Couloirs

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 RPG+  Sur le chemin de la compréhension  PV 

11 mars 2043


Les couloirs, Norma s'y était habituée. Tant qu'elle prenait garde à emprunter les mêmes chemins, elle n'avait aucun problème pour s'y retrouver. Non, ce à quoi elle ne s'était toujours pas acclimatée, c'était les personnes qu'elle y croisait. Il n'y avait rien à faire : elle avait toujours l'impression d'y voir des personnes différentes. De parfaits inconnus. Les élèves de première année, encore, ça allait. Comme elle allait en cours avec eux, elle se souvenait de la plupart des visages. Les autres, par contre... Même les "figures importantes" comme les préfets ou les joueurs de Quidditch, elle n'était pas certaine de pouvoir les reconnaître. À part Lyn, bien sûr. C'était sûrement pour ça, pensait-elle, qu'elle se sentait encore perdue à Poudlard. En plus, elle avait toujours peur de s'adresser à quelqu'un à qui elle aurait déjà parlé sans s'en souvenir, alors, la plupart du temps, elle préférait ne parler à personne. Même si, en ce moment, elle en avait besoin. La mort d'Adèle l'avait plongée davantage dans sa solitude, malgré la nécessité de se lier avec de nouvelles têtes.

Les deux premiers jours, on aurait pu croire que sa discussion - ou plutôt sa dispute - avec Violette l'avait réveillée. La deuxième année lui avait arraché la promesse de se faire des amis et Norma avait sincèrement essayé. Mais c'était tellement plus simple de se laisser couler. À onze ans, se faire des amis dans une école, surtout au mois de mars, lui semblait la chose la plus compliqué au monde. Pour ne rien arranger, la serdaigle continuait à être en colère contre tout et tout le monde, même si elle parvenait à l'étouffer. Cependant, elle avait la sensation qu'à la moindre étincelle, elle pouvait exploser. Cela lui faisait aussi un argument de plus pour fuir toute sociabilisation. 

C'était pour toutes ces raisons qu'elle préférait emprunter les couloirs quand il n'y avait pas trop de monde. Et justement, un mardi à la première heure, ils étaient vides. Un de ses professeurs avait dû annuler son cours pour quelques obscures raisons et Norma avait vite fuit la salle de classe. Si aucun camarade ne lui avait jamais proposé de passer une heure de libre avec lui, elle préférait toutefois prendre les devants. Au fond d'elle, sans réussir à se l'avouer, elle espérer qu'un autre élève la rattraperait et l’inclurait immédiatement dans son groupe d'amis. Mais qui ? Elle ne connaissait personne... et elle préférait éviter toute nouvelle déception.

Elle aimait bien ce couloir du deuxième étage parce qu'il n'y avait aucun tableau figuratif. Aucune personne, réelle ou peinte, pour être le témoin du néant de sa vie sociale.
Sauf que non : une personne en chair et en os allait justement croiser son chemin.

Deuxième année RP
La parfaite Poudlardienne (Animation des PeC de novembre 2017)

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Affreusement désolée de ce retard, cela ne se reproduira plus.

- Passe moi le jus, s'te plaît.
- Non.
- Allez ! Vite, j'en ai besoin avant les cours. 
- Tant pis pour toi, tu devras m'attendre.

Toujours cet air joueur et taquin entre eux. Cela ne s'arrêtait à vrai dire jamais, ce qui faisait rire toute leur joyeuse bande, et ils étaient d'ailleurs un peu tous pareil. Cependant, même si en règle générale elle appréciait ces moments malicieux entre eux, cela agaçait parfois Mad qui aurait apprécié un peu de sérieux avec Duncan, comme elle avait déjà pu avoir par le passé avec Audric ou Elijah par exemple, sachant que ce dernier était loin d'avoir un caractère paisible. Bien sur, il n'était pas tout le temps souriant, amusant ou espiègle, il fallait le dire et l'admettre, mais il se mettait rarement dans cette situation et cela n'était donc qu'en cas de force majeure. Là était le problème que, ce matin, la Deuxième Année n'avait pas la moindre envie de rire : une nouvelle lettre lui était parvenue ce matin même, d'Argentine. Elle ne lui en avait pas parlé, pensant que ça ne le regardait pas, mais le résultat était donc dur : il faisait comme si de rien n'était. Autant dire que cette attitude agaçait particulièrement la jeune fille, mais qu pouvait-elle lui reprocher, sachant qu'il était un simple ignorant de la situation ? Rien, et cela tirait d'autant plus sur ses nerfs déjà fragilisés.

