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Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Eleana allait au deuxième cours de Magies du Monde avec entrain; en effet, le premier cours avait attisé en elle une curiosité sans pareille.
Elle qui venait tout juste de découvrir le monde de la sorcellerie allait en apprendre encore plus sur les différentes pratiques et habitudes des sorciers du monde.

En rentrant, Eleana salua son professeur et une autre femme qui se tenait à côté.
Eleana n'avait jamais vu cette autre femme et elle fut frappée par la beauté de celle-ci. Elle avait quelque chose d'indéfinissable qui lui donnait un charme envoûtant.
Avec un sourire, Eleana chercha une table libre et alla s'y installer.

Pour commencer, son professeur rendit les devoirs qu'elle avait corrigé.
Le coeur d'Eleana battait à cent à l'heure. Elle était loin d'être fière de ce qu'elle avait fait et avait toujours des doutes sur certaines de ses réponses. Elle s'attendait à avoir l'une des pires notes de la classe. Lorsqu'elle prit possession de son parchemin, elle y vit un A inscrit sur le haut. C'était certes mieux que ce qu'elle pensait mais Eleana n'était pas fière d'elle et décida de faire mieux la prochaine fois.

Une fois tous les parchemins rendus, le cours pu commencer et Eleana sourit en constatant que le cours portait sur les différentes écoles de sorcelleries. Eleana avait, pour le premier devoir de Magies du Monde, fait des recherches à la bibliothèque et avait trouvé une Encyclopédie de Poudlard dans laquelle se trouvait justement un chapitre dédié aux écoles de sorcelleries du monde entier.
Très vite, Eleana comprit qui était la ravissante femme qui assistait au cours. C'était la Mme Luneau, la directrice de Beauxbâtons, l'école française de magie.
Mme Luneau expliqua d'ailleurs le fonctionnement de l'école d'où elle venait, ce qui était très intéressant.
Mme Kristen continua le cours en expliquant le fonctionnement de certaines écoles, donnant au passage une information qui aurait aidé Eleana pour répondre à l'une des question à laquelle elle n'avait pas réussi à donner la réponse attendue.
Eleana buvait chaque mot, écoutant les questions de certains élèves et leur réponse.

Les pissenlits c'est joli.

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Cette fois, plusieurs mains se levèrent. Kristen interrogea les élèves dans l’ordre dans lequel il lui semblait avoir vu les mains se lever.

« Les maisons à Ilvermorny n’ont pas exactement les mêmes caractéristiques que celles de Poudlard. Établir une correspondance parfaite entre les deux serait assez réducteur. Certains prétendent que le Serpent cornu correspond à Serdaigle, le Puckwoodgenie à Poufsouffle, l’Oiseau-tonnerre à Serpentard et le Womatou à Gryffondor. D’autres affirment que ces quatre maisons valorisent un aspect du sorcier : l’esprit pour le Serpent cornu, le cœur pour le Puckwoodgenie, l’âme pour l’Oiseau-tonnerre, le corps pour le Womatou. Parfois, on préfère dire que les élèves répartis chez le Serpent cornu sont les érudits, que les guérisseurs – soit ceux qui se destinent d’une manière générale à consacrer leur vie à aider les autres – chez le Puckwoodgenie, que les aventuriers vont chez l’Oiseau-tonnerre, et les guerriers chez le Womatou. Vous voyez qu’il est difficile de rattacher l’Oiseau-tonnerre à Serpentard, puisque… »

Elle s’arrêta brusquement. Emportée dans ses explications, elle allait sous-entendre que les Serpentard n’étaient pas particulièrement des aventuriers, ce qui aurait pu vexer certains d’entre eux.

« Pour votre question concernant Mahoutokoro, ce n’est pas si évident. On sait que les cours ne sont pas les mêmes, mais l’école conserve bien ses secrets et n’a jamais publié de liste des cours dispensés. En revanche, on sait que les sorcières japonaises… »

Elle soupira.

