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First time ! But not the last one  PV Jane 

Il faisait noir dehors, et même si le château était encore éclairé, tous les élèves devaient se trouver dans leur salle commune. La première année, elle, se dirigeait vers la tour de Gryffondor. Si la bibliothécaire ne l’avait pas jeté dehors, elle aurait peut-être eu le courage de travailler encore un peu plus et elle en aurait été ravie dans un sens. En effet, la jeune fille se devait d’avancer au maximum dans ses devoirs car entre entrainements de quidditch, les cours qu’elle devait obligatoirement suivre et les cours supplémentaires auxquels elle s’inscrivait, elle avait pas mal de choses à faire.

Cependant, en aucun cas, elle ne regretterait de faire partie des Griffes Ardentes. Pendant les entrainements, qu’elle devait faire, elle se sentait libre, et elle savait exactement ce qu’elle devait faire. Elle aimait ça, et elle ne l’échangerait pour rien au monde. Elle se demanda d’ailleurs, si elle n’allait pas, ce week-end prendre son balai, pour s’amuser un peu sur le terrain dédier à cette activité. Enfin, si elle allait vraiment faire ce qu’elle voulait, elle risquait de faire en sorte de s’amuser, donc de peut-être travailler des figures étranges avec sn balai. Cette idée d’exercice n’était pas seulement dû au fait qu’elle voulait s’amuser mais surtout parce qu’elle pouvait en avoir besoin dans un match.

Emilia mit sa main devant la bouche et bailla. En tous cas, elle n’allait pas réaliser son projet maintenant, pas seulement parce qu’elle n’en avait pas le droit mais surtout parce qu’elle n’en aurait jamais eu la force. Toutes ses heures surplus qu’elle passait à étudier l’épuisaient énormément.

Elle entendit un petit bruit sur le sol, et se rendit compte qu’elle avait fait tomber un de ses manuels, qu’elle tenait entre ses bras. Elle se pencha pour en ramasser un autre, mais ce geste ne fit qu’aggraver la situation. En fait, elle avait à présent tous ses cahiers par terre. Heureusement que tous les résidents de Poudlard ne se trouvait pas dans les couloirs à l’heure actuelle.

Elle voulut se donner une petite claque pour peut-être tenter de se réveiller un peu et peut-être avoir une chance de se retrouver dans son lit en un seul morceau. Après avoir rassemblé tous ses manuels et parchemins, elle se releva et essaya d’avancer petit à petit pour être certaine de ne pas faire tomber ses affaires une nouvelle fois. Se baisser la fatiguait énormément, ou du moins elle en avait du mal.

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Griffes et crocs, Griffes et cœurs, Gryff vainqueurs !

First time ! But not the last one  PV Jane 

Il se faisait tard mais Jane n'était toujours pas rentrée dans sa salle commune, à vrai dire, elle était plutôt en train de la fuir. Elle restait de plus en plus dehors ces temps-ci, échappant à ses camarades Gryffondor. Alors qu'elle trainait dans les couloirs, elle s'adossa à un mur et se laissa glisser vers le sol.Sa maison lui manquait, sa famille lui manquait. Petit à petit, les odeurs du canapé en cuir du salon disparaissaient de sa mémoire, tout comme l'aspect des lustres de la salle à manger. Pour Noël, elle n'avait pas pu revenir chez elle, dans sa maison et avait atterri chez ses grands-parents. Son père et sa mère étaient présent mais elle aurait quand même voulu retrouver son chez-soi. S’affaisser dans un canapé pour passer une soirée film lui manquait, se lever de bonne heure en sentant une odeur de cookie tout chaud sortant du four lui manquait, se réveiller en pleine nuit et aller lire dans la bibliothèque lui manquait.

Jane n'arrivait pas à s'adapter à cette nouvelle vie à Poudlard. Elle ne s'était fait aucun ami, ne parlait à presque personne. Elle n'avait pas reparlé à Melody, une jeune Serdaigle qu'elle avait rencontré trois mois avant, ni revu Tessa, jeune supportrice de quidditch. En parlant de ça, elle ne s'était pas intégrée non plus à son équipe de quidditch malgré leurs efforts. Elle restait hermétique à toute tentative de rapprochement, fuyant le contact, restant désespérément seule. Et quand elle avait des élans de sociabilité, ça tournait étrangement comme avec Anthony.

