Parce que l'encre s'ancre
[10 Juin 2045, au matin]
Suite de ce post.
(A demander par hibou si vous n'êtes pas une fille de Serdaigle.)

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(A demander par hibou si vous n'êtes pas une fille de Serdaigle.)

Elle était partie. S'était enfuie. Loin d'Elles. Et c'était tout ce qu'elle voulait. Être loin d'Elles. Ne plus jamais les revoir. Jamais. Même si elle savait pertinemment que c'était impossible. *Impossible*. Elles étaient dans le même dortoir, depuis le début de l'année. Mais elle ne les supportait plus, ces filles. Trop joyeuses. Trop heureuses. Trop insouciantes. Trop différentes d'elle. Trop Tout. Elle n'en pouvait plus. Explosait. Implosait.
Il fallait qu'elle parte. Vite. Loin.
Elle poussa la lourde porte de sa salle commune, les larmes menaçant de dévaler ses joues. Elle n'en revenait pas. Comment pouvaient-elles réviser joyeusement après ça ? Comment était-ce possible d'être aussi heureuse après cette soirée ? Comment ? Pourquoi ? Pourquoi Eileen semblait être la seule à ne pas tenir sans que l'image lui reviennent en mémoire ? Que se passait-il dans leurs têtes bon sang, pour faire comme si il ne s'était rien passé du tout ? Comme si tout était normal... *D'toutes façons y a rien de normal dans c't'école*.
Elle était vide. Brisée. Cette image qui la hantait, jour et nuit. Cette image de la femme, des dizaines de flèches enfoncées dans le corps. Cette image qui devait disparaitre, et vite. Mais qui ne disparaissait jamais. *Jamais*. Elle avait eu tort de la regarder, cette femme qui gisait au sol ce soir là. Elle le savait qu'elle n'aurait pas du, maintenant elle s'en souvenait, encore et toujours, sans pouvoir se l'enlever de la tête. Elle était encrée, et ancrée dans son esprit, sans pouvoir s'effacer, se détacher.
Elle abandonna. S'abandonna. Tenter de faire sortir l'image de la femme de son esprit était trop dur, et parfaitement impossible. Elle n'avait plus la force. Plus la force de rien. Elle s'était laissée tomber par terre, juste en bas des escalier. Anéantie. Elle n'avait plus la force de marcher, plus la force de penser. Elle avait à peine la force, le courage de bouger ses jambes, pour les ramener contre son torse et les entourer de ses bras frêles. Sa tête était posée contre la pierre. Le livre gisait par terre.
*Pourquoi elles sont comme ça ?*
- Pourquoi... ?
IRL TRÈS CHARGÉ / Gneuh. #234932 Trop de quote tue le quote. Capitaine des Aigles de Bronze
#poudlardredécoréenbisounours / membre de la RASA
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Unie Ne Perdra
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Parce que l'encre s'ancre
2ème année
Le dimanche 28 mai
Dans la soirée
Salle commune des Gryffons
Ma main droite tient fermement ma plume tandis que ma main gauche est posée sur le parchemin que je noircis. Ma tête est toute à mes devoirs. La semaine d’examen ne va pas tarder à s’abattre sur moi, si bien qu’il me faut réviser. Alors j’ai décidé de terminer ce que je crois être mon dernier devoir – de l’Histoire de la Magie – avant de me mettre aux révisions. Je me sens plus que concentrée, même si je sais que j’aimerais mieux penser à la métamorphose ou aux sortilèges, sur les phrases que je formule et le sens que je veux leur donner (même si je ne suis peut-être pas assez habile, du haut de mes douze ans, pour jouer avec leur sens).
En ce moment, je ne pense qu’à étudier.
Si bien que j’ai pris un dîner rapide, très rapide, en me hâtant de descendre dans la Grande Salle et m’attabler dès que possible. Mon repas a été si bref que je suis à mon devoir depuis une heure déjà, assise à un des bureaux laissés libres dans la salle commune. La plupart des Gryffons sont dehors, en train de manger, alors je me sens seule. Une bulle de sérénité s’est comme formée autour de moi. Si je n’étais pas aussi concentrée sur mon devoir – jusqu’à en oublier où je suis – elle ne serait certainement pas si épaisse, cette bulle.
Et puis, sans que je ne puisse vraiment dire quand, ma bulle se perce. C’est sûrement l’afflux de rouge et or guidé par les préfets (qui n’escortent habituellement pas une meute de Gryffons lorsqu’il s’agit seulement de les ramener après le repas) qui l’éclate. Lorsque cette sensation d’intrusion – je n’ai que douze ans, je ne peux pas tout comprendre correctement – me prend, je souffle assez bruyamment. Etudier me met dans des états étranges et fait tomber des barrières ; je ne me serais jamais permise de souffler si fort.
Mais, si les premiers rouge et or sont silencieux, ceux qui arrivent en fin de peloton se mettent à murmurer. Et, comme je remarque que la nuit est déjà bien noire (les sourcils froncés), je me décide à tendre l’oreille. Je ne sais pas mais… j’ai le sentiment qu’il s’est passé quelque chose.
Dans la nuit
Dortoir des Gryffones
Je ne trouve pas le sommeil. Le dortoir est terriblement silencieux maintenant. C’est un silence de mort. Je me sens triste, moi aussi. La mort plane sur le château et sur Poudlard. Il veille cette nuit. Jusqu'à il n'y pas longtemps, la lumière d'un Lumos sous une couette à l'autre bout du dortoir abritait les derniers racontars des filles les plus coriaces. Mes yeux presque cachés sous la couette, j'ai guetté la dernière lueur du sortilège avant de me tourner dans mon lit. Et, par la présente, entamer une phase de réflexion qui n'a toujours pas pris fin et qui est un supplice. Le goût amer du dentifrice me fait saliver, en achevant de m'énerver. Je me lèverais bien, parce que je sens que le sommeil est trop loin, mais je sais que je ne pourrais pas bouger.
*Dai Hong Dao*.
Tout se bouscule, et je crois que demain, mes cernes seront plus profonds encore.
Mais ça ne doit pas m'empêcher d'étudier.
Pourtant, je ne peux pas fermer l’œil.
Le samedi 10 juin 2045
Dans la matinée
Au bas des escaliers de la Tour Ouest
Les examens ont été repoussés, et malgré l'avance qu'on a l'air de nous accorder : le rythme de mes révisions n'a pas diminué. Chems dit qu'il a augmenté, lorsque je prends le temps de manger avec lui, et Lune semble se lasser de me regarder réviser car elle passe beaucoup plus de temps dehors à jouer avec insectes et fleurs. Si avant ce dimanche précisément, celui de Dai, je passais autant de temps à m'entraîner dehors qu'à étudier dedans et bien je crois que mes journées sont de plus en plus renfermées.
J'hausse les épaules, même si je me convaincs que mon rythme de révision me convient (je l'assure souvent à Lune, en hochant frénétiquement la tête), je suis en train de me promener dans les couloirs. J'ai ma baguette en main, pointée sur le sol. J'arbore la même robe de sorcier que la semaine et que pendant les cours : elle m'aide à étudier en un sens. Ma poitrine se gonfle et je serre un peu plus ma baguette dans ma main. Je souffle, à force de garder la tête baissée sur des bouquins mon cou me fait mal alors je le tords dans tous les sens sans cesser de marcher. Mais surtout, ne pas être en train d'étudier me fait une sensation étrange. Alors, je me repasse mentalement ce que je sais des sortilèges sur lesquels je risque d'être évaluée.
Et si Lune ne marche pas fièrement à côté de moi (je la sais en train de jouer dans le parc), mes lèvres bougent sans sons. C'est pour ne pas laisser mon esprit dévier sur elle. Parce qu'elle revient souvent, depuis ça, au beau milieu de révisions comme de la nuit. *Dai Hong Dao* pensé-je alors que je me passait en revue les formules des sortilèges mineurs que je maîtrise. Elle ne cesse de venir à moi.
Alors, je m'arrête, la tête levée sur le bout du couloir que j'arpente : le pied des escaliers qui mènent à la Tour Ouest se dresse bientôt.
