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Je crois que c'est cassé...  H. Peers 

Le 10 avril 2044
Couloir du quatrième étage.

   Cela faisait maintenant deux jours qu’Eileen avait joué son premier match d’entraînement en tant que joueuse des Frelons. Mais surtout, cela faisait quatre jours qu’Eileen était tombée dans les escaliers qui menaient à sa salle commune. La jeune fille ne savait pas comment elle s’y était prise ; elle était sûrement plongée dans ses pensées au point de rater une marche et de finir de descendre les escaliers en roulé-boulé. C’était une petite chute en soit, rien de bien grave. Enfin, c’est ce qu’elle se disait avant de se relever -avec beaucoup de mal-, car à peine était-elle debout qu’une douleur atroce irradia le côté gauche de son buste, coupant ainsi son souffle et manquant de la refaire tomber par terre.

   Heureusement, lors de sa chute, la brune était la seule présente. Elle aurait vraiment eu honte si quelqu’un l’avait vu se ridiculiser ainsi, étalée par terre telle une crêpe dans une poêle. Elle put donc prétendre que rien n’était arrivée, et mettre sa douleur en arrière-plan même si c’était plus que difficile. Le match d'entraînement était dans deux jours et elle ne pouvait le rater sous aucun prétexte ; qu’est-ce que ses nouveaux coéquipiers penseraient d’elle si dès le premier match -même si ce n’était qu’un entraînement- elle ne pouvait pas assurer le post qu’on lui avait confié.

   Puis le match d’entraînement arriva, Eileen avait fait un plutôt bon travail sur elle-même pour tenter d’oublier sa douleur. Cependant, dès les premiers instants de la rencontre, l’Irlandaise dut réaliser une pirouette pour éviter le cognard fou qui se serait, à coup sûr, écraser sur ses côtes. Elle qui pensait s’être épargné la pire des douleurs fut bien déçue car le mouvement raviva la douleur et la décupla jusqu’à manquer de faire tomber la jeune fille de son balai tellement elle avait mal. Heureusement pour elle, le reste du match fut plus tranquille. Une fois ce dernier terminé, Eileen ne traîna pas sur le terrain, elle regagna rapidement le vestiaire pour se changer sans que ses nouvelles coéquipières puissent se rendre compte de l'état dans lequel elle était. Elle ne voulait pas qu'on puisse la voir dans un tel état de faiblesse. 

   Mais voilà que le 10 avril, deux jours après le match, la douleur était encore bien là et devenait de plus en plus insupportable. Si insupportable que le moindre geste fait par la brune était un véritable calvaire et lui demandait un effort considérable.

   La brune qui, en compagnie de Minie, était en train de marcher dans les couloirs en direction de leur prochain cours. Le couloir du quatrième étage, dans lequel les deux amies se trouvaient, était bondé de monde en ce lundi après-midi. Mais les deux jeunes Poufsouffle réussirent à se frayer tant bien que mal un chemin parmi la foule. Et alors que les deux fillettes retrouvaient enfin une partie du couloir un peu plus vide, Eileen reçu malencontreusement un coup de coude dans ses côtes gauches. Le coup fut comme un électrochoc ; Eileen s’immobilisa immédiatement, perdit sa respiration, et alors qu’elle aurait bien voulu hurler sa douleur, aucun son ne sortit de sa bouche. L’Irlandaise dut volontairement s’agenouiller par terre pour ne pas tomber, sa main venant instinctivement protéger l’endroit douloureux.

   Les yeux brouillés par les larmes, l’esprit embué par le tournis provoqué par la douleur, Eileen ne voyait plus rien autour d'elle.

3e année RP, joueuse des Hel’s.
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin. »