- J'ai pas envie. 

Mad se leva alors, ne prêtant pas attention à l'air ahuri de Duncan ou aux bouches bées des autres. Elle n'était pas vraiment d'humeur à se soucier de leur bien être et de leurs émotions et s'en alla donc, les laissant derrière elle. Elle tenta alors de se rappeler quel cours elle avait puis réalisa qu'elle n'avait aucun apprentissage ce matin : les Gryffons de Deuxième Année (enfin, ceux qui n'avaient pas cours plutôt) avaient en effet décidé de se retrouver dans le Parc après leur petit déjeuner de bon matin, dans l'herbe encore fraîche de la rosée. Cependant, après les quelques minutes qui venaient de s'écouler, il était évident et compréhensible que la jeune fille n'avait pas la moindre envie de les rejoindre. Elle commença donc une ascension des marches de l'escalier, et s'arrêta au hasard au Deuxième Etage, un endroit où il n'y avait aucun tableaux. Ainsi, elle pourrait laisser échapper sa colère qui se métamorphoserait en tristesse sans le jugement des Yeux du Monde. Loin de toute personne ou personnalité.

Elle commença donc à pénétrer dans le long couloir sombre et interminable et sortit peu à peu la lettre qu'elle avait fourré en hâte dans sa poche. Sa main tremblait, son corps était pris de soubresauts. Cette sensation. Horrible. Elle aplatit l'enveloppe qui présentait de multiples pliages et en sortit le papier jauni. Elle l'avait déjà parcouru des yeux et ne se sentait pas prête à revivre l'expérience. Jamais. Elle prit donc une décision assez radicale et tenta de murmurer, de sa voix frêle et abîmée par l'émotion :

- Incendio.

Une étincelle jaillit de sa baguette et vint délicatement se déposer sur le papier qui s'embrasa paisiblement. Les mots se déformèrent peu à peu pour se noircir et en devenir illisible.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

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Norma avait pris l'habitude d'être sur ses gardes dans le château - surtout quand elle souhaitait y être tranquille. Le murmure prononcé non loin de là, suivi d'une légère odeur de brûlé, ne lui échappa pas. Elle se stoppa net, le sang glacé. L'école était-elle en proie à un pyromane, un maniaque des flammes qui adorait regarder flamber les bâtiments remplies d'écoliers innocents hurlant de terreur ? Puis elle se souvint qu'elle était à Poudlard, une école dirigée par l'effrayante mais talentueuse Ms Loewy, gardée par le non moins effrayant fantôme de Rusard, et dont les enseignants étaient tous de brillants sorciers. Elle ne risquait rien du tout. 
Pas vrai ?

La serdaigle n'avait pas atterrit dans la maison Gryffondor pour une très bonne raison : elle n'était pas du tout courageuse. Cependant, elle prit l'énorme risque d'aller voir de plus près qui avait murmuré. Elle avança dans le couloir, tenant fermement sa baguette, le cœur battant à tout rompre. Arrivée au croisement, avant de tourner, elle se remémora tous les sortilèges appris en cours avec le professeur Holloway. Lashlabask. Rictusempra. Gonflus. Bon, ce dernier ne lui serait sûrement pas très utile dans une situation de combat contre un sorcier expérimenté. Elle se concentra sur le premier, qu'elle avait mieux maîtrisé que les autres en cours. Norma prit une profonde inspiration puis s'engouffra dans le croisement. Une silhouette se trouvait à quelques mètres, quelque chose d'enflammé dans les mains. C'était dangereux. Non seulement elle pouvait se les brûler, mais en plus, des braises pouvaient très bien voler et enflammer autre chose. Comme, par exemple, des élèves de première année se promenant dans les couloirs.

