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Les bras striés de blanc.  PV 

Ce Rp fait suite à celui-ci : Juste du rouge.  Les deux parlent d'un sujet sensible alors si vous êtes jeunes ou facilement choqués, n'essayez pas de lire. Je ne me porterait pas comme fautive si vous lisez et que cela vous dérange.


Le sol se rapproche dangereusement, il appelle à lui le corps brisé qui rase les murs froids des cachots. Ses membres peinent à la supporter, elle y est presque. Plus que quelques pas, la salle commune n'est qu'à quelques mètres. Elle ne va pas y arriver, elle le sait. Pourtant, elle continue d'y croire encore un peu. Son âme hurle, elle frappe et essaye de sortir par tout les moyens.  Ses bras la démangent, elle gratte, griffe, arrache ce qu'elle peut mais rien n'y fait ils continuent de la torturer. Le sol est froid, elle est tombée. Elle s'est écrasée comme une mouche, elle ne se relève pas. Elle se tortille pour échapper à la désagréable sensations de ses bras qui s’embrasent, qui fondent. 

Elle reste prostrée sur le sol glacé des sous sols. Sa tête tape contre les murs tandis qu'elle se débat comme un beau diable contre un ennemi invisible. Pourquoi, alors qu'elle a réussi à tenir des années, elle craque maintenant ? Un cri lui déchire les cordes vocales, son sang bout dans ses veines, il est en effervescence. Comme de l'huile sur le feu. C'est encore l'heure du repas, alors pourquoi elle entend des bruit de pas précipités ? Tout le monde mange, elle doit délirer. Il n'y a personne, c'est peut-être tout simplement les bruits de son cœur qui cogne contre sa cage thoracique.

 Il bat fort, trop fort pour que cela soit normal. Il expulse et pompe le sang violemment. Ses yeux sont incapables de fixer un point, elle louche, le monde tournoie sur lui même. Les murs se rapprochent, des larmes se brisent au sol en bruit régulier. Ses lèvres sont meurtries par ses dents, ses ongles raclent le sol dans une tentative désespérée de reprendre pied avec la réalité. Un gémissement de souffrance passe encore une fois la barrière de ses lèvres marquées de traces d'incisives profondément enfoncées dans la tendre chaire rosée.

Une ombre s'arrête devant ses yeux vitreux. Elle est incapable de savoir qu'elle est la chose devant elle, ses yeux s’embrument encore une fois de larmes et un autre gémissement douloureux lui échappe alors qu'elle se tord dans un angle impossible. La réalité la fuit, l'ombre la rattrape. Elle sait qu'elle doit être misérable, comme ça, à gigoter comme ça par terre. Elle étouffe. Une goûte salée lui coule sur le visage, elle se trace un chemin sur le nez et les pommettes pour aller s'écraser par terre. Elle veut s’écharper de son corps, quitter cette douleur qui lui tord tripes et boyaux. Son esprit hurle encore une fois en espérant que quelqu'un l'entende. SORTEZ MOI DE LA  ! 

Comment a t-elle fait pour en arriver là ? Elle sombre dans un océan de regrets et de douleur. Pourquoi elle resterait à la surface quand c'est si facile de se laisser couler ? Elle a juste à fermer les yeux pour changer de vie. Fermer les yeux pour une autre réalité. Pour une autre destinée dans ce monde pourri jusqu'à la moelle. Son cœur se putréfie, elle est déjà morte de l'intérieur. Il ne lui reste plus qu'une envole corporelle abominable. Ses cernes s’étalent jusque sur ses joues, ses membres sont maigres, ses côtes et ses pommettes saillent. Elle ressemble à un cadavre. Elle dépérit de jours en jours.

Pourquoi ? Pourquoi c'est arrivé ? Pourquoi sa conscience se fait la malle ? Elle ne comprend pas. Elle a toujours essayé de faire en sorte de plaire aux gens, de paraître normale, heureuse comme elle devrait l'être si ça vie n'était pas en bordel, si elle n'était pas foireuse comme elle l'est. Elle ne comprends plus. Pourquoi tout ce qu'elle faisait avant n'a plus aucunes saveurs ? Elle ne peut plus paraître heureuse, elle ne peut plus prendre de plaisir à dessiner, à jouer ou a danser. Elle n'arrive plus à sourire. Pourquoi ? Elle arrivait à faire toutes ces choses avant, elle n'a pas pu les oublier, c'est comme quand on apprend à faire du vélo, ça ne vous sort pas de la tête. Ça y reste gravé au fer rouge. Alors pourquoi elle n'y arrive plus ? Elle se perd dans le gouffre abyssal qu'est son cœur.  Pourquoi tout ça est arrivé ?

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

Les bras striés de blanc.  PV 

La jeune française s'était assoupie, à cause de la nuit dernière, où elle n'avait pu dormir, trop de stress. Des cernes immenses l'avaient poursuivi toute la journée, et elle s'était même endormie en cours d'Histoire de la magie, une première. Car oui, c'était peut-être ennuyant, mais elle trouvait cela très indécent de s'endormir pendant que quelqu'un parlait. Bien sûr, il avait fallu que sa sieste se finisse tard, alors que tout le monde mangeait dans la Grande Salle. Elle avait décidé d'aller vite grignoter un bout, pour au moins s'endormir sans grondement au ventre. Elle traversa l'école, marchant d'un pas pressé, et passa près des Toilettes abandonnés. Un bruit sourd se fit entendre, comme un objet lourd tombant sur le sol. Solenn s'arrêta un moment, attendant quelque chose, peut-être un cri, ou une voix tout au mieux. Mais la seule chose qui lui répondit fut le silence, un long silence que seule la respiration de la rousse cassait. Alors elle repartit plus doucement, laissant encore à la personne la possibilité de demander de l'aide. Mais pourtant toujours rien. Quelque chose clochait, et envahissait la curiosité de la Serpentard. Alors, presque à contrecœur, elle fit demi-tour, et entra dans les fameux toilettes. Une faible lumière traversait les fenêtres, et assombrissait la pièce. Cet endroit était presque effrayant, très lugubre. Près des éviers, une forme recroquevillé sur elle-même. Solenn s'approcha, et aperçut une fille, qu'elle avait déjà croisé dans la Salle commune. Sinon, impossible de dire son nom ou prénom. La Serpentard semblait mal, très mal. Soudain, comme un ressort, le corps s'ouvrit, ainsi qu'un gémissement plaintif. Solenn n'ose rien faire, elle est comme démuni devant tant de souffrance. Une larme, une petite larme joue sur les cavités du visage de l'inconnue, pour disparaître dans le sol. Tout cela lui rappelle des paroles d'une chanson que sa mère aimait écouter :

"L'ennemi c'est tout le mal que je pense
De moi de mon mal que je me fais"


La rousse entendit alors des pas de l'autre côté du mur. Démunie, impuissante, la voix légèrement tremblante, elle cria :

-A l'aide !

