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Le couloir des buissonneurs  PV 

Cela n'était jamais arrivé auparavant. Dakota Roth courrait éperdument à travers les couloirs sinueux et malicieux de l'école de sorcellerie Poudlard, à la recherche désespérée de sa salle de cours, et d'un peu de temps.

En effet, la jeune préfète était en retard. Cela pouvait vous faire ni chaud, ni froid, mais pour la Serpentard, cela était un sacrilège. Elle était une élève modèle, exemplaire en tous points, elle se devait de montrer l'exemple. Et voilà qu'elle déambulait dans le château, pensant tristement à ce que son retard – voire, pire que tout, son absence – allait engranger comme conséquence. La jeune fille était terriblement stressée par tout ce qui contrevenait au règlement de l'école, et aux règles préétablies en règle générale.

Tout en accélérant ses pas, la préfète regardait frénétiquement sa montre moldue, évitant de justesse de se cogner un peu partout sur les murs ou les tableaux, qui n'hésitaient pas à la réprimander ou à cracher sur elle un flot de mots peu flatteurs. Mais Dakota ne les écoutait qu'à moitié. Voir la petite aiguille trotter augmentait son angoisse. A ce train-là, le professeur n'allait plus l'accepter en cours. Cela allait se savoir. Les rumeurs allaient enfler. Dakota n'allait pas le supporter. Le corps professoral lui retirera son insigne de préfète. Et la jeune fille, déshonorée, n'aurait pas d'autres choix que de fuir, loin de tout, désormais indigne de faire partie de cette prestigieuse école.

Toutes ces idées se bousculaient dans la petite tête de la Deuxième Année, au fur et à mesure que son stress montait. La salle de cours restait introuvable, et ce n'était pas la panique qui prenait, peu à peu, possession d'elle, qui allait l'aider à la trouver. Elle était pourtant sûre que sa salle de cours était là, tout près, toute proche...

Mais pourquoi s'était-elle levée en retard, vraiment ? Elle ne s'était pas couchée trop tard, n'avait pas fait de cauchemars effrayants, ses voisines de dortoir n'avaient pas chuchoté comme des commères jusqu'à des heures indues… Dakota ne s'expliquait pas cette panne de réveil. Et elle ne s'était pas résignée à sauter l'heure du petit-déjeuner. Son ventre criait famine, lors de son lever. Et manger était primordial pour la jeune fille. Tout ceci devait justifier son retard. Piètre excuse.

Les tableaux continuaient à maugréer, tandis que Dakota cherchait irrémédiablement à trouver sa salle. Etrangement, la Deuxième Année commençait à se faire à l'idée qu'elle ne la trouverait jamais, et que ses efforts étaient totalement vains. Mais elle était une Serpentard, et les Serpentard ne baissaient jamais les bras. Pas elle, en tout cas.

Ce fut à peu près à ce moment-là que Dakota percuta, une fois de plus, un mur, alors qu'elle consultait du regard sa montre, la frappant pour que les secondes s'égrènent moins vite. Sauf qu'après le choc, elle n'entendit pas d'insultes venant des tableaux environnants. Et que le mur était plus mou qu'un vrai mur. Et plus instable. En réalité, le mur n'était pas un mur. Dakota remarqua, en relevant la tête et caressant son front, qu'elle était rentrée droit dans un élève. Maudissant intérieurement cet énergumène, la jeune fille se rendit compte que lui aussi aurait dû être en cours. Elle le dévisagea donc un instant, et vit à sa cravate qu'il était à Poufsouffle. Cette observation fit lever les yeux de Dakota au ciel : les Poufsouffle ne séchaient jamais les cours voyons. Ils mangeaient des endives. Ils jouaient les bons amis. Ils n'étaient pas de petits brigands. Seulement, la Deuxième Année devait en avoir le cœur net : c'était son rôle, après tout.