Toujours pas convaincue qu'elle n'avait pas affaire à un maniaque, Norma avança lentement :

« Vous faites quoi ?

Elle avait les yeux plissés, comme quand elle jugeait être plus intelligente que la personne en face. En s'avançant, elle vit que la silhouette était une élève. Tout son corps se décontracta d'un coup. Un grand sourire éclaira son visage quand elle s'exclama (peut-être sa première exclamation de l'année, elle qui était si sage et si discrète) :

Ah ! Tu m'as fichu la frousse ! »

Elle tenait encore sa baguette devant elle et la rangea bien vite, avant qu'on puisse s'imaginer qu'elle comptait s'en servir. Elle n'avait pas du tout envie de se faire renvoyer comme la pauvre poufsouffle qui avait été choisie par le chinois. Puis elle regarda à nouveau les mains de la jeune fille. Quelle drôle d'idée de brûler du papier dans un couloir comme ça, seule ! Les yeux plissés firent leur retour : elle attendait une réponse à sa première question. Que fichait-elle ?

Deuxième année RP
La parfaite Poudlardienne (Animation des PeC de novembre 2017)

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Un souffle emplit l'atmosphère et il était évident qu'il s'était échappé des lèvres de quelqu'un. Il ne s'agissait pas d'une brise printanière qui effleurait tendrement les frêles épaules de Mad ou un vent givrant qui lui glacerait les os, il y avait une impulsion humaine dans cet air. Cela se sentait et ressentait ; s'entendait aussi. Il y avait donc une autre personne avec elle qui partageait son air, sa bulle, son espace. L'individu ne tarda même pas à se divulguer et ce fut une jeune fille qui apparut. Elle tenait fermement sa baguette, comme paralysée, ou plutôt se cramponnait comme si sa vie en dépendait, à son bout de bois. 

C'était une élève qui devait avoir le même âge que Mad au vu de sa taille et malgré son air enfantin, dont les cheveux avaient l'air sauvagement découpés en un carré court. Une frange brune couvrait son front et au niveau inférieur, on pouvait distinguer deux globes oculaires dont l'iris était elle aussi marron. On apercevait dans ce regard tout le fort caractère dont la jeune fille pouvait potentiellement faire preuve, c'est-à-dire pas grand chose. Elle était du genre suiveuse que meneuse, cela transparaissait clairement aux yeux de la Deuxième Année qui était plutôt dans l'autre catégorie. 

La Serdaigle -la préfète l'avait lu sur son blason- s'approcha alors tout doucement, comme apeurée. Il apparaissait donc que le feu ne la mettait pas à l'aise et, restant sur ses gardes, s'approcha doucement avant de lui demander dune manière très méfiante :

- Vous faites quoi ?

Les personnes comme ça agaçaient la Gryffonne qui avait juste envie de leur sauter à la figure, mais sa politesse la retenait à terre. Ce n'était pas bien compliqué, un peu d'observation suffisait pour savoir ce que la blondinette était en train de faire, et l'autre fille l'avait d'ailleurs probablement déjà deviné. Alors, pourquoi une question rhétorique ? Gaspiller sa salive, voilà tout le but de la manœuvre, il ne pouvait y en avoir d'autres. Cependant, ce jour là n'était pas le jour où Mad était en état de s'opposer ou de faire retentir ses pseudos-valeurs. Lasse, elle lui répondit donc :

- Je brûle une lettre.

La jeune fille en face d'elle s'approcha encore davantage et lorsque ses yeux passèrent sur son visage, toute la tension qui habitait son Corps sembla en déserter. Visiblement, elle s'attendait à plus terrifiant que la fine silhouette de l'enfant Mad. Ce n'était pas un mage noir pyromane qui voulait s'attaquer à Poudlard, mais bien une jeune élève de Deuxième Année qui ne faisait que lancer un Incendio sur un morceau de parchemin. Ce constat devait être rassurant pour la personne qui lui faisait face, surtout si elle n'était qu'en Première Année.

