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On créait nos propres Démons  G.V 

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Je serais bonne,
Pour toutes les fois où je n'ai pas su l'être.

Souvent, certains ne comprenaient pas les choses, même quand on leur montrait. Peut-être était-ce là une preuve de leur naïveté d'enfant toujours un peu présente ? La beauté d'un enfant, il n'y avait sûrement rien de plus beau de voir comment, eux, étaient purs. Les gens finissaient par se convaincre que préserver cette innocence serait se pardonner de toutes les choses qu'ils avaient fait dans le passé. Avaient-ils raison ? Ou, au contraire, avaient-ils tort ? N'étaient-ils pas hypocrites de penser pouvoir se racheter avec un enfant ? L'avenir du monde...Mais que fait-on quand cet avenir est brisé ? Perdu ? Personne n'a jamais apprit aux gens comment soigner un cœur qui saigne, un esprit qui hurle silencieusement, un cri se répercutant mille fois contre les parois d'un crâne pas complètement formé. Elle avait espoir que sa tête grandisse quand elle prendrait de l'âge, pour que l'écho de ses hurlement se fasse moins entendre. Pourtant, elle n'avait pas forcément envie de grandir. Elle était toujours partie du principe que cela changeait les gens. Elle ne voulait pas devenir comme les autres. Si, du haut de son mettre 43, elle était loin d'atteindre une bonne taille pour son âge, elle ne voulait pas la changer. C'était une des protections qu'elle utilisait contre le monde. Ses cheveux comme rempart, sa taille comme camouflage. Qui irait se demander si quelqu'un se cache en haut des branches d'un arbre dans le parc ? Personne. Logique.
Elle aimait grimper aux arbres. Elle y était tranquille et pouvait observer toutes les choses autour d'elle, écouter le bruit de la nature comme une musique enivrante à ses oreilles.

On créait nos propres démons.
Elle n'aurait simplement pas dû l'oublier. 

~°~

Son corps tremblant se leva de lui même dès que ses yeux furent ouvert, comme pour se protéger d'une menace imaginaire qui, dans ses cauchemars, ne l'était pas du tout. Ses pupilles dilatées au possible par la peur couvraient chaque centimètre de la chambre de leur couleur verte pour rassurer leur propriétaire sur le fait que rien ne se cachait dans l'obscurité et qu'elle était bel et bien dans son lit. Son cœur qui battait à mille et la désagréable sueur froide qui lui coulait le long du dos n'arrangeaient rien à son état. C'était le troisième cauchemar qu'elle faisait d'affilée et, même si elle le voulait très fort, elle ne pouvait pas aller réveiller Solenn toutes les nuits à cause de cela, particulièrement quand la troisième année semblait bien dormir, chose déjà assez rare. Elle savait qu'elle devait apprendre à s'en sortir toute seule mais l'idée même de s'éloigner de Solenn lui donnait la nausée. Il fallait se rendre à l’évidence, elle était loin d'être autonome et ne le deviendrait pas avant longtemps, peu importe le fait qu'elle fasse de son mieux pour remonter la pente. Si elle n'était pas capable de laisser Solenn, elle ne grandirait jamais.
L'enfance est le royaume où personne ne meurt.
Elle ne veut pas mourir.
Elle ne veut pas grandir.
Pas après tout ça, pas maintenant.
Pas après Solenn.

~°~

Enfoncée dans le lac jusqu'aux genoux, elle regardait les étoiles, la tête levée vers le ciel. L'eau froide lui mordait la peau et la faisait frissonner mais elle se sentait tellement bien, comme si plus rien n'avait d'importance, comme si elle pouvait tout faire, quand elle le voulait.
Comme dans un rêve, elle ne se souvint pas d'être sortit de l'eau ou de s'être séchée avant de se rendre compte qu'elle descendait les marches qui menaient aux cachots comme si cette nuit n'avait jamais existé, comme si le lac n'avait jamais été qu'un songe qu'elle avait oublié une fois ses yeux ouverts.

