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Alchimie de couloirs

Septembre 2043


Amaëlle savait reconnaître un titre prometteur de Mille Milliards de Migraines quand elle en voyait un et De l’usage des langues vernaculaires et autres réformes fondamentales entrait certainement dans cette catégorie. Cependant il fallait avouer que depuis son arrivée dans le monde magique la jeune sorcière avait feuilleté plus de ces livres qu’elle s’en serait crue capable et que, sans aller jusqu’à dire qu’elle aimait tout particulièrement les feuilleter, elle savait reconnaître leur intérêt. Voilà pourquoi, en voyant ce titre sur un vieux livre à la bibliothèque, elle n’était pas de suite partie en courant mais avait préféré tenter de trouver ce qui pouvait bien se cacher sous cet intitulé. Le petit livre beige, sans doute déjà ravi de cet aubaine, avait très certainement du sauter au plafond – autant que faire ce peu lorsqu’on est un livre dans une bibliothèque moldue – lorsqu’elle s’était décidée à l’emprunter sous le regard sceptique du bibliothécaire. Regard sceptique auquel elle avait répondu avec un petit sourire innocent et une petite voix pleine de candeur : « C’est sur la liste de lectures obligatoires de mon frère… Dites, vous qui êtes bibliothécaire, vous savez ce que ça veut dire ‘vernaculaire’ ? ». La jeune Nelly avait failli exploser de rire devant son air soudainement dépourvu.

Bien évidemment ça n’était pas sur la liste de lectures obligatoires de Kaellig – qui d’ailleurs n’avait pas de liste de lectures obligatoires – mais il s’agissait d’un des seuls livres que portaient les étagères de la section Religions de la petite bibliothèque. Or Amaëlle voulait se renseigner sur le sujet depuis qu’elle avait découvert la foi de Jack et accessoirement aspirait à avoir au moins un livre moldu à pouvoir lui conseiller la prochaine fois qu’elle le verrait. Ceci étant dit, lui n’aurait sans doute pas très envie de lire ce livre prometteur de MMM (Mille Milliards de Migraines pour ceux qui suivent) : après tout Jack MacAllistair était moldu et n’avait sans doute pas l’habitude de devoir aller feuilleter régulièrement Étude des récents progrès de la sorcellerie, De l’utilisation des yeux de tétraodons dans les philtres célèbres du XXème siècle et La Philosophie du Matérialisme chez les Êtres du monde magique.

A cette pensée la jeune Nelly soupira doucement, son livre ouvert à la page 11 posé sur ses genoux et s’adossa un instant au mur des escaliers sur lesquels elle était assise, les yeux fermés. Il ne lui tardait pas particulièrement de recommencer à travailler, spécialement lorsque l’on considérait que cette année était l’année de ses BUSEs. D’ailleurs à ce propos, que signifiait BUSE déjà ? Face à la réalisation de ce trou de mémoire Amaëlle rouvrit les yeux et tenta de retrouver la signification de l’acronyme.

« Alors… Brevet… Utilitaire ?… Unique ? … Urgent ? »

En pensant à urticant la jeune fille rit de sa bêtise en secouant la tête avant de se lever, fourrer son livre dans son sac, réajuster le dit sac sur son épaule et entamer son retour vers sa salle commune. Elle avait mal aux fesses à force d’être assise là et, mine de rien, le château n’était pas si chaud à cette période de l’année. Elle attendrait Monsieur Charleston un autre jour, ses interrogations pouvaient bien attendre.

Arrivée au premier étage un « Universel ! » résonna comme un Euréka dans les couloirs, suivi d’un grognement agacé : malgré un premier jour de cours où tout élève de cinquième année attentif aux discours administratifs aurait du entendre au moins une fois la signification de l’acronyme, il manquait toujours à Amaëlle le dernier mot. Peut-être était-ce parce qu’elle ne faisait pas partie de ces élèves de cinquième année attentifs aux discours administratifs ceci étant dit. N’allez pas croire non plus qu’elle dédaignait l’administration, après tout elle avait été préfète dans sa - très lointaine - jeunesse, mais tant qu’à faire elle préférait opérer un enrichissement personnel par le biais d’un partage d’expérience avec ses voisins de classe. Et puis après tout elle n'était pas si mauvaise élève puisqu'elle était d’ors et déjà en train de tenter de rattraper son manque d’attention en apostrophant le tableau d’un vieil alchimiste qui piquait du nez dans son chaudron.

« Hum… Criri ? » commença la demoiselle en montant le ton sur le prénom.

Puis, alors qu’il sursautait vaguement, elle ajouta d’un ton docte,

« Tu viens de rater la découverte de ta vie en faisant tomber un cheveux dans ton chaudron. »


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Cela faisait plus d’un mois que Shreya était à Poudlard, à présent, et elle s’était bien intégrée dans sa maison. De plus, le château était véritablement un paradis terrestre et elle ne cessait de s’émerveiller devant de nouvelles découvertes a chacune de ses explorations. Elle revenait d’ailleurs de la Salle des Trophées, ou elle avait passe plus d’une heure, ayant perdu la notion du temps, et se dirigeait donc vers les cachots. Elle n’était cependant pas pressée, n’ayant pas vraiment envie de retrouver ses livres et ses parchemins. Elle avait beau être en première année, elle avait tout de même l’impression de crouler sous le travail et se demandait sincèrement si elle allait survivre aux années à venir.

La jeune Serpentard n’avait d’ailleurs pas vraiment change, elle restait la petite gamine qui préférait de loin courir et s’amuser dans le jardin au lieu d’être enfermée dans la salle d’étude avec Mr Walsh. La gamine qui était capable de sauter d’une fenêtre pour, même. Mais malheureusement pour elle, les attentes de son père, elles, avaient évolué. Et elle avait rapidement compris que Raj ne se satisferait pas seulement de quelques E par-ci par-là. Il voulait l’excellence.

Elle soupira à cette pensée. Elle voulait réussir, vraiment. Les mots du Choixpeau, prononces lors de sa répartition, lui étaient restes en mémoire depuis. Elle savait qu’elle était capable de grandes choses… Et elle voulait accomplir ces choses ! Elle voulait montrer au monde entier qu’elle n’était pas une Varma parmi tant d’autres ! Elle voulait prouver qu’elle était différente, qu’elle sortait du lot ! Mais pour ça, il lui fallait un dossier parfait. Shreya se força alors à revenir au moment présent et à se concentrer davantage sur le chemin qu’elle empruntait. Ce serait ridicule de se perdre simplement par inattention, parce qu’elle déambulait distraitement dans les couloirs, là où ses pas la menaient.

Ce fut alors qu’elle remarqua une autre élève portant les couleurs vert et argent, quelques mètres plus loin. Elle fronça les sourcils, en constatant qu’elle semblait parler avec un tableau… Que fabriquait-elle ? En se rapprochant, elle comprit que celle-ci était bien plus âgée qu’elle. Mais ce n’était pas comme-ci que cela pouvait l’arrêter.

« Ça t’arrive souvent, de taper la discute avec les tableaux ? » lança-t-elle, en arrivant a sa hauteur.

La jeune Varma ne manquait clairement pas de toupet. Et cela lui avait bien souvent attire quelques reproches… Mais elle avait parlé en toute innocence, cependant. Restait à voir si son ainée allait le prendre avec humour ou pas.

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Avec un amusement assez flagrant, Amaëlle observait son alchimiste se réveiller bien plus franchement, sursautant, puis fébrilement vérifier son chaudron – sous lequel le feu n’était même pas allumé –  avant de soupirer longuement de soulagement, toute tension ayant quitté son corps. Elle allait rouvrir la bouche pour manifester sa présence, que l’homme du tableau n’avait apparemment pas encore pleinement réalisée, lorsqu’une voix enfantine qu’elle n’avait pas anticipé résonna dans le couloir :

« Ça t’arrive souvent, de taper la discute avec les tableaux ? »

Se détournant du tableau, Amaëlle découvrit un jeune Serpentard et failli éclater de rire devant l’interpellation de la petite. Avant qu’elle n’ait pu répondre quoique ce soit cependant, le dénommé Cricri, s’étant sûrement rappelé de lever la tête, s’exclama :

« Encore toi sale gosse ! Qu’est-ce que tu veux ? »

Cette fois ci un petit gloussement s’échappa des lèvres de la jeune Nelly alors qu’elle reportait son attention sur le tableau bougon, pas vexée pour un sous de l'insulte, habituelle chez lui. Il dissimulait presque bien son intérêt pour la réponse qu’elle allait lui apporter. Presque, parce qu’Amaëlle l’avait côtoyé assez pour ne pas apercevoir la lueur de ses prunelles. Après tout c’était un tableau, il ne renouvelait pas souvent ses expressions faciales.
Sans lui répondre elle se détourna de nouveau vers la petite verte. C’était une première année, de ça elle en était sûre, néanmoins elle ne connaissait pas encore son prénom. Chaque année elle mettait un point d’honneur à apprendre les noms de toutes les jeunes recrues de Serpentard, simplement il était encore un peu tôt. Tout ce qu’elle pouvait affirmer c’était que la demoiselle avait un nom de famille qui commençait par V. Rien de bien révélateur. Avec un sourire un peu bancal elle désigna l’alchimiste qui venait de s’exprimer.

« Comme tu peux le voir. Pas toi ? »

Elle avait posé cette dernière question sur un ton taquin, bien certaine de la réponse qui en découlerait, avant de se détourner vers le tableau qui attendait une réponse.

« Pourquoi est-ce que je voudrais forcément quelque chose, c’est blessant ce que tu racontes. » Phrase que démentaient totalement ses yeux railleurs « Je te présente une jeune recrue de Serpentard. Chritian, Miss V., Miss V., Christian »

La nouvellement prénommée Miss V les regardait toujours après tout, il aurait donc été malpoli de l’exclure de la conversation. D’autant qu’Amaëlle se voyait mal, devant cette jeune fille, expliquer la véritable raison du réveil qu’elle avait imposé à l’alchimiste. Se tourner en ridicule devant témoins n’était pas réellement dans ses projets du jour. Surtout devant des témoins qu’elle ne connaissait pas : l’inconnu était dangereux.

Les yeux toujours posés sur la petite, Amaëlle détaillait ses traits, dénotant très certainement des origines indiennes, tentant de se rappeler si Caroline lui avait raconté des choses à son propos la veille. Il était un peu tôt pour avoir de véritables observations mais certaines familles de sorciers étaient plus connues que d’autres. Néanmoins il ne lui semblait pas et elle n’eut de toute façon pas loisir de s’interroger pendant des heures puisqu’une voix bourrue demanda :

« Qu’est-ce qu’elle veut la gamine ? »

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« Encore toi sale gosse ! Qu’est-ce que tu veux ? »

Shreya faillit sursauter au ton employé. Ce tableau ne semblait pas commode. Mais son interlocutrice avait l’air d’avoir l’habitude puisqu’elle ne sembla pas s’en offusquée, bien au contraire, son rire le montrant, et ses paroles le confirmant ensuite.

« Comme tu peux le voir. Pas toi ? »

Shreya n’eut pas le temps de répondre qu’elle s’était détournée d’elle pour s’adresser à l’alchimiste du fameux tableau.

« Pourquoi est-ce que je voudrais forcément quelque chose, c’est blessant ce que tu racontes. Je te présente une jeune recrue de Serpentard. Christian, Miss V., Miss V., Christian »

Miss V ? A présent, la jeune Varma était véritablement surprise. Elle ne s’attendait pas à ce que l’autre élève la connaisse, même de vu. Elle qui pensait passer inaperçue… Apres tout, elle ne passait pas beaucoup de temps en salle commune, préférant être avec Neha ou Kylan la plupart du temps. Mais c’était tant mieux ! Alors qu’elle allait se présenter en bonne et due forme, le portrait parla à nouveau, achevant de l’exaspérer.

« Qu’est-ce qu’elle veut la gamine ? »

Quel était son problème a lui ? Il n’était qu’un tableau, par Merlin, pour qui donc se prenait-il ? Ce n’était même pas comme s’il était toujours en vie, au contraire, il devait bien avoir quelques siècles. Elle se retint de sourire. Elle devait bien être la seule personne que les multiples tableaux qu’abritait Poudlard laissaient indifférents. En effet, la fillette de onze ans ne comprenait absolument pas la fascination de tous pour ceux-ci. Ce n’était que des représentations de personnes qu’ils n’avaient pas connues…

« Je ne crois pas que je m’adressais à vous, répliqua-t-elle moqueusement, avant de se tourner vers l’autre Serpentard. Je m’appelle Shreya Varma. Et toi ? Et non, je parle pas aux tableaux. Heureusement, parce que s’ils sont tous comme ça… »

Peut-être que le nom de famille lui dirait quelque chose. Peut-être qu’elle connaissait Priya ? Elle avait l’air d’une sixième année… Peut-être que Priya la connaissait ? Une fois qu’elle aurait son nom, il faudrait qu’elle pense à lui demander. En tout cas, elle l’aimait bien. Pour l’instant. Elle n’avait rien des autres premières années complétement ridicules et immatures, qu’elle avait de plus en plus de mal à supporter.

La perspective de se faire d’une amie une grande la fit sourire.

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En entendant le tableau apostropher la petite verte, Amaëlle avait légèrement grimacé. Elle avait beau s’accommoder sans trop de soucis de la brusquerie de l'alchimiste, ça ne pouvait être le cas de tout le monde, spécialement de ceux qui ne le connaissaient pas, voire qui n'avaient pas particulièrement envie de lui parler. C’était  une technique de sociabilisation pour le moins désastreuse, preuve en était que la fillette en face, pas verte sans raison, siffla à l’hurluberlu qu’elle ne lui parlait pas. En réalité elle n’avait pas sifflé mais son ton moqueur était un tel indicateur de sa maison qu’Amaëlle l’avait presque ressenti comme ça. Elle n’eut cependant pas le temps d’hésiter entre le froncement de sourcil face au ton employé et le regard amusé face à cette réaction révélatrice d’un fort tempérament que la fillette se rappelait à elle d’un ton tout à fait civil :

« Je m’appelle Shreya Varma. Et toi ? Et non, je parle pas aux tableaux. Heureusement, parce que s’ils sont tous comme ça… »

Elle opta pour un petit sourire, à la fois d’excuse pour le comportement du tableau, en réaction à la dernière partie de sa phrase et en réponse au sourire que Shreya avait déjà sur les lèvres. La petite avait l'air posée et curieusement cela plaisait à Amaëlle. Elle ne l'était pas vraiment, elle, mais elle savait l'apprécier chez les autres.

« Amaëlle Nelly… Je ne les connais pas tous mais disons que certains sont plus têtes de trolls que d’autres. Je crois qu’ils s’ennuient un peu en réalité »

Un petit regard en coin au tableau lui apprit que son habitant, coupé dans son élan par Shreya, s’apprêtait très certainement à répliquer quelque chose, s’étant repris. Elle s’appliqua à lui faire son meilleur regard suppliant avant qu’il ne se détourne, vaincu et bougonnant contre la jeunesse toujours allant de mal en pis. Soulagée de n’avoir plus à traiter avec lui pour l’instant ni à dévoiler ce pourquoi elle l’avait en premier lieu réveillé, la cinquième année reporta son attention sur la plus jeune avec dans l’idée de présenter ses excuses à la peinture plus tard. Quand elle n’aurait plus de petite fille spectatrice juste à côté.

Cette micro-pause de quelques fractions de secondes effectuée la jeune sorcière rangea soigneusement dans son esprit le nom de Shreya Verma aux côtés de ceux de Lupus Malefoy et de Neville Londubat. Cette année était plutôt fournie en jeunes Sang-Purs et il fallait avouer que cela avait quelque peu orienté son apprentissage des prénoms : on ne pouvait pas ne pas parler de ces jeunes gens lorsqu’ils arrivaient à Serpentard. Même à Poudlard tout court d’ailleurs. Il y a avait notamment une petite Eleonore Prewett qui foulait le pavé du château cette année. Des noms donc que les pierres de l’édifice connaissaient depuis un certain temps et qui ne pouvaient faire autrement qu’intriguer, voire fasciner Amaëlle. Quoique le nom de la fillette en face d’elle ne lui était pas totalement étranger non plus. Réalisant cela la verte scruta plus attentivement sa cadette :

« Tu as de la famille déjà à Poudlard non ? »

Elle était presque sûre d'avoir déjà entendu ce nom quelque part et s'étonnait de ne pas l'avoir remarqué lors de la Répartition. Cela dit peut-être que la jeune était montée sur l'estrade à un moment d'inattention de sa part. En attendant ce qui l'intéressait n'était pas le pourquoi du comment elle ne l'avait pas noté plus tôt mais plutôt pourquoi ce nom évoquait quelque chose en elle. L'avait-elle lu, inventait-elle totalement ou bien sa première supposition était-elle juste ?

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Amaëlle Nelly. Un nom à ne pas oublier, donc…

Shreya hocha la tête, un sourire franc aux lèvres en entendant l’expression employée par celle-ci. Son regard glissa inconsciemment vers le tableau, afin de voir ce qu’il en pensait et se retint de rigoler en voyant son air bougon. Ça faisait du bien de reprendre ses vieilles habitudes ! Et puis, ce n’était pas comme si elle avait à se sentir coupable de légèrement maltraiter un portrait, contrairement à des enfants. Ses pensées divergèrent vers Clarée Hooper. Elle ne l’avait plus recroisée, à Poudlard. Elle l’avait juste remarquée lors de la répartition, tandis que le Choixpeau l’envoyait à Poufsouffle, apprenant son nom par la même occasion.

La question de son ainée la ramena alors sur terre. Ainsi donc elle ne connaissait pas Priya, du moins pas personnellement… La première année acquiesça lentement et rétorqua :

« Plusieurs cousines. Dont une en sixième année à Serpentard. Tu connais une Priya, peut-être ? »

Il aurait été impoli de rajouter que son père et ses oncles faisaient partis des plus hauts fonctionnaires du Ministère et qu’elle avait probablement déjà lu leurs noms dans la Gazette. Après tout, rien ne lui disait qu’Amaëlle s’y connaissait ou ne s’y intéressait seulement. Le visage sévère de Pravin, son grand-père paternel, apparut dans son esprit, et elle l’imagina en train de la réprimander pour son manque d’humilité. Mais Shreya était comme ça, elle était tout simplement extrêmement fière de son nom. Fière de ce que son grand-père puis son propre père avait accompli. On ne pouvait pas réellement le lui reprocher, si ?

Son regard glissa à nouveau vers le portrait. Elle n’y avait pas vraiment porté attention mais il représentait un alchimiste devant son chaudron. Probablement quelqu’un d’important, en fait. Pourquoi Amaëlle discutait-elle avec lui ? Elle avait clamé haut et fort ne pas être séduite par les portraits magiques de Poudlard, et son opinion ne changeait pas, mais… Peut-être que certains étaient plus intéressants que d’autres ? Il suffisait de demander.

« Hum… Le tableau, il représente qui ? C’est quelqu’un de célèbre ? »

Elle avait interrogé son ainée en toute candeur, d’une voix innocente et se rendait à présent compte que c’était probablement une question assez stupide.

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A la mention de Priya Amaëlle réalisa soudainement pourquoi ce nom lui disait quelque chose. Une vision d’elle avec de la farine sur les mains face à une troisième année à l’air à la fois réprobatrice et amusée lui apparu quelques instants et elle ne put réprimer totalement un petit sourire.

« Pas personnellement non. »

Il était possible qu’en première année elle ait redécoré un petit peu le dortoir des deuxièmes années à Halloween. C’est ainsi qu’elle avait rencontré Kate, à cette époque en troisième année : dans un couloir, des restes de ses méfaits sur les mains et dans ses longs cheveux emmêlés, prise la main dans le sac. Son aînée n’avait fait que lui énoncer une liste de noms : les noms à ne pas recouvrir de farine devant témoin. Liste dont faisait partie Priya. Elle avait un prénom étrange alors la verte avait cherché à trouver qui se cachait derrière et avait découvert qu’on pouvait lire son nom de famille dans quelques journaux. Elle la voyait de temps en temps dans les espaces communs des Serpentard – comme on pouvait y croiser tous les Serpentard –  et à la réflexion elle n’aurait peut-être pas risqué grand-chose à se faire prendre par Priya en personne.

La jeune Nelly observa sa cadette tourner son regard vers le tableau responsable de cette conversation avant de lui demander d’une voix enfantine qui il représentait. Un sourire railleur s’installa sur ses lèvres avant qu’elle ne réponde :

« D’après ses dires Christian Rosen avec le nez tordu, alchimiste du treizième siècle. »

Sans faire attention au dit tableau qui maugréa soudainement un « Rosenkreutz, gamine ignorante » elle poursuivit d’un air professoral :

« Sinon lui c'est un tableau qui passe son temps à piquer du nez dans son chaudron vide avec certain talent pour les conseils douteux en Potions et la récolte de bruits de couloir. Ronchon professionnel quoique plutôt sympathique et peinture à l'huile plutôt bien exécutée. »

Tableau qui opta pour un long soupir face à la description. Il faisait partie de ces tableaux qui essayaient de rester à la page, aussi bien en ce qui concernait son art qu’en ce qui concernait les actualités du château. Actualités était cependant à prendre au sens large : pour les tableaux le temps ne passait pas vraiment à la même vitesse que pour des sorciers qui ne dépasseraient qu’au plus une petit centaine d’année. Elle n'était même pas bien sûre que l'alchimiste sache que cela faisait 4 ans qu'elle venait l'embêter.

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La jeune hindoue s’était légèrement perdue dans ses pensées, tandis qu’elle entendait vaguement Amaëlle lui annoncer qu’elle ne connaissait pas personnellement sa cousine. En effet, ses yeux se promenaient sur les autres tableaux jonchant les murs. Ils étaient sacrement nombreux, en vrai ! Oh, deux femmes assises à table… Et des enfants dans un jardin, ici. Ah ! Une licorne !

La première année rêvait d’en voir une, d’ailleurs… Elle savait qu’il y en avait, dans la Foret Interdite. Mais celle-ci ne portait pas ce nom pour rien, et elle n’était pas inconsciente au point de s’y aventurer. Seule, qui plus est. Car ce n’était pas comme si Neha serait d’accord pour l’accompagner. Ses yeux se tintèrent d’une lueur moqueuse en imaginant sa chère cousine dans un tel endroit. Peut-être que Kylan… Non, la question ne se posait même pas, elle ne pouvait décemment ne serait-ce que penser à y aller ! Elle se secoua légèrement la tête…

Revenant à la réalité, Shreya hocha alors la tête, après avoir écouté les explications d’Amaëlle. Un alchimiste… du 13eme siècle ? Eh bien, il datait… Cela ne l’étonnait pas qu’il s’ennuie à longueur de journée. Son cerveau fit alors « tilt ! ». Poudlard avait été fondé bien avant… Cela voulait donc dire qu’il avait vu passer énormément de générations d’élève, qu’il avait probablement été témoin de bien nombre d’évènements, que ce soit la bataille contre Lord Voldemort, ou de choses bien plus légères. Peut-être que son ainée ne perdait pas son temps en lui parlant, finalement. Un brin impressionnée, elle devait bien l’avouer, elle se tourna vers le tableau, avec un peu de réticence cependant :

- Mais… Vous avez connu de grands sorciers alors ! Albus Dumbledore ? Harry Potter ? Gwendolyne la Fantasque ?

Son enthousiasme, dès qu’on parlait d’histoire, l’avait rattrapé. Et elle en avait même oublié Amaëlle.

Oups.

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Shreya avait eu beau l’avoir jugé d’un air sceptique au départ, elle avait soudainement l’air bien plus intriguée par le tableau que ce qu’elle voulait bien l’admettre. Se mordant la lèvre inférieure pour ne pas rire, Amaëlle observait la plus jeune totalement tournée vers la peinture, la noyant de noms de personnalités qu’elle avait, à son sens, du rencontrer.
Christian avait fort bien remarqué le revirement de situation et, réjoui de cette attention malgré tout, ne pu s’empêcher lancer un « Ah, tu voudrais bien le savoir hein ! » à la jeune sorcière avec un air qui avait l’air de dire « Tu vois que tu me parles maintenant ! ». Néanmoins, c’était un tableau qui savait fort bien ne pas perdre une occasion de parler et mieux, d’être écouté et il s’empressa d’ajouter, plus sérieux et semblant se perdre dans ses souvenirs, gagné par la fascination que la petite première année semblait timidement laisser apparaître :

« Je me le suis souvent demandé, pour Gwendoline la fantasque. »

Pour une raison obscure l’alchimiste se mit alors à observer le fond de son chaudron, avant de plonger sa main dedans et de tracer un cercle à l’intérieur. Puis il fit une petite pause, enleva la main de son chaudron vide, se frotta le bout de doigts et retourna son regard vers Shreya. Peut-être était-ce censé être un effet de suspense ou peut-être était-ce une autre bizarrerie de l’homme peint à l’huile. Les tableaux étaient étranges.

« J’entends par là que je n’ai pas croisé de sorcière s’appelant Gwendoline à son époque. En revanche des gamines rousses, oui. Jadis les élèves n’étaient pas aussi nombreux et je n’étais pas aussi ancien alors j’en omettais moins. Je ne pense pas que c'était son vrai nom. Elle était peut-être une gosse inconsciente et toquée mais le fait qu’elle ait le diable au corps ne l’empêchait pas d’être intelligente, sinon les moldus auraient fini par l’avoir. Si ça n'était pas son vrai nom alors je ne sais pas mais c’est possible. En tout cas tous les gosses parlaient d'elle. »

Amaëlle avait beau trouver sa réponse tout à fait logique et peu surprenante, elle ne pouvait s’empêcher d’écouter avec attention ce que l’alchimiste disait : après tout il y était à l’époque et la cinquième année avait beau se targuer d’aimer l’Histoire, elle n’avait pas pleinement réalisé jusque là ce que voulait dire "alchimiste du treizième siècle". A savoir que son modèle avait vécu au treizième siècle et que lui même avait donc en quelque sorte vécu l’Histoire.

« Harry Potter j’ai du le voir oui, mais il n’était pas très intéressant. Albus ça c’était un personnage intéressant. Gamin il était roux, pas très remarquable, mais il me parlait aussi… mais quelle barbe quand il a grandit ! Magnifique ! Il m’ont peint sans barbe ces imbéciles. »

Et il se mit à frotter compulsivement la barbe qu’il avait sous le menton.

« Tu en as une Christian, t'es juste jaloux. », railla Amaëlle, ne pouvant s’empêcher malgré tout de retourner à ce qu’elle avait toujours fait : l’embêter.

C’était peut-être un vénérable alchimiste du treizième siècle qui avait vécu plus que ce qu’elle n’en verrait jamais, cela faisait quatre ans qu’elle le tutoyait et le taquinait sans vergogne - quand elle ne l’appelait pas Cricri. Les habitudes avaient la vie dure. Après tout il avait quoi, 8 siècles de plus qu’elle ?

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Shreya écouta attentivement les explications du tableau. Enfin, de « Christian ». Elle trouvait à présent trop étrange de se référer a lui comme un simple portrait sans âme… Ainsi donc, elle apprit qu’il aimait bien Dumbledore et trouvait logique sa pensée en ce qui concernait Gwendolyn… Mais il ne trouvait pas Harry Potter, le héros du monde sorcier, intéressant ? Pour la première année, c’était inconcevable. Elle avait depuis longtemps dévoré les nombreux livres historiques sur lui et… Elle se força à interrompre sa pensée. Ce n’était pas le moment de débattre sur ce sujet, ce serait franchement impoli pour Amaëlle.

Alors, elle se contenta d’acquiescer, se disant qu’elle pourrait toujours revenir faire un tour plus tard, si l’envie lui prenait. L’alchimiste se mit ensuite à se plaindre du fait qu’il n’avait pas été peint avec assez de barbe et Shreya se détourna de lui pour regarder la cinquième année. Celle-ci sortit une petite pique et la plus jeune ne put retenir un éclat de rire. Poudlard réservait bien des surprises… Elle n’aurait jamais imaginé qu’en venant au château, elle se serait un jour retrouvée à discuter avec un portrait en compagnie d’une fille de quatre ans son ainée et que pire, elle trouverait cela parfaitement normal.

Pourtant, c’était exactement vrai… Shreya était très à l’aise en ce moment-ci et était plutôt fière d’elle pour cela. Dire qu’à son arrivée elle passait encore tout son temps dans les jupes de Priya et fuyait comme la peste les gens de son âge. Mais c’était dans sa nature de préférer la compagnie de personnes plus âgées… Elle avait bien grandi avec cinq cousines ainées ! En parlant d’élèves plus âgés… Alors que la première année s’apprêtait à relancer la conversation, un groupe de garçons ayant l’air d’avoir environ 14 ans passa a coté d’elles en courant et en riant. L’un d’entre eux bouscula plutôt violemment Shreya, qui faillit tomber et ne se rattrapa à Amaëlle que de justesse.

« EH ! hurla-t-elle en protestation, même si le concerné était déjà loin. Pfff, peuvent pas faire attention… »

Elle lâcha alors le bras de sa sauveuse.

« Merci ! Mais Amaëlle, tu faisais quoi ici en vrai ? Tu es vraiment venue discuter pour le plaisir ? »interrogea-t-elle tandis que quelque chose faisait tilt dans sa tête, alors qu’elle pensait à son comportement quelque peu étrange du début.

Peut-être que son ainée prendrait ses questions pour de l’intrusion. Mais c’était simplement le fruit de la curiosité immense de Shreya… De toute façon, elle n’avait pas l’air d’être le type de personne à se vexer pour si peu. Et elle n’y pouvait rien, si l’autre Serpentard l’intriguait. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle voulait la connaitre… C’était peut-être son aura. Rassurante, bienveillante et maligne, voila comment Shreya décrirait la jeune Nelly si on le lui demandait tout de suite. Du moins, d’après le peu qu’elle avait pu voir.

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