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Vésanie d’un Cristal au Plomb  LIBRE 

[PRÉCÉDEMMENT]


[ 14 NOVEMBRE 2042 ]
Charlie, 13 ans.
2ème Année




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Toi, tu n’as pas peur de moi.

Tu m’as tuée, comment tu veux que j’aie peur ?


Je peux pas penser à autre chose…

                                         …                                         


Pardon…

Ferme ta gueule. J’veux plus jamais t’entendre.








*Je t'aimerais toujours Charlie*. Je touchais mon Cristal. Sa douceur et sa sueur. Sa chaleur de malheur, dans ces flammes de bonheur. Ses pieds nus qui caressaient le sol sans bruit, sa main soudée à la mienne. Ma sueur se mélangeant à la sienne entre nos paumes serrées, une galaxie était cachée là-dedans ; je sentais sa révolution dans le clapotis de ses larmes. Ses Larmes. Des larmes qui, pour la première fois de ma foutue existence, m’avaient fait voler sur le sol. Je ne me sentais pas légère, au contraire, bordel, j’étais lourde de Ses larmes ; je me sentais protégée par elles. Ses Larmes pouvaient me protéger contre tout, même contre nous-mêmes ; même contre notre propre galaxie qui suait entre nos paumes. Elle frappait, notre galaxie, et le cristal si lourd qui pesait en moi m’obligeait à jeter mes jambes de toutes mes forces. Rien ne pouvait m’empêcher de courir, de tracer, de galoper, de galoper si vite ! Yuzu me tenait ; où que j’aille, elle me suivrait. Alors j’étais libre ; je pouvais courir partout bordel ! N'importe où ! Elle était avec moi ! L'espace n'importait pas. Est-ce que c’était important ? Je me retournais vers elle, juste pour laisser ma poitrine fondre, encore une fois. Et son sourire me faisait mal. *Pourquoi tu souris ? Hein ?*. Pourquoi toi, Yuzu ? *Pourquoi tu ME souris ?*. J’aimais la douleur que son feu provoquait. J’aimais me sentir fondre, j’aimais voir ses cheveux claquer dans l’air par ma force ; par l’attraction de notre galaxie. Par le frottement de ce qu’elle appelait un « manque de courage ». J’aimais savoir que j’étais son courage, que je la tirais vers moi ; que je l’aimais. J’aimais l’aimer, et je l’aimais m’aimer.

*Alors… Pourquoi ? Hein ? Pourquoi tu m’aimes ?*. J’étais beaucoup de choses, mais j’étais surtout Moi et personne d’Autre. Pourtant, parfois, j’étais Yuzu, quand je me perdais si intensément dans son regard d’onyx ; et le foutu clown était toujours là.
Je tirais sur la main que je serrais si fort, elle glissait sous ma force ; je l’alpaguais à nouveau, frappant son cristal de ma peau de merde, de ma pulpe trop sombre. Elle ne me fuirait plus, je ne la laisserai plus jamais faire.
Le clown était là, toujours. Au fond de ce noir, de cette pièce, là-bas, à droite, je le voyais. Ça avait tellement changé depuis la première fois où je l’avais vu ; maintenant, il me détestait, il me haïssait de toute ses forces, son regard était flippant, il puait la mort. Mais je ne cillais pas, parce que j’aimais Yuzu, et je restais plantée là pour elle, suant de mon être. Le clown était là, lui aussi, il comprenait que j’étais un danger pour lui, il comprenait qu’il était si ridicule quand je le regardais. Lui me regardait aussi, avec son regard flippant ; il bavait, il avait la bouche tordue si fort que ça ne ressemblait même plus à un rictus, c’était une malformation dégoutante. Il était à moitié avalé par le mur, son corps était tranché en deux, il était bloqué ; je le paralysais, je le tétanisais. *Moi aussi Yuzu… Mais…*. Il paraissait si ridicule, si féroce pendant qu’il était en train de crever. Je voyais que toute sa puissance gargouillait avec discordance, s’échappait pour tenter de m’attraper la gueule. *J’ai tellement peur de t’aimer pour toujours*. Le Clown-Fanfaronnant ne fanfaronnait pas en face de moi ; il devenait un meurtrier, un sale assassin. Il ne pouvait pas m’avoir, il ne pouvait pas aller contre l’Attraction de sa paume. Il ne pouvait pas aller contre son réceptacle : Yuzu. La galaxie gonflait, prenait de la place dans l’espace si confiné entre nos deux paumes. C’était si dense. *J’veux pas crever une troisième fois*. J’aimais cette densité si contractée. Ouais, j’étais Moi et personne d’autre. Je détournais le regard de ce clown, le laissant écumer dans sa propre salive ; son spectacle de merde coulant à travers sa bouche ouverte, son regard fou, sa vie si raccourcie par ma présence. Je tirais sur notre galaxie, je frappais avec mes jambes ce château que je voulais voir en miettes ; je pouvais le briser avec la puissance du cristal qui mélangeait sa sueur avec la mienne, son désir au mien. Si Lourd, ce Cristal. *J’ai déjà eu si mal, Yuzu...*. Je me sentais assez forte pour le détruire, mais je n’en avais plus l’envie ; je m’en foutais du château. Yuzu m’aimait parce que je lui montrais qui j’étais.

