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Une fissure dans un masque  Privé 

Le 4 décembre 2043.

Nora se frotta les mains. L'air se rafraichissait de jour en jour avec l'hiver qui s'installait. Malgré les épais murs de pierres, elle pouvait le sentir filtrer à travers les interstices des fenêtres et les portes qui restaient parfois ouvertes. La jeune fille venait de finir son déjeuner et quittait à présent la Grande Salle, se retrouvant ainsi à déambuler dans les couloirs. Elle avait mangé plus rapidement que d'habitude, s'étant elle-même incombée d'une tâche qui lui tenait à coeur : trouver Nathaniel. Elle souhaitait lui parler, mais ne l'avait pas vu lors de son repas. Sans doute devait-il lui flâner quelque part dans le château, si bien qu'elle avait espoir de le retrouver. L'esprit libre et singulier du garçon l'amenait bien souvent à se trouver à des endroits improbables. Nora n'avait pas de meilleure chance de le voir que de le chercher elle-même un peu partout. Cela ne devait pas être si difficile, les couloirs étant peu remplis. Une grande partie des élèves étaient dans la Grande Salle. Peut-être était-il dans sa salle commune, auquel cas elle ne pourrait rien y faire. Elle aurait sans doute dû attendre l'après-midi même, lorsqu'ils partageraient leur cours de Sortilèges, et s'entretenir avec lui à la fin de la leçon. Mais le caractère urgent qu'elle accordait à la situation ne lui permettait pas de fair épreuve de patience. Pourtant, elle ne savait pas bien ce qu'il se passait dans sa tête. Que souhaitait-elle lui dire, au juste ? Elle n'en avait aucune idée. Peut-être souhaitait-elle simplement le voir, entendre sa voix. Passer un moment avec lui. Elle se mordit la lèvre à cette pensée. Distraite, elle bouscula doucement quelqu'un sur son passage.

"Pardon." dit-elle en un souffle, sans prêter attention à son interlocuteur. Puis elle reprit sa route, dans l'espoir de retrouver son ami.

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En cas de besoin, ma volière vous est ouverte !

Une fissure dans un masque  Privé 

Les mois passaient. Ils passaient à une vitesse ahurissante depuis le départ de Mei. Devenir plus forte. Cette phrase s'ancra dès le premier jour dans l'esprit, le corps et le cœur de Jenkins. Depuis, elle multipliait tout. Ses entraînements, ses devoirs, sa motivation, sa concentration. Elle le devait.
En attendant, elle soustrayait pas mal d'heures de sommeil et d'attractions divertissantes. A la voir dans les couloirs du château, ce n'était plus la Jenkins du tournoi. Elle avait maigri, ses muscles étaient d'autant plus saillants et ses formes prenaient peu à peu leur place. Elle grandissait à vu d’œil. Elle perdait de l'agilité sur son balai ce qui la frustrait de plus en plus. Elle continuait toutes ses activités avec acharnement. Impossible de laisser Mei prendre de l'avance. Impossible de se laisser distancer. Et, pour ça, elle avait besoin de réponses. Mei descendait d'une longue lignée de Sorcières Noires. En témoignait sa transformation aussi époustouflante que terrifiante lors de la Troisième Épreuve. A Poudlard, la magie noire était un sujet tabou suite aux diverses guerres.

Pourtant... là... juste là. Il y avait une rumeur. Et pas qu'une rumeur. Jenkins l'avait affronté. Kristen Loewy. La directrice. Utilisatrice de cette magie interdite.
Tally comptait bien confirmer cette hypothèse plus que vraisemblable avant de prier la directrice de lui enseigner les arcanes de cette magie. Si Mei l'avait fait, elle pouvait le faire, elle devait le faire.

Néanmoins, chaque chose en son temps. Elle devait d'abord dénicher une personne bien précise qui détenait peut-être les informations dont elle avait besoin. Nora Starks. Elle entretenait une relation cordiale avec le Gryffondor. Elle connaissait aussi son penchant pour les potins et son désir de vérifier ses informations, en témoignait sa volonté de s'assurer de l'arrivée du professeur d'Astronomie. C'était la seule personne en qui elle avait assez confiance pour aller directement la questionner au sujet de la directrice.