« Il faut que j'm'entraîne... » je grommelle. Comme si m'entraîner occuperait ma tête.
Ma main se resserre sur ma baguette que je brandis. Je ne sais pas très bien quel sortilège mineur – puisque c'est ceux-là que j'ai décidé de revoir ce matin – lancer, mais je tiens ma baguette levée et mes yeux descendent petit à petit de l'escalier qui est déjà dressé devant moi. Ils tombent sur une tâche ; un mélange de bleu et de roux. Et comme si réviser acharnément me faisait oublier toutes les convenances, je me plante à quelques mètres à peine de cette tâche qui gît juste au pied de l'escalier. Plus que m'arrêter en face, je pose ma baguette sur la tâche.
Je réalise, je ne l'avais pas fait jusque là, que le château est extrêmement silencieux (ma tête est bien trop bruyante pour ça). Je suis toute seule avec cette tâche – qui est en fait une autre fille, je le sais bien – car personne ne passe là ce matin.
Mes sourcils se froncent, mais si obsédée par les cours que je le suis, je suis immédiatement attirée par le livre qui est tombé à côté d'elle. Et mon regard s'illumine.
« Wingardium Leviosa ! »
Dis-je tout haut, ma baguette baissée jusque sur le livre. Grâce à ce sortilège que je maîtrise, je déplace le livre jusqu'à mes pieds. Il se soulève de quelques centimètres, comme je l'imagine, pour se poser plus près de moi. Un chaudron l'orne.
Le dimanche 28 mai
Dans la soirée
Salle commune des Gryffons
Ma main droite tient fermement ma plume tandis que ma main gauche est posée sur le parchemin que je noircis. Ma tête est toute à mes devoirs. La semaine d’examen ne va pas tarder à s’abattre sur moi, si bien qu’il me faut réviser. Alors j’ai décidé de terminer ce que je crois être mon dernier devoir – de l’Histoire de la Magie – avant de me mettre aux révisions. Je me sens plus que concentrée, même si je sais que j’aimerais mieux penser à la métamorphose ou aux sortilèges, sur les phrases que je formule et le sens que je veux leur donner (même si je ne suis peut-être pas assez habile, du haut de mes douze ans, pour jouer avec leur sens).
En ce moment, je ne pense qu’à étudier.
Si bien que j’ai pris un dîner rapide, très rapide, en me hâtant de descendre dans la Grande Salle et m’attabler dès que possible. Mon repas a été si bref que je suis à mon devoir depuis une heure déjà, assise à un des bureaux laissés libres dans la salle commune. La plupart des Gryffons sont dehors, en train de manger, alors je me sens seule. Une bulle de sérénité s’est comme formée autour de moi. Si je n’étais pas aussi concentrée sur mon devoir – jusqu’à en oublier où je suis – elle ne serait certainement pas si épaisse, cette bulle.
Et puis, sans que je ne puisse vraiment dire quand, ma bulle se perce. C’est sûrement l’afflux de rouge et or guidé par les préfets (qui n’escortent habituellement pas une meute de Gryffons lorsqu’il s’agit seulement de les ramener après le repas) qui l’éclate. Lorsque cette sensation d’intrusion – je n’ai que douze ans, je ne peux pas tout comprendre correctement – me prend, je souffle assez bruyamment. Etudier me met dans des états étranges et fait tomber des barrières ; je ne me serais jamais permise de souffler si fort.
Mais, si les premiers rouge et or sont silencieux, ceux qui arrivent en fin de peloton se mettent à murmurer. Et, comme je remarque que la nuit est déjà bien noire (les sourcils froncés), je me décide à tendre l’oreille. Je ne sais pas mais… j’ai le sentiment qu’il s’est passé quelque chose.
Dans la nuit
Dortoir des Gryffones
Je ne trouve pas le sommeil. Le dortoir est terriblement silencieux maintenant. C’est un silence de mort. Je me sens triste, moi aussi. La mort plane sur le château et sur Poudlard. Il veille cette nuit. Jusqu'à il n'y pas longtemps, la lumière d'un Lumos sous une couette à l'autre bout du dortoir abritait les derniers racontars des filles les plus coriaces. Mes yeux presque cachés sous la couette, j'ai guetté la dernière lueur du sortilège avant de me tourner dans mon lit. Et, par la présente, entamer une phase de réflexion qui n'a toujours pas pris fin et qui est un supplice. Le goût amer du dentifrice me fait saliver, en achevant de m'énerver. Je me lèverais bien, parce que je sens que le sommeil est trop loin, mais je sais que je ne pourrais pas bouger.
*Dai Hong Dao*.
Tout se bouscule, et je crois que demain, mes cernes seront plus profonds encore.
Mais ça ne doit pas m'empêcher d'étudier.
Pourtant, je ne peux pas fermer l’œil.
Le samedi 10 juin 2045
Dans la matinée
Au bas des escaliers de la Tour Ouest
Les examens ont été repoussés, et malgré l'avance qu'on a l'air de nous accorder : le rythme de mes révisions n'a pas diminué. Chems dit qu'il a augmenté, lorsque je prends le temps de manger avec lui, et Lune semble se lasser de me regarder réviser car elle passe beaucoup plus de temps dehors à jouer avec insectes et fleurs. Si avant ce dimanche précisément, celui de Dai, je passais autant de temps à m'entraîner dehors qu'à étudier dedans et bien je crois que mes journées sont de plus en plus renfermées.
J'hausse les épaules, même si je me convaincs que mon rythme de révision me convient (je l'assure souvent à Lune, en hochant frénétiquement la tête), je suis en train de me promener dans les couloirs. J'ai ma baguette en main, pointée sur le sol. J'arbore la même robe de sorcier que la semaine et que pendant les cours : elle m'aide à étudier en un sens. Ma poitrine se gonfle et je serre un peu plus ma baguette dans ma main. Je souffle, à force de garder la tête baissée sur des bouquins mon cou me fait mal alors je le tords dans tous les sens sans cesser de marcher. Mais surtout, ne pas être en train d'étudier me fait une sensation étrange. Alors, je me repasse mentalement ce que je sais des sortilèges sur lesquels je risque d'être évaluée.
Et si Lune ne marche pas fièrement à côté de moi (je la sais en train de jouer dans le parc), mes lèvres bougent sans sons. C'est pour ne pas laisser mon esprit dévier sur elle. Parce qu'elle revient souvent, depuis ça, au beau milieu de révisions comme de la nuit. *Dai Hong Dao* pensé-je alors que je me passait en revue les formules des sortilèges mineurs que je maîtrise. Elle ne cesse de venir à moi.
Alors, je m'arrête, la tête levée sur le bout du couloir que j'arpente : le pied des escaliers qui mènent à la Tour Ouest se dresse bientôt.
« Il faut que j'm'entraîne... » je grommelle. Comme si m'entraîner occuperait ma tête.
Ma main se resserre sur ma baguette que je brandis. Je ne sais pas très bien quel sortilège mineur – puisque c'est ceux-là que j'ai décidé de revoir ce matin – lancer, mais je tiens ma baguette levée et mes yeux descendent petit à petit de l'escalier qui est déjà dressé devant moi. Ils tombent sur une tâche ; un mélange de bleu et de roux. Et comme si réviser acharnément me faisait oublier toutes les convenances, je me plante à quelques mètres à peine de cette tâche qui gît juste au pied de l'escalier. Plus que m'arrêter en face, je pose ma baguette sur la tâche.
Je réalise, je ne l'avais pas fait jusque là, que le château est extrêmement silencieux (ma tête est bien trop bruyante pour ça). Je suis toute seule avec cette tâche – qui est en fait une autre fille, je le sais bien – car personne ne passe là ce matin.
Mes sourcils se froncent, mais si obsédée par les cours que je le suis, je suis immédiatement attirée par le livre qui est tombé à côté d'elle. Et mon regard s'illumine.
« Wingardium Leviosa ! »
Dis-je tout haut, ma baguette baissée jusque sur le livre. Grâce à ce sortilège que je maîtrise, je déplace le livre jusqu'à mes pieds. Il se soulève de quelques centimètres, comme je l'imagine, pour se poser plus près de moi. Un chaudron l'orne.