Je volais dans les couloirs avec mon poids si lourd. La gravité ne pouvait rien faire contre moi, même si je pesais des tonnes ! Yuzu était plus forte que la gravité elle-même. Elle inversait tout, rendait cette course dans Ses larmes si belle. Pourquoi m’arrêter ? Je n’en avais pas envie. Courir, bordel, courir ! Courir avec elle ! Courir jusqu’à mourir ! *Mais j’vais essayer. J'veux au moins essayer*.

J’ouvris la porte de mon Antre du deuxième étage, je fis voler mon corps à l’intérieur ; mon Cristal contre ma pulpe glissante. Je me retournais vers ma galaxie, je lâchais cet espace si confiné qu’on avait partagé pour l’éternité et je m’approchais de son visage. Mon regard contre le sien, si proche que je pouvais sentir son essoufflement contre mon front ; frais, doux. Si fragile. Elle était si belle.
Je savais. Je pensais comprendre. Yuzu m’aimait parce que je l’aimais bien trop fort pour que ça soit autrement. *Oh ouais… J’veux essayer de t’aimer pour l’infini*.

Toi, tu ne me feras jamais de mal ? Pas vrai ?

Les larmes d’onyx dansant à l’orée de mon intimité, à l’extrémité de mes souvenirs doucereux, je revoyais le Clown-Fanfaronnant. Qui ne fanfaronnait plus du tout.


Premier post réservé, le reste est libre.

Je... Oh... Je... J'ai de la Chance ; et la plus Abyssale qui Soit.

Vésanie d’un Cristal au Plomb  LIBRE 

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Des mouvements si volatile. D'une légèreté elle se laissait emmener. La répétition des pas sur le sol, le froid des dalles de pierre, la tension de son bras la guidait. Seule, accompagnée, Yuzu s'en foutait, bloquée dans un présent bien trop important, elle profitait. Chaque foulé était une source de saveur. Que voulait elle lui montrer ? Impossible, si imprévisible... Comment prévoir une chose hors de conscience ? Rien est à porter et pourtant tout semble si près. Le bandeau sur ses yeux glissaient, il s'envola malmené par l'air chahuté, pour finalement, se déposer lentement sur ce plancher gelé. Les cheveux de la japonaise voletaient d'un mouvement légèrement ondulant, ils caressaient comme une brise, les mains liées des deux enfants. Le doux parfum laissé dans une trainée fleurie des notes d'un pays lointain aux allures méconnue. Yuzu coincé dans un présent éphémère souriait, loin de ses pensées, elle profitait avant la fin. La fin d'un voyage trop court, une exploration dont elle connaissait tous les alentours. Quelque chose avait changé, par coeur elle connaissait les recoins de cet univers et pourtant elle semblait découvrir les couloirs pour la première fois. Un nouvel élément dans le décor, une âme profonde enfouie comme un trésor. La japonaise vivait, en dehors du noir de ses pensées, porté par cette âme loin de ce monde infâme.


