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L'Ombre du couloir

Privé avec la Dame Grise


Juin 2042

Les élèves passaient... passaient... La tête haute, les pieds trainant contre la pierre, leur longue robe se balançant au rythme de leurs pas, jamais leur regard n'aurait pu se poser sur cette petite chose en haut de l'escalier, assise sur les dernières marches. Fantôme au regard des autres, Lou avait fait de cette estrade son point d'observation favori. Ses courts cheveux nacrées, presque blancs, avaient poussés durant l'année et lui tombaient maintenant bas dans le dos, la couvrant d'une chevelure pâle, contrastant tristement avec le noire de sa robe. On ne pouvait pas dire de Lou qu'elle sautait aux yeux des autres... bien au contraire. Seuls couleurs pouvant égailler son visage terne, ses yeux bleu-vert, plutôt effacés mais ressortant bien mieux sur le blanc de sa peau. Pourtant, quiconque aurait affirmé qu'elle vivait sa vie à l'intérieur pour être aussi pâle se serais grandement trompé. La fillette au visage clair avait toujours passé ses journées au dehors, dans les champs, les forêt, les chemins. Seulement, magie du monde, sa peau avait toujours résisté à la brûlure du soleil...
Et puis elle était arrivé à Poudlard. Au revoir journées entre ciel et terre, au revoir couleurs de la nature... Mais Lou ne pensais pas à cela. Il y avait dans ce château un trésor bien plus précieux que le vent dans ses cheveux, il y avait la magie... Fantastique et inimaginable magie qui hantait de son souffle les nombreux dédales du château. Qui, au pouvoir d'une lettre cachetée de mauve, avait fait surgir quelque chose de plus dans la vie de Lou.


Quelque chose sur son épaule la fit revenir au présent. Yuki, son petit boursouflet blanc se déplaçait mollement dans son coup, la chatouillant au passage de son doux pelage. Il avait trouvé sa place sur son épaule depuis quelques jours seulement mais, déjà, il semblait avoir accordé toute sa confiance à la fille qui l'avait délivré. Se retenant de le caresser pour ne pas le réveiller, Lou reporta son attention sur les élèves qui passaient. Certains lui étaient maintenant plutôt familiers, bien qu'elle ne leur ait jamais parlé, qu'elle ne connaisse même pas leur nom pour la plupart. Les autres, ils étaient comme un mystère pour elle et l'aiglonne préférait aussi les choses ainsi. Elle pouvait alors les détailler, trouver un nouveau visage, s'inventer une nouvelle histoire. Lorsqu'elle croisa sur les murs un tableau dont le personnage encapuchonné faisait sa valise, la fillette ne put empêcher la pensée parasite qu'elle éloignait au maximum de son esprit depuis quelques jours. Dans un mois... même pas, elle devra quitter cet endroit fantastique qu'était Poudlard. Quitter sa chère maison, Serdaigle, dire au revoir à ses amis, ceux qui étaient devenus sa seconde famille, remballer sa robe de sorcière... L'aiglonne devait bien avouer que son père et sa sœur lui manquaient terriblement mais laisser derrière elle ce monde de magie pour rejoindre l'univers trop normal qu'était son village moldu, c'était comme un pique gelé dans son cœur.