« ... exécutent mieux que quiconque les sortilèges du quotidien, comme les sorts ménagers par exemple. Elles confectionnent également des étoffes magiques d’une très grande finesse. »

En bref, elles faisaient le ménage et la couture. Incroyable !

« Ce sont plus souvent les femmes qui gèrent les lieux de vie commune au Japon, comme les restaurants et auberges. »

Ah ! elles cuisinaient aussi, formidable.

« Quant aux hommes, ils sont particulièrement doués dans la confection d’objets magiques souvent très complexes, et dans la fabrication de baguettes magiques. De là, on peut imaginer quels cours ont reçu les élèves de Mahoutokoro. »

Kristen interrogea ensuite Wilson Kingson, craignant malgré tout qu’il pose une question idiote. Finalement, c’était une question purement pratique, sans réel intérêt, mais pas si bête que cela.

« Apparemment, le directeur Genji aurait vécu dans l’Antiquité. Il avait à l’époque sept ou huit femmes, et a eu dix-huit enfants. Il a donc un nombre de descendants assez conséquent, et je ne crois pas qu’il se soucie de manquer de candidats. »

Kristen soupira à nouveau. Mahoutokoro était à l’image de son fondateur : les femmes ne sont évidemment que des machines à bébés, à faire le ménage et la cuisine. C’était tout simplement navrant, surtout pour Kristen, qui croyait fermement que les femmes valaient autant – voire plus – que les hommes.

Une dernière main s’était levée, et Kristen interrogea la préfète de Serpentard, qui posa sa question. Celle-ci concernait les sorciers d’Afrique, étudiant à Uagadou.

« Chaque sorcier naît avec une affinité pour un élément en particulier. Cependant, certains sorciers très puissants sont parvenus à maîtriser plusieurs éléments à force de travail. »

Il n’y avait vraisemblablement plus de questions, et Kristen put continuer son cours.

« Plus de questions ? Parfait. Reprenons donc. »

L’Australie s’illumina sur la mappemonde.

« En Australie, il existe une école de sorcellerie nommée Walmanba. La façon d’y pratiquer la magie est assez étonnante : les élèves n’utilisent pas de baguette magique, mais des instruments de musique. Leurs formules sont remplacées par des suites de notes, plus ou moins harmonieuses. Les élèves sont répartis en fonction de l’instrument qui leur est attribué ou qu’ils choisissent : la famille des instruments à vent, des cordes ou des percussions. Bien entendu, certains instruments ne sont jamais choisis : il est difficile d’imaginer un sorcier livrer un duel armé de son piano, par exemple. Les groupes les plus conséquents sont ceux des bois et des cordes frottées. »

Kristen ne savait pas jouer d’instrument, mais s’était déjà essayée à ensorceler un piano, pour le plaisir. Ce n’était pas si mal, et elle hésitait d’ailleurs à s’en procurer un, pour pouvoir écouter sa musique en travaillant. Elle y penserait plus tard.

« Notez que certains sorciers issus de Walmanba ont exporté leur pratique dans d’autres pays. J’espère que la prochaine fois que vous verrez un charmeur de serpents, vous penserez à l’école australienne. »

Les Moldus s’imaginaient toutes sortes de choses complètement fausses sur les charmeurs de serpents, mais il s’agissait bien d’une forme de magie assez rare chez les occidentaux, ce qui pouvait certes impressionner.

« Passons maintenant à Castelobruxo. Cette école est située au Brésil, au beau milieu de la forêt tropicale. Elle ressemble assez à un temple ancien, et tout l’enseignement de cette école est marqué par les anciennes cultures des peuples autochtones d’Amérique du Sud. La nature y a une place capitale : l’école est très reconnue dans le domaine de la botanique et des créatures magiques. En effet, les créatures et plantes de la forêt tropicale sont exceptionnelles et d’une grande diversité. »

Le Brésil reprit sa couleur initiale sur la mappemonde, et l’équateur s’illumina.

« Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe une autre école en Amérique du Sud. Motutapu est située en Équateur, sur les îles Galápagos. »

Un cercle se dessina autour des îles.