Quoiqu'il arrivait certaines fois que les Première Année craignent les Deuxième Année. C'était un peu idiot, ils n'avaient qu'un an voire moins pour certains de différence. Certes, il savait plus de sortilèges et avait une meilleure expérience mais cela n'empêchait que leur niveau restait assez équivalent. Il ne fallait donc pas éprouver une quelconque terreur face à eux, même si la Gryffonne en jouissait particulièrement. Cependant, la Serdaigle rangea pourtant rapidement sa baguette. Presque décevant, son comportement.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
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Je brûle une lettre. Les quatre mots résonnaient dans l’esprit de Norma, se répétant, s’entrelaçant, comme si à force de les tordre et les détordre dans tous les sens, ils finiraient par révéler un sens caché. Mais non, rien… à part que le bout de papier était une lettre. Pourquoi brûler une lettre ? Les seules reçues par la serdaigle étaient celles de ses parents, parfois signées par un de ses frères, et… celle d’Adèle. Une seule lettre de sa grand-mère depuis son arrivée à Poudlard. Lettre qui resterait à jamais enfant unique.
Norma imagina un instant une raison qui pourrait la pousser à brûler une lettre. Celle qu’elle avait reçu le 16 février ; elle aurait bien voulu la faire disparaître. Ou plutôt, faire disparaître ce qu’elle disait, annuler ce qui en faisait son contenu. Mais elle avait beau n’avoir que onze ans, elle n’était pas candide : ce n’était pas par le feu que sa grand-mère ressusciterait. En plus, Norma avait peur du feu, alors elle n’allait pas brûler quoique ce soit.

Elle retint son jugement, qui la poussait à plisser à nouveau les yeux et à dire d’un air supérieur : « Tu sais que ça ne change rien, de brûler des mots ? », parce que même si la fillette blonde n’était pas beaucoup plus grande qu’elle, elle n’avait pas envie de se la mettre à dos. Ni personne d’autre, d’ailleurs.

« Pourquoi tu brûles une de tes lettres ? demanda-t-elle à la place, présupposant déjà qu’il s’agissait d’une histoire personnelle.
La fille était plutôt (même très) jolie. Norma doutait qu’elle puisse recevoir des lettres de rupture, par exemple. Tout à coup, elle se figea. Et si ça avait un rapport avec l’école ? Si cette lettre venait de Ms Loewy, et que la fille en question venait d’apprendre qu’elle était renvoyée ? Norma ne voulait pas, surtout pas, vraiment pas prendre le moindre risque de se mettre la directrice à dos. Est-ce qu’elle ne devrait pas être en train de prévenir un professeur de ce qui se tramait ici ?

Ne t’étonne pas de n’avoir aucun ami à Poudlard si tu les traites tous comme ça.
La voix de Violette la ramena à la raison. Elle avait promis de se faire des amis de son âge, pas de devenir la rapporteuse à la solde des professeurs. Et puis, pensa-t-elle en secouant imperceptiblement la tête, il était peut-être temps d’oublier cette histoire de Poufsouffle renvoyée. Ça commençait à devenir un peu trop présent dans son esprit.

Pour détendre l’atmosphère – et éviter d’être catégorisée comme une « première de la classe ennuyeuse » – elle fit une tentative pour paraître un peu plus cool et décontractée.
- Mes cousins, ils brûlent aussi des trucs des fois, dans le parc. Ils trouvent ça amus… marrant. Enfin joli. Stylé. »
Elle butait sur les mots qu’elle utilisait d’habitude, essayant tant bien que mal de les remplacer par ce qu’elle pensait être un langage « cool ». Mais au lieu de paraître décontractée, elle ressemblait à un poisson hors de l’eau, cherchant les bons termes et les bonnes attitudes comme l’animal chercherait  à respirer.

Deuxième année RP
La parfaite Poudlardienne (Animation des PeC de novembre 2017)