'oublient pas, jamais. Comment passer outre les sentiments que je savais être miens lors de ces nombreuses heures que nous avons passé tout les deux ? Je t'aime, je t'aime tellement.Tu sais quoi ? Je me rappelle chaque jours pourquoi je t'ai aimé. Et pourquoi je le fais encore aujourd'hui. Tu ne bouges pas alors que je m'absente quelques minutes avant de revenir avec un album et du thé dans les mains. Je te tend une tasse et pose le tas d'images sur tes genoux. Étouffant un gémissement de contentement quand le thé à la menthe me brûle presque la gorge, j'ouvre l'album à la première page. C'est la première phot que nous avons pris ensemble qui s'y trouve. On était presque soûls cette soirée là. Ton bras autour de mes épaules, tu t'appuyais sur moi alors que je marchais difficilement presque accroché au mur. On fêtait la fin de la récolte de fond pour une association et tout les membres étaient partit boire un coup. On s'était beaucoup rapproché. J'aime me souvenir de ce moment. Déjà à cette époque, tu avais un sens de l'humour affreux mais qui faisait tellement rire qu'on semblait s'y déchirer les abdos. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai compris que ton sourire valait tout l'or du monde. Ton regard s'illumine alors qu'il se pose sur l'image. Ton pied se colle au mien, ta peau est froide. Cassiopée doit dormir depuis longtemps déjà et le feu crépite dans la cheminée. Tout cela donne une ambiance chaleureuse à la pièce et le regard doux que tu poses sur moi me remplit le cœur d'une douce chaleur. Tes lèvres s'approchent encore  une fois des miennes et tu me souffle « Je t'aime » avant de combler l'espace entre nos deux corps. Moi aussi. Ce n'est pas dit, mais tu le comprends parfaitement.

~°~

Les deux hommes rigolent comme des fous alors qu'ils faisaient tinter leur verre l'un contre l'autre. La journée avait été épuisante, pour eux comme pour tous les autres. La récupération de fonds pour l’association d'on ils faisaient part. Avait été simplement éreintante ! Mais quand le chef de projet leur avait proposé à tous d'aller boire un verre, ils avaient tout de suite sauté sur l'occasion. Et de fil en aiguille, de verre en verre, ils en étaient arrivés là. La main du plus grand -Samuel- pressa l'épaule de l'autre -Loïk. Il s'appuya dessus en laissant échapper un autre hoquet de rire. Une gorgée plus tard et son verre fut vide. Il le regarda d'un regard larmoyant et l'autre rigola encore plus, si cela était possible. Ils n'étaient plus dans le bar depuis un bon bout de temps, un ami -le Sam de la soirée- les avait raccompagné mais Loïk était descendu en même temps que son compagnon de soirée. Même s'il ne savait pas trop pourquoi il avait eu envie de faire ça. Étendus de tout leur long, l'un par Terre, l'autre à moitié sur le canapé, ils ne se comprenaient même plus quand ils parlaient et leur cerveaux semblaient être mis sur pause.

«  -Et t'sais il.. 'vait un genre de tevephone. Téléone. Té. Lé. Phoneuuu. Tout b'zarre.

  -Mais nan, ça c'un magétone. Nan ! Un magnétophoneu !

  -J'ai mal à l'tête. Le ton suppliant qu'il employa les croula de rire encore une fois. Ils avaient trop bu, c'était indéniable. Heureusement qu'ils avaient pu rentrer sans encombres.

La conversation continua quelques temps encore avant qu'ils ne s'endorment dans un méli-mélo de bras et de jambes. Et même si l'un ronflait tandis qu'un filet de bave s’échappait de la bouche de l'autre, ils ne se réveillèrent qu'au petit matin, la tête comme une pastèque en se promettant silencieusement de ne plus jamais boire comme ce soir là.

~°~

« - Promet moi de ne jamais dire à quelqu'un ce qui s'est passé ce soir là.

-Jamais ! »

:cry2:
J'déteste les poules, ce sont des animaux horribles ! Leur seule utilité, c'est de finir en nuggets !