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 RPG+  SOS Chou-ve-qui-peut !  PV Eileen E. 

Début juin

La tête dans les nuages, comme à son habitude, Lucy marchait distraitement dans les couloirs, sans destination précise. Elle s’arrêtait parfois, discutait de la pluie et du beau temps avec les résidents des différents tableaux. En cette fin d’année, la fillette était très différente de celle qu’elle était à son entrée à Poudlard. Plus confiante, elle se sentait enfin dans son élément et quelque part, discuter avec des personnes enfermées dans des tableaux avait quelque chose de réconfortant. Elle, elle était de chair et d’os. Eux, c’était juste de la peinture et… et quoi, d’ailleurs ? Excellente question. Elle tourna aussitôt les talons et se dirigea vers la bibliothèque, afin d’interroger les livres. Elle aurait peut-être pu demander directement aux tableaux, mais elle n’osait pas poser une question aussi délicate. Lucy plongea la main dans son sac qu’elle portait en bandoulière pour en sortir quelques choux. Perdue dans ses pensées, tout en dévorant avidement ses choux à la crème comme si elle n’avait pas mangé depuis des jours, elle ne prêtait pas du tout attention à ce qui l’entourait. A l’angle d’un couloir, alors qu’elle se léchait les doigts d’une main tout en tenant dans son autre main potelée un énième chou, elle ne vit pas arriver la masse qui la heurta d’un coup.

Elle recula de quelques pas, manquant de tomber. Face à elle, se trouvait une grande silhouette costaude, qui la dépassait aisément de deux têtes. C’était une élève d’année supérieure, que Lucy ne connaissait pas.

« Pousse-toi de là, mini-pouce. » grogna l’élève. Elle toisa Lucy de la tête aux pieds. La fillette recula de quelque pas et plaça un bras protecteur autour de son sac qui renfermait ses choux à la crème. Un étrange sourire se dessina sur les lèvres de la fille. Lucy ne savait pas comment l’interpréter. Elle bredouilla quelques excuses et tête baissée, elle repartit en direction de la bibliothèque.

« Regarde où tu vas la prochaine fois ! Quoi que de toute façon, t’es tellement grosse que tu prends toute la place dans le couloir. » Un rire gras suivit ces propos. Trop, c’était trop. Lucy n’avait pas l’intention de se laisser faire. Elle se retourna et planta son regard dans celui de la personne qui l’embêtait.

« Ce n’est pas gentil de dire ça ! Ta maman ne t’a jamais dit qu’il ne fallait pas dire des choses méchantes ? Dis pardon ! ». Elle croisa les bras avec un air de défi. Elle avait suffisamment subi de moqueries à l’école primaire. Il était maintenant hors de question qu’elle laisse une telle chose arriver à Poudlard. Elle se défendrait bec et serres s’il le fallait, elle ne se laisserait plus marcher sur les pieds.

« Ben dis donc, tu réponds, cochon de lait ? Qu’est-ce que tu as dans ton sac ? Des cochonneries pour t’engraisser encore plus ? J’ai un petit creux. Donne-moi tout ce que tu as. », Continua la brute en souriant. Lucy ouvrit de grands yeux effrayés. Elle s’était préparée à tout, sauf à cela. S’échanger des insultes, pourquoi pas. Se prendre des coups, elle les rendrait. Mais si on voulait lui voler ses pâtisseries… si on parvenait à lui voler ses choux à la crème… C’était la fin de tout. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Paniquée, elle regardait un peu partout, cherchant une échappatoire. Mais où étaient Annie, Chems ou encore Tally ? Dans une telle situation, n’y avait-il personne pour l’aider ? Elle était seule, dans ce couloir peu fréquenté où l’avaient menée ses pas distraits. Et pourquoi avait-elle répondu à cette fille, alors qu’elle aurait pu passer son chemin… Quelle idiote elle faisait. Elle enroula ses bras autour de son sac pour le protéger et, tandis qu’elle reculait de quelques pas, la fille s’avançait de plus en plus vers elle, toujours en souriant. Bientôt, Lucy se retrouva adossée au mur, prise au piège.