Dernière modification par Adaline Macbeth le 18 janv. 2021, 13:44, modifié 3 fois.
Animagus renard polaire
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Parce que l'encre s'ancre
Elle aimerait pouvoir oublier le corps, la femme. Elle aimerait pouvoir tourner la page, passer à autre chose, au dessus de cette image qui monopolisait son esprit. Elle aimerait tellement pouvoir être comme les autres, réviser sans que le souvenir ne refasse surface. Vivre sans que sa mémoire ne lui remette ce soir là devant les yeux. Parce qu'elle en avait marre. Elle n'en pouvait plus d'être ainsi. Comme si l'épisode d'après la lettre revenait, sauf que cette fois-ci c'était tout sauf la faute de Thalia.
Pourquoi était-elle aussi faible ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à passer au dessus de certaines choses, alors que d'autres y arrivaient sans mal ? *Ou alors ils mentent ? Ptèt c'est qu'un masque qu'ils montrent et qu'au fond ils sont aussi mal que moi ?* Peut-être oui... En tous cas, elle était sûre qu'elle n'y parviendrait pas. Faire semblant, elle avait essayé, tentant de dissimulé sa peine causée par cette lettre qu'elle avait reçue à Noël. Elle avait essayé, mais c'était peine perdue. Cela se voyait à des centaines de kilomètres qu'elle mentait, qu'au fond elle n'allait pas bien. Et elle n'avait pas envie de retenter une nouvelle fois, parce qu'elle savait que ce serait le même schéma. Elle aurait beau sourire, se forcer à rigoler, tenter de paraitre normale, ça ne marcherait pas. Les autres n'étaient pas dupe. Ceux qui ne la connaissaient pas peut-être, mais ses proches non. Lumah, Elyna... elles le verraient comme le nez au milieu de la figure.
Alors elle continuait d'avancer, sans chercher à tout dissimuler. Elle continuer d'errer au milieu de tout, ou de rien, attendant que quelque chose l'illumine et fasse disparaitre cette image de sa tête. Seule.
Alors pourquoi en voulait-elle aux filles de réviser, alors que tout ce qu'elle voulait c'était être comme elles ? Vivre simplement, sans se poser de questions, sans que la réalité beaucoup trop dure ne la frappe en plein fouet... Elle les enviait, un peu. Beaucoup.
- Wingardium Leviosa !
Elle sursauta. Une voix. Elle n'était pas seule. Il y avait quelqu'un d'autre dans ce couloir. Mais qui ? Où ? Elle vit son livre se déplacer, volant à quelques centimètres du sol puis se poser près d'un fille.
Elle leva les yeux vers elle, la fille. *Elle révise aussi*.
- Tu... Tu révises aussi ?
Comment faisait-elle ? Est-ce qu'elle... Est-ce qu'elle avait vu la femme elle aussi ? Avait-elle réussi à passer au dessus de ça, elle ?
Pourquoi était-elle aussi faible ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à passer au dessus de certaines choses, alors que d'autres y arrivaient sans mal ? *Ou alors ils mentent ? Ptèt c'est qu'un masque qu'ils montrent et qu'au fond ils sont aussi mal que moi ?* Peut-être oui... En tous cas, elle était sûre qu'elle n'y parviendrait pas. Faire semblant, elle avait essayé, tentant de dissimulé sa peine causée par cette lettre qu'elle avait reçue à Noël. Elle avait essayé, mais c'était peine perdue. Cela se voyait à des centaines de kilomètres qu'elle mentait, qu'au fond elle n'allait pas bien. Et elle n'avait pas envie de retenter une nouvelle fois, parce qu'elle savait que ce serait le même schéma. Elle aurait beau sourire, se forcer à rigoler, tenter de paraitre normale, ça ne marcherait pas. Les autres n'étaient pas dupe. Ceux qui ne la connaissaient pas peut-être, mais ses proches non. Lumah, Elyna... elles le verraient comme le nez au milieu de la figure.
Alors elle continuait d'avancer, sans chercher à tout dissimuler. Elle continuer d'errer au milieu de tout, ou de rien, attendant que quelque chose l'illumine et fasse disparaitre cette image de sa tête. Seule.
Alors pourquoi en voulait-elle aux filles de réviser, alors que tout ce qu'elle voulait c'était être comme elles ? Vivre simplement, sans se poser de questions, sans que la réalité beaucoup trop dure ne la frappe en plein fouet... Elle les enviait, un peu. Beaucoup.
- Wingardium Leviosa !
Elle sursauta. Une voix. Elle n'était pas seule. Il y avait quelqu'un d'autre dans ce couloir. Mais qui ? Où ? Elle vit son livre se déplacer, volant à quelques centimètres du sol puis se poser près d'un fille.
Elle leva les yeux vers elle, la fille. *Elle révise aussi*.
- Tu... Tu révises aussi ?
Comment faisait-elle ? Est-ce qu'elle... Est-ce qu'elle avait vu la femme elle aussi ? Avait-elle réussi à passer au dessus de ça, elle ?
Dernière modification par Eileen Jones le 26 oct. 2020, 18:34, modifié 1 fois.
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Parce que l'encre s'ancre
Mes yeux sont tout aspirés par le livre, un manuel de potions, joliment décore par un gros chaudron en étain qui avait l'air fumant : du moins, c’est ce qui était représenté là. Je pourrais presque voir la fumée s'agiter au-dessus de la mixture. Mes doigts jouent avec ma baguette, dans ma main droite, pendant que mes yeux jouent avec cette volute de fumée dessinée sur cette couverture vaguement verte. Je fais doucement glisser le morceau de bois magique jusque dans ma poche pour me pencher et ramasser le bouquin.
Je n'ai pas fait attention à cette fille en face de laquelle je viens de me planter, mais elle me rappelle à elle avec sa question. J'aurais pu me rendre compte plus tôt qu'elle m'avait remarqué, c’est parce que mon esprit n'est pas du tout occupé à ça.
Un de mes sourcils se lève, curieusement. Et ma tête penche un peu à la manière de celle de Lune, le chaton qui m'accompagne souvent – je me sens souvent mal quand Lune n'est pas à mes côtés, mais ses révisions me mettent vraiment dans un autre état, lorsqu'elle m'interroge.
« Bah oui, » je réponds.
Je suis trop obnubilée par mes révisions pour m'en rendre compte mais je le sais pourtant. Quelqu'un est mort ici – et je ne l'ignore pas puisque j'avais une espèce de fascination pour Dai depuis que je l'ai vue l'année dernière – et c'est bien trop récent pour ne pas en faire fi. Personne ne fait comme si ça n'était pas arrivé, mais je préfère me consacrer à réviser. J'en ai parlé avec Chems, mais peu, j'en ai entendu parlé à Gryffondor, mais je n'ai pas écouté.
C'est toujours plus facile.
Alors je lui réponds comme si c'était une évidence. Parce que c'en est une pour moi.
« Toi aussi ? »
Je pose la question sur un ton qui ne ressemble pas tout à fait à celui qu'il convient d'employer pour une question. En fait, je le lui demande comme si je connaissais déjà la réponse. Parce que, son livre dans les mains, je suis persuadée de connaître la réponse.
Pour illustrer cette question un peu rustre, je lui montre le manuel de potions. Sur la couverture du livre que je brandis à sa face s'installe un rayon de soleil. Il me fait lever la tête, au-dessus d'elle, pour apprécier la petite fenêtre encastrée dans ce mur, qui tourne et continue de tourner le long de l'escalier en colimaçon. Juste là, au-dessus de nous, je peux voir un morceau du ciel qui se détache des murs gris. Il est bleu et chantant.
Je n'ai pas fait attention à cette fille en face de laquelle je viens de me planter, mais elle me rappelle à elle avec sa question. J'aurais pu me rendre compte plus tôt qu'elle m'avait remarqué, c’est parce que mon esprit n'est pas du tout occupé à ça.
Un de mes sourcils se lève, curieusement. Et ma tête penche un peu à la manière de celle de Lune, le chaton qui m'accompagne souvent – je me sens souvent mal quand Lune n'est pas à mes côtés, mais ses révisions me mettent vraiment dans un autre état, lorsqu'elle m'interroge.
