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Un petit garçon chagriné  PV Arthur G. 

Anna sortait de son cours de potions et s'apprêtait à rejoindre sa salle commune, afin de profiter de quelques instants au chaud devant la cheminée avant de se rendre dans la Grande Salle pour dîner.
Car on peut dire, un château en pierre, c'est beau, c'est majestueux, mais c'est froid.
Elle venait donc de finir son cours, et celui-ci c'était plutôt bien passé mis à part quelques petites éclaboussures qui avaient surgies de son chaudron et l'avait brûlée et perforé sa robe de travail.
Les couloirs étaient presque vides à présent, Anna ayant pris du temps pour ranger ses affaires et nettoyer ses ustensiles. Elle marchait de travers, son chaudron trop lourd pour elle la déséquilibrant.
La jeune fille avait presque rejoint sa salle commune, lorsqu'elle s'arrêta net. Elle avait entendu quelque chose. Elle prêta l'oreille et crut entendre des sanglots.
La Serpentarde, intriguée, continua son chemin, et pour la deuxième fois, s'arrêta soudainement.
Devant elle, Arthur Grimms pleurait, assis contre un mur.
Anna hésita. Devait-elle s'arrêter pour voir ce qui n'allait pas, au risque de le gêner ou de se faire rabrouer, ou faire comme si elle n'avait rien vu ?
Les sanglots du Serpentard tranchèrent pour elle, qui ne supportait pas de voir les gens pleurer. Elle s'accroupit doucement à côté de lui, et posa une main sur son épaule.


« Eh ça va ? Qu'est ce qui se passe ? »

Elle craignait que le Serpentard ne lui en veuille de se mêler de ses affaires. Après tout, ils ne se connaissaient pas vraiment, mises à part les quelques formules de politesse échangées dans la salle commune.

Un sens interdit, en somme ce n'est qu'un sens autorisé, mais pris à l'envers.
Pierre Dac

Un petit garçon chagriné  PV Arthur G. 

Vous savez, Arthur n'était pas le plus timide des garçons. Du haut de ses treize ans, il était à l'aise en société, n'avait pas peur de rencontrer de nouvelles personnes ni de parler devant tout le monde. De même, il n'était pas mal dans sa peau. Il ne se trouvait pas spécialement beau ou moche, en fait il ne s'était tout simplement jamais posé la question.
Mais vous savez ce qu'on dit, les mots peuvent être blessants. Alors voilà le récit du jour où Arthur Grimms eut son premier complexe physique à cause de quelques paroles prononcées injustement.

On était en fin d'après-midi et les cours étaient terminés. Arthur se baladait tranquillement dans le château. Il se rendait à la volière pour envoyer une lettre à sa grande sœur quand il est tombé sur un groupe de quatre cinquièmes années, trois garçons et une fille, de Serdaigle vu leur blason. Il ne détestait pas les élèves plus âgé que lui, mais vous savez ce que c'est. Dans les écoles, il y a toujours des clans. Et généralement, pas tout le temps heureusement, mais généralement, les élèves restent ensemble par niveaux. Ça s'explique aisément par les liens d'amitié qui se créent par les cours suivis ensemble. Alors voilà, les élèves des autres niveaux, Arthur ne les connaissait pas trop et n'avait trop rien à faire avec eux. Sauf aujourd'hui.

Il passa non loin d'eux et entendit des rires. Il se retourna et vit le groupe rigoler et le montrer du doigt. Courageux peut-être, naïf plutôt, Arthur ne put s'empêcher de dire :


« Quoi ? »

Alors le groupe, surpris de cette prise de parole, se rapprocha de lui. Le plus grand des quatre lui répondit.

« – On disait que tu devrais faire attention à ne pas marcher trop vite.
– Bah pourquoi ?
– À cause de tes oreilles.
– Elles ont quoi mes oreilles ?
– Fais gaffe de pas t'envoler à cause d'elles ! »


S'en suivit l'hilarité de celui qui avait parlé, et de celle de ses comparses. Arthur fronça les sourcils, il n'avait pas vraiment compris. Étaient-ils en train de se moquer de lui ? Oui, certainement. De ses oreilles ? En y réfléchissant, ses oreilles n'étaient pas petites, c'était un fait. En fait, elles étaient même carrément grandes quand on les comparait à sa petite taille ! Mais il s'en fichait. D'habitude.
Il essaya alors de faire demi-tour et de partir vite d'ici mais il ne put qu'entendre toutes les autres moqueries qu'ils lancèrent à son égard.