Mais il ne fallait pas que ses réprimandes ne lui prennent trop de temps, parce que cela signifiait qu'elle en perdait pour retrouver sa salle de cours et donc sa dignité. Dakota demanda donc au nouveau venu, sur le ton le plus autoritaire possible, mais qui n'arrivait pas à masquer sa préoccupation :

« Tu ne devrais pas être là. J'espère que tu as une bonne excuse. »

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
« On ne se méfie jamais trop de qui sait lire et écrire. »
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Ancien sorcier  

Le couloir des buissonneurs  PV 

Une chose incroyable, aussi bien chez les moldus que chez les sorciers, reste l'ingéniosité des élèves lorsqu'ils sont prêts à rater les cours. Les moldus vont de la fausse signature dans le carnet de correspondance à sauter du deuxième étage pour se casser la jambe et rater le cours d'éducation physique, où ils seraient forcés de faire cinquante tours de terrain. Les sorciers, avec la magie, disposent d'un panel incroyable de moyens, mais les incroyables pionniers de cette pratique restent les jumeaux Weasley, qui rendirent cette pratique accessible et simple pour l'élève prêt à dépenser de l'argent. Sauf qu'avec chaque jour des dizaines d'élèves se ruant à l'infirmerie avec des vomissements, des toux, des pustules, des saignements, l'infirmière commençait à se douter de quelque chose, et ses méthodes pour voir si un élève était vraiment malade ou pas évoluaient encore plus rapidement que celles pour se rendre malade. Du coup, la plupart des élèves se faisaient éjecter de l'infirmerie avec un coup de pied au derrière et cinq points en moins pour leur maison, et ils étaient obligés d'aller en cours.

Paul avait trouvé une tactique simple, mais admirable. Il existait bien les pastilles de gerbe, les nougats Néansang, et autres boîtes à flemme, mais les Weasley n'avaient pas encore inventé les "cacahuètes Couledunez" ou quelconque objet similaire. Le Poufsouffle, à la perspective d'un double cours d'Histoire de la Magie purement théorique, avait eu la bonne idée de se lancer un Mucus Ad Nauseam avant le lever de ses petits camarades. Lorsque les Poufsouffle, dès leur réveil, virent leur camarade couler abondamment du nez mais lâcher malgré tout de faibles "non, il faut que j'y aille..." ou "le professeur Heltowni va être furieux...", ils lui conseillèrent de se remettre au lit. Paul avait donc l'occasion de consacrer sa matinée à quelque chose de plus intéressant qu'une révision de programme d'histoire.

Une fois sûr que tout le monde s'était dirigé vers la classe de HDLM, qui était d'ailleurs plutôt éloignée, il se lança le contre-sort pour arrêter le flot de morve qui coulait allègrement hors de son nez, prit un petit-déjeuner composé de Chocogrenouilles, et se dirigea dans les couloirs en espérant y trouver un passage secret dont on lui avait parlé. Le Poufsouffle arpentait donc le couloir, tapotant chaque brique suspecte du bout de sa baguette en marmonnant "Dissendium" ou "Aparecium", et inspectant avec attention les tableaux en cherchant lequel pouvait potentiellement cacher une porte. Paul était occupé à réciter toutes les formules magiques de son répertoire en tapotant sa baguette sur une statue, lorsqu'il entendit des bruits de pas qui venaient de sa gauche. À peine s'était-il tourné qu'il fut percuté par une autre élève qui courait.

Surpris par cette collision inattendue, Paul observa la nouvelle venue. Elle était moins grande que lui, mais peut-être en deuxième année. En tout cas, elle était à Serpentard, d'après la couleur de sa cravate. Cette fille avait l'air à la fois paniquée et déstabilisée, et elle se massa le front un moment avant de le dévisager. Elle lui jeta un regard courroucé et lui dit d'un air autoritaire :


« Tu ne devrais pas être là. J'espère que tu as une bonne excuse. »

C'est alors que Paul remarqua le badge tout luisant sur la robe de sorcier de la fille. Parce que la vie du Poufsouffle semblait dictée par la loi de Murphy, il fallait qu'il tombe sur la seule préfète du coin. Qui semblait en retard également, ce qui expliquait la légère panique qu'il avait senti dans sa voix. Le Poufsouffle lâcha un très léger soupir. Il fallait qu'il invente un mensonge, et vite, parce que sa liberté était en jeu.

