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Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Novembre 2043.


Ce n'était plus tellement un secret, Solal Rosenberg n'avait pas sa langue dans sa poche. Il était construit de paradoxes et d'opposés. S'il pouvait se montrer réfléchit, calme et raisonnable, il ne suffisait que d'un détail contrariant pour le rendre impulsif et de mauvaise foi. Alors, tout le charme du garçon s'envolait et il devenait difficilement supportable. Somme toute, il valait mieux ne pas être dans les parages quand il se laissait aller à une éruption explosive de mots et d'agacement.
Il n'y avait pourtant que quelques sujets qui pouvaient le contrarier assez pour qu'il en devienne agacé : les animaux, sa réputation amplifiée de bon élève, et un certain Poufsouffle.

En d'autres termes, Solal en compagnie d'Elian, son crapaud, était une bombe à retardement qu'il fallait à tout prix éviter. La cape volant au rythme de ses pas, le Serdaigle évoluait dans les couloirs avec enthousiasme. Il avait une idée très précise, aujourd'hui. Il allait sortir un peu son amphibien qui n'avait pas senti l'herbe sous ses pieds depuis quelques jours déjà. Il l'avait attrapé l'été dernier et s'en occupait aussi bien que possible. Il avait même acheté quelques livres lors de son passage de pré-rentrée au Chemin de Traverse pour bien s'en occuper et il avait conclu quelque chose : s'il ne pouvait pas sortir Elian sur le bord du lac de peur qu'il s'enfuit, il pouvait le rendre heureux en lui offrant des balades régulières dans le parc de l'école. Les sorties se révélaient souvent assez sportives pour le Serdaigle qui en profitait alors pour épuiser son trop plein d'énergie : Elian avait une légère tendance à fuguer, ce qui expliquait peut-être le calme de Solal récemment.

C'était parfois un véritable défi de se frayer un chemin dans le dédale d'élèves et lorsqu'il passa à côté de la salle de sortilèges, le Serdaigle dut exécuter quelques pas de danse, le crapaud entre ses mains, pour que son animal ne soit pas victime d'un coup de coude maladroit. Les Gryffondor et les Serpentard finissaient visiblement eux aussi leur journée en sortant d'un cours de sortilèges ; à leur taille, ils étaient sans doute en première année, la plupart faisaient bien quelques centimètres de moins que Solal. Il poussa un soupire de soulagement quand il s'extirpa de la masse d'élèves —Elian était sauf— et reprit son chemin avant de sentir un coude lui entrer dans le dos et le pousser brusquement. Sous la surprise, il lâcha Elian qui atterrit maladroitement au sol, sous un "oh !" surpris et effrayé du Serdaigle.

« Par la barbe de Merlin, Elian ! » Il l'avait rattrapé tout aussi vite, s'assurant que ce dernier n'ait pas été blessé avant de se tourner, les épaules remontées jusqu'à ses oreilles et les sourcils froncés si fort qu'il en eut mal au front. Le petit groupe de Gryffondor qui était derrière lui se mit à courir en sens inverse. Seule une fille était restée planté devant le Serdaigle au bord de l'éruption.
« Dis donc, ça vous dérangerait, toi et tes copains, de faire attention aux autres ? » Le crapaud n'avait pas l'air traumatisé par l'expérience aérienne et se blottissait à présent sereinement dans les bras du garçon.

Tapis en Chef, 2ème année RP.

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Les yeux perdus dans le vide, une petite Gryffondor faisait pianoter ses doigts sur le bois du banc du cours de sortilèges. C'était étonnant, la petite, prénommée Katlyn, aimait d'habitude beaucoup ce cours qu'elle trouvait si intéressant, mais aujourd'hui, elle n'était tout simplement pas dans son assiette. Le cours la laissait de marbre, rien ne l'intéressait et la fatigue jouait beaucoup avec ses pensées. Son menton déposé au creux de sa main, elle observait le professeur sans grande attention. On l'avait déjà reprise à rêver de multiples fois mais son esprit continuait à vagabonder ailleurs, les remarques ne lui suffisant pas. Souvent, ses yeux se fermaient et Morphée lui hurlait de le rejoindre mais ce n'était pas de l'avis de son professeur. "Ah non, non, non, ce n'est pas l'heure pour le marchand de sable de passer !", s'était-elle dit plusieurs fois, bien que sans grande conviction.