Elle ne savait pas qu'elle pleurait jusqu'à ce qu'elle porte ses mains à son visage et se recroqueville de tout son être. Elle n'était qu'une petite abeille perdue au milieu de sa ruche. Alors qu'elle essuyait ses larmes, elle entendit des bruits de pas résonner dans le couloir. Affolée – elle ne voulait pas qu'on la voit comme ça, à son désavantage – elle se dépêcha de se relever avant d'essuyer ses yeux avec la manche de sa cape une nouvelle fois. Mais c'était trop tard, la fille qui lui faisait face avait du voir son visage bouffi et un peu rouge. C'était Emilia Garnier, la poursuiveuse des rouges.

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First time ! But not the last one  PV Jane 

Ses pas résonnaient dans les couloirs du château qui, à cette heure, était vide. En y pensant, se balader seul dans toutes ses allées, le soir doit être plutôt effrayant. Cependant, Emilia ne s’en préoccupait pas énormément à cause de son énorme fatigue. Une seule phrase passait à travers l’esprit de la jeune fille : « Je veux aller au lit ! ». Ce groupe de mots ne cessait de se répéter en boucle comme si il était son dernier désir avant la mort.

Il lui restait encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’enfin arriver dans la salle commune de Gryffondor. Elle commençait à perdre espoir d’arriver à destination avant le lendemain matin que ses pas commençaient à se faire plus lents et plus court ; mais dès qu’elle entendit les reniflements d’une personne un peu plus loin vers la gauche. Elle stressa énormément à ce moment. Quoi de plus normal que de paniquer quand on entend quelqu’un pleurer dans un gigantesque château tel que Poudlard, où tout peut paraitre mystérieux. On pourrait croire qu’un acte horrible venait d’avoir lieu, ce qui était bien arrivé par le passé alors pourquoi pas aujourd’hui ?

La blondinette accéléra le pas, elle était presque en train de courir, elle sentait le besoin de connaitre l’origine de ces sanglots. C’était étrange, on ne pouvait entendre que le son de ses pieds qui claquaient sur le sol, à chaque pas qu’elle faisait. On aurait pu croire que cela ressemblait à un film d’horreur à cause du silence qui régnait –mise à part le bruit que faisait Emilia et les pleurs de l’inconnu.

Quand elle tourna à droite, elle vit tout d’abord une silhouette qui lui était familière, mais ensuite, reconnut Jane, la finisseuse des Griffes Ardentes. A vrai dire, à part le fait qu’elle jouait bien au quidditch, qu’elle était en première année ainsi qu’à Gryffondor, Emilia ne la connaissait pas vraiment –pour ne pas dire pas du tout.

Sa coéquipière s’était levé en trombe, probablement en entendant quelqu’un s’approchait et avait essuyé les larmes qui étaient sur ses joues à l’aide de la manche de sa cape de sorcier, comme si elle ne voulait pas qu’on la voit pleurer, ce qui pouvait être compréhensible, ce n’est pas toujours simple de montrer ses faiblesses aux autres.

Un jour, où sa mère et elle devait retrouver son père à Vienne, à l’aéroport, une femme état tombé avec sa valise dans l’escalator, personne n’était parti à son secours à part Jenna McCall. A la suite de cet incident, l’américaine eut le droit à une petite leçon : on se comporte avec les autres comme si c’était soit même en face.

La blondinette voulait donc absolument tenter de venir en aide à Jane. Après tout, si elle se retrouvait un jour en l’armes dans les couloirs, elle ne voudrait pas vraiment qu’on passe à côté comme si de rien n’était, et puis, ce n’était une fille quelque conque à Gryffondor. Non. Elle était sa coéquipière au quidditch, et il fallait donc absolument l’aider ! Comment ? Elle ne le savait pas encore, mais ce qui était sûre : elle allait le trouver –ce moyen pour faire venir un sourire sur le beau visage de la finisseuse des rouges.

Elle aurait pu la prendre dans ses bras, mais n’était pas certaine que sa camarade apprécierait ce geste. Elle réfléchissait encore un peu quand une sorte d’illumination lui vint à l’esprit. Elle se mit dos au mur, arrangea sa robe de sorcier de peur de trop la salir, puis se laissa glisser, pour se retrouver assise et adossé au mur.

Elle ne dit pas grand-chose. Elle savait exactement ce qu’elle voulait dire, mais ne savait pas comment le formuler pour ne pas paraitre trop impolie, indiscrète ou quoi que ce soit dans ce genre. Au début de l’année, on pouvait la qualifier de personne timide, ou du moins qui a du mal à parler pour la première fois, mais dès que le premier trimestre, elle était devenu bien plus confiante.