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 RPG+  SOS Chou-ve-qui-peut !  PV Eileen E. 

C'était une belle journée du mois de juin comme Eileen les aimait tant. La fin de l'année approchait alors certes, ça voulait dire examens mais c'était aussi synonyme de l'approche des vacances, de météo clémente et même les professeurs semblaient sensibles à ce changement. En tout cas, la fillette avait l'impression d'avoir moins de devoirs et plus de temps pour sortir flâner dans le parc ou s'entraîner au Quidditch. Elle était donc de particulièrement bonne humeur et ne comptait pas plonger la tête dans les bouquins de suite. Pas avant le couvre-feu qui l'obligerait à retourner dans sa salle commune en tout cas. D'ici là, le parc l'appelait, irrésistiblement. Enfin, pour être honnête, c'était plutôt la forêt interdite qui l'attirait mais, jusque là, elle n'avait jamais osé s'y risquer de peur de se faire prendre. Oui, le danger qui y régnait - soit-disant - n'était pas ce qui lui faisait peur. Se faire renvoyer de l'école par contre, c'était une toute autre histoire. Mais un jour, elle irait, elle se l'était promis. Elle avait encore six longues années devant elle, il lui fallait donc être rusée... attendre d'en savoir plus en magie, en l'occurrence pour minimiser les chances de se faire griller.

En attendant, elle sautillait dans les couloirs, sifflotant joyeusement tout en se dirigeant vers la grande salle pour récupérer de quoi grignoter dehors. Un pique-nique, son carnet de dessins dans son sac qu'elle portait en bandoulière, voilà qui annonçait une bonne fin d'après-midi. Rien ne pourrait gâcher cet instant. Rien ? Ce n'était pas si sûr. S'il y avait bien une chose dont la fillette avait horreur, c'était quand les grands profitaient de leur stature pour tyranniser les plus petits ou faibles qu'eux et, au détour d'un couloir, c'est pourtant la scène qu'elle vit sous ses yeux. Y'avait là une brute menaçante et fière d'elle parce qu'elle avait pris au piège une élève de première année qu'Eileen avait déjà vu en cours. Une Serdaigle un peu timide si ses souvenirs étaient bons et qui, en tout cas, ne méritait pas un tel traitement.  La Serpentard aurait certainement eu peur d'affronter la brute en temps normal mais là, c'était trop. Elle ne voulait pas que ça lui pourrisse sa bonne humeur et, allez savoir pourquoi, elle se sentait pousser des ailes à l'idée d'aider l'élève en détresse.

"Laisse tomber, dans son sac, elle n'a que des choses qui vont te rendre malade. Genre des bouquins. Enfin faut savoir lire quoi donc c'est pas pour toi."

Au moins, avec une telle entrée en matière, elle espérait que la brute allait plutôt s'occuper d'elle et ça permettrait à la Serdaigle de reprendre un peu contenance. Fallait juste espérer qu'elle n'en profiterait pas pour s'enfuir sinon, Eileen était mal barrée. Enfin, elle pourrait toujours courir elle aussi et elle connaissait à bien connaître les couloirs donc, ça tournerait peut-être à son avantage ? En tout cas, sa salle commune n'était pas bien loin, elle y trouverait sûrement de l'aide. Si jamais elle arrivait jusque là en tout cas.

"Et si t'allais voir ailleurs si on y est, plutôt ?"

La provoc', c'était ça son arme du moment. Tout plutôt que de montrer qu'elle avait peur et qu'elle commençait sérieusement à se demander dans quel guêpier elle venait de se fourrer. Son cœur battait la chamade et elle avait du mal à déglutir mais elle était aussi bien trop fière pour le montrer. Restait à espérer que la grosse brute allait battre en retraite en voyant qu'il y avait maintenant un témoin... ou que d'autres élèves allaient faire irruption pour désamorcer la situation.

Deuxième année RP (2043-2044)
En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j’atteins.