Tout cela l'effrayait. Cette vision la dérangeait, elle ne se sentait pas bien, et avait besoin de quelqu'un d'autre pour pouvoir gérer la situation. Il fallait que quelqu'un les aident, la fille et elle. Solenn s'accroupit, et posa une main sur le bras de la fille, comme pour essayer de la calmer. C'était tout ce qu'elle pouvait faire. Sans sans rendre compte, ses cheveux caressaient le visage mouillé du corps étendu.

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

Le noir l'appelle à lui, elle sombre dans le gouffre ouvert sous ses pieds. Elle se noie dans cet océan de douleur. Ses tympans ne captent qu'un bruit de pas précipités avant que le noir ne s’engouffre entièrement en elle. Elle est bien, comme ça, sur le sol froid. Elle est bien mais pourtant elle sait qu'elle n'est pas à sa place.

Ses bras s'embrasent toujours, rien n'arrête ce feu dévastateur qui lui brûle les entrailles, qui lui explose les vaisseau sanguins. Ses yeux roulent dans leur orbites et un autre gémissement douloureux lui échappe. Pourquoi ses amies la torturent encore ? Elle les a pourtant abandonnées. Pourquoi elles ne trouvent pas quelqu'un d'autre avec qui jouer ? Elle ne veut plus, elle ne voudra plus jamais. Tout est fini, rien ne recommencera. Toutes ces douleurs appartiendront bientôt au passé quand, enfin, ses amies seront avec quelqu'un d'autre. Pourquoi elle devait être la seule à jouer avec elles ? Elle est généreuse, elle a toujours eu l'habitude de prêter ses affaires, alors ça la gène pas. Que quelqu'un les occupes pour qu'elles cessent de penser au corps qui se tortille par terre.

Pourquoi son souffle s'est coupé ? Elle se noie vraiment, le noir la fuit et ses lourdes paupières s'ouvrent finalement, laissant apercevoir deux grands yeux verts, vides de toutes émotions. Plus aucunes traces d'énergie vitale ne les parcourent. C'est mouillé, de l'eau ? Pitié, que ce ne soit pas cette horrible couleur rouge. Deux ombres se mouvent au dessus d'elle. Pourquoi elles sont là ? Elle ne les reconnaît pas, elle voit flou. Sa main passe devant ses yeux. Elle essaie d'attraper une des deux ombres. Son membre est trop court, il retombe par terre dans un bruit mat. Le tissu noir de sa manche est relevé, son sang ne fait qu'un tour et elle ramène à elle son bras. Elle le serre contre son cœur. Ses pieds raclent le sol et elle s'éloigne comme elle peut. Quels sont ces choses ? Elle a peur, et si c'était l'autre côté qui venait la récupérer ? Elle ne veut pas. Elle ne veut plus. Éloigner vous, s'il vous plaît. Elle ne veut pas partir, retourner chez vous sans elle. Elle supplie, elle hurle, mais aucun son ne sort de sa bouche. Avec effort, cependant, elle réussi a faire fonctionner ses cordes vocales, depuis longtemps inutilisées.

« Partez. » Sa voix n'est qu'un murmure.

Sa gorge brûle, comme ses bras, elle s'enflamme. Une larmes coule encore sur sa joue, y laissant une traînée d'eau glacée. Glacée, comme son corps que son cœur peine à chauffer. Il pompe le sang, mais rien y fait, elle reste glacée sur le sol carrelé. Elle ne craint pas l'hypothermie, comme elle ne craint pas les ténèbres qui l'emportent. Ce n'est pas grave si elle part sans dire au revoir, elle sera malpolie mais au moins elle vivra heureuse dans une autre réalité.

Elle a bau supplier les ombres de partir, aucunes d'elles ne bougent, elle s’avancent. Elle a peur, elle veut pas mourir. Tout sauf ça.

« S'il vous plaît... » Sa voix se brise à la fin de sa phrase et elle se roule en boule contre le mur, protégeant comme elle peut son petit et frêle corps.

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

Les bras striés de blanc.  PV 

Sa voix avait erré dans la pièce, en un  écho lugubre. Elle espérait réellement que la personne, qui que ce soit, vienne l'aider à secourir l'inconnue. Heureusement, une silhouette s'avança, et Solenn aperçut une fille, encore de Serpentard. Elle était brune, comme celle par terre, avec de grands yeux bleus. Solenn l'avait déjà aperçu, et savait qu'elle était en première année, mais sinon, elle n'en savait pas plus sur elle. La jeune aperçut la brune au sol, et, sans hésiter, elle s'avança vers le duo en lui demandant : 

-Elle respire, c'est déjà ça. Tu te sens bien? Tu es toute blanche?

Solenn, perdue, répondit d'une petite voix :

-Oui, ça va...

Soudain, la brune consciente prit le bras de l'autre, et souleva ses manches, sûrement pour regarder son pouls *Pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt...*. Mais la vision arrêta momentanément les deux filles. Des cicatrices blanches, roses pour certaines, tristement perdue sur ce bras. La Serpentard  reprit la situation en main, et cria à la rousse :

-Tu dois aller chercher quelqu'un, vite! N'importe qui, mais un adulte! C'est l'heure du repas ils sont dans la salle commune. Cours mais ne tombe pas!

Mais pour Solenn c'était trop. Le souffle lui manqua. Non. Pas ça... Tout mais pas ça... Des flashs, des souvenirs entremêlées surgirent dans son esprit. Pendant ce temps, la jeune fille jetait de l'eau sur le visage blanc cadavérique. Solenn lâcha prestement l'épaule, et se leva, se frictionnant les bras, tout en murmurant :

-Ne pense pas à ça, pitié Solenn...   

Des larmes, des énormes larmes lui cache la vue. Un sanglot peu élégant l'empêcha presque de respirer. Depuis plus d'un an, elle avait essayé en vain d'oublier ses images sanglantes. Et il fallait un bras rongé par les cicatrices pour réduire à néant tout le travail qu'elle avait réalisé ? Elle était arrivée si bien à vivre, pourquoi le ciel souhaitait la détruire plus qu'elle ne l'était déjà tout au fond d'elle ? Elle avait réussi à arrêter ces cauchemars, ou, en tout cas, de les espacer le plus possible. Elle avait tant redouté se réveiller en pleine nuit dans le dortoir, hurlant comme elle faisait à la maison ! Mais maintenant, elle le sentait au fond d'elle, tout allait reprendre. Les crises, les cauchemars, les visions, la peur, la tristesse insurmontable ! Pourtant, rien de ce qu'avait vécu son père n'était comparable à ces petites blessures ! Il avait été griffé à mort par une créature horrible, il avait senti la mort avant qu'elle ne vienne, tout cela devant les yeux de sa fille ! Solenn ne devait, ne pouvait pas associer sa mort à... Ça ! Plus loin, à l'extérieur de la bulle de la française, la blessée se réveillait, les pressant de partir :

-Partez. S'il vous plaît...