« Ta mère s'est mariée avec un éléphant pour que t'aies des oreilles aussi grosses ?! »

Ou encore :


« Pas besoin de balai ! T'as qu'à battre des oreilles et tu t'envoles toi ! »

Ou bien :

« C'est pour ça que tu joues pas au Quidditch ? Parce qu'elles te ralentiraient ? »

Ou même :

« C'est moche quand même ! Un conseil : Trouve toi un sort pour te les raccourcir sinon ça craint. Elles font la moitié de ta taille, tes esgourdes ! »

Ou enfin :

« On sait que tu nous entends hein ! Tu dois même entendre ce qu'il se passe à Shangai, nan ?! Oh ! On est en train de te parler là, Dumboooooo ! » 

Sans parler des nombreux éclats de rire....

Enfin, Arthur Grimms fut assez loin pour ne plus rien entendre. Il s'était retenu très fort de ne pas sortir sa baguette magique. Mais il n'était pas assez stupide pour ça. Alors il était en colère. Très en colère. C'était la première fois qu'il s'était retrouvé dans ce genre de situation. Il avait été seul, face à quatre personnes qui ne voulaient qu'une chose : le blesser. Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils avaient réussi.

Il respira rapidement, tâchant de calmer une crise d'angoisse qui n'était pas loin. Après avoir marché longtemps sans réussir à se calmer, il se laissa glisser contre le mur. Il mit ses deux mains sur ses oreilles si grandes et, par terre, il pleura sans réussir à s'arrêter.
Il avait été seul, n'avait pas réussi à se protéger. Il était trop émotif pour subir ça et il n'arrivait pas à ignorer ce genre de réflexions, comme on le conseille trop souvent. Jamais on ne s'était moqué de lui ainsi, aussi violemment, aussi gratuitement, sans autre objectif que de le blesser. C'était méchant, et très bête.

Alors Arthur pleurait, ressassant sans s'arrêter les paroles qu'il venait de subir, ne sachant pas laquelle était la pire, quand il sentit une main sur son épaule. Il sursauta légèrement et leva ses yeux brillant de larmes vers Anna Oblenski, accroupie à ses côtés, qui parla la première.


« Eh ça va ? Qu'est ce qui se passe ? » 

Il la connaissait un tout petit peu, Anna. Mais c'est vrai qu'ils n'avaient jamais parlé plus que ça. C'était d'autant plus gentil de sa part de s’inquiéter de l'état de son camarade serpentard. Alors, il s'essuya les yeux avec la manche de son uniforme et comme il n'avait rien à cacher, il lui dit tout, entre deux sanglots qui traînaient encore.

« Y a des Serdaigles, p'tetre en 5e année, par là... snif... Qui viennent de se moquer de mes... de mes oreilles. Mais genre... vraiment méchamment. »

Tout en disant cela, il bidouillait nerveusement un bout de sa cape. Il renifla, inspira profondément et reprit.

« On dirait que c'est rien comme ça. Mais ils étaient trop agressifs. J'sais pas pourquoi... snif... ils m'ont dit tout ça sur mes oreilles. C'est la première fois qu'on m'dit ça. »

Il n'arrivait pas à regarder Anna dans les yeux. Il se sentait stupide. Et maintenant, à cause de ce groupe de stupides personnes, il se sentait mal parce qu'Anna était à côté de lui, donc elle voyait ses oreilles. Donc elle allait forcément se faire la même réflexion comme quoi elles étaient vraiment grandes ses oreilles, pensait-il.

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Et quand la musique s'arrête, j'ai du mal à rouvrir les yeux.

Un petit garçon chagriné  PV Arthur G. 

Arthur releva la tête, et après avoir séché ses larmes, lui répondit. Il paraissait vraiment ébranlé et désemparé. La jeune fille se demandait ce qui avait pu le mettre dans un état pareil.

« Y a des Serdaigles, p'tetre en 5e année, par là... snif... Qui viennent de se moquer de mes... de mes oreilles. Mais genre... vraiment méchamment.
On dirait que c'est rien comme ça. Mais ils étaient trop agressifs. J'sais pas pourquoi... snif... ils m'ont dit tout ça sur mes oreilles. C'est la première fois qu'on m'dit ça.
 »

Les oreilles ? Anna n'avait jamais remarqué que les oreilles d'Arthur étaient anormales. D'ailleurs, à bien y regarder, il n'y avait pas de quoi se mettre dans cet état. Mais elle comprenait qu'Arthur ait pu être brisé par les critiques des Serdaigles.
Certaines personnes, qu'elles aient 10 ou 100 ans, sorcières ou non, aiment rabaisser les autres par des insultes ou des critiques sur le physique, chose qu'Anna plaçait très haut sur l'échelle de la méchanceté.
Les couloirs de l'école étaient un de leurs lieux de prédilection. Il était facile d'isoler un pauvre innocent, et de le briser mentalement en quelques minutes. Anna avait déjà eu affaire à ce genre de personnes, et elle savait comme il était difficile de ne pas se sentir nul après cela.
Elle était en colère contre les Serdaigles qui avaient croisé le chemin d'Arthur et l'avaient rendu si triste. Elle avait envie de les retrouver et de leur enfoncer sa baguette dans les oreilles.
Elle s'assit à côté du jeune Serpentard, et lui sourit, un peu mal à l'aise. Elle n'avait jamais eu à réconforter un ami, et s'aventurait en terre inconnue. Il fallait rester prudente et ne pas commettre d'impair, ou Arthur serait encore plus triste, et ça, Anna ne le voulait surtout pas.


