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Hibou pas discret  PV: Charlie Limone| 

Lundi matin. Madeleine rejoignait la Grande Salle d'un pas traînant. Après un long week-end à se décarcasser sur son devoir d'Histoire de la Magie, autant de temps pour se motiver que pour chercher et rédiger les réponses... devoir toujours pas fini d'ailleurs mais ce n'est pas grave, il n'est à rendre que pour jeudi. Mais je m'éloigne du sujet.

Donc après un long week-end à travailler son histoire de la Magie, Madeleine allait reprendre les cours mais le réveil avait été difficile et la jeune fille était encore à moitié endormie.

Elle fut accueillie dans la Grande Salle par un concert de hululements et de battements d'ailes. Elle arrivait juste pour l'heure du courrier.

Indifférente à la guerre que se livraient les volatiles pour se poser, Madeleine alla s'installer à la table des Gryffondors, mais elle n'avait pas fait trois pas lorsque son hibou, Facda fondit sur elle, une lettre serrée dans son bec.

L'oiseau fonça sur sa propriétaire ne ralentissant pas d'un pouce. La jeune Rouge&Or eut un mouvement de recul et agita la tête de droite à gauche, les yeux exorbités et ses lèvres entrouvertes répétant inlassablement le même mot :


« Non, non, non, non, non, non, non... » Action désespérée dans l'espoir de faire ralentir le hibou.

« PLAF ! »

Trop tard, Madeleine se retrouva à terre avant de comprendre ce qui lui était arrivée.

*Il faut vraiment que je dresse ce hibou pour qu'il ralentisse avant d'atterrir...* pensa la jeune fille étendue sur le sol froid.

D'ailleurs à ce moment, Facda, qui, après avoir percuté sa maîtresse, s'était posé sur le sol, se pencha au-dessus de la Rouge et posa un grand regard étonné et interrogateur sur elle, l'air de dire :


« Mais enfin, qu'est-ce que tu fiches par terre ? »

Avec un soupir, Madeleine se releva, ramassa sa chouette, et alla s'asseoir un peu à l'écart des autres, le rouge aux joues.

Elle se servit en eau, émietta du bacon dans son assiette et laissa Facda picorait ce qu'elle voulait. Pendant ce temps, la jeune fille lisait sa lettre. Elle était de ses parents qui lui racontaient les dernières nouvelles, assez insignifiantes. Mais la lettre se terminait par cette note écrite par sa mère :


PS : Tu devrais essayer de dompter ton hibou, quand il s'est posé, il a cassé le saladier que je tenais.


Sa lecture achevée, Madeleine posa un regard sévère sur son oiseau qui picorait toujours son bacon.

« Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi... » dit-elle en la caressant.

Environ une demi-heure plus tard, son petit déjeuner terminé, avec toujours son hibou pour seule compagnie (peut-être que c'était justement à cause du hibou que personne n'avait osé s'approcher de Madeleine), la jeune fille se leva, prit Facda sur son épaule et quitta la salle.

Il lui restait dix minutes avant le début des cours. elle devait aller chercher son sac dans la Salle Commune et comme la volière était au même étage, elle y ferait un petit saut pour y déposer Facda.

D'accord, il lui aurait suffi de lâcher son oiseau dans le parc pour qu'il vole directement jusqu'à sa tour, mais Madeleine aimait bien son hibou et appréciait de passer quelques minutes avec elle de temps en temps et puis, la pauvre revenait d'un long vol et était fatiguée. Ensuite, sept étages à monter, c'est dur et fatigant (tous les Gryffondors vous le diront) pour les humains, mais qui vous dit que ce n'est pas aussi dur pour un oiseau ?

Donc la gentille petite Rouge, suivant ce raisonnement, avait décidé d'épargner les ailes fatiguées de son pauvre oiseau et de l'amener elle-même à la volière.

Elles arrivèrent bientôt dans les grands escaliers principaux de Poudlard qui remuaient au-dessus de leur tête dans des crissements de pierre, formant un ballet aussi fascinant qu'intimidant. Madeleine vivait depuis plus d'un an à Poudlard et s'était habitué à ce spectacle magique (parfois très pénible) et à la musique si particulière qui l'accompagnait.

Alors que sa maîtresse commençait son ascension, Facda, apparemment saisie par le spectacle s'envola au milieu des escaliers dansant, virevoltant gaiement entre les étages et les rambardes, frôlant parfois un élève en robe noire.

