Couloirs

Inscription
Connexion

Invasion  PV Charlie 

Comme à son habitude, Lucy déambulait dans les couloirs en destination d'un endroit calme et serein où elle pourrait dessiner tranquillement, sans être interrompue par la cacophonie infernale des élèves de Poudlard, et particulièrement des premières années.
Voici quelques temps, la jeune fille avait trouvé un recoin, un peu sombre, certes, mais totalement calme : personne n'y allait jamais, ce qui arrangeait bien la rouquine, dans son besoin de solitude. Ce petit endroit était alors devenu son recoin. Elle se l'était approprié, et pour rien au monde elle n'aurait cédé cet endroit. Enfin, si. Pour retourner en ce jour de juillet 2042, lorsqu'elle avait reçu sa lettre et l'empêcher d'arriver. Elle ne serait jamais allée à Poudlard, et tout ça ne serait jamais arrivé.
Mais... Mais elle n'aurait jamais rencontré cette fille qui hantait son esprit depuis des mois, cette fille devenue le sujet principal de ses dessins...
Lucy chassa ces pensées de sa tête. Elle était là, de toute manière, qu'elle le veuille ou non, et durant ce temps qu'elle avait passé à rêvasser, elle avait avancé vers son endroit. Elle s'apprêtait à y poser ses affaires, et à dessiner encore et toujours la petite blonde, espérant presque qu'elle vienne troubler sa quiétude.

*Quelques mots, quelques battements de coeur ratés, le bruit des pas, puis le silence, l'absolu silence, que rien ne troublerait, à part le coeur qui battrait tellement fort qu'elle l'entendrait...* songea Lucy, la tête dans les nuages.

Elle posa ses affaires par terre et s'assit. Elle disposa comme à son habitude son carnet bleu devant elle, et le vert à côté. Puis elle sortit quelques crayons de couleur et commença à crayonner en chantonnant discrètement. Elle n'avait rien à craindre, dans ce coin : elle était seule.
Des bruits de pas se rapprochaient. Elle ne prit pas la peine de fermer ses cahiers, mais elle cessa de chantonner. Histoire que la personne qui arrivait n'ait pas l'idée de passer dans ce lieu habituellement désert...

Luehssyie Woudde Pecker
PATA-P & GIFeuse w/ C.M²
Parce que tous les nuages du monde n'empêchent pas les pleines lunes

Invasion  PV Charlie 

[ FIN JUIN 2043 ]
Charlie, 13 ans.
2ème Année


Image


Charlie traversait les couloirs un par un, à une vitesse aussi vive que surprenante pour sa petite taille. Attentive à ses pensées plus qu’au chemin qu’elle empruntait, tout son corps se soulevait de détermination. Chacun de ses pas déployait une force bien trop forte, bien trop inutile ; mais tellement nécessaire à sa conscience effervescente. Ses jambes se jetaient sans retenue, son corps se faufilait entre les silhouettes trop peu visibles ; vers la volière.
Entre les doigts de la gryffone, un parchemin vierge qu’elle mourrait d’envie de remplir. Elle avait pourtant hésité toute la matinée, plongée dans l’observation de son lit à baldaquin qui n’avait rien d’exceptionnel : il lui servait uniquement de moyen pour accéder à ses pensées les plus transparentes. Les pensées opaques étaient si simples à comprendre pour elle, la Rouge et Or pouvait les voir arriver, elle avait ainsi le temps de les analyser et de finir par les déchirer avant même que ces pensées ne la frappent. Les pensées transparentes, au contraire, ne prévenaient jamais, elles étaient autant invisibles que violentes. De toutes les pensées, c’était même les plus brutales. Alors, Charlie s’allongeait quelques fois dans son lit à baldaquin, et tentait de toucher ces quelques pensées transparentes avec les mains, en essayant de ne pas se les prendre dans la figure.
Ce matin, c’était raté. La gryffone s’était pris une de ses pensées transparentes les plus brutales dans la gueule.