« L’école est divisée en plusieurs parties, sur plusieurs îles. Certaines parties de l’école sont entièrement immergées, bien qu’évidemment, l’intérieur des bâtiments soit sec. Pour y être admis, il faut avoir une certaine affinité avec l’eau. L’étude des créatures aquatiques est très importante. On estime que la plupart des élèves, dès leur cinquième année, peuvent comprendre la langue des êtres de l’eau. Ils utilisent des baguettes magiques assez spéciales : elles sont beaucoup plus grandes que les nôtres, et ne sont pas en bois, mais en acier inoxydable. »

Kristen regarda sa montre. Le cours touchait à sa fin. Il n’y aurait le temps que pour quelques questions, puis elle donnerait les devoirs pour le prochain cours.


***
Prochaine réponse : le 09.06
***
Dernière modification par Kristen Loewy le 6 juin 2017, 21 h 00, modifié 1 fois.

Get blazed, get blazed
And we raise a glass for the end of days

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Kristen Loewy répondit de façon très précise aux questions de Dali. Ainsi, si jamais cette dernière avait été à Ilvermony, elle aurait pu se retrouver à Puckwoodgenie. Elle écouta avec autant d'attention la réponse à propos de Mahoutokoro. Celle-ci ne la surprit d'ailleurs guère. Elle s'attendait à des stéréotypes de ce genre. La première année n'avait pas été élevé avec une mentalité comme cela, si bien qu'elle avait tendance à trouver absurde que les femmes soient éduquées dans l'objectif d'être de bonnes ménagères. Cela était sûrement du au fait qu'elle avait grandi dans un milieu assez marginal, et donc où les codes de la société ne s'appliquaient pas forcément. Leur professeur répondit ensuite aux autres questions avant de poursuivre le cours.

Elle enchaîna sur une école en Australie, Walmanba, qui pratiquait la magie par le biais d'instrument. Cela fit sourire Dali. Dans le devoir qu'elle avait rendu, elle avait justement imaginé exercer la magie par ce moyen. Et plus elle y pensait, plus elle songeait qu'elle aurait adoré aller dans cette école. Que n'aurait-elle pas donné pour pouvoir utiliser ses talents magiques grâce au violoncelle. Elle aurait enfin pu apprendre à jouer de ce merveilleux instrument, et aurait autant pu exprimer ses sentiments que sa magie à travers. Bien sûr, on pouvait faire cela avec une baguette, étant donné qu'émotions et magie étaient étroitement liés, mais ce n'était pas pareil. Le ressentiment était différent.

Kristen Loewy leur parla ensuite d'une école au Brésil, et d'une autre, Motutapu, toujours en Amérique du Sud, qui avait la particularité d'être divisée sur plusieurs îles, et parfois complètement immergée. Même si Dali trouvait Poudlard formidable, elle avait la sensation que certaines écoles pouvaient être tout aussi incroyables, voire même plus. C'était notamment le cas pour Motutapu et Walmanba. De toutes les écoles de magie qu'avait pu leur présenter leur professeur, c'étaient celles-ci qui attiraient le plus la jeune sorcière.

Une dernière question lui passant alors par la tête, la jaune leva la main et demanda :


– Mais pour entrer à Walmanba, il faut déjà savoir jouer d'un instrument à la base, non ? Car sinon, ceux qui ne savent pas sont désaventagés pour pratiquer la magie par rapport a ceux qui le savent déjà.

Dali songea intérieurement que peut-être des cours de musique étaient donnés en plus, mais elle préférait laisser le soin à la directrice de répondre.

« Et les airs à la mode, que jouaient les orchestres cette année-là, transposaient en rythmes nouveaux toute la tristesse de l’existence et des désirs insatisfaits. »

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Les questions tombèrent à flot et Miss Loewy prit pas mal de temps à répondre à toute les questions. Cependant, Wilson resta attentif et prit note des renseignements qu’il pouvait obtenir par le biais de ces réponses. Il hocha la tête lorsque la directrice répondit à la sienne, il n’avait rien à ajouter, les explications étaient clair.