Noyée sous l'absence de fantastique qui lui manquait déjà, Lou décida de rentrer en salle commune: il lui fallait un peu de rire, un peu de folie pour la consoler... rien de mieux que ses camarades aiglons pour cela.
Alors qu'elle tournait à l'angle d'un couloir, Lou s'arrêta net. Quelque chose venait d'attirer son attention à l'autre bout du corridor... Elle se tourna vivement vers ce point, manquant de faire tomber son Yuki. Rien. Seulement une flamme qui dansait au bout d'une torche murale. Mais il ne lui en fallait pas plus, sa curiosité légendaire avait refais surface dès l'instant où son regard avait été attiré par ce bout d'étoffe glissant hors de son champ de vision. Oubliant la folie de sa salle commune, Lou accéléra le pas vers l'angle opposé et faillit déraper en revenant derrière un poteau, hors de vue de celle qu'elle venait d’apercevoir. Une longue chevelure noire et ténébreuse, une longue robe se perdant dans le néant... la démarche tout en flottement d'un fantôme. C'était bien la première fois que Lou la voyait, mais elle n'aurais pas pu passer à côté d'une figure si emblématique dans sa maison: le fantôme de Serdaigle, la Dame Grise. Si il était fréquent de voir passer les autres fantômes de maisons, la Dame Grise, elle, on ne la voyait presque jamais...
La curiosité de la fillette enflait à chaque seconde. Un attrait mystérieux la poussait à suivre ce fantôme si discret. Un coup d’œil au couloir l'informant du départ de la femme fantôme et l'aiglonne était partie. À petits pas légers, elle suivit la Dame Grise au fil des couloirs, sans se rendre compte des tournants inconnus qui se multipliaient sur son chemin...

« Leur nom, elles le signent de la pointe de la baguette, d'un Z qui veut dire Zorras! »

L'Ombre du couloir

LA DAME GRISE

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La fin de l’année scolaire approchait à grands pas et avec elle le départ des élèves de Poudlard vers leurs maisons respectives pour les vacances. Helena Serdaigle était habituée à cet engouement. Tous les ans, c’était la même chose. Dès que le premier juin était passé, les sorciers discutaient plus bruyamment, étaient moins attentifs, en bref, ils étaient surexcités à l’idée d’être en vacances et loin de l’école pendant deux mois. Les professeurs eux, étaient plus calmes, bien qu’ils semblaient presque soulagés à l’idée de pouvoir se reposer un peu, à l’image d’Amy Holloway qu’Helena avait croisé dans son bureau quelques jours auparavant.

Néanmoins, les élèves ne devaient pas trop se relâcher car les examens de fin d’année approchaient à grands pas. Helena en surprenait certains dans la Salle Commune de Serdaigle, dormant à moitié sur leurs parchemins car trop fatigués par les révisions. Les plus âgés étaient sans aucun doute les pires. Certains avaient de grands cernes sous les yeux, signe que le sommeil passait désormais en deuxième voire troisième position, après manger et réviser. Helena se contentait de les regarder, parfois en souriant, puis repartait vagabonder dans les couloirs.

Cet après-midi là, Helena flottait tranquillement dans les endroits les plus calmes. Les derniers étages du château étaient généralement propices à cela. A vrai dire, elle cherchait Sir Nicholas mais ne l’avait pas encore trouvé. Elle avait fait le cinquième étage, puis le sixième avant de se rendre compte qu’une élève semblait la suivre. Au départ, elle en avait fait abstraction, mais maintenant qu’elle avait atteint le septième étage et qu’elle se trouvait près de la salle de Divination, son agacement avait pris le dessus face à cette jeune qui semblait chercher à savoir ce qu’elle faisait. Helena se retourna et se rapprocha de l’élève, reconnaissant sans mal le blason de Serdaigle sur sa robe de sorcière.

« Vous cherchez quelque chose Miss ? »

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
t ki ?

L'Ombre du couloir

Derrière son poteau, Lou aurait du la voir venir. Elle aurait du entendre le souffle de ses pas changer, l'air se charger de tension autour d'elle. Pourtant, elle était là, à retenir son souffle, à imaginer encore ses petits pas pour suivre la Dame Grise un peu plus loin. Alors, quand un voile de brume lui brouilla la vue et qu'une longue chevelure noire vint lui danser devant le nez, la fillette bleu et bronze du se mordre les lèvres pour empêcher, premièrement un cri de surprise puis, tandis qu'elle se rendait compte de la situation, un juron moldu. Elle s'était faite attraper comme une va-nu-pied volant un épi de maïs.

-Vous cherchez quelque chose Miss ?