« Tu sais… même si ce sont des Serdaigles, ils n'ont pas toujours raison. On s'en fiche de la longueur de tes oreilles. Moi j'ai des tous petits pieds, et je les trouve très moches. Eux ils sont très bêtes de t'avoir insulté. Je les trouve très bien moi tes oreilles. »

Anna espérait avoir trouvé les mots justes pour réconforter Arthur. Elle voulait lui faire comprendre que les Serdaigles avaient pour objectif de le rendre triste, et qu'il ne fallait pas prêter attention à ces gens là, même si c'est très dur d'ignorer les insultes. Tout le monde a des complexes, et lorsqu'on les entend de la bouche de quelqu'un d'autre, ils sont encore plus terribles.
Et malheureusement, Anna avait l'impression que les Serdaigles avaient trouvé le plus gros complexe d'Arthur.
La jeune fille attendit avec appréhension la réaction d'Arthur.

Un sens interdit, en somme ce n'est qu'un sens autorisé, mais pris à l'envers.
Pierre Dac

Un petit garçon chagriné  PV Arthur G. 

Reducio
Pour ce RPG, Arthur est en 3e année.


C'est vrai que c'était peut-être un peu bête de la part d'Arthur de pleurer pour si peu. On s'était moqué de ses oreilles. Certains diraient : « la belle affaire ! Il n'a qu'à faire comme si de rien n'était et puis voilà tout ! ». Seulement, lorsqu'on a que treize ans, c'est dur de se ficher de ce qu'on dit sur soi. Et puis, il faut bien comprend que c'était la première fois que quelqu'un se moquait aussi ouvertement d'Arthur. Il venait de se prendre sa plus grande particularité physique d'un coup, en pleine poire comme ça ! Ses oreilles, on lui en avait déjà un peu parlé. Sa grand-mère lui avait dit : « Elles sont si mignonnes ses oreilles-là ! » ; sa mère : « Tu as les mêmes oreilles que ton père ! Il ne peut pas te renier ! » ; sa grande sœur : « Je vous aime trop, tes oreilles et toi. ».
Jamais on ne les avait critiquées. Et aujourd'hui, il voyait ce que des gens qui ne l'aimaient pas voyaient. Les défauts. Ce n'était plus des oreilles, elles étaient devenues des horreurs à couper de toute urgence ! Maintenant, il était résolu et se promit qu'il réussirait à se trouver un jour un sortilège qui raccourcirait ses oreilles ! Mais heureusement, maintenant, il n'était plus tout seul. Il y avait sa camarade serpentard Anna qui parvint à sécher un peu ses larmes.


« Tu sais… même si ce sont des Serdaigles, ils n'ont pas toujours raison. On s'en fiche de la longueur de tes oreilles. Moi j'ai des tous petits pieds, et je les trouve très moches. Eux ils sont très bêtes de t'avoir insulté. Je les trouve très bien moi tes oreilles. »

Il fit un petit sourire triste. Ça, c'était comme dire à une personne bien portante que ses poignets d'amour étaient trop mignonnes ! Si la personne est complexée, ce genre de phrases ne marchent pas. Mais c'était quand même gentil.

« Oui, mais justement... Si tes pieds sont petits, tu peux les cacher ! Comment tu veux que je cache mes grandes oreilles moi ? Il faut que je me fasse pousser les cheveux pour les recouvrir ?! »

Le jeune Serpentard se rendit compte qu'il avait peut-être été un peu trop brute là, avec Anna. Il aurait tout de même pu lui répondre plus gentiment. Après tout, elle prenait de son temps pour le rassurer là. Alors il tourna la tête vers elle et lui refit un petit sourire triste.

« On s'est déjà moqué de tes pieds, toi ? Parce que c'est la première fois qu'on me parle comme ça de mes oreilles... »

Oui, il lui avait déjà dit ça, mais il était vraiment atteint par les paroles qu'il venait d'entendre alors on peut lui pardonner.

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Et quand la musique s'arrête, j'ai du mal à rouvrir les yeux.