« Bah oui, » je réponds.
Je suis trop obnubilée par mes révisions pour m'en rendre compte mais je le sais pourtant. Quelqu'un est mort ici – et je ne l'ignore pas puisque j'avais une espèce de fascination pour Dai depuis que je l'ai vue l'année dernière – et c'est bien trop récent pour ne pas en faire fi. Personne ne fait comme si ça n'était pas arrivé, mais je préfère me consacrer à réviser. J'en ai parlé avec Chems, mais peu, j'en ai entendu parlé à Gryffondor, mais je n'ai pas écouté.
C'est toujours plus facile.
Alors je lui réponds comme si c'était une évidence. Parce que c'en est une pour moi.
« Toi aussi ? »
Je pose la question sur un ton qui ne ressemble pas tout à fait à celui qu'il convient d'employer pour une question. En fait, je le lui demande comme si je connaissais déjà la réponse. Parce que, son livre dans les mains, je suis persuadée de connaître la réponse.
Pour illustrer cette question un peu rustre, je lui montre le manuel de potions. Sur la couverture du livre que je brandis à sa face s'installe un rayon de soleil. Il me fait lever la tête, au-dessus d'elle, pour apprécier la petite fenêtre encastrée dans ce mur, qui tourne et continue de tourner le long de l'escalier en colimaçon. Juste là, au-dessus de nous, je peux voir un morceau du ciel qui se détache des murs gris. Il est bleu et chantant.
Animagus renard polaire
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Parce que l'encre s'ancre
Si l'évidence était aussi frappante pour la fille, pourquoi Eileen n'arrivait pas à la saisir ? Elle la voyait passer, sans parvenir à l'attraper. Elle savait qu'elle devait réviser, que vu son niveau dans certaines matières il vaudrait mieux qu'elle bouge ses fesses et recommencer, encore et encore à lancer des putains de sorts qui ne marchaient pas. Elle savait qu'elle devait tout faire pour avoir une bonne note aux examens, pour pouvoir passer en deuxième année. Elle savait qu'il n'y avait qu'une matière où elle était nulle, où elle n'arrivait à rien. Elle savait qu'au lieu de se morfondre sur elle-même elle devrait retenter, encore et encore de métamorphoser au moins cette allumette qui trainait encore sur sa table de chevet. Mais elle n'y arrivait pas. Elle n'avait plus rien réussi depuis en Métamorphose. Peut-être était-ce un blocage qui s'était créé avec sa phobie des aiguilles, alors que c'était ce qu'elle devait obtenir ? Que depuis elle avait peur, de quelque chose dont elle n'en connaissait ni la nature, ni la forme, ni rien du tout ?
- Mouais
Elle baissa les yeux vers le sol. Elle ne révisait pas vraiment. Elle n'y arrivait pas. Tout était trop dur. Tout. Et elle n'en sortait jamais. Elle voudrait réussir à sortir cette putain d'image de la tête, de pouvoir une vivre une vie normale, avec des gens normaux, dans une école normale, avoir une famille normale... Mais rien n'était normal dans sa vie.
Qui trouverait ça normal qu'une mère déteste sa fille ? Qui trouverait ça normal qu'une sœur déteste sa jumelle sous prétexte qu'elle n'est pas comme elle ? Qui trouverait ça normal que cette même sœur traite la fille qui avec qui elle a grandit de Monstre ? Qui trouverait ça normal de grandir dans une famille sans pouvoirs, puis de découvrir que toi, tu en as ? Qui trouverait ça normal de ne pas se sentir à sa place dans une école, et pourtant se sentir bien au même endroit ? Qui trouverait ça normal qu'une femme se voit enfoncer des dizaines et des dizaines de flèches dans le corps jusqu'à en mourir ? Qui trouverait ça normal de se faire attaquer durant un bal où tout est censé être gai, où tout le monde devrait passer une bonne soirée ? *Personne*.
Et voilà, personne. Personne ne pouvait trouver cela aussi banal que la normalité.
- 'Fin pas vraiment
Elle se lève, s'appuie contre le mur froid. Elle repensa aux autres filles, en haut. Révisaient-elles encore ? Est-ce qu'elles l'avaient vu partir, s'enfuir ?
- De base on comptait réviser toutes ensembles avec les filles du dortoir mais j'sais pas j'y arrive pas
- Mouais
Elle baissa les yeux vers le sol. Elle ne révisait pas vraiment. Elle n'y arrivait pas. Tout était trop dur. Tout. Et elle n'en sortait jamais. Elle voudrait réussir à sortir cette putain d'image de la tête, de pouvoir une vivre une vie normale, avec des gens normaux, dans une école normale, avoir une famille normale... Mais rien n'était normal dans sa vie.
Qui trouverait ça normal qu'une mère déteste sa fille ? Qui trouverait ça normal qu'une sœur déteste sa jumelle sous prétexte qu'elle n'est pas comme elle ? Qui trouverait ça normal que cette même sœur traite la fille qui avec qui elle a grandit de Monstre ? Qui trouverait ça normal de grandir dans une famille sans pouvoirs, puis de découvrir que toi, tu en as ? Qui trouverait ça normal de ne pas se sentir à sa place dans une école, et pourtant se sentir bien au même endroit ? Qui trouverait ça normal qu'une femme se voit enfoncer des dizaines et des dizaines de flèches dans le corps jusqu'à en mourir ? Qui trouverait ça normal de se faire attaquer durant un bal où tout est censé être gai, où tout le monde devrait passer une bonne soirée ? *Personne*.
Et voilà, personne. Personne ne pouvait trouver cela aussi banal que la normalité.
- 'Fin pas vraiment
Elle se lève, s'appuie contre le mur froid. Elle repensa aux autres filles, en haut. Révisaient-elles encore ? Est-ce qu'elles l'avaient vu partir, s'enfuir ?
- De base on comptait réviser toutes ensembles avec les filles du dortoir mais j'sais pas j'y arrive pas
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Parce que l'encre s'ancre
Mes deux mains tiennent le livre de potions qui est toujours bêtement brandi à la face de cette gamine aux cheveux roux. Mes yeux oscillent entre le dos du bouquin, aussi vert que sa couverture et noirci par un résumé – probablement – que je n'arrive pas bien à lire, et son visage encadré d'une rivière orangée qui reflète assez les rayons que le Soleil veut bien donner.
Quand elle me répond vaguement, tellement vaguement que je ne suis pas sûre d'entendre tant mes pensées fourmillent à mes oreilles, je la regarde baisser les yeux sur le sol. Et c'est comme un signal pour relâcher mes bras et ramener son livre vers moi pour entreprendre de lire le dos en imaginant qu'elle ne s'arrêtera pas là. J'imagine que poser les yeux sur les petites lettres noires qui ornent le dos vert de cet ouvrage fera taire un peu le flot de mots, de formules magiques, qui me viennent en tête.
Mais il n'en est rien.
C'est le manuel des premières années et je le connais bien, le résumé que j'ai commencé à lire avant de m'arrêter, une moue sur le visage. Voilà que des potions de l'année dernière me viennent en tête et substituent aux sortilèges qui tournaient presque en boucle. Je grommelle dans mon coin, en secouant la tête, comme pour faire tomber tous ses mots qui m'envahissent : mes révisions finiront par me monter à la tête mais je ne veux pas les laisser faire maintenant.
Mon bras tombe alourdi par le livre qui pend au bout, et mes deux billes brunes se lèvent sur le visage de cette fille. Je le détaille un instant Ses traits sont assez harmonieux, pourtant ils ne sont pas apaisants à regarder. Ces sourcils ne sont pas froncés mais ils expriment quand même de l'inquiétude. Sa bouche est affaissée et lui donne l'air triste.
J'imagine que ce sont les révisions qui lui font ça.
Quand elle se lève, un de mes pieds s'apprête à se lever dans un réflexe musculaire. Finalement, je ne bouge même pas mais mes sourcils se lèvent en entendant la suite : je le savais. Un sourire naît sur ma face et il est affreusement fier. Je sais que ce sont les révisions qui embêtent cette première année.