Dès qu’elle fut certaine de ce qu’elle voulait dire, elle ouvrit légèrement la bouche, puis quelques fractions de secondes plus tard, elle commença à parler d’une voix plutôt faible, comme si elle voulait que Jane soit la seule personne à l’entendre, même si pas grand monde pouvait le faire étant donné le désert dans les couloirs du château.


« Est-ce que tu veux en parler ? Je te promets, je ne dirai rien à personne et je ne te jugerai dans aucun cas. Ca fait du bien de parler de temps en temps. »

Elle ne savait pas vraiment si la finisseuse était assise au côté de la poursuiveuse et préfète, elle avait le regard fixé sur le fenêtre qui se trouvait un peu loin dans l’allée.

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First time ! But not the last one  PV Jane 

Jane était ailleurs, très loin de Poudlard et de tous les problèmes qui lui comprimaient le coeur et l'esprit. Recroquevillée sur le sol dur et froid, calée contre le mur dans une position inconfortable mais qu'elle ne réalisait pas, elle pensait à tout ce qu'elle avait déjà pu endurer. Si seulement, les enfants n'étaient pas si cruels... Brutalisée, maltraitée, humiliée, l'école avait été un calvaire pour la jeune fille, la rendant timide et frêle. Aller à Poudlard lui avait toujours paru être une très mauvaise idée. Prendre un nouveau départ, ses parents lui avaient dit, joyeux et confiants pour la suite, mais la vérité s'était que le quotidien de la jeune file était encore pire qu'avant. Elle ne parlait à personne et personne ne lui parlait, elle était toujours autant enfermée dans sa bulle sauf que le soir elle ne rejoignait plus le cocon familial qui lui permettait de s'en sortir, non, elle rejoignait son lit trop grand, toute seule qu'elle était. Poudlard était devenue sa prison, une belle prison, remplie de bonnes choses, mais une prison quand même. C'était une prison dorée.

Elle ne savait pas aller vers les gens et elle ne le voulait pas non plus. Parmi toutes les personnes avec qui elle avait parler jusqu'ici – ce qui pouvait se compter sur les doigts de la main – aucune d'entre elles n'était revenue la voir ou avait repris contact alors que Jane les croisaient tous les jours à l'heure du repas. Maintenant, elle s'en était fait une raison, ses seuls amis étaient les livres et les créatures magiques. Ca n'avait jamais changé, c'était les seules constantes dans sa vie. Comment un livre pouvait l'humilier ? Une créature ne demandait que de l'amour et des soins, si c'était ce que leur donnait Jane, pourquoi la renieraient-elles ? Les seuls êtres humains qu'elle chérissait étaient ses parents qui lui manquaient affreusement. Pourtant pour ne pas les blesser ou les effrayer, elle s'entêtait à leur mentir, sûre que c'était la meilleure solution possible. Ses parents étaient les seules personnes qui la connaissait, qui l'avait vue mise à nu, littéralement. Depuis qu'elle était à Poudlard, elle s'était dit que si elle restait de son côté, personne ne viendrait lui chercher des noises et que comme ça, elle ne pouvait pas souffrir.

Lorsqu'Emilia arriva à son stade, Jane pâlit terriblement. Elle semblait à deux doigts de s'évanouir sous le coup du stress et de la honte. Savoir qu'elle pleurait la rendait faible et elle en avait assez de l'être. Elle l'avait été pendant tout le temps de l'école primaire et maintenant, elle voulait juste apparaitre indifférente et forte. Tout le contraire des élèves de Gryffondor, qu'elle détestait. Sa maison était trop pleine de vie, de chaleur et d'amour. Pourquoi n'avait-elle pas finie dans les cachots qui fourmillaient de milles et une cachettes ? Emilia Garnier était une des personnes les plus vivantes et joyeuses que Jane connaissait et elle ne l'aimait pas par principe, car c'était tout le contraire d'elle-même et qu'en petite fille de onze ans, elle la jalousait terriblement. Néanmoins, savoir que c'était la seule personne à venir la voir alors qu'elle était au bout de sa vie, pleine de morve et de larmes, lui réchauffa le coeur et la fit changer d'avis.