Tally fronça les sourcils en marchant anormalement vite à travers les couloirs. Une tête blonde, ça se repérait facilement. Et puis, maintenant, elle dépassait la plupart des années inférieures, c'était pratique. Finalement, à trop se concentrer sur une cible lointaine, on perd celle qui nous crève les yeux. Starks la bouscula et ce n'est que lorsque Jenkins entendit sa voix qu'elle comprit que c'était elle. Faisant volte face, la capitaine des Ailes d'Airain arrêta Nora d'une main sur son épaule. Elle prit son inspiration.

« _ Nora ! J'te dérange ? J'ai des questions à propos de... elle s'interrompit dans sa phrase, avisant du nombre d'élèves dans le couloir. Elle l'entraîna alors proche d'un angle de mur et baissa d'un ton. A propos de Loewy... et elle attendit la réponse de sa camarade avant de continuer. »

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#Aïe aïe aïe | Honneur, force et persévérance.

Une fissure dans un masque  Privé 

Une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter. Elle se retourna vivement, affichant de grands yeux étonnés. En une fraction de secondes, elle eu espoir qu'il s'agisse de Nathaniel. Qu'il l'ait aperçu, peut-être qu'il ai compris que c'était lui qu'elle cherchait désespérément. Mais si cet espoir avait été une glace, elle aurait été brisé en cette même fraction de seconde. La jeune Tally interpela Nora, le visage grave. Et lorsqu'elle entendit les derniers mots de sa phrase, glissé tout bas, la Gryffondor comprit qu'il ne s'agissait pas là d'une simple conversation courtoise mais d'une réelle discussion autour d'un souci ou d'une inquiétude. Nora regarda à nouveau vers la direction qu'elle avait ris lorsqu'elle marchait, puis posa enfin ses yeux sur Tally et se tourna vers elle. Sa discussion avec Nath attendrait le cours suivant, elle ne l'aurait de toute façon pas trouvé.

"Oui, si tu veux." répondit-elle, assez bas. Elle attrapa le bras de la Serdaigle et la tira à l'écart de la foule du couloir, entre un banc vide et une armure exposée. "Est-ce que tout va bien ?" lui demanda t-elle finalement, car l'air que portait Tally sur le visage laissait un doute à ce sujet. Nora ne savait pas si elle devait s'inquiéter ou non, l'aiglonne lui ayant déjà posé des questions sur des sujets très sérieux, par le passé.

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Une fissure dans un masque  Privé 

Par chance, Nora accepta de lui accorder quelques minutes de son temps et la suivi sans lui poser de questions. Instinctivement, elle semblait comprendre l’enjeu et l’urgence de la situation. Cela rassura Jenkins, Nora ne prenait pas ses histoires avec trop de futilités. Ce qu’elle aurait très bien pu faire si une gamine l’avait abordé avec un air grave. La Gryffondor la fixait, se demandant probablement ce que Jenkins attendait pour prendre la parole. Tally ne voulait pas être surprise par des oreilles indiscrètes. Le mouvement du couloir semblait filer sans s’arrêter, les élèves se bousculant, criants, chahutant. C’était peut-être finalement ici qu’elles seraient les plus discrètes pour discuter sérieusement. La Serdaigle prit son inspiration, remettant de l’ordre dans ses pensées. Ses souvenirs étaient nets. Ses certitudes quasiment fondées. Elle avait juste besoin de l’aval de Nora Starks. Pour faire quoi, au juste ? Elle n’en était pas encore tout à fait certaine. Dans un premier temps, savoir. Ensuite, agir. Il y a quelques années, elle aurait peut-être tout mélangé et attaqué toutes les faces de front mais là, c’était trop important. Devenir plus forte impliquait de faire les choses dans l’ordre. Dans le bon ordre de préférence.

Elle dévisagea Nora, n’ayant pas besoin de prendre un visage plus sérieux qu’il n’était déjà.

