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Une rencontre tout en poésie  PV 

Quelques jours plus tôt, mes parents m'avaient fait parvenir un colis contenant, parmis de nombreuses friandises, un petit recueil de poèmes français. Au début je n'avais pas comprit pourquoi ma mère avait tenu à me faire partager ce petit livre et j'avais été plus enthousiasmée par les chocogrenouilles que par le recueil, je dois l'avouer.
Un soir, en manque de lecture, je l'avais finalement ouvert, histoire d'essayer. Cette nuit la, ma vision de la poésie avait changée. J'avais toujours considéré ça comme quelque chose d'assez niais, et de tout sauf poétique justement. Pour ma défense, les seuls poèmes que j'avais lus étaient ceux que l'on m'avait forcée à apprendre par cœur à l'école primaire. Et ils ne m'avaient pas vraiment donné envie d'aller en chercher d'autres à apprendre et étudier malheureusement. Mais ce recueil était différents, les poèmes n'avaient rien à voir avec ceux enfantins et niais de l'école. Ils étaient tous écrits par de grands auteurs français comme Victor Hugo et Paul Verlaine. Si c'était ça la poésie, alors ça me plaisait.
En un soir j'avais finit le recueil. Puis je l'avais lu une deuxième fois, puis une troisième. J'avais ensuite séléctionné mes poèmes favoris et j'avais commencé à en apprendre quelques uns par cœur, que je déclamais ensuite quand je me savais seule. J'avais parfois quelques difficultés avec certains vers mais je m'accrochais. Je n'aurais jamais pensé dire ça avant mais ça me détendais quand je stressais pour x ou y raison.
C'était pour cette raison que je marchai de long en large dans le même couloir depuis bientôt un quart d'heure. J'avais eu un devoir de sortilège plus tôt dans la journée et la pression refusait de retomber, bien que je ne puisse strictement rien faire pour changer ma note. Je m'étais donc isolée dans un petit couloir vide pour continuer d'apprendre mon poème. Je regardai une dernière fois le texte avant de baisser mon livre, mon doigt servant de marque page. Je pris une grande inspiration, et me mis à le réciter en français.


"Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits ! 
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire haine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans peine
Mon coeur a tant de peine !"


Je jettai un coup d'œil à mon recueil, relisant en diagonale pour vérifier que je n'avais pas fait de fautes. *Tss j'ai inversé "haine" et "peine" dans la dernière strophe...* Je m'assis au sol et relus plusieurs fois l'endroit où j'avais fait une faute, pour être sûre de ne pas la faire une nouvelle fois.
Dernière modification par Solwen Estendle le 25 décembre 2017, 12 h 28, modifié 1 fois.

"Il y a des sourires si beaux qu'on en oublie la laideur du monde"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante."
Maman poule emmitouflée en 2017

Une rencontre tout en poésie  PV 

Le froid commençait à se faire ressentir dans les couloirs de ce château de pierre. Connor, qui était un garçon frileux, avait du mal à être de bonne humeur à cause du froid Constant qu'il subissait. Et dire que l'on était seulement mi-automne. L'enfant songeait à envoyer une lettre à ses parents pour leur demander de lui envoyer des pulls en plus, des plaids, des bouillottes, des potions chauffantes ou n'importe quoi d'autre qui puisse l'aider à supporter le froid de ce pays qu'est l'Ecosse. On a beau dire qu'il fait gris et froid dans tout le Royaume-Uni, Connor en était sûr, il y a une claire différence de température entre chez lui, à Londres, et ici. Ou alors c'étaient les grands et épais murs de pierre qui aggravaient la température.

Pour ne rien arranger, Connor sortait d'un cours de Potions. Les cours de potions se passent dans les cachots, endroit le plus froid du château, ou même au monde. En y repensant, malgré son intérêt pour les Serpentards, Connor était bien content de ne pas être dans cette maison. Eux aussi ils sont aux cachots ! Si ça se trouve, ils n'ont même pas de cheminée pour se réchauffer après une longue journée dans le froid Poudlarien ! Non, c'était vraiment impensable pour Connor. S'il avait été assigné à Serpentard, il aurait demandé sûrement une dérogation de ses parents pour l'autoriser à dormir dans le dortoir des Gryffondor (qui est réputé comme très chaleureux). Mais là n'était pas la question, puisqu'il est dans la maison des érudits et que, par chance, la direction a daigné leur accorder une cheminée. Cheminée auprès de laquelle Connor était en train de se rendre.