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Adossée au mur, ses petits bras potelés encerclant son sac plein de victuailles, Lucy tremblait de tout son corps. Pourquoi avait-elle répondu à cette brute ? Si elle avait gardé le silence, elle ne se serait peut-être pas retrouvée dans une telle situation. Maintenant, sa persécutrice semblait bien décidée à lui subtiliser ses pâtisseries. Le cœur de la fillette battait à la chamade, tandis qu’une petite voix répétait en boucle dans sa tête « Bats-toi, bats-toi ! », mais elle restait figée sur place. Son regard planté dans celui de la grande, elle sentait ses jambes faiblir et se dérober sous son poids. C’était comme si elle manquait de force : tant pour rester debout, que pour rétorquer quoi que ce soit ou pour s’enfuir. L’unique énergie qui subsistait était entièrement utilisée pour protéger la précieuse cargaison de la jeune Serdaigle.

Contre toute attente, une voix surgit dans le couloir. Lucy ne reconnut pas la voix en question, mais celle-ci affirmait que la petite asiatique n’avait que des livres dans son sac. Elle provoqua ensuite la brute, qui grimaça et se retourna. Lucy sentit un grand soulagement l’envahir. Quelqu’un était venu la sauver ! Saine et sauve, elle allait pouvoir s’échapper ! Elle s’apprêtait à détaler comme un lapin quand elle aperçut sa sauveuse. C’était une jeune fille de première année, comme elle. Elle ne semblait pas vraiment très costaude et pourtant, elle avait voulu l’aider. Lucy prit son courage à deux mains pour ne pas fuir. Tout doucement, alors que l’attention de sa persécutrice était tournée vers sa sauveuse, elle sortit sa baguette magique.

« T’as un problème, ma mignonne ? Tu insinues que j’sais pas lire, moi ? Ecoute, déjà, j’avais pas l’intention de lui faire quoi qu’ce soit, à ta copine, mais là vous commencez sérieusement à me taper sur les nerfs. » gronda l’élève. Elle s’avança vers la Serpentard tout en tâtant ses poches, probablement à la recherche de sa baguette.

« T’as d’la chance, on dirait que j’l’ai oubliée. Enfin de la chance, j’suis pas sûre finalement… » rigola-t-elle en levant les poings au niveau de son visage.

Lucy contemplait la scène, impuissante. Sa sauveuse semblait maintenant être dans une situation assez difficile, et cela, par sa faute ! Ses yeux brouillés par les larmes, elle ne les lâchait pas du regard et tentait de réfléchir à toute vitesse pour trouver une solution. Elle ne pouvait pas les laisser se battre, et elle-même ne serait pas d’un très grand secours. Que pouvait-elle faire pour éviter le combat ? 

« Si je te donne quelques choux à la crème… tu vas nous laisser tranquille ? » bredouilla Lucy, la voix toute tremblante sous l’effet de la peur. Elle essayait de se calmer, de respirer lentement et de réfléchir. Elle était à Poudlard, il ne pouvait strictement rien lui arrivait. La grande voulait probablement juste jouer un peu, elle ne devait pas être bien méchante. Juste quelqu’un qui s’ennuyait lors d’un banal après-midi…

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Le plan d’Eileen avait peut-être un peu trop bien marché pour son propre bien. Non seulement, elle avait agacé la grosse brute mais voilà qu’elle était maintenant beaucoup trop proche d’elle, ses poings levés, prête à combattre. Le pire, c’est que là où tous les signaux lui disaient de fuir, la fillette ne bougeait pas d’un iota. Elle avait peur, oui mais ce n’était pas ça qui l’immobilisait totalement. Les joues rougies par une intense colère, elle fulminait intérieurement. Quoi, cette idiote voulait prouver quelque chose en s’en prenant à plus faibles qu’elle ? Elle pouvait pas simplement se contenter de leur foutre la paix et de passer son chemin ? Et si elle n’avait pas eu l’intention de faire du mal à la Serdaigle, pourquoi l’avait-elle coincée au recoin d’un couloir ? Fallait pas la prendre pour une gourde non plus, même du haut de ses douze ans !