« _ Ok… merci, Nora. Elle prit une nouvelle inspiration. Faut que je sache. Elle fixa le mur derrière la blonde. Loewy, une Sorcière Noire. Elle planta son regard dans les yeux verts de la préfète-en-cheffe. C’est vrai ? C’est fondé ? Elle a déjà touché à ce genre de trucs ? Elle est capable de manipuler cette magie sombre ? Elle enchaîna les questions sans prendre le temps de respirer. Puis, elle décida qu’elle avait besoin de justifier ses questions. C’est Mei. Avant de partir, elle m’a dit que la magie Noire et la magie Blanche sont nécessaires pour que l’équilibre du monde soit respecté. Et j’y crois. Mais du coup, je comprends pas pourquoi les mages noirs sont si mal vus chez nous. Bref, si c’est vrai, faut que je lui demande en personne, tu vois ? »

Tally s’autorisa à reprendre sa respiration. Elle avait lâché sa bombe et ses questions, maintenant, il ne lui restait plus qu’à attendre… et à espérer.

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Une fissure dans un masque  Privé 

J'avais bien mangé, ce midi, et j'avais même pris quelques parchemins annotés de cours pour réviser la Défense contre les Forces du Mal sur l'heure du déjeuner. Le professeur Holloway avait beau ne pas être très grande, elle l'était toujours plus que moi, et elle était malgré tout assez impressionnante. Elle faisait partie des professeurs que je n'avais vraiment pas envie de voir en colère. De plus, cette matière était très importante pour moi si je voulais me montrer digne de la copine de Maman, Aude Luneau, qui m'avait donné sa chevalière témoignant de son titre de championne d'Europe de duels de sorciers. Je m'étais promis qu'un jour, j'aurai ma propre chevalière de champion de duels. En attendant, je gardais la sienne autour du cou, pendue à une chaîne.

Depuis quelques semaines, j'entendais des élèves répandre des rumeurs sur ma mère. Je n'y accordais bien sûr aucun crédit, car j'estimais que personne ne pouvait m'apprendre quoi que ce soit sur ma propre mère - du moins, j'essayais de m'en convaincre. J'avais trop l'habitude d'ignorer des choses sur elle, d'en apprendre d'autres par le biais de camarades, ou même par la Gazette du Sorcier. Je ne lisais pas le journal, en général, parce qu'honnêtement je n'en avais rien à faire de ce qui pouvait bien se passer dans le monde ou même dans le pays. L'actualité était toujours très loin de moi. Pourtant quand la Gazette avait parlé de ma mère, en novembre dernier, je m'y étais forcément intéressé. Apparemment, elle possédait la baguette la plus puissante du monde, la Baguette de Sureau... Je n'avais pas compris ce que c'était précisément jusqu'à ce qu'un camarade me parle du conte des Trois Frères de Beedle le Barde. On me l'avait lu, quand j'étais plus petit, même si je préférais Le sorcier au cœur velu (qui était aussi le conte préféré de Maman). Bref, certains croyaient à ce que disait cet article, d'autres étaient plus sceptiques. Moi, je n'en savais trop rien, mais j'étais fâché que la presse parle de ma mère comme ça - et plus encore qu'elle ne me parle pas directement.

Quand j'entendis des filles parler de ma mère, comme beaucoup le faisaient depuis quelques temps, je pensai d'abord que je devais les ignorer et les laisser dans l'état si miséreux dans lequel on se trouve quand on n'est pas l'enfant de la directrice de Poudlard. J'allais passer mon chemin, mais je reconnus ensuite les filles en question. L'une d'elles était une des concurrentes du tournoi avec les Chinois, Tally Jenkins, et l'autre n'était autre que la Préfète-en-Chef, Nora Starks. Que de vulgaires élèves sans talent et sans avenir s'affairent à propager des rumeurs sur la directrice de leur école n'avait rien de surprenant (après tout, la plupart des élèves s'amusaient à imaginer des couples entre leurs professeurs, ce qui n'était que rarement fondé), mais qu'il s'agisse de deux élèves comme elles me mit la puce à l'oreille. Je décidai d'abord de les espionner mais, un peu trop impatient, je sortis bien vite de ma cachette et me plantai devant elles. Les mains dans les poches, le torse gonflé, le menton relevé et l'air désinvolte, je dis :

« Hé, Tabully, tu crois vraiment que si t'allais la voir, elle te dirait quoi que ce soit ? »

En fait, je voulais aussi en savoir plus sur cette histoire, mais je n'acceptais pas d'être en position de faiblesse. Il fallait impérativement que je me mette en avant, surtout devant deux filles plus grandes que moi et qui avaient de l'importance à Poudlard.

« J'pensais pas que c'était votre genre de colporter des rumeurs, comme ça. »