Au début, sa camarade ne dit rien. Jane la remercia intérieurement de lui laisser le temps de calmer ses nerfs et de ne pas imposer sa présence. La Gryffondor savait qu'elle était là, et ça lui suffisait. Les deux jeunes filles regardaient dans le vide, attendaient que le temps passe, que l'une dise quelque chose mais pourtant rien ne passa. Au bout de quelques minutes, passées comme si c'était des heures, elle prit la parole, doucement et calmement, comme si elle voulait faire savoir à Jane qu'il n'y avait qu'elle qui saurait les raisons de ses larmes :


« Est-ce que tu veux en parler ? Je te promets, je ne dirai rien à personne et je ne te jugerai dans aucun cas. Ca fait du bien de parler de temps en temps. »

Elle lui proposait vraiment son aide et son temps ? Peu de personnes aurait fait ça comme ça, spontanément et avec douceur. Jane releva la tête et sortit un mouchoir de sa poche pour s'essuyer le nez. Elle tacha de contrôler ses sanglots qui devinrent de plus en plus espacés, jusqu'à complètement s'arrêter. Emilia semblait vraiment être une personne de confiance, c'était d'ailleurs surement pour ça qu'elle avait été élue préfète alors qu'elle n'était qu'en première année, donc Jane se dit : pourquoi pas ? Est-ce que sa vie pouvait être pire que ça ? Pour en venir à craquer au bout de huit mois, c'est que la situation était devenue désespérée. Elle regarda alors sa camarade dans les yeux, et lui murmura :

" Je me sens tellement seule. "

Puis, elle rebaissa la tête, tout en conservant le silence pesant du couloir. Elle était repartie dans une marre de souvenirs aussi douloureux que mélancoliques. Jane doutait que Emilia trouve les mots, qu'elle puisse l'aider et la réconforter mais au moins, elle aurait parlé à quelqu'un. A part lors des entrainements de quidditch, qui coupaient son quotidien monotone et solitaire, elle ne parlait à personne. D'ailleurs, ces quatre heures par semaines lui faisaient un bien fou. Pourtant, elle restait secrète et mystérieuse. Elle espérait se faire une amie en la présence de sa camarade mais pourtant, cela l'effrayait. Qu'est ce que ça faisait d'avoir une amie ? De quoi lui parler ? Fallait-il passer tout son temps avec elle ? C'était angoissant de plonger dans quelque chose de nouveau, même si ce rêve ne restait justement qu'un rêve chimérique.

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Les deux fillettes étaient toujours assises par terre, dans un des couloirs du château, dans un silence, non pesant, bien au contraire, très agréable. Chacune pouvait réfléchir et laisser ses pensées vagabonder. La préfète se rappelait de sa manière de se comporter avec les autres qui avait énormément évoluer depuis le début de l’année.

En effet, à son arrivée dans l’école de sorcellerie, elle avait du mal à s’intégrer, elle était même, sans vraiment le vouloir, allée demander conseil au professeur Holloway, son professeur de Défenses Contre les Forces du Mal, qui lui avait donné quelques idées pour parler à ses camarades. En y pensant, maintenant, elle voulait rire, cette époque de peur constante d’adresser la parole à une autre personne vivant dans le même château qu’elle remontait à très loin.

Entre temps, elle s’était faite beaucoup d’amis dans sa maison, un petit copain adorable, une belle place dans l’équipe de quidditch des rouges et était même devenue préfète de Gryffondor. Le petit détail moins agréable, surtout dès qu’elle retrouverait ses parents, plus exactement sa mère était son manque effroyable de travail. Les deux seules raisons : aucune envie ou même intérêt. Quand elle disait intérêt ce n’était pas aux cours, loin de là, elle aimait énormément assister aux cours que l’on donnait à Poudlard, seulement, travailler en dehors des classes obligatoires, était un peu compliqué pour la jeune fille.

De plus, elle se trouvait énormément d’excuses pour échapper à ces heures interminables dans la salle d’études, la bibliothèque et la salle commune, comme les entrainements des Griffes Ardentes, les moments qu’elle devait consacrer avec Audric, son collègue, le fait qu’elle devait écrire une lettre à ses parents arrivait assez souvent bien entendu. Ensuite, malheureusement, elle ne pouvait pas échapper au moment crucial où elle devrait faire ses devoirs…

A présent, il fallait absolument qu’elle bouge, elle était assise très inconfortablement le dos contre le mur froid. Elle bougea donc légèrement après avoir enfin brisé le silence, agréable mais pesant à la fin. Quand elle changea de position pour en trouver une plus agréable, Jane la regardait dans les yeux. Emilia trouvait ses yeux tout simplement magnifiques. Certes, ils brillaient car la finisseuse venait tout juste de pleurer, mais elle les trouvait splendides. Elle voulut le lui faire savoir, cependant, celle-ci avait lâchée quelques mots avant :


« Je me sens tellement seule. »

La première année ne savait pas quoi faire, il fallait avouer qu’elle n’était pas très douée pour ce genre situation : elle ne savait pas du tout comment elle devait réagir. Elle ne voulait tout de même pas que sa camarade explose en sanglots dans ses bras. Surtout à cause de sa fâcheuse habitude de dire tout ce qu’elle pensait sans même réfléchir aux conséquences que ses parles pourrait causer.

