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Malheureuses incertitudes  PV 

Reducio
(Dans ce rpg, Peter sera en deuxième année)


Cela faisait maintenant presque un mois qu'Héléna était morte. Pour Peter, revenir à Poudlard après ce drame fut compliqué. Après le suicide de sa mère, il n'avait rien fait pendant presque 24 heures. Il s'était simplement allongé sur son lit, dans sa chambre, passant son temps à se questionner et à pleurer. Puis le lendemain matin, il était sortit dans la rue et avait dit au premier passant, "ma mère est morte". Il l'avait déclarer de façon monotone, vide. Le jeune garçon n'aspirait plus à rien, ne voulait plus rire, plus sourire, plus rien partager.

Une fois le corps inerte d'Héléna découvert, l'aiglon avait été emporté dans un hôpital, on lui avait poser des dizaines de questions auxquelles il avait répondu calmement. Il avait passé la nuit là bas, sans retourné à Poudlard comme il aurait du le faire. Puis on l'avait envoyé chez les Némésis, apportant par la même occasion la mauvaise nouvelle. Les parents de Mélody n'avait pas réagis, il ne la connaissait pas. Peter ne voyait pas sa cousine car elle était à Poudlard. Il passait ses journées à ne rien faire. A réfléchir, à penser et à se souvenir. Il était rongé par la douleur insurmontable que lui procurait le décès de sa mère, mais il ne l'exprimait en rien, comme si toute ses larmes avaient coulées ce soir là et qu'il n'en avait plus. Il resta chez les Némésis pendant deux semaines, ceux ci avait prévenu la directrice de la situation et avait expliqué pourquoi le Serdaigle ne venait plus en cours.

Ensuite vint le jour où Philius revînt de son voyage. Il avait appris la nouvelle part hibou. Une fois arrivé à la demeure des Némésis, il étreignit son fils comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps, il lui dit des mots rassurant, lui exprima sa compassion et enfin partagea sa douleur. La seul chose qu'il n'avait jamais partager avec son fils. Il passèrent encore une semaine chez la cousine de Peter après quoi Philius décida qu'il était temps pour le jeune garçon de retourner à Poudlard. Il le raccompagna en transplanant à Pré-au-Lard, laissant le garçon marcher jusqu'à son école.

Une fois là bas, le garçon organisa ses affaires, retrouva sa salle commune, son dortoir, son lit. Il passa la matinée allongé pendant que ses amis étaient en cours. Il ne savait plus quoi pensé. Après que la sonnerie ai retentit, il voulut revoir Katy, ne sachant pas si elle était au courant de quoi que ce soit. Il ne savait pas non plus ce qu'il allait lui dire mais il voulait la revoir. En la cherchant, il la vit assise sur un banc des couloirs. Seule. Il s'approcha alors lentement d'elle, puis sans dire un mot et sans la regarder, s'assit à sa gauche. Il regardait droit devant lui, les pierres froides qui formaient les murs du château. Il ne savait pas si l'aiglonne avait remarqué sa présence mais il ne dit rien.

Après quelques secondes, le garçon fit ce dont il avait besoin depuis longtemps, il commença à pleurer silencieusement toujours en regardant droit devant sois.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Malheureuses incertitudes  PV 

Une journée comme les autres avait débuté à Poudlard. L'école de Magie et de Sorcellerie pouvait bien être réputée pour son enseignement hors du commun, il n'empêchait que la monotonie avait gagné la vie de la Serdaigle. Les joies des découvertes de tout ce monde sorcier lui étaient passées et sa vie scolaire avait basculé dans la banalité. En réalité, à cet instant elle aurait donné n'importe quoi pour qu'on lui lance le sortilège d'Amnésie. Ceci afin de pouvoir redécouvrir avec émerveillement la splendeur du château, d'assister aux cours magiques extraordinaires et... d'oublier qu'elle était dépourvue de père. Revenue depuis très peu de Londres, Katy ne pouvait pas retirer cette pensée de son esprit, elle était ancrée en elle et occupait sa conscience à part entière.