Je crois. Et en même temps que mon petit sourire apparaît l'idée de vouloir l'aider à réviser.
« Avec quoi t'as du mal ? »
Je lance en faisant un ou deux pas vers elle et en lui tendant son manuel de potions.
Mais mes yeux plongent difficilement dans les siens et je comprend que je me suis trompée. Mon sourire me paraît dégueulasse alors les coins de ma bouche dégringolent et mon expression change.
« Oh, » soufflé-je doucement.
Maintenant, je crois que ce n'est pas tant les révisions qui lui donnent cet air mais plutôt ce qui s'est passé dans le château il n'y a pas longtemps.
Avant qu'elle ne prenne le manuel, je le laisse tomber par terre. Le bruit qu'il fait en tombant est assourdissant et me fait sursauter. Mais ne trouble pas mes pensées.
« C'est à cause de ? » je tente.
Quand elle me répond vaguement, tellement vaguement que je ne suis pas sûre d'entendre tant mes pensées fourmillent à mes oreilles, je la regarde baisser les yeux sur le sol. Et c'est comme un signal pour relâcher mes bras et ramener son livre vers moi pour entreprendre de lire le dos en imaginant qu'elle ne s'arrêtera pas là. J'imagine que poser les yeux sur les petites lettres noires qui ornent le dos vert de cet ouvrage fera taire un peu le flot de mots, de formules magiques, qui me viennent en tête.
Mais il n'en est rien.
C'est le manuel des premières années et je le connais bien, le résumé que j'ai commencé à lire avant de m'arrêter, une moue sur le visage. Voilà que des potions de l'année dernière me viennent en tête et substituent aux sortilèges qui tournaient presque en boucle. Je grommelle dans mon coin, en secouant la tête, comme pour faire tomber tous ses mots qui m'envahissent : mes révisions finiront par me monter à la tête mais je ne veux pas les laisser faire maintenant.
Mon bras tombe alourdi par le livre qui pend au bout, et mes deux billes brunes se lèvent sur le visage de cette fille. Je le détaille un instant Ses traits sont assez harmonieux, pourtant ils ne sont pas apaisants à regarder. Ces sourcils ne sont pas froncés mais ils expriment quand même de l'inquiétude. Sa bouche est affaissée et lui donne l'air triste.
J'imagine que ce sont les révisions qui lui font ça.
Quand elle se lève, un de mes pieds s'apprête à se lever dans un réflexe musculaire. Finalement, je ne bouge même pas mais mes sourcils se lèvent en entendant la suite : je le savais. Un sourire naît sur ma face et il est affreusement fier. Je sais que ce sont les révisions qui embêtent cette première année.
Je crois. Et en même temps que mon petit sourire apparaît l'idée de vouloir l'aider à réviser.
« Avec quoi t'as du mal ? »
Je lance en faisant un ou deux pas vers elle et en lui tendant son manuel de potions.
Mais mes yeux plongent difficilement dans les siens et je comprend que je me suis trompée. Mon sourire me paraît dégueulasse alors les coins de ma bouche dégringolent et mon expression change.
« Oh, » soufflé-je doucement.
Maintenant, je crois que ce n'est pas tant les révisions qui lui donnent cet air mais plutôt ce qui s'est passé dans le château il n'y a pas longtemps.
Avant qu'elle ne prenne le manuel, je le laisse tomber par terre. Le bruit qu'il fait en tombant est assourdissant et me fait sursauter. Mais ne trouble pas mes pensées.
« C'est à cause de ? » je tente.
Animagus renard polaire
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Parce que l'encre s'ancre
Elle n'avait pas compris, la fille. Elle n'avait pas compris que ce n'était pas avec les matières qu'elle avait du mal. Ou du moins si, mais ce n'était ça le problème. Ce n'était pas les examens le problème. C'était peut-être même le cadet de ses soucis. Tout ce qu'elle voulait, elle, c'était pouvoir effacer cette putain d'image de sa tête. Ne plus penser à elle, cette femme, morte. Aux flèches qui transperçaient son corps, au drap blanc qui la recouvrait. Et pouvoir enfin être normale, même si elle savait qu'elle ne le serait jamais.
Jamais elle ne pourra être comme les Autres. Jamais elle ne pourra faire comme si n'était, avoir un masque qui dissimulait ses sentiments. Jamais elle ne pourrait faire comme Eux, tout dissimuler, ne rien montrer, et tout lâcher la nuit tombée. C'était impossible. Autant au fin fond de son être que sur son corps. Ce n'était pas possible. Son visage était beaucoup trop expressif pour qu'elle puisse cacher quoi que soit.
Elle tendit la main pour prendre le livre que lui tendait la fille, juste avant qu'il ne tombe. Elle l'avait lâché. Il était tombé, dans un bruit sur sur le sol, la faisant sursauter. *Pourquoi elle l'a lâché ?* Elle releva la tête, fronce un peu les sourcils.
- C'est à cause de ?
*Elle*.
- Tu... La femme... l'autre jour... a-avec les flèches...
Elle avait baissé les yeux, ne supportant plus de regarder en haut. Son regard était rivé vers le sol, mais ses iris fixaient le vide. Ca avait fait comme un flash. Un flash qu'elle voulait à tous prix effacer de sa mémoire. Un flash qu'elle aimerait ne plus jamais revoir. Jamais.
Elle releva la tête, cherchant le regard de la fille.
- Tu vois ou pas ?
Jamais elle ne pourra être comme les Autres. Jamais elle ne pourra faire comme si n'était, avoir un masque qui dissimulait ses sentiments. Jamais elle ne pourrait faire comme Eux, tout dissimuler, ne rien montrer, et tout lâcher la nuit tombée. C'était impossible. Autant au fin fond de son être que sur son corps. Ce n'était pas possible. Son visage était beaucoup trop expressif pour qu'elle puisse cacher quoi que soit.
Elle tendit la main pour prendre le livre que lui tendait la fille, juste avant qu'il ne tombe. Elle l'avait lâché. Il était tombé, dans un bruit sur sur le sol, la faisant sursauter. *Pourquoi elle l'a lâché ?* Elle releva la tête, fronce un peu les sourcils.
- C'est à cause de ?
*Elle*.
- Tu... La femme... l'autre jour... a-avec les flèches...
Elle avait baissé les yeux, ne supportant plus de regarder en haut. Son regard était rivé vers le sol, mais ses iris fixaient le vide. Ca avait fait comme un flash. Un flash qu'elle voulait à tous prix effacer de sa mémoire. Un flash qu'elle aimerait ne plus jamais revoir. Jamais.
Elle releva la tête, cherchant le regard de la fille.
- Tu vois ou pas ?
IRL TRÈS CHARGÉ / Gneuh. #234932 Trop de quote tue le quote. Capitaine des Aigles de Bronze
#poudlardredécoréenbisounours / membre de la RASA
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Unie Ne Perdra
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Parce que l'encre s'ancre
J'inspire longuement pour expirer encore plus longuement. Quand elle me répond, un soupir s'échappe de ma bouche. Il en sort comme un nuage exaspéré et se répand autour de moi pour se disperser presque aussitôt. Presque menaçant, ce soupir s'est élargi dans le temps autant qu'il le pouvait pour traîner en longueur. Si je l'ai forcé à durer si longtemps ? Il y a de ça. C'est surtout parce que mon estomac se contracte brusquement et que j'imagine que soupirer si longtemps le soulagera.
Mais il n'en est rien.
Alors, je hoche vaguement la tête pour lui montrer que j'ai entendu, déjà, et je traîne jusqu'au mur en face de celui-ci sur lequel elle est accoudée. Je me laisse tomber sur une marche tout près de ce même mur. Mes fesses grincent en s'asseyant et ma tête est lourde. Mince, moi qui me sentais si vivace tout le long de cette promenade.
Je lève les yeux sur elle à nouveau, il me faut les lever haut puisqu'elle me domine de sa hauteur. Si elle n'est pas grande, je suis toute petite le dos courbé comme ça. Mes bras d'ailleurs encerclent mes genoux pour faire un lit à ma tête qui s'y réfugie. Dans ma main ma baguette pointe le vide mais je ne la lâche pas : elle représente beaucoup pour moi en cet instant, ce à quoi m'accrocher.