Madeleine ne s'inquiéta pas, elle savait que son hibou était d'un naturel joueur et elle la laissa voler comme bon lui semblait, s'amusant de ses pirouettes dans les airs au milieu des escaliers qui semblaient jouer avec elle.

Mais cette belle scène ne pouvait pas durer éternellement et la jeune fille rigola beaucoup moins quand elle vit Facda s'engouffrait dans les couloirs du deuxième étage.

A ce moment, Madeleine se trouvait entre le troisième et le quatrième étage. Elle revint aussitôt sur ses pas, appelant son oiseau à grands cris. Elle n'obtint pas de réponse, et alors qu'elle arrivait sur le palier du troisième, l'escalier qui devait la mener au deuxième prit son rôle dans le ballet et s'en alla.

La jeune fille, qui courait, s'arrêta juste au bord du précipice, et maudit le ballet qu'elle avait trouvé si beau tout à l'heure.

Il lui fallu attendre que l'escalier veuille bien revenir et la transporter jusqu'à la bonne destination.

Celui-ci prit son temps. Madeleine, elle, ne tenait pas en place, continuant d'appeler son hibou (pas trop fort pour ne pas attirer l'attention) et scrutant ce qu'elle pouvait voir du couloir dans lequel Facda avait disparu.

Enfin, cet exaspérant escalier reprit sa place, et la jeune fille le dévala à toute vitesse. Elle s'engouffra dans le couloir et arriva à une intersection. Là, elle se figea. Par où aller ? Avisant une vieille dame dans un tableau elle lui demanda, essayant de maîtriser son impatience :

« Excusez-moi ? Vous n'auriez pas vu mon hibou ? Il s'est envolé et je ne sais pas où il est passé. »

La vieille répondit :

« Non, je n'ai rien vu...

-Mais moi j'ai vu quelque chose ! »

La voix venait d'un homme, assis à une table dans le tableau à droite de Madeleine. Celle-ci se retourna et poliment demanda :

« Ah. Et vous pourriez me dire par où il est parti, s'il vous plaît ?

- Je pourrais très bien te le dire, paysanne, mais il faudra d'abord me prouver que tu es digne de confiance ! »

En disant cela, l'homme se releva, révélant son armure jusqu'ici caché par la nappe recouvrant la table. Madeleine le reconnut alors : le chevalier du Catogan.

*Oh non, mais qu'est-ce qu'il fait là...*

« Écoutez, je n'ai pas le temps de vous le prouvez mais je vous jure que je suis la propriétaire de ce hibou.

-Oh, oh ! On ne m'abuse pas si facilement, paysanne ! Il faudra d'abord que tu me dise le nom de ce noble volatile !

-Facda, elle s'appelle Facda ! Mais de toute façon, vous ne la connaissez pas vous ne pouvez pas le vérifier !

-Ah, mais tu viens donc d'avouer que tu tentes de m'abuser, nigaude ! Mais on ne m'a pas comme ça, maroufle ! En garde ! »

Et il dégaina son épée, renversant la table.

« S'il vous plaît, je n'ai pas le temps pour ce genre de bêtise, alors je vous en prie dites-moi ce que vous savez !

- Non, vile coquine, il faudra d'abord me passer sur le corps !

- Mais vous n'allez quand même pas vous battre contre une fille ! Et une enfant qui plus est !

- Tu es une sorcière, et les sorcières sont capables de se défendre, je n'aurais donc aucun scrupule à t'embrocher vivante, si jeune soit -tu ! Fais tes prières jouvencelle ! »

Cette joute verbale aurait pu durer longtemps encore, mais Madeleine en eu marre, et jetant un sec :

« Si vous ne voulez rien me dire, et bien tant pis, je me débrouillerais toute seule, au revoir ! »

La jeune fille partit en trottinant dans une direction au hasard. Mais le chevalier ne l'entendait pas de cette oreille et la poursuivit dans les tableaux :

« Et bien, mais serait-ce de la lâcheté ? Voyons, un peu de courage ! En garde ! »

L'ignorant, Madeleine se mit à courir, et le chevalier, vite essoufflé par le poids de son armure fut semé.

La jeune fille continua un moment à errer dans les couloirs, cherchant son hibou et l'appelant de temps à autre.