Revenons-en à notre journée. La Serdaigle aurait normalement dû assister au cours de Potions de Miss Primard, mais cette-dernière n'avait pas pu assurer son cours puisqu'elle accompagnait les septième année à un forum de l'orientation. Ainsi donc elle avait eu une heure de libre, une heure à tuer. L'Aiglonne qui, jusque là n'avait parlé à aucun élève de ce qu'elle avait appris à Londres, était restée seule pour méditer. Elle aurait aimé en parler avec son petit ami, mais celui-ci avait mystérieusement disparu. Initialement triste de ne pas avoir pu trouver du réconfort auprès du capitaine des Éclairs, son inquiétude avait fini par prendre le dessus. L'absence de Peter avait beaucoup duré et pour la première fois, Katy avait ressenti un manque. Il y avait un vide qui s'était instauré dans son cœur à Londres, et celui-ci s'était creusé par l'absence de son petit ami.

N'ayant aucune envie d'être mêlée aux autres Serdaigle qui devaient occuper la salle commune, elle décida de rester dans un des couloirs ; ce dernier étant déserté par les élèves qui préféraient profiter des premiers rayons de soleil de l'année. Katy était assise sur l'un des bancs. Elle regardait tout et rien à la fois. Seules ses pensées la préoccupaient. Au bout d'un certain temps, elle entendit des pas résonner. Ces pas, elle les aurait reconnu parmi tant d'autres. C'était Peter. Le garçon vint s'asseoir sans prononcer le moindre mot, sans effectuer le moindre geste. Katy non plus ne réagit pas sur l'instant. Quelques secondes passèrent et un sanglot interrompit le cours de ses pensées. Elle se tourna vers l'Aiglon et vit les larmes qui coulaient le long de son visage. Son cœur se serra. Elle n'avait jamais vu Peter dans un si triste état. La troisième année passa son bras sur l'épaule de son petit ami et courba son dos pour atteindre son regard.


« Peter ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Il n'y avait aucune réaction chez l'Aiglon. Son regard était vide, son corps immobile. Il avait sans doute dû retenir ses larmes trop longtemps, et maintenant qu'elles étaient là, il était incapable de faire quoi que ce soit d'autre, pas même les retenir. En l'absence de réponse, Katy réitéra sa question.

« Peter, réponds-moi s'il te plaît.»

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

Malheureuses incertitudes  PV 

« Peter, réponds-moi s'il te plaît.»

Ces paroles flottaient dans la têtes de Peter comme une feuille sur un cours d'eau. Il n'y portait pas vraiment d'intention mais le comprenaient. Il avait cessé de pleurer maintenant. Mais il n'avait toujours pas oser regarder Katy, il ne voulait pas affronter son regard. Il ne voulait pas dévoiler ce qu'il pensait être de la faiblesse. Cela faisait à peu près maintenant 1 ans qu'il était avec Katy, ils avaient partagé beaucoup de choses ensemble, ils avaient ris ensemble, vécuent ensemble, mais jamais l'aiglon n'avait dévoilé ses ombres les plus torturées.

La peine était quelque chose que le Serdaigle avait appris à dissimulé, à garder au fond de lui, et à oublier. Mais avec la mort de sa mère, ses chagrins prenaient d'autre tournant, ils changeait, se transformaient. Ils se transformait en rage, sentiment de cruelle injustice. En amertume... Quelques choses dévastatrices. Le jeune garçon n'avait plus souris depuis l’événement, il n'en avait pas envie, et il avait le sentiment qu'il n'en n'aurait plus jamais envie. Comme si cette créature nommée Détraqueur lui était passé dessus.

Conscient que sa petite amie attendait toujours une réponse, il essaya de lui répondre, cela demandait un effort particulièrement douloureux. Il repensa à la première fois ou il avait vu Katy, la première fois ou le vert avait croisé le gris, puis ensuite il repensa à cette demande si particulière, cette danse si intime, ce baiser si provoquant. Il revit Katy dans sa robe resplendissante, son visage rayonnant et ses yeux éloquents. Il revit toute ses choses avec joie et tristesse, développant nostalgie et révélant bonheur.