"Il y a des blessures qui ne sont jamais visibles sur le corps qui sont plus profondes et plus blessantes que tout ce qui saigne."
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

On créait nos propres Démons  G.V 

Je crois que dans la vie Rytz, il y a plusieurs types de personnes. Il y a celles qui semblent plus normales, que tout le monde arrive à comprendre. Les personnes qui parlent fort, qui aiment se faire entendre. Les personnes que certains pourraient qualifier de « gentilles » de « drôles » ou de « normales ».
Et puis, d’un autre côté il y avait l’autre groupe de personnes, les personnes un peu plus comme toi je crois. Les personnes plus « discrètes » sûrement moins « égocentriques ». Celles qui aiment rester seuls, celles qui trouvent les gens et la vie barbants. Celles, qui en général ont beaucoup soufferts auparavant.

Oh oui ! Je crois que c’est impossible de naître triste mais, je pense qu’on le deviens facilement. Je crois qu’on ne s’attend pas à ce qu’un jour le sourire de quelqu’un disparaisse à tout jamais, comme s'il lui eut été volé, arraché…

Même toi Rytz, tu aurais bien pu dire vouloir dominer le monde, dominer les gens pourtant, tu préférais rester indifférent.

Et, puis, tu étais là.
Debout.
L’air ahuri, ébahi.
Tu étais encore là, à observer comme inlassablement cette lignée de visages bien rangée ronflant paisiblement dans leurs lits douillets. C’était un peu près toujours la même scène. Il faisait froid, humide. Mais toi, tu aimais souvent te réveiller pour regarder les gouttes de pluie tambouriner sur la vitre argentée. Peut-être parce que tu faisais toutes les nuits le même cauchemar, et, peut-être parce que tu avais peur de t’en séparer.

Peur de l'oublier ? Peur de le trouver ? Peur d’enquêter ?


C’était vraiment quelque chose que j’arrivais très peu à discerner chez toi Rytz.
Et, je crois qu’au final tu devais ressentir à chaque fois comme un long frisson.
Une prison.
Arriverais-tu seulement un jour à traverser ses lourds barreaux ? A t’infliger un peu de répit ?

Arrêteras-tu seulement un jour de porter sur tes épaules, ce fardeau bien trop lourd qui t’anéantit jour après jour ?

Ce fardeau qu’un jour, tu avais décidé de porter sur les épaules, et celui qui était bien trop lourd pour un petit gosse de ton âge !
C’était bien là une ambiance triste et lasse qui régnait chez toi Rytz… On le sentait et tu savais bien l’exprimer.

*J’ai toujours préféré la nuit au jour. C’est le seul moment où je me sens libre. Le seul moment où je peux exploser tel un feu d’artifice mémorablement coloré*

Alors, tu restais toujours là accroupi ici, je crois que c’était vite devenu ton coin favori.

Le bruit de la pluie qui frappait à la fenêtre provoquait chez toi une nouvelle avalanche de questions… *Que ce cache t-il dans l’au-delà ? Suis-je bien réel ? ou uniquement une pincée du cauchemar d’autrui ? *

Un jour parfois, tu finissais par t’endormir, te réveillant le matin la tête pendante et haletante, l’esprit vide le cerveau et l’estomac creux.
Alors comme perdu dans une prison, comme enfermé dans un château sombre, tu descendis cette nuit-ci, les marches du dortoir.

Pour aller où ? Je ne sais pas ? Nulle part ? Pourquoi fuguer Rytz ? Cela ne sert à rein, tu n’y arriveras pas !


L’un sortait l’autre rentrait et, c’est ainsi que tu tombas nez à nez avec une petite fille qui semblait mesurer la moitié de ta taille. Tu la regardas longtemps comme cela sans rien dire. La fixant avec ton regard vide.
Je ne comprenais pas toujours pourquoi tu faisais cela Rytz ? Tu allais lui faire peur !

Tu étais drôle à voir ! Vous étiez drôle à voir je crois. Quoique, je pense qu’il était bien difficile de parvenir à discerner une lueur d’espoir dans ce tableau si maussade.