Enfin, elle crut entendre un bruissement d'ailes, courut, et tourna à l'angle du couloir, juste pour voir disparaître une queue emplumée à l'autre extrémité. Elle accéléra encore, au risque de se faire passer un savon si un professeur, un préfet ou encore Rusard passait dans le coin.

Enfin, elle vit son hibou se précipitait vers une fille qui marchait un peu plus loin dans le couloir.

Haletante et les cheveux emmêlés, Madeleine fit un dernier effort pour tenter de rattraper Facda mais c'était trop tard, l'oiseau, par sa méthode habituelle venait d'atterrir lourdement sur l'imposant chignon de la fille qui marchait tranquillement.

Terriblement gênée, la Gryffondor s'avança pour aider sa camarade.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015
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Ancien sorcier  

Hibou pas discret  PV: Charlie Limone| 

Le weekend de Charlie avait été parfait. Elle était restée à l’extérieur une bonne partie de ces deux journées appréciant le temps apocalyptique qui y grandissait.

La jeune rousse aimait en effet énormément le vent qui se levait sous de grands nuages gris et qui par cette chaleur du début d’été faisait danser les éclairs. L’enfant ne pensait pas aux risques qu’elle pouvait courir et adorait se tenir debout les bras écartés et le menton tendu vers le ciel en plein milieu du parc. La sensation qu’elle ressentait alors était une folie ensorcelante. Un pur sentiment de puissance et de bien-être. Au meilleur instant de sa rencontre avec le vent, un rire cristallin sortait de ses lèvres entrouvertes et allait se jeter contre les pierres du mythique château.

C’est ainsi que Charlie s’était faite de nombreuses fois remarquée. Penchés par les fenêtres des couloirs un grand nombre de ces camarades de classe la regardaient constamment. Ils la prenaient certainement pour une dingue, elle, les étincelles qui filaient dans ses yeux et son sourire narquois. Idée que la rouge ne niait pas. Elle aimait même se faire montrer du doigt dans les couloirs et entendre des chuchotements naître sur son passage. Etre différente, c’est ce qu’elle avait toujours été et ce qu’elle voudrait toujours pouvoir être. La sensation d’être unique et de ne pas être noyée dans cette troupe moutonneuse était alors exceptionnelle.

Malheureusement, ces deux jours de bonheurs se sont rapidement clos car avec la semaine débuta une magnifique journée des plus ensoleillée. Ces journées sans ombres et fraîcheur ne plaisaient pas à la rousse. Elle détestait même ça. Elle crachait sur le soleil et ses longs rayons lui rappelant vaguement les pieuvres les plus monstrueuses. Pendant ces moments d’écrasement intense, Charlie se perdait dans des couloirs qu’elle ne fréquentait habituellement pas, un calepin à la main et ses trois pastels coincés derrière la masse imposante qui lui servait de cheveux. Cette activité la maintenait au frais et lui permettait de se plonger intégralement dans son dessin.

En ce début de lundi, Charlie laissa donc ses pieds vagabonder. Affairée dans son dessin, un dessin tout nouveau et merveilleusement compliqué, elle errait. Son pastel jaune en action, la roussette laissait sa langue pendre légèrement de concentration. En ce moment même, le couloir était vide, complètement vide, par cet indescriptible soleil Poudlard entier était dehors. Cela arrangeait Charlie qui était beaucoup mieux seule face à son dessin qui lui, la comprenait.

Fascinée par son nouveau dessin, la jeune enfant n’entendit pas les étranges bruitages d’ailes au loin. Hypnotisée, elle n’entendit pas le sonore hululement venant du fond du couloir. Séduite, elle ne sentit pas le soudain courant d’air qui la fit frissonner. Envoûtée, elle n’entendit pas les bruits de pas résonnant contre les murs.

Un hibou. Six secondes.

La petite rousse se retrouva affalée sur le sol, un hibou emmêlé dans le chignon en vrac qu’elle portait aujourd’hui, son dessin écrasé, déchiré, ses pastels roulants vers le bout du couloir, un légèrement cassée, voir même entièrement brisé, le rouge.

Elle jeta un regard emplie d’incompréhension et d’un profond dégout à la jeune fille penchée au dessus d’elle. Une brune qui ne lui était pas inconnue. Une certaine Madeleine présente dans son dortoir.