La fillette osa à peine décoller son regard de la pointe de ses bottines. Qu'allait-elle lui répondre maintenant? Le Fantôme de Serdaigle n'était sûrement pas bête et avait sans doute vite compris que Lou la suivait. La fillette ne pouvait pas se rabattre sur une simple excuse. Et puis, de toute manière, elle ne savait pas mentir, ses oreilles, comme disais son père, aimaient à la trahir en piquant des phares sensationnels. Choisissant finalement la vérité, Lou tenta de s'expliquer au mieux.

- Et bien... Je vous avait vu passer tout à l'heure... et... bah du coup je... j'ai voulu vous voir de plus près (Elle était servie tiens...)... Donc je... Je me suis...

Les mots moururent dans l'air qui s'était alourdie autour de la fillette et du fantôme de Serdaigle. Remontant ses yeux vers le regard de la Dame Grise, son père lui ayant toujours dit qu'il était malpolie de fuir le regard de l'autre, elle était restée coincée au niveau du torse du fantôme. Là, au milieu du tissu grisâtre, côté coeur, deux petites coupures déchiraient la robe si finement qu'il était presque impossible de les voir de loin. Malgré cela, la petite taille de l'aiglonne et la hauteur prise par le flottement du fantôme lui offrait ce détail en plein milieu de son champ de vision.
Lou n'eut pas le temps de l'arrêter. La question, tourbillon de curiosité enfantine, filait à pleine vitesse vers ses lèvres entrouvertes d'étonnement.

- C'est le Baron Sanglant qui vous a fait ça ?

Elle se mordit les lèvres trop tard... Les durs mots étaient sortis, dévastateurs. Tétanisée par la peur qui montait de plus en plus, la fillette tentait de trouver un moyen d'échapper à sa bêtise... en vain. Ses yeux étaient fixés, sans pouvoir s'en détacher sur les deux déchirurent mortelles de la robe, tandis que, dans sa cage thoracique, son coeur s'agitait de plus en plus. Les mains contractées sur sa robe, l'aiglonne, terrifiée, attendait la réponse de la Dame Grise avec une peur étrange... mêlée de curiosité.

« Leur nom, elles le signent de la pointe de la baguette, d'un Z qui veut dire Zorras! »

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LA DAME GRISE

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Aussitôt les paroles prononcées par Helena, la jeune fille qui la suivait depuis un petit moment baissa automatiquement la tête et fixa ses chaussures. Et bien oui, elle avait été surprise. En même temps, cela n’avait pas été bien compliqué pour la fantôme de Serdaigle. Helena la fixa jusqu’à ce que la Serdaigle bredouille quelques mots qu’elle ne comprit pas. Son regard se fit un peu plus perçant, elle plissa les yeux jusqu’à ce que la Serdaigle relève un peu la tête. Elle ne la fixait pas dans les yeux et cela eut le don d’agacer encore plus Helena Serdaigle. Quand on est pris sur le fait, la moindre des choses, c’est de se justifier et pourquoi pas de s’excuser. Annoncer l’objectif de cette « filature » aurait été encore mieux.

La question que la jeune Serdaigle finit par poser déstabilisa quelque peu Helena. Elle ne s’attendait pas à ce genre de paroles venant d’une élève qui semblait si jeune. Elle était en quoi au juste ? Première, Deuxième année ? Guère plus. Helena savait que la Serdaigle fixait les deux profondes entailles sur son ventre. Cette dernière ne semblait plus pouvoir s’en détacher, alors Helena se pencha légèrement, toujours en restant à une certaine distance de son interlocutrice. Cela lui permettrait peut-être de relever un peu la tête et de fixer la personne à qui elle parlait ?

Finalement, Helena se décida à répondre.


« Si vous aviez lu un minimum avant de me suivre, vous le sauriez déjà. Mais c’est exact, il s’agit bien de l’œuvre du Baron ».

Encore et toujours la même histoire. Est-ce qu’elle allait devoir la raconter à une petite élève trop curieuse ? Oui, sûrement. Mais est-ce qu’elle en avait vraiment envie ? Après tout, elle pouvait juste partir, et en traversant quelques salles, la Serdaigle ne la retrouverait pas avant un long moment.

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