Connor grimpait les étages petits à petit. Il pensait faire un arrêt à la bibliothèque pour emprunter un livre ou deux pour s'occuper en compagnie de son ami le feu de cheminée. En arrivant vers la bibliothèque, Connor vit une jeune fille toute seule un peu plus loin dans le couloir. Elle arborait les couleurs de Serdaigle elle aussi, et son visage était familier aux yeux du garçon. Ils ont dû se croiser plusieurs fois dans la salle commune. L'enfant s'apprêtait à rentrer dans la bibliothèque quand il entendit la petite voix de la jeune fille. Il n'était pas sûr qu'elle s'adressait à lui. Il scruta le couloir des deux côtés, personne d'autre n'y était. Elle devait donc lui parler ?

Connor hésita à s'avancer, car il n'est pas du genre à discuter avec les gens, en général. Mais ce serait très impoli de ne pas répondre quand même, non ?

Le garçon n'entra donc pas dans la bibliothèque et il s'approcha de la petite Serdaigle qui faisait les cent pas. Elle n'avait pas l'air de l'avoir remarqué pourtant. Peut-être qu'elle ne lui parlait pas, tout compte fait. Après une petite réflexion, Connor a décidé que s'il remarquait qu'elle ne lui avait effectivement pas parlé et qu'il avait sur-réagi, il continuerait tout droit son chemin comme s'il allait à un endroit précis de cet étage. Il ferait donc appel à ses talents de comédien pour pouvoir avoir l'air le plus naturel possible.

En s'approchant, Connor put distinguer les mots de la jeune Serdaigle. Il s’arrêta à distance pour l’écouter sans se faire remarquer, pour pas qu'elle ne s'interrompe et/ou qu'elle ne prenne peur.

...cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire haine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans peine
Mon coeur a tant de peine !


Effectivement, elle ne lui parlait pas mais parlait toute seule. Ou plutôt, elle récitait un poème. Connor connaissait quelques auteurs et poètes, mais ces vers ne lui disaient rien. Était-ce une création de la part de la fillette? Si oui, cela était très profond pour une enfant. Et très joli.

Connor avait été amené à connaître quelques poètes français par son père qui était lui-même de la nation bleue blanche et rouge. De tous les auteurs dont il avait la connaissance, son préfère à ce jour restait Arthur Rimbaud, qui était, pour lui, un vrai un génie.

Connor n'avait pas bougé de sa position. Posté en plein milieu du couloir, à distance de la jeune fille, il la regardait terminer ses vers. Apres avoir soupiré, celle-ci s'assit contre le mur pour lire un livre. Surement relisait-elle ses écrits.

L'idée de s'asseoir auprès d'elle pour lui dire à quel point ce qu'elle récitait était joli venait de passer dans l'esprit de Connor, mais rien que de s'imaginer discuter avec quelqu'un provoquaient des brûlures d'estomac à l'enfant. Il eut un geste de recul. Il songeait à suivre son idée initiale qui étaient d'aller à la bibliothèque pour récupérer des livres. Et il avait froid non? En fait, non, il n'avait plus froid, car le stress de s'imaginer parler avec quelqu'un l'avait réchauffé. Pourtant, une partie de lui souhaitait discuter de poésie, de littérature, de culture, de société, de sorcellerie, de beau et d'asticots. De tout et n'importe quoi. Connor avait envie de parler à quelqu'un.

Apres avoir pris son courage à deux mains, Connor décida donc d'aller parler à la fillette au poème. Elle n'avait pas l'air méchante après tout.

Il parcourut la distance qui les séparait en quelques pas. La demoiselle ne l'avait pas remarqué et il ne souhaitait pas lui faire peur. *tu es sur de ce que tu fais Connor?* se demanda-t-il. Il se rapprocha finalement du sol et s'assit en tailleur en face de la Serdaigle. Il la regarda un instant avant de s'adresser à elle doucement :


C'était très joli. C'est toi qui as écrit ça?