- J’ai toujours préféré la nuit au jour, c’est le seul moment où l’on peut observer ce nombre infini d’étoiles illuminées par les nombreuses personnes parties contre la souffrance de leur famille…

Erreur n°404

On créait nos propres Démons  G.V 

Elle se perdit bien assez entre ses murs de pierres qui semblaient ondulés comme parsemés d'insectes grouillants et dégueulasses. Comme s'ils étaient tapissés de petite bêtes gluantes qui auraient pu l'aspirer si elle s'était approché trop près. Elle était déjà assez perdue, pourquoi lui avoir rajouté une parti dont elle ne se souvenait pas ? Sa tête roula sur ses épaules, telle un pantin désarticulé, elle sembla s'éteindre un court instant. Elle s'effondra sur elle-même sans toucher le sol mais en restant seulement là, debout dans ce couloir trop noir, trop froid, les bras ballants à regarder devant elle comme si toute vie l'avait quitté. Pourquoi elle avait oublié ? Ça n'avait aucun sens, son cerveau n'avait aucune raison d'oublier quelque chose de si simple ! Elle était seulement allée dans le parc et, après cela, c'était un trou noir, comme dans les films. Sauf que là, elle ne regardait pas la scène derrière un écran, elle la vivait jusqu'au plus profond de ses cellules comme une partie de sa vie qui lui avait été arrachée au scalpel dans le sang et la douleur. Ce n'était, certes, qu'une poignée de minutes mais le fait qu'elle commence à oublier la terrifiait. Elle n'avait pas le droit de ne plus se souvenir. Elle n'avait pas le droit d'oublier le fait qu'elle n'ait pas le droit d'oublier. Oublier, ça voulait dire faire comme si rien n'avait jamais existé, comme si elle avait loupé toute une partie de son existence sans jamais pouvoir le comprendre, comme si elle ne l'avait jamais vécu. Elle ne pouvait pas oublier. Elle devait passer à travers, continuer à avancer en laissant les choses derrière mais en se souvenant toujours des choses qu'elle avait mal fait pour ne pas recommencer. Elle ne devait pas oublier parce qu'elle devait se créer sa propre histoire en utilisant toutes les choses qu'elle détestait pour arriver à construire une jolie machine. Mais elle oubliait quand même et ça lui glaçait les os.

De toutes les choses qu'elle aurait pu oublier, elle se souvint trop bien de celle qui stipulais qu'être faible n'était pas une option quand elle entendit un bruissement de pas. Presque imperceptible mais dans le silence, elle pouvait presque sentir en se concentrant assez fort, le château se mouvoir et battre de la magie en lui. Etre faible, c'était accepter qu'on aurait pu être fort mais qu'on avait pas réussi. Admettre qu'elle était faible, c'était admettre qu'elle n'avait, encore une fois, pas réussi quelque chose alors elle redressa sa colonne vertébrale et, quand il arriva -car c'était de toute évidence un garçon qui avait une bonne dizaine de centimètres de plus qu'elle-, leva les yeux pour les planter dans ceux de son camarade insomniaque. Elle leva le menton, comme pour lui dire qu'elle était au dessus de lui et qu'elle pouvait l'écraser, enfoncer le talon de ses pieds gelés par l'eau et les couloirs en le pressant contre son dos. Ses petits pieds tout blancs et tout nus qui s'écorchaient sur le sol de pierres comme ils l'avaient fait bien des fois auparavant, sans qu'elle ne s'en soucis même pas un peu. Le corps n'est qu'un transport qui peut être réparé. C'est tellement plus facile de penser comme ça parce que ça veut dire que toutes les attaques ne l'atteindront plus jamais. Qu'elles ne seront dirigées que sur l'enveloppe qui cache tellement, tellement plus de choses. 