Le futur rattrapait le présent lui-même ensevelit dans le passé, tout venait de s'arrêter. Plongeant son regard dans celui de son amie, Yuzu attendait. Si proche, son souffle effleurait le front de cette âme. *C'est donc la ?*. La japonaise sentait la chaleur du corps de sa partenaire. Une chaleur de lave se mélangeant à son volcan. Dans une fusion de magma elle observa.

Toi, tu ne me feras jamais de mal ? Pas vrai ?

*Comment je...* Yuzu observa cette galaxie en dérive. Son regard empli d'empathie, elle serra celle-ci avec envie. L'étreinte était à la fois forte et délicate. Passant son regard derrière l'épaule de Charlie, elle remonta légèrement les manches de sa robe pour y admirer ses poignets jadis endolorie. *あなたを守るために自分を守る必要がありますか* Une larme perlant le long de son visage, elle fit redescendre ses manches le long de sa peau. La japonaise mit les mains sur les épaules de Charlie puis la fit légèrement reculer. Laissant ses mains s'effleurer long de ses épaules, elle déposa ses paumes chaudes sur les joue de son amie. Utilisant son pouce elle sécha les larmes dansante de Charlie, puis d'un mouvement l'invita à s'asseoir en seiza avec elle. Sans jamais quitter son regard, ses yeux étaient remplies de confiance. Le passé revenait à la charge bousculant le présent pour s'inscrire dans le futur. Elle articula lentement.

- Jamais

La temporalité écrasée par la gravité des astres, Yuzu caressa les pommettes brunes de ses doigts clairs. Ses lèvres se rapprochèrent de son front et dans un souffle léger, se posèrent sur celui-ci. Fermant les yeux elle profita de cet instant ralentis. L'asiatique reprit sa position puis, délicatement les mains de Charlie et les serra paume contre paume.

- Je redeviendrai forte, comme avant, je te le promets...

Yuzu se releva avec légèreté. Le monde perdait de sa noirceur. Nostalgique elle perdit son regard dans les limbes de la pièce. Se remémorant les bons souvenir auprès de son père et de sa mère, elle sourit d'une manière sincère. Les clefs de ses réponses étaient devant ses yeux, juste là. Un tourbillon d'émotion s'entrechoquait dans un espace trop petit, un réceptacle, le corps d'une enfant qui semblait vouloir s'échapper. La pression était trop forte, le réceptacle céda. Yuzu se laissa tomber sur le dos observant le plafond. Comme pour attraper le ciel elle tendit le bras, un léger rire nerveux se fit entendre. Se changeant en rire joyeux. La japonaise se releva d'un mouvement rapide. Attrapa la main de Charlie et sorti sa baguette.

- Flambios

Pointant le sol devant elles, une marque de feu commença à se dessiner. Légèrement crépitante les flammes vacillante, commencèrent à former un écriteaux.

- C'est l'emblème de ma famille...

La main de Yuzu se resserrait sur celle de son amie. Elle sentait les aspérités de la peau, la sueur et la délicatesse à travers. Les yeux fixant le symbole qui était inscrit sur la poitrine de la japonaise... Fut un temps.

- L'équilibre, donne puis reprend... On m'a toujours dit qu'aussi loin je pouvais voir c'était une loi impossible à contourner... Mais j'ai toujours aimée croire le contraire. Que le destin n'existe pas et que nous sommes libre de choisir. Je n'ai jamais eu la sagesse de mon père... Mais j'aime croire que celui-ci avait tort. Il y a bientôt un an que l'équilibre a repris mon père... mon frère... Aujourd'hui... je... ma maison sera toujours ouverte pour toi.