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J'étais plongée dans mon recueil, lisant et relisant la dernière strophe dans ma tête. J'étais tellement concentrée et sûre d'être seule dans ce bout de couloir, que je ne remarquais pas immédiatement le jeune garçon qui s'était approché de moi. C'est ce pourquoi je sursautai lorsqu'il m'adressa la parole. Je le dévisageai, surprise, à la fois par sa présence et pas le fait que je ne l'ai absolument pas remarqué avant qu'il ne parle. Je n'étais pourtant pas aussi distraite d'habitude. Je fouillai ensuite dans ma mémoire, pour essayer de retrouver ce qu'il venait de me dire. Je rougis soudain en me souvenant qu'il avait dit avoir apprécié le poème. Il m'avait donc entendue le réciter... Je ne savais pas si je devais être heureuse qu'il ait trouvé ça très joli, ou si je devais être gênée qu'il m'ait entendue alors que j'avais fait une faute à la fin. Faute qu'il n'avait peur être pas remarquée tout compte fait, puisqu'il me demanda ensuite si j'étais l'auteure de ces vers. Je ne pouvais pas lui reprocher de ne pas connaître Verlaine, puisque étant un poète français, je n'étais pas sûre qu'il soit traduit en anglais. Une question me frappa alors. Si le jeune garçon était anglais, comment etait-il possible qu'il ait trouvé le poème joli alors que je m'étais exprimée en français ? La seule solution qui m'apparaissait était qu'il parle lui aussi français.
Je clignai des yeux, revenant soudainement dans ce couloir, avec ce garçon dont le visage m'était légèrement familier. Je me rendis compte que je n'avais toujours pas répondu à sa question, trop plongée dans mes réflexions. Je m'empressai donc de le faire.


- Euh.... Et bien, merci beaucoup ! Mais non ça n'est pas de moi, je n'ai pas le niveau pour écrire ça. C'est de Paul Verlaine. Tu dis que tu as trouvé ça joli, donc je me demandais, est ce que tu parles français ?

Je replaçai ensuite nerveusement une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je pris ensuite le temps d'observer le jeune garçon assis en tailleur devant moi. Son visage enfantin me disait vraiment quelque chose. J'étais certaine de l'avoir croisé quelque part, peur être dans les couloirs. J'eus soudain un flash et je compris pourquoi son visage m'était familier. Je l'avais déjà vu en salle commune plusieurs fois, sans jamais lui adresser la parole. Il était donc à Serdaigle. J'étais même quasi sûre d'avoir entendu son prénom une fois, mais il m'était complètement sorti de la tête. Je me promis de faire plus attention la prochaine fois, d'autant plus qu'il n'y avait pas non plus des milliers de nouveaux Serdaigle.
Je finis par détourner le regard, me plongeant dans la fascinante contemplation du sol, en jouant avec une de mes tresses.

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Connor se surprit a sourire quand il vit le visage de son interlocutrice passer de calme et concentré a surpris et gené. Elle avait egalement rougi, c'etait adorable.La demoiselle prit un instant pour reflechir avant de lui repondre

- Euh.... Et bien, merci beaucoup ! Mais non ça n'est pas de moi, je n'ai pas le niveau pour écrire ça. C'est de Paul Verlaine. Tu dis que tu as trouvé ça joli, donc je me demandais, est ce que tu parles français ?

Connor fronça tout d'abord les sourcils de surprise. Oui, il parlait français, mais cela n'avait rien à voir avec le sujet actuel, si? Le français était sa langue paternelle, et également la langue de la poésie. Mais pourquoi demandait-elle cela? Avait, elle récitait ce poème en français et Connor ne s'en serait même pas rendu compte? Après tout, Verlaine est un auteur français et ses textes ne sont peut-être pas traduits. Donc effectivement l'enfant avait parlé français et Connor avait interprété directement le message sans faire attention à la langue employée. Que le cerveau est bien fait! Enfin, la demoiselle aurait parlé en russe, cela ne se serait pas passé comme ça dans le cerveau de Connor, sans aucun doute!

Le garçon avait toujours froid, et son sentiment avait augmenté de s'être assis par terre sur les pierres froides du château. Il se mit à frissonner un instant. Puis il reprit la parole pour répondre à la question de l'interne :


- Oui je suis français du coté de mon père.

Il fit une pause dans ses mots en se demandant s'il devait lui dire qu'il n'avait pas remarqué qu'elle parlait en francais. Il se decida de lui dire, car c'est assez drole.


- Je n'avais même pas remarqué que tu avais parlé français à vrai dire! Rajouta l'enfant en souriant d'un air gêné et pour se moquer de lui-même.