Solenn entendit ces phrases, mais ne put obéir. Elle restait cloué debout, au-dessus d'elle.

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

La tête lui tournait, comme lorsqu'elles sont arrivées chez elle, sa mère et elle, après l'attaque. Une sensation plus que désagréable prenait possession de tout son corps et de son être. les pleurs redoublèrent, et cette fois-là, elle recula de quelques pas. Les souvenirs s'intensifiaient, comme si quelqu'un avait augmenté le volume. Elle revoyait encore plus distinctement les griffures apparaître sur le corps de son père, le cri de sa mère, le grognement de la créature, la force du vent, la sensation de chatouillis des herbes sur ses jambes nues. Elle se souvenait maintenant de l'appareil photo de son père tombant sur le sol lourdement, après que la créature ait découpé la sangle. Tout à coup, tout lui revenait et la hantait comme les premiers jours. Comme si toutes les réunions avec le psychologue à la mauvaise haleine n'avaient jamais existé. La brune parlait pendant ce temps avec la blessée, d'une voix apaisante. Elle semblait très bien gérer la situation, contrairement à la rousse.

-On va rester avec toi, on est venu pour t'aider, tu as besoin d'aide... tu as mal quelque part?

Solenn suffoquait presque, elle inspira longuement, et ouvrit les yeux pour regarder droit devant elle. Surtout ne pas croiser de nouveau les cicatrices. Cela lui faisait trop mal. Un gémissement de tristesse s'échappa de sa bouche, tel un murmure. La nostalgie de son père n'avait jamais été aussi forte. Sa mère lui manquait aussi tout à coup. Elle avait envie de se lover dans ses bras, de pleurer avec elle. Elle lui ferait son thé préféré, au thym, et les deux femmes regarderaient un film débile, cul-cul la praline, comme disaient les français. Mais non. La scène qui se jouait devant elle était toute sauf réconfortante, et sa mère était loin d'elle, sûrement en train de donner une leçon de mathématiques à des enfants. Doucement, elle fit descendre son regard vers les deux filles. L'une chuchotait quelque chose à l'autre, qui lui était impossible d'entendre. Mais de toute façon, elle s'en fichait. Elle voulait juste partir. Sauf que c'était impossible. Ses jambes ne semblaient plus vouloir bouger. Solenn avait l'impression que si elle bougeait ses jambes, elles se casseraient comme de la porcelaine, et lentement, tout son corps suivrait.

La brune se tourna vers elle et lui demanda :

-Approche toi près d'elle s'il te plait, il faut l'empêcher de tomber encore dans les pommes. je vais revenir.

Solenn la regarda sans expression alors qu'elle s'en allait au pas de course. La française n'osait pas regarder la seule personne restante, et un silence étrange s'installa. Alors, d'une petite voix brisée, elle demanda :

-S'il te plaît, recouvre tes bras...

C'était la seule solution pour que la Serpentard puisse s'approcher sans s'évanouir ou refaire une crise. La brune lui avait demandé quelque chose, et malgré sa peur et sa tristesse, Solenn devait le faire. Enfin, si elle y arrivait. 

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

Recouvrir ses bras ? C'est vrai qu'ils sont horribles. Elle est abominable, comme eux. Des cicatrices la parcourent, que ce soit sur ses membres ou à l'intérieur d'elle. Au plus profond de son âme torturée, de son esprit brisé en plusieurs milliers de fragments. Ils se baladent dans son corps, entaillent la peau fine qui recouvre son horrible personne. Le tissu noir recouvre ses bras mutilés et elle se serre encore plus contre le mur où elle est adossée. Elle veut disparaître, qu'on l'oublie. Elle ne veut pas causer du tracas aux autres et pourtant, c'est ce qu'elle fait. Elle ne sait pas comment devenir invisible pour ne pas que quelqu'un ne perde son temps à s'inquiéter pour elle. Même avec tous les efforts qu'elle fait sa peau la recouvre encore et le rouge continu de la parcourir, comme s'il ne l'avait jamais quitté.

 Pourtant c'est ce qu'il a fait. Il a coulé hors de son corps, il a recouvert le sol comme une fine pluie, mais il en restait toujours dans ses veines qu'elle a si souvent essayé de vider, sans succès. Pourquoi elle ne peut tout simplement pas cesser d'exister ? Ses bras recommencent à la démanger, ils lui brûlent l'âme comme si elle avait été jeté au bûcher. C'est bien ce destin qu'on prédit aux monstres, non ? Un gémissement pitoyable résonne dans la pièce devenue silencieuse. Une main s'empara de son coup. Elle était incapable de respirer. Une autre lui griffa le visage. Qu'elles arrêtent !

« Lâchez-moi ! » Elle hurle autant que le permettent les cinq doigts sur sa gorge.

Elle se lève comme un diable sortant de sa boîte et se précipite vers un éclat de miroir encore par terre. Elle s'en empare et le serre fermement autour d'une de ses mains. Bizarrement, la main qui l'étranglait a disparu. C'était elle . Alors qu'elle s'était promis de ne plus jamais voir cette couleur, le rouge coule d'entre ses doigts. Sa paume de main est mutilée, à présent. Comme ses bras et son esprit. C'est peut-être ÇA, son destin. Devenir une poupée au visage craquelé, comme si on l'avait faite tomber. C'est ce qu'elle fait, elle tombe encore et encore. Personne ne l'arrête alors elle sombre toujours plus vite, toujours plus loin. Si personne ne vient l'aider, c'est qu'elle doit le mériter, non ? Qui voudrait aider une chose comme elle ?

On lui a souvent répété que la vie était belle, sans violence et sans drames. On lui a dit que l'humanité était bonne. Que tout le monde avait un bon fond. FOUTAISES ! Le monde est moche et cruel, comme une bombe atomique qui foudroie, qui terrasse. L'humanité est pourrie jusqu'à la moelle, corrompue par l'argent et le pouvoir. Elle le sait tout ça, elle n'est pas un gosse qu'on pourrait manipuler et modeler selon ses envies. Elle n'est pas innocente comme un enfant ni même assez mature comme un adulte, alors elle reste dans le juste milieu des choses. Elle n'est plus petite, mais elle ne veut pas grandir. Elle s'enferme dans un monde d'enfants, où tout est beau et désirable. 

