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 RPG+  William, Michael et Peter.  SOLO 

Ça fait maintenant quelques semaines que je suis arrivé à Poudlard, et pourtant, je ne m'y habitue pas. Tout ici m'est désagréable, du mode de vie aux gens. J'ai franchement du mal à me faire à l'idée que je dois encore passé 7 ans de ma vie ici. Après en sept ans j'ai encore le temps de changer. Si ça se trouve d'ici sept ans j'aurais bien changé et Poudlard sera devenu l'endroit que je préfère.
Je lâche un petit ricanement moqueur envers moi même. Au fond de moi je sais très bien que cela n'arrivera jamais. L'endroit que je préfère et que je préférerais toujours restera ma maison. Là-bas il y a mes parents, à peu près les deux seules personnes que j'estime, si ce n'est mon frère. Mais en ce moment je suis en pleine réflexion à ce sujet, il est devenu tellement différent que je ne saurais dire si je l'estime encore. Il s'est affranchi des préceptes de Papa et Maman et est devenu quelqu'un comme les autres. Pourtant, si quiconque me connaissant pourrait penser que je devrais maintenant le haïr, je n'arrive pas à m'y résoudre. À vrai dire, j'ai encore beaucoup d'admiration pour lui, peut-être même plus qu'avant, et ça, c'est inexplicable.
D'aucuns diront que c'est parce qu'il représente la figure du grand frère protecteur, de celui qui montre l'exemple et qui est toujours là pour soutenir le benjamin. Mais je ne pense pas que ce soit vraiment ça. Certes, je crois bien qu'il y a une part de cela, mais pas entièrement. Le fait qu'il se soit détaché de l'enseignement des parents éveil en moi une fascination que j'aime moi même à qualifier de morbide. Pourquoi?

Je sais que le mot morbide est associé à tout ce qui se rapproche de la mort. Mais pour moi, devenir quelqu'un d'autre c'est en quelque sorte mourir, surtout quand on devient une personne que l'on aurait répugné avant la transformation. Michael est devenu quelqu'un qu'il aurait autrefois méprisé. Mais aujourd'hui, il m'affirme que c'est avant qu'il se trompait, et que moi je suis encore dans l'avant.

Encore dans l'avant? J'en sais rien, moi je me sens seulement dans le présent. Et tout ce qu'il dit c'est des bêtises de toute façon. Je devrais lui dire puisque je suis en train de le chercher.
"Dans le dernier couloir de l'aile ouest" qu'il m'a dit. Comme si sa signifiait quelque chose pour moi. Pourtant après au moins 30 minutes de marche, je finis enfin par le trouver. Il est avec deux garçons bruns, un porte l'uniforme jaune, et l'autre l'uniforme bleu, j'en déduis donc qu'ils se trouvent à Poufsouffle et à Serdaigle. Avant que j'arrive les deux font quelques chose que je ne vois pas très bien, puis le Poufsouffle s'en va.

J'approche alors de Michael, une fois que je suis proche de lui il me repère. J'hésite a aller lui faire une accolade, ou au moins lui serrer la main. Mais tout ce que j'arrive à faire, c'est sourire bêtement, tout en lui faisant un signe de la main et en lâchant un "Salut" qui ressemble plus à un soupir qu'à un mot.
Lui, il rigole, puis il m'ébouriffe les cheveux, ce qui me fait râler. Je me dépêche de remettre mes cheveux à leur place en les planquant sur mon crâne à l'aide de mes mains.
Michael me montre alors le garçons à côté de lui, qui ne sourit pas et me regarde bizarrement;


-"Tiens William, je te présente Peter.

Voyant que je ne réagis pas, il rajoute:

-Mais si tu sais, je t'en ai déjà parlé, Peter Speculus."

 RPG+  William, Michael et Peter.  SOLO 

Je regarde ce Peter Speculoos ou je ne sais quoi. Effectivement mon frère m'en a déjà parlé, c'est un de ses amis. Il l'a connu l'année dernière seulement il me semble, mais ils sont tout de même assez proches de ce que je sais. Il ne me sourit pas, il reste stoïque en me regardant. Au moins il n'a pas cette manie qu'auraient d'autres en voyant un petit frère. Cette manie qui ressemblerait à quelque chose comme: "Oooh c'est ton petit frère? Qu'il est mignooon". Il n'y a pas pire que cela.

Je ne suis pas "son petit frère", je suis William Barckeley, rien ni personne d'autre.
Pour toute réponse aux insistances de mon Michael, je lâche un faible "Ah oui...". Mon frère semble consterné, mais je n'y prête aucune importance. Je ne vais pas sauter de joie parce que je rencontre quelqu'un qui ne daigne même pas sourire.

Il est vrai que je ne l'aurais pas fait non plus. À vrai dire, je pense que si je m'étais retrouvé dans la même situation que Peter, j'aurais réagi à peu près comme lui, je n'aurais rien dit, je me serais contenté de toiser ce nouvel arrivant, le jauger, le juger.


Le silence prenant un peu trop de place, Peter se décide à parler:

- "Ton frère parle beaucoup de toi, apparemment tu es un drôle de numéro. Il m'a fait beaucoup rire en me décrivant la façon dont tu prenais tout le monde de haut. Ironique quand on est aussi petit.

Je n'en reviens même pas. Il m'a cloué le bec avant même que je ne l'ouvre. J'ai des centaines de choses à lui répondre, mais toutes me ridiculiseraient. La chaude vapeur de la colère envahit mon corps. Je regarde Michael. Lui semble atterré que Peter est osé le balancer. Cette vision me conforte un peu, au moins je ne suis pas le seul à pâtir des paroles du bleu et bronze.
Pour moi la seule chose qui me reste, c'est l'autodérision. Très commun pour éviter le ridicule, quand on avoue soit même ses faiblesses, celles-ci paraissent moins importantes, plus maîtrisées. Si on a conscience de ses faiblesses, il est plus simple de les contrer.
Donc l'auto-dérision permet de se montrer plus fort car moins complexé, plus sûr de soi. Mais ce qui me chiffonne, c'est que si l'on suit cette logique, c'est donc les gens les plus faibles qui ont le plus besoin de l'auto-dérision.

Trop tard de toute façon. Je rigole, de manière un peu forcée. Puis je regarde le troisième année droit dans les yeux, avec un sourire feint.


- Oui c'est vrai que je suis petit. Mais de toute façon, tu n'es pas bien grandvnon plus pour ton âge , je n'aurais aucun mal à te rattraper."

Peter en entendant ça, sourit lui aussi, pour la première fois. Mais ce n'est pas un sourire feint, c'est un vrai sourire.