Nos regards ainsi entremêlés, sans que je n'y trouve rien de particulier, j'entrouvre la bouche. La ferme et l'ouvre à nouveau. Je cligne des yeux, une fois.
« Je vois. »
C'est las parce que j'ai épongé tous mes sentiments à l'égard de cet événement avec des révisions. Tellement que je n'ai pas consacré le temps suffisant pour faire le deuil. En fait, c'est débile de penser ça (je n'ai même pas connu Dai à peine aperçue) : mais ce sont les pensées qui me viennent en ce moment alors que mes derniers mots traînent encore et qu'il me faut les rattraper sur-le-champ.
« En fait non... J'ai pas vu. »
Et voilà l'aveu qui libère mes entrailles. Si Chems a parfois essayé de me parler de ce qui s'est passé dans ce château, j'ai refusé de faire entrer ses informations dans ma tête. Je l'ai complètement refusé parce que cette fois : quelqu'un est mort. *Merde* je ne peux m'empêcher de penser. Je cligne des yeux une nouvelle fois et lorsque je les ouvre à nouveau, ils sont écarquillés. Quelqu'un est vraiment mort ici et un frisson glisse dans mon dos en se répandant partout : j'aimerais pouvoir me souvenir de cette aura qui m'a frappée dans la Grande Salle il y a plus d'un an. Mais elle s'est éteinte, pour de bon.
Dans la stupeur qui me saisit bien plus fort qu'auparavant, mon dos se redresse et mes mains viennent frotter mon visage. Celui-ci est toujours tourné vers cette fille.
« Fait chier, » grogné-je doucement.
Au moment où le flou libère mes billes brunes, je peux voir sa chevelure s'enflammer : le soleil caresse tendrement son roux en l'illuminant, lui donnant presque l'impression de brûler.
Je garde cette image en mémoire comme bonne à prendre mais ce n'est que parce que j'essaie d'occuper mon esprit sans cesse depuis que c'est arrivé.
J'y arrivais bien.
Je soupire une autre fois et je lui offre un visage boudeur. Je réalise en caressant son visage que mes soupirs et cette attitude sont désinvoltes, et qu'on pourrait croire que c'est d'elle que je m'exaspère. Pourtant, ce n'est pas le cas et je dois dire que c'est plutôt contre tout le reste que je grogne : contre la folie qui enserre le Monde et même ce château, contre la mort qui a été trouvé dans la Grande Salle que je visite plusieurs fois par jour, contre mon absence à cet événement, contre ma tête qui me pèse.
Et ses deux yeux que j'accroche ont vu cela.
Mes lèvres se fendent en un sourire désolé.
« C'était dur ? Je demande, avant de secouer la tête. Bien sûr, que ça l'est. »
Je ne crache pas ces derniers mots contre elle mais je les crache quand même.
Nous ne sommes que des enfants.
Mais il n'en est rien.
Alors, je hoche vaguement la tête pour lui montrer que j'ai entendu, déjà, et je traîne jusqu'au mur en face de celui-ci sur lequel elle est accoudée. Je me laisse tomber sur une marche tout près de ce même mur. Mes fesses grincent en s'asseyant et ma tête est lourde. Mince, moi qui me sentais si vivace tout le long de cette promenade.
Je lève les yeux sur elle à nouveau, il me faut les lever haut puisqu'elle me domine de sa hauteur. Si elle n'est pas grande, je suis toute petite le dos courbé comme ça. Mes bras d'ailleurs encerclent mes genoux pour faire un lit à ma tête qui s'y réfugie. Dans ma main ma baguette pointe le vide mais je ne la lâche pas : elle représente beaucoup pour moi en cet instant, ce à quoi m'accrocher.
Nos regards ainsi entremêlés, sans que je n'y trouve rien de particulier, j'entrouvre la bouche. La ferme et l'ouvre à nouveau. Je cligne des yeux, une fois.
« Je vois. »
C'est las parce que j'ai épongé tous mes sentiments à l'égard de cet événement avec des révisions. Tellement que je n'ai pas consacré le temps suffisant pour faire le deuil. En fait, c'est débile de penser ça (je n'ai même pas connu Dai à peine aperçue) : mais ce sont les pensées qui me viennent en ce moment alors que mes derniers mots traînent encore et qu'il me faut les rattraper sur-le-champ.
« En fait non... J'ai pas vu. »
Et voilà l'aveu qui libère mes entrailles. Si Chems a parfois essayé de me parler de ce qui s'est passé dans ce château, j'ai refusé de faire entrer ses informations dans ma tête. Je l'ai complètement refusé parce que cette fois : quelqu'un est mort. *Merde* je ne peux m'empêcher de penser. Je cligne des yeux une nouvelle fois et lorsque je les ouvre à nouveau, ils sont écarquillés. Quelqu'un est vraiment mort ici et un frisson glisse dans mon dos en se répandant partout : j'aimerais pouvoir me souvenir de cette aura qui m'a frappée dans la Grande Salle il y a plus d'un an. Mais elle s'est éteinte, pour de bon.
Dans la stupeur qui me saisit bien plus fort qu'auparavant, mon dos se redresse et mes mains viennent frotter mon visage. Celui-ci est toujours tourné vers cette fille.
« Fait chier, » grogné-je doucement.
Au moment où le flou libère mes billes brunes, je peux voir sa chevelure s'enflammer : le soleil caresse tendrement son roux en l'illuminant, lui donnant presque l'impression de brûler.
Je garde cette image en mémoire comme bonne à prendre mais ce n'est que parce que j'essaie d'occuper mon esprit sans cesse depuis que c'est arrivé.
J'y arrivais bien.
Je soupire une autre fois et je lui offre un visage boudeur. Je réalise en caressant son visage que mes soupirs et cette attitude sont désinvoltes, et qu'on pourrait croire que c'est d'elle que je m'exaspère. Pourtant, ce n'est pas le cas et je dois dire que c'est plutôt contre tout le reste que je grogne : contre la folie qui enserre le Monde et même ce château, contre la mort qui a été trouvé dans la Grande Salle que je visite plusieurs fois par jour, contre mon absence à cet événement, contre ma tête qui me pèse.
Et ses deux yeux que j'accroche ont vu cela.
Mes lèvres se fendent en un sourire désolé.
« C'était dur ? Je demande, avant de secouer la tête. Bien sûr, que ça l'est. »
Je ne crache pas ces derniers mots contre elle mais je les crache quand même.
Nous ne sommes que des enfants.
Animagus renard polaire
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Parce que l'encre s'ancre
*Elle voit*. Eileen était rassurée, un peu. Rassurée que la fille voit de quoi elle parle, qu'elle comprenne de quoi elle voulait parler. Mais avait-il seulement quelqu'un dans cette école qui n'était pas au courant ? Juste une personne, quelle qu'elle soit, qui n'avait pas été mise au courant de ce qu'il s'était passé ce soir-là ? Sûrement pas. Tout le monde en parlait, du moins c'était l'impression qu'elle avait. Que toute l'école en parlait, sans arrêt, ou en avait parlé. Parce que ça remontait, quand même. C'était deux semaines avant. Ça avait eu le temps de se tasser, un peu... *sauf pour moi*.
Elle se décolla du mur pour aller s'asseoir sur l'escalier, à côté de la fille. Elle entourait ses jambes de ses bras lorsque la Grande se remit à parler. *En fait non... j'ai pas vu*. Elle se mordit la lèvre. Elle ne l'avait pas vu, alors... Elle ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé ? Mais si elle voyait... peut-être que quelqu'un le lui avait raconté ? Après tout, tout le monde en parlait, c'était normal, un peu. Mais peut-être que c'était mieux pour elle qu'elle n'ait pas tout vu. Qu'elle n'ait pas vu la femme mourir, transpercée par ces dizaines de flèches. C'était moins douloureux de l'apprendre par des Mots. Moins douloureux que le voir de ses propres yeux.