Mais par miracle, le professeur avait dit à tous les élèves que le cours était enfin terminé. Un sourire peut-être malvenu apparut sur le visage de la blonde vénitienne et elle sauta de son banc en un rien de temps. Elle se dépêcha de se diriger vers la sortie au pas de course. Pour sortir du cours, l'énergie était directement de retour. Apparemment, elle n'était pas la seule qui avait trouvé le cours ennuyeux parce que, bien vite, elle fut entrainée dans une marée d'élèves Serpentard et Gryffondor confondus. Submergée, le mouvement de la foule l'entraina à l'extérieur à coups de coude et de pieds pour savoir qui sortirait le premier. Allait-ce être un de ses camarades ? Ce qui était sûr, c'est qu'elle, elle n'allait sûrement pas en ressortir indemne. Tous se pressaient pour passer la ridicule porte et atterrir dans le couloir qui n'était que plus bondé. Elle essaya tant bien que mal de se dégager mais pour survivre, il fallait se battre ! Elle joua du coude à son tour tandis que ses pieds étaient écrabouillés de tous les côtés et par on-ne-sait quel miracle, elle réussit à s'en sortir. Toutefois, le résultat n'était pas sans dommage. Ayant été poussée sur le côté à la sortie de la salle de classe, elle avait bousculé quelqu'un d'une force herculéenne, ce qui était bien plus supérieur à sa force habituelle. 

"- Par la barbe de Merlin, Elian !, avait-elle entendu dire derrière elle."

Les yeux ébahis, les autres élèves de première année déguerpirent en vitesse. Elle se retourna doucement et, quand elle se retrouva nez-à-nez avec un autre élève bien plus grand qu'elle, elle resta stoïque. 

"- Dis donc, ça vous dérangerait, toi et tes copains, de faire attention aux autres ?"

Il avait l'air énervé, voire bouillonant. Pourtant, le ton qu'il avait employé n'avait pas non plus plu à Katlyn. Après tout, c'était un accident ! Elle baissa le regard sur le crapaud calme puis reposa ses yeux sur le garçon qu'elle devina de Serdaigle. Un sourire haussé, peut-être un peu insolent, elle mit ses poings sur ses hanches. 

"- Quelle idée de trimballer une grenouille dans les couloirs! Il faut faire plus attention, mon grand !, avait-elle répondu d'un ton sec."

Elle l'avait dit en pointant l'amphibien d'un doigt accusateur et un pli s'était formé au creux de ses sourcils. Ce n'était pas dans les habitudes de Katlyn de parler durement aux autres, encore moins aux plus âgés, mais se laisser marcher sur les pieds ? Sûrement pas. Il en était hors de question. Et il fallait que le garçon s'en rende compte à son tour. 

"- Et puis quoi encore ? Ça doit toujours être la faute des plus jeunes ? Non mais quel culot."

Katlyn L. Johnson, Première Année à Gryffondor
"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites."

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Il n'y avait que quelques choses qui agaçaient le Serdaigle assez pour qu'il cesse de réfléchir et ne se mette qu'à cracher son agacement dans un enchaînement de mots démesurés. Pour autant, ces quelques choses là l'entouraient et faisaient partie de son quotidien, si bien qu'il ne devenait pas si rare de le voir perdre patience. C'était devenu assez régulier pour les autres Aiglons de le voir hausser le ton d'un air renfrogné. Il se calmait bien vite, la plupart du temps, mais s'il ne se calmait pas, il fallait parier que la dispute allait durer longtemps.
C'était une de ces disputes là. La Gryffondor avait appuyé là où il ne fallait pas, appelant Elian une « grenouille » —ce n'en était pas une— avec le plus grand des dédains —Elian méritait plus que quiconque le respect, mais il ne savait plus s'il parlait du crapaud ou du Poufsouffle. Solal n'avait jamais passé beaucoup de temps avec des Gryffondor et il se rappelait à présent pourquoi : ils avaient ce côté tête dure qui était parfois appréciable, et parfois bien moins. C'était d'autant plus désagréable que la rencontre avec l'impulsivité du Serdaigle produisait toujours un cocktail explosif que Solal n'avait pas la maturité d'adoucir.