Elle se retourna vers son amie puis la serra dans ses bras.

- Tu pourras toujours tout me dire, me montrer... Je ne te ferais jamais de mal. Je t'aime Charlie.

Code couleur : #469277
*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !

Vésanie d’un Cristal au Plomb  LIBRE 

Mon souffle était trop fort dans mon crâne, pourtant il était si lointain. Il m’assourdissait de son éloignement. Je sentais une partie de mon corps se gonfler — ça devait être ma poitrine d’après la douleur — puis se dégonfler ; je m’en foutais. Seule la Galaxie m’importait, et elle serrait l'espace entre nos paumes, ma Galaxie. D’une force que j’adorais, ça ne pouvait pas être plus parfait. Si fort, si tendre. *Tellement douce*. Mes yeux voulaient se fermer, je ne comprenais pas pourquoi, alors je les obligeais à rester ouverts ; ces traîtres. Ma Galaxie bougeait, elle agitait ses étoiles sous mes yeux et ma tête se pencha pour voyager vers elles. Les manches levées, je voyais les deux petites étoiles de Cristal, avec leurs anneaux de Douleur ; invisibles ces foutus anneaux, mais ils étaient bien là. Je les voyais. *J’les vois Yuzu ! Tu peux pas m’les cacher abrutie…*. L’agitation se calma, et les manches s’écroulèrent pour me renvoyer vers le cœur du Cosmos. Ma tête se releva ; et ses mains m’atteignirent.

À travers ma robe, ses doigts me brûlaient les épaules. Robe de merde, si je l’avais retirée, elle m’aurait brûlé encore plus fort. *Yuzu…*.

Mon visage cramait, pas besoin de virer ma robe, ma Galaxie avait compris, ses doigts dansaient sur mes joues, filaient en trainées mouillées ; la présence de mes propres larmes me frappait, elles m’avaient échappées. Ce n’était pas grave, j’étais avec mon Cristal. Mes yeux séchaient et les larmes fuyantes coulaient sur la surface cristalline, si dure ; si douce. Je me baissais vers le sol. Depuis quand ? Depuis toujours ; je me baissais vers Yuzu, je n’avais jamais arrêté de me baisser vers elle. Depuis le premier jour, depuis le premier foutu instant où elle m'avait regardé sans me voir. Elle avait tellement changé depuis ce jour où elle s’en foutait de moi ; pendant que moi, je n’avais pas changé. J’avais toujours eu envie de la connaître sans rien savoir, toujours eu envie de lui parler sans rien dire ; elle était là, et c’était beaucoup trop. Alors que je sentais ses brûlures sur ma peau fragile, je comprenais qu’elle était mon amour dans ma haine. J’avais tellement de Haine en moi, j’en serais devenue folle. Je l’aimais autant que mon père ; mon Amour. « Jamais ». *Jamais*. J’entendais ma respiration, elle crissait.

Elle accélérait. « Han… Han… ». Yuzu rapprochait notre Galaxie. Ses doigts raclaient ma sensibilité, ses lèvres creusaient ma culpabilité. Mes yeux se fermaient. Mes forces m’abandonnaient, j’avais envie de dormir, de m’écrouler contre elle et de rester comme ça ; entendre sa chaleur, toucher sa voix, goûter ses larmes.
D’autres mots hypnotiques s’élevèrent, des mots qui voulaient hurler, se déchirer de la bienséance et du calme. *Hurle, j’t’ai jamais entendue hurler !*. Mais c’est mon esprit qui hurla.