Le cours continua ensuite. Miss Loewy expliqua l’école d’Australie, Walmanba. La magie, c’est la musique. Wilson écrivit le nom de l’école et dessina une note de musique à côté pour se rappeler de cette particularité. Elle expliqua ensuite Castelobruxo, l’école du Brésil, une école porté sur la botanique et les SaCM d’après Miss Loewy. En somme, une école qui n’était pas du tout fait pour Wilson. Il n’est pas très nature. Vient le tour de l’équateur et de son école en Amérique du sud. Wilson écouta attentivement les renseignements du professeur et nota les éléments les plus importants. Son parchemin était à présent bien fourni. Wilson appréciait ce cours, il apprenait pas mal de choses, même s’il ne sait pas vraiment si cela pourrait être utile plus tard. Il pensait que sa prise de notes allaient cessés, mais une jeune Poufsouffle posa une question pertinente, Wilson se dit que ce serait pas mal de noter la réponse du professeur sur son parchemin. Lui, n’avait pas de questions, il écouta simplement.

"Le monde est notre échiquier, et toi, un pion de ma volonté"

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

La suite du cours avait sans doute été limpide, puisqu’il y eut beaucoup moins de questions. Une seule élève leva la main. Sa question était au sujet de Walmanba, l’école de magie par la musique.

« Les futurs élèves de Walmanba, s’ils sont nés dans une famille dans laquelle il existe déjà un ou plusieurs sorciers, sont préparés à y entrer. Dans ce cas, en effet, ils ont appris à prendre en main l’instrument qu’ils utiliseront comme outil magique avant même d’entrer à Walmanba. Pour les Nés-Moldu, la situation est effectivement différente. Certains ont par hasard déjà pratiqué d’un instrument, et d’autres ne connaissent rien à la musique. C’est pour cette raison que la plupart des élèves peuvent choisir leur instrument, mais qu'à d’autres, on en propose un. »

Aude ajouta quelque chose sur la musique et les instruments, puis Kristen reprit :

« Notez cependant que les suites de notes que l’on associe à nos formules magiques n’ont pas grand-chose à voir avec du Beethoven. Même pour ceux qui ont déjà pris en main un instrument avant leur entrée à Walmanba, il reste énormément à apprendre. Finalement, l’équilibre est assez vite rétabli. »

Quelques secondes plus tard, aucune autre question n’avait germé dans l’esprit des jeunes gens. Kristen croisa les doigts et dit, comme souvent, « bon. » Elle regarda sa montre : l’heure était presque terminée, et elle n’aurait pas le temps de soumettre les élèves à l’exercice en classe qu’elle avait prévu. Tant pis, ils le feraient pour la prochaine fois !

Kristen se retourna vers le bureau, ensorcela une pile de parchemins qui était posée dessus, et les sujets du devoir furent distribués aux élèves. C’était important pour eux de les faire sérieusement, déjà pour ne pas avoir l’air trop ridicules aux yeux de Kristen, qui penchait assez facilement vers ce jugement, mais surtout pour pouvoir suivre correctement la suite du cours en étant certain d’avoir bien compris chaque cours en sortant de la classe.

Après avoir dit aux élèves qu’ils se retrouveraient la prochaine fois, Kristen se tourna vers Aude, lui demandant son avis sur le cours, discutant de façon très professionnelle, comme si elles étaient collègues. C’était presque naturel, presque vrai, comme si sa présence ici était tout à fait normale.


***
Le cours est terminé. Le sujet sera fermé le 01.07.
***



DEVOIR N°2 : Les grandes écoles de Magie dans le monde


Question 1
: Donnez le nom et la localisation la plus précise possible des douze grandes écoles de magie. (/6)

Question 2 : Quels sont les liens entre Ilvermorny et Poudlard ? (/4)

Question 3 : Choisissez une grande école de Magie et imaginez que vous en êtes un élève. Racontez une journée, un moment de vie, quelque chose qui rende compte des particularités de l’école. (/10)
Dernière modification par Kristen Loewy le 22 juin 2017, 18 h 27, modifié 1 fois.

Get blazed, get blazed
And we raise a glass for the end of days

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Miss Loewy répondit parfaitement à la question de la jeune Dali. Cette dernière aurait adoré pouvoir aller dans une telle école et pratiquer la musique grâce au violoncelle, et ce même si elle n'avait jamais eu l'occasion d'y toucher, puisque visiblement, être novice dans ce domaine n'était pas un handicap. Aude Luneau rajouta quelques commentaires, puis laissa la parole à la directrice, qui finit ses explications. La première année hocha alors la tête pour montrer qu'elle avait compris, et prit quelques notes sur son parchemin, déjà rempli d'informations diverses.

La fin du cours arriva. Une fois de plus, Dali n'avait pas été déçue. Elle qui n'avait jamais eu de goût prononcé pour tout ce qui était scolaire et travail (ses qualités de Poufsouffle résidant ailleurs), c'était plutôt surprenant. Ce qu'elle aimait particulièrement, c'était cette impression de voyager. Et puis sur la forme, les cours de Magie du Monde se rapprochaient de ceux d'Histoire de la Magie, matière que la jaune appréciait également. De plus, apprendre les différentes pratiques magiques et en savoir un peu plus sur les cultures de chaque pays était source d'inspiration pour la petite, très bon point pour l'artiste en herbe qu'elle était.

Les devoirs volèrent alors du bureau de la directrice jusqu'à chaque élève. Dali rangea le sien dans son sac. Peut-être le ferait-elle avec assiduité afin d'avoir une nouvelle bonne note, mais il y avait de forte chance pour qu'elle se retrouve à y répondre dehors, dessinant à moitié sur l'énoncé, plus concentrée sur la nature environnante que sur son travail. Quoi qu'il en soit, la fillette rassembla ses affaires, salua les deux professeurs, et sortit de la classe. Il y avait de fortes chances pour qu'elle assiste au prochain cours.

« Et les airs à la mode, que jouaient les orchestres cette année-là, transposaient en rythmes nouveaux toute la tristesse de l’existence et des désirs insatisfaits. »

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

Un air s’étirait autour de moi ; c’était le chant des voix, le murmure des plumes, la chaleur ambiante, le bruit de ma respiration profonde. Peut-être était-ce cette noirceur qui m’entourait, elle était si opaque qu’elle ne pouvait que cacher le pouls du Monde. Un pas dans la conscience, un pas dans le rêve ; mes deux réalités se mélangeaient effroyablement et agréable. Un espace-temps qui ne pouvait contenir autre que moi, la paix était peut-être là.
Un battement de cœur, un frisson qui me fait trembler, les voix qui s’enchaînent ; où suis-je ? Ici est froid et sombre, je ne vois rien je ne sens rien.

Se prendre un pieux dans le cœur ne devait pas créer sensation différente que celle-ci ; mon cœur, soudainement, s’emballa. Boum, boum boum, il cognait si rapidement dans ma poitrine. Une respiration douloureuse, la bouche pâteuse. J’étais dans une salle de classe. Je me réveillai en sursaut, les yeux écarquillés sur le monde que j’avais quitté. Transpirante, je regardai autour de moi, paniquée et perdue ; rien n’avait changé, pourtant l’ambiance était sensiblement différente.

J’avalais difficilement ma salive en ramenant mes bras près de moi, j’avais chaud et j’avais froid ; je m’enfoncai dans mon siège. Ma conscience pulsait lentement sous mon crâne, personne n’avait remarqué mon rapide voyage dans les limbes du rêve, personne n’avait vu, personne ne comprendrait cette noirceur onirique qui me guettait. Ne voyaient-ils pas le danger que je courais ? *REGARDEZ !*, je voulais leur hurler.
Je me sentai étrangement tiraillé entre deux sentiments contradictoire ; la joie que personne n’ai vu mon endormissement, et la crainte que je sois pour toujours coincé dans ces cauchemars vicieux sans que quiconque ne le remarque jamais.