Connor retomba dans le silence après ça. Il n'était pas très doué pour faire la conversation, il se trouvait bizarre et toute l'aura qu'il dégageait était aussi bizarre que lui, d'après son ressenti. Il ne savait pas tenir une conversation sans être gêné ou sans sentir que ses mots sonnaient faux. C'est pourquoi il préféra rester silencieux, et voir ce que la demoiselle allait lui dire. Si elle souhaitait continuer de parler, ils auraient sûrement une longue conversation sur la poésie, dans laquelle Connor aurait pu mentionner qu'il aime Arthur RIMBAUD et éventuellement lui réciter un de ses poèmes. Et si elle restait silencieuse, il la laisserait là à continuer de lire son livre rempli de poèmes et il rejoindrait son objectif initial qui était la cheminée des Serdaigle. Les deux scénarios étaient aussi intéressants l'un que l'autre pour lui. Il était à l'aise dans la solitude donc ce n'était pas grave si la jeune fille ne voulait pas discuter.

Quoi qu'il en soit, Connor attendrait la réponse de sa camarade avant de s'éclipser, car il était bien trop poli pour ça. Il regardait la demoiselle qui jouait distraitement avec ses cheveux tout en lui souriant d'un air gentil, juste gentil.

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Je relevai la tête au moment où le visage du jeune garçon passa d'un mignon sourire à un froncement de sourcils. Qu'avais je puis dire pour provoquer ce brusque changement d'expression ? Cependant, son visage se redétendit presque aussitôt, ce qui me rassura. Je ne connaissais toujours pas la raison de cette interrogation silencieuse mais au moins elle avait disparue de ses yeux. Je pris conscience de la fraîcheur du sol et des couloirs lorsqu'il fut agité d'un frisson. Je ne serais pas allée jusqu'à frissonner puisque je supportais très bien le froid mais je devais reconnaître que pour quelqu'un de frileux, le sol de pierre n'était pas forcément le meilleur endroit pour s'asseoir. Je m'interrogeai alors sur la raison qui l'avais poussé à s'attarder dans les couloirs frisquets alors qu'il aurait pu aller dans la salle commune où crépitait un bon feu entouré de moelleux fauteuils. Certainement le fait qu'ils soient toujours récupérés par les mêmes élèves. A croire qu'ils louaient les places à l'année. Bon bien sûr j'exagère mais vous avez compris l'idée, il était rare d'avoir une place au coin du feu, surtout en hiver, à moins de se lever en pleine nuit.
Le garçon reprit la parole et j'appris qu'il était lui aussi français, mais du côté de son père. Comme le hasard faisait bien les choses ! Je n'avais encore jamais parlé avec un autre élève français, mais ça nous ouvrait de larges possibilités de discussion. Le blondinet sembla hésiter avant de poursuivrez qu'il n'avait même pas remarqué que j'avais parlé en français. C'était possible ça ? Apparemment oui, puisque c'était ce qui c'était passé pour lui. C'était assez marrant et par son sourire gêné je compris que c'était aussi son avis. Le silence revint entre nous, tandis que je continuais à jouer avec mes cheveux. Sur quoi pouvais-je lancer la discussion ? Parce que oui, j'avais envie de continuer à discuter avec le jeune garçon. Il avait osé venir me parler, c'était donc à mon tour de faire un effort pour qu'il reste. Je savais que je le regretterais si il partait sans que je n'ai réussi à ouvrir la bouche. Et aussi que je serais incapable de lui reparler de moi même. Je doutais fortement qu'il ait envie de revenir vers moi si je restais résolument muette, c'est ce pourquoi mon esprit cogitait à toute allure pour trouver un sujet de discussion qui ait un minimum de rapport avec la situation. *Le français ? Nan ça serait bien trop vite épuisé. Je ne me vois pas discuter longtemps là dessus, je n'ai pas suffisamment de choses à raconter je pense. Les cours ? Aucun intérêt. On y passe déjà nos journées, pas besoin d'en parler en plus pendant le temps libre* Je cherchais mais chaque nouvelle idée que j'écartais me faisait perdre du temps. Comment faisaient ceux qui avaient toujours quelque chose à dire ? Avaient-ils un dictionnaire de d'idées dans la tête ? Mon regard dériva vers mon petit recueil qui reposait fermé à mes côtés. *Mais oui ! La poésie !* Après tout, il était français donc si il appréciait la poésie, peut être connaissait il des auteurs dont je n'avais jamais entendu parler ? En tout cas ça valait le coup d'essayer, surtout que je n'étais pas sûre de trouver autre chose et que le temps passait. Je tirai sur les manches de mon pull pour y cacher mes mains, avant de prendre la parole.