« Si tu savais lire, tu saurais qu’il est interdit de se battre dans les couloirs donc ouai, c’est ce que j’insinue. »

C’était fou ce qu’un coup de pression et d’adrénaline pouvaient faire faire comme bêtise. Intérieurement, Eileen regrettait déjà son audace mais elle ne comptait pas pour autant s’écraser. Oui, la brute lui faisait peur. Oui, elle allait sûrement prendre des coups et se mettre à pleurer mais tant pis, sa fierté lui interdisait de lâcher. Surtout que ça aurait bien trop fait plaisir à l’autre et ça, il en était hors de question. D’autant qu’elle risquait de l’enquiquiner à chaque fois si elle cédait maintenant. En tout cas, c’est ainsi qu’elle voyait les choses. Et puis, elle se sentait pousser des ailes à voir la Serdaigle derrière qui avait sorti sa baguette, prête à intervenir. L’autre n’avait rien vu, c’était parfait mais la Serpentard ne voyait quand même pas comment s’en sortir. D’autant qu’elle n’était pas bagarreuse, à la base. Certes, elle s’était déjà battu avec son frère mais c’était pour le jeu, pas pour se faire vraiment mal.

*Réfléchis Eileen, réfléchis.*

C’est à ce moment-là que l’asiatique intervint, proposant des choux à la crème à l’agresseuse. Celle-ci fit aussitôt un quart de tour sur elle-même de sorte à apercevoir les deux premières années mais à son regard mauvais, il était clair que la situation n’allait pas se résoudre si simplement. Elle leva un sourcil, prit le temps de regarder de la tête aux pieds la Serdaigle avant de ricaner et de répondre :

« Pour finir comme toi, non merci ! »

Cette fois-ci, Eileen ne chercha pas à répondre. Profitant que l’aînée était un peu moins menaçante envers elle et surtout moins à l’affût, elle passa derrière elle et se mit à courir en direction de la Serdaigle. Arrivée à sa hauteur, elle lui agrippa le poignet et lui donna un a-coup pour l’inciter à la suivre.

« Cours ! »

Elle connaissait le coin parfait pour se planquer mais encore fallait-il l’atteindre avant que la brute réalise ce qu’il venait de se passer. Elles n’en étaient pas loin : il suffisait juste de prendre le couloir à leur gauche, à une vingtaine de mètres d’elle et alors, elles pourraient se planquer derrière la statue du chevalier qui y était. Une alcôve suffisamment grande pour les contenir toutes les deux - du moins, Eileen l’espérait - mais pas assez pour attirer l’attention de quiconque n’avait jamais eu à se planquer dans le coin.

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 RPG+  SOS Chou-ve-qui-peut !  PV Eileen E. 

La proposition de Lucy flottait dans l’air. Quelques secondes passèrent. Lorsqu’elle avait prononcé ces mots, la fillette n’avait pas reconnu sa propre voix. Ce ton larmoyant et suppliant était bien le sien. Elle le connaissait par cœur. Mais la proposition d’offrir des choux à la crème, cela ne lui ressemblait pas. C’était le reflet de l’immense détresse qu’elle ressentait. Finalement, sa persécutrice la toisa d’un air mauvais avant de ricaner d’un air moqueur qu’elle ne souhaitait pas devenir comme elle. La petite Serdaigle se fit toutefois la réflexion que la brute aurait l’air bien plus sympathique si comme elle, elle était un peu sur la lune, mangeait à longueur de journée et avait autre chose qu’un flageolet dans la tête.

Et maintenant, que faire ? L’attention de la grande était à nouveau tournée vers elle. Discrètement, elle cacha sa main qui tenait sa baguette magique dans son dos, afin de l’autre ne s’en aperçoive pas. Elle déglutit, toujours figée sur place. Utiliser les mots, ça, elle savait le faire : pas toujours, mais parfois, elle arrivait à vaincre sa timidité et à répliquer quand il le fallait. Mais quand il s’agissait d’agir, c’était une autre paire de manches.

Elle ne vit pas arriver la Serpentard qui avait profité de l’inattention de la grosse brute pour foncer vers elle. Elle lâcha un hoquet de surprise lorsqu’Eileen saisit son poignet potelé tout en l’incitant à courir. Ses jambes qui jusque-là semblaient figées se libérèrent soudain et, son sac et sa baguette fermement tenus dans son autre main, elle se laissa traîner par la rousse. Lucy peinait à tenir son rythme : ses petites jambes, son obésité et son manque d’entraînement se faisaient ressentir. Un rire gras se fit entendre derrière elles. La fillette tourna la tête et aperçut leur persécutrice qui n’avait pas bougé d’un pouce et qui semblait secouée par un fou rire, tout en se tenant les côtes à deux mains.

Eileen l’entraîna dans un deuxième couloir et elles se glissèrent dans une alcôve derrière une statue de chevalier. Lucy haletait et peinait à reprendre son souffle ; pourtant elles n’avaient pas couru sur une grande distance mais la peur jouait sa petite part. Finalement, elle parvint à se calmer et à rassembler ses pensées. Elle se décala et coula un regard en direction du couloir. Personne. Elle ne les avait pas suivies. La Serdaigle soupira de soulagement.

« Merci… » chuchota-t-elle à sa sauveuse. « J’pense pas qu’elle nous aurait fait du mal, en fait. Elle n’a même pas essayé de nous suivre. Mais… mais… en tout cas, c’était… c’était chouette ce que tu as fait. J’ai eu très peur, pas toi ? » Maintenant au calme, la jeune fille prit un peu plus de temps pour observer sa camarade. Elle avait de beaux cheveux roux et un regard expressif. Lucy n’avait aucun doute sur son identité : Eileen Eastwood, une Serpentard de première année avec qui elle avait des cours en commun. Elle lui adressa un sourire reconnaissant.

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Tout à sa course, Eileen priait Merlin que la grosse brute décide d'en rester là. Il était évident à la respiration saccadée de sa camarade qu'elles ne pourraient pas courir ainsi longtemps et même si sa cachette n'était pas loin, cela voulait aussi dire que ça ne prendrait que quelques secondes à leur aînée pour les rejoindre. Et alors là... mouai, mieux valait ne pas y penser et se focaliser sur le plan du moment. Il serait toujours temps ensuite d'aviser au besoin. La peur lui donnant clairement des ailes, la Serpentard ne se laissa pas ralentir par Lucy qui trainait derrière elle. De même qu'elle ne la lâcha pas une seule seconde. Elles étaient dans la même galère, elle ne l'abandonnerait pas maintenant.

Heureusement, elles arrivèrent à hauteur de l'alcôve rapidement et l'espace était suffisant pour les contenir toutes les deux. Elles n'avaient pas beaucoup de place mais ce serait suffisant. Non qu'elles avaient le choix de toute façon. Par contre, la respiration haletante de la Serdaigle risquait de les faire repérer mais que pouvait-elle bien y faire ? Elle sortit sa baguette et la pointa vers le couloir, prête à agir si elle voyait l'autre débarquer. Cette fois-ci, elle ne lui laisserait pas le temps de faire quoique ce soit. Un petit "Petrificus Totalus" ferait l'affaire. Enfin, si elle arrivait à le lancer bien sûr et ce n'était pas non plus gagné. En cours, elle avait réussi mais il n'y avait alors pas la pression de se prendre des coups comme elle était persuadée que c'était le cas dans la situation présente.

C'est finalement Lucy - la Serpentard était à peu près certaine que c'était là son prénom - qui réussit à détendre l'atmosphère en jetant un œil hors de leur cachette. La grosse brute ne les avait pas suivi et, à bien y repenser, leur course effrénée dans le couloir l'avait bien amusée. Ça avait dû lui suffire.

"Tu rigoles ? J'étais terrifiée. Mais j'allais pas laisser cette idiote t'embêter tout ça parce qu'elle est plus grande que nous !"