On lui disait d'être heureuse, alors elle souriait. On lui disait d'être gentille et polie, alors elle se taisait quand on l'énervait. On lui disait qu'elle était inutile, alors elle baissait la tête, se soumettait aux autres. On lui disait que son frère était génial, alors elle savait, elle savait qu'elle ne serait jamais comme lui. Elle a toujours fait ce qu'on lui demandait de faire, comme un esclave soumit à la bonne volonté des gens. Son masque était parfait. Et il s'était brisé en même temps qu'elle. Pourquoi elle ne peut pas juste partir ? Trois visages s'imposent à son regard et sa main relâche l'éclat de son reflet qui finit sa course par terre dans un bruit morbide. Sa main passe sur son visage, le rouge lui brûle les yeux, la langue. Un rire dément lui échappe et son corps retombe encore une fois mollement par terre. Elle supplie quelqu'un de venir la chercher. 

« Maman. Papa. Sofia... »

Ses yeux sont secs, elle ne peut plus pleurer. Elle ne peut plus vivre mais, en même temps, elle ne veut pas mourir. Elle veut juste souffrir. Se faire payer sa présence ici-bas. Elle veut ses amies. Elle veut jouer pour que ses bras arrêtent leur douce torture. Est-elle folle ? Possible... Le monde est détestable. Une nouvelle plainte s'élève à nouveau dans la pièce. La seule chose qu'elle n'est jamais réussi à faire comme on le lui disait dans ça foutue vie c'est aimer. Aimer comme elle voudrait que les gens le fassent pour elle. On doit d'abord s'aimer, pour aimer les autres. Elle n'aimera jamais personne, et ce n'est pas grave. Sa vie tient à un fil. Il suffirait d'un petit coup pour qu'il se brise. Alors pourquoi elle n'y arrive pas ?


Je suis un peu en retard, je m'excuse ! Pour me faire pardonner j'ai écris un post un peu plus long...

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

Les bras striés de blanc.  PV 

Le regard de Solenn restait difficilement vers la fille. Tout lui inspirait un sentiment de mal-être. La respiration de Solenn siffla légèrement, après toutes ces émotions, et dû à son asthme. Mais, l'ayant entendue, la brune recouvrit ses bras. Un soupir de soulagement s'échappa doucement, et les lèvres sèches de la rousse cessèrent de trembloter. L'inconnue se recroquevilla un peu plus contre le carrelage froid du mur, comme pour disparaître à tout jamais. Soudain, dans une longue respiration, comme lorsque Solenn, étant petite, se jetait à l'eau, dans la piscine de ses grand-parents paternels, elle se tourna sur le dos et une de ses mains emprisonna sa gorge. Un léger cri de surprise sortit de la bouche de la jeune française, tandis que l'autre main griffait le beau visage blanc comme neige de la jeune inconnue. De sa bouche sortèrent alors des mots, comme dits simplement. Non, Solenn se trompait, la brune hurlait, mais sa gorge était trop obstrué par sa main destructrice.

-Lâchez-moi !

Solenn s'avança. Elle savait qu'elle devait faire quelque chose, qu'elle devait interrompre ce suicide, mais c'était beaucoup demandé pour une fille de 13 ans. Soudain, la Serpentard se releva comme une furie, fonça vers un miroir cassé, va savoir qui s'était amusé à taper dedans, prit un bout, et de sa main vengeresse, le serra comme le doudou des enfants lorsqu'ils n'arrivent pas à s'endormir. Une goutte, suivie par d'autres, tomba sur le sol carrelé, et Solenn hurla, alors qu'un rire fou sortait du gosier de la folle. Des larmes coulèrent sur les joues de la française, dans un long sanglot. Elle ne pouvait même plus s'enfuir, elle ne pouvait rien faire. Elle était prisonnière. Pourquoi mettait-elle aussi longtemps ? Pourquoi ? Dans un murmure empli de tristesse, la fille sortit :

-Maman. Papa. Sofia...

Un silence emplit la pièce. Il dura quelques minutes, quelques délicieuses minutes. La respiration sifflante de la rousse se calma, elle ferma les yeux, et murmura dans sa langue maternelle :

-J'en peux plus...

Sa voix tremblait, et la fatigue se faisait sentir. Doucement, un pied devant l'autre, la jeune fille s'avança vers le corps tremblant. Au fond d'elle, Solenn était terrifiée, mais pensait aussi à la santé mentale et physique de la fille étendu sur le sol glacé. La française sortit un mouchoir, propre, qui avait juste servi à estomper les traits de crayon de couleur sur un de ses dessins dont elle était le plus fière, puis pris doucement la main ensanglantée, et essaya de mettre le Kleenex tel un pansement provisoire, le temps que l'autre fille revienne. Le blanc mouchoir très vite se changea en rouge sang, mais Solenn continua d'appuyer légèrement. La fille semblait s'être évanoui, ou peut-être se reposait-elle juste. Des pas pressés se firent entendre, et un soupir de soulagement vint accompagner cette douce musique aux oreilles de la rousse.

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

Ambroise avançait, d’un pas relativement assuré, à travers les larges couloirs du château. Sa cape balayait le sol, laissant ainsi s’échapper un frottement brisant le silence de plomb s’étant installé. En effet, à cette heure, les couloirs étaient vides : une poignée d'élèves étudiaient, d'autres étaient en cours, et certains s’amusaient à je ne sais quelle activité futile. 

La jeune femme venait de terminer de corriger les deux-trois copies se battant en duel sur son bureau. Malgré le fait qu'elles soient peu nombreuses, elles étaient très développées et d'une grande qualité, leur  lecture n'était donc pas de tout repos. C'est pourquoi, après ses corrections, elle avait envie de se dégourdir et souffler, mais également de jeter un coup d’oeil à travers une fenêtre permettant de contempler un paysage. Ce dernier était magnifique, et donnait sur le lac. Ambroise aurait d’ailleurs pu passer la journée auprès de celui-ci. Il lui apportait calme, évasion, ainsi que sérénité.  Ses eaux troubles laissaient d'ailleurs ses pensées les plus sombres s'échapper. Tous ses rêves les plus fous pouvaient ainsi se réaliser. 

Après avoir marché quelques instants, elle était presque arrivée à destination. Mais, avant d'atteindre son but, quelqu’un la heurta. Le choc fut si violent, qu'il la fit reculer de quelques pas. Son souffle fut coupé un instant, puis saccadé les minutes suivantes. Son coeur, quant à lui, s'était accéléré, et battait de plus en plus rapidement. Avec une telle cadence que n’importe quel musicien n’aurait pu tenir le rythme : si effréné. Bien qu’une forte douleur se fit ressentir, Ambroise reprit très rapidement ses esprits. Elle était prête à se confronter à cet individu, qui venait de la percuter si brutalement, et ne s’étant pas excusée. Mais, avant qu’un mot ne puisse sortir de sa bouche, elle entendit un bruit. Celui d'un sanglot. La personne venant de la percuter était donc en train de pleurer. En effet, des larmes roulaient sur ses prônes de la pudeur. Ambroise ne savait que faire. A vrai dire, elle n’était pas très à l’aise lorsqu’il s’agissait de réconforter qui que ce soit. Depuis sa plus tendre enfance, elle avait toujours été une personne relativement distante, évitant tous contacts physiques ou gestes d'affection. Heureusement, l’inconnue prit très rapidement la parole. Elle semblait être troublée. Ses mots étaient saccadés. Ses phrases inachevées. Son intonation tremblante.  C’est pourquoi elle s’était d’ailleurs reprise à plusieurs fois, afin d'achever ses phrases -relativement floues. 