Peter avait de la chance d'être avec la serdaigle, peut être que ces souvenirs pouvaient apportés certaines réponses à ses questions naissantes. Il tourna alors les yeux vers ceux inquiet de Katy. Puis contre toute attente il sourît. Un sourire amère certes mais sincère. Il prit les mains de sa bien aimée, puis toujours avec le sourire il dit paradoxalement;


"Ma mère est morte"

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

Malheureuses incertitudes  PV 

Silence. Blanc. Néant. Voilà à quoi pouvait se résumer la réponse de Peter. Mais quand allait-il enfin se décider à parler ?  L'Aiglonne ne savait pas quoi faire dans cette situation. Elle ne voulait pas le forcer à quoi que ce soit, mais elle savait que parler était la meilleure chose qu'il puisse faire. Les larmes étaient le début du processus d'évacuation des émotions, néanmoins, sans la parole il serait plus compliqué pour le deuxième année d'aller mieux. Ses sanglots avaient cessé mais l'Aiglon n'avait toujours rien dit. Il finit par regarder Katy dans les yeux. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas vu son visage... Contrairement à ce qu'elle aurait pu croire, il souriait. C'était d'ailleurs de ce sourire dont elle était tombée amoureuse un an auparavant. Il n'y avait pas que son sourire bien sûr, mais la Serdaigle lui trouvait un certain charme qui, assorti à ses yeux, ne pouvait qu'être sublimé.

Quatre mots sortirent de la bouche de l'Aiglon. On aurait pu s'attendre à « Salut, comment tu vas ? », et pourtant, non. La seule phrase qui retentit fut « Ma mère est morte. ». Elle résonna dans la tête de Katy comme l'écho de paroles prononcées dans une grotte. Comment était-il possible d'énoncer de tels mots tout en arborant un sourire ?  Peter devait être encore en état de choc pour réagir ainsi, il ne devait pas vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait. La troisième année, en revanche avait gardé sa lucidité : son petit ami venait de perdre sa mère et il avait besoin de réconfort, c'était indéniable. Alors Katy passa son second bras autour de l'épaule de l'Aiglon. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas ainsi serré dans ses bras. À la tristesse de la situation se mêlait la joie des retrouvailles. Le temps s'était comme arrêté, et rien ni personne n'aurait pu interrompre cet instant. L'Aiglonne sentait le cœur du deuxième année battre faiblement contre le sien. Elle n'avait toujours pas donné suite à sa réponse.
Mais que répondre à une telle phrase ? Et surtout, comment interpréter réellement une phrase lorsque l'expression du visage semble dire tout le contraire ?  S'il y avait bien un sujet que les deux Aiglons prenaient soin d'éviter, c'était celui de la famille. Katy ne savait rien de la relation qu'entretenait Peter avec sa mère. Cependant elle était bien placée pour savoir que, même si les relations parents-enfants n'étaient pas toujours idéales, les parents restaient des parents, et quoi qu'il puisse arriver, ils étaient une terrible perte pour leurs enfants. La troisième année tenta alors d'apaiser le Capitaine des Éclairs avec quelques mots.


« Je... Je suis terriblement désolée de l'apprendre. Cherchant le regard de son petit ami, elle continua plus sérieusement. Je ne vais pas te harceler de questions mais je pense que le mieux pour toi serait d'en parler. J'ai tout mon temps, alors vas-y, libère-toi de toute la tristesse que tu as accumulée ces derniers temps. »

C'était maladroit, très maladroit, mais c'était tout ce qu'elle avait pu dire pour essayer de réconforter Peter. De nouveau, le silence reprit sa place et se faisait assez pesant...

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

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Quand il vit la mine étonnée et inquiète de Katy il pris conscience de son sourire persistant. Il l'effaça aussitôt. S'insultant intérieurement pour avoir osé sourire dans une situation comme celle ci. Il avait toujours eu des actions, des réactions hors sujet, imprévisible, spontané mais là sa frôlait l'inacceptable. Il avait le sentiment de salir la mémoire de sa mère en faisant ça. Il avait donc repris une expression triste, presque en colère contre lui même.