-C'sert à rien de regarder les étoiles pour y déceler un message subliminal si t'es même pas fichu de comprendre c'que tu penses. Comprends-tu tes pensées ? Non. Sinon tu s'rais sûrement pas là.
Et pis, pourquoi il parle de famille, exactement, lui ? Elle bronche face au terme. Elle en a eu deux et la première, elle aurait souhaité la voir crever la gueule ouverte dans un incendie ou dévorés par les chiens comme les vulgaires moutons qu'ils étaient.

"Il y a des blessures qui ne sont jamais visibles sur le corps qui sont plus profondes et plus blessantes que tout ce qui saigne."
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

On créait nos propres Démons  G.V 

Et ça grouillait d'insectes.
De fourmis dans tes pieds, d'araignées dans ta tête qui semblaient comme tisser une toile nauséabonde de confusion et de tristesse.


Mes méninges embrouillés père, mon esprit perforé mère


Comprenais-tu réellement tes pensées Rytz ? Pensais-tu réellement pouvoir, comme elle te le disait si bien, parvenir à déceler un message subliminal dans les étoiles ?

« J’ai le droit de faire ce que je veux non ? Et ce n’est certainement pas une poussière en ton genre qui va me l’en empêcher. »

Oh ! Tu te plaisais à essayer de la rabaisser, à la dévisager de haut en bas de ton regard blasé. Tu la dominais de par ta taille, ta voix et peut-être ton caractère. Cette satanée volonté à essayer de rester calme face à ce petit être t’amusait plutôt. Pourtant, elle devait avoir au moins ton âge.

*Pfff c’est vrai qu’elle n’est pas complètement débile sa remarque. En vrai, parfois je me sens un peu comme une poussière et puis en même temps parfois un peu comme une pierre ou un démon. Au fond, je ne sais pas si je les comprends mes pensées mais bien souvent, elles me guident. Enfin j’en ai l’impression*

« Des gens s'amusent sûrement à dire que l'on peut lire des messages dans les étoiles et que le ciel nous raconte à chacun sa propre histoire, mais tu vois par exemple là, imagine dans ta tête une constellation, tu y vois quoi toi ? »
Un soldat de fer une épée de fer,
Bing Bang
L'arme trop lourde pour l'homme tombe à terre, s'écrase sur le sol comme pour le délivrer de toutes souffrances
Et puis là il vole l'homme, il est libre l'homme.


Tu y voyais et revoyais toujours le même problème, les étoiles elles te dictaient tes souffrances. Elles te les rappelaient, pourtant toi tu croyais être soulagé. En réalité, les douleurs il suffisait qu’on les nommât pour qu’elles prissent toute la place. Tu pouvais alors devenir un garçon triste, un criminel, un pleurnichard.
Mais il est d'autant plus vrai que beaucoup de gens ne comprennent pas ce genre de messages théoriques ou philosophiques. Et toi pensais-tu réellement les interpréter à juste titre ?
Une théorie du complot.


« Au fond peut-être que tout cela ne veut rien dire je n’en sais pas vraiment plus que toi »

Et que les vérités que l’on côtoie se sont formées au fur et à mesure du développement du monde. C’est ainsi que les hommes ont commencé à diaboliser certains objets, certaines couleurs, certaines personnes.
Si tu t’amuses à prendre un autre exemple Rytz, tu comprendras sûrement.
Un démon c’est noir et rouge. Pourquoi ses couleurs ont-elles été choisies ? Puisque désormais les gens les trouvent tristes et méchantes.

Pourquoi un démon ne serait pas plutôt rose ou bleu ou même vert ? Il vole ou il part en fumée ? Quel aspect même doit-il prendre ? Et que fais-t-il exactement quand il nous possède ? Est-t-il uniquement destiné à une personne ou en renferme t'il plusieurs semblables ? Rejoint-il au fond les étoiles ou trafique t'il nos pensées ?

As-tu déjà pensé à ton potentiel démon toi Rytz ? Et alors il était grand ? Ton opposé ou ton semblable ? Crois-tu en sa potentielle existence ?


« Penses-tu que les démons, ils existent ? Il est comment le tien ? »

Erreur n°404