*Est-ce que ça aurait été pareil si j'y étais pas allé ? Si on était restées à la table, avec Laurence, si on avait pas bougé comme on nous l'avait demandé ? ... Au moins j'aurais pas tout vu, j'aurais juste su qu'elle était morte, je l'aurais pas vu par moi-même. Je l'aurais pas vu mourir. J'aurais pas aidé à l'empêcher de mourir, pour rien.*
Je ne cesse de tout remettre en question, de m'imaginer ce qui aurait pu se passer dans ma tête si je n'étais pas allé voir là-bas. Tout le temps. C'est peut-être pour cela que je ne vais pas aussi bien que les Autres ? C'est peut-être pour cela que je ne parviens pas à tourner la page ? Que tout rester ancré dans ma mémoire comme de l'encre sur un parchemin ? Que rien ne s'efface de ma tête, juste quelques parties qui se voilent grâce à d'autres souvenirs plus joyeux qui me reviennent de temps en temps ?
- C'était dur ?
*Oui*. Bien sûr que ça l'était. Comment serait-ce possible de ne pas l'être ? C'était une mort qu'elle avait vu. Elle ne l'avait pas vraiment vu, certes, mais elle le savait ; si elle n'avait pas forcé Ella, Laurence et l'autre Grande à s'éloigner, elle l'aurait sûrement vu. Et elle l'aurait encore moins supporté. Elle n'avait vu que le drap blanc sur son corps, elle, mais c'était déjà assez douloureux comme ça. Et puis elle n'était qu'une enfant. Qu'une enfant... Et une enfant ce n'est pas aussi triste, n'est-ce pas ? Ne devrait-elle pas être joyeuse, gaie comme elle l'était avant ? Sans questions tournant en boucle dans sa tête, sans ces sentiments qu'elle n'arrivait pas à saisir, sans cette distance qui la tuait.
Tout cela à cause de son nouveau statut de sorcière, bien qu'il ne soit plus si nouveau que ça maintenant. C'était à cause de cela qu'elle était partie de Londres, pour venir dans cette école. C'était à cause de cela que Thalia la détestait plus que tout son être, que Maman ne voulait plus entendre parler d'elle. C'était à cause de cela qu'il se passait toutes ces choses bizarres, plus horribles les unes que les autres.
Elle avait entendu l'autre bout de la phrase de la Grande, mais elle n'avait pas bronché. Juste détourné le regard, fixant le sol maintenant, le menton posé sur ses genoux.
- Du coup si tu l'as pas vu c'est quelqu'un qui te l'a raconté, non ?
Elle tourna la tête, appuyant ses genoux contre sa joue. *C'est logique ça*.
- D'toutes façons c'est logique, si tu l'as pas vu mais que tu vois de quoi je parle quand même...
Elle leva les yeux. Elle n'avait plus envie de parler de tous ça. Cela lui avait fait énormément de bien d'en parler, finalement, beaucoup plus que ce qu'elle pensait. Comme chaque fois. La dernière fois avec Elowen, c'était ce qu'il s'était passé également. Elle avait tout déballé, convaincue que ça ne changerait rien pour elle. Mais c'était l'inverse qui s'était passé. Elle s'était sentie libérée d'un poids trop lourd à porter pour ses petites épaules.
- Bref. Sinon j'ai du mal avec la métamorphose...
Un léger sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle plongeait une nouvelle fois ses yeux dans ceux marrons de la fille. Eileen n'avait pas dit cette phrase d'un air triste, comme elle le faisait depuis tout à l'heure.
Elle se décolla du mur pour aller s'asseoir sur l'escalier, à côté de la fille. Elle entourait ses jambes de ses bras lorsque la Grande se remit à parler. *En fait non... j'ai pas vu*. Elle se mordit la lèvre. Elle ne l'avait pas vu, alors... Elle ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé ? Mais si elle voyait... peut-être que quelqu'un le lui avait raconté ? Après tout, tout le monde en parlait, c'était normal, un peu. Mais peut-être que c'était mieux pour elle qu'elle n'ait pas tout vu. Qu'elle n'ait pas vu la femme mourir, transpercée par ces dizaines de flèches. C'était moins douloureux de l'apprendre par des Mots. Moins douloureux que le voir de ses propres yeux.
*Est-ce que ça aurait été pareil si j'y étais pas allé ? Si on était restées à la table, avec Laurence, si on avait pas bougé comme on nous l'avait demandé ? ... Au moins j'aurais pas tout vu, j'aurais juste su qu'elle était morte, je l'aurais pas vu par moi-même. Je l'aurais pas vu mourir. J'aurais pas aidé à l'empêcher de mourir, pour rien.*
Je ne cesse de tout remettre en question, de m'imaginer ce qui aurait pu se passer dans ma tête si je n'étais pas allé voir là-bas. Tout le temps. C'est peut-être pour cela que je ne vais pas aussi bien que les Autres ? C'est peut-être pour cela que je ne parviens pas à tourner la page ? Que tout rester ancré dans ma mémoire comme de l'encre sur un parchemin ? Que rien ne s'efface de ma tête, juste quelques parties qui se voilent grâce à d'autres souvenirs plus joyeux qui me reviennent de temps en temps ?
- C'était dur ?
*Oui*. Bien sûr que ça l'était. Comment serait-ce possible de ne pas l'être ? C'était une mort qu'elle avait vu. Elle ne l'avait pas vraiment vu, certes, mais elle le savait ; si elle n'avait pas forcé Ella, Laurence et l'autre Grande à s'éloigner, elle l'aurait sûrement vu. Et elle l'aurait encore moins supporté. Elle n'avait vu que le drap blanc sur son corps, elle, mais c'était déjà assez douloureux comme ça. Et puis elle n'était qu'une enfant. Qu'une enfant... Et une enfant ce n'est pas aussi triste, n'est-ce pas ? Ne devrait-elle pas être joyeuse, gaie comme elle l'était avant ? Sans questions tournant en boucle dans sa tête, sans ces sentiments qu'elle n'arrivait pas à saisir, sans cette distance qui la tuait.
Tout cela à cause de son nouveau statut de sorcière, bien qu'il ne soit plus si nouveau que ça maintenant. C'était à cause de cela qu'elle était partie de Londres, pour venir dans cette école. C'était à cause de cela que Thalia la détestait plus que tout son être, que Maman ne voulait plus entendre parler d'elle. C'était à cause de cela qu'il se passait toutes ces choses bizarres, plus horribles les unes que les autres.
Elle avait entendu l'autre bout de la phrase de la Grande, mais elle n'avait pas bronché. Juste détourné le regard, fixant le sol maintenant, le menton posé sur ses genoux.
- Du coup si tu l'as pas vu c'est quelqu'un qui te l'a raconté, non ?
Elle tourna la tête, appuyant ses genoux contre sa joue. *C'est logique ça*.
- D'toutes façons c'est logique, si tu l'as pas vu mais que tu vois de quoi je parle quand même...
Elle leva les yeux. Elle n'avait plus envie de parler de tous ça. Cela lui avait fait énormément de bien d'en parler, finalement, beaucoup plus que ce qu'elle pensait. Comme chaque fois. La dernière fois avec Elowen, c'était ce qu'il s'était passé également. Elle avait tout déballé, convaincue que ça ne changerait rien pour elle. Mais c'était l'inverse qui s'était passé. Elle s'était sentie libérée d'un poids trop lourd à porter pour ses petites épaules.
- Bref. Sinon j'ai du mal avec la métamorphose...
Un léger sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle plongeait une nouvelle fois ses yeux dans ceux marrons de la fille. Eileen n'avait pas dit cette phrase d'un air triste, comme elle le faisait depuis tout à l'heure.