Mes yeux s’écarquillèrent, le contact de nos sueurs avait glissé jusqu’à l’abandon. Paniquée, je levais la tête vers ma Galaxie qui s’était pris une collision souriante. Pourquoi est-ce qu’elle souriait ? Pourquoi est-ce que j’étais plantée là, contemplant son visage trop dur ? J’allais me lever aussi brusquement qu’elle, mais c’est l’inverse qui m’accueillit. Mon Cristal retombait vers moi, et j’eus tellement peur qu’il se brise que mon corps se figea ; dans l’attente d’un horrible bruit de cassure. Elle tombait doucement, trop lentement, pendant que je gravais chaque détail dans mon crâne ; je voulais lui arracher un reflet avant la Chute.

Le Cristal rebondit à mes pieds, sans cassure, sans douceur. Une violente retombée ; discordante, brute, qui n’était pas digne de Yuzu. Elle n’était jamais brute avec moi. *Tu veux pas hurler ?*. Elle était sûrement en train de penser aux Autres, ceux qui la rendaient violente. À travers sa transparence, je pouvais voir leurs tronches d’abrutis.
Le regard au plafond, mon Cristal s’amusait pendant que je me torturais. Un profond désir de savoir à qui elle pensait lévitait dans ma conscience, sans pour autant être une obsession. Ses doigts palpaient le vide du tout, et sa bouche chantait le désir du plein. Entre ses lèvres, des dents rieuses, insolentes, torturantes. En cet instant, Yuzu m’oublia pour quelqu’un d’autre, peut-être sa sœur que je ne supportais pas. Ça aurait dû m’énerver, mais je ne ressentais aucune colère ; je regardais ma Galaxie à la dérive en clignant des yeux un peu trop souvent. J’étais son observatrice, et j’avais appris à ne pas la déranger quand elle pensait à autre chose, même si je n’aimais pas ça. Ce que j’aimais, c’était la voir concentrée sur moi, moi seule, son…
Son contact brisa toutes mes pensées. Le monde tournait alors que je cherchais son Noyau. J’étais bien, la chaleur de ses doigts me surprit une seconde avant que je puisse l’imprégner.

Flambios.

Détourner mon regard de l’Onyx était insupportable, je détestais ça — surtout en ce moment — mais je le fis quand même pour faire plaisir à mon amie, pour regarder cette autre chose qui avait volé ma place en elle pendant un temps.
Elle chuchotait presque, alors que le signe en face de mes yeux prenait vie. Le feu se pliait face à ma Galaxie, et je sentais l’écho de ces flammes dans ma poitrine ; c’était Ses doigts ou Son être ? Ma main plongeait brusquement dans la perfection, emmurée entre la force et la douceur de Yuzu ; unique. Le signe de feu était insupportable, puisque je voulais uniquement le regard d’Onyx. Ma tête se tourna.

De la pitié ? Ouais, c’était ce qui me trouait le corps. Exactement comme ce rat que je n’avais pas réussi à achever dans un coin de Whitechapel ; il m'avait fait tellement pitié à me fuir alors que je voulais juste l’aider. *Tu…*. Je la trouvais foutrement belle en ce moment, et je ne savais pas pourquoi — de tous les moments — c’était celui-ci qui me poussait Sa beauté dans la gueule.
Elle ouvrit la bouche, mes yeux tombèrent dans ses lèvres et remuèrent avec elles. De tous les moments, je ne comprenais pas pourquoi en ce moment précis, plus je la regardais, plus son visage brillait dans mon crâne. *Mais à part tes cheveux…*. À part ses cheveux, son visage était normal, alors pourquoi ? Une pensée vola vers Papa. *Pourquoi t’es si belle maintenant ?*. HEIN ?!

Je sentais mes traits déformés, tout mon visage puait l’incompréhension. Et ma Galaxie brillait si fort !
J’entendais la mort, la déception, le doute. Ma Galaxie brûlait tant, et c’était pour ça qu’elle arrivait à me cramer si facilement. Je comprenais. Elle brûlait ! Et son feu était si beau. Elle parlait sans dires, je Savais déjà, elle m’avait assez brûlé pour que je comprenne tout. J’aimais ce moment où tout allait si vite, où ma cervelle avait du mal à suivre ; l'Onyx m'alpagua.