Elle réfléchissait :
*Que voudrais-je entendre si je me trouvais à sa place*. Comme si une ampoule venait de s’illuminer au-dessus de son crâne, elle sut exactement ce qu’elle pouvait faire. Le temps qu’elle réagisse, quelques secondes s’étaient probablement déjà écoulées dans un silence suite aux quelques mots de Jane. L’américaine s’approcha d’elle et la prit dans ses bras, toujours dans le silence puis ajouta, un peu plus tard :

« Tu n’es pas seule, nous sommes tous là, pour toi, et la liste commence par moi ! »

On pouvait une nouvelle fois voir que la fillette n’était pas très douée pour les paroles de réconfort. Elle ne faisait surement pas ce geste à cause de son poste de préfète qui l’obligeait à faire attention à toutes les personnes à Gryffondor, mais surtout, parce qu’elle ne voulait pas qu’une de ses amies ne se soit pas vraiment. Même si elle n’avait pas vraiment très souvent parlé avec Jane, alors qu’énormément d’occasions s’étaient présentées, elle la considérait comme une de ses amies.

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Une petite fille en robe qui se jette dans les bras de son père. La même petite fille qui marche main dans la main avec sa mère. Et encore cette petite fille qui est seule, isolée contre un mur d'école, face à un groupe de quatre autres enfants. Jane repense à son enfance, et tout ce qu'elle peut dire, c'est que rien n'est très gaie. Elle ne sait pas comment tout a commencé, pourquoi les autres se sont ligués contre elle.

Le silence pesant s'était transformé en silence tranquille, rempli certes de non-dit mais loin d'être vide. Jane sentait passer un courant, un fluide entre elle-même et sa camarade, comme si elles n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. La Gryffondor s'apaisait de plus en plus et son petit souffle qui faisait vrombir sa poitrine s'atténuait. Libérer sa pensée, libérer ses mots qui l'entravait depuis trop longtemps était un soulagement. Mais elle savait que rien n'était encore fini. Ce n'est pas quelques paroles qui allait remédier à un mal-être existentiel. Elle avait déjà pensé à demander de l'aide à son Directeur de Maison, ou à toute personne qui pourrait comprendre l'enfant désespérée de retourner chez elle, mais elle n'avait jamais réussi à se débarrasser de sa fierté naturelle qui l'avait empêché de le faire.

Jane ne pensait plus à Emilia, celle-ci s'était effacée pour faire place aux émotions grandissant dans le coeur de la rouge mais la première année revient bien vite sur Terre. Et plus précisément dans les bras de sa camarade. A part ses parents, personne n'avait jamais touché Jane alors se faire prendre dans des bras, c'était extrêmement étrange. Elle écarquilla ses yeux ressemblant bientôt à des soucoupes et se demanda pourquoi Emilia faisait ça. Elle se sentit bien bête lorsqu'elle s'aperçut que c'était pour lui signifier qu'elle était entourée. Entourée certes mais toujours évitée. Sauf ici, dans ce cas-là, c'était le contraire. Emilia faisait penser à Jane à la mousse verte, toute douce s'accrochant aux arbres, mais les arbres, avaient-ils vraiment envie d'avoir une nouvelle présence sur eux ?


« Tu n’es pas seule, nous sommes tous là, pour toi, et la liste commence par moi ! »

Cette phrase cassa le morale de Jane instantanément. Et dire que tout s'améliorait. Ce qui prouve que dans certaines occasions, ne rien dire vaut mieux que des mots. Les efforts d'Emilia étaient louables et la Gryffondor les appréciait vraiment mais elle était réaliste : personne ne la connaissait et personne n'était là pour elle. Les personnes à qui elle avait déjà parlé se comptaient sur les doigts de sa main. Il fallait qu'elle le dise. Ce n'était pas contre Emilia, mais il fallait que celle-ci sache que la cause était perdue d'avance.

" La liste est très courte alors. Une personne je dirais si tu es là. "

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