- Je me demandais... Tu aimes la poésie ?

Je vous l'accorde, c'était une manière assez maladroite d'amener le sujet mais je n'avais pas le courage de lancer une discussion sur autre chose pour l'amener ensuite subtilement vers la poésie. Ça n'aurait donné lieu qu'à un échange peu intéressant pour lui comme pour moi, donc à une source possible d'ennui et ça n'était vraiment pas mon objectif. De toute facon, ce qui était fait était fait, impossible de revenir en arrière. On verrait bien comment la discussion se poursuivrait. J'étais déjà contente d'avoir lancé un sujet.

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Connor s’était absenté mentalement pendant le blanc entre les deux enfants. Son esprit s’était mis à divaguer comme il le faisait si bien, en regardant le plafond. Combien de temps a pris le château pour être construit ? C’était une grosse bâtisse quand même. Connor en vint à se demander si un château peut être construit à l'aide de la magie et comment on s'y prenait si c’était le cas. Auprès de quel professeur il pourrait demander ça?

La jeune fille en face de lui le sortit immédiatement de ses pensées en lui demandant s'il aimait la poésie.
O U I. Comme toute autre forme d'art d'ailleurs. S'il devait classer les arts par son ordre de préférence, Connor placerait la peinture en premier, puis la sculpture, ensuite la poésie, la photographie, la musique, la danse etc. A peu près dans cet ordre. En tout cas, oui, il aimait la poésie. Ses auteurs préférés de tous les temps seraient incontestablement Arthur Rimbaud, Walt Whitman et Charles Baudelaire. Connor reprit donc la parole.

Oui j'aime beaucoup la poésie! J'adore devoir trouver les différents sens cachés que les auteurs dissimulent dans leurs poèmes! L'auteur que je préfère est Arthur Rimbaud, en plus il avait presque notre age lorsqu'il a écrit la plupart de ses poèmes, c'est incroyable !


Le garçon avait dit tout cela d'une traite avec un entrain a peine dissimulé. Il est vrai qu'Arthur Rimbaud avait 15 ans lorsqu'il a écrit ses premiers poèmes. Il écrivait divinement bien pour un adolescent. Connor rêverait d'avoir un talent pareil, un quelconque talent. En écriture, en peinture ou encore en chant. Le plus grand talent du petit est incontestablement sa timidité et son anxiété. Ou alors, Connor sait très bien faire des listes de choses à faire, qu'il ne suit pas car il n'en a généralement pas la motivation. C'est nettement moins glorieux qu'Arthur Rimbaud. Peut être qu'un jour il se découvrira une réelle passion, quelque chose dans lequel il sera doué.

En attendant, il restait un enfant de dix ans, presque onze, assis par terre sur un sol froid avec une camarade de sa maison dont il ne connaissait pas le nom ni les origines. Elle devait éventuellement être française, et elle devait environ avoir son age. Cela faisait peu d'informations dans les poche du petit. Serait-ce mal venu de demander à la demoiselle de décliner son identité tout de suite? Ils étaient déjà assis depuis un bon moment, il était peut être un peu tard pour adresser un "au fait t'es qui?". C'est exactement pareil que lorsque quelqu'un téléphone et au moment de décrocher la personne au bout du fil dit "salut c'est moi". On n'a aucun moyen d’être sur de savoir qui est ce "moi" et cela semble assez impoli de demander qui est-ce. A cet instant il suffit d’écouter son interlocuteur jusqu’à avoir une information capitale qui permet de savoir qui appelle. Cependant, la situation présente était légèrement différente car Connor ne connaissait pas du tout cette fille donc il n'avait aucun moyen de savoir qui elle est. A moins qu'elle soit une célébrité notoire, mais cela semblait peu probable. On ne croise pas des Arthur Rimbaud tous les jours.

Connor mit alors fin à son débat interne et prit son courage à deux mains avant de reprendre la parole doucement


Au fait tu t'appelles comment? Je me nomme Connor.

Il lui sourit. Il avait l'impression de monopoliser la conversation et c’était peu poli. Ça ne lui ressemblait d'ailleurs pas du tout de parler autant, mais se sociabiliser faisait partie des objectifs personnels que l'enfant s'etait fixé pendant sa scolarité. Il se décida donc à laisser la parole à la demoiselle.