Ça finissait relativement bien mais, pour être honnête, Eileen l'avait quand même mauvaise. Le rire de l'autre résonnait encore dans ses oreilles et de savoir qu'elle avait vu leur frayeur, ça l'agaçait au plus haut point. Elle ne savait pas encore quand ni comment elle allait s'y prendre mais elle se vengerait, nom de Merlin ! Enfin, encore fallait dire d'abord qu'elle la retrouve et elle ignorait même jusqu'à sa maison. Enfin, pas tout à fait. Elle était certaine que ce n'était pas une Serpentard. Elle ne connaissait pas tout le monde, certes, mais son visage ne lui disait rien. Si elles partageaient la même maison et la même table dans la Grande Salle, elle aurait au moins dû lui paraître familière. Le raisonnement se tenait aussi pour la maison Serdaigle. Après tout, elle n'imaginait pas qu'une grande aurait pu s'en prendre à une petite de sa propre maison. Donc, Poufsouffle ou Gryffondor. Très bien, c'était déjà une piste et elle finirait par aboutir, peu importe le temps que ça lui prendrait.

"Tu crois qu'on peut ressortir de là ? C'est que, j'aime pas trop les endroits étroits, tu vois."

Et c'était peu dire. Elle commençait à avoir très chaud et sentait qu'elle respirait avec de plus en plus de difficulté. D'ici quelques minutes, elle serait prête à affronter la brute plutôt que de rester là où elles étaient.

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Lucy était plutôt bien installée dans cette alcôve. Son souffle repris, elle observait distraitement son environnement ainsi que la jeune fille qui l'avait secourue. Cette dernière ne semblait pas être aussi à l'aise que la jeune asiatique : sa respiration irrégulière et son visage un peu rougi, comme si elle avait chaud, alertèrent aussitôt la jeune fille. 

« Eh, ça va ? J'pense pas qu'elle viendra à nouveau nous embêter, tu peux donc te détendre. T'as peut-être faim, c'est ça qui ne va pas ? » Alors qu'elle partait à la recherche d'une quelconque pâtisserie à offrir à sa bienfaitrice, celle-ci lui fit part de ce qui n'allait pas. « Waw, t'es claustrophobe ? Trop cool ! Enfin non hein, c'est pas cool, mais j'en rencontre pas souvent, des gens claustrophobes.  » Laissant tomber l'idée de la pâtisserie pour le moment, Lucy sortit aussitôt un carnet et un stylo et observa la jeune Serpentard avec la plus grande attention, les yeux plissés.  « Tu veux bien me décrire précisément tout ce que tu ressens, s'te plait ? J'prends des notes, c'est pour mieux comprendre le phénomène, tu vois ?» Elle n'était pas vraiment certaine d'être très claire, mais à bien y réfléchir, elle réalisa le côté un peu cruel de ce qu'elle souhaitait faire : la Serpentard ne se sentait visiblement pas très bien, il fallait la sortir de cette petite alcôve, pas lui demander un bilan complet sur ses symptômes. 

« Désolée. J'pense qu'elle est partie » Elle jeta un bref regard en dehors de leur abris pour vérifier son hypothèse. « Yep, la voie est libre. On sort de là ! Dis, si t'aimes pas les endroits étroits, ça va quand tu vas aux toilettes ou ta respiration devient bizarre aussi à ce moment-là ? Et quand tu t'enfermes dans un placard alors ? » Elle se mordit l'intérieur des joues. Eileen n'avait aucune raison de vouloir s'enfermer dans un placard. La petite Serdaigle réprima sa curiosité et rangea son carnet de note. Ceci fait, elle saisit le poignet de sa camarade et l'entraîna en dehors de leur cachette.

« Pfiouh, quelle histoire ! Merci encore, t'es super sympa comme fille. Tu vas mieux, au fait ? J'espère qu'on pourra devenir amies, j'aime bien les gens gentils comme toi. T'es cool. » Ses joues prirent une teinte rosée ; elle s'exprimait avec aisance et se révélait plutôt bavarde alors qu'elle était d'ordinaire très timide. Elle ne savait pas réellement comment manifester sa reconnaissance, alors elle se tut et se contenta d'afficher un grand sourire, tout en continuant de jeter quelques regards inquiets autour d'elles, guettant éventuellement le retour de sa persécutrice. 