La petite amie de Peter fit ensuite quelque chose dont l'aiglon avait vraiment besoin. Elle le prit dans ses bras. Le jeune garçon se laissa faire dans un premier temps sans rendre l'étreinte. Les bras ballants. Il sentait la chaleur réconfortante de sa copine, son souffle dans son cou, ses mains frottants son dos comme pour faire disparaître tout ses remords. Il ferma les yeux et laissa échappé un grand soupir avant de rendre son étreinte à l'aiglonne. Ce simple enlacement avait réglé déjà tellement de chose, réparer tellement de tristesse.
Katy demanda ensuite à Peter de façon peu constructive, cela dû à l’incommodité de la situation, d’extériorisé sa tristesses, de lui raconté ses peines et ses regrets. Le jeune garçon regarda la Serdaigle dans les yeux, il y lut des milliers de choses et bien que la demande fut difficile à exécuter, le capitaine allait tout de même s’efforcer de le faire.


Ma.. Ma.. commença t'il avant de soupirer longuement pour se donner du courage, Ma mère était..

Le pauvre garçon sentait déjà les larmes lui monter aux yeux. Il aurait voulu une nouvelle fois éclater en sanglot et pleurer autant qu'il lui était possible, pleurer, pleurer, pleurer encore et encore. Mais il ne le voulait pas, il ne le devait pas. Une histoire de fierté sans doute? Même au bout de l'enfer cette stupide fierté serait un rempart à ses instincts d'humain. Il fit une pause,il savait qu'il allait sûrement paraître bizarre mais cela lui importait peu sur le coup.

Ma mère était tout pour moi, commença t'il, elle était mon seul vrai parent. Elle pensait que je ne l'aimais pas, que.. que je la considérais comme un frein à mon épanouissement. Et quand j'y pense, continua t'il en commençant à sangloter discrètement, je.. je crois bien que des fois je l'ai peut être penser.

Il se mit à pleurer pour de bon encore une fois. Il savait qu'il allait passé pour un faible devant sa petite amie, qu'il serait surement lourd et peut être même pathétique , mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Les larmes coulaient d'elle même, sa voix s'enraillait toute seul, et son corps se cambrait de chagrin. Il aurait voulu, dormir et ne plus jamais se réveiller. Il aurait voulu ne pas avoir existé, n'être jamais né. Mais il était là. Il n'avait pas d'autre choix.


Et j'ai honte Katy, d'avoir pu penser ça peut être qu'une seule seconde. J'ai honte et je me sens responsable. Je suis quelqu'un d’égoïste et je n'ai pas réussis à me rendre compte qu'elle avait peur que ma différence m'éloigne d'elle. Je n'ai pas réussis à sentir cette peur qui paraît maintenant pourtant si évidente. J'entretenait une sorte d'amertume envers ma mère qui m'envoyait tout le temps chez ma tante, qui ne s'occupait pas de moi à cause de mon salop de père qui l'a lâchement abandonné !

Il se rendit compte que ses paroles étaient montées en crescendo et qu'il avait hurlé les dernières parole tout en se levant et en versant des larmes de rages. Mais il ne comptait pas se calmé, il avait beaucoup trop à dire. Il repensa à son père l'enlaçant chez les Némésis et il tressaillit avant de reprendre toujours en hurlant à plein poumons.


C'est à cause de lui qu'elle est morte. A cause de lui et de moi qu'elle est devenu folle. Je n'ai été qu'un stupide égoïste incapable de ravaler sa rancœur pour témoigner de l'amour à sa pauvre mère qui ne cherchait que ça. JE ME HAIS!! Finassa t'il.

Il se rassit sur le banc, fit une grimace de douleur témoignant de sa tristesse. Puis il enfouit sa tête dans ses mains, et recommença une ultime fois à pleurer, son corps tremblant de diverse émotions. Il murmura pour lui même ou peut être quelqu'un d'autre.

Je t'aime maman..