La situation semblait être alarmante… sinon, nul doute qu'elle ne serait dans cet état. Si perturbée. Voire tourmentée. A moins qu'elle ne soit très fragile psychologiquement. De ce que comprit Ambroise, la jeune fille avait besoin d’aide. Ou tout du moins, l’une de ses amies en avait besoin. Que se passait-il ? Ambroise ne le savait, et pourtant, elle avait un mauvais pressentiment : celui que quelque chose de relativement grave était en train de se passer, au sein même de ce château -étant pourtant d'ordinaire si paisible. 

Avant qu’elle n’eut le temps de répondre, la jeune fille lui tournait déjà le dos, tout en étant déjà à repartir. Aussitôt dit, aussitôt fait, elle commença à s'en aller, tout en avançant d'un pas rapide. Son allure était intense, Ambroise avait du mal à suivre le pas. La jeune fille ne s’était d'ailleurs pas une fois retournée, comme si elle savait que la jeune femme allait la suivre, elle avait pourtant raison, car c'était ce que faisait Ambroise… Ainsi, elle suivait une jeune fille, qui lui était totalement inconnue, un peu à l’aveuglette, ne savant où elle allait être amenée. * Ca se trouve, c'est un guet-apens.*  Qu'importe à vrai dire, la situation semblait nécessiter son aide ainsi, elle allait l'apporter, et ce par n'importe quel moyen.

Absente tout le mois d’août.

Les bras striés de blanc.  PV 

Solenn n'en pouvait plus. Après s'être approché de la fille doucement, redoutant une autre crise de folie, et après avoir fait tant bien que mal un pansement de fortune, elle se laissa tomber lourdement sur le postérieur. Les mains sur son visage, elle se frotta doucement les yeux, puis les tempes, sentait ses paupières se fermer malgré elle. Tout ce qu'elle voulait à présent, c'était retourner dans son dortoir et dorm... Non. Elle savait que ses cauchemars allaient revenir maintenant, à cause de cette fille. Rien qu'en y pensant, un frisson de colère, de dégoût, de peur, de fatigue et de tristesse vint l'ébranler. Elle ne pourrait plus être tranquille dorénavant. Elle reverrait sans cesse son père mourir, se réveillerait sans cesse au beau milieu de la nuit, aurait peur de dormir, ferait des insomnies à n'en plus finir. Tout ça à cause d'elle. Elle. Elle aimait bien être au milieu de l'attention elle. Alors que les yeux froids et durs de Solenn se posait sur le corps inerte, des bruits de pas se firent entendre. Solenn se leva, marchant vers la provenance de ses sauveurs, et dit d'une voix fatiguée et cassée par ses cris :

-S'il vous plaît, je veux partir...

Deux personnes arrivèrent alors dans la pièce. Un sourire se planta sur le visage de la rousse. Un sourire qui rendait la tête de la Serpentard étrange, presque folle. Oui, oui, tout cela l'avait rendue folle, et maintenant elle voulait échapper à cet Enfer vivant et oublier. Même si c'était impossible d'oublier ça. Comment enlever cette...chose de son esprit qui était avant si pur ? Elle avait toujours été gentille, mais tout ça lui renversait le cerveau et lui donnait envie de ne plus être gentille. Elle avait trop donné, c'était dorénavant à elle de prendre. Oui, fini tout ça. Fini la timidité. Fini les petits sourires pour s'excuser de tout. Tout ça l'avait traumatisé, et Solenn ne se reconnaissait plus. Mais cela ne lui faisait pas peur, elle avait juste l'impression que c'était normal, que tout allait bien. Peut-être devenait-elle folle, et dans quelques jours aurait-elle oublié ses propos ? Tant pis, pour l'instant elle se sentait elle. Mais une version fatigué d'elle.

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

Elle glisse, son esprit aussi. Il s'en va, comme s'il était emporté par le courant d'une rivière. Comme de l'écume en bord de mer. Elle se sent bien ici. Est-ce le paradis ? NON ! Elle ne veut pas mourir, tout sauf ça. Même si le paradis semble être si doux et enchanteur et que la vie est une torture incessante, elle préfère sentir son cœur lui perforer la poitrine plutôt qu'il ne s’éteigne dans une vague de froid qui lui passerait dans les veines. Sentir son sang circuler et son souffle saccadé passer sur ses lèvres et sans doutes la sensation qu'elle préfère. Se sentir vivante, elle aime ça. Et c'est seulement avec la douleur qu'elle y arrive, alors elle joue encore et encore pour retrouver cette sensation qu'elle aime tant. Elle tuerait pour elle. Ses amies aussi le feraient juste pour jouer une fois encore avec elle. Même si la Serpentard les a jeté quelque part où elles ne reviendront jamais vers elle.

Une mélodie lui vint à l'esprit, une douce musique qui l’accompagnait dans cette déchéance qu'elle eue envie de chanter, de hurler de toutes ses forces pour que le monde chute avec elle. Malgré son envie de se faire entendre, ce fut un simple gazouillis qui sortit de sa gorge, comme un grognement. On dirait une bête. Un ver qui se tortille sur le sol, comme abandonné à la vie, à un poison invisible et invincible.

De l'eau et une douleur. D'où vient elle ? Sa joue. On la frappe. Elle ne veut pas revenir, elle veut rester ici, dans ce paradis, ce vide si bienfaisant. Son corps se comprime contre le mur, sous un lavabo cette fois, comme pour y disparaître. Ses bras frappent le vide. Éviter que quiconque ne la touche, ne l'approche. Un virus mortel, voilà ce qu'elle est. Elle ne veut pas faire de mal, laissez la juste seule comme elle veut l'être. S'il vous plaît.

« Suis-je morte ? »

Elle espère tellement que cela ne soit qu'un rêve, qu'elle soit partie depuis longtemps et que tout ceci n'est qu'une épreuve de plus avant de rentrer au paradis. Ou en enfer ? Peut-être n'est elle pas digne d'entrer dans cet dimension pure, peuplée d'êtres blancs. Des colombes libres, sans cages et sans maîtres. Ses yeux ne lui permettent pas de voir autour d'elle, pourtant elle est certaine qu'une autre personne est arrivée. Elle le sent au fond d'elle, l'atmosphère à changé, comme si elle était devenue le centre de l'attention. C'est étouffant.