"Heu... Je..."

Rien. Rien du tout, il ne trouvait absolument aucun mensonge. Le peu d'idées qui lui passèrent par la tête étaient mille fois trop capillotractées pour être bonnes. Se faire passer pour un élève de délégation étrangère était pas mal, mais ça ne marcherait pas, et il ne savait dire que "omelette du fromage" en français.

"Je me suis perdu."

*Bravo, Paul. Un mensonge de qualité, VRAIMENT.* pensa t-il en maudissant son manque d'originalité.

Le couloir des buissonneurs  PV 

L'heure tournait. Les secondes s'écoulaient. Et Dakota était coincée, destinée à faire la loi dans le château, en tombant, comme de par hasard, sur le seul élève de la semaine qui avait envie d'enfreindre les règles de Poudlard. Quelle chance inouïe elle avait. La préfète de Serpentard étudia le garçon qui l'avait cogné accidentellement.

Certes, il était à Poufsouffle, c'était d'une évidence rare, car tout son accoutrement reflétait avec fierté les couleurs de la maison d'Helga Poufsouffle. Il n'avait pas l'air très vieux, mais Dakota ne l'avait jamais aperçu auparavant : un Deuxième ou un Troisième Année, peut-être ? De toute manière, cela n'était pas très important.

Quelle que soit son année, il se devait de respecter le règlement intérieur de l'école. Il avait des cheveux bruns courts, mais ce qui gêna la jeune Roth, c'était la sorte de tâche luisante que le garçon arborait sous son nez : était-ce de la morve ? Ou juste le reste de son petit-déjeuner ? Par précaution, Dakota préféra ne pas s'approcher de trop près de cet élève qui, autre détail surprenant, avait sa baguette sortie dans sa main.

A sa question, le Poufsouffle prit le temps de la réflexion avant de répondre. Dakota ne pouvait s'empêcher de mordiller sa lèvre à sang, tétanisée par la réaction qu'allait avoir son professeur si elle arrivait trop tard. Elle était presque sûre que ce n'était plus la peine de se rendre dans sa salle de classe, pour maintenant. Mais il n'empêchait que les genoux de Dakota tremblotaient légèrement, victimes du stress de leur propriétaire. Le jaune et noir répondit enfin, d'un air hésitant :


« Heu… Je... »

Fort bien. Réponse précise et détaillée. La Serpentard leva les yeux au ciel, se demandant, par Merlin, ce qu'elle avait pu faire pour devoir tomber sur le seul élève qui lui faisait perdre du temps. Elle lut, dans les yeux de son camarade, toute la détresse et la peur de ne pas trouver une excuse, tout de suite, maintenant. Sentant qu'il fallait dire quelque chose avant de paraître trop stupide, le garçon rajouta :


« Je me suis perdu. »

*Genre* Ce fut la première pensée de Dakota, qui se retint d'exploser de rire. Comme si un Deuxième ou Troisième Année pouvait se perdre à Poudlard. C'était impensable, parce que les cours étaient les mêmes d'une année sur l'autre, et qu'à force de monter et descendre les escaliers mouvants, chaque élève devenait un expert de l'orientation. Dakota continua à fixer l'élève fautif, de son regard inquisiteur. S'il était réellement perdu, le Poufsouffle aurait dû être dans un état d'angoisse avancé, en train de suer des gouttes ou de se ronger les ongles dans un coin. En somme, il aurait dû être dans le même état que Dakota.

Sauf qu'il avait l'air très sûr de lui. Bon, d'accord, il était stressé par le fait de rencontrer, par pur hasard, un préfet dans ce couloir précisément, mais sa préoccupation était loin de convenir à un enfant qui était perdu et qui était désespéré au point de crier à l'aide.

Dakota était maintenant tiraillée : devait-elle le laisser filer, quitte à s'en vouloir pour les trente années à venir pour ne pas avoir fait correctement son travail ; ou alors, devait-elle creuser plus profondément dans la raison de l'excursion du Poufsouffle dans le château, quitte à s'en vouloir pour les trente années à venir pour être arrivée en retard à un cours et avoir raté sa scolarité entière.

La jeune Serpentard consulta sa montre, et soupira avec désespoir, en constatant qu'il était désormais impossible pour elle de se rendre en cours. Elle ne serait pas acceptée, avec autant de retard. Soit, elle devait rester avec le Poufsouffle, et lui tirer les vers du nez.


« Et ta vraie excuse, c'est quoi ? »

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
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Ancien sorcier  

Le couloir des buissonneurs  PV 

Cette fille s'impliquait vraiment dans le rôle quotidien de policier-junior donneur d'ordres qu'est un préfet, avec son ton autoritaire et son regard désapprobateur. Elle était sûrement le genre de fille coincée, affreusement à cheval sur le règlement, le genre délateur et flagorneur typique des préfets. La Serpentard parut d'ailleurs amusée par l'alibi quelque peu décevant du deuxième année.

« Et ta vraie excuse, c'est quoi ? »

Génial. Devait-il paniquer, maintenant ? Il contempla pendant un moment plusieurs idées : celle de vraiment faire semblant d'être une délégation étrangère et de profiter de la surprise pour fuir, lui donner un coup de poing sur le nez et profiter de la surprise pour fuir, lui jeter un sort et profiter de la surprise pour fuir, fondre en larmes. Mais non, les larmes ne venaient pas, les mots en langue étrangère non plus, et si il frappait ou lançait un sort sur une préfète il finirait très, très mal (encore plus mal qu'il ne l'était déjà, en tout cas). Il n'avait plus qu'à dire (Paul leva les yeux au ciel face au déshonneur de cette technique) la vérité.

"Je sèche l'Histoire de la Magie. Voilà." lâcha le deuxième année, qui se rendant compte qu'il avait sa baguette à la main d'un air particulièrement louche, la rangea promptement dans une poche de sa robe de sorcier.

Il la regarda, remarquant qu'elle tremblait un petit peu, qu'elle avait l'air stressée et qu'elle avait regardé sa montre d'un air impatient. Réfléchissant un peu, Paul en vint à une conclusion : si elle était elle-même dans les couloirs à cette heure où tous les cours étaient commencés... pas de doute, elle était en retard en cours ! N'importe quel imbécile l'aurait deviné ! Surtout qu'elle avait l'air un peu paniquée. Apparemment, la jeune préfète ne supportait pas d'être en retard pour son cours, et Paul la ralentissait...


"Mais toi, qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? Une préfète, en plus..." remarqua le Poufsouffle.

Être aussi provocateur était assez dangereux, surtout avec une préfète aussi sévère, mais Paul était presque sûr que la punition arriverait dans tous les cas. Et puis de tout façon, la situation ne pouvait qu'empirer... Et ce n'était pas le genre de Paul de se mettre à geindre et à supplier qu'on lui pardonne et de jurer qu'il ne le ferait plus. En plus, cette préfète l'agaçait franchement. Elle se permettait tout de même de réprimander des élèves pour une faute qu'elle commentait également ! Parce que pour un professeur, c'est le retard qui a de l'importance, qu'il soit voulu ou non. Et finalement, a-t-il tant d'importance ? Un professeur voit une cinquantaine d'élèves différents par jours, n'est-ce pas leur droit d'arriver parfois en retard, puisque cela n'a de toute façon presque aucun impact sur le cours ? Paul réfléchit à cela tandis qu'il fixait avec irritation la Serpentard devant lui.


Reducio
Désolé pour mon retard colossal et la piètre qualité de ma réponse...