Un sursaut d’agitation bouscula la classe, comme un souffle d’air brûlant secouait les branches d’un arbre ; je levai des yeux hagard et rouges de sommeil. Des parchemins s’élevaient du bureau de Loewy pour venir se poser devant les élèves. Que se passait-il ? Un court instant, me frappa la sensation de ne pas appartenir au même monde que les autres. Puis la feuille atterrit devant moi et je m’en saisi d’une main tremblante. Les devoirs. Le cours prenait fin ; j’avais dormi tant de temps. Ce saut dans le temps acheva de me perdre

La gorge nouée, je fourrai mon devoir dans mon sac et me levai en rassemblant mes affaires. Il était urgent que je quitte cet endroit, j’avais un tel besoin d’air que je sentai ma respiration s’accélérer, mon souffle devenir rare, mon corps se réchauffer. J’étais en colère, sans raison, et c’est le visage froissé que je quittai ma place, ne me souciant pas de bousculer les élèves sur mon passage. Quitter cet endroit. L’air libre ; respirer. Seule.

Sans un regard pour quiconque, je me précipitai hors de la salle de classe, manquant de me rompre le cou dans les étroits escaliers. Une fois dans le couloir vide, je pris une grande respiration, tentant de me calmer. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, pourquoi paniquais-je ? *Ca va, ça va…*, je tentai de me rassurer, *j’vais aller dehors, ça ira mieux*. Mais rien n’irait mieux, sans ma soif de connaissance pour me centrer, je me sentai me disloquer dans le cours de la vie. Et je n’avais personne pour me secouer lorsqu’il le fallait.

Je m’en allais.

Tu es Moi ; et tant d'Ailleurs.

Cours n°1 : Les grandes écoles de Magie dans le monde

L'exploit d'arriver en retard au cours de Magies du Monde en étant une gryffone était en cours de réalisation par Charlie. Si seulement elle était une Serpentard ou une Poufsouffle, un retard pouvait être plus acceptable, ces salles communes étaient loin du septième étage, mais la salle commune des Gryffondors était à quelques mètres de la salle de cours de Miss Loewy. Un exploit, certes. Mais un exploit si Charlie était une gryffone classique, dormant dans les dortoirs. Ce qui n'était pas le cas. Sa deuxième partie nocturne se passait souvent au deuxième étage de Poudlard, dans une salle vide de présence quelconque, une pièce qui permettait à la Rouge et Or d'enfin dormir dans un certain silence relatif ; les bruits de la nature étant plus proches que dans son dortoir.
Ce matin, les claquements de pas des élèves l'avaient éveillée en sursaut. Elle s'était redressée brusquement en se questionnant sur la gravité de son retard. Ce sursaut était presque devenu son ami matinal le plus cher, venant la frapper très souvent de son fouet punitif ; lui attirant quelques ennuis très superficiels avec ses professeurs. D'un bond, Charlie traversa la pièce pour se poster juste en face de la porte et ferma les yeux ; se concentrant uniquement sur le son. Des pas. Il y avait encore des élèves dans le couloir, elle ne pouvait pas s'extirper de manière discrète. La Rouge et Or abhorrait l'idée de se faire prendre dans cette salle par n'importe quelle âme de ce château. La quiétude étrange qu'elle trouvait ici l'avait renfermée dans sa propre conscience, suffocant dans sa propre mélasse synaptique. Et c'était exactement grâce à cette suffocation qu'elle arrivait à rester en vie.