Mon souffle s'accéléra, si vite. Elle s’avança vers moi, son bleu de corps m’aveuglant. Ce bleu si léger sur elle, me donnant l’impression d’être juste posé ; pour moi. Ouais, c’était pour moi, je m’en rappelais. Je ne l’avais jamais vue se balader avec une telle robe devant les Autres ; c’était pour moi. L’Onyx était si proche, il m’enlaça. Mes bras ne répondaient plus, je les oubliais pour me concentrer sur la robe contre moi, sur moi, avec moi. Contre mon épaule, sa voix m’arracha un frisson, et son contenu m’arracha la poitrine. Son feu s’alluma encore une fois, mais cette fois-ci, il était en moi, elle de moi.

*Non, tu me f’ra jamais d’mal*. Je le savais, j’en étais sûre. L’entendre était une certitude flamboyante, le sentir dans mon corps était une sensation miroitante. *Bordel*. J’étais en train d’étouffer. D’un mouvement brusque, je me dégageais des bras de ma Galaxie.

Respirant difficilement, je me rendant compte que je crevais de chaud. J’avais envie de sauter dans tous les sens pour me débarrasser de cette chaleur, de la faire voler bien plus haut que moi, bien plus brillamment que le monde.
Mon regard planté au sol se releva vers Yuzu, vers son Noyau d’Onyx.

C’t’explosion… murmurais-je en posant mes mains sur son visage si blanc, si transparent.

Je me sentais coupable de l’avoir repoussée alors qu’elle venait juste de me chuchoter des mots brûlants. C’était de sa faute ! Ses mots étaient trop écrasants ! C’était de sa faute…
Mes lèvres s’étiraient en un sourire incontrôlable, alors que je pensais à mon polaroid que j’avais laissé dans ma valise au fin fond de mon dortoir, cinq étages plus haut. « T’es belle ». C’était dommage, j’aurais tant aimé la prendre en photo avec cette robe ; et garder ce moment sur moi, dans le revers de ma robe, comme un Trésor. Mon visage se tordit. J’avais déjà eu d’autres Trésors, avant. *Casse-toi*.
Clignant des yeux, l’Onyx me frappa comme un rappel. Ouais, il était là, je le voyais ! La chaleur était passée, noyée dans la lave de mon crâne ; je m’approchais de ma Galaxie, c’était à mon tour de la cramer.

Mes bras s’enroulaient autour de son grand corps, alors que mes mains se posaient avec réticence sur son dos nu. C’était dur pour moi, j’avais l’impression de toucher un endroit interdit. Pourtant, c'était bien elle qui m’avait autorisé.
Mes doigts étaient posés, et je touchais la ligne plongeante, le gouffre de son dos. Sa forme si dure, si taillée me plaisait ; je fermais les yeux, me concentrant uniquement sur la pulpe de mes mains. « J’suis ton courage. Et toi, t’es mon… ». Elle était beaucoup de choses, tout en n’étant pas bien d’autres choses. « Ma… Bon Dieu… ». Je renforçais mon étreinte, par peur de ne pas trouver mes mots, et non pas par peur de ne pas parler. « Yuzu, je… Tu… ». Est-ce qu’elle avait besoin que je parle ? Ouais, foutrement ouais ! C’était avec bien mes mots qu'elle me comprenait. « Si t’étais pas là. J’aur… J’ai chaud ». Mes doigts ne caressaient plus son dos, ils étaient crispés et je sentais mes ongles s’enfoncer dans sa peau. Je ne voulais pas lui faire mal ; jamais. J’enfonçais ma tête dans son épaule, mes yeux s'étaient fermés, totalement secs, je savais ce que je voulais lui dire. Comment est-ce qu'elle arrivait à être si douce ? « Ça s'rait bien qu’on vive ensemble ».

Mes doigts hurlaient de douleur.
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Je... Oh... Je... J'ai de la Chance ; et la plus Abyssale qui Soit.