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En voyant le visage du jeune garçon s'illuminer après que j'ai posé ma question, je compris que j'étais tombée sur un amateur de poésie. Des étoiles plein les yeux, il m'apprit que son auteur préféré était Arthur Rimbaud, un poète français dont je ne connaissais qu'un seul poème, figurant dans mon recueil : Le dormeur du val . Poème qui ne faisait d'ailleurs pas partie de mes préférés, à cause de son thème assez glauque, bien que je reconnaisse sans problème que le style soit très beau. Cependant ce que je ne savais pas, et que le blondinet m'apprit ensuite, c'était que l'auteur était à peine plus vieux que nous lorsqu'il avait écrit la majorité de ses poèmes. Rimbaud avait un véritable don, c'était indéniable !
Pendant que je m'exctasiai intérieurement sur le talent du poète, le silence s'installa de nouveau entre nous. Je me rendis compte que je n'avais pas répondu à mon camarade, mais il était un peu tard pour le faire. Je ne voulais pas avoir l'impression de réagir complètement en retard, ce qui aurait pourtant été le cas en fait. Je me plongeai donc dans la contemplation du mur de pierres froides. Combien d'élèves étaient-ils passés dans ce couloir ? Combien avaient regardé la pierre que je fixai à cet instant ? Certainement un très grand nombre étant donné que Poudlard était une vieille école de magie et qu'elle accueillait chaque année de nombreux nouveaux élèves. Tous ceux ayant foulé ce sol avaient une histoire différente, un caractère spécial, une façon de penser unique. Et pourtant, ils avaient tous un jour ou l'autre atterri ici. Peut être même que ma mère s'était un jour assise à l'endroit où je me trouvais ?
Mon esprit était parti très loin, et ce fut la voix douce du garçon qui le ramena dans le couloir. J'entendis la fin de sa question, puis son prénom, que j'avais été incapable de retrouver. Connor, il s'appelait Connor. Un prénom assez simple, que j'aurais pu retenir si j'avais été plus attentive, mais très beau. Cette fois ci, je répondis au petit blond. Tout d'abord parce qu'il aurait été malpoli de ne pas lui répondre deux fois de suite, et deuxièmement parce qu'il m'avait posé une question et que la moindre des choses était d'y répondre.


- Je m'appelle Solwen, je suis en deuxième année à Serdaigle. Il me semble que je t'ai déjà vu en salle commune non ?

Ou alors je me trompais complètement, et auquel cas je venais de l'afficher ouvertement. Mais tant pis. Si j'avais bon, ça voulait dire que je portais quand même un minimum d'attention à ce qui se déroulait en salle commune, bien que ça ne soit pas toujours chose aisée avec l'agitation qui y règnait. Par contre, si je m'étais loupée cela signifiait que je me faisais des films. Au pire du pire, j'aurais réussi à lancer la discussion, c'était toujours ça de pris.

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Solwen était donc le nom de la petite Serdaigle. Elle enchaîna ses présentations par une question, elle se demandait si elle avait déjà croisé le garçon dans la Salle Commune. Cela était très probable vu qu'ils étaient de la même maison, mais d'un genre différent. Donc ils n'auraient pas pu se rencontrer dans les dortoirs. Apres, elle l'avait surement déjà croisé dans les couloirs, la Bibliothèque ou la Grande Salle car ce sont des lieux peuplés par les élèves de toutes les maisons. De toute façon, peu importait sur le fait d'où elle l'avait croisé et Connor supposait presque qu'elle avait dit ça pour alimenter la conversation, ce qui était tout à son honneur ! Connor lui répondit en commençant par hausser les épaules et avec un sourire :

Oh oui tu m'as surement vu auprès du feu comme c'est environ mon endroit favori de l’école.

Connor entreprit juste après sa phrase de réfléchir à ce qu'il pourrait raconter ensuite. Ils pourraient parler des cours, mais ils n'ont pas les mêmes puisque Solwen est en deuxième année. Ils pourraient parler des excellents repas disponibles dans la Grande Salle ou encore du fameux sujet de la pluie et du beau temps. Ils pourraient parler poésie mais Connor serait vite à cours d'anecdotes. Ou alors parler de la survie des licornes et centaures vis a vis de la déforestation, qui était un sujet vraiment très important mais peut être un peu trop politique pour une première rencontre.