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

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Les propos de Peter avaient été bouleversants. D'abord il y avait eu la tristesse, les regrets dus à la mort. Quelque chose de normal en soi... Étaient ensuite revenues les larmes pour accompagner les paroles de l'Aiglon. Enfin, il y avait eu une sorte de colère, premièrement contre lui-même, puis contre son père. Katy découvrait avec effroi la réelle situation familiale de son petit ami. C'était terrible pour lui. Son père l'avait abandonné, lui, et sa mère. Et puis Peter avait en quelque sorte délaissé sa mère, la pauvre. Pas étonnant que l'Aiglon se sente rongé par les remords...

Depuis qu'ils étaient ensemble, l'Aiglonne s'était quelques fois fait la remarque que le Capitaine des Éclairs était toujours souriant. Il semblait mener une belle existence à Poudlard. Il avait des tas d'amis, des résultats scolaires convenables, et réussissait dans son domaine favori : le Quidditch. Tout allait pour le mieux dans sa vie. Du moins, c'est ce que la troisième année pensait. Elle passait de très bons moments en compagnie de son copain, mais il était rare que les deux Serdaigle discutent sérieusement. Ils vivaient l'instant présent, sans se préoccuper de leur vie en dehors du château, de leur passé, de leur avenir. Cela pouvait paraître plutôt étrange, mais à vrai dire le couple était encore très jeune et insouciant. Tout cela expliquait l'état de surprise dans lequel Katy se trouvait en apprenant que Peter avait lui aussi ses problèmes, même s'il n'en parlait jamais. A ce jour, sa mère était morte et laissait derrière elle un enfant dont le père était quasiment inexistant. Que lui était-il arrivé ? Katy aurait aimé le savoir mais elle trouvait cette question inappropriée et incorrecte étant donné le contexte. D'un autre côté, elle ne voyait pas vraiment comment elle pourrait réconforter Peter sans connaître son histoire, et éventuellement celle de sa mère.
Finalement l'Aiglonne n'eut pas à faire de choix puisque son petit ami se retira doucement de ses bras et s'assit sur le banc. Il devait avoir honte de pleurer et préférait dissimuler son visage dans le creux de ses mains. Une dernière phrase sortit de sa bouche. Une phrase ô combien douloureuse pour Peter, et pour n'importe quelle personne qui l'aurait entendue. « Je t'aime maman.. ». Les mots en eux même étaient déjà si puissants, il n'y avait qu'à ajouter la voix plaintive de l'Aiglon pour que cela devienne un véritable supplice à entendre.

Katy demeura immobile. Elle ne voulait pas non plus revenir au contact de Peter car il s'était assis de sa propre volonté. La troisième année préféra s'adosser au mur faisant face au banc, elle regardait le Capitaine des Eclairs pleurer, impuissante. Des sanglots résonnaient, des larmes venaient s'écraser sur le sol...


« Je suis certaine que tu n'y es pour rien dans tout ça. Que s'est-il passé ? » Dit-elle d'une voix presque éteinte.

Ce n'était pas la curiosité qui l'avait poussée à poser cette question, mais plutôt l'intérêt qu'elle portait à son petit ami. Peut-être qu'en expliquant tout ce qu'il avait vécu lorsqu'il était rentré chez lui, le Serdaigle parviendrait à tirer un trait plus facilement sur ce tragique événement...

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

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Après un dernier reniflement, Peter essaya de reprendre un peu de dignité. Il fronça les sourcils, et regarda par terre. Il commençait à avoir l'habitude. Il voulait paraître fort mais n'y arrivait pas, il se promît intérieurement de ne plus laisser paraître ses émotions comme il le faisait avant. Il avait compris que les montrer ouvertement était une faiblesse qui permettait de se faire jauger et juger facilement. Ce n'était pas acceptable, plus maintenant. Alors il serait peut être froid, mais c'était nécessaire, cela choquerait sûrement ses amis, mais c'était nécessaires, il ne serait plus heureux mais c'était nécessaire.

Il leva lentement les yeux vers Katy, et se retînt de sourire, elle était magnifique, en toute circonstance, sa mine inquiète et compatissante la rendait attendrissante, Peter savait que si il lui avait dit, elle se serait énervé, sa petite amie ne voulait pas paraître mignonne ou quoi que ce soit qui s'en rapproche et elle voulait encore moins qu'on lui dise. C'est d’ailleurs pour ça que le jeune garçon l'avait probablement aimé. Parce qu'elle n'était pas superficielle, elle avait un vrai caractère, elle était différente. Pas comme beaucoup de fille que le garçon connaissait. Il se dît qu'il avait de la chance de l'avoir, pourtant quelque chose clochait entre eux, et le serdaigle allait sans doute bientôt savoir pourquoi.

Quoi qu'il en soit, il ne voulait pas y penser pour le moment, il voulait répondre plus calmement cette fois, sans prise de tête, sans dévoilement d'émotion inutiles. Même pour Katy.


Mon week-end à Londres n'a pas été très agréable, commença t'il, à cause de ma rancœur envers ma mère, nos relations sont rester très froides, distantes. Et puis je me suis fait blesser par le chat de maman.


A ces derniers mots il montra sa cicatrice à l’œil qui selon le médecin, jamais ne disparaîtrait, la blessure n'avait pas cesser de le démanger depuis son existence ce qui irritait beaucoup Peter. Il pensait aller faire un tour à l’infirmerie pour savoir si c'était normale.


Au retour de l’hôpital, je suis aller dans ma chambre sans prononcer un mots. Ça a surement été la froideur de trop, ma mère n'a pas supporté. Alors que j'étais encore dans ma chambre, le chat est venue me chercher. Dans son regard j'ai vu que quelques chose n'allait pas. Je suis alors allé dans le salon. Elle était allongée par terre, encore vivante, la boîte de gélule fraîchement entamée à côté d'elle.

Il se sentait replongé dans le chagrin mais aussi plus capable de résister, alors il continua calmement.

Je suis aller vers elle, elle m'a regardé, puis m'a chanté une chanson idiote avant que sa tête ne retombe par terre... Pour toujours.

Le jeune garçon avait prononcé ces derniers mots avec difficulté mais au moins, c'était fait.

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?

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Peter releva sa tête pour s'adresser à sa petite amie. Ses yeux larmoyants et rouges étaient plongés dans ceux de Katy. La troisième année était très mal à l'aise car elle craignait que sa question soit trop indiscrète, ou pire, qu'elle aggrave l'état psychologique de l'Aiglon. Étant donné sa maladresse, il n'aurait pas été étonnant que par sa faute Peter soit encore plus triste qu'il ne l'était déjà. Mais fort heureusement, il ne réagit pas mal et se lança même dans une explication. Il parla d'un accident qui était survenu avec son chat et qui lui avait transmis une cicatrice à l'œil. Jusque-là Katy ne l'avait pas encore remarquée car Peter avait caché son visage pour dissimuler ses larmes, mais maintenant elle pouvait constater le large trait encore rouge et boursouflé qui passait sur l'œil du deuxième année. Il avait dû souffrir mais restait tout de même assez chanceux que sa vue ne soit pas affectée par sa blessure.

Montrant sa cicatrice, Peter reprit la parole et raconta le drame qui s'était déroulé chez lui. Sa mère s'était – semble-t-il – suicidée. C'était affreux. Le cœur de Katy se serra et un frisson parcourut tout son corps. D'ordinaire impassible, l'Aiglonne sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle réussit à les contenir sachant qu'elle ne pouvait pas se permettre de pleurer. Pourtant peut-être qu'en laissant ses larmes couler elle aurait pu montrer sa compassion à Peter, ou alors peut-être qu'elle aurait montré sa faiblesse. C'est cette deuxième option qui l'obligeait à rester forte, elle espérait que son petit ami ne la prendrait pas pour une sans-cœur, car au fond elle était terriblement triste pour lui.

Ayant laissé un petit temps de silence après l'annonce qu'il venait de faire, il articula difficilement une dernière phrase, toujours pour expliquer les circonstances du décès de sa mère. Avant de plonger dans un sommeil éternel, celle-ci lui aurait chanté une « chanson idiote ». Katy avait un peu de mal à comprendre comment Peter pouvait réagir de cette façon face aux derniers mots de sa mère. Elle le fixa, il était toujours assis sur son banc. Maintenant qu'il avait parlé, il devait certainement s'attendre à une réaction, à une réponse, pourtant il n'y eut rien. Pas un mot. Pas un geste. La troisième année était paralysée par la peur de mal s'y prendre avec le Serdaigle. Elle regarda sa montre, comme si cette action pouvait lui permettre d'échapper à la situation. Son prochain cours devait commencer dans sept minutes, ce qui lui laissait tout juste le temps de s'y rendre. Elle ramassa son sac et s'approcha de Peter.


« Peter je suis vraiment désolée. Tu vas trouver ça nul mais je ne sais pas quoi te dire d'autre et... Et je dois retourner en cours. »

L'Aiglonne n'osa pas embrasser son petit ami, elle avait honte de sa réaction et détestait la lâcheté dont elle faisait preuve. Elle partit en direction des escaliers pour rejoindre la salle de Défense contre les Forces du Mal. Elle fit quelques pas puis finit par se retourner. Peter était de nouveau en train de pleurer, seul...
La culpabilité de Katy ne cessait de s'accroître en le regardant. Alors elle lança désespérément une dernière phrase pour essayer d'arranger les choses, même s'il n'était plus vraiment possible de le faire.


« Je n'ai pas cours cet après-midi. On ira faire un tour dans le Parc, d'accord ? »

Comment ces paroles auraient-elles pu consoler la tristesse du Serdaigle ? Si Katy avait réellement souhaité tout faire pour aider Peter, elle n'aurait pas pris la fuite en se rendant à son cours. Mais à cet instant elle pensait que partir était finalement le mieux ; peut-être qu'en revoyant son petit ami plus tard dans l'après-midi elle aurait davantage les mots pour qu'il se sente mieux.

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

'Je crois en toi' comprendra qui pourra...

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-Je n'ai pas cours cet après-midi. On ira faire un tour dans le Parc, d'accord ?

Regard dans le vide, souffle saccadé, bras croisés. Désespoir. C'était bien le mot parfait pour décrire le ressentit de Peter. Désespoir, le contraire d'espoir, espoir qui semblait à jamais disparu. Peter aurait espérer que pour une fois Katy aurait fait abstraction des cours, que pour une fois elle aurait fait attention à lui. Mais non. Elle fuyait. Bien sûr cela semblait compréhensible, mais pas pour Peter, pas en ce moment. C'était inimaginable. Une colère silencieuse s'était emparé de lui mais il n'osait pas bouger, pas parler. Katy était encore là, cherchant désespérément une réaction du malheureux aiglon, mais rien, rien pour l'instant.

Du coins de la manche de son uniforme, Peter s'essuya les yeux, enlevant toutes traces de son chagrin, ne laissant place qu'à ses sourcils légèrement froncés de frustration. Il aimait Katy, oui ça il l'aimait. Mais comment, pourquoi ? Était-ce le bon amour ? Il n'en avait pas l'impression. Il pensait souvent à sa petite amie, quand il y pensait il souriait. Elle le rendait heureux bien sûr mais quelque chose n'allait toujours pas, il manquait cette chose, cette toute petite chose, tellement infime pour faire de leur relation une relation parfaite. Il pensait souvent à sa petite amie, mais il n'y pensait jamais comme il pensait à lui, comme il pensait à ce garçon... C'était peut être cela qui n'allait pas, Katy n'était pas un garçon.

Katy n'était pas un garçon.

Une boule se forma dans le ventre de Peter. Il avait peur de comprendre quelque chose. Quelque chose qu'il aurait dû comprendre depuis très longtemps. Une sorte d'angoisse naissait inexorablement dans l'esprit du jeune garçon. Qui était il ? Que voulait il ? Peut être se cachait il tout simplement la vérité. Katy semblait commencer à s'éloigner, alors Peter se leva brusquement.


"-Katy attends !

Il courut la rejoindre, d'un pas peu pressé pour quelqu'un qui court.

-Je suis d'accord pour le tour dans le parc, et... Il faudra que l'on parle.

Il marqua une pose comme si le mot d'après avait un quelconque importance, puis il le prononça sans pouvoir s'empêché de le dire avec un regard glacial.


-Serieusement."

Fin

La mort ne s'est elle jamais souciée d'en faire trop ?