Hibou pas discret  PV: Charlie Limone| 

Madeleine se pencha en avant, se tordant les mains. Elle était terriblement gênée, cet oiseau était décidément impossible ! Et le regard chargé de dégoût et d'incompréhension que lui lança sa camarade n'était pas pour la rassurer.

Et mais une seconde... Elle la connaissait cette fille ! Mais oui, elles étaient dans le même dortoir ! Même qu'elle s'appelait Charlie. Mais ce n'était pas la seule chose que Madeleine savait : en effet, elle savait aussi que cette demoiselle n'était pas des plus aimables et des plus gentilles et elles avaient beau vivre dans la même pièce, la 2ème année ne se souvenait pas avoir jamais eue une vraie conversation avec cette Charlie. Et par « conversation » Madeleine ne parlait même pas de conversations polies ou aimables, sympathiques. Non, elle parlait du sens large, c'est à dire quand une personne utilise sa bouche, ses cordes vocales et ses poumons pour articuler une suite de mots qu'on appelle « phrase » à l'adresse d'une autre personne et que celle-ci répond aussi par des « phrases ».

C'est donc affreusement gênée que la jeune fille forma les phrases suivantes d'une toute petite voix :


« Désolée... laisse-moi t'aider... »

Sans laisser répondre sa camarade (si toute fois celle-ci comptait répondre), elle attrapa son hibou et entreprit de démêler les mèches de cheveux prises dans les serres de Facda.

Quand elle eut enfin finie, son oiseau sur le bras, elle se rendit compte qu'elle ne savait pas trop quoi en faire. Il était évident que vis-à-vis de Charlie, il fallait qu'elle l'aide, qu'elle s'excuse et peut-être qu'elle répare les hypothétiques dégâts causés par son hibou.

Mais le hibou justement... Qu'allait-elle en faire pendant ce temps là ? Il n'y avait pas de fenêtres aux alentours pour qu'elle puisse le lâcher dehors avec pour ordre de retourner à la volière ILLICO sans quoi, il allait le regretter, mais elle ne pouvait pas le lâcher dans les couloirs, déjà parce qu'elle avait peur qu'il n'en profite pour faire d'autres bêtises mais en plus parce qu'il ne connaissait pas l'intérieur du château et même avec son sens d'orientation très développé, elle doutait qu'il puisse retrouver la volière au milieu de ce dédale de couloirs. Les oiseaux étaient fait pour aller dehors, point.

Bon donc la pauvre Madeleine était obligée de garder Facda près d'elle, et pour une fois, ça ne l'enchantait pas. D'autant plus qu'elle avait peur que le dissipé volatile profite d'un instant d'inattention de sa part pour terminer la destruction complète du chignon de Charlie.

Madeleine ne voulait pas non plus garder Facda sur son épaulepour cette raison là également, mais la posait ne serait pas non plus la meilleure solution.

Finalement, avisant une armure, Madeleine décida d'en décrocher le heaume. Puis, posant son hibou sur le sol et tentant de bloquer tout mouvement de sa part, elle enfonça brusquement le heaume sur la tête du jeune oiseau.

Ainsi aveuglé, elle espérait le faire tenir tranquille, et le poids de la pièce d'armure devait lui aussi aidait à servir ce dessein.

Pour ce qui est de la respiration, Madeleine ne tenait pas non plus à le tuer, le heaume était pourvu de trous pour que les chevaliers puissent respirer, et bien ces même trous allaient servir à alimenter en oxygène le malheureux hibou.

D'accord, c'est méchant, sadique et extrême comme solution mais la jeune fille considérait ça aussi comme la punition de Facda et n’éprouvait pas vraiment de scrupules à cet instant.

Le hibou, libéré de l'étreinte de sa maîtresse courait à droite, à gauche, rétablissant son équilibre de justesse et parfois rentrant dans un mur, tout en piaillant d'un air très mécontent.

Madeleine ne préférait pas penser à l'horreur que ça pouvait être pour l'oiseau qui devait entendre ses cris se répercutaient contre les parois du casque, assourdissant leur propre auteur, mais pire encore devait être le bruit de casserole qui se déclenchait à chaque fois que le hibou se cognait et qui devait emplir le casque au point que l'oiseau l'entendait sûrement résonner dans chaque parcelle de son corps.

Au moins, apprendrait-il à se tenir tranquille !

Bon, abandonnant Facda à son triste sort, Madeleine se rapprocha de Charlie :


« Je peux t'aider à te relever ? »

Et elle lui tendit la main.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015