Le petit réfléchit encore quelques minutes à ce qu'il pouvait dire en se remémorant tout ce qu'il s’était passé depuis qu'il était arrivé dans ce couloir. Donc il avait entendu Solwen parler et avait pensé qu'elle s'adressait à lui, ensuite il entendit qu'elle récitait juste un poème, de Paul Verlaine lui apprit-il, qui était apparemment en français. Tiens donc mais du coup il pouvait éventuellement échanger sur le français et le pourquoi du comment que la petite parlait français. Connor avait assumé qu'elle était française mais si ça se trouve elle avait appris la langue car cela l’intéressait ou que sais-je encore. Connor reprit donc la parole avec sa nouvelle petite idée en tête : 

Et du coup comment as-tu appris le français? 

C’était un début de conversation, après tout. Et inutile de vous rappeler que Connor n'est pas très doué à l'origine avec les relations humaines hormis celles avec sa famille proche, donc pour lui c’était un sacré effort qu'il faisait de rester là, assis sur un sol froid, avec une fille qu'il ne connaissait pas. Sans mentionner le fait qu'il est allé de lui même lui parler, on pourrait presque cocher en une seule paire de minutes toute la partie sociabilisation de sa liste de résolutions de l’année scolaire.

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Après une rapide inspection de mes souvenirs, je crus en effet avoir déjà aperçu le petit blondinet dans un fauteuil près de la cheminée. Puisque c'était l'une des places les plus convoitées de la salle commune, cela ne m'étonnait qu'à moitié. Cependant, cela fit naître une question dans mon esprit : Si le coin du feu était son endroit favori, cela signifiait qu'il appréciait la chaleur des flammes non ? Dans ce cas, que faisait-il assit en ma compagnie sur un sol de pierres glacées par ces froides journées ? Ce n'était certainement pas ma simple présence qui lui réchauffait le coeur, et je l'avais vu frissonner quelques minutes auparavant. Peut être avait-il froid ? *Solwen arrête de t'inquiéter pour tout le monde tout le temps ! Il est grand, si il a froid il s'en ira* Rappelée à l'ordre par ma conscience, je me forçai à concentrer mon attention sur quelque chose d'autre, mais mon esprit me semblait vide. Et ce vide était irrémédiablement attiré par les pierres formant le sol et les murs. Vraiment passionnant en somme. J'aurais pu me renseigner sur les passions ou les goûts de Connor, assis devant moi, mais non, je préférais me demander combien de pierres constituaient le château. J'avais décidément encore des efforts à faire pour atteindre le niveau de sociabilité de certains. Mais, au fond,  est ce que je voulais vraiment l'atteindre ? Est ce que cela faisait vraiment partie de mes buts dans la vie d'avoir tout Poudlard pour ami, au point de ne pouvoir passer du temps avec chacun chaque jour ? Maintenant que j'y réfléchissais, non. Ce que je voulais, c'était m'entendre avec les gens, de Serdaigle comme des autres maisons, tout en gardant des relations privilégiées avec certains, ceux qui étaient ou seraient mes amis. Oui c'était exactement ça.  Privilégier mes véritables amis, quelles que soient les circonstances, quitte à un peu délaisser les autres, ceux qui n'avaient pas plus que cela besoin de ma présence.
C'est fou comme un simple mur peut m'emmener vers des réflexions intenses, et sans rapport aucun avec le point duquel elles étaient parties, tout comme la voix d'un jeune garçon peut me ramener à la réalité rapidement. Je mis quelques instants avant de tourner mon regard vers le petit Serdaigle, et quelques secondes s'écoulèrent entre sa question et ma réponse. Son interrogation n'était pas complexe ni rien, mais elle exigeait un minimum de concentration que mon esprit répugnait à offrir, absorbé qu'il était dans mes futiles réflexions sur l'amitié.


- Ma mère est française et elle parle pas mal sa langue natale à la maison, donc je l'ai assez rapidement apprise. Je fais encore des fautes quand je parle ou que j'écris, mais j'essaye de m'améliorer en lisant le plus possible en français.

Sur ces mots, je lui désignai d'un vague geste de la main mon recueil de poèmes, posé à mes côtés. La plupart de mes lectures françaises m'étaient envoyées par ma mère par hiboux, à raison de un voire deux livres par semaine, que je lui renvoyais une fois terminés, puisque je tenais à conserver un minimum de place dans ma valise pour le trajet du retour.

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