Après plusieurs minutes d'attente, Charlie put enfin sortir, avec lenteur, observant le couloir de long en large, inspectant chaque recoin du regard ; au cas où des élèves d'années supérieurs se seraient cachés dans l'ombre à des fins qu'eux seuls pouvaient comprendre. Ressentant un début de sudation à cause de la chaleur de sa cape, elle frappa le sol de ses petits pieds frénétiques. Elle avait été saisie d'une soudaine fièvre pour la course et traversa la distance qui la séparait de sa pièce aux escaliers en un éclair ; puis s'arrêta net face à l'absence des marches, la partie qui lui permettait de monter était tournée sur l'autre entrée du deuxième étage, de l'autre côté du couloir, à quelques centaines de mètres. Saisie d'une bouffée de chaleur, elle s'appuya à l'aide de sa main sur la rambarde, le souffle court, grimaçant.
*Si j'me pète la gueule, j'vais tout dévaler* pensa-t-elle amèrement, avec une certaine dose d'excitation. Le vide présentant sa large mâchoire juste en face de la gryffone était dangereux. Pour la Rouge et Or, il avait une certaine beauté. Comme un filament d'abandon qu'elle appréciait sans pour autant l'aimer. C'était une sorte de sympathie distanciée sans pour autant être un amour profond. Une sorte de « Ah, tiens ! C'est toi ? ».
Un goût de fer lécha la langue de Charlie, proche de la saveur du sang. Elle respirait à grandes et longues bouffées.
*Quelle idée d'merde*. Par le nez et la bouche en même temps, crachant quelques glaires d'efforts. Au bout de quelques longues secondes, l'escalier tourna et se cala avec un certain claquement lourd, avalant par la même occasion la mâchoire du vide. Charlie daigna se déplacer, lentement, gravissant les marches avec un flegme non dissimulé. Elle savait que son retard était déjà très prononcé, alors elle ne jugea pas utile de faire des efforts supplémentaires.

Arrivant à l'escalier en colimaçon, Charlie posa une main dessus, le souffle récalcitrant. La texture granuleuse de la surface était agréable au toucher. Elle déplaça sa main dessus, sentant les centaines de proéminences lui chatouiller la peau ; éveiller ses sens. Dans son indifférence totale, la Rouge et Or retrouvait, quelquefois, son attirance profonde pour les détails auxquels les autres n'accordaient pas la moindre importance durant toute leur existence. C'était comme un rugissement spontané pour un lion auquel on aurait appris à hennir depuis l'enfance. Son Intrinsèque se réveillait, parfois.
Alors qu'elle allait faire glisser sa main sur cette surface jusqu'en haut des marches, un bruit sourd se lova dans son oreille, l'obligeant à lever la tête. Une robe aux couleurs Jaune et Noir descendait, amenant avec elle d'autres bruits de mouvements. Avant même d'apercevoir le visage de cette élève, Charlie fit volte-face et redescendit les quelques marches qu'elle venait de gravir. Elle fit quelques pas à gauche de l'escalier menant au cours qu'elle venait de rater et s'adossa au mur.
*Bon…* souffla simplement sa conscience, ni déçue ni amusée, rien. La Rouge et Or ne ressentait absolument rien. Elle fourra les mains dans ses grandes poches et observa l'engagement de la Poufsouffle dans l'escalier, de dos, les affaires collées contre elle ; les cheveux emmêlés comme une choucroute. Le regard de Charlie resta bloqué là, lévitant doucement dans le vide laissé par la Jaune et Noir, comme hypnotisée par cette absence brutale. Une autre Poufsouffle emplit soudainement ce vide, les cheveux châtains surexposés à cause de cette lumière qui pointait des hautes fenêtres ; elle respirait bruyamment, comme si elle s'extirpait d'une apnée douloureuse. « Tss… » chiqua la gryffone inconsciemment, se disant que, finalement, l'état d'excitation de cette fille était loin d'être le sien à la sortie d'un cours. Puis elle disparut. Un léger frétillement magique traversa le corps de la gryffone.
À moitié absente de la réalité, Charlie tentait de se rappeler quelle gryffone elle avait vu dans son précédent cours. Esmée ? Ou peut-être Sophie ? Elle n'était plus certaine de ses souvenirs. Raclant sa gorge à cause de ses poumons encore douloureux, Charlie attendit qu'un Gryffon émerge de ces escaliers. Elle se sentait dans l'obligation de noter les devoirs, ce qui était un minimum. De plus, cette fois-ci, elle n'avait pas oublié sa plume.

« L'imagination, c'est ce qui nous rend capable de comprendre des choses que nous n'avons jamais vécu » - J.K. Rowling
Élève du mois de Poufsouffle : Distinction du Mérite - Novembre 2016
« Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe ».
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