« Partez. S'il vous plait, partez. »

Pourquoi ils restent là ? Pourquoi ils ne l'écoutent pas ? Sont ils des anges ? 

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

Les bras striés de blanc.  PV 

Ambroise tentait tant bien que mal de suivre le rythme effréné que lui imposait la jeune fille venant de la persécuter. Sa cadence était digne de celle de Philippidès. Leurs pas rapides, frappaaientt le sol fait de pierres faisant ainsi écho au sein des couloirs. Ce dernier rythmait alors leur course. Inéluctablement, la fillette allait, au bout d’un moment, s’arrêter. C’était tout du moins ce qu’espérait Ambroise qui commençait à manquer d’air, devant ainsi ralentir le pas. Durant sa course, son esprit fit des siennes : que pouvait-il bien se passer pour qu’une élève puisse arriver les larmes aux yeux, tout en demandant de l’aide. Elle était très troublée, mais sa curiosité allait être assouvie d’ici peu. En effet, la brune venait de se stopper. Elle semblait essayer de reprendre sa respiration, qui était saccadée voire arrêtée à certains moments. On aurait même pu croire qu’on allait la perdre, tellement son souffle était court.

Ambroise regarda rapidement autour d’elle afin de recueillir toutes informations pouvant l’aider à localiser le lieu. Ce qui l’aida fut la porte. Relativement vieille, prête à céder à tout moment. Il s’agissait, inévitablement, des toilettes. Elle avait, lors de sa scolarité passer tant de fois cette porte. Derrière celle-ci, jamais rien de graver ne s’était passé auparavant, et pourtant, elle allait très rapidement constater que ces lieux si innocents pouvaient regorger de sombres événements -notamment celui qui était en train de s'y dérouler. La jeune fille qu’elle suivait poussa alors la porte, grinçant sous le poids de sa main. Elle passa le seuil, puis s’arrêta. Ambroise ne savait que faire : devait-elle la suivre ? Passer devant elle ? A moins qu’elle ne fasse volte-face. Elle se décida finalement à opter pour la première possibilité. 

Elle aperçut, dans un premier temps, une jeune fille qui devait tout juste être âgée d’une douzaine d’années. Sa peau était d’une telle blancheur qu’elle aurait pu concurrencer la neige. Mais, cette concurrence allait être de courte durée puisque son teint était saupoudré de petites tâches -rousses, lui donnant ainsi un certain charme. Ses cheveux étaient roux, et se battaient en duel. Bien que ces deux éléments l'interpelèrent, c’est un tout autre qui attira davantage son attention : son visage marqué. En effet, malgré son jeune âge, le dessous de ses yeux étaient noircis, et quelque peu rouges. Elle semblait avoir pleuré, bien trop pour une jeune fille aussi jeune. A cet âge, la vie était pourtant si belles : remplie de rencontres, et de belles aventures.  Pourtant malgré ses traces, elle souriait. Son rictus était terrifiant, voire même maléfique. Rien qu’à sa vue, les poils de la professeure se dressèrent. *Qu'est-elle en train de penser pour avoir un tel sourire ?*

Ambroise vit ensuite une autre personne. Elle-ci gisait sur le sol. Elle devait avoir si froid sur ce sol pavé de pierres. Dans sa main, il semblerait qu’elle ait un tissu, tacheté de rouge. Inévitablement, il s’agissait de sang. *Peut-être s’était-elle entaillée le doigt ?* Elle se tordait tout en gémissant. Sa douleur devait être relativement intense. Que pouvait-il s'être bien passé pour qu'une personne semble tant souffrir. Son regard se posa ensuite sur des morceaux de miroir parsemés autour d’elle : ils étaient brisés. Ambroise crut  alors comprendre, malheureusement, la scène qui était en train de se jouer devant elle : une mutilation. La directrice de maison se devait d’être calme dans cette situation. Elle devait agir de manière réfléchie, afin que personne ne soit heurté… Tous étaient si jeunes, il ne fallait qu’ils soient traumatisés par ce terrible événement. Mais, avant qu’elle n’eut le temps de dire quoi que ce soit, la fillette lui étant rentrée dedans se dirigea vers la personne allongée, et la gifla. *Mais… que fait-elle ? Elle est folle !* Ambroise était sous le choc des événements qui étaient en train de se dérouler sous ses yeux, et écarquilla ainsi les yeux. Faire face à une personne se mutilant afin de, peut-être, mettre fin à ses jours était une chose compliquée, mais, la gifler était-ce la meilleure solution ? La femme en était peu convaincue. La personne à terre commença ensuite à se tortiller dans tous les sens, ses bras -blessés, brassaient de l’air… *Qu’était-elle en train de faire ?* Il semblerait qu’elle veuille que personne ne la touche, ce que la Sejersted pouvait parfaitement comprendre. La blessée lança alors aux personnes présentes quelques phrases, s'interrogant sur le fait de savoir si elle était encore vivante, mais également les informant qu'elle souhaitait être seule. Etre seule : ce n'était pas vraiment la solution à ses problèmes... Bien au contraire, pour Ambroise, cette jeune fille avait besoin d'être écoutée, de pouvoir dire tout ce qu'elle avait sur le coeur, et ce le plus rapidement possible afin qu'il n'y ait pas d'autres actes de la sorte.

Elle n’avait que très rarement fait face à une personne se mutilant. Une fois, à vrai dire. Elle était comme désarmée, elle était ainsi de marbre face aux enfants lui faisant face, et son visage était fermé. Cette jeune fille, au sol, devait souffrir d’une si grande douleur émotionnelle. Ainsi, elle préférait se distraire de cette manière, afin d’oublier ses peines. Sombres, sans doute. Elle paraissait pourtant si jeune… mais, malgré sa jeunesse, son passé était, inéluctablement, fort et lourd. Ambroise devait hic et nunc trouvait une solution, ainsi : ses idées fusaient. Ses lèvres frémirent ensuite, et des paroles se firent entendre : 

Mesdemoiselles, êtes-vous amies avec cette jeune fille ? Dit-elle tout en se rapprochant de la personne gisant sur le sol. Si oui, je pense qu’il faudrait la soutenir moralement. Il serait bien, que vous lui dîtes que vous tenez à elle, que vous l’aimez, et qu'elle est chère à votre coeur. Elle semble être désemparée, voyez-vous, son geste est un appel au secours. Elle aimerait trouver, sans doute, un peu d’attention, et surement une oreille attentive fasse à un passé bien trop lourd pour son jeune âge. J'ajouterais également que vous semblez être terrifiées.  Dit-elle tout en analysant leurs visages, plus particulièrement leurs yeux. Vous savez, si vous avez besoin de parler de cet événement (ou même un autre), un peu plus tard, vous pourrez compter sur mon oreille -relativement attentive. En parler, vous aidera sans doute à prendre du recul sur ces événements auxquels vous faites face, et à avancer. Termina-t-elle de dire, d'une voix douce et seraine. 

Ambroise scruta ensuite les plaies que s’étaient faits la fillette. Le sang était abondant, mais il semblerait que les dégâts soient minimes. *Peut-être faudrait-il, tout de même, l’amener à l’infirmerie.*

Absente tout le mois d’août.

Les bras striés de blanc.  PV 

Le sourire de Solenn avait quelque peu dérangé la brune, puis, après elle, la directrice de Serpentard. La brune s'avança vers la folle, et Solenn détourna la tête, sentant une colère sourde s'installer en elle. Mais, très vite, un rire sans joie et discret vint égayer son coeur. Une grande claque avait retenti, et Solenn se réjouissait de la tournure des événements. Mais au contraire, la directrice ne semblait pas trouvé cela drôle. Oh, si elle avait su qui était vraiment la folle, elle aurait ri, ri aux éclats ! Elle se serait tenu le ventre tellement elle aurait ri, elle aurait tapé l'épaule de Solenn, toujours en riant ! Mais là, elle s'avança vers les deux brunes, tout en disant :

-Mesdemoiselles, êtes-vous amies avec cette jeune fille ? Si oui, je pense qu’il faudrait la soutenir moralement. Il serait bien, que vous lui dîtes que vous tenez à elle, que vous l’aimez, et qu'elle est chère à votre coeur. Elle semble être désemparée, voyez-vous, son geste est un appel au secours. Elle aimerait trouver, sans doute, un peu d’attention, et surement une oreille attentive fasse à un passé bien trop lourd pour son jeune âge. J'ajouterais également que vous semblez être terrifiées. Vous savez, si vous avez besoin de parler de cet événement (ou même un autre), un peu plus tard, vous pourrez compter sur mon oreille -relativement attentive. En parler, vous aidera sans doute à prendre du recul sur ces événements auxquels vous faites face, et à avancer. 

Soudain, Solenn vit rouge. Alors, éclatant d'un rire froid, elle répliqué, les larmes aux yeux, pointant du doigt la folle, à l'adresse de l'adulte :

-Moi, amie avec cette... fille ? Comment je pourrais être amie avec cette folle comment je pourrais la soutenir moralement, alors qu'elle a essayé de se tuer devant mes yeux ! Au départ, je... je voulais juste l'aider ! Maintenant je veut juste être la plus loin possible d'elle. Alors, merci d'être venue, maintenant, au revoir.

Solenn s'avança vers la porte, un sentiment d'espoir mélangé à une fatigue sans nom dans le coeur. De toute façon, elle arriverait peut-être à aller mieux en faisant les exercices de son ancien psychologue. La rousse voulait juste arrêter de voire ces images qui mettait son esprit en vrille et qui la rendait folle. Aussi folle que l'autre. Et ça, c'était pas un compliment.

Désolé pour cette réponse si courte, mais la fin du rp approche, et mon inspiration s'éloigne !

Troisième année RP (2043-2044)

Les bras striés de blanc.  PV 

Son esprit reprend contact sous les mots d'unes des trois ombres. Qu'est-ce qu'elle fait ? Tais-toi ! Ne dis pas ces mots. Ils semblent tellement vrais. La voix semble adulte. Ce ne sont pas des anges, elle est vivante. Son cœur bat, son sang circule dans ses veines. Ça fait mal. Elle étouffe, l'enfant pleure. Elle le supplie de se taire mais rien ne s'arrange. Tout est de sa faute. Pourquoi tout le monde s'acharne à dire qu'elle ne va pas bien ? C'est pas vrai. Tout. Va. Bien. Sa main agrippe quelque chose. Un vêtement ? Elle tire dessus. Arrêtes de dire ça, c'est pas vrai. Arrête. Arrête. Arrête ! Un croassement ignoble sort de sa gorge.

« Je vais bien. Je vais bien. Je vais bien !»

Elle frappe l'air de ses membres. Laissez-la tranquille. Partez. Loin ! Sa main est mouillée, le liquide volette partout. Du rouge. Elle a du rouge sur sa main. Du rouge ? Elle hurle. Un cri aigu, fort, terrorisé. Elle gratte le sol de ses pieds pour s'écarter des silhouettes. Elle a peur. Sauvez-là, s'il vous plaît. Sa tête tape le mur, elle essaye de s’assommer. Ne plus voir ce rouge. Tout faire pour ne plus voir cette couleur affreuse. Meurs si tu veux, exploses-toi la tête contre le mur mais arrête de regarder ta main. On dirait une démente, une folle furieuse.

« Du rouge ! »

Des larmes coulent sur son visage, y laissant des traînées glacées. Elle a froid. Tout ses mouvements se stoppent. Comme si on l'avait mit sur pause. Ses bras agrippent les pans de la cape noire qu'elle porte. Elle s'en recouvre. Leurs regards lui font l'effet d'une douche glacée. Détournez-les. Elle est affreuse, ne la regardez pas, vous allez devenir aveugle. Son image va vous brûler la rétine.

« Je suis désolée. Sa voix se brise à la fin de sa phrase. »

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

Les bras striés de blanc.  PV 

L'ambiance était froide. Très froide. Toutes les personnes présentes semblaient être désarmées face à la situation se déroulant devant elles. Une jeune fille, semblant être un peu plus âgée que les autres poussa un petit rire, à moins qu'il ne s'agissait d'un cri animalier, mais ça restait à méditer. Puis, ses yeux se mirent à briller : elle allait pleurer. Les larmes aux yeux, elle répliqua à ce qu'Ambroise venait de dire. Selon cette jeune personne, elle n'était pas amie avec la fillette gisant au sol : non, il en était hors de question ! Elle la traita d'ailleurs de folle. Faire de la dépression -pouvant ainsi pousser à la mutilation- était-ce donc un signe de folie ? Pour Ambroise, c'était faux : cette fillette n'était pas folle, elle avait seulement besoin d'aide. Besoin d'une main qui se tendrait à elle : ainsi, elle pourrait, peut-être, la saisir, et pourrait tenter de sortir la tête de l'eau. Malgré de telles réflexions, la directrice de maison ne dit rien... elle mit alors les dires sur la jeunesse de la personne : un jour, son avis allait, sans doute, changer. Avant même qu'Ambroise n'eut le temps de répliquer, celle-ci avait déjà passé la porte... Elle semblait être très affectée par ces images : plutôt terrifiantes, et pouvant être traumatisantes - notamment pour des personnes d'un tel âge.

Pendant ce temps, au sein des toilettes, se trouvait une autre jeune fille. Ses yeux étaient rouges, elle semblait être peinée, mais aussi avoir énormément pleuré : peut-être était-elle amie avec la fillette en détresse ? Ambroise n'en savait rien. Pourtant, elle vit celle-ci tourner les chevilles, et partit des lieux... Tout cela, sans même dire un mot. 

Il ne restait maintenant plus que deux personnes au sein des toilettes : la jeune fille, et la directrice de maison. Celle-ci bougeait dans tous les sens tel un vers de terre.. son sang coulait. Nombreuses étaient d'ailleurs les tâches rouges au sol. L'élève soutenait que tout allait bien, et pourtant, la situation prouvait bien le contraire : elle avait besoin d'aide, ou tout du moins de parler. 

Tout à coup, celle-ci commença à se frapper la tête contre... un mur. Celui-ci était fait de pierres, si elle continuait, elle allait se faire mal. Très mal. Ambroise se devait d'intervenir, elle ne pouvait laisser l'une de ses élèves se frapper, se faire du mal. Sous ses yeux. Mais, avant qu'elle ne dise quelque chose, celle-ci s'arrêta, puis des larmes roulèrent sur ses joues : elle semblait s'être calme, pour le moment, tout du moins. Ambroise en profita ainsi pour s'avancer vers l'étudiante, elle s'assit à côté d'elle. Ni trop près pour ne pas l'effrayer, ni trop loin pour marquer une distance entre elles. Puis, elle sortit de sa poche un mouchoir, et lui tendit tout en lui disant : 

Tenez. Il ne s'agissait que d'un vulgaire morceau de tissu blanc, mais il aurait pu lui servir : s'essuyer les larmes, l'utiliser en guise de compresse, ou encore se moucher, qu'importe. Ambroise regarda ensuite ,rapidement et discrètement, les blessures de la jeune fille, elles ne semblaient pas être alarmantes, mais il serait malgré tout préférable de la conduire jusqu'à l'infirmerie, et pourquoi pas lui parler. Un peu.  Tout en regardant ses yeux, la directrice de maison dit : Souhaitez-vous que je vous accompagne à l'infirmerie ? Peut-être voudriez-vous en parler, un peu ? Ambroise lui avait proposé cela car, parfois, le fait de parler à un individu (qu'importe de qui il s'agisse) aider à relativiser certains moments de la vie, assez compliqués, pouvant pousser à de tels actes. A moins, que vous ne préfériez être seule, bien que je doute que ce soit véritablement une bonne idée, et je dis ça pour vous, Miss.  Elle émit ensuite, un petit sourire de compassion, qui elle espérait, allait rassurer la jeune fille.

Absente tout le mois d’août.

Les bras striés de blanc.  PV 

Il y a un démon à l’intérieur d'elle. Elle le voit. Elle le sent. Il la mange, vivant à l’intérieur d'elle… Un démon qui crie d'agonie, qui supplie mais que personne n'écoute. Un démon qui lui aspire le sang dans un horrible bruit. Un démon qui lui brise les os, qui lui broie les organes et qui la laisse pour morte sur le sol de pierres. Un démon qui l’engloutit. Que personne ne voit mais qui pourtant mesure 20 mètres et est peint en jaune fluo. Personne ne voit jamais rien. Jamais. Ils laissent les gens crever seuls, tout ça car ça ne les regarde, soi-disant, pas. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Pourquoi est-ce que tout lui tombait toujours dessus ? Qu’avait-elle fait ? Si elle avait fait quelque chose, pourrait-elle réparer ses actes et l’échanger contre sa santé mentale ?

Elle perdait l’esprit lentement, mais sûrement, et elle le savait. Elle sombrait devant les yeux de tous, et personne ne semblait le remarquer. C’est comme si elle criait de toutes ses forces et que tout le monde lui souriait et lui faisait des signes quand elle passait. Ses pensées faisaient un nœud dans sa gorge, brouillaient son esprit et l’empêchaient de respirer. Elle ne pouvait plus respirer. Elle ne pouvait que haleter, mais ce n’était pas suffisant. Elle avait l’impression que ce ne serait jamais suffisant pour arrêter la douleur. Ce ne serait jamais suffisant pour remplir le vide au fond d'elle. Elle ne pouvait plus respirer et Elle avait besoin de quelque chose pour arrêter la douleur qu’elle ressentait à l’intérieur d'elle.


Elle passa sa main sur son visage, la leva devant ses yeux et regarda le liquide transparent qui glissait et se demanda pourquoi il n’était pas rouge. Si son âme était meurtrie. Si elle se sentait écartelée de l’intérieur, alors Elle devrait saigner. Ses larmes devraient être des larmes de sang. Mais ce n’était pas le cas et les larmes n’empêchaient pas la douleur. Elle haletait alors qu’Elle essayait d’aspirer l’air dans son âme, mais la douleur était toujours là. Elle ne connaissait qu’un seul moyen pour rivaliser avec la douleur. Mais ce n'était plus possible. Ses amies étaient parties, elles l'avaient abandonné comme tout les autres. Comme le déchet gênant qu'elle était. Le tissu blanc se teinta de rouge. De ce liquide carmin qui lui permettait la vie. Mais à quel prix ? Pourquoi elle devait vivre si tout cela lui offrait seulement souffrance et désolation ? D'ailleurs, pourquoi avait-elle pris le mouchoir que lui tendait l'adulte ? Était-ce parce qu'il était blanc ? Elle détestait cette couleur. Trop pur, trop impersonnel. C'était sûrement pour ça qu'elle l'avait souillé de son être infâme. L'enfant dans sa tête cria de désespoir, il n'aime pas quand il voit du sang. Mais l'autre voix lui hurlait de s'enfuir, de se couper le bras jusqu'à se l'arracher, de quitter cette salle et la personne qui y restait. Pourtant, elle ne fit rien de tout ça. Elle se contenta de laisser ses larmes couler encore quelques minutes d'un interminable silence. Depuis combien de temps se tenait-elle là ?

« -Madame. Pourquoi mon papa et ma maman ils font comme si j'étais pas là ?

Elle ne savait même pas pourquoi elle avait dit ça. L'envie de se confier avait encouragé l'enfant à parler. L'enfant qu'elle était sans le masque de froideur qu'elle revêtait. Un simple gosse écrasé par la vie. Elle se rapprocha de l'adulte. La dégoûtait-elle ? Sûrement.

- Est-ce que vous me voyez, vous ? Je suis un fantôme.

Les mots prononcés avec détachement se percutaient en elle, envahissaient ses pensées, la consumaient dans un tourbillon d’ombre et d’obscurité. Ils encerclaient son cerveau, se ployaient pour la rendre folle, elle ne parvenait pas à les faire sortir. Elle ne parvenait pas à arrêter l’assaut qui se déroulait à l’intérieur d'elle.

- Je me perds. Je sais pas où je vais. »

Enfermée dans sa petite bulle. Perdue pour le monde extérieur.

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.