« J'vais te laisser, j'aimerais bien aller faire un petit tour à la bibliothèque pour me renseigner sur la magie pour les peintures sorcières. A plus tard ! » Elle glissa son sac sur son épaule et reprit distraitement la direction de son endroit favori à Poudlard : la Bibliothèque. Sur le chemin, elle raconta sa mésaventure à quelques tableaux, en exagérant certains détails et en décrivant Eileen comme la grande héroïne du jour. C'était une expérience assez angoissante, mais la maman de Lucy lui disait toujours de ne retirer que le positif quand de tels événements survenaient. Alors de tout ce qu'il s'était passé, la Serdaigle n'en retenait qu'une seule chose : elle avait rencontré une gentille personne qui l'espérait-elle, deviendrait son amie.

Dernier post pour moi ! Encore une fois navrée pour ce retard. Ce fut un plaisir d'écrire avec toi ;) 

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La Serdaigle était décidément déstabilisante à souhait. Elle avait clairement vu qu'Eileen n'était pas à son aise dans leur cachette exigüe, la Serpentard en était certaine mais son côté intello prenait le dessus à toute logique, toute empathie même : elle préférait étudier le phénomène que d'essayer d'y mettre un terme. La jeune fille en était tellement surprise qu'elle resta un moment sans voix, la bouche ouverte, ébahie. Surtout que c'était bien la première fois que quelqu'un semblait trouver "cool" le fait qu'elle soit claustrophobe. Mais, même si la technique était peu orthodoxe, elle avait ça de bien que la surprise permettait à la verte et argent de ne plus penser à son problème immédiat. Moins focalisée sur la proximité des murs, sa respiration était un tout petit peu moins difficile mais ce n'était pas non plus ça première crise. Elle savait que le répit serait de très courte durée et elle n'avait aucune envie de vivre ce qui allait suivre. Il fallait qu'elle sorte de là rapidement, peu importe ce qui l'attendait dans le couloir.

Elle suivit donc Lucy avec soulagement, d'autant plus en réalisant que la grande brute n'était pas là. Bon, au moins, cette histoire finissait bien. Elle prit quelques secondes pour calmer les battements affolés de son cœur, respira profondément puis réfléchit enfin aux questions de sa camarade.

"Non, aux toilettes ça va parce que je sais que je peux sortir quand je veux. Et me parle pas de malheur... un placard, brrrr." finit-elle par dire en riant.

Ah ça non, être enfermée dans un placard, elle n'y pensait même pas. Enfin si, dans ses pires cauchemars et ça lui donnait des sueurs froides. Ou plus exactement, ça lui rappelait la fois où elle était restée enfermée au fin du jardin quand elle était petite. Cette sensation que plus jamais elle ne serait libre la faisait encore frissonner d'effroi. En bref, il fallait qu'elle pense à toute autre chose, c'était bien mieux. Et Lucy l'y aida quand elle la remercia de nouveau, lui faisant piquer un fard. Aider, ça paraissait tout naturel à Eileen - surtout dans la situation qu'elle avait vue - mais elle était toujours gênée ensuite quand elle sentait la reconnaissance des gens. Elle avait juste fait ce qui devait être, point final. Et elle était certaine qu'à la situation inverse, Lucy en aurait fait autant.

"Ben c'est normal. Faut bien qu'on s'aide entre "petits". Et tu pourras toujours compter sur moi !"

Sur un peu près tout sauf l'accompagner à la bibliothèque par contre. Là, c'était vraiment pas son truc et même si comprendre comment les peintures bougeaient était sûrement très intéressant, ça ne l'était pas suffisamment à ses yeux pour aller s'enfermer au milieu d'étagères couvertes de livres et de poussières.

"D'acc. A plus tard !"

Eileen lui fit alors un petit signe de main pour lui dire au revoir, le sourire aux lèvres et reprit alors son chemin, ravie de sa bonne action et surtout contente de s'être faite une nouvelle amie. Du moins elle l'espérait !

Fin du rp. Merci à toi.

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