Si le parchemin écrasé dans la paume de Charlie pouvait hurler, les murs en ressentiraient de la peine ; de cette peine qui pousse à détourner le regard puisqu’il n’y avait rien à faire. Les pas qui résonnaient sinistrement contre les nombreuses voutes étaient bien trop déterminés, bien trop durs pour être arrêtés. Pourtant, ce n’était que de simples pas, et il suffirait d’un seul mot pour les détruire, ces pas.
L’esprit de la Rouge et Or était étrangement calme, la pensée brutale ressentie quelques heures plus tôt l’avait expulsée de sa propre conscience. Elle passait dans les couloirs comme une ombre, et pourtant — mis à part le parchemin broyé entre ses doigts — Charlie paraissait paisible. Son regard était vif, se posant sur chaque obstacle, chaque élève, chaque lampe, chaque fenêtre. Elle faisait attention à tout, et à tout le monde. Elle se retournait parfois sur des visages ou sur des objets trainant par terre ; ce qui contrastait avec le caractère habituel de la gryffone. Elle paraissait intéressée par tout, et tout le monde ; comme si c’était ses derniers instants, elle profitait de tout ce qui s’offrait à son regard.
Le fait est qu’elle n’y accordait que très peu d’importance, elle butinait de ses yeux sans jamais ressentir la moindre pensée dans son esprit. Elle était fermée dans son ouverture, totalement hermétique à toute émotion. Son esprit était décalé, il n’était pas concentré à se déplacer. Charlie était enfermée dans une prison où elle s’imaginait déjà noircir le parchemin. La Rouge et Or était paisible, mais seulement d’apparence.

Le sifflement du vent entre les différents interstices était imperceptible pour toute oreille classique, même l’ouïe de la gryffone qui pouvait en percevoir le murmure n’entendait rien. Elle avançait, aussi absente dans son corps qu’elle était présente dans son esprit. Rien d’exceptionnel n'arrivait à lier son corps et son esprit, tout était bien trop normal dans ce château.
C’est pour cela que ce ne fut pas sa vue qui arrêta net sa marche, ce ne fut pas son ouïe non plus ; le responsable de cet arrêt était ce sixième sens permettant de ressentir une oppression. Ce sens qui nous hurle qu’on est surveillé, qu’on nous observe attentivement, qu’on nous scrute. La conscience de Charlie tourna instinctivement sa tête vers la droite. *Mais…*. Dans un renfoncement légèrement obscurci, une fille à la chevelure rousse dégageait toute l’oppression que ressentait la Rouge et Or. Tout allait beaucoup trop vite.

D’un mouvement vif, elle dégaina sa baguette de son fourreau et articula clairement : « Lumos ». Elle fit deux grands pas pour se retrouver juste en face de l’Oppression.
Le sortilège d’Allumage de la gryffone était intense, c’était un des sorts qu’elle maitrisait le plus ; même si la pénombre dans laquelle était plongée cette fille ne nécessitait pas d’éclairage tant elle était faible.

Paralysie.
« Attend-moi », léviTemps sur l'Océan *Plic*
Ton Cavalier des Élans, à l'Éternel.

Invasion  PV Charlie 

- Ah !

Surprise par l'éclaircissement soudain et très lumineux - trop pour les yeux de Lucy - de la pièce, elle avait crié. Qui était là ? Pourquoi cette fille - car c'était une fille qui était arrivée et avait lancé un sortilège d'allumage - venait ainsi l'agresser, pénétrer dans son recoin ? Qu'avait-elle à faire ici ? Et… Ses carnets. Elle avait vu ses carnets. Elle avait vu les dessins d'Ada. Les étoiles autour d'elle, les dessins de chaque recoin de son bras. C'était pour elle un modèle et une mine d'inspiration inépuisable. Mais c'était aussi son jardin secret, et la dernière personne qui avait tenté de le percer s'était pris une claque. S'il fallait recommencer, elle n'hésiterait pas : pour protéger ses secrets, elle était prête à tout.

Elle regardait la jeune fille, attendant qu'elle baisse sa baguette, que la lumière s'éteigne. Puis elle baissa les yeux : elle ne pouvait pas supporter ce regard, dans lequel elle voyait tellement de choses négatives… Était-ce elle qui les lui inspirait ?


- Va-t'en.

Ces mots, qu'elle trouvait violents, car ils claquaient fortement dans sa bouche, contrastaient avec la douleur avec laquelle elle les avait dits, d'un ton presque suppliant. *Laisse-moi tranquille.*

- S'il te plaît.


La présence devenait invasive. Oppressante, pour la rouquine, qui ne souhaitait qu'être en paix, loin des autres. Elle serra les dents, attendant que l'autre réponde à sa demande.

Luehssyie Woudde Pecker
PATA-P & GIFeuse w/ C.M²
Parce que tous les nuages du monde n'empêchent pas les pleines lunes

Invasion  PV Charlie 

Ignorant totalement le cri de la fille aux cheveux de flammes, Charlie fit avancer encore plus sa baguette vers le visage laiteux. Le reflet du sortilège d’Allumage dans les lunettes de Lucy obligea la gryffone à plisser les yeux. Elle n’arrivait pas à atteindre le regard qui lui faisait face à cause du verre trop opaque de clarté ; mais sa peau éclairée comme un halo prenait une grande place dans la conscience de la Rouge et Or. Déplaçant sa baguette avec minutie, elle ne se gênait pas pour scruter cette peau si blanche ; presque translucide. *C’est…*. Elle n’arrivait pas à trouver le mot précis pour cet épiderme brûlé par son Lumos ; sa présence et son aura.
En même temps que le regard de Lucy, Charlie baissa sa baguette vers les dessins.

Tss… chiqua sa bouche imperceptiblement. Les crayons brillaient étrangement sous la lumière blanche, et les couleurs des dessins étaient noyées. *'pas discrète*. C’était une pensée simple, claire. Cette fille dessinait, mais tout ce que Charlie voyait se résumait à ses couleurs : Jaune et Noir. La voix de Lucy frappa la première, d’un ton cassant et un peu trop fort. Il y avait aussi un relent de blessure, mais la Rouge et Or ne perçut aucunement ce versant.
Sa baguette vola vers ce visage d’une blancheur plus transparente que le sortilège lui faisant face ; le sourcil droit de Charlie se souleva d’étonnement. *Bien…*. Son esprit soupira alors qu’elle scrutait à nouveau cette peau. Translucide, sans forme ni attache. *Trop vide*. « S'il te plaît ». Une supplique qui provoqua une inspiration plus profonde que les autres chez la gryffone.

Elle continuait à regarder la peau trop blanche, à défaut de pouvoir croiser le regard de cette fille. Ses pores étaient envahis et brillaient comme des étoiles dans un ciel noir. C’était un spectacle étrange, qui tint Charlie concentrée durant quelques secondes ; puis elle abaissa sa baguette le long de son corps, sans mettre fin à son sortilège.

Avec les quelques restes de lueur plaqués sur le visage de Lucy, la gryffone put observer l’entièreté de ses traits ; elle les trouvait plutôt beaux, même si la présence de la transparence était bien trop forte. *Aller…*.
Charlie se rendit soudainement compte que le parchemin vierge était moins écrasé dans sa main gauche qu'il y a instant, ce qui lui arracha une grimace. Elle reprit le contrôle de sa volonté et ses doigts broyèrent à nouveau ce support pas encore noirci.
Le comportement de Lucy n’avait rien d’exceptionnel, le corps et l’esprit de la gryffone n’arrivaient toujours pas à se lier.

T’perds pas, déclara-t-elle pour l’Autre, mais bien plus pour elle-même.

Elle fit volte-face, et engagea son premier pas vers la volière.

Paralysie.
« Attend-moi », léviTemps sur l'Océan *Plic*
Ton Cavalier des Élans, à l'Éternel.

Invasion  PV Charlie 

Elle était bête. Elle avait souhaité qu'elle baisse sa baguette, et là, elle venait de la baisser. Mais plus bas, il y avait les dessins. Les dessins si secrets. Elle les avait vus, c'était sûr, à présent, puisque Lucy entendait le son, méprisant, qui sortit de la bouche de l'autre fille. Ce son qui la blessait, bien plus que le fait qu'elle ait pu regarder son jardin secret.

Elle referma rapidement le cahier, et les pages s'entrechoquèrent dans un claquement léger, presque imperceptible si elle n'avait pas prêté attention au son du papier, pendant que la baguette se relevait encore une fois vers son visage. La rouquine tourna la tête, pour ne pas voir la fille la dévisager. Qu'est-ce qu'elle lui voulait, celle-là ? Pourquoi elle continuait à la regarder, à l'inspecter de cette manière ?

Quand la brune laissa pendre sa baguette près de son corps, Lucy recommença à la regarder. Elle se leva, et soutint le regard de la jeune fille en face. Elle ne savait pas si elle voyait ses yeux, mais la première année, elle, voyait très bien ceux de la fille, décidés, et qui inspectaient son visage, à la recherche de… Elle ne savait pas ce que cherchait la Gryffondor, mais ce n'était pas agréable, ces yeux sur sa peau.

Puis, surprise, elle lui adressa trois mots. "T'perds pas." Ca voulait dire quoi, ça ? Dans quoi elle pouvait se perdre ? On était en juin, c'était trop tard pour se perdre dans le château. Et enfin, en apothéose, la fille se retourna et commença à marcher vers une autre direction. 

Quoi ? C'était tout ? Elle n'avait rien d'autre à lui donner ? Déçue, la jeune fille l'apostropha :

- C'est tout ?

La voix légèrement mélancolique : elle avait vu dans ses yeux et dans ses bruits de bouche et sa voix, qu'elle avait des trucs à lui apprendre.

- Je t'ai entendu, ton petit bruit sur mes dessins. Apprends-moi des trucs, au lieu de critiquer !

Luehssyie Woudde Pecker
PATA-P & GIFeuse w/ C.M²
Parce que tous les nuages du monde n'empêchent pas les pleines lunes