IRL TRÈS CHARGÉ / Gneuh. #234932 Trop de quote tue le quote. Capitaine des Aigles de Bronze
#poudlardredécoréenbisounours / membre de la RASA
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Parce que l'encre s'ancre
Bon sang. Les instants qui passent dans le silence qui accompagne ma dernière phrase bougonnée sont tant d'occasions de souffrir. Je ne sais pas s'il s'agit de minutes, certainement pas, ce doivent être des secondes particulièrement longues. J'ai le temps de réfléchir et faire ce que je m'interdisais en remplissant toute ma tête de révisions : transformer les mots que j'ai entendus en images. Et je ne sais pas du tout si elles sont proches de la vérité, ces images, mais elles sont bien dans mon esprit. Il m'arrive parfois de faire des images avec des pensées ; lorsque Chems me parle de là où il vit et que je me le représente. Mais celles-ci sont bien plus désagréables et mettent bizarrement beaucoup moins de temps à être créés.
Et c'est pour dire, quand sa voix me ramène à l'instant présent, à cette marche, à ce couloir qui passe juste là, à ce soleil sur son visage plus que sur le mien, je ne l'avais même pas vue s'asseoir. Je l'avais même vue se refermer comme une coquille, toute courbée comme je sais que je le suis, la tête sur les genoux. Et si j'avais pu le faire dans d'autres circonstances, je ne pense même pas à l'image que l'on renvoie toutes les deux, recroquevillées comme on l'est.
Je souffle sur la mèche de cheveux noirs qui vient de tomber sur mes yeux. Mes oreilles sont toutes à son écoute bien que je louche sur les cheveux qui ne veulent pas s'écarter. Il me faut grogner et me redresser, en abandonnant la chaleur de mes genoux couverts par mes deux bras, pour remettre cette foutue mèche derrière mon oreille. – J'en ai une de chaque côté du front, de mèche comme ça, et je regrette que ses cheveux ne soient pas assez longs pour rejoindre la queue-de-cheval en bas de mon crâne.
Je hoche la tête pour lui répondre.
Et puis je me redresse un peu brusquement, les sourcils froncés, pour me tourner tout à fait dans sa direction. Elle qui est assise là, à quelques mètres de moi, sur la même marche. Je penche la tête sur le côté, fidèle à cette habitude féline, en me demandant : tu l'as vu ? En fait, j'ai supposé qu'elle l'avait vu, le corps et les flèches dont elle parle.
« Mais tu l'as vu ? »
Je demande dans un souffle, presque en même temps que sa dernière phrase. Alors je ne sais pas si elle a entendu. Mes yeux détaillent son visage pour détecter un changement. Je ne suis pas certaine, et je comprends finalement ce que je viens d'entendre. Mes sourcils se détendent en même temps que tous les traits de mon visage.
Faire passer la conversation sur autre chose me convient, peu m'importe de ne pas savoir si elle a vu le corps de Dai. Surtout lorsque l'on parle métamorphose. Plus que se détendre, mon visage s'égaie et un sourire se dessine. Petit, poli autant que je le peux, mais bel et bien là. Pourtant, mon interlocutrice est toute affalée, et je ne suis pas sûre de l'intonation de sa voix sur sa dernière phrase.
« La métamorphose ? » dis-je pour vérifier que j'ai bien saisi.
Déjà, la petite rousse recroquevillée à l'autre bout de la marche acquiesce. Cela agrandit considérablement mon sourire et redresse encore mon dos. Je secoue un peu mes épaules comme pour les étirer, et dans ma main, ma baguette est redressée. Cette baguette, tout à fait classique, est faite de saule clair. Le manche est en bois, et sous mes doigts je peux sentir les formes qui sont légèrement inscrites. Elle pointe le plafond, droite et fière.
« Quelle métamorphose te pose problème ? demandé-je curieuse, toute tournée vers elle et les yeux grands ouverts. Avifors ? »
Je soumets l'idée à voix plus basse que ma première question. En fait, Avifors est un sortilège que j'aime particulièrement. Et plus le temps passe, plus cette deuxième année défile, et plus je le maîtrise.
Je ne suis pas sûre que je me serais montrée aussi enthousiaste s'il s'agissait d'une autre matière. Et je me sens poussée à lui proposer mon aide. Après tout, c'est de la magie, c'est de ça que nous sommes tous faits ici à Poudlard. Et puisque c'est ce qui coule en moi comme en elle, l'aider me paraît étrangement naturel. C'est comme se noyer dans les révisions, tout le temps où ma tête est occupée je ne pense pas à la peine, je ne pense pas à la douleur, je ne pense pas à ce qu'il se passe ici ou dehors, je ne pense pas. Le sourire sur mon visage, torturé il y a quelques instants, est aussi une conséquence de ça. Mon cœur lourd se fait plus léger.
Et c'est pour dire, quand sa voix me ramène à l'instant présent, à cette marche, à ce couloir qui passe juste là, à ce soleil sur son visage plus que sur le mien, je ne l'avais même pas vue s'asseoir. Je l'avais même vue se refermer comme une coquille, toute courbée comme je sais que je le suis, la tête sur les genoux. Et si j'avais pu le faire dans d'autres circonstances, je ne pense même pas à l'image que l'on renvoie toutes les deux, recroquevillées comme on l'est.
Je souffle sur la mèche de cheveux noirs qui vient de tomber sur mes yeux. Mes oreilles sont toutes à son écoute bien que je louche sur les cheveux qui ne veulent pas s'écarter. Il me faut grogner et me redresser, en abandonnant la chaleur de mes genoux couverts par mes deux bras, pour remettre cette foutue mèche derrière mon oreille. – J'en ai une de chaque côté du front, de mèche comme ça, et je regrette que ses cheveux ne soient pas assez longs pour rejoindre la queue-de-cheval en bas de mon crâne.
Je hoche la tête pour lui répondre.
Et puis je me redresse un peu brusquement, les sourcils froncés, pour me tourner tout à fait dans sa direction. Elle qui est assise là, à quelques mètres de moi, sur la même marche. Je penche la tête sur le côté, fidèle à cette habitude féline, en me demandant : tu l'as vu ? En fait, j'ai supposé qu'elle l'avait vu, le corps et les flèches dont elle parle.
« Mais tu l'as vu ? »
Je demande dans un souffle, presque en même temps que sa dernière phrase. Alors je ne sais pas si elle a entendu. Mes yeux détaillent son visage pour détecter un changement. Je ne suis pas certaine, et je comprends finalement ce que je viens d'entendre. Mes sourcils se détendent en même temps que tous les traits de mon visage.
Faire passer la conversation sur autre chose me convient, peu m'importe de ne pas savoir si elle a vu le corps de Dai. Surtout lorsque l'on parle métamorphose. Plus que se détendre, mon visage s'égaie et un sourire se dessine. Petit, poli autant que je le peux, mais bel et bien là. Pourtant, mon interlocutrice est toute affalée, et je ne suis pas sûre de l'intonation de sa voix sur sa dernière phrase.
« La métamorphose ? » dis-je pour vérifier que j'ai bien saisi.
Déjà, la petite rousse recroquevillée à l'autre bout de la marche acquiesce. Cela agrandit considérablement mon sourire et redresse encore mon dos. Je secoue un peu mes épaules comme pour les étirer, et dans ma main, ma baguette est redressée. Cette baguette, tout à fait classique, est faite de saule clair. Le manche est en bois, et sous mes doigts je peux sentir les formes qui sont légèrement inscrites. Elle pointe le plafond, droite et fière.
« Quelle métamorphose te pose problème ? demandé-je curieuse, toute tournée vers elle et les yeux grands ouverts. Avifors ? »
Je soumets l'idée à voix plus basse que ma première question. En fait, Avifors est un sortilège que j'aime particulièrement. Et plus le temps passe, plus cette deuxième année défile, et plus je le maîtrise.
Je ne suis pas sûre que je me serais montrée aussi enthousiaste s'il s'agissait d'une autre matière. Et je me sens poussée à lui proposer mon aide. Après tout, c'est de la magie, c'est de ça que nous sommes tous faits ici à Poudlard. Et puisque c'est ce qui coule en moi comme en elle, l'aider me paraît étrangement naturel. C'est comme se noyer dans les révisions, tout le temps où ma tête est occupée je ne pense pas à la peine, je ne pense pas à la douleur, je ne pense pas à ce qu'il se passe ici ou dehors, je ne pense pas. Le sourire sur mon visage, torturé il y a quelques instants, est aussi une conséquence de ça. Mon cœur lourd se fait plus léger.
Animagus renard polaire
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