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 RPG   PV  Rancœur de choix

SAMEDI 25 AVRIL 2043
COULOIRS DU SIXIEME ETAGE


Un pas, un deuxième, un troisième, et qui s'enchaînent. La marche tournait en une ronde linéaire qui ne prendrait jamais fin. Voilà la routine qui se déroulait, loin de ces regards incessants d'ignorants, loin de ces bruitages dérangeants ; dans la solitude, la plénitude des couloirs de Poudlard. Loin de tout ce monde immonde qui lui incombait cette responsabilité de faire front, de faire face, d'assumer. Ignoble. Tout ce qui lui était demandé devait être noble ; était simplement ignoble. Infâme. Elle devait être adulte, elle devait être femme, et elle n'était qu'enfant ; fillette. C'était exactement le problème. 

Ce problème persistait : entre ses lèvres comme un abcès, dans sa peau comme une plaie, au fond de sa gorge, dans sa rétine ; des futures cicatrices sur son Âme, voilà ce qui se profilait à l'orée de la forêt buissonnante qui la composait. Tout son corps était sujet à cette infection qui lui tordait les boyaux dès qu'elle n'était pas seule, dès que ces autres, ces Idiots comme avait si bien dit Aelle selon les dires, l'entouraient et lui bouffaient cet oxygène qu'elle nécessitait, l'étouffaient dans ce cocon de pression. Son diaphragme ne parvenait plus à se surélever, n'arrivait plus à éviter d'écraser les poumons creux, vides, désertiques de Mad ; il s'appuyait de tout son poids sur ses organes. Il la comprimait, au fond de son cœur, et son corps n'était alors plus irrigué des denrées indispensables à sa survie. Elle mourrait simplement, sous l'impulsion de ces autres qui la dévorait.

Des autres, il y en avait partout, tout le temps, sous toutes leurs formes disgracieuses. A prendre une place qu'ils occupaient déjà trop ; comme si ça ne leur suffisait pas, comme s'ils en avaient besoin même. Même dans ce couloir du Sixième Étage avec son plafond haut, ses voûtes épaisses, ses pierres grises, où une blonde avait trouvé refuge, pour se sentir enfin en paix et apaisée. Visiblement, ils allaient lui courir après jusqu'à sa mort -qui finirait bien par arriver, inutile de se voiler la face- et la tranquillité ne parviendrait jamais à la peupler entièrement malgré toutes leurs tentatives acharnées.

Malgré ce constat, Mad éprouvait un malin plaisir à croiser cet Autre. Celui là particulièrement. Celui qui venait de perturber sa paisibilité en pénétrant au bout de ce couloir était aussi la source de ses tergiversements incessants, en particulier depuis les quelques jours qui venaient de s'écouler, et le croiser devenait désormais une aubaine précieuse. Permettre de remettre à plat ce  qui se mouvait un peu trop ne serait pas du luxe. Et cet autre était le mieux placé pour le faire. Chu Jung Xue. 

En voyant son visage lointain lui parvenir peu à peu, la Gryffondor n'avait d'abord pas su comment réagir, la panique menaçant de la gagner à tout moment. Cependant, elle s'était rapidement ravisée en le voyant approcher, avait adopté un visage neutre, impassible, froid et l'avait observé réduire la distance entre elle et lui peu à peu. La jeune fille n'avait pas su déterminer s'il souhaitait en premier lieu se diriger vers elle ou non mais l'interpellation qui avait résonné dans les muqueuses des murs avait su attirer l'attention du garçon :

- Tu te souviens de moi ?

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

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CHU-JUNG


PLOP … PLOP …… PLOP ……… PLOP

La main tendue devant lui, Chu-Jung observait les gouttes d’eau s’écraser sur ses phalanges puis se figer à l’extrémité de ses doigts sur l’injonction de sa magie. Suspendues au-dessus du vide, les gouttes défiaient les lois de la gravité. Des lois que Chu-Jung aimait neutraliser quand ses pensées se diffusaient lentement autour de lui comme en cet instant. Assis en tailleur contre un mur, quelque part dans ce vaste château étranger, il laissait ses pensées vagabonder d’un sujet à un autre en excluant toute suite logique. Cette technique de relaxation lui venait de l’un de ses professeurs préférés.

La première épreuve était derrière lui, il regardait vers la deuxième désormais.

Un sourire aurait pu se dessiner sur ses lèvres si les sévisses endurées par le passé n’avaient pas détruit sa faculté à être heureux. Il avait toutes les raisons de l’être pourtant… maintenant qu’il avait acquis la certitude qu’un dragon se présenterait bientôt sur son chemin.

PLOP ! PLOP ! PLOP ! PLOP !

Chu-Jung relâcha sa vigilance et avec elle cette magie agglutinée dans cette main tendue. Ce faisant, les lois de la nature précipitèrent les gouttes d’eau vers le sol où elles s’écrasèrent dans un concert de tintements sourds. Chu-Jung essuya sa main sur son pantalon en se mettant debout et se mit en quête d’un retour dans le parc. Il ne soupçonnait pas un seul instant que le hasard, ce délicieux hasard, le placerait sur le chemin de cette fille. Cette fille avec qui il avait refusé de nouer une alliance et qui s’apprêtait, selon sa propre idée, à le lui reprocher.

Pour toute réponse, Chu-Jung se contenta de soutenir son regard. Sans animosité, sans trouble, il regarda au fond de ses yeux, cherchant à accrocher l’orée de son âme. Après, seulement après ça, il hocha la tête.

« Oui, Mad. »

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.