« Déjà, tu vas tout de suite parler correctement de mon CRAPAUD. Oui, c'est un crapaud, tu vois ? Si tu passais plus de temps à te renseigner qu'à râler et à bousculer les gens, tu saurais que la peau d'une grenouille est différente. » Les Serdaigle n'avaient pas toujours la réputation d'être des personnes agréable et Solal revêtait à merveille les clichés véhiculés sur la maison des Aiglons. Il avait bien d'autres choses à se soucier que de savoir ce qu'on pouvait penser de lui et il leva les yeux au ciel d'une façon totalement exagérée.
« Puis j'ai jamais parlé de votre âge, mais si tu fais la remarque c'est peut-être que c'est pas la première fois que vous embêtez quelqu'un. Faudrait que vous pensiez à regarder plus loin que le bout de votre nez !» s'exclama-t-il avant de lâcher Elian d'une main pour faire un geste du bras à nouveau exagéré. Mal lui en pris, puisque le crapaud agacé décida alors de se sauver de son emprise pour sauter sur le sol et préparer sa fugue numéro quarante six —depuis le début du mois. L'épouvante sur le visage, le Serdaigle laissa échapper un nouveau « Elian ! » faiblement avant de s'élancer après le fugueur qui décida, après quelques voltes ici et là, de se fourrer entre les pieds de la Gryffondor. C'est à quatre pattes que se retrouva le Serdaigle, aux pieds de la jeune fille, pour attraper le crapaud, une moue sur le visage.
« C'est p'têt parce que tu sens des pieds, il aime bien le fromage. » Symphonie de ronchonnade en ré mineur orchestrée par Solal alors qu'il s'empressa de glisser le crapaud entre ses bras —il essayait de ne pas penser au fait que son crapaud préférait visiblement une inconnue à la chaleur de ses bras.

Tapis en Chef, 2ème année RP.

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Sourcil haussé, dos droit, on ne pouvait plus dire que Katlyn paraissait des plus sympathiques. À sa posture, on pouvait même croire qu'il s'agissait de ce genre de filles insupportables qui ont pour passion d'embêter les autres juste pour le pur et simple plaisir de s'amuser en voyant les autres souffrir par leur faute. Habituellement, ce n'était pas le cas pour la jeune Gryffondor qui était d'ailleurs bien plus timide qu'elle ne le laissait paraitre à l'instant même, mais elle n'était déjà pas de bonne humeur alors toute cette dispute ne fit que l'agacer encore plus. Elle s'avança d'un pas vers le Serdaigle, et bien qu'elle était petite, le regarda de haut. Le discours du garçon la rendait exécrable, mais elle ne voulait en aucun cas paraitre fragile et avoir l'air de perdre quelconques moyens. Elle fit ressortir sa lèvre inférieure en joignant ses mains dans un geste de prière, les yeux faussement attristés. D'une voix douce et pourtant narquoise, elle dit : 

"- Oh, j'ai eu le malheur d'insulter le crapaud de Monsieur et ça le rend triste ? Tu veux un câlin ? Tu sais, on peut en parler si tu as un problème avec les appellations, ce n'est pas bien gr-"

Elle avait commencé à parler mais avant même de pouvoir finir sa phrase, le batracien du Serdaigle bondit dans la nature, la surprise la faisant reculer d'un pas. Un peu déboussolée, elle ne se reprit que quand elle vit le Serdaigle sur le sol en train de récupérer son petit animal. Ce fut la remarque du garçon qui la perdit. Éclatant de rire, elle secoua la tête avant de s'accroupir doucement pour se retrouver à hauteur du jeune garçon, ses yeux au même niveau que les siens.

"- Jaloux que ta grenouille me préfère, mon grand ?"

La situation était beaucoup trop comique pour que Katlyn garde son sérieux. Avant de recommencer à rire, elle pouffa en regardant droit dans les iris de son interlocuteur. Ses joues un peu rougies par ses rires et par la querelle, elle sentit une prise de puissance vis-à-vis du garçon. Tapotant son épaule dans un geste hypocrite, elle lui envoya un sourire mesquin.

"- Ne t'en fais pas, c'est pas si grave. Regarde, elle t'aime, ta grenouille."

Elle pointa du doigt l'amphibien confortablement installé au creux des bras du garçon. Sa phrase avait été plus calme bien que toujours un peu condescendante, mais la blonde vénitienne n'allait pas se laisser abattre pour autant.

Katlyn L. Johnson, Première Année à Gryffondor
"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites."

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Solal en avait rencontré des gens, depuis son arrivée à Poudlard. Un tas de sorciers aux personnalités si diverses qu'il n'avait jamais encore imaginé que certaines personnes puissent être comme telles. Il s'était aussi disputé quelques fois, un peu plus que nécessaire. Mais c'était bien la première fois qu'on lui répondait avec autant d'insolence —la dispute avec le Gryffondor et son chat était pourtant quelque chose. Son nez se renfrogna et ses sourcils se froncèrent dans la moue mécontente qui lui était caractéristique. Il se redressa, les yeux rivés sur le visage de la Lionne. Il n'était décidément pas fait pour s'entendre avec les Gryffondor —la seule avec qui il avait lié un petit quelque chose était Mad, qui aurait sûrement eu sa place dans la maison des Aiglons aux yeux du garçon.
Elle avait un petit air angélique, le genre d'air qui donnait l'impression qu'il fallait s'attendre au pire et les paroles cinglantes de la première année renforçaient cette impression. Solal regretta de devoir tenir son crapaud, sans quoi il aurait voulu croiser les bras avec dédain face aux provocations de son interlocutrice. Il pinça ses lèvres entre elles dans une tentative désespérée de rester le Grand de la situation et de ne pas perdre le contrôle de la situation, bien qu'elle semblait déjà lui échapper. Il n'était pas d'humeur à se disputer, il avait prévu un après-midi dehors. Il faillit d'ailleurs sourire mais le sourire qui étira le coin de ses lèvres s'effaça aussitôt suite à la seconde remarque de la jeune fille —elle ne riait pas avec lui, mais à propos de lui. Et elle continuait à s'évertuer à appeler Elian une « grenouille » ce qui était tout bonnement faux. Il décida néanmoins de balayer l'information pour deux raisons ; il ne souhaitait pas lui donner des raisons en plus de se moquer de lui, et elle était peut-être trop stupide pour comprendre qu'une grenouille et un crapaud, ce n'était pas la même chose.


« D'accord, t'as l'air fière de c'que tu dis, j'suis bien content pour toi mais j'ai mieux à faire que me disputer avec une pauvre fille comme toi. T'as l'air d'être embêtée parce que t'es plus jeune et tu veux faire la grande, mais les grands ont pas besoin d'jouer à ton petit jeu pour avoir l'air grands. » Piqué au vif, il décida de s'essayer à une technique qu'il n'avait encore jamais essayé jusque là : la nonchalance. Il s'autopersuadait qu'il lui en fallait bien plus pour s'agacer et il s'approcha d'un pas de la Gryffondor à nouveau pour tapoter le haut de sa tête comme il l'aurait fait avec un petit chiot.
« Là, c'est bien ma fifille, t'as défendu ta fierté de petite lionne en mal de reconnaissance, dommage qu'il y ait que les armures pour voir à quel point t'es forte. » Il pointa une armure sur ces mots et leva les yeux au ciel en se reculant à nouveau. Il n'attendait plus que le parfait moment —celui où il aurait le dernier mot— pour reprendre son chemin.

Tapis en Chef, 2ème année RP.

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

C'était étrange pour la jeune fille de tenir tête à ce point face à quelqu'un d'autre. Elle n'en avait pas l'habitude. Il ne lui arrivait que très peu souvent de se prendre la tête avec autrui, encore moins avec des inconnus. Pourtant, elle ne baissait pas les bras. On aurait pu croire de la Gryffondor qu'elle allait finir par se renfrogner, abandonner et marmonner des excuses pour pouvoir fuir la situation au plus vite. Ça aurait pu être son genre, mais le sang de la jeune fille était tant en ébullition au moment-même que cette pensée ne lui traversa même pas l'esprit. Elle se releva en même temps que le garçon, et se redressa de manière à s'agrandir. Elle affichait toujours un rictus, ce genre de sourire provocant qui, sur elle, avait tout bonnement l'air d'une incitation à la colère. Le Serdaigle la faisait rire, elle se sentait détendue et pourtant, la situation aurait dû lui donner une montée d'angoisse. C'était vrai, cette arrivée de stress avait fait son apparition, au début, mais face au deuxième année, elle se sentait maintenant beaucoup plus en force. Même son petit discours la fit rire intérieurement. Toutefois, quand il commença à lui tapoter la tête, elle faillit riposter avec une remarque plus cinglante, mais elle ne voulait pas montrer un quelconque signe de fragilité infantile. Il voulait la rabaisser sur son âge ? Tant mieux, elle allait lui montrer que ses remarques le faisaient paraitre beaucoup plus jeune qu'elle.

"- Oh, c'est ce que tu crois ?, demanda-t-elle en riant. Elle secoua la tête pour lui montrer son désespoir avec dédain. Tu- Tu penses vraiment que je veux faire la grande ? Comme c'est mignon."

Elle le regarda, pinçant les lèvres dans un sourire toujours plus amusé et croisa les bras. Toujours plus insolente, toujours plus provocante, la Gryffondor n'avait pas dit son dernier mot.

"- Enfin, en tout cas, c'est drôle venant d'un type qui vient d'insulter mes pieds. Tu dois vraiment être très doué en dissertation pour faire passer tes arguments. Une vraie perle. Elle inspira un grand coup avant de se pincer l'arête du nez en baissant la tête. Et c'est donc ça qui doit nous montrer le chemin..., avait-elle dit en chuchotant, assez bas pour que ses mots paraissent pour une exaspération, mais surtout assez haut pour que le garçon l'entende."

Elle releva ses yeux pour croiser les siens. S'avançant un peu, les bras croisés et le regard ayant un air de défi, elle replaça une mèche derrière son oreille et, après avoir claqué sa langue, elle lui dit doucement :

"- Alors mon grand, tu crois pas qu'il serait temps de grandir un peu ? Je veux dire, moi, j'ai une excuse, je suis plus jeune, mais toi... Ça commence à devenir embarrassant."

Un sourire satisfait sur le visage, elle se recula à nouveau et le toisa d'un regard loin d'être sincère ou empathique, simplement hypocrite. Était-ce le moment où elle devait faire sa sortie triomphante ? Peut-être pas, elle n'avait pas envie de gagner aussi facilement.

Katlyn L. Johnson, Première Année à Gryffondor
"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites."

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

C'était un fait : Solal n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi détestable depuis sa première rentrée à Poudlard. C'était un véritable record que la Gryffondor parvenait à graver, si elle était aussi embêtante qu'elle était douée en Quidditch, le Serdaigle était sûr qu'elle pouvait facilement entrer dans des compétitions internationales. Il sentait son sang bouillir dans ses veines, n'en faisait-elle pas un peu trop ? Le brun n'était pas un exemple de courtoisie, il en était conscient et n'avait jamais ressenti le besoin de changer ce pan de sa personnalité. Pour autant, il était absolument certain que la Gryffondor n'avait pas besoin d'aller si loin, que cherchait-elle à faire ? Les Gryffondor avaient bien une fierté incroyable. Solal plissa le nez dans une moue d'un certain dégoût.

« T'as fini ? Tu fais pitié. J'vais te laisser avec ton discours. Tu parles de dissertation mais t'es juste capable d'enchaîner les soit-disant insultes qui servent à rien, en plus. Viens Elian.» Les lèvres pincées, les sourcils froncés, le Serdaigle adressa un regard à son crapaud qui s'était finalement à moitié endormi, releva les yeux vers la Gryffondor pour lui adresser un regard rempli de mépris.
« Au fait, au cas où tu remets les pieds sur terre ou que tu découvres un sortilège pour te démêler les neurones, moi c'est Solal. J'laisse passer là, mais viens pas me chercher la prochaine fois.» Il ferma les yeux quelques secondes le temps de soupirer, il n'était pas si facile pour lui de prendre autant sur lui et il planta ses dents dans sa lèvre inférieure pour se contrôler et ne pas risquer d'envenimer la dispute. Il était maintenant en seconde année et il était de son devoir de montrer un minimum l'exemple. Sa dispute virulente avec un autre Gryffondor —encore— l'avait, de plus, vacciné : il n'avait aucun intérêt à se disputer pour des choses futiles. Après s'être disputé avec Elian, le Poufsouffle, de façon plus ou moins unilatérale, il avait à présent goûté aux véritables disputes avec du sens. Celle-là n'en faisait pas parti.
« Ah, et, t'as de l'encre là.» Il fit remarquer en pointant du doigt la pointe de ses longs cheveux —ce devait être embêtant de porter des cheveux aussi longs, Solal était bien content du nid désordonné qui couvrait le haut de sa tête. Refoulant une dernière vague de colère et d'impulsivité dont il savait faire preuve, le Serdaigle enfonça un poing dans sa propre poche, l'autre main tenant son crapaud, avant de finalement faire un pas de côté pour dépasser la jeune fille. Si, l'année précédente, il avait espéré être ami avec tout le monde, il s'était finalement rendu compte que ce ne serait pas le cas. Il n'avait pas besoin ni d'être apprécié par tout le monde, ni d'être ami avec tout le monde. Il avait à présent une famille à Serdaigle, et un ami —le mot paraissait toujours un peu étrange— irremplaçable en la personne d'Elian. Il s'éloigna alors, le bruit de ses talons résonnant dans le couloir presque vide.

Tapis en Chef, 2ème année RP.

Le Crapaud au Pied du Volcan  PV Katlyn Johnson 

Bouche-bée, voilà ce qu'on pouvait dire de la petite Katlyn. Il y a deux minutes, la jeune Gryffondor avait l'impression de tenir les rênes de la situations avec force et voilà maintenant qu'elle se retrouvait avec la bouche entre-ouverte, sans un mot qui sortait de sa petite bouche qui, pourtant, n'arrêtait pas de cracher du venin quelques instants plus tôt. Elle aurait pu continuer mais le garçon avait tout bonnement l'air de l'ignorer et d'être fatigué de ses paroles infantiles. "Moi qui pensais qu'il allait se sentir tout petit...", se dit-elle à elle-même, son visage se décomposant par la même occasion. Il l'avait bien remise à sa place et on pouvait maintenant voir qu'elle redescendait sur terre tout comme l'adrénaline dans ses veines. Elle essaya d'ouvrir la bouche pour riposter mais la referma immédiatement, ne sachant tout simplement pas quoi dire.

En faisant une rétrospective sur ses paroles, elle se rendit compte de son ridicule et le rouge lui monta au joues. Empourprées comme ça, elle paraissait beaucoup moins menaçante ou hautaine, elle redevenait enfin la petite fille timide et calme qu'elle avait pour habitude d'être. Elle fronça les sourcils, sentant le vent du passage du Serdaigle, prénommé donc Solal, s'écraser contre son visage. Elle serra ses petites mains, ses ongles se cramponnant à sa paume si bien que si elle continuait comme ça, elle aurait pu percer sa peau pâle. Katlyn était frustrée et tout son corps le lui faisait ressentir. Une chose en entrainant une autre, sa frustration ne faisait que s'agrandir. Elle baissa ses yeux vers ses mèches blondes vénitiennes et aperçut donc cette petite tâche d'encre qui assombrissait sa chevelure. Toujours plus mal à l'aise, sa confiance en elle venait de s'envoler comme une feuille durant cette période hivernale. Elle se prenait donc le bec depuis tout à l'heure avec ce Serdaigle en ayant cette grotesque tâche au bout de ses cheveux ? Qu'est-ce qui pouvait donc rendre tout cela pire ? Un bouton au bout de son nez ?

D'un coup, elle fit volte-face prête à recommencer ses tirades puériles auprès du deuxième année mais aucun son ne voulut sortir de son petit corps frêle. Elle se ravisa. Allait-ce lui servir ? Non, sûrement pas, à part à la tourner dans un plus grand ridicule encore. Non, non et non, hors de question pour elle qu'il ne puisse encore plus la rabaisser qu'elle ne l'était déjà. Elle prit une grande aspiration, se retourna et essaya de détendre ses muscles. Le son des pas du jeune aiglon s'évanouissait dans le couloir et elle déglutit. Elle allait donc rester sur cette défaite écrasante et embarrassante. Peut-être pouvait-elle au moins paraitre digne avant que le prénommé Solal ne parte définitivement ?

"- Et bien, puissions-nous ne pas nous revoir de si tôt, dans ce cas, Solal."

Et elle partit, ses cheveux teintés de bleu volant derrière elle.

Fin du RP

Katlyn L. Johnson